La séance est ouverte à 10 heures.
Conformément à l'article 109 du Règlement de la Chambre des
communes, le comité demande que le gouvernement dépose une
réponse globale à ces rapports.
Au sujet de l'entente intervenue en 1995 entre le ministère des
Pêches et des Océans (MPO) et les camps de pêche afin que ces
derniers communiquent au ministère les données sur leurs prises
par l'intermédiaire des bureaux du Sport Fishing Institute (SFI)
de la Colombie-Britannique: a) quelle partie ou proportion de
la prise totale de quinnat les prises des pêcheurs sportifs dans
les camps de pêche représentent-elles, b) quelle était la nature
de l'entente, c) quand a-t-elle été négociée, d) quand est-elle
entrée en vigueur, e) pourquoi était-elle nécessaire (la Loi sur
les pêches exige que les camps fournissent les données
directement au MPO), f) y avait-il, en 1995, des difficultés au
niveau des pêcheries qui rendaient nécessaire de connaître avec
précision les prises chaque jour ou chaque semaine, g) quelle
était la nature de ces difficultés, h) quelles mesures de
gestion furent prises pour régler ces difficultés, i) pour
régler ces difficultés, les scientifiques du MPO ont-ils jugé
exactes, opportunes et utiles les données sur les prises
fournies par le biais du SFI, j) pour régler ces difficultés,
les gestionnaires du MPO ont-ils jugé exactes, opportunes et
utiles les données sur les prises fournies par le biais du SFI,
k) quand le MPO a-t-il reçu du SFI les données sur les prises du
camp M.V. Marabell du Oak Bay Marine Group, l) les données
mentionnées au point k) sont-elles arrivées sous la forme et au
moment prescrits par la Loi sur les pêcehes, m) les données
mentionnées au point k) sont-elles arrivées sous une forme et à
un moment qui permettaient au ministère de les utiliser pour
gérer efficacement les pêches,
n) quel est le résultat de la
comparaison entre les données du point k) et celles qui auraient
été transmises directement au ministère, comme l'exige la Loi
sur les pêches, o) quand le MPO a-t-il reçu du SFI les données
sur les prises du camp King Salmon Resort du Oak Bay Marine
Group, p) les données mentionnées au point o) sont-elles
arrivées sous la forme et au moment prescrits par la Loi sur les
pêches, q) les données mentionnées au point o) sont-elles
arrivées sous une forme et à un moment qui permettaient au
ministère de les utiliser pour gérer efficacement les pêches, r)
quel est le résultat de la comparaison entre les données du
point o) et celles qui auraient été transmises directement au
ministère, comme l'exige la Loi sur les pêches, s) quand les
agents des pêches et les gardes-pêche du ministère ont demandé
au King Salmon Resort, le 29 juillet, le 2 août et le 7 août
1995, des données sur les prises, qu'ont-ils demandé au juste,
quelle était la période visée, quels renseignements ont
finalement été fournis et quand devaient-ils l'être pour
répondre aux besoins opérationnels et de gestion du ministère,
t) quand les agents des pêches et les gardes-pêche du ministère
ont demandé au M.V. Marabell, les 1er et 6 août 1995, des
données sur les prises, qu'ont-ils demandé au juste, quelle
était la période visée, quels renseignements ont finalement été
fournis et quand devaient-ils l'être pour répondre aux besoins
opérationnels et de gestion du ministère, u) des accusations
ont-elles été portées contre les camps qui n'ont pas fourni les
données à temps par l'intermédiaire du SFI, et dans la négative,
pourquoi, v) quels sont les camps qui ont refusé de communiquer
les renseignements directement au ministère, et quels sont ceux
qui ont fourni en temps opportun au ministère, par
l'intermédiaire du SFI, des données exactes sous la forme
voulue, w) quelle a été l'incidence, sur les gestionnaires de
pêcheries locales, du manque d'information sur les prises des
camps de pêche, et cela a-t-il compromis la capacité de ces
gestionnaires de veiller à ce que les plafonds ou les niveaux
cibles soient respectés?
b) Selon les arrangements conclus entre le ministère des Pêches
et des Océans (MPO), les exploitants des camps de pêche des îles
de la Reine-Charlotte (IRC) et Sport Fishing Institute (SFI) de
la Colombie-Britannique, le SFI devait recueillir et compiler
l'information sur les prises auprès des camps de pêche des IRC et
communiquer l'information au MPO.
e) Les exploitants des camps de pêche s'inquiétaient au sujet du
caractère confidentiel des renseignements sur les prises
hebdomadaires provenant des camps individuels et voulaient qu'un
résumé seulement soit communiqué.
f) Oui. Un plafond des prises de la pêche récréative avait été
imposé dans les zones statistiques 1 et 2. De l'information
hebdomadaire était nécessaire pour suivre l'évolution des prises.
g) Le plafonds des prises a été fixé afin de limiter, sur la
côte nord, la pêche récréative du quinnat de la côte ouest de
l'île de Vancouver à un niveau permettant d'atteindre les
objectifs de conservation.
h) La limite de prise de la pêche récréative du quinnat dans les
zones statistiques 1 et 2 a été réduite de 2 à 1 par jour et de 4
à 2 pour la possession le 19 juillet 1995.
i) et j) Les données sur les prises ont été fournies comme
demandé et en quantitées suffisantes pour les scientifiques et
les gestionnaires. Cependant, il a fallu à l'occasion demander
au SFI de communiquer les données. Les données fournies ont été
soumises à des contrôles indépendants, et rien ne porte à croire
que les données étaient inexactes.
l) L'information n'a pas été reçue pendant l'été 1995 et elle a
été présentée par l'entremise du SFI en novembre 1995 sous une
forme utilisable.
m) Les données sur les prises n'étaient pas utiles pour la
gestion en cours de saison.
n) Les données sur les prises fournies sont considérées comme
exactes. Les prises des invités du M.V. Marabell constituent
une très faible proportion des prises totales.
o) Les données sur les prises du camp de pêche King Salmon à
Rivers Inlet ont été reçues directement du Oak Bay Marine Group
en novembre 1995. L'entente avec le SFI stipulait que celui-ci
ne devait fournir que les données de prises provenant des camps
des IRC.
p) L'information n'a pas été reçues pendant l'été 1995 et elle a
été présentée par l'entremise du SFI en novembre 1995 sous une
forme utilisable.
q) Les données sur les prises provenant des camps de pêche de
Rivers Inlet ne sont pas utilisées pour la gestion en cours de
saison.
r) Les données sur les prise seraient les mêmes.
s) (i) Renseignements demandés: nombre, sexe, taille, poids,
espèce, forme du produit et autres particularités du poisson
capturé, transformé ou transporté par le camp de pêche King
Salmon—à Rivers Inlet, ses clients et ses employés; ainsi que le
moment et le lieu où tout le poisson a été pêché et conservé, puis
le nom de la personne qui a pêché et conservé le poisson et le
nom du bateau à bord duquel elle se trouvait. La demande du 7
août visait à rappeler au camp de pêche de se conformer à la
demande du 2 août.
(ii) Période visée: Aucune période précise n'était indiquée
puisque l'on croyait que l'information porterait sur toute la
saison 1995.
(iii) Renseignements fournis: Selon la forme prescrite par le
programme Charterboat Sport Fish Log Book.
(iv) Les renseignements devaient être fournis pendant la saison.
t) (i) Renseignements demandés: nombre, sexe, taille, poids,
espèce, forme du produit et autres particularités du poisson
capturé, transformé ou transporté par le M.V. Marabell, ses
clients et ses membres d'équipage; ainsi que le moment et le lieu
où tout le poisson a été pêché et conservé, puis le nom de la
personne qui a pêché et conservé le poisson et le nom du bateau à
bord duquel elle se trouvait. La demande du 9 août visait à
rappeler au camp de pêche de se conformer à la demande du ler
août.
(ii) Période visée: Aucune période précise n'était indiquée
puisque l'on croyait que l'information porterait sur la saison
1995.
(iii) Renseignements fournis: Selon la forme prescrite par le
programme Charterboat Sport Fish Log Book.
(iv) Les renseignements devaient être fournis pendant la saison.
u) Aucune accusation n'a été porté contre les camps de pêche pour
avoir omis de fournir à temps, par le biais du SFI, les données
sur les prises au MPO, puisque les données sur les prises ont été
reçues le 8 août 1995.
v) Tous les camps de pêche des IRC ont refusé de communiquer
directement leurs données au MPO et ont communiqué leurs données
sur les prises au SFI.
w) Le retard dans la transmission des données sur les prises
provenant des camps de pêche sportive a eu peu d'impact sur la
capacité du ministère de gérer en cours de saison la pêche
sportive dans les îles de la Reine-Charlotte dans les limites de
prises établies pour le quinnat. En l'absence de ces
renseignements, les gestionnaires de la pêche ont établi des
prévisions de captures en se fondant sur des données antérieures
et d'autres données de prises. Cela n'a pas compromis leur
capacité de veiller à ce que le total des captures ne dépasse pas
les plafonds établis.
Je promets d'essayer encore une fois d'obtenir des informations
à propos de la question no 21.
Toutefois, j'attends toujours la réponse à la question no 33 que
j'ai posée le 28 octobre. Elle concerne la relation spéciale du
ministre des Pêches avec le Oak Bay Marine Group et je peux
comprendre que le ministre hésite à y répondre étant donné que
les accusations contre l'Oak Bay Marine Group ont été retirées.
Je me demande quand je peux compter avoir une réponse
à ma question.
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont un comité a fait rapport, avec un
amendement, ainsi que des motions nos 9 et 28.
Ce débat n'a pas été étouffé. La preuve qu'il n'a pas été
étouffé, c'est qu'il y a un instant l'opposition a conclu qu'il
n'y avait plus rien à ajouter à ce sujet puisqu'elle n'a pas
fait intervenir d'autres orateurs.
Le point que je veux souligner, et la Chambre l'aura compris,
c'est que nous ne mettons pas un terme au débat. En fait, en
prenant la parole, je me trouve à prolonger le débat, donnant
ainsi à d'autres députés l'occasion d'y participer.
Je suis convaincu que la présidence saura le reconnaître. Nous
pourrons participer de façon constructive, notamment en
expliquant toutes les bonnes raisons pour lesquelles les
amendements proposés par certains députés de l'opposition sont
inutiles et superflus à bien des égards.
Le projet de loi, dans la version présentée par mon collègue, le
ministre du Travail, est parfaitement adéquat.
La Chambre connaît bien ce projet de loi et les propositions
d'amendement qui l'accompagnent puisque la mesure législative a
fait l'objet d'une étude à la Chambre des communes lors de la
dernière législature. Le projet de loi a été renvoyé à l'autre
Chambre. Malheureusement, l'étude du projet de loi n'a pu y être
terminée avant la tenue des élections, et c'est ce qui explique
sa réapparition.
Le projet de loi a donc fait l'objet d'une nouvelle étude, a
franchi l'étape de la deuxième lecture, puis a été renvoyé à un
comité. Là, le projet de loi a malheureusement été immobilisé
par l'opposition. Celle-ci s'est en effet livrée à de
l'obstruction systématique et nous avons dû faire appel aux bons
services d'un bon nombre de ministériels qui ont consenti à
siéger des heures durant au comité pour entendre les propos des
députés.
Chose étrange, l'opposition n'a pas présenté, à l'étape de
l'étude en comité et après tout le débat qui a eu lieu, les
modifications qu'elle juge maintenant nécessaires.
Ce que je voulais dire, c'est que le gouvernement est pleinement
intéressé à participer à un débat constructif. Nous tiendrons
deux pleines journées de débat sur ce projet de loi.
Aujourd'hui, nous l'examinerons à l'étape du rapport.
Nous pouvons en rester au même groupe de motions, passer au
groupe suivant et ainsi de suite, durant toute la journée. Nous
serons heureux de le faire. Nous finirons par voter sur tous les
amendements aujourd'hui, puis nous tiendrons de nouveau une
pleine journée d'étude à l'étape de la troisième lecture. Enfin,
le projet de loi sera renvoyé dans l'autre endroit, où les
sénateurs en feront un examen approfondi et consciencieux, comme
d'habitude.
Les députés de ce côté-ci voudraient discuter du projet de loi.
Si le leader du gouvernement à la Chambre n'a rien d'utile à
ajouter, il pourrait peut-être se rasseoir.
La Présidence s'efforce de faire preuve d'indulgence pour
s'assurer que tous les députés fassent des observations
pertinentes. Je sais que nous attendons les observations du
leader du gouvernement à la Chambre au sujet de ces articles.
Ce que je disais à la Chambre, c'est que l'opposition a gaspillé
tout ce temps et...
L'opposition prétend que nous n'avons pas accordé suffisamment
de temps pour le débat. Il y a deux choses qui ne vont pas dans
cet argument. La première, c'est que l'amendement en question
qu'il décrit n'a jamais été soumis au comité. On aurait dû en
saisir le comité, et il y a eu beaucoup de temps pour...
Nous en sommes aux amendements à l'étape du rapport. Quand une
motion d'attribution de temps a été présentée, il n'est pas rare
d'avoir un long débat sur l'attribution de temps. J'hésite à
dire que c'est contraire au Règlement. J'ai entendu le leader du
gouvernement à la Chambre parler du maintien des droits
syndicaux plus tôt dans ses observations et je sais qu'il
s'intéresse beaucoup à cette question et au projet de loi.
De toute évidence, il s'y intéresse tellement qu'il a choisi de
parler du projet de loi, ce qu'il fait maintenant.
J'espère que les députés voudront entendre ses observations, car
je suis persuadé qu'à un moment donné, elles porteront
directement sur les amendements du groupe no 3.
Je suis persuadé de parler au nom de tous les députés en
félicitant également le secrétaire parlementaire qui a piloté de
façon remarquable le projet de loi à la Chambre et au comité
malgré l'obstruction systématique faite presque exclusivement
par les réformistes, qui ne veulent pas que cette mesure soit
adoptée.
Nous, les députés libéraux et ministériels, voulons vraiment
parvenir à une bonne loi du travail, et il est regrettable que
nos vis-à-vis ne partagent pas notre enthousiasme.
Je souscris à tout ce que le ministre du Travail a fait.
Je n'appuie pas les amendements des réformistes. Après tout,
nous sommes généralement des gens raisonnables à la Chambre et
nous ne pouvons souscrire aux amendements réformistes qui n'ont
même pas été soumis à l'examen du comité. Les députés
réformistes ne voulaient que faire de l'obstruction
systématique. Ils n'ont même pas défendu au comité ce qu'ils
proposent maintenant.
C'est la 40e fois que le gouvernement libéral a recours à
l'attribution de temps pour restreindre les possibilités de
débat. L'ironie de la chose, c'est que notre propre Règlement, à
la Chambre, selon Beauchesne, indique que c'est le travail de
l'opposition, qui a le droit de parler longuement d'un projet de
loi auquel elle s'oppose. Cela fait partie des tactiques d'un
parti d'opposition pour attirer l'attention sur la faiblesse
d'une initiative ministérielle.
Nous sommes saisis d'un projet de loi qui présente des lacunes,
mais tout dépend de la façon dont on l'examine. C'est un projet
de loi très solide, mais mal équilibré. Il met trop l'accent sur
les droits du Cabinet et des syndicats, et pas assez sur les
droits de l'ensemble des travailleurs—qui ne sont pas
nécessairement équivalents aux droits des syndicats—et du
Parlement.
La disposition sur les droits du successeur est une autre de ces
mesures qui donnent au Cabinet énormément de pouvoirs quant à la
détermination des droits du successeur, en l'occurrence presque
exclusivement dans le domaine des services de sécurité à
l'embarquement, dans les aéroports. Un choix a été fait. Le
gouvernement actuel a choisi une fonction particulière, ne
visant pas simplement les transports mais, dans ce cas,
l'aviation. Puis, il rétrécit encore la portée de la mesure pour
ne viser qu'une partie de cette industrie, la sécurité, pour
ensuite préciser quelle partie de la sécurité, soit les services
de sécurité à l'embarquement. Ce projet de loi prévoit une
catégorie spéciale pour les personnes qui s'occupent de la
sécurité à l'embarquement, dans les aéroports, et maintient les
droits du successeur même si cette fonction a été attribuée par
contrat.
Il se peut qu'un contrat conclu avec un aéroport prévoie des
mesures de sécurité à l'embarquement, mais cette fonction est la
seule, dans le Code du travail, auxquelles les dispositions
spéciales s'appliquent. On passe sous silence l'entretien des
aéroports, le contrôle de la circulation aérienne et beaucoup
d'autres aspects. Il n'est question que d'un seul élément. On
ignore pourquoi cette industrie se distingue des autres sur le
plan des droits du successeur. Nous ne croyons pas que cet
aspect de l'industrie doive être distingué des autres. Nous
croyons que les bonnes pratiques de travail s'appliquent
également à toutes les personnes, des deux côtés de la clôture,
travailleurs et employeurs.
Une bonne partie de nos installations aéroportuaires
fonctionnent à contrat.
Il s'agissait là d'une décision du gouvernement fédéral. Je l'ai
entièrement appuyée. Personne ne sait pourquoi ils ont décidé
que ce projet de loi devrait comprendre des droits de
succession. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi.
Lorsqu'une entreprise présente une soumission dans un secteur,
elle devrait pouvoir être considérée comme un employeur de bonne
foi et dire qu'elle de l'expérience, qu'elle a des employés qui
ont reçu une formation. Ces employés sont syndiqués ou non, mais
cette décision leur appartient. L'entereprise présente une
soumission en toute bonne foi pour assurer le service et devrait
pouvoir le faire sur un pied d'égalité.
Je vais parler de ce qui s'est passé en Colombie-Britannique
pour illustrer non seulement les droits de succession, mais
aussi ce qui se produit lorsque les lois sur les relations
industrielles ne sont pas équilibrées.
La Colombie-Britannique a actuellement un gouvernement
néo-démocrate, ce qui ressemble beaucoup au gouvernement libéral
fédéral. Le gouvernement a décidé que seuls les syndicats
pouvaient soumissionner certains contrats de construction
d'autoroutes dans l'île de Vancouver.
Prenons le cas d'une entreprise respectueuse des lois, qui paie
ses impôts, qui construit sans arrêt des routes en
Colombie-Britannique et qui a de longs antécédents. Elle
présente une soumission sur des travaux de construction
d'autoroutes en disant qu'elle va respecter les conditions non
seulement du code du travail provincial, mais également de tous
les autres codes du travail et que ses employés décideront à
quel syndicat adhérer ou s'ils adhéreront ou non à un
syndicat. Ces employés décideront des salaires auxquels ils
travailleront, car ils ont le pouvoir de retirer leurs services,
comme tout travailleur peut le faire, et la soumission sera
présentée en conséquence.
Le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique a dit
qu'ils n'en avaient pas le droit. En fait, si le syndicat ne lui
plaît pas, si par exemple le syndicat fait partie du mouvement
syndical chrétien, tant pis.
Il ne peut soumissionner ces travaux, car il ne fait pas partie
de ceux qui plaisent au gouvernement.
La construction de l'autoroute débute. Il est paradoxal que les
plus grandes entreprises de construction ne sont pas gênées par
les lois. Elles leur permettent de soumissionner contre un plus
petit nombre de soumissionnaires. Leurs employés font tous
partie du même syndicat; ce sont les plus grandes organisations,
celles qui comptent des milliers d'employés et des travaux
évalués à des centaines de millions de dollars.
Cependant, s'il s'agit d'une petite entreprise qui vient de
démarrer ou qui a un syndicat différent, non affilié à celui-là,
tant pis, au diable, elle ne peut même pas présenter une
soumission.
Ces droits de succession ont à peu près le même effet. On dit
aux employeurs ou à une coopérative qui désire présenter une
soumission sur un projet que le Cabinet a le pouvoir de
déterminer ces droits de succession et qu'on n'y peut rien.
En d'autres termes, si une entreprise fait savoir qu'elle veut
faire une offre sur un projet, que ses travailleurs veulent
travailler sur ce projet, qu'ils veulent appartenir à un
syndicat précis ou non. Les travailleurs devraient avoir le
droit de faire leur choix. Ils devraient avoir le droit de
présenter une offre.
C'est une infime partie de l'industrie qui est ici en cause,
mais, malheureusement, elle doit accepter les obligations du
successeur. Le Cabinet prend la décision et c'est terminé. Si le
travail vaut 15 $ ou 12 $ l'heure, cela importe peu, une fois que
la soumission est faite, car il faut payer la même chose que le
prédécesseur. Les travailleurs vont devoir s'arranger d'une
façon ou d'une autre. C'est comme ça. Autrement dit, il n'y a
aucun choix. Il n'y a pas équilibre.
On le répétera à bien des reprises pendant le peu de temps qu'il
nous reste pour ce débat: il faut que notre législation sur le
travail soit équilibrée.
Ce groupe de motions montre que l'équilibre fait défaut.
Permettez-moi de conclure en disant à quel point il est
regrettable que, pour la 40e fois, le gouvernement impose
l'attribution de temps. Aucune crise ne menace. Aucun arrêt de
travail ne paralyse le pays. L'économie n'est pas sur les
genoux. Il existe toujours une législation sur le travail.
Pour des motifs politiques, les gens d'en face ont imposé
l'attribution de temps pour étouffer le débat démocratique.
C'est la seule raison. Il n'y a aucune autre crise dans le pays
ni au Parlement. Il n'y a pas d'autre raison: les députés d'en
face ont décidé qu'ils en avaient assez de ce débat.
Dommage. Il faudrait tenir un vrai débat sur les obligations du
successeur, l'arbitrage des offres finales et le droit des
travailleurs de se prononcer par scrutin secret sur
l'accréditation syndicale.
Le gouvernement dit que c'est malheureux, mais qu'il en a assez
de ce débat. Il n'y a pas de crise, pas d'autres questions à
débattre. Il en a tout simplement assez. Il ne veut plus
entendre les doléances de l'opposition. Alors, il met fin au
débat.
C'est la quarantième fois que les libéraux utilisent cette
tactique. Malheureusement, ils semblent ne voir rien de mal dans
l'interruption abrupte d'un débat démocratique. Afin que les
gens à la maison comprennent bien la situation, le gouvernement
fera adopter ce projet de loi à toute vapeur cette semaine et
nous ne pouvons rien faire pour l'en empêcher. Que nous voulions
débattre du projet de loi ou non n'a aucune importance. Bien des
députés de ce côté-ci n'auront pas l'occasion de dire un seul mot
au sujet de cette mesure législative.
C'est une pratique antidémocratique, fort regrettable, qui met
en évidence chez le gouvernement actuel une tendance qu'il
reprochait lui-même à l'ex-gouvernement de Brian Mulroney.
Comparé à ce que fait le gouvernement libéral depuis qu'il est
au pouvoir, le gouvernement de Brian Mulroney était un modèle de
vertu, pour ce qui est de la clôture. Les libéraux imposent
constamment le bâillon. Pas moyen de négocier. C'est
regrettable, mais c'est la façon de faire du gouvernement ou
rien du tout.
Il est malheureux que le gouvernement ait décidé d'agir ainsi,
ait adopté cette tendance. Le fait que le gouvernement décide de
faire adopter à toute vapeur des mesures législatives,
controversées ou non, ne présage rien de bon pour notre
institution. Le gouvernement n'en fait qu'à sa tête.
Je serai heureux de débattre plus longuement des motions à
l'étude si j'en ai la chance, ce qui est peu probable étant
donné la motion d'attribution de temps.
Malheureusement, mes amis d'en face avaient davantage envie de
faire de l'obstruction et maintenant ils monopolisent le débat.
Ils n'avaient pas le monopole du débat en comité. Il est
ridicule de dire que le gouvernement tente d'étouffer le débat.
Le comité a travaillé de 11 heures à 20 h 30, s'arrêtant pour la
période des questions, puisque encore une fois nous faisions
face à de l'obstruction. Si les députés d'en face veulent
discuter sérieusement d'amendements—et j'estime que ces
amendements sont sérieux—, ils devraient le faire en comité.
J'aimerais maintenant soulever officiellement certains points
dont je n'ai pas eu la chance de parler la semaine dernière.
L'opposition officielle a insinué que les méthodes
d'accréditation prévues au projet de loi C-19 étaient
antidémocratiques et que le projet de loi privait les employés
de leur droit de vote sur les demandes d'accréditation
syndicales.
Je ne suis pas d'accord avec ces énoncés, tout particulièrement
parce qu'il n'y a rien qui aille à l'encontre des principes
démocratiques dans les procédures d'accréditation prévues au
Code canadien du travail. Le projet de loi C-19 ne modifie pas
ces procédures.
L'accréditation serait toujours basée sur l'appui de la
majorité. Le Conseil conserverait sa prérogative de vérifier
l'appui des membres en demandant un vote d'accréditation. Les
procédures d'accréditation prévues au Code sont semblables à
celles qui existent dans bon nombre de provinces. Je suis
persuadé que ces provinces ne considèrent pas ces procédures
comme étant antidémocratiques.
Nous avons également beaucoup entendu parler de l'accréditation
corrective que prévoit le projet de loi C-19.
Les députés de l'opposition officielle n'arrêtent pas de
mentionner la décision de la Commission des relations de travail
de l'Ontario au sujet de l'affaire Wal-Mart, une décision qui,
les députés doivent le savoir, a été confirmée par les
tribunaux, en dépit du fait que les procédures d'accréditation
corrective existent dans cinq provinces depuis de nombreuses
années. Le cas Wal-Mart en Ontario est le seul que l'opposition
peut citer pour appuyer ses dires qu'on a abusé de cette
disposition.
Contrairement aux déclarations faites à la Chambre la semaine
dernière, l'accréditation corrective en Ontario n'a pas été
introduite par le gouvernement Rae. Elle existait avant que le
NPD ne forme le gouvernement en Ontario. Ce qu'il est
intéressant de noter c'est que la disposition a été modifiée,
mais non éliminée, lorsque l'actuel gouvernement a réformé les
lois du travail de la province.
La semaine dernière, un député faisait allusion à la décision de
la commission des relations de travail de Colombie-Britannique
dans une autre affaire au sujet de Wal-Mart.
Il est intéressant de remarquer que, contrairement à ce
qu'affirmait le député, la commission de Colombie-Britannique
n'a pas utilisé ses pouvoirs d'accréditation corrective pour
annuler le vote. La commission a ordonné la tenue d'un vote de
représentation.
L'absence d'exemples de recours à l'accréditation corrective de
la part des commissions provinciales prouve ce que disait le
gouvernement au sujet de cette décision.
C'est une dissuasion efficace contre les tentatives des
employeurs pour empêcher leurs employés d'exercer leur droit
fondamental de s'organiser.
Elle est rarement utilisée, et seulement dans les cas les plus
graves qui rendent impossibles l'évaluation du soutien des
employés exprimé lors du vote. Les procédures d'accréditation
et les dispositions d'accréditation corrective du projet de loi
C-19 résultent d'un ensemble de recommandations du groupe de
travail que les représentants des syndicats et des gestionnaires
du secteur réglementé par le fédéral ont jugé honnête et
équilibré. À mon avis cette disposition ne devrait être ni
éliminée ni même modifiée.
Nous ne voyons rien dans ces amendements qui, selon nous,
améliore le projet de loi de quelque façon que ce soit. En fait,
nous dans le caucus néo-démocrate sommes plutôt frappés...
D'après nos notes, le député de Winnipeg-Centre a commenté ce
groupe vendredi. Pour en être absolument sûrs, nous pourrions
vérifier dans le hansard, ce que nous allons faire.
Ils disent qu'ils approuvent la partie de l'article 47.3 du
projet de loi qui, en cas de changement de fournisseur,
protégerait la rémunération des employés fournissant des
services de sécurité à l'embarquement. Mais, par ailleurs, ils
proposent la motion no 28 qui priverait ces mêmes employés du
droit de recours auprès du conseil au cas où le fournisseur
suivant choisirait de réduire leur rémunération.
Autrement dit, l'opposition officielle aimerait que le respect
de l'article 47.3 soit entièrement volontaire. Si un employeur
ne respecte pas les dispositions de ce dernier, tant pis pour
les employés.
Ils n'auraient aucun recours et c'est inacceptable.
Les députés de l'opposition officielle ont aussi expliqué
longuement comment la disposition, si elle était élargie,
influerait sur les lignes ferroviaires sur courtes distances et
sur le transfert des services gouvernementaux au secteur privé.
Cette disposition n'a rien à voir avec les ventes d'entreprise
ni la privatisation des services gouvernementaux. Elle ne
s'appliquerait même pas à de telles situations et il est
absolument faux de prétendre le contraire.
L'article 47.3 proposé n'accorderait pas de droits du successeur
lorsque le gouvernement ou un employeur assujetti au Code
canadien du travail ont recours à la sous-traitance. L'article
47.3 proposé n'accorderait même pas de droits du successeur
lorsqu'il y a changement de fournisseur. L'employeur qui
remplace un fournisseur précédent ne serait pas lié par cette
convention collective. L'agent négociateur ne garderait pas son
droit de négociation.
Tout ce que fait la disposition, c'est exiger d'un employeur qui
remplace un fournisseur de maintenir le niveau de rémunération,
d'être concurrentiel grâce à des suffisances autres que la
réduction des salaires.
Cette disposition va protéger les gagne-petit qui, autrement,
perdraient leur emploi ou seraient forcés d'accepter des
réductions de salaire lorsqu'il y a changement de fournisseur.
Les services de contrôle de sécurité avant l'embarquement sont
importants pour la sécurité des Canadiens. Les employés qui
assurent ces services méritent ce minimum de protection tout
comme d'autres groupes d'employés vulnérables offrant des
services clés de ce genre. Ce sont ces employés-là qui
profiteraient de la protection prévue à l'article 47.3 proposé.
J'ai cru important de mettre les choses au point sur ces
questions et il importe que nous le fassions en tant que
gouvernement.
Je tiens à dire aussi que j'étais au comité lorsque le Parti
réformiste a fait de l'obstruction systématique. Vous parlez
d'une perte de temps et de ressources. Vous parlez d'un mauvais
usage du Parlement. Vous parlez d'une conduite puérile. Tout
cela de la part d'un parti qui prétend qu'il y a moyen de
renouveler le Parlement et la façon de faire les choses.
Balivernes! Je l'ai vu faire de mes propres yeux et cela m'a
dégoûté.
La raison pour laquelle le Parti réformiste a fait de
l'obstruction systématique au comité...
Grâce à l'obstruction systématique des réformistes, le projet de
loi a été modifié pour que les noms et adresses des travailleurs
à distance ne soient pas divulgués aux organisateurs syndicaux
et que ces derniers ne puissent donc pas venir frapper à leur
porte.
L'opposition a réussi à faire accepter certains amendements au
projet de loi C-19 en faisant de l'obstruction systématique au
comité. Toutefois, certaines choses n'ont pas été changées.
Les droits de successeur font partie de ces choses que le
gouvernement n'a pas changées.
Nous avons fait de l'obstruction systématique pour certaines
raisons que je vais expliquer. Je ne l'aurais pas fait
autrement, mais je crois qu'il est important que les gens
sachent pourquoi l'opposition a agi ainsi.
Je vais expliquer en gros aux téléspectateurs comment les choses
se passent. Lorsque l'opposition présente des amendements de
fond, de vrais amendements, comme nous le faisons aujourd'hui,
par exemple en ce qui a trait aux droits de successeur, le
gouvernement les rejette sans les examiner attentivement. Par
contre, si les amendements sont présentés par des ministériels,
que ce soit au comité ou lors d'un entretien privé avec un
membre du Cabinet, ils ont beaucoup plus de chance d'être
examinés et acceptés.
Nous avons appris de source sûre que certains ministériels
avaient des réserves à l'égard du projet de loi C-19 relativement
aux droits de successeur, à la protection de la vie privée, à la
violation du scrutin secret et à diverses autres choses. Nous
voulions donner à ces députés le temps d'exprimer ces réserves
au comité, mais ils ne l'ont pas fait. Ces députés qui disaient
avoir de l'influence au caucus gouvernemental et au Cabinet
n'ont pas réussi à faire apporter les changements nécessaires au
projet de loi C-19.
Le ministre du Travail, qui a dit ne pas avoir les ressources
nécessaires dans son propre bureau pour se battre contre les
fonctionnaires de son ministère au sujet des aspects du projet
de loi C-19 qu'il jugeait exagérés, devrait avoir honte. Le
ministre du Revenu national, qui avait certaines réserves mais
ne les a pas exprimées au comité et n'a pas insisté pour que les
changements nécessaires soient apportés, devrait avoir honte
aussi.
Ils devraient avoir honte. Quant aux députés libéraux qui ont
fait partie du comité du DRH et qui partageaient l'avis des
réformistes sur certaines des modifications importantes que nous
souhaitions voir apporter sans tarder lorsque nous interrogions
les témoins, ils devraient avoir honte de ne pas avoir mis de
l'avant ces amendements.
Nous voulions que ces points soient proposés. Nous en
discuterons aujourd'hui, à l'étape du rapport, et au moment de
la troisième lecture. Le gouvernement devrait avoir honte de ne
pas avoir fait de propositions en ce sens. Nous savons que c'est
seulement ainsi que ces questions auraient été prises
convenablement et dûment en considération. Le fait que le
gouvernement ait recours à l'attribution de temps pour la 40e
fois depuis son arrivée au pouvoir montre bien que les députés
du parti ministériel n'ont guère eu la volonté ou le cran de
tenir tête au ministère.
Essentiellement, voilà en quoi consiste le projet de loi C-19.
Un fonctionnaire du ministère s'est traîné les pieds pendant de
nombreuses années dans un secteur secondaire du ministère du
Travail.
Mike McDermott a finalement eu une chance de briller et je lui
ai parlé à plusieurs reprises au comité. Je lui dis: J'imagine
que vous avez enfin une chance de laisser votre marque sur les
dispositions législatives canadiennes en matière de travail, en
allant de l'avant et en enchâssant les droits syndicaux, en
allant de l'avant et en portant atteinte à la démocratie
conférée par la tenue de scrutins secrets en milieu de travail,
en allant de l'avant en n'autorisant pas l'arbitrage des
propositions finales, mais en préférant plutôt conférer plus de
pouvoirs au Cabinet.
Au lieu d'essayer d'instaurer la paix dans le milieu de travail,
le gouvernement va de l'avant et confère aux autorités davantage
de pouvoirs sur les lieux de travail, ce qui ne favorise pas un
climat de travail sain.
C'est pour ces raisons que l'opposition a fait de l'obstruction.
Je suis fier de dire que j'étais probablement un de ceux qui ont
le plus embêté le gouvernement dans le cadre de cette
obstruction systématique et je m'en enorgueillis.
Le prochain vote porte sur la motion no 28. Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Nous passons maintenant au débat sur la motion no 10 du groupe
no 4.
—Monsieur le Président, je suis une heureux de participer au
débat sur le projet de loi C-19 par cet amendement logique et
respectueux de ce qui est censé transpirer du nouveau Code
canadien du travail.
En effet, c'est un amendement que l'on pourrait qualifier
d'accessoire, mais qui peut prendre tout son sens dans le cadre
d'un conflit de travail où le ministre est amené à intervenir de
par ses pouvoirs pour faire en sorte que le conflit puisse se
régler par la nomination de quelqu'un.
Trois choix s'offrent au ministre: soit que le ministre nomme un
conciliateur, soit qu'il nomme un commissaire conciliateur ou
qu'il nomme une commission de conciliation. Je cite un extrait
de cet article qu'on retrouve à la page 23 du projet de loi:
1140
Ce que nous ajoutons, qui vient renforcer jusqu'à un certain
point l'esprit de la loi, c'est que semblable décision ne peut
être prise par le ministre qu'avec le consentement des parties.
Il serait un peu aberrant, un conflit de travail s'éternisant,
les tensions étant de plus en plus fortes, que le ministre
intervienne arbitrairement, de son propre chef, en imposant un
mécanisme qui est supposé solutionner le problème.
Ce que nous disons, c'est que le ministre devrait le faire avec
le consentement des parties pour procéder à la nomination, soit
d'un conciliateur, d'un commissaire conciliateur ou d'une
commission, et que cela se fasse dans un esprit de concertation
avec le consentement des parties, sans quoi, on peut imaginer que
semblable décision de la part du ministre pourrait presque avoir
pour effet d'envenimer la situation au lieu de la régler, s'il
n'y a pas consentement des parties.
Il s'agit là d'une sagesse élémentaire où l'intervention
gouvernementale, l'intervention ministérielle prévue par la loi
est désirée par les parties. Si on agit autrement, c'est comme
un enfant non désiré, et cela peut avoir l'effet contraire de
celui souhaité par la loi. Si on ne prévoit pas et qu'on n'exige
pas—forçant ainsi les parties peut-être à réfléchir sur
l'évolution de la situation—si on ne force pas les parties à
devoir consentir à un des trois mécanismes qui sont sur la table
et qui s'offrent aux parties, cela risque d'envenimer la
situation.
C'est un amendement de sagesse que le Bloc québécois présente,
en espérant que le gouvernement et les autres partis d'opposition
l'appuient, dans le but de bonifier le Code canadien du travail,
et ce, dans l'intérêt public supérieur.
[Traduction]
Mme Brenda Chamberlain (secrétaire parlementaire du ministre du
Travail, Lib.): Monsieur le Président, la motion dont nous
sommes saisis retirerait complètement au ministre du Travail le
pouvoir discrétionnaire de nommer un conciliateur sans le
consentement des parties. Les parties syndicale et patronale
devraient d'abord donner leur consentement pour que le ministre
puisse procéder à une nomination aux termes du Code.
Les services de conciliation prescrits par le gouvernement ont
une histoire longue et distinguée, qui remonte au tout début du
siècle, quand l'Acte de conciliation de 1900 a établi le
ministère du Travail et prévu le recours à la conciliation en
cas de différend. Au fil des ans, le processus a évolué. À
l'heure actuelle, le ministre a le plein pouvoir de nommer un
conciliateur, pas seulement à une étape, mais à deux étapes
consécutives de conciliation, et ce, sans l'accord des parties.
Pour le député qui parraine la motion, il est clair que la
conciliation donne de meilleurs résultats quand les parties sont
engagées dans le processus. Or, il semble moins comprendre qu'en
cas de différend, il peut arriver qu'une partie veuille
l'intervention d'un conciliateur, mais ne la demande pas de
crainte que sa requête soit interprétée comme un signe de
faiblesse. De là la valeur de laisser toute liberté au ministre
de faire une nomination.
Au cours du processus de consultation exhaustif qui a mené à la
présentation du projet de loi C-19, des représentants
d'organisations syndicales et patronales assujetties à la partie
I du Code ont critiqué les longs retards que suppose le
processus de conciliation actuellement en place, mais ils l'ont
quand même jugé précieux et ils ont loué les services de
médiation et de conciliation du gouvernement fédéral.
Le groupe de travail sur les relations syndicales-patronales n'a
pas recommandé d'abolir le recours obligatoire à la
conciliation, mais seulement de remplacer le processus en deux
étapes par un processus en une étape qui pourrait prendre
diverses formes. Le processus en une étape, ou le processus de
conciliation dans une limite de temps, qui figure dans le projet
de loi C-19 traduit ce consensus.
Selon le groupe de travail Sims, la conciliation demeure une
fonction importante et les services de médiation et de
conciliation du gouvernement fédéral aident à réduire les
conflits de travail au Canada. Plus de 90 p. 100 des différends
traités avec l'aide d'un conciliateur sont réglés sans qu'il y
ait d'arrêt de travail. Le groupe de travail...
1145
M. Reed Elley: Monsieur le Président, je pense que vous
constaterez qu'il n'y a pas quorum à la Chambre.
Le président suppléant (M. McClelland): Convoquez les députés.
Et la sonnerie s'étant arrêtée:
Le président suppléant (M. McClelland): Nous avons le quorum.
Mme Brenda Chamberlain: Monsieur le Président, les réformistes
disent qu'ils veulent débattre du projet de loi et parler des
amendements; je suis étonnée de voir l'un des leurs demander le
quorum puis sortir de la Chambre. Il ne reste même pas pour
écouter le débat. Voilà qui est vraiment très hypocrite.
M. Dale Johnston: Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
La secrétaire parlementaire sait sûrement qu'il n'est pas
correct de parler de la présence ou de l'absence de députés à la
Chambre.
Le président suppléant (M. McClelland): Le député de Wetaskiwin
a tout à fait raison.
Mme Brenda Chamberlain: Monsieur le Président, je m'excuse
d'avoir signalé que le député était sorti de la Chambre après
avoir demandé le quorum.
Étant donné la nature de la compétence fédérale et la
prédominance des entreprises fournissant des services au public,
le groupe de travail a soutenu qu'il était important que l'on
fasse ostensiblement tous les efforts possibles pour trouver un
moyen de règlement avant que les parties ne décident de recourir
à des sanctions économiques pour poursuivre leurs objectifs en
matière de négociation.
C'est pourquoi le ministre du Travail exige que les parties
s'engagent dans un processus de conciliation.
La conciliation a réussi à aider les parties à parvenir à un
règlement dans la vaste majorité des cas et devrait demeurer une
option pour le ministre du Travail.
Ailleurs dans le projet de loi, le processus de conciliation se
trouve simplifié et modernisé. J'ai déjà parlé des deux étapes
qui sont fondues en une seule. La durée du processus se trouve
également limitée à moins que les parties acceptent
conjointement de le prolonger. Cela devrait plaire à l'auteur de
la motion.
Peut-être tout aussi important est le nouveau profil donné au
Service fédéral de médiation et de conciliation. Cet organisme
est très respecté, et le Code du travail reconnaîtra
officiellement le rôle important que joue le directeur du SFMC
en conseillant le ministre du Travail en matière de règlement
des différends.
De même, le Code reconnaîtra que le Service a pour mission de
favoriser l'établissement de relations harmonieuses entre les
syndicats et les employeurs.
Cette disposition fournira la plate-forme à partir de laquelle on
pourra lancer des programmes d'établissement de bonnes
relations.
En somme, le projet de loi C-19 reconnaît la valeur de la
conciliation et établit le fondement pour en poursuivre le
développement.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.): Monsieur le Président,
encore une fois, pour la 40e fois, je crois, nous sommes
confrontés à l'attribution de temps. Nous croyons que le projet
de loi est très important et doit faire l'objet d'un bon débat.
Lorsque les libéraux étaient dans l'opposition, ils jugeaient
tout à fait déplorable que les conservateurs aient souvent
recours à l'attribution de temps. Pourtant, les libéraux ne
donnent pas leur place.
J'aimerais que les députés se reportent au début de la 36e
législature. Le premier article inscrit au Feuilleton était le
projet de loi C-19. Il est resté là jusqu'au mois de novembre,
lorsqu'il a été lu pour la première fois. Il a encore attendu au
Feuilleton jusqu'à tout récemment, lorsqu'il est devenu urgent
de faire adopter ce projet de loi sur le Code canadien du
travail. J'ajoute que le projet de loi était aussi inscrit au
Feuilleton lors de la 35e législature.
Tout à coup, c'est la panique. Il faut que le projet de loi soit
adopté. C'est à un point tel que le gouvernement accordera
seulement une journée supplémentaire de débat à l'étape du
rapport et une journée supplémentaire en troisième lecture. Je
crois que c'est un abus sans précédent des pouvoirs du
gouvernement d'imposer sa volonté à l'opposition.
Notre devoir consiste à expliquer comment nous croyons pouvoir
améliorer le projet de loi et je dirai que le gouvernement nous
en empêche sérieusement.
1150
J'arrive au groupe no 4, qui est constitué d'une motion
présentée par un député bloquiste. Le député propose que les
parties s'entendent sur le choix du conciliateur ou la
composition de la commission de conciliation, mais cela devrait
se faire à un moment où les parties semblent ne s'entendre sur à
peu près rien. Cela doit se faire à un moment où les
travailleurs et l'employeur ont convenu de ne s'entendre sur
pratiquement rien. Les parties en sont là, sinon les
négociations n'auraient pas été rompues.
Il aurait été plus facile d'appuyer la motion du député s'il
avait proposé que les parties soumettent des noms d'agents de
conciliation et que, si, par hasard, la même personne
apparaissait sur les deux listes, sa candidature soit retenue.
Mais il serait extrêmement difficile aux parties de s'entendre
sur un conciliateur ou une commission de conciliation.
Je crois qu'il serait bien que les deux parties puissent
exprimer leur opinion sur les personnes qui vont intervenir pour
évaluer la situation et rendre une décision. Si les deux parties
s'entendaient par hasard sur le choix d'une personne pour
arbitrer leur situation, ce serait très bien.
Je ne crois cependant pas que la motion du député a la moindre
chance d'être adoptée parce que, lors de l'étude en comité, on a
entendu à au moins une occasion des députés libéraux dire qu'ils
ne seraient certainement pas assez fous pour laisser passer
quelque amendement que ce soit s'il était proposé par
l'opposition.
Je signale donc au député que même si ses intentions sont sans
doute louables et qu'à son avis cela va améliorer la loi, il a
autant de chances de voir son amendement adopté que de voir
neiger en enfer.
Je ne devrais pas juger le député à l'avance, c'est une des
décisions que le ministre pourrait prendre à cet égard. Ce
dernier peut nommer un agent de conciliation, un conseil de
conciliation, ou il peut informer les parties de son intention
de ne faire ni l'un ni l'autre. Il pourrait simplement dire
qu'il ne convient pas pour lui d'agir en ce moment, et les
parties seraient donc forcées de retourner négocier sérieusement
au lieu de lancer la serviette et de renvoyer la question à
quelqu'un d'autre.
On a beaucoup parlé à la Chambre de la question de savoir si
notre parti ou un autre appuient le processus de négociation
collective.
Le Parti réformiste est certainement favorable au droit
d'organisation pacifique, au droit de grève et au droit de
négociation par l'entremise d'un syndicat.
Cependant, cette loi, comme je l'ai déjà dit à la Chambre, a
pour modèle un rapport de M. Andrew Sims, dont le titre est Vers
l'équilibre. Certes, c'est un noble objectif pour toute loi sur
le travail, voire pour toutes les lois, que de rechercher
l'équilibre. Page après page, ce rapport traite de la
responsabilisation des organisateurs syndicaux, des dirigeants
syndicaux et pas nécessairement des membres de la base qui
paient leurs cotisations syndicales et certainement pas de ceux
qui fournissent des emplois à ces mêmes syndiqués.
1155
M. Pat Martin (Winnipeg-Centre, NPD): Monsieur le Président,
lorsque nous avons vu pour la première fois l'amendement qui
tendait à modifier le rôle du conciliateur, etc., nous l'avons
perçu de façon favorable. Notre caucus s'est demandé pendant un
certain temps si nous devrions y souscrire ou non. À ce
stade-ci, nous sommes persuadés que les modifications apportées
au projet de loi C-19 initial régleront certains des problèmes
que nous avons constatés. Il est tout à fait constructif de
passer d'un processus en deux étapes à un processus en une seule
étape. Étant donné l'esprit dans lequel on est arrivé aux
dispositions du projet de loi C-19 et l'historique de cette
mesure, nous hésitons beaucoup à remettre en question le bel
équilibre ou le compromis qui était à la base des modifications
contenues dans le projet de loi C-19.
Je déplore que notre caucus ne puisse souscrire à la motion
no 10.
Nous allons nous prononcer contre, mais pas pour les mêmes
raisons que l'opposition officielle. Nous constatons de plus en
plus que le ton des observations de l'opposition officielle au
sujet de toute cette mesure législative, peu importe le groupe
de motions dont il est question, sont plutôt menaçants. Toutes
les observations des réformistes sont marquées au coin de la
colère et de l'amertume et reflètent leur véritable attitude à
l'égard des relations de travail au Canada. Je ne vois pas le
même esprit de coopération qui existait lors du projet de loi
C-19 initial. J'en suis déçu.
Nous avons vu certaines des tactiques dilatoires utilisées au
comité et l'obstruction systématique à laquelle on a fait face à
l'étape du rapport. Je me demande ce que les agriculteurs des
Prairies pensent de ces tactiques dilatoires qui retardent
l'adoption d'une mesure législative extrêmement importante. Le
secteur agricole de ma province attend avec impatience qu'on
adopte cette mesure législative.
Nous en arrivons à une autre saison où les céréales vont être
expédiées à partir des ports de la côte ouest. Les producteurs
veulent être certains que leurs produits seront manutentionnés à
ces terminaux peu importe le climat de relations de travail à
ces endroits-là.
Avec ses tactiques dilatoires, au moins jusqu'à l'adoption de la
motion de clôture d'aujourd'hui, le Parti réformiste remet en
question la possibilité d'adopter ce projet de loi en temps
opportun, c'est-à-dire au moins à temps pour la saison des
récoltes, lorsque le transport du grain vers les ports de la
côte ouest sera à nouveau un problème.
Le ton du reste des observations des réformistes me rappelle un
autre message que j'entends depuis des années. C'est un poison
qui nous vient des États-Unis depuis quelques années. Il s'agit
des lois sur le droit au travail. Cela semble être la devise des
réformistes. Ce n'est pas une idée originale, mais il semble que
les réformistes se soient jetés là-dessus comme si c'était une
nouvelle idée.
Un peu comme ils se sont emparés de l'arbitrage des propositions
finales comme si c'était une idée nouvelle.
Tout le monde sait en quoi consiste le droit au travail.
L'Institut Fraser vient de publier à ce sujet un livre dont il a
envoyé un exemplaire à tous les députés afin d'encourager
l'application de ce principe dans les relations de travail au
XXIe siècle. Un autre livre fournit la preuve empirique de ce
que veut dire le fait de vivre dans un pays où le droit au
travail existe. Il fournit en fait des statistiques. Dans l'un
des pays examinés, les salaires étaient inférieurs à la moyenne
et le seuil de pauvreté était plus élevé. Le droit au travail
est en réalité le droit à un travail moins bien rémunéré.
Le Parti réformiste se sert du débat sur le projet de loi C-19
pour promouvoir son projet de loi garantissant le droit au
travail. Ils ont été frustrés en Alberta, car le gouvernement
Klein l'a trouvé trop radical et trop conservateur à son goût.
1200
En fait, ce projet de loi frôlait le fascisme à plusieurs égards
et a été rejeté. Le gouvernement albertain n'en a pas voulu, et
c'est tout à son honneur. À présent, ils essaient de vendre leur
idée à Ottawa.
À mon avis, les Canadiens devraient se méfier de l'esprit et du
ton de ces arguments. Il est important de lire entre les lignes.
En fait, il essaient d'imposer aux Canadiens une version
réchauffée de leur projet de loi sur le droit au travail, ceci
par des moyens détournés, en profitant du débat sur une
importante mesure législative concernant le Code du travail, le
projet de loi C-19.
[Français]
Le président suppléant (M. McClelland): La Chambre
est-elle prête à se prononcer?
Des voix: Le vote.
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote porte sur
la motion no 10. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les
oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 10 est différé.
Nous passons maintenant à l'étude des motions du groupe no 5.
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ) propose:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 1 à 22, page 27, de ce qui suit:
«87.2 Sauf si les parties en conviennent autrement par écrit:
(2) le syndicat n'est pas tenu de donner un préavis à
l'employeur pour l'informer de la date à laquelle la grève sera
déclenchée;
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 20 à 22, page 27, de ce qui suit:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
suppression des lignes 23 à 43, page 27 et des lignes 1 à 29,
page 28.
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 23 à 43, page 27, de ce qui suit:
«87.3 (1) Sauf si un lock-out non interdit par la présente
partie a été déclenché, le syndicat ne peut déclarer ou autoriser
une grève sans avoir tenu un vote au scrutin secret auquel tous
les employés de l'unité ont eu le droit de participer et sans que
la grève ait été approuvée par la majorité des votants.
(2) Sauf si une grève non interdite par la présente partie a été
déclenchée, l'organisation patronale ne peut déclarer ou
provoquer un lock-out sans avoir tenu un vote au scrutin secret
auquel tous les employeurs membres de l'organisation ont eu le
droit de participer et sans que le lock-out ait été approuvé par
la majorité des votants.»
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
suppression des lignes 1 à 5, page 28.
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
suppression des lignes 6 à 29, page 28.
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
suppression des lignes 20 à 25, page 28.
1205
—Monsieur le Président, mes collègues ont écouté attentivement
et il y a un consensus, fort heureusement, quant aux
modifications à apporter au Code canadien du travail.
On peut parler de la mécanique qui prévaudrait, selon les
articles du Code, quant à la mise sur pied du vote permettant aux
travailleurs de faire la grève et aux employeurs de déclencher un
lock-out. Ce sur quoi nous en avons, c'est la mécanique, ce sur
quoi le gouvernement s'inspire de façon bizarre.
Nous considérons qu'il tente d'encadrer, indûment à notre avis,
pour ne pas dire «corseter», le syndicat quant à son
fonctionnement et quant à ses relations avec ses propres
travailleurs. Le gouvernement préconise tout un ensemble de
moyens et toute une mécanique, ce qui fait que le syndicat nous
semble un peu trop embrigadé par la volonté gouvernementale, ce
qui nous amène à présenter les amendements que vous avez devant
vous.
La motion no 11 porte sur notre opposition au préavis qui est
prévu dans le présent projet de loi, le préavis de 72 heures, qui
est censé être donné tant par la partie syndicale que par la
partie patronale, selon la grève ou le lock-out qui est décidé
par l'une ou l'autre des parties.
Par cet amendement, nous provoquons son retrait, parce que nous
considérons qu'il n'y a pas matière à ce qu'il y ait un préavis
de donné à l'une ou l'autre des parties. La décision ayant été
prise, à un moment spécifique, de tenir éventuellement une grève
ou un lock-out, c'est à cette partie de décider du moment le plus
opportun, et ce, sans nécessairement avoir l'obligation—parce
qu'il s'agit ici d'une obligation—de donner un préavis à l'autre
partie de l'intention de mettre en force la décision qui a été
prise.
De même, à la motion no 12, on dit que si le préavis de 72
heures de déclencher la grève ou le lock-out n'a pas été suivi,
on prévoit au paragraphe 87.2(3) qu'il devra y avoir un nouveau
préavis de donné, le premier préavis n'ayant pas été suivi.
On aura compris, ne serait-ce que par concordance ou par logique
élémentaire, que nous nous opposons à ce que l'une ou l'autre des
parties ait à donner un nouveau préavis, le premier n'ayant pas
été mis en force. Donc, c'est l'objet de la motion no 12 qui,
nous l'espérons, sera acceptée par cette Chambre.
Les motions nos 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17 forment un tout qui
concerne toute la mécanique du vote et des préavis à donner. Il
y a aussi un aspect qui porte sur le fait qu'une fois qu'on a
tenu un scrutin autorisant le syndicat à déclencher une grève, le
libellé actuel du projet de loi C-19, le nouveau Code canadien du
travail, prévoit que la grève devra être déclenchée dans les 60
jours qui suivent la tenue du scrutin.
Nous considérons que c'est là un délai arbitraire, un délai qui
n'a pas lieu d'être—et on va ici parler comme les Canadiens que
nous sommes encore, pour peu de temps probablement—et qui
pourrait causer d'importants problèmes sur le plan
organisationnel, compte tenu du caractère immense de ce pays.
1210
From coast to coast, de Terre-Neuve jusqu'en
Colombie-Britannique, il y a des associations syndicales qui
pourraient connaître de sérieux problèmes de logistique, que de
devoir faire la grève pour laquelle on a voté, et ce, dans un
délai de 60 jours. À supposer qu'on est sur le point d'en
arriver à un accord et qu'on décide de ne pas faire la grève dans
les 60 jours, selon la loi, que l'accord ne survient pas, donc,
on doit tenir un autre vote de grève. Compte tenu de l'immensité
du Canada, on n'est pas sûrs du tout qu'il soit sage, de la part
du gouvernement, d'imposer un tel délai.
Nous considérons qu'il ne devrait pas y avoir de délai prescrit,
qu'une fois qu'on a obtenu le droit de grève ou de lock-out, on
l'exécute au moment où la partie syndicale ou patronale le juge
opportun, cela sans «corseter»—pour employer l'expression
utilisée tout à l'heure—sans encadrer de façon indue, comme on
le fait ici, dans un un délai de 60 jours après que le vote de
grève ou de lock-out aura été tenu.
Les dernières motions, soit les motions nos 15, 16 et 17,
prévoient des modalités concernant la tenue du vote, le
déroulement du scrutin et la capacité de faire une demande de
déclaration d'invalidité du vote. Nous sommes très peu
sympathiques à ce genre d'intervention gouvernementale sur la
tenue du vote, sur les technicalités.
C'est une intrusion évidemment indue dans le fonctionnement du
syndicat. On peut le dire, je pense que c'est le syndicat qui
est directement visé. On permet aussi à quelqu'un de tenter
d'invalider le vote, s'il n'est pas content. La vie dans les
relations de travail est assez compliquée comme cela, je pense
qu'on n'a pas besoin d'un tiers qui s'appelle le gouvernement
pour intervenir dans semblable matière. D'autant plus que s'il y
a un organisme, dans ce pays qui s'appelle le Canada, qui est mal
placé sur le plan de la morale pour intervenir ainsi dans les
affaires des autres, pour leur dire comment fonctionner quand il
s'agit de vote, c'est bien le gouvernement canadien.
Sur le plan électoral, chose qui le concerne directement dans
son vécu, lorsqu'il y a vote ou scrutin, le gouvernement canadien
n'a aucune leçon à donner à qui que ce soit. On sait qu'on nomme
encore les présidents d'élection dans ce beau grand pays, sur la
base de la pure partisanerie.
Au Québec, on compte sur les doigts de la main les comtés
fédéraux où ce ne sont pas des présidents dont la principale
qualité, il ne faut pas se le cacher, est d'avoir milité pour le
Parti libéral du Canada. On patente des chinoiseries comme le
vote par la poste, ou le vote par personne interposée, qui est
une invitation évidente à tous les organisateurs peu scrupuleux
ayant le goût de manipuler le résultat lors de la journée du
vote. Cela s'est fait de façon éhontée dans un certain nombre de
comtés du Québec.
Quand on sait le laxisme que se permet le gouvernement fédéral
dans la gestion de la Loi électorale du Canada, il est très mal
placé pour venir faire la morale aux syndicats au Canada, pour
leur dire comment s'administrer quant au déroulement du scrutin,
quant aux déclarations d'invalidité du vote, quant aux procédures
sommaires pour déclaration d'invalidité.
Il serait peut-être bon que le gouvernement libéral canadien
s'inspire de son propre projet de loi pour mettre un peu plus de
rigueur et de discipline dans la Loi électorale du Canada, pour
éviter le micmac dans lequel on a été placés au Québec. Entre
autres, il y a la façon de faire voter des personnes âgées; on
frappe aux chambres d'hôpital, on réveille les patients qui
dorment—parce que c'est là qu'ils en sont rendus—et on fait du
porte à porte, non pas pour influencer le vote comme c'est prévu
dans notre démocratie, mais pour faire voter les gens. On est
loin, au plan de la moralité, d'être en mesure de faire la morale
aux autres, comme on se permet de le faire dans le projet de loi
C-19.
C'est très peu sympathique que de voir ce gouvernement prononcer
un vote de non-confiance quant à la façon de faire des syndicats
historiquement. Ce n'est surtout pas le gouvernement fédéral
canadien qui a des leçons à donner à qui que ce soit dans ce pays
en la matière.
J'espère que ces paroles vous auront éclairés.
1215
[Traduction]
Mme Brenda Chamberlain (secrétaire parlementaire du ministre du
Travail, Lib.): Monsieur le Président, ce groupe de motions
porte sur la nouvelle exigence régissant l'exercice du droit de
grève ou du droit de lock-out.
Aux termes du projet de loi C-19, le droit de grève ou de
lock-out sera acquis 21 jours après la fin du processus de
conciliation, sous réserve que les parties se conforment aux
nouvelles exigences en tenant un scrutin secret dans les 60
jours précédents et en donnant un préavis de 72 heures en cas de
grève ou de lock-out.
Les motions nos 11 et 12 visent à supprimer l'obligation de
présenter un préavis de 72 heures et d'envoyer un nouvel avis
dans les cas où la grève ou le lock-out ne sont pas déclenchés à
la fin de la période d'avis. La nouvelle disposition relative au
préavis de 72 heures donne suite à la recommandation du groupe
de travail Sims.
Cette disposition a un double objectif. Elle permettra la
fermeture ou la réduction ordonnée des activités et permettra de
résoudre le problème des biens périssables. Cette disposition
amènera également les parties à négocier sérieusement et elle
devrait favoriser le règlement des différends.
Il importe de signaler, à l'intention des syndicats qui
craignent que le projet de loi C-19 ne porte atteinte au droit de
grève, qu'il n'exige pas qu'un nouvel avis soit donné une fois
que le processus de grève ou de lock-out est enclenché, même s'il
est suspendu temporairement. D'autre part, lorsque une partie
entame le processus de grève ou de lock-out, l'exigence relative
au préavis de 72 heures ne s'applique pas à l'autre partie.
Certains syndicats, principalement des syndicats de débardeurs,
ont dit que l'exigence relative au préavis de 72 heures
avantagera injustement les compagnies et les agents de transport
maritime dans le processus de négociation, puisqu'elle empêchera
les syndicats de bloquer les navires dans les ports en cas
d'arrêt de travail. Le Bloc québécois a fait écho à ce point de
vue.
La principale conséquence économique d'un arrêt de travail dans
un port est la fermeture des installations et l'inutilisation du
capital fixe. Cette conséquence sérieuse pour des
investissements importants constitue assurément un moyen de
pression non négligeable et compense suffisamment la perte de
revenus que subissent les employés pendant un arrêt de travail.
Bien que le code reconnaisse au syndicat le droit d'exercer des
moyens de pression économiques sur l'employeur dans un conflit
de travail et que la grève constitue l'une des sanctions
économiques qui peuvent être utilisées, il n'est que raisonnable
que les deux parties aient suffisamment de temps pour s'y
préparer.
Nous croyons qu'en ce qui concerne le nombre restreint de cas
visés par le code où les parties ont recours à un arrêt de
travail, l'obligation de présenter un préavis de 72 heures
permettra une interruption ou une réduction ordonnée des
activités. Qui sait, cela permettra peut-être un effort de
dernière minute qui pourrait aboutir à un règlement.
Le Bloc québécois a présenté cinq motions relatives à
l'obligation de tenir un vote en cas de grève et de lock-out.
Elles prévoient le retrait de l'exigence que le vote de grève ou
de lock-out ait été tenu dans les 60 jours précédents, le retrait
de tout l'article 87.3 portant sur les votes de grève et de
lock-out, le retrait des règles régissant la tenue des votes, le
retrait de la procédure de contestation en cas d'irrégularités
et le retrait du pouvoir du conseil de rejeter de façon sommaire
une demande de déclaration d'invalidité jugée injustifiée et
d'ordonner la tenue d'un autre vote.
Il importe d'insister sur le fait que l'actuel Code canadien du
travail est la seule exception et que les votes par scrutin
secret sont obligatoires dans toutes les juridictions
canadiennes, y compris au Québec. C'est un prérequis pour qu'une
grève puisse être légale.
Bien que la grande majorité des syndicats assujettis au code
tiennent déjà un scrutin secret avant de déclarer la grève, les
employés des unités de négociation qui ne sont pas membres du
syndicat peuvent être tenus à l'écart des grandes décisions qui
les touchent directement.
Les votes de grève ne se tiennent pas toujours dans les délais
prévus. Il arrive que le syndicat obtienne un mandat de grève au
tout début de la négociation parce qu'il veut prouver que ses
demandes sont solidement appuyées par les employés. Cela
pourrait ne pas être une preuve que les syndiqués sont en faveur
d'un arrêt de travail.
Les conditions assurant la validité d'une vote, précisées dans
le projet de loi C-19, donnent suite aux recommandations du
groupe de travail Sims. Elles sont semblables aux dispositions
déjà inscrites dans un certain nombre de lois provinciales et
n'entraînent pas trop de difficultés.
1220
C'est difficile d'imaginer qu'un vote démocratique puisse ne pas
répondre à ces exigences de base. Ces conditions ne font
qu'assurer que les votes sont tenus au bon moment, qu'ils sont
justes et que tout le personnel touché pourra voter.
J'ai de la difficulté à comprendre pourquoi le Bloc québécois
s'oppose à ce qu'un vote soit tenu de manière à donner aux
travailleurs admissibles une chance raisonnable de voter et
d'être mis au courant des résultats. C'est certainement un
principe démocratique fondamental que les syndicats
reconnaissent et mettent en pratique.
Le Bloc québécois propose aussi qu'on ne donne pas aux employés
des unités de négociation le droit de dénoncer des irrégularités
dans la conduite d'un vote de grève.
Les employés qui croient qu'on leur a injustement refusé le
droit de participer à un vote de grève doivent bien avoir un
recours quelconque.
Sans une telle disposition, il n'y aurait pas de moyen de faire
appliquer les exigences de cet article. On a fait valoir que,
dans certains cas, la période de 60 jours pour la tenue d'un
vote de grève peut être source de difficultés, surtout si les
employés d'une unité de négociation travaillent un peu partout
au pays ou ne sont pas réunis dans un lieu précis. En permettant
une prolongation de la période de 60 jours, le projet de loi C-19
répond à ces préoccupations.
L'exigence d'un avis de 72 heures et les dispositions concernant
la tenue d'un vote de grève ou de lock-out inscrites dans le
projet de loi C-19 sont justes et démocratiques. J'exhorte les
députés à les appuyer et à rejeter les amendements proposés dans
ces motions.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.): Monsieur le Président, le
groupe no 5 comprend plusieurs motions proposées par le Bloc et
il nous est malheureusement impossible d'appuyer l'un ou l'autre
de ces amendements.
L'obligation de donner un préavis de 72 heures avant qu'une grève
ou un lock-out ne soit déclenché nous semble une mesure
raisonnable. Le Bloc veut supprimer cette disposition et nous ne
sommes pas d'accord du tout.
Le préavis de 72 heures représente l'un des rares éléments
positifs du projet de loi C-19, l'un des rares changements que
nous pourrions approuver. Le préavis permettrait à d'innocentes
tierces parties qui ont des marchandises en transit, par
exemple, de prendre d'autres arrangements ou de veiller à ce que
leurs marchandises déjà expédiées arrivent à bon port avant
l'interruption des services.
Il arrive souvent que des marchandises périssables se retrouvent
coincées quelque part et s'abîment pendant que l'employeur et
les employés règlent leurs différends. C'est une situation
regrettable et injuste envers les innocentes tierces parties qui
expédient ces biens.
Naturellement, tout cela a des répercussions très néfastes sur
l'ensemble de l'économie canadienne.
Les amendements proposés par mes collègues du Bloc ne
contribuent pas à la recherche d'un équilibre dans les relations
partronales-syndicales. Il faut songer davantage aux gens qui
utilisent ces services, car lorsque les services sont
interrompus, que ce soit dans le cadre d'une grève ou d'un
lock-out, l'employeur et les employés ne sont pas les seules
personnes touchées. Il y a aussi les utilisateurs qui comptent
sur ces services dans les domaines où les relations
industrielles sont régies par le gouvernement fédéral. Très
souvent, il n'y a aucune solution de rechange immédiate pour ces
services.
Dans bien des cas, il n'y a pas moyen d'obtenir les services
ailleurs. L'avis de 72 heures avant le déclenchement d'une grève
ou avant un lock-out est une proposition raisonnable et il n'y a
pas lieu de la modifier dans le sens proposé par mon collègue.
1225
Les 60 jours auxquels il est fait allusion dans la motion no 13
sont une période raisonnable et suffisante pour négocier et
donner aux employeurs et aux employés le temps de se préparer à
des perturbations du travail. Comme la secrétaire parlementaire
l'a dit plusieurs fois dans son intervention, cela permet une
fermeture ordonnée. Cela donne aussi le temps aux gens de
prendre d'autres dispositions. Nous sommes d'accord. Cela nous
semble raisonnable. Nous ne pensons pas que la motion de notre
collègue bloquiste apporterait des améliorations.
La motion no 14, en particulier, semble être le simple
prolongement de la motion no 13. Elle semble refuser aux
associations de travailleurs et d'employés la possibilité de
voter par scrutin secret. Notre parti est tout à fait en faveur
du vote par scrutin secret sur les interruptions de travail ou
les grèves. C'est aussi par scrutin secret que les travailleurs
devraient se prononcer sur l'accréditation syndicale.
Je résume en disant que nous ne pourrons pas appuyer ces
motions.
Le vice-président: La Chambre est-elle prête à se prononcer?
Des voix: Le vote.
[Français]
Le vice-président: Le vote porte sur la motion no 11.
Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le vice-président: Que tous ceux qui appuient la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent
veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le vice-président: Le vote par appel nominal sur la
motion no 11 est différé.
La prochaine mise aux voix porte sur la motion no 13. Plaît-il à
la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le vice-président: Que tous ceux qui appuient la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent
veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le vice-président: Le vote par appel nominal sur la
motion no 13 est différé.
[Traduction]
Nous allons maintenant mettre à l'étude le groupe de motions no
6.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.) propose:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, à la ligne 38, page 28, de ce qui suit:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié
a) par substitution, à la ligne 32, page 29, de ce qui suit:
«sécurité ou la santé du public ou causer de graves
perturbations économiques dans l'économie nationale, peut—après»
b) par substitution, aux lignes 36 et 37, page 29, de ce qui
suit:
«maintien nécessaire en vue de prévenir ces éventualités;»
[Français]
M. Yves Rocheleau: Monsieur le Président, à moins d'avoir
mal compris, nous avons voté sur la motion no 11 et sur la motion
no 12. Il faudrait voter sur les motions nos 13, 14, 15, 16 et
17 qui font partie du groupe no 5, et non pas sur les motions 20
et 18.
1230
Le vice-président: La mise aux voix portait sur ces deux
motions seulement, parce que la décision qui s'appliquera aux
autres motions dépend du résultat du vote des deux motions que
j'ai soumises par vote à la Chambre.
Si une des motions est rejetée, par exemple, les autres motions
seront mises aux voix. Est-ce que cette explication suffit à
l'honorable député? Très bien.
[Traduction]
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.) propose:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 26 à 28, page 31, de ce qui suit:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié, dans la
version anglaise seulement, par substitution, à la ligne 26, page
31, de ce qui suit:
—Monsieur le Président, le groupe no 6 porte sur le maintien des
services dans les situations où la sécurité ou la santé du
public est en danger; le ministre peut alors intervenir.
Cela semble très raisonnable. Toutefois, le projet de loi ne
contient aucune disposition prévoyant le maintien des services
afin de protéger l'économie canadienne. Par exemple, on estime
que la grève de 1994, sur la côte ouest, a coûté dans les 125
millions de dollars. Et il ne s'agit que des coûts directs.
C'est ce qu'on avait estimé qu'il en coûterait aux agriculteurs
canadiens si leurs produits n'étaient pas livrés.
Je suppose qu'on pourrait dire qu'ils finiraient toujours par
les livrer, mais si une denrée n'est pas sur les étagères, pour
ainsi dire, il est extrêmement difficile de la vendre. Je pense
que c'est l'un des cas où un arrêt de travail a eu des
conséquences désastreuses pour l'économie canadienne.
On parle, pour le moment, de coûts directs d'environ 125
millions de dollars. Les chiffres pour les coûts indirects
varient, mais en général, on estime qu'ils seraient de l'ordre
de 250 millions de dollars et que, à l'avenir, on pourrait
perdre jusqu'à 500 millions de dollars en ventes de grain non
réalisées.
Pourquoi disons-nous que les ventes de grain sont menacées à
l'avenir?
Par exemple, si un client vient au Canada prendre livraison d'un
chargement de grain et que son bateau est immobilisé dans le
port pendant une, deux ou trois semaines, et que, en fin de
compte, il est obligé de se rendre à Seattle ou à Portland pour
prendre sa cargaison, à l'avenir il se demandera pourquoi il
devrait aller s'approvisionner au Canada s'il risque de ne pas
pouvoir prendre livraison de sa commande. Il ferait peut-être
mieux de s'adresser directement aux États-Unis.
Le projet de loi devrait protéger l'économie et les tierces
parties innocentes qui comptent sur ces services. Je l'ai déjà
dit, ces services sont restreints. Ce n'est pas comme si nous
avions l'embarras du choix pour expédier nos grains. Le Canada
n'est pas particulièrement riche en ports. Les ports que nous
avons sont certainement bien équipés et capables de traiter des
quantités énormes de marchandises, mais nous n'en avons pas
beaucoup.
Quand un arrêt de travail immobilise un grand port canadien sur
la côte ouest, cela a des effets absolument catastrophiques sur
l'économie du pays.
Ce serait dans l'intérêt de tous les Canadiens de pouvoir
compter sur un service fiable. Outre que cela contribuerait
certainement à conserver des emplois au pays, notre réputation
en tant que fournisseur et exportateur fiable de marchandises à
travers le monde s'en trouverait nettement améliorée.
Comme je l'ai mentionné, nous possédons à l'évidence un système
de transport de calibre international, et nous ne saurions
tolérer qu'il soit victime d'arrêts de travail, surtout lorsque
ces arrêts de travail se produisent aux périodes de trafic les
plus intenses. Il se trouvera toujours quelqu'un pour dire que,
si l'on s'apprête à négocier, à recourir à des moyens de
pression le meilleur moment de le faire, c'est quand il y a une
grande activité, car on est alors mieux à même de décrocher de
meilleures conditions de travail.
1235
Ce projet de loi assure le maintien des services chaque fois que
la santé et la sécurité publiques sont menacées. Mais, à mon
avis, l'économie nationale est à ce point importante qu'il
faille en tenir compte ici.
Tout au long de l'étude du projet de loi, on a vu le Conseil
canadien des relations industrielles, l'ancien Conseil canadien
des relations de travail, se voir confier toutes sortes de
pouvoirs. On constate en effet que le ministre et le gouverneur
en conseil disposent de toutes sortes de pouvoirs qu'ils sont
habilités à exercer. Nous estimons qu'il est tout à fait
raisonnable qu'ils aient la latitude voulue pour déterminer si
ces arrêts de travail risquent d'avoir un effet dévastateur sur
l'économie canadienne et il nous faut tenir compte des emplois
indirects qui peuvent être touchés par la perturbation des
services.
Les motions nos 22 et 23 sont des propositions d'amendement
visant à faire en sorte qu'une fois que le grain a atteint un
port, il soit expédié. Je tiens à insister sur le fait que le
Parti réformiste souhaite de tout coeur que le grain des
agriculteurs soit expédié à l'étranger sans entrave, depuis la
ferme jusqu'à la mer.
Mais ce projet de loi ne le garantit pas. Il n'en a cure.
Ce projet de loi dit simplement que, si le grain se rend au
port, il sera chargé sur les navires et ceux-ci pourront sortir
du port. Le projet de loi assure le maintien des activités liées
à l'amarrage, à l'appareillage et au chargement des navires
céréaliers. Nous reconnaissons que c'est un pas, quoique petit,
dans la bonne direction. Cependant, en quoi cela aide-t-il les
agriculteurs des Prairies qui ne peuvent pas transporter leur
grain jusqu'au port à cause d'un arrêt de travail ailleurs dans
le système, quelque part entre la ferme et le port? Ce projet de
loi ne prévoit rien à cet égard.
Nous proposons qu'il y ait un genre de mécanisme de règlement
des différends qui permette le maintien des services dans les
ports de la côte ouest pendant les négociations. Nous
reconnaissons certainement qu'un règlement négocié est beaucoup
mieux et probablement plus durable que tout genre de règlement
imposé. Peu importe ce que diront nos opposants pour essayer de
nous convaincre du contraire, c'est là notre position. Nous
croyons qu'un règlement négocié est la meilleure façon de
procéder.
Toutefois, il y a beaucoup d'autres produits, comme le charbon,
le soufre, le carbonate de potassium, la luzerne déshydratée et
de nombreux produits pétrochimiques, qui ont besoin d'un port en
eau profonde pour être acheminés jusqu'aux marchés, souvent
jusqu'aux marchés asiatiques, car le transport maritime est le
seul mode de transport logique pour ces produits. Par exemple,
les exportations annuelles des déshydrateurs de luzerne
représentent environ 100 millions de dollars, et c'est un
produit périssable.
1240
Ce que nous proposons, c'est de mettre en place un mécanisme de
règlement des différends. Si le gouvernement décide que le Parti
réformiste a accordé trop d'importance à l'arbitrage des offres
finales et adopte ce mécanisme, on pourrait l'accuser de céder
aux pressions du Parti réformiste. Alors qu'il propose un
mécanisme de règlement des différends de son propre cru, mais
quelque chose qui aurait pour effet d'assurer le maintien des
services dans les ports de la côte ouest pendant que nous
encourageons les parties à en venir à une entente.
Quelle a été la solution de rechange au fil des années? La
solution de rechange a été d'adopter une loi de retour de
travail pour assurer la reprise des services dans les ports de
la côte ouest.
Lorsque cela se produit, il y a reprise des services, bien que
cela se fasse à contrecoeur, mais on ne règle aucun des
problèmes qui ont conduit à cet arrêt de travail.
Le gouvernement a eu recours à un mécanisme de règlement des
différends à plusieurs reprises dans le passé en plus des lois
de retour au travail. Nous disons qu'on a besoin ici d'un
mécanisme de règlement des différends qui soit beaucoup plus
efficace que simplement choisir un produit et déclarer qu'il
s'agit d'un service essentiel.
Nous appuyons certainement le transport rapide du grain depuis
la ferme jusqu'en haute mer. Nous reconnaissons que ce projet de
loi est un petit pas dans cette direction.
Mme Brenda Chamberlain (secrétaire parlementaire du ministre du
Travail, Lib.): Monsieur le Président, le projet de loi C-19
modifie le Code canadien du travail en y ajoutant des
dispositions, et c'est une première, qui exigeraient le maintien
d'activités nécessaires à la prévention de risques sérieux et
immédiats pour la santé et la sécurité publiques durant les
arrêts de travail.
Le projet de loi prévoit aussi que les employeurs et les
employés dans les ports doivent continuer de fournir des
services aux bateaux chargés aux terminaux accrédités et aux
silos de transfert.
L'opposition officielle a présenté des motions visant à modifier
ces dispositions. L'une d'elles ferait des torts causés à
l'économie nationale un critère pour forcer les parties à
maintenir des services durant un arrêt de travail. Les autres
obligeraient les parties dans les ports à continuer de fournir
des services à tous les bateaux et à autoriser le conseil à
soumettre les différends survenant dans les négociations
collectives dans les ports à la formule de l'arbitrage des
propositions finales.
Ensemble, ces amendements auraient pour effet d'enlever le droit
de grève et le droit au lock-out à toutes les parties dans les
ports aussi bien qu'au grand nombre d'autres employeurs et
employés assujettis à la partie I du code.
Une telle approche interventionniste est contraire aux souhaits
des employeurs et des syndicats qui négocient des conventions
collectives dans le cadre du code.
Il n'y a aucun précédent au Canada pour la suppression du droit
de grève et du droit au lock-out des parties du secteur privé,
comme le propose l'opposition officielle en ce qui concerne les
ports.
En outre, aucun gouvernement canadien ne considère les effets
économiques comme un critère pour le maintien de services durant
les arrêts de travail et aucune des parties régies par le code
ne souscrit à une telle approche.
Le groupe de travail Sims a examiné la question du maintien des
activités et a conclu que le droit de grève et le droit au
lock-out devraient être enlevés aux travailleurs et aux employés
assujettis au code.
Le groupe de travail a bien recommandé que le code renferme des
dispositions particulières pour la protection de la santé et de
la sécurité publiques, critère qu'appuient tant les syndicats
que les employeurs.
Les dispositions du projet de loi C-19 prévoyant le maintien des
activités établissent un juste équilibre entre les droits des
employés et des employeurs assujettis au code à la négociation
collective et le droit du public à la protection de la santé et
de la sécurité.
Passons maintenant à la disposition qui porte sur le grain. On a
dit du secteur du grain qu'il était, de façon générale, une
industrie profitable pour le Canada. En effet, c'est une
industrie de plusieurs milliards de dollars, qui exporte dans
plus de 70 pays de par le monde. Le gagne-pain de plus de 130
000 agriculteurs et leur famille dépend de la capacité du Canada
de maintenir sa réputation à titre d'exportateur fiable.
Ces intérêts doivent, toutefois, être mis en équilibre avec les
droits des syndicats et des employeurs de déterminer des
conditions de travail équitables à l'aide du processus de
négociation collective.
1245
Depuis 1972, il y a eu 12 arrêts de travail dans les ports de la
côte ouest, ce qui a perturbé les exportations de céréales. Neuf
de ces arrêts de travail ont été déclenchés par les débardeurs
et leurs employeurs et le Parlement y a mis fin. Seuls trois
arrêts de travail ont été provoqués par les transporteurs de
céréales et, dans un cas, les principales installations
terminales de Vancouver n'ont pas été touchées.
Deux études indépendantes ont montré que les employeurs et les
syndicats du secteur du débardage ont manqué à leurs
responsabilités en matière de négociation collective en
recourant à des interruptions dans les exportations de céréales
pour déclencher l'adoption d'une loi de retour au travail.
La disposition du projet de loi C-19 qui porte sur les céréales
vise à réduire les interruptions dans les exportations
céréalières, à diminuer la dépendance des parties en cause dans
les ports envers l'intervention du Parlement dans leurs
différends et à maintenir les droits de grève et de lock-out des
parties dans les secteurs des ports et du transport des
céréales.
Les affirmations voulant que cette disposition exerce une
discrimination contre d'autres ressources en privilégiant les
céréales négligent le fait que les céréales ont déjà été
privilégiées par les employeurs et les syndicats du secteur du
débardage, qui y ont recouru pour déclencher l'adoption d'une
loi obligeant le retour au travail.
Les affirmations voulant que les syndicats du secteur du
débardage utiliseront les recettes provenant du chargement des
céréales pour financer des arrêts de travail plus longs ne sont
pas fondées. Au plus 200 employés sur une main-d'oeuvre totale de
plus de 3 000 débardeurs sur la côte ouest assurent des services
aux navires céréaliers.
Dans le port principal de Vancouver, le pourcentage de
débardeurs affectés aux navires céréaliers varie entre 5 p. 100
et 8 p. 100.
Les gains après impôts provenant de cette source ne
permettraient pas à un syndicat sans fonds de grève de
poursuivre un long arrêt de travail.
Cette disposition est entièrement appuyée par le secteur des
céréales et les céréaliculteurs qui, contrairement à d'autres
producteurs de ressources, ne peuvent exercer aucune influence
sur la négociation collective entre les employeurs et les
syndicats du secteur du débardage. Je fais également remarquer
que le gouvernement s'est engagé à examiner l'efficacité de
cette disposition en 1999.
J'estime que cette disposition est importante. Après avoir
assisté aux audiences et entendu les agriculteurs de l'Ouest
parler de cet article, et sachant à quel point ils en ont
besoin, j'ai du mal à comprendre pourquoi le Parti réformiste
tente de retarder l'adoption de ce projet de loi. J'ai du mal à
comprendre pourquoi les réformistes font des agriculteurs de
l'Ouest les otages de ce dossier.
J'exhorte les députés à appuyer ces dispositions du projet de
loi C-19 et à rejeter les démarches radicales que propose
l'opposition officielle, démarches qui entreraient en conflit
avec les engagements qu'a pris le Canada auprès de
l'Organisation internationale du travail.
[Français]
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le
Président, je suis encore une fois très heureux de participer à
ce débat, notamment sur ces deux motions présentées par le Parti
réformiste. Ce parti a bien des défauts, mais on ne peut pas
dire qu'il cache son jeu, comme on dit en français. On ne peut
pas dire qu'il cache l'espèce de mépris qu'il entretient envers
les travailleurs ou, à tout le moins, envers les organisations de
travailleurs.
Ici, on y va avec une certaine subtilité, et cela vaut la peine
que je lise ces motions pour le bénéfice de nos auditeurs et de
nos auditrices, et pour le vôtre, monsieur le Président, pour
bien prendre conscience de ce qu'il en est.
Nous retrouvons un premier petit chef-d'oeuvre à la page 28. Il
s'agit de la motion no 18 du Parti réformiste qui porte sur
l'article 87.4. On y parle essentiellement de ce qu'on appelle
ici, dans le Code, «le maintien de certaines activités», ce que
nous appelons au Québec, de façon beaucoup plus transparente,
«les services essentiels», comme la sécurité publique et la santé
publique, ce à quoi fait référence le Code canadien du travail
dans sa version. Mais, on le constatera, le Parti réformiste y
ajoute quelque chose de très coquet. On extensionne beaucoup au
sujet de la sécurité et de la santé publique quant aux activités
économiques de ce pays.
87.4 (1) Au cours d'une grève ou d'un lock-out non interdits par
la présente partie, l'employeur, le syndicat et les employés de
l'unité de négociation sont tenus de maintenir certaines
activités—prestation de services, fonctionnement d'installations
ou production d'articles—dans la mesure nécessaire pour prévenir
des risques imminents et graves pour la sécurité ou la santé du
public.
Si jamais le Parti réformiste prenait le pouvoir au Canada,
pauvre Canada, ce serait une raison de plus pour les Québécois de
quitter ce pays; ce ne sont pas les raisons qui manquent,
pourtant. Le Parti réformiste veut donc y ajouter ceci:
1250
Donc, dans les faits, cela vient miner l'existence même du droit
de grève et du syndicalisme, parce qu'à la limite, les syndicats
n'ont effectivement plus possibilité d'avoir recours à la grève,
qui fait partie des mécanismes faisant en sorte que la société
est plus juste. Il ne faut pas se le cacher, dans l'histoire de
l'humanité, le syndicalisme est un plus et non un moins.
Quand on a des manoeuvres aussi vicieuses que celle-là, où par
quelques petits mots on vient complètement miner ce qu'il en est
du pouvoir réel, du rapport de forces qui est au coeur des
négociations patronales ouvrières, on est en train de miner—et
c'est tout à fait néo-libéral comme approche—la classe moyenne
et son existence.
La classe moyenne bénéficie du transfert de richesses et
bénéficie, par l'entremise des programmes sociaux et des
conventions collectives, du fait que la richesse a cessé, en ce
bas monde, d'être concentrée aux mains d'un groupuscule pour
mieux être répartie entre plusieurs milliers de citoyens. À tout
le moins en Occident, en Europe, en Scandinavie, en Amérique du
Nord, mais malheureusement pas trop ailleurs, on a une classe
moyenne solide qui peut, elle aussi, jouir de la vie.
C'est ce qui est remis en question, il ne faut pas se le cacher,
par de semblables mesures, où on ajoute quelques mots pour ne pas
que les grèves aient de graves perturbations économiques dans
l'économie nationale. Il ne faudrait pas qu'elles dérangent.
«Faites la grève, mais on va s'arranger pour ne pas que cela
dérange.» C'est très hypocrite, cynique, et cela s'inscrit—il
faut en être conscient—dans un courant idéologique voulant que,
de plus en plus, le fossé entre les riches et les pauvres soit le
plus large possible et que la richesse soit de plus en plus
concentrée entre les mains d'un groupuscule, comme on l'a connu
avant la révolution industrielle et avant la naissance des
syndicats en Occident.
C'est la même chose pour l'autre amendement qui est sans doute
une recommandation du Rapport Simms. Il fait directement
allusion au problème que l'Ouest a déjà vécu, où on a une
modalité spéciale concernant les navires céréaliers et le fait
que les navires céréaliers et tout ce qui tourne autour en termes
d'activités portuaires devront fonctionner, qu'il y ait grève ou
pas, et ce, étant imposé et aux employeurs et aux syndicats. Cela
relève, d'après ce que j'ai personnellement compris des
témoignages, d'une forme de sagesse qui fait la jalousie des
autres secteurs d'activités.
Mais l'activité céréalière est une activité basée sur un produit
périssable, et c'est ce que veut, dans sa sagesse, illustrer le
législateur. Il semble que les députés du Parti réformiste et de
la droite, de la pensée unique, ne soient pas capables d'accepter
ce genre de subtilité dans une société, c'est-à-dire qu'on fasse
état, de façon législative, des biens périssables qui s'appellent
les céréales et qui conditionnent l'activité économique de toute
une grande région de ce grand pays qu'est le Canada, où les gens
qui sont venus témoigner, les fermiers, sont plutôt vulnérables
sur le plan économique.
C'est ce à quoi le Code veut remédier, ce que nous endossons,
mais c'est ce à quoi en veulent les porte-parole de la grosse
entreprise privée, soit les pétrolières, les minières, qui sont
venus se plaindre à l'effet que l'on privilégiait un secteur en
particulier sans faire les nuances qui s'imposent.
Très peu de gens savent, et je pense que les députés l'ont tous
appris par la bouche d'un témoin dont j'oublie malheureusement le
nom, que c'est même inscrit dans la Constitution canadienne et
qu'il faudrait modifier la Constitution du Canada pour supprimer
cette question concernant les céréales et le statut particulier
qu'ont les céréales et la production du blé dans l'Ouest.
Donc, le libellé actuel du Code est bien fondé. Le Parti
réformiste veut aujourd'hui faire disparaître, à la motion no 22,
la notion de «navires céréaliers» pour la remplacer par
«l'amarrage et à l'appareillage des navires, ainsi qu'à leur
chargement». On étend ainsi la portée du projet de loi en le
vidant un peu de son contenu et, en privilégiant tout le monde,
il n'y a plus de statut particulier reconnu.
1255
La question tout à fait particulière du produit périssable que
constitue le blé est banalisée, et ce, au grand mépris de
l'esprit de la loi que nous avons devant nous.
On a ici deux motions qui reflètent la pensée profonde du Parti
réformiste qui manipule un peu trop les mots, d'ailleurs. On
galvaude ainsi le mot «réforme». C'est déjà un peu malheureux.
Il faut souhaiter que cette Chambre refuse de la façon la plus
carrée possible ce genre d'amendement qui reflète trop un courant
d'idée—qui, espérons-le, va faire son temps rapidement—qui
s'appelle l'appauvrissement des pauvres et l'enrichissement des
riches, la concentration de la richesse au lieu du partage de la
richesse.
C'est malheureux qu'on ait dans cette Chambre ce genre d'avocats
qui se font les apôtres de ce combat qui mène nulle part, qui
fait que les gains qui avaient été conquis de haute lutte par
l'humain en général, qui fait que nous avons dans certains pays
une classe moyenne respectable, que ces gains soient remis en
question par des agents comme ceux-là. Il faut dénoncer cela et
nous le ferons avec la dernière énergie tant que nous le
pourrons.
[Traduction]
M. Larry McCormick (Hastings—Frontenac—Lennox and Addington,
Lib.): Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir la
possibilité de traiter des motions du groupe no 6 du projet de
loi C-19. Mon laborieux collègue de l'opposition officielle,
porte-parole dans le dossier du travail et député de Wetaskiwin,
reconnaît sans aucun doute l'importance de ce projet de loi qui
contribuera beaucoup à améliorer le Code canadien du travail.
Les députés se souviendront d'avoir passé un samedi et un
dimanche ici à la Chambre en 1994 pour appuyer les producteurs
de grains de l'Ouest.
L'opposition officielle a proposé une modification à l'article
87.7 qui exigeait que l'on continue d'offrir des services aux
navires céréaliers dans les ports, visant une interdiction
totale de grève ou de lock-out dans les ports.
L'article 87.7 vise un problème signalé par deux études
indépendantes.
Dans les ports de la côte ouest, les parties ont eu recours à
l'interruption des exportations de grains pour forcer le
Parlement à intervenir dans leurs querelles. Le fait de faire
disparaître cette possibilité sans enlever aux parties le droit
de grève et de lock-out les forcera à accepter leurs
responsabilités et à trouver leurs propres solutions aux
conflits syndicaux.
Les opposants à cette disposition affirment qu'elle exerce une
certaine discrimination envers d'autres ressources. Toutefois,
devant le Comité parlementaire, ils ont admis qu'il est dans
leur intérêt de retenir le grain pour forcer l'intervention
parlementaire. Ils savent que tant que les exportations de
grains sont perturbées, le Parlement subit d'énormes pressions
et qu'il doit intervenir rapidement en cas d'arrêt de travail.
Ils veulent pouvoir continuer de se servir des 130 000 familles
agricoles de l'Ouest du Canada dans un conflit de travail qui ne
les concerne aucunement.
L'article 87.7 a l'appui inconditionnel des producteurs de
céréales de l'Ouest et de l'industrie des céréales.
Ces groupes ont fait remarquer au comité que le secteur des
grains est unique non seulement parce que c'est un secteur
alimentaire et que le monde vit à condition d'être approvisionné
dans un délai de 18 à 21 jours, mais aussi en raison de la
nature politique de la production, du transport et de la
commercialisation. C'est ce caractère unique qui nuit à la paix
professionnelle dans les ports de la côte ouest pendant les
négociations collectives. À leur avis, l'article 87.7 aidera à
niveler la situation dans le secteur.
Le gouvernement est d'avis, comme l'était le groupe de travail
Sims, que sans la possibilité d'interrompre les exportations,
les parties dans les ports seront contraintes d'accepter leurs
responsabilités et de régler leurs différends sans arrêts de
travail prolongés. Ceux qui sont opposés à cette disposition
prétendent, et certains même menacent, qu'elle ne fonctionnera
pas. Elle peut fonctionner. Les parties ont la possibilité de
négocier et de conclure des ententes qui soient bonnes pour
elles et pour la santé des ports.
Elles devraient se concentrer sur la résolution de leurs propres
problèmes.
Si l'on veut que les ports canadiens restent compétitifs, les
parties doivent travailler ensemble à trouver des solutions
viables aux questions de négociation collective. En éliminant
le droit de grève et de lock-out on enlève aux parties une raison
de s'attaquer aux questions qui sont importantes pour l'avenir
de l'industrie.
1300
Voilà ce que ferait les motions nos 22 et 23. J'invite les
députés à les rejeter.
Notre gouvernement continuera à appuyer les producteurs de
grains de l'Ouest. Le projet de loi de loi C-4 donne aux
producteurs un soutien permanent et la liberté de décider de
leur avenir. Ce projet de loi de loi appuiera ces producteurs
de valeur inestimable.
M. Pat Martin (Winnipeg-Centre, NPD): Monsieur le Président, je
n'avais pas l'intention d'intervenir sur les motions du groupe
no 6, mais, à force d'entendre les arguments des députés des
deux côtés, je voudrais faire une observation sur la motion no
18. Si je comprends bien, en vertu de cette motion, il serait
possible d'interdire une grève ou d'y mettre fin, si l'existence
de perturbations économiques pouvait être démontrée.
Je me demande comment on peut être aussi naïf en matière de
relations de travail pour proposer une motion prévoyant la
possibilité de mettre fin à une grève, en cas de perturbations
économiques établies. Pour quelle raison cesse-t-on de fournir des
services, si ce n'est pour exercer pacifiquement une pression
économique sur l'autre partie? Si une partie refuse de fournir
des services, c'est justement pour tenter d'imposer sa façon de
penser à l'autre partie. La motion traduit une certaine naïveté.
J'espère que ce n'est par de l'ignorance crasse.
Il faut rejeter cette motion.
Tous les députés qui connaissent le moindrement les relations de
travail en conviendront et n'hésiteront pas à la rejeter
également.
Les députés qui parrainent ces motions devraient se rappeler que
le projet de loi C-19 est issu d'un processus de consultation qui
a vraiment fait appel à une collaboration et c'était
pratiquement une première. On aurait dit un projet pilote sur la
manière de modifier la législation du travail. Des représentants
syndicaux et patronaux ont travaillé de concert pendant plus de
deux ans pour trouver l'équilibre que recommandait le groupe de
travail Sims. Ils ont fait un travail vraiment admirable. Un
grand nombre des motions dont nous sommes saisis aujourd'hui
pourraient briser cet équilibre délicat et compromettre le
succès de tout le processus.
Il existe ailleurs au monde d'autres pays qui appliquent le
modèle tripartite, où les syndicats, le patronat et le
gouvernement collaborent entre eux. Ces pays font des progrès en
tant que nations et réussissent à améliorer le niveau de vie de
leur population. Ils ont constaté que la solution résidait dans
le modèle tripartite.
L'hostilité et l'intransigeance que nous sentons d'après le ton
de certaines des motions du Parti réformiste ne pourront que
ramener notre pays en arrière. Il n'y a pas d'avenir dans ce
genre d'attitude où une partie est résolue à démolir l'autre. Le
modèle plus civilisé permet plutôt aux trois parties de
collaborer au progrès commun.
À en juger d'après les propos des députés réformistes
relativement à plusieurs des motions qu'ils ont proposées, nous
avons affaire à une version remaniée du mouvement du droit au
travail. Voulons-nous aller dans cette direction? Nous devrions y
réfléchir à deux fois. Nous devrions considérer ce qui se passe
là où le droit au travail est une réalité avant de nous engager
dans cette voie.
La Caroline du Nord est un État où se pratique le droit au
travail. Tout le monde a entendu parler de l'incendie de 1913 de
l'usine de la Triangle Shirtwaist Company qui est à l'origine de
la préoccupation à l'égard de la santé et de la sécurité au
travail. Le monde entier a reconnu que ce genre de tragédie
était trop horrible pour qu'on la laisse se répéter.
J'ai des nouvelles pour les députés. Dans l'État de la Caroline
du Nord où règne le droit au travail, 20 femmes sont mortes
récemment dans l'incendie d'une usine de transformation de
poulets parce que l'employeur avait bloqué les issues de
l'extérieur à l'aide de chaînes. L'employeur était persuadé que
ces femmes faiblement rémunérées volaient des sous-produits des
poulets, comme la pointe des ailes, pour en faire de la soupe à
la maison.
De 1913 à 1995, nous sommes revenus au point de départ. Dans ce
genre d'environnement, où il n'y a pas de représentation des
travailleurs au sein d'un comité syndical-patronal régissant la
santé et la sécurité au travail, les normes s'érodent rapidement
si l'on ne cherche pas activement à améliorer les normes et les
conditions de travail. Le droit au travail est un pas dans la
mauvaise direction à cet égard.
1305
Certaines des autres motions ont certainement trait au transport
du grain par les ports de la côte ouest. Il s'agit d'un élément
clé et intégral de l'équilibre général dont je parlais à propos
du projet de loi C-19. Tout le processus qui a mené au projet de
loi C-19 s'est déroulé à l'enseigne des concessions mutuelles
dont aucune des parties n'est sortie convaincue d'avoir obtenu
tout ce qu'elle voulait.
Nous aurions aimé trouver des dispositions beaucoup plus
rigoureuses interdisant le recours aux briseurs de grèves.
Personne n'aime renoncer au droit de grève, au droit de refuser
pacifiquement ses services, et personne n'y a renoncé en
l'occurrence, mais en réalité le transport du grain continuera
d'être assuré.
Le côté positif de la question, le côté que le Parti réformiste
semble perdre de vue, c'est qu'il y a environ 130 000
agriculteurs canadiens qui attendent avec impatience que le
projet de loi soit adopté afin d'avoir l'assurance que
l'expédition de leur production de cette année ne sera pas
entravée par un conflit dans les ports de la côte ouest.
Parlez aux exploitants d'élévateurs, aux représentants de
l'Union des producteurs de céréales et à n'importe qui dans le
monde agricole. Tous veulent que le projet de loi soit adopté,
pourtant, le Parti réformiste, en grande partie composé de
représentants de régions agricoles de l'Ouest, fait obstacle à
l'adoption d'une mesure très avantageuse pour toute l'industrie
agricole des Prairies. Il y a là une contradiction. J'espère que
les réformistes réfléchiront. Lorsqu'ils prendront la parole,
ils penseront que l'industrie suit le débat avec beaucoup
d'attention. Je suis convaincu que les réformistes se demandent
sérieusement comment ils peuvent justifier leur opposition à
l'adoption rapide du projet de loi.
Nous savons que le groupe de réflexion de droite préféré du
Parti réformiste est le Fraser Institute. Le Fraser Institute,
ce creuset—ouvrant droit à déductions d'impôt—de toutes les
idées de droite des réformistes, est un ardent partisan du droit
de travailler. Des exemplaires gratuits de leur livre où le
droit au travail est présenté comme la solution ultime aux
problèmes de relations de travail au XXIe siècle aboutissent
dans nos boîtes à lettres. Ils essaient de nous faire croire que
le Canada est rétrograde parce que nous croyons à un système de
relations de travail plus progressiste.
Le Fraser Institute et le Parti réformiste se sont engagés sur
une pente glissante avec le système de relations de travail
qu'ils préconisent. C'est aux travailleurs et aux gouvernements
qu'il incombe de définir un cadre législatif à l'intérieur
duquel les syndicats peuvent jouer leur rôle et tenter
d'améliorer les salaires et les conditions de travail des gens
qu'ils représentent. C'est toute la question de la
redistribution de la richesse. Il s'agit de répartir la richesse
de notre grande nation entre les travailleurs. Tout ce que nous
pouvons faire pour empêcher cela ne nous fait pas avancer du
tout.
C'est un mythe.
En réalité, toute la collectivité bénéficie de traitements
équitables. Je ne vois pas en quoi ce principe inquiète les
réformistes, mais ceux-ci semblent déterminés à réduire la
capacité des syndicats de faire leur travail en haussant les
normes au sein de la collectivité. C'est stérile de nous
empêcher d'aller de l'avant à cet égard.
Les gens de la classe moyenne, s'ils ont de l'argent dans les
poches, peuvent sortir et faire des achats qui font rouler
l'économie. Personne ne profite du fait qu'on abuse d'eux sur le
plan salarial. Voilà la preuve empirique. Aux États-Unis, les
statistiques de tous les 21 États qui prônent le droit au
travail révèlent que certains n'ont pas fixé de salaire minimum.
Tous ont un salaire dans l'industrie qui est inférieur à la
moyenne. Ils ont des lois sur la santé et la sécurité qui
laissent à désirer. Ils ont même un taux de mortalité infantile
qui est plus élevé et ils présentent toutes les autres
caractéristiques prévisibles que l'on constate chez la catégorie
à faibles revenus.
Nous croyons, dans notre caucus, que la société n'évolue pas à
moins que nous progressions tous ensemble.
Les motions proposées par le Parti réformiste vont tout à fait à
l'encontre de ce point de vue.
M. Garry Breitkreuz (Yorkton—Melville, Réf.): Monsieur le
Président, avant de commencer mon discours, je veux revenir sur
certaines choses qui viennent d'être dites et sur les discours
d'autres intervenants qui m'ont précédé.
Je n'en crois pas mes oreilles. Le député qui vient de prendre
la parole, comme d'autres, a parlé d'une manière très
rationnelle et d'un ton très posé, mais il a fait des
affirmations totalement fausses qu'il nous faut absolument
contester à la Chambre.
Il a dit que nous étions naïfs et que nous ne faisions pas de
réflexion approfondie. Je l'invite à se livrer lui-même à
pareille réflexion.
1310
Les néo-démocrates parlent de la défense des travailleurs, ils
disent que cela s'inscrit dans leur mandat, et ainsi de suite.
Certains des amendements que nous avons proposés auraient pour
effet de mieux protéger les travailleurs. Ils contribueraient à
protéger l'économie. Or, en protégeant l'économie, on fait ce
qu'il y a de mieux pour les travailleurs. Les néo-démocrates
doivent réfléchir mûrement à cela.
Qui souffre le plus lorsqu'on détruit certains secteurs de
l'économie? C'est évidemment le travailleur. Ce que les
néo-démocrates ne comprennent pas, c'est qu'il y a des tiers
innocents qui subissent des préjudices graves à cause de ce qui
se produit dans les ports.
Le député qui vient de parler dit que nous ne représentons pas
les agriculteurs et que nous ne les avons pas consultés.
Je me suis entretenu avec les agriculteurs et j'a ipassé
beaucoup de temps avec eux. Ils m'ont parlé de ce projet de loi.
Voilà pourquoi nous avons proposé des amendements. Par exemple,
un de nos amendements vise à inclure dans ce projet de loi
d'autres denrées produites par les agriculteurs.
Les députés font montre de leur manque de connaissance de
l'économie agricole. Les agriculteurs ne cultivent pas que des
semences et des céréales. Ils produisent d'autres choses qui,
lorsqu'elles sont expédiées, ont l'air de semences, mais qui ne
sont pas traitées de la même manière dans ce projet de loi. Par
exemple, ils produisent de la luzerne granulée, qui consiste
simplement en petites granules de luzerne séchée. Pourquoi
celle-ci devrait-elle être traitée autrement que le blé, l'orge ou
le canola?
Les députés ne se sont pas penchés là-dessus. Ils ont
lu des discours rédigés par les bureaucrates sans se rendre
compte qu'ils ne règlent pas le problème qu'il fallait régler.
Nous parlons au nom des agriculteurs. Pourquoi devrions-nous
diviser la collectivité agricole comme le fait ce projet de loi?
C'est absolument injuste.
Une autre chose que le gouvernement ne cesse de répéter, c'est
que le Parti réformiste empêche l'adoption du projet de loi.
Considérons la raison pour laquelle nous insistons pour que ces
changements soient apportés. C'est l'absence de démocratie à la
Chambre qui nous force à essayer d'attirer l'attention du
gouvernement sur l'importance de ces amendements. Le
gouvernement n'écoute tout simplement pas.
Ce projet de loi vise un bon but. Il prévoit de très bonnes
choses. Mais pourquoi ne pas le renforcer si c'est possible? Il
n'est pas logique que la Chambre se contente d'adopter ce projet
de loi sans examiner certains des amendements très motivés et
excellents que nous avons proposés.
Je mets le gouvernement au défi de ne pas écouter que nous. Je
lance le même défi au NPD et au Bloc. N'écoutez pas seulement ce
que nous disons!
S'ils parlent aux Canadiens en général, ils verront que nos
amendements bénéficient d'un appui très solide dans tous les
champs d'activité. Je mets le gouvernement au défi de découvrir
par lui-même ce que nous avons découvert, à savoir que c'est là
ce que veulent les Canadiens. Il faut revenir à une loi du
travail vraiment équilibrée.
Je veux maintenant présenter mon allocution. Je n'ai fait
jusqu'ici que répondre à des choses absolument injustes qui ont
été dites.
C'est le leader parlementaire du Parti libéral qui a lancé
aujourd'hui tout le débat. Je voudrais citer ici une
déclaration: «Je suis scandalisé. C'est terrible. Il s'agit
cette fois-ci d'un important projet de loi. Honte aux
conservateurs d'en face.» Savez-vous qui a dit cela, monsieur le
Président? C'est la personne même qui a présenté la motion
visant à attribuer une période de temps à l'étude de ce projet
de loi. C'est le leader parlementaire du gouvernement.
Voici une autre déclaration: «Cela montre dans quel mépris le
gouvernement tient les Canadiens.»
C'est ce que disait le ministre des Affaires étrangères
lorsqu'il siégeait de ce côté de la Chambre, dans l'opposition.
Voici une autre citation: «Ce n'est pas une façon d'administrer
le Parlement. C'est un abus des procédures de cette Chambre.»
Je ne vous dirai pas, monsieur le Président, qui a dit cela,
mais c'est un membre du gouvernement tenu en haute estime.
Une voix: Nous voulons le savoir.
Une voix: S'il vous plaît.
M. Garry Breitkreuz: Je ne veux embarrasser personne pour le
moment, peut-être plus tard, mais pas maintenant. Je respecte la
présidence.
Les grains reçoivent un traitement préférentiel.
Nous demandons l'égalité. Dans ma circonscription, les
producteurs de luzerne protestent contre ces inégalités.
J'espère que le gouvernement va reconsidérer sa position et
permettre à ses députés de voter librement là-dessus. S'il doit
y avoir réforme et libération du Parlement, le gouvernement doit
ouvrir la voie à la réforme et à la démocratisation. Nous ne
sommes qu'une faible voix dans ce domaine.
1315
Une des choses que l'on a dites, c'est que nous ne devrions pas
faire des grains un cas particulier. Il y a beaucoup d'autres
denrées qui méritent la même protection. Nous devons protéger
l'économie nationale. Nous avons déjà dit cela.
Les producteurs de grains et les expéditeurs de beaucoup
d'autres denrées sont fréquemment les otages des conflits de
travail sur la côte ouest.
Les tierces parties, qui n'ont pas de contrôle sur la situation,
en sont les victimes.
Au cours des deux dernières semaines, nous avons parlé de
l'hépatite C et de ses victimes. Elles aussi ce sont de tierces
parties victimes de circonstances sur lesquelles elles n'avaient
aucun contrôle. Ici, nous ne sommes pas dans la même catégorie,
mais des tierces parties sont touchées par des événements dont
le contrôle leur échappe, à savoir les grèves dans les ports.
Il est notoirement injuste de laisser cela continuer. Les
néo-démocrates, les libéraux et les bloquistes défendent cela,
alors que c'est foncièrement injuste.
S'il y a une meilleure solution, comme l'arbitrage par sélection
d'une offre finale, pourquoi ne pas l'envisager? Elle a
fonctionné et même fonctionné très efficacement. Elle
préviendrait les torts faits aux tierces parties victimes des
grèves. Il y a d'ailleurs un parallèle, car il ne s'agit pas
seulement de grèves, mais aussi de lock-outs, donc on aiderait
les deux côtés.
Dans l'intérêt de tous les Canadiens, nous devons pouvoir nous
fier aux services essentiels. Sinon, qu'arriverait-il? Nous
perdrions des emplois au profit de nos concurrents comme les
États-Unis. Nous aimerions garder les emplois de ce côté-ci de
notre frontière. Nous devons maintenir ce que nous avons déjà,
c'est-à-dire un système d'exportation de réputation mondiale. Il
faut qu'il soit maintenu.
Le Canada a une infrastructure de transports et de
communication, et beaucoup de ces services devront être réduits
graduellement si nous permettons que les grèves et les lock-out
se poursuivent ainsi. L'interruption du fonctionnement normal
des services essentiels de transport entraverait le
fonctionnement de l'économie nationale.
Le deuxième groupe de motions que nous demandons au gouvernement
d'appuyer propose aussi une application élargie des dispositions
afin qu'elles s'appliquent à toutes les autres denrées. J'ai
parlé d'un produit particulier que je connais très bien, la
luzerne, en granules ou sous d'autres formes. Il n'y a pas de
raison qu'elle ne soit pas incluse.
Je ne sais pas si les députés se rendent compte que, en 1960—je
crois que c'est bien la bonne date—, les exportations transitant
par le port de Vancouver représentaient 30 milliards de dollars.
De cette somme, le grain ne comptait que pour 4 milliards. Le
gouvernement fait des distinctions et accorde un traitement de
faveur à un certain secteur. Ça ne nous dérange pas. Nous
apprécions le fait que les producteurs de grain aient cette
protection, mais elle devrait aussi être accordée aux
producteurs d'autres denrées. C'est pourquoi nous ne pouvons pas
accepter la proposition du gouvernement. Nous avons donc proposé
ces amendements. Le grain ne représente que quelque 20 p. 100 des
denrées qui transitent par la côte ouest.
M. Deepak Obhrai (Calgary-Est, Réf.): Monsieur le Président, je
prendrai la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C-19,
qui modifie le Code canadien du travail.
Les députés d'en face accusent le Parti réformiste d'être
hostile aux travailleurs, de prendre les agriculteurs en otages
et de vouloir enrichir la classe moyenne. À quoi mènent toutes
ces accusations?
1320
Les relations de travail harmonieuses sont indispensables à la
prospérité économique du Canada. C'est vrai pour les
travailleurs, pour les employeurs et pour les cadres. La
prospérité économique repose sur le partenariat des
travailleurs, des cadres et des dirigeants d'entreprises. Chaque
fois qu'il y a déséquilibre entre les droits des parties, cela
engendre une situation qui, à long terme, nuit à tous les
Canadiens.
Mon collègue affirme que le Parti réformiste défend la classe
moyenne, mais je lui rappelle que la classe moyenne est composée
majoritairement de travailleurs dont il affirme lui-même défendre
les droits. Je ne sais pas pour qui il lutte, mais il semble
faire fi de la classe moyenne.
Je lui rappelle que la classe moyenne est également constituée
des travailleurs.
Comme le disait le député, nous tentons de créer un juste
équilibre entre les droits des travailleurs et les droits des
personnes qui investissent de leur temps, leurs efforts et leur
labeur pour gérer leurs entreprises. Une partie ne peut être
prise en otage au profit de l'autre. Toutes deux participent à
la prospérité économique.
Le Parti réformiste appuie généralement les bonnes intentions
contenues dans le projet de loi. Comme le disait mon collègue,
nous cherchons simplement à le renforcer. Contrairement à ce que
dit le parti d'en face, nous ne voulons priver personne de ses
droits.
Mon collègue a rappelé ce que disaient les députés d'en face
lorsqu'ils se trouvaient de ce côté-ci. En tant que nouveau
parlementaire, je suis d'accord avec les Canadiens qui affirment
que les politiciens ne disent pas la vérité. Les mêmes députés
qui affirmaient une chose au sujet de la clôture lorsqu'ils
étaient de ce côté-ci de la Chambre, tiennent aujourd'hui un
discours différent.
Ce n'est pas un bon exemple à donner aux futurs politiciens.
Le Parti réformiste a présenté les motions nos 18 et 20, qui
concernent l'économie nationale dans son ensemble. Environ 10 p.
100 des travailleurs canadiens relèvent du gouvernement fédéral.
Les travailleurs faisant partie de ce groupe dispensent des
services à l'ensemble de la population canadienne et joue un
rôle très important et crucial. Certaines dispositions
législatives leur confèrent un monopole. Ces industries
pourraient donc présenter un sérieux risque de préjudice pour
l'ensemble des Canadiens.
C'est ce que tentent de faire ressortir les motions concernant
le projet de loi. Il est faux d'affirmer que nous voulons
prendre les travailleurs canadiens en otages. Nous disons
simplement qu'il ne faut pas prendre la population canadienne en
otage. Mes collègues ont présenté des motions qui visent
précisément à empêcher que cela ne se produise.
Nous reconnaissons que les services devraient être maintenus si
leur interruption risquait de mettre en danger la santé et la
sécurité publiques.
C'est d'une importance primordiale et cruciale. Nous estimons
également qu'il faut protéger l'économie nationale, mais pas en
privant les travailleurs de leurs droits, comme l'affirment ceux
d'en face. Nous voulons créer un équilibre, pour nous assurer
que les services continuent d'être dispensés et que la
population canadienne ne soit pas prise en otage.
Ayant été syndiqué et ayant travaillé dans le milieu des
affaires, je sais que le juste milieu est indispensable quel que
soit le domaine. J'ai l'expérience des grèves et je sais ce que
c'est que diriger une entreprise. Cet antagonisme, ce sens de
l'ego et toutes ces attitudes créent un climat qui fait du tort
aux Canadiens.
1325
Les motions nos 22 et 23 ont trait au transport du grain. Une
fois arrivé au port, le grain peut être expédié. Quelque chose
ne va pas là-dedans et il est absolument ridicule de dire que
nous prenons les agriculteurs en otage. Ce n'est pas du tout ça.
C'est absolument ridicule.
Ce que nous disons, de même que les agriculteurs, c'est que
leurs cultures sont très importantes. Ce n'est pas seulement le
grain qui doit être expédié, les autres cultures aussi. C'est
d'une importance cruciale pour notre économie.
Nous ne pouvons pas continuer de la sorte. Mon collègue d'en
face a dit, c'est très intéressant, que le grain est d'une
importance cruciale pour l'économie. Le grain est d'une
importance cruciale pour les obligations internationales du
Canada. Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il est d'une
importance cruciale, mais pourquoi parler seulement d'un aspect?
Il faut aussi tenir compte de tous les autres aspects pour avoir
un tableau d'ensemble. Les députés de l'autre côté tiennent
seulement compte des aspects qui les arrangent. On est loin du
tableau d'ensemble.
Si nous pensons que cette question est d'une importance cruciale
pour la nation et doit faire l'objet d'un projet de loi, alors
examinons-la dans son ensemble et non pas seulement en partie.
Tous les agriculteurs sont importants. Ils ont des engagements
internationaux. Ils ont des obligations internationales à
respecter.
Nous appuyons les producteurs de grain et nous pensons que c'est
très bien d'y avoir pensé, mais nous demandons que tous les
agriculteurs soient inclus de façon à avoir un tableau
d'ensemble.
Je ne crois pas aller contre les revendications des travailleurs
en appuyant ces amendements.
Je ne suis pas contre les travailleurs. Ce que je dis, c'est que
nous devons considérer la question dans son ensemble. Les
travailleurs et les employeurs ont un rôle égal à jouer. Ce sont
des partenaires. Ce projet de loi ne devrait donc pas être
considéré comme allant contre les intérêts des travailleurs et
devrait s'attaquer à la question dans son ensemble.
* * *
[Français]
LES TRAVAUX DE LA CHAMBRE
Mme Marlene Catterall (Ottawa-Ouest—Nepean, Lib.):
Monsieur le Président, des discussions ont eu lieu entre tous les
partis et le député de Kamloops concernant le vote par appel
nominal sur la motion M-75.
Vous constaterez qu'il y a consentement pour la motion suivante:
[Traduction]
Qu'à la
conclusion du débat aujourd'hui sur la motion M-75, toutes
questions nécessaires pour disposer de ladite motion soient
réputées mises aux voix, et un vote par appel nominal soit réputé
demandé et différé jusqu'au mardi 26 mai 1998, à la fin de la
période prévue pour les Ordres émanant du gouvernement.
(La motion est adoptée.)
* * *
1330
LE CODE CANADIEN DU TRAVAIL
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont un comité a fait rapport, avec un
amendement, ainsi que des motions nos 18, 20, 22
et 23.
M. John Cummins (Delta—South Richmond, Réf.): Monsieur le
Président, je voudrais parler aujourd'hui de certaines questions
touchant le projet de loi C-19 et le Code canadien du travail. Je
veux faire part à la Chambre de mes préoccupations en ce qui
concerne les dispositions que le gouvernement n'a pas incluses
dans le projet de loi, ainsi que les problèmes que posent les
modifications proposées au Code canadien du travail.
Permettez-moi, tout d'abord, de parler d'un incident où le Code
canadien du travail n'a pas protégé la santé et la sécurité d'un
employé du gouvernement fédéral. Cela montre bien qu'il doit
être renforcé. Le projet de loi C-19 met surtout l'accent sur la
négociation collective, mais le Code canadien du travail
lui-même porte sur la santé et la sécurité des fonctionnaires
fédéraux.
Les Canadiens ont le droit de s'attendre à ce que le
gouvernement soit un employeur modèle qui prend bien soin de
s'assurer que ses employés ne sont pas placés inutilement dans
des situations mettant leur vie en danger.
Pourtant, les faits permettent de croire que le gouvernement
fait peu de cas de la vie de ses employés. Le Code canadien du
travail est la première ligne de défense des fonctionnaires
fédéraux, mais il arrive souvent qu'il ne les protège pas. Je
donne un exemple.
Dean Miller était agent des pêches à Prince Rupert. On lui a
demandé de suivre un cours de survie en eau vive dans la rivière
Kitimat, le 18 septembre 1996. Dean est mort d'une crise
cardiaque cette journée-là. On l'a forcé à suivre un cours dont
il n'avait probablement pas besoin et auquel on n'aurait jamais
dû lui demander de participer. C'était un surveillant qui
travaillait dans un bureau, à Prince Rupert. Il n'y a aucune
raison évidente pour qu'on lui ordonne de suivre un cours
rigoureux de survie en eau vive. Son emploi ne l'exigeait pas.
Dean avait un rythmeur cardiaque et il avait de graves problèmes
cardiaques. On n'aurait jamais dû le forcer à suivre un tel
cours.
La loi exige que des fonctionnaires fédéraux ne puissent suivre
des cours de survie exigeants et rigoureux que s'ils ont été
déclarés physiquement aptes par le ministère de la Santé. Or, le
médecin régional du ministère de la Santé n'a jamais déclaré
Dean physiquement apte. Il est fort probable que si on avait
effectué les tests médicaux voulus, Dean aurait été exclu de ce
cours. Il serait peut-être en vie aujourd'hui. Il n'aurait
certainement pas perdu la vie dans la rivière Kitimat.
On n'a jamais appliqué les normes minimales du Code canadien du
travail. Dean n'avait pas négligé sa santé ni sa femme et sa
famille. Il avait subi un examen médical complet quelques mois à
peine avant sa mort. Le rapport médical découlant de cet examen,
précisait ceci: «Dean continue de souffrir de fatigue. En fait,
depuis quatre ou cinq ans, sa condition s'est peut-être aggravée.
Il constate que, lorsqu'il fait de l'exercice, il se fatigue et
a des difficultés respiratoires.» Malgré cela, Dean a suivi le
cours, car il croyait qu'il protégerait ainsi son emploi et du
même coup, sa famille.
Après la mort de Dean, le ministère du Développement des
ressources humaines a mis fin au cours obligatoire de survie en
eau vive, conformément à l'article 145 de la partie II du Code.
Une directive a alors été envoyée au ministère des Pêches et des
Océans, selon laquelle:
Le 18 septembre 1996, le sous-signé, agent de sécurité, a mené
une enquête sur la mort de Dean Miller à la rivière Kitimat, sur
un lieu de travail relevant du ministère des Pêches et des
Océans, qui est un employeur assujetti au Code canadien du
travail.
L'agent de sécurité considère qu'il existe un risque pour la
santé et la sécurité des employés au travail.
Le fait que des employés suivent un cours de survie en eau vive
sans qu'il y ait eu une évaluation des risques ni une évaluation
de leur condition physique contrevient à l'article 124 du Code.
Il est maintenant évident que le ministère des Pêches et des
Océans n'a pas observé les exigences du Code canadien du travail
pendant des années.
Aucune mesure n'a été prise contre ceux qui ont obligé Dean
Miller à s'inscrire à ce rigoureux cours de survie, même s'il
avait un stimulateur cardiaque et souffrait d'une grave maladie
du coeur. Dean est mort pendant ce cours obligatoire.
Dieu merci, un agent de sécurité, agissant en vertu du Code
canadien du travail, a mis un terme au programme, mais c'était
après la mort de Dean. Aucune mesure n'a été prise contre les
responsables du ministère qui ont ordonné à Dean de suivre le
cours de survie. La seule personne qui a souffert, c'est l'agent
de sécurité du ministère des Pêches et des Océans. Il a critiqué
l'attitude négligente de son ministère à l'égard de la sécurité
de ses employés. Il a été forcé de quitter le ministère, parce
qu'il avait parlé de la mort de Dean Miller.
J'ai signalé la mort de Dean au ministre du Développement des
ressources humaines, le 25 avril 1997. J'ai demandé la tenue
d'un examen des procédures qui exigent qu'un agent des pêches
déjà atteint d'une maladie grave suive un cours de survie en eau
vive. J'ai aussi demandé qu'on me remette une copie du rapport
de cet examen.
Je n'ai jamais reçu de réponse satisfaisante. Je demande de
nouveau au ministre une réponse concernant la mort de Dean
Miller.
J'en arrive maintenant aux modifications du projet de loi C-19
visant le Code. L'article 87.7 préoccupe les employeurs de la
Colombie-Britannique. On a dit que cet article visait un
objectif louable, soit de veiller à ce que le grain des Prairies
soit acheminé jusqu'aux marchés. Je pense que nous sommes tous
d'accord avec cet objectif.
1335
J'ai l'impression que le véritable objet du projet de loi est de
rendre la vie plus facile au ministre du Travail et à son
personnel. Ils prétendent que c'est trop de tracas de régler les
conflits qui interrompent l'expédition des céréales. Si le
ministre considère que l'expédition des céréales lui pose des
problèmes trop difficiles, il n'a qu'à laisser sa place à un
autre.
De l'avis du milieu industriel de la Colombie-Britannique,
l'adoption de l'article 87.7 serait une erreur. Il signale que
le juge Estey a été chargé d'examiner le transport et la
manutention du grain et de faire rapport au gouvernement. Il
serait, selon lui, prématuré d'agir avant même que la commission
Estey n'ait eu le temps de compléter son rapport.
Le milieu industriel de ma province pense que l'article 87.7
pourrait prolonger les conflits de travail. Il croit que les
employés en grève seraient moins portés à négocier.
L'économie de la Colombie-Britannique repose sur le commerce. Les
produits forestiers et le charbon sont tout aussi importants à
l'économie de la Colombie-Britannique que les céréales le sont à
l'économie des Prairies. Si cette disposition aura pour effet de
prolonger les conflits de travail en Colombie-Britannique, on
aurait tort de l'adopter. Si elle rendra nos ports moins
compétitifs que les ports américains, on aurait tort de
l'adopter.
Il y a deux ports dans la circonscription de Delta—South
Richmond, celui de Delta, à Roberts Bank, et celui de Fraser.
Aucun de leurs utilisateurs ne m'a encore dit que l'article 87.7
sera avantageux pour ces ports.
Certains ont dit que cette disposition visant les céréales est
improductive et tout à fait contraire aux grands efforts
concertés que déploie le gouvernement dans le dossier du
commerce international.
Il est déraisonnable et inadmissible que les navires céréaliers
aient accès aux ports de la Colombie-Britannique pendant un
grève, contrairement aux navires chargés de transporter les
exportations à partir de la Colombie-Britannique.
Les leaders industriels ont décrit un certain nombre de
répercussions négatives qu'aurait l'article 87.7 et de questions
qu'il soulève en matière d'équité.
Ils font remarquer que les producteurs de produits primaires des
secteurs forestier, minier, pétrochimique, énergétique et
manufacturier ne seront pas en mesure d'exporter ou d'importer
des marchandises par un port de la Colombie-Britannique frappé
par une grève, alors que les exportations de grain pourront se
poursuivre.
Permettre aux exportations de grain de continuer pendant une
grève aura probablement pour effet de prolonger et non
d'écourter les arrêts de travail, car les employés assurant des
services aux navires céréaliers auront moins de motivation à
parvenir à un règlement.
Il y a un risque considérable de perdre des contrats de
manutention de marchandises habituellement acheminées par les
sociétés ferroviaires et les ports canadiens, car les
entreprises peuvent modifier l'itinéraire emprunté par leurs
produits en les faisant passer par les États-Unis. Beaucoup de
marchandises qui passent actuellement par les installations
portuaires de la côte ouest peuvent être transférées aux ports
de Seattle ou de Tacoma, dans l'État de Washington, ou de
Portland, en Oregon. Une fois que les contrats sont perdus,
l'expérience montre qu'il est difficile de les récupérer.
Je n'ai pas encore entendu d'entreprises ni de porte-parole des
employés des ports de ma province réclamer cette disposition ou
en parler favorablement avec conviction.
Le 27 avril, l'association des employeurs de la Colombie-
Britannique a demandé au ministre du Travail une exonération de
l'application de l'article 87.7. Elle écrivait:
Nous croyons que [...] les dispositions discriminatoires
concernant le transport du grain menacent inutilement l'économie
du Canada en compromettant la réputation du Canada comme
importateur et exportateur fiable de marchandises vers les
marchés mondiaux. Ces dispositions auront un impact dévastateur
pour l'économie de l'Ouest.
Le conseil des gens d'affaires de la Colombie-Britannique a lui
aussi adressé une demande d'exonération au ministre du Travail.
Il écrit:
Comme vous devez le savoir d'après vos consultations avec les
parties intéressées de l'Ouest et d'après les nombreux mémoires
présentés par des entreprises et des associations de l'Ouest au
Comité permanent du développement des ressources humaines, les
dispositions spéciales concernant le grain figurant à l'article
87.7 [...] présentent une grave menace pour la compétitivité des
ports de la côte ouest et pour l'économie de l'ensemble de
l'ouest canadien [...] Les marchandises autres que les grains
forment jusqu'à 87 p. 100 de la valeur totale des marchandises
acheminées par le port de Vancouver seulement [...] Ces
marchandises peuvent rester en attente en cas de grève prolongée
subventionnée indirectement par l'acheminement obligatoire du
grain.
Étant donné la position précaire dans laquelle se trouve
actuellement l'économie de l'Ouest à cause de la baisse des
cours mondiaux du pétrole et de la crise économique en Asie, une
telle menace pour la stabilité économique future ne pouvait
survenir à un pire moment.
La société Weyerhauser Canada, une entreprise opérant à partir
de Vancouver, croit que l'article 87.7 menace inutilement le
secteur forestier et peut-être également les localités de l'Ouest
dont la santé économique dépend des exportations et des
importations acheminées par les ports.
Pour conclure, en tant que député d'une circonscription de la
Colombie-Britannique comptant deux grands ports, je trouve
important d'attirer l'attention de la Chambre sur ces questions
et sur ces préoccupations, et que le gouvernement en prenne
note.
1340
M. John Duncan (Île de Vancouver-Nord, Réf.): Monsieur le
Président, c'est avec plaisir que je commente le groupe
d'amendements no 6 relatifs au projet de loi C-19. D'après ce que
nous avons entendu jusqu'à maintenant, il semblerait que si on
défie l'ordre établi, on risque de se faire traiter de tous les
noms. Dans ce dossier, les autres partis n'arrêtent pas
d'injurier les réformistes, symboliquement, cela s'entend, mais
c'est quand même fort regrettable.
Les exportations constituent 40 p. 100 du produit intérieur brut
de la Colombie-Britannique. La vraie question ici est de savoir
comment servir au mieux les intérêts de la société tout en
créant un cadre raisonnable pour les négociations patronales-
syndicales dans les domaines relevant du fédéral.
Je précise, pour que les gens ne s'y trompent pas, que nous
parlons ici d'une petite fraction de la main-d'oeuvre canadienne,
à savoir les personnes employées dans des domaines de compétence
fédérale.
Les produits forestiers occupent une place particulière dans mon
dossier sur les exportations. En effet, les produits de nos
forêts constituent nos exportations nettes les plus importantes.
C'est quelque chose qui est négligé par presque tout le monde au
Canada, spécialement nos politiciens et nos bureaucrates.
Chiffrées en dollars, les exportations de produits forestiers ne
viennent pas au premier rang; par contre, nous n'importons
presque pas de produits forestiers. Pour avoir travaillé pendant
20 ans dans ce domaine avant d'être élu à la Chambre des
communes, je sais que cela a toujours été une source de
discorde. C'est une réalité qui est négligée. Toute stratégie
nationale doit tenir compte de l'incidence nette de nos
exportations.
Les produits automobiles représentent 26 p. 100 de nos
exportations, ce qui formidable et fantastique et accomplit des
merveilles, mais par ailleurs, nous importons énormément de
produits automobiles.
C'est une question différente et à question différente stratégie
différente.
Avec cette série d'amendements, le Parti réformiste entend
souligner la nécessité d'étendre cette protection à toutes les
marchandises. On ne saurait se contenter de protéger un seul
groupe ou une seule marchandise. On se retrouverait alors dans
une situation périlleuse. Le processus des négociations
collectives en serait perturbé. Tout serait chamboulé. D'autres
députés de mon caucus ont parlé de divers groupes: les
employeurs, les producteurs, les manufacturiers, les
exportateurs. Tous ces groupes de la côte ouest estiment que
tout ce qui ne va pas dans le sens d'un traitement égal de
toutes les marchandises ne peut que susciter toutes sortes
d'ennuis.
Selon moi, tout ce qui ne va pas dans le sens d'un traitement
égal de toutes les marchandises ne peut qu'entraîner une
supervision constante de la part du gouvernement, une ingérence
constante du gouvernement et un traitement discriminatoire qui
nous mènerait Dieu sait où. On n'en finira plus de tripoter
cette mesure législative. Nous nous trouverions à tripoter tout
le processus des négociations collectives.
Cela ne laisse présager rien de bon.
Un de nos documents d'information parle à ce propos d'expérience
incontrôlée menée par le gouvernement fédéral. On a institué une
commission d'enquête sur la manutention du grain et le système
de transport. Elle étude toute la question au plan des relations
de travail. Il s'agit de la commission Estey. Or, cette
commission ne soumettra son rapport qu'à la fin de la présente
année.
1345
Entre-temps, cette mesure législative ne propose aucune solution
significative ou concrète. Bien pis, elle ne repose pas sur les
faits. Appuyer cette mesure en prétextant qu'elle est
provisoire, alors qu'elle est si discriminatoire et si
arbitrairement ciblée, voilà qui n'est pas très sensé. La seule
conclusion possible, c'est qu'il doit y avoir un groupe
d'intérêts là-dessous ou une volonté collective de privilégier
quelqu'un en particulier. Ce sont autant de mauvaises raisons
pour consentir à faire ce qu'on nous demande de faire ici.
On a également fait valoir qu'en limitant au grain l'application
de certaines dispositions de la mesure législative, on empêche
les conflits de travail de s'étendre, car le grain ne peut plus
être utilisé comme étant une marchandise menacée. Cet argument
n'est pas plus sensé que le précédent.
On pourrait invoquer le même argument dans le cas de tous les
autres produits exclus. Comme nous le savons, les produits
forestiers représentent de loin les produits les plus rentables
qui passent par les ports de la côte ouest du Canada.
Nous ne pouvons trouver personne qui désire ce projet de loi,
mis à part les gens qui l'ont rédigé, et ils gardent plutôt
l'anonymat. Nous savons également que le Cabinet est divisé sur
cette question. Encore une fois, un groupe ne venant pas de la
côte ouest cherche à imposer à la côte ouest un projet de loi
qui n'est pas dans son intérêt. Cela ne contribue en rien à
garder le pays uni.
Il semble également qu'on ne reconnaisse pas le marché que
dessert le port de Vancouver. Par exemple, le marché asiatique
est le marché mondial qui attache la plus haute importance à la
prévisibilité et à la livraison à temps. Cette considération
revêt une importance cruciale. Le projet de loi doit examiner
cette question de façon très impartiale.
Je reviens au bois d'oeuvre. À propos de l'entente
canado-américaine sur le bois d'oeuvre, le gouvernement estime
que cette entente offre une plus grande prévisibilité aux
exportateurs canadiens qui comptent expédier du bois d'oeuvre
aux États-Unis. Or, des milliers de gens de la
Colombie-Britannique sont au chômage en raison de cette entente
sur le bois d'oeuvre. Voilà un autre exemple qui montre que la
côte ouest ne semble pas pouvoir pénétrer la bureaucratie qui
crée des lois en fonction de la côte ouest.
1350
M. Bryon Wilfert (Oak Ridges, Lib.): Monsieur le Président,
l'opposition officielle essaie de faire à la Chambre ce qu'elle
n'a pas réussi à faire en comité, c'est-à-dire de participer
activement au débat, autrement qu'en faisant de l'obstruction
systématique comme nous avons pu le voir l'autre semaine.
J'aimerais que tous comprennent bien ce qui se passe ici. Ce
qu'on essaie de faire n'est ni plus ni moins que d'enlever le
droit de grève et de lock-out aux employés et aux employeurs qui
sont régis par le Code canadien du travail.
Les motions 18 et 20 perturberaient l'économie nationale en
raison des exigences liées au maintien du service tandis que les
motions 22 et 23 interdiraient toute grève ou lock-out dans les
ports.
Les députés de l'opposition officielle ont affirmé qu'ils
appuient les négociations collectives et le droit des
travailleurs de faire la grève de façon pacifique comme ils
disent. Mais que veut-on dire par «grève pacifique»?
Pour la plupart, cela signifie un arrêt de travail sans
violence, mais pour l'opposition officielle, il semble que cela
implique que l'arrêt de travail ne doit entraîner aucune
répercussion économique.
C'est une vraie contradiction puisque le but premier d'une grève
ou d'un lock-out est d'imposer des sanctions économiques afin de
convaincre l'autre partie d'accepter les conditions d'une
convention collective.
Dans les pays démocratiques comme le nôtre, le droit des
travailleurs de s'organiser et d'entreprendre des négociations
collectives est un droit fondamental. Ce droit est reconnu dans
la Charte internationale des droits de l'homme et dans les
conventions de l'Organisation internationale du travail dont le
Canada est signataire.
Dans un pays démocratique, le droit de grève ou de lock-out dans
le secteur privé n'est restreint que par la nécessité de
protéger la santé et la sécurité du public.
C'est exactement ce que le projet de loi C-19 propose de faire. À
ma connaissance, il n'y a aucun précédent au Canada qui prévoit
le retrait du droit de grève et de lock-out au secteur privé pour
des raisons économiques.
Les entreprises et les syndicats assujettis à la législation
fédérale qui négocient en vertu du Code canadien du travail ont
clairement dit au groupe de travail Sims—et je sais que les
députés de l'opposition se souviennent du groupe de travail Sims
parce que nous en avons parlé encore et encore au cours des
discussions—qu'ils ne voulaient pas qu'on leur enlève leur
droit de grève et de lock-out. Ils ont dit ne pas vouloir que
leurs conflits soient soumis à des décisions de tierces parties
ayant force obligatoire.
Les Employeurs des transports et communications de régie
fédérale, l'ETCOF, organisme qui représente la plupart des
grands employeurs assujettis au code, a dit ceci:
Nous ne voulons pas que la loi confère au gouvernement le
pouvoir d'imposer l'arbitrage ou d'autres mécanismes de
règlement des différends ou qu'il détermine unilatéralement
certaines des dispositions de la convention collective elle-même.
Les parties assujetties au code sont d'avis que le seul critère
à employer pour déterminer la nécessité du maintien des services
est la santé et la sécurité du public.
À ce sujet, le Business Council of British Columbia a dit ceci
au groupe de travail:
L'inclusion, dans le Code canadien du travail, d'une disposition
servant à désigner les services essentiels devrait être limitée
aux services jugés essentiels à la santé et à la sécurité du
public.
Le groupe de travail Sims n'a pas recommandé l'abolition du
droit de grève ou de lock-out pour tout groupe d'employés ou tout
employeur assujetti au code.
La grande majorité des parties assujetties au code n'appuient
pas l'abolition du droit de grève ou de lock-out.
J'exhorte les députés à ne pas appuyer ces amendements.
M. Jay Hill (Prince George—Peace River, Réf.): Monsieur le
Président, c'est regrettable, mais chaque fois que je prends la
parole au sujet de projets de loi importants, c'est juste avant
la période des questions. Nous savons que, une fois de plus, mon
intervention va sans doute être interrompue par ce gaspillage
d'une heure du temps de la Chambre.
Je suis heureux de pouvoir commenter une fois de plus le projet
de loi C-19 sur le travail, et plus précisément les motions du
groupe no 6.
Si l'opposition officielle propose les motions nos 18 et 20,
c'est parce qu'elle déplore que les seules dispositions qui
empêchent de perturber le transport ferroviaire ou les
expéditions dans le port de Vancouver portent expressément sur
le grain.
1355
On se demandera peut-être pourquoi, moi qui suis porte-parole de
l'opposition officielle en agriculture et qui ai cultivé le
grain pendant près de 20 ans, j'interviens pour qu'on étende la
portée de ces dispositions et pourquoi j'appuie cet amendement.
Je reconnais que c'est un petit progrès que d'adopter un
mécanisme pour maintenir l'acheminement du grain dans les ports,
honorer nos engagements internationaux et faire parvenir les
grains à nos acheteurs étrangers, mais le fait demeure que ces
dispositions ne visent qu'une seule denrée. Je ne pense pas que
les agriculteurs eux-mêmes trouvent que c'est juste.
Il y a beaucoup de produits agricoles, en dehors du grain, que
nous expédions à l'étranger et qui font l'objet d'engagements
importants envers des clients étrangers. Il est très important
que ces produits parviennent à destination.
Il est facile de concevoir que beaucoup d'agriculteurs, dont un
grand nombre dans ma propre circonscription, appuient cette
disposition du projet de loi, mais ils se soucient aussi de la
justice et de l'équité. Ils se demandent pourquoi ils ont droit
à un traitement de faveur. Nous avons derrière nous toute une
histoire de perturbations du transport ferroviaire et des
opérations portuaires qui ont coûté très cher au Canada et
surtout aux agriculteurs. Ils ont dû payer des centaines de
milliers de dollars en frais de surestarie lorsque les navires
doivent attendre leur cargaison. Cela a des répercussions, en
fin de compte, sur le versement final que les agriculteurs
reçoivent de la Commission canadienne du blé.
En tant que jeune agriculteur qui essayait de vivoter dans la
région de la rivière de la Paix, j'ai moi aussi parfois été très
fâché de voir les navires amarrés au port pendant des jours et
des semaines. Je savais que les frais de surestarie
s'accumulaient. J'avais envie de sauter dans mon camion, de
rouler 1 000 milles vers le Sud jusqu'à Vancouver et de charger
moi-même ces navires. Je sais que beaucoup d'autres agriculteurs,
jeunes et vieux, brûlaient d'en faire autant. Ils auraient voulu
aller charger eux-mêmes le foutu grain plutôt que de le voir
pourrir au quai au lieu d'être expédié.
Comme le temps mis à ma disposition est expiré, je poursuivrai
après la période des questions.
Le Président: Il reste au député six minutes et demie environ.
Il aura la parole immédiatement après la période des questions.
DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS
[Traduction]
JEUNESSE CANADA MONDE
M. Janko Peric (Cambridge, Lib.): Monsieur le Président, depuis
1971, Jeunesse Canada Monde organise les programmes d'échanges
internationaux visant à promouvoir l'aptitude au commandement,
l'initiation aux différences culturelles et la justice sociale
au plan tant national qu'international.
Financé en partie par l'ACDI, le programme a permis à 22 000
jeunes d'acquérir une expérience pratique de travail et de
participer au développement communautaire et international.
Cette année, un étudiant d'université de ma circonscription,
Jordan Hancey, a été choisi pour participer aux échanges entre
l'Alberta et la Pologne.
Je félicite Jordan et je lui souhaite tout le succès possible
alors qu'il se prépare à représenter le Canada dans cet
important programme d'échanges culturels.
* * *
LA JOURNÉE DE NETTOYAGE DANS PARKDALE
Mme Sarmite Bulte (Parkdale—High Park, Lib.): Monsieur le
Président, le samedi 9 mai, le Parkdale Collegiate Institute a
tenu sa quatrième journée communautaire annuelle de nettoyage
dans Parkdale.
Premièrement, je remercie et félicite les 200 bénévoles qui ont
participé à cette journée. Je veux aussi mentionner l'énorme
appui accordé, pour cette journée de nettoyage, par le Parkdale
Liberty Economic Development Committee, le Parkdale Village BIA
et d'autres groupes communautaires qui ont grandement contribué
à faire de ce samedi un franc succès.
Je veux notamment souligner l'énorme travail et la solidarité
extraordinaire de deux étudiants du Parkdale Collegiate
Institute, Rahel Beigel et Kevin Brijlal, qui étaient les
coordonnateurs du milieu étudiant pour l'événement, cette année.
Les avantages d'une journée communautaire de nettoyage sont
faciles à constater. Un entourage plus attrayant incite les gens
à y passer du temps et permet aux commerces de prospérer, mais
surtout, pareille activité favorise le développement d'un
véritable sentiment d'appartenance. Des quartiers sûrs et
propres sont des collectivités prospères, et vice versa.
Je suis heureuse de souligner une telle solidarité et je
remercie tous les gens de leur excellent travail.
* * *
1400
LE CRTC
M. Jim Abbott (Kootenay—Columbia, Réf.): Monsieur le Président,
lorsque la ministre du Patrimoine fait la promotion du contenu
canadien, elle rêve vraiment en cinémascope.
Parce que la ministre impose un contenu canadien aux titulaires
de licences du CRTC, aux réseaux et aux chaînes spécialisées de
télévision, la demande de production s'en trouve nettement
accrue, mais le financement n'est tout simplement pas
d'envergure commerciale.
La ministre ordonne donc l'octroi de 200 millions de dollars
pour financer la production d'émissions télévisées. Il y a donc
200 millions de dollars par année qui sont accordés, dans une
anarchie totale, à des gens qui dorment dans des sacs de
couchage, qui campent dans des tentes, devant les bureaux de
fonctionnaires, pour tenter de faire partie des premiers
arrivés, premiers servis.
La ministre dirige cette farce qui est avilissante et qui va en
empirant.
Les fonctionnaires ont déjà pris une avance de 20 millions de
dollars sur le financement de l'an prochain. Des sources bien
informées prétendent que les Canadiens pourraient payer jusqu'à
600 millions de dollars par année si la ministre obtient ce
qu'elle veut. Qui a consulté les contribuables? Personne.
Voulez-vous vraiment payer pour le fonds de la ministre? Nous
exigeons un examen du mandat du CRTC et de ses règles relatives
au contenu canadien.
* * *
[Français]
LA DÉPUTÉE DE LONGUEUIL
M. Guy St-Julien (Abitibi, Lib.): Monsieur le Président,
le 3 juin 1993, le Bloc québécois a refusé d'intervenir sur mon
discours portant sur le salaire de la femme et de l'homme au
foyer.
Aujourd'hui, la députée du Bloc québécois de Longueuil n'a rien
compris de mon discours du 28 avril 1998 et de ma motion du 7
octobre 1997, qui se lit ainsi: «Que, de l'avis de la Chambre,
le gouvernement devrait légiférer pour accorder un salaire aux
mères et pères qui restent au foyer pour élever leurs enfants.»
Elle devrait comprendre l'ensemble de mon discours et non
seulement 23 mots sur 1 500.
Les mères se trouvent rangées dans deux camps: les mères qui
travaillent et les mères au foyer. Aujourd'hui, j'ai compris la
stratégie de la députée du Bloc québécois de Longueuil, elle veut
demeurer dans le troisième camp.
* * *
[Traduction]
LA SEMAINE DE LA POLICE
M. Lynn Myers (Waterloo—Wellington, Lib.): Monsieur le Président,
le Canada célèbre cette semaine la Semaine de la police. Cet
événement donne à tous les Canadiens l'occasion d'exprimer à nos
policiers et à nos agents de la paix leur gratitude et leur
reconnaissance pour le travail remarquable qu'ils font chaque
jour.
Cette année, dans ma circonscription, Waterloo—Wellington, la
Semaine de la police sera soulignée de diverses façons.
Il y aura un stand de la police dans les centres commerciaux.
Il y aura des ateliers où seront donnés des conseils pour
prévenir le crime et assurer sa sécurité personnelle.
Il y aura des annonces dans les médias pour souligner le travail
de certains policiers.
Il y aura des visites organisées des bureaux de la police.
Finalement, il y aura une soirée des prix de reconnaissance pour
souligner la contribution de citoyens qui ont apporté une aide
insigne à la police.
Au nom de tous les habitants de Waterloo—Wellington et au nom de
tous les Canadiens, je tiens à remercier sincèrement tous nos
policiers qui travaillent si fort pour que nos collectivités
soient les endroits merveilleux qu'elles sont. Les Canadiens
vous respectent et vous saluent.
* * *
L'AGRICULTURE
M. Howard Hilstrom (Selkirk—Interlake, Réf.): Monsieur le
Président, je voudrais aujourd'hui féliciter les éleveurs de
bétail de toutes les provinces du Canada.
Je les félicite de fournir un produit sûr, sain, nutritif et
pratique à un prix très abordable.
Je les félicite pour leur immense contribution à l'économie
canadienne. Plus de 54 p. 100 du boeuf canadien est exporté, ce
qui rapporte de l'argent servant à édifier un meilleur Canada.
Je les félicite pour les milliers d'emplois directs et indirects
qu'ils créent pour les Canadiens des régions rurales et
urbaines.
Je les félicite de si bien garder les terres qu'ils utilisent.
Les éleveurs de bétail ont sauvé des espèces menacées en
protégeant des habitats bien avant que cela devienne une chose à
la mode.
Je félicite les hommes, les femmes et les enfants qui exploitent
tous ensemble des entreprises familiales et qui vivent selon un
des modes de vie les plus sains de l'humanité.
Monsieur le Président, je vous demande, ainsi qu'à tous les
autres Canadiens, de profiter de votre prochain barbecue pour
réfléchir un instant aux éleveurs de bétail et avoir une pensée
de reconnaissance pour eux. Ce sont de vrais Canadiens.
* * *
LE COMMERCE
M. John Maloney (Erie—Lincoln, Lib.): Monsieur le Président, à
l'aube du XXIe siècle, on supprime des barrières commerciales
pour stimuler le commerce international.
Au cours d'une discussion que j'ai eue récemment avec un
électeur, ma curiosité a été piquée par l'idée d'établir un
centre de ressources centralisé pour les exportateurs et les
importateurs, un centre d'information commerciale
internationale.
Le gouvernement canadien a l'occasion d'entrer dans le XXIe
siècle à titre de pionnier commercial en établissant, pour les
importateurs et les exportateurs, un guichet unique où ils
pourraient assister à des ateliers taillés sur mesure pour leurs
besoins, obtenir des renseignements du bout des doigts ou
demander de l'aide à des employés avertis par téléphone.
À mesure que nous progressons dans la mondialisation de
l'économie, il est évident que pareil centre de ressources
serait un outil fort utile non seulement pour nos commerçants,
mais encore pour nos partenaires commerciaux.
Le port de Fort Erie, dans ma circonscription, celle
d'Erie—Lincoln, est contigu à la frontière américaine, à
Buffalo, dans l'État de New York, et il constitue l'un des
points de passage les plus achalandés du pays. Étant donné qu'on
travaille à la construction d'une infrastructure nouvelle et
renouvelée pour le pont, le port de Fort Erie est appelé à
devenir le principal port du pays sur le plan du volume.
Fort Erie serait l'endroit tout désigné pour un centre
d'information commerciale internationale.
* * *
LES EMPLOIS D'ÉTÉ POUR ÉTUDIANTS
Mme Karen Redman (Kitchener-Centre, Lib.): Monsieur le Président,
vendredi, je participerai à l'inauguration d'un centre d'emploi
pour étudiants à Kitchener.
Chaque année, au mois de mai, c'est la chasse aux emplois d'été
pour les étudiants. En tant que mère de quatre enfants, je
connais fort bien ce rituel annuel.
1405
Le gouvernement a fait beaucoup de progrès, non seulement en
créant des programmes d'emploi pour les jeunes, mais également
en donnant accès à des renseignements sur les programmes, tant
aux étudiants qu'aux employeurs éventuels, par le truchement
d'Internet.
Expérience Canada, Jeunesse Canada au travail, le Programme
d'emploi jeunesse de Rescol, le Programme Jeunes Stagiaires,
Placement carrière-été, le site d'information pour la jeunesse et
la ligne d'information pour la jeunesse sont autant de
programmes et de services visant à aider les étudiants à trouver
un emploi d'été et à briser le cercle vicieux où l'on ne peut
obtenir d'emploi faute d'expérience, et vice versa.
J'invite tous les jeunes Canadiens à examiner ces programmes et
services, et tous les employeurs, à engager un étudiant cet été,
lui permettant ainsi d'acquérir une précieuse expérience dont il
profitera toute sa vie.
* * *
LES PRIX POUR LES JEUNES DE SURREY
M. Chuck Cadman (Surrey-Nord, Réf.): Monsieur le Président, le 2
mai, j'ai eu le plaisir d'assister à la troisième cérémonie
annuelle de remise des prix aux jeunes de la ville de Surrey. Au
nom de tous les députés, je voudrais féliciter Daniel Chapman,
Armand Dhaliwal, Jesse Dosanjh, Amanda Ellestad, Marissa
Hadland, Mary Illical, Todd Lajeunesse, Rachna Singh et
Elizabeth Thampy.
Je félicite également Meghan Anderssen, Amanda Cheung, Katie
Henderson, Stephanie Kingdon, Laura MacKay, Ranjiv Manak, Reggie
Sanantonio, Sean Vandergronden et Dawn Young, tous des élèves de
l'école secondaire Tamanawis.
Enfin, de l'école secondaire Queen Elizabeth, je voudrais
féliciter Sueanne Amisola, Erin Ashenhurst, Sarah Cathey,
Dominique Chasse, Sarah Clark, Jennie Cline, Anshin Chu,
Jennifer Derton, Johnny Faria, Brent Fraser, Gagandeep Luddu,
Laura Maltman, Jennifer Neher, Kevin Redden et Joseph Siembida.
Je présente mes excuses à ceux dont j'aurais mal prononcé le
nom.
Ces jeunes de Surrey représentent la vaste majorité des jeunes
Canadiens qui font vraiment une différence.
* * *
L'HÉRITAGE UKRAINIEN
M. Lou Sekora (Port Moody—Coquitlam, Lib.): Monsieur le
Président, je voudrais dire à tous les députés combien je suis
fier de mon héritage ukrainien. Ma façon unique de m'exprimer
est pour moi un honneur. Ma mère, mon père, ma grand-mère et mon
grand-père sont arrivés au Canada en 1891 et se sont établis près
de Hafford, en Saskatchewan.
C'était en fait la première famille ukrainienne à s'installer en
Saskatchewan. Ma famille faisait partie de ces milliers
d'immigrants venus du monde entier qui ont bâti l'ouest. Nous
avons une terrible dette de reconnaissance envers ces pionniers.
Je suis fier de parler avec l'accent ukrainien. En même temps,
je suis choqué que le Parti réformiste me demande de parler
anglais.
* * *
[Français]
M. DAVID LEVINE
M. Louis Plamondon (Richelieu, BQ): Monsieur le
Président, la nomination de David Levine comme PDG de l'hôpital
d'Ottawa crée beaucoup de remous en Ontario.
Ce n'est pas la grande compétence de M. Levine qu'on met en
doute. Non. On accuse plutôt M. Levine d'avoir été un candidat
du Parti québécois il y a 17 ans. On l'accuse d'être, et je
cite: «un séparatiste de souche». On voit dans sa nomination un
grand péril pour les services médicaux en anglais dans la région
d'Ottawa.
Semaine après semaine, les fédéralistes nous accusent de
promouvoir un nationalisme ethnique, et quand un Québécois non
francophone ose se montrer favorable à notre option politique, il
se fait crucifier sur la place publique par ces grands Canadiens.
Toute cette histoire concernant M. Levine démontre bien que ceux
qui accusent les souverainistes de provoquer des clivages
ethniques sont ceux-là mêmes qui les entretiennent.
Alors qu'on craint pour l'avenir de Montfort, il y en a qui
craignent maintenant pour les services en anglais en Ontario. Il
faut le faire!
* * *
[Traduction]
LES SPORTS
M. Nelson Riis (Kamloops, NPD): Monsieur le Président, les
sports font partie intégrante de la culture canadienne. En fait,
le hockey, surtout durant les éliminatoires de la coupe Stanley,
est le lien qui unit tous les Canadiens.
Les joueurs canadiens sont très compétitifs mais quand ils
rivalisent avec d'autres équipes nationales, les Américains
l'emportent parce qu'ils bénéficient d'un avantage injuste. Par
le biais d'énormes subventions locales, fédérales et de l'État
intéressé, les équipes professionnelles américaines bénéficient
d'un avantage injuste et il est grand temps que nous
intervenions dans le dossier.
Les équipes professionnelles canadiennes subissent les
contrecoups des politiques de subventions injustes adoptées par
les Américains, qui ont pour effet de réduire les frais
d'exploitation de leurs équipes sportives. Pourtant, l'ALENA
interdit en termes clairs ces pratiques déloyales.
Le gouvernement canadien devrait porter ce différend avec les
États-Unis devant l'instance prévue par le chapitre 20 de l'ALENA
et exiger d'être indemnisé pour leur recours à des politiques
déloyales.
Dans l'intérêt du sport au Canada, cessons nos jérémiades et
passons aux actes.
* * *
LES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DU CANADA
M. Greg Thompson (Charlotte, PC): Monsieur le Président, cette
semaine, les Canadiens rendent hommage aux infirmières et
infirmiers. Ces professionnels dévoués constituent le pivot
central de notre système de soins de santé. Avec compassion et
sagesse, ils prennent soin de nous quand nous en sommes
incapables.
1410
L'Association des infirmières et infirmiers du Canada, qui
compte 110 000 adhérents, continue de promouvoir sa profession
et à faire connaître sa vision de l'avenir des soins de santé au
Canada. Elle est en faveur d'un système de soins de santé qui
assure aux Canadiens les normes les plus élevées en la matière.
Les manifestations de cette semaine sont placées sous le thème
«Les soins infirmiers constituent le clé» et marquent le 90e
anniversaire de l'association. C'est également aujourd'hui
l'anniversaire de Florence Nightingale et la Journée nationale
de la santé.
Félicitations aux infirmières et infirmiers du Canada pour leur
excellent travail.
Un récent sondage a établi la cote des professions quant au taux
d'appréciation et de confiance que la population leur accorde.
Devinez quelle profession est arrivée en tête de liste? Eh oui,
celle des infirmières et infirmiers.
* * *
M. LUCIEN BOUCHARD
M. Gary Pillitteri (Niagara Falls, Lib.): Monsieur le Président,
mon premier réflexe, lorsque j'ai vu le premier ministre
Bouchard essayer à lui seul de réécrire l'histoire a été de
hausser les épaules et de me demander ce qu'il y avait de
nouveau là-dedans.
Après réflexion, cependant, j'ai compris à quel point il avait
insulté les Québécois.
Le reste du Canada peut juger que ce n'est qu'une crise de
colère enfantine de plus de la part du premier ministre du
Québec. Cependant, lorsqu'on se rappelle le sang versé et les
sacrifices consentis par des milliers de Québécois durant la
Seconde Guerre mondiale, on s'aperçoit à quel point c'est
presque un sacrilège.
Comment peut-il faire fi des exploits des soldats du Royal 22e,
du Régiment de Maisonneuve, des Black Watch et d'autres
régiments et de leurs autres camarades tombés au combat qui ont
laissé leur sang, leurs rêves et leur jeunesse sur le sol de
l'Europe, afin que des gens comme le premier ministre Bouchard
aient la liberté d'expression?
Comment peut-il oublier le général Vanier et Mme Vanier, une des
familles les plus célèbres du Québec et, en fait, du Canada, et
tout ce qu'ils ont fait pour notre pays?
M. Bouchard devrait avoir honte.
* * *
L'ÉCOLE SECONDAIRE LIVERPOOL REGIONAL
M. Gerald Keddy (South Shore, PC): Monsieur le Président, la
circonscription de South Shore peut s'enorgueillir d'être la
première circonscription au Canada à avoir une école secondaire
considérée comme une école de la Terre après avoir mené à bien
1 000 projets en faveur de la protection de l'environnement. Il
s'agit de l'école secondaire Liverpool Regional, du comté de
Queens, en Nouvelle-Écosse.
Il y a, au Canada, 1 771 écoles vertes qui ont mené à bien 100
projets. C'est le premier objectif dans le cadre du programme de
la fondation Seeds Canada. Pour avoir le droit d'être une école
de la Terre, les étudiants doivent mener à bien 1 000 projets
environnementaux.
Il n'y a que 94 écoles de la Terre au Canada et la seule école
secondaire parmi ces écoles est l'école secondaire Liverpool
Regional.
Félicitations aux élèves, aux enseignants et aux employés de
l'école secondaire Liverpool Regional.
* * *
[Français]
LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L'INFIRMIÈRE
Mme Madeleine Dalphond-Guiral (Laval-Centre, BQ): Monsieur
le Président, aujourd'hui le 12 mai, anniversaire de Florence
Nightingale, l'illustre dame à la lampe, nous célébrons la
Journée internationale de l'infirmière.
C'est avec fierté et respect que je salue les infirmières
canadiennes et plus particulièrement mes collègues, les 67 000
infirmières du Québec. Je tiens à souligner leur compétence,
leur professionnalisme et surtout la qualité de leurs relations
humaines. Dans un contexte souvent difficile, voire même
douloureux, elles savent accompagner la souffrance et le chagrin.
Présente partout, à l'hôpital, au CLSC, à l'école, en milieu de
travail, dans les grandes villes comme dans les régions les plus
éloignées, l'infirmière assume un rôle majeur autant sur le plan
curatif que préventif. «L'infirmière, consultez-la», dit le
slogan de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.
Cette invitation sera sans aucun doute suivie puisqu'un sondage
réalisé au Québec par CROP, en pleine crise du verglas, situait
les infirmières au premier rang des professions jouissant du plus
haut taux de confiance. Parce que plus que jamais vous méritez
notre confiance, nous vous disons merci.
* * *
LES CONFÉRENCES DE QUÉBEC DE 1942 ET 1943
Mme Marlene Jennings (Notre-Dame-de-Grâce—Lachine, Lib.):
Monsieur le Président, dans les journaux de ce matin, on
apprenait que le président Roosevelt voyait d'un bon oeil
l'assimilation des Canadiens français. On est également
familiers avec cette habitude des séparatistes de dénoncer tout
ce qui est fédéraliste ou tout ce qui vient du Canada anglais.
Par ignorance ou par omission volontaire, on a refusé d'accorder
une juste place à la sculpture du premier ministre canadien à
l'occasion des célébrations marquant les rencontres de Québec de
1942 et 1943.
J'ose espérer que le chef du Bloc québécois reconnaîtra cette
erreur de son ancien chef et que justice sera rendue au premier
ministre canadien Mackenzie King.
* * *
[Traduction]
LES FORCES ARMÉES CANADIENNES
M. Myron Thompson (Wild Rose, Réf.): Monsieur le Président,
depuis quelques mois, le Comité permanent de la défense entend
parler des terribles conditions de vie de nos militaires. La
seule véritable raison de tout ceci, c'est que les gouvernements
successifs ont surutilisé et sous-équipé les membres des Forces
canadiennes, qui sont nettement sous-payés.
1415
À l'une des réunions du comité, le colonel Jim Calvin a signalé
qu'un simple soldat bien entraîné, marié et père de deux
enfants, n'a un revenu disponible que de 49 $ par mois, après
trois ans de service.
Pendant ce temps, nous entendons le solliciteur général se
vanter du fait que notre système correctionnel est le meilleur
du monde. C'est un système qui offre aux détenus la possibilité
de suivre des cours de golf, d'avoir des télévisions à écran
géant, des tables de billard, etc. Cependant, la chose la plus
incroyable, c'est que nos détenus reçoivent, dans certains cas,
un salaire mensuel de 157 $. C'est plus que trois fois le revenu
disponible avec lequel certains soldats doivent se débrouiller.
En fin de compte, le gouvernement traite avec plus de
considération nos condamnés que nos militaires. Comment
pouvons-nous vraiment espérer recruter des jeunes pour servir
leur pays, lorsqu'on sait que les détenus sont mieux traités?
Ils doivent...
Le Président: La Chambre passe aux Questions orales.
QUESTIONS ORALES
[Traduction]
L'HÉPATITE C
M. Preston Manning (chef de l'opposition, Réf.): Monsieur le
Président, les ministres de la Santé de tout le pays se
réuniront dans deux jours pour négocier une solution afin
d'aider toutes les victimes de l'hépatite C. Pourtant, le
gouvernement n'a pas encore énoncé sa position.
Les Canadiens savent ce à quoi le gouvernement s'oppose. Ils
savent qu'il a essayé de faire obstacle aux travaux de la
commission Krever. Ils savent qu'il s'en est pris aux premiers
ministres provinciaux. Il a même essayé de semer la division
chez les victimes de l'hépatite C pour pouvoir les amadouer.
Quel genre de solution le gouvernement appuie-t-il? Quelle
position positive présentera-t-il à la table de négociation dans
deux jours?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, comme le député le sait, les provinces ont énoncé
diverses positions. Certaines veulent que nous nous en tenions à
l'entente conclue par tous les gouvernements en mars. D'autres
veulent rouvrir cette entente.
Il est important pour nous de déterminer la position des
gouvernements provinciaux dans ce dossier. Nous tenons cette
réunion justement parce que certaines provinces ont changé leur
position. Il est important que nous sachions quelle est la
position des gouvernements provinciaux.
Je verrai jeudi, d'après les positions énoncées par les
provinces, s'il est possible ou non d'en arriver à un nouveau
consensus. Il se pourrait que cela ne soit pas possible, d'après
ce que nous entendons. Nous déterminerons jeudi s'il peut ou non
y avoir un nouveau consensus.
M. Preston Manning (chef de l'opposition, Réf.): Monsieur le
Président, le ministre a bien tourné autour du pot, mais il n'a
cependant pas répondu à la question évidente que se posent les
victimes et les gouvernements provinciaux.
Il a parlé de positions possibles de la part des provinces, mais
quelle est la position du gouvernement du Canada? Quelle
position positive sur l'indemnisation de toutes les victimes de
l'hépatite C le ministre présentera-t-il à la conférence qui aura
lieu dans deux jours?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, je croyais avoir été clair. Nous avons dit que tous
les gouvernements avaient conclu une entente. Comme l'Ontario a
changé sa position, ainsi que le Québec, du moins en partie, et
peut-être d'autres provinces aussi, nous devons réexaminer la
question et voir si l'on peut parvenir à un nouveau consensus.
Nous allons à cette réunion pour déterminer quelle est la
position des divers gouvernements. Nous pourrons ensuite voir
clairement s'il sera possible pour les gouvernements de
s'entendre de nouveau sur une façon de régler cette question. Il
serait préférable que tous les gouvernements agissent d'une
manière concertée et non de façon unilatérale. Voyons ce qui se
passera jeudi et quelle sera la position des provinces.
M. Preston Manning (chef de l'opposition, Réf.): Monsieur le
Président, le ministre est à court d'excuses.
Tout d'abord, il a dit qu'il avait l'appui de toutes les
provinces. Maintenant il n'a plus cette excuse. Puis il a dit
qu'il n'y avait plus d'argent. Mais voilà que les premiers
ministres provinciaux ont trouvé quelques centaines de millions
de dollars de plus à verser dans ce programme d'indemnisation.
Une à une, les excuses invoquées par le ministre pour justifier
son inaction et le fait qu'il n'a pas adopté de position ferme
sont disparues.
Est-il vrai que le seul obstacle qui se dresse maintenant entre
ces victimes et une indemnisation juste et équitable est un
ministre de la Santé obstiné qui est incapable d'admettre qu'il
a pris la mauvaise décision?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, sur cette question, comme sur tant d'autres
questions, nous sommes en profond désaccord avec le chef de
l'opposition.
L'été dernier, l'automne dernier, l'hiver dernier et même il n'y
a pas si longtemps, les gouvernements provinciaux, spécialement
l'Ontario et le Québec, disaient qu'ils ne voulaient indemniser
personne. C'est grâce au leadership du premier ministre et du
gouvernement fédéral que nous en sommes arrivés à une entente.
Toutefois, certaines provinces ont changé d'idée par la suite.
C'est pour cela que je dis que nous devons les écouter pour
connaître leur position...
Le Président: Le député de Macleod.
M. Grant Hill (Macleod, Réf.): Monsieur le Président, il est
intéressant de voir de quelle façon le gouvernement traite les
victimes. Elles ont dit qu'elles ne voulaient pas servir de
premier auditoire avant la réunion de jeudi.
1420
Voici ce que le ministre de la Santé a dit aux victimes: «J'ai
proposé que nous prenions des dispositions pour nous rencontrer
avant la réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres
de la Santé.»
Pourquoi le ministre de la Santé continue-t-il de traiter les
victimes comme si elles n'étaient bonnes qu'à lui fournir une
occasion de faire belle figure dans les médias?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, je croyais qu'il aurait été le dernier à la Chambre à
parler d'utiliser les victimes comme une occasion de faire belle
figure dans les médias.
Longtemps avant que le député évalue quel avantage politique il
pourrait tirer de l'exploitation des victimes, je les
rencontrais. Longtemps avant qu'il sache ce que représentait ce
ruban, j'en avais reçu un. Longtemps avant qu'il comprenne le
problème, je défendais leur cause. Il devrait garder...
Des voix: Bravo!
Le Président: Chers collègues, vous voulez sûrement tout autant
que moi entendre les réponses et les questions.
M. Grant Hill (Macleod, Réf.): Monsieur le Président, voici ce
que le défenseur de la cause des victimes leur a dit à propos de
la réunion de jeudi. Il est intéressant de le noter. Elles
savent que la réunion se tiendra à Ottawa, mais elles ne savent
pas dans quel édifice ni à quelle heure. Elles n'en ont pas
encore reçu non plus l'ordre du jour.
Ces personnes doivent faire des préparatifs de voyage. Elles
n'ont pas de limousine pour les y conduire. Pourquoi le ministre
traite-t-il les victimes aussi mal?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, l'ennui avec le Parti réformiste et avec le député,
c'est que, lorsqu'ils prétendent parler de compassion envers les
victimes, ils manquent profondément de crédibilité. Ils ne sont
tout simplement pas crédibles.
Nous avons appuyé la motion que le Nouveau Parti démocratique a
proposée la semaine dernière parce que nous avons reconnu que
les ministres devraient rencontrer les victimes et entendre leur
point de vue sur ces questions.
J'ai écrit à tous les ministres provinciaux et territoriaux pour
leur demander d'accepter avec moi de recevoir les victimes au
début de la journée avant d'examiner ces questions afin que nous
ayons leur point de vue présent à l'esprit en nous consultant.
Le Président: Le chef du Bloc québécois.
* * *
[Français]
LA PAUVRETÉ
M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ): Monsieur
le Président, hier, en réponse aux statistiques dévastatrices sur
la pauvreté rendues publiques par le Conseil national du
bien-être social, le ministre du Développement des ressources
humaines n'a rien trouvé d'autre à dire que ceci, et je le cite:
«Il n'y a plus de déficit au Canada, ce qui veut dire que les
familles pauvres sont plus riches.»
Comment le ministre a-t-il bien pu faire une déclaration aussi
absurde, aussi insensible à l'égard des millions de personnes
victimes des politiques de son gouvernement?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, le chef
bloquiste fait une lecture bien sélective des coupures de
journaux qui lui sont préparées, parce que j'ai dit un tas
d'autres choses au sujet de la pauvreté des enfants.
J'ai notamment dit que c'était une priorité de notre
gouvernement et que nous avions mis 1,7 milliard de dollars dans
la nouvelle Prestation nationale pour enfants, en partenariat
avec les provinces, pour avoir de meilleurs programmes et
services.
Nous versons 25 milliards de dollars aux provinces par
l'entremise du Transfert canadien en matière de santé et de
programmes sociaux. Nous avons augmenté les déductions pour la
garde d'enfants et l'allégement fiscal accru pour les
Canadiens...
Le Président: L'honorable chef du Bloc québécois a la
parole.
M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ): Monsieur
le Président, on va continuer la liste.
Est-ce que le ministre se rend compte que c'est lui qui aggrave
la pauvreté par ses coupures brutales à l'assurance-emploi, par
sa complaisance, et le fait qu'il accepte de voir grimper, de
façon scandaleuse, les surplus de la caisse de
l'assurance-emploi, malgré les besoins criants de la population?
Est-ce qu'il se rend compte que s'il y a des enfants pauvres,
c'est peut-être parce qu'il y a des parents pauvres?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, remettre
une économie en santé implique prendre des décisions qui sont
parfois difficiles. Mais nous avons également eu l'audace de
proposer des réformes à l'assurance-emploi qui ont également eu
un impact favorable dans un grand nombre de cas.
Nous avons apporté à l'assurance-emploi, par exemple, un
supplément au revenu familial ciblé aux prestataires à faible
revenu ayant des enfants. Les prestataires qui reçoivent le
supplément au revenu familial sont exemptés de la règle de
l'intensité.
Nous avons amené une possibilité de revenu de 50 $ pour des gens
qui reçoivent l'assurance-emploi.
M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les
Basques, BQ): Monsieur le Président, ce même ministre du
Développement des ressources humaines, par sa réforme de
l'assurance-emploi, est celui, avec le ministre des Finances, qui
crée le plus de pauvres au Canada.
1425
Comment peut-il être inconscient au point de ne pas reconnaître
qu'en excluant plus de 60 p. 100 des chômeurs des bénéfices du
régime d'assurance-emploi, il crée chaque jour des centaines de
pauvres au Canada?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, lorsque
vous regardez ce qui arrive à la pauvreté chez les enfants,
lorsque vous constatez d'où viennent nécessairement les gens dont
fait allusion, il faut plutôt chercher des solutions et c'est ce
que nous faisons du côté du gouvernement.
Nous avons entrepris des réformes extrêmement importantes,
justement pour permettre aux parents de retourner plus facilement
au travail. Nous allouons des budgets importants en mesures
actives d'emploi pour permettre à ces parents de réintégrer le
marché du travail, parce que la meilleure garantie pour la
pauvreté ce n'est pas l'assurance-emploi mais c'est d'avoir du
travail.
M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les
Basques, BQ): Monsieur le Président, par son attitude dans le
dossier de la Stratégie du poisson de fond de l'Atlantique, le
ministre du Développement des ressources humaines comprend-il
qu'une fois de plus il condamnera des milliers de pêcheurs de
l'est du Canada à la pauvreté?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, la
Stratégie du poisson de fond de l'Atlantique a été une initiative
de notre gouvernement en 1993, face à la crise que vivaient les
gens du Canada Atlantique.
Nous avons un travail intense qui se fait en ce moment. C'est
un dossier difficile, c'est un dossier complexe. Nous
recherchons des solutions à long terme pour s'assurer que ces
gens puissent gagner leur vie dignement et à long terme. C'est
ce qui nous intéresse de ce côté-ci de la Chambre, ce n'est pas
de faire de la petite politique.
* * *
[Traduction]
LES ESSAIS NUCLÉAIRES
M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le
Président, ma question s'adresse au vice-premier ministre. Je
suis sûr que beaucoup de Canadiens ont été heureux de constater
que le gouvernement canadien avait déploré les essais nucléaires
effectués en Inde hier. Beaucoup de Canadiens déplorent aussi
le fait que le Canada contribue à la course aux armements
nucléaires en exportant des réacteurs.
Dans ce contexte, est-ce que le gouvernement serait prêt à
reconsidérer sa décision d'exporter des réacteurs nucléaires, en
particulier ceux que l'on s'apprête à vendre à la Turquie?
L'hon. Herb Gray (vice-premier ministre, Lib.): Monsieur le
Président, nous n'avons pas un programme nucléaire qui vise à
aider les pays à acquérir des armes nucléaires. Par ailleurs,
le Canada a décidé de rappeler son ambassadeur en Inde pour
consultation, en signe de protestation contre ces essais
nucléaires.
M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le
Président, ce genre d'action serait plus crédible si nous ne
nous étions pas engagés à exporter la technologie pour faire des
bombes. Je demande au ministre s'il est prêt à accroître la
crédibilité de la position canadienne en faisant finalement
preuve de leadership au sein de l'OTAN, notamment en remettant
en cause la doctrine nucléaire de l'OTAN, laquelle veut que
certains pays du monde devraient continuer à posséder des armes
nucléaires. Quand allons-nous réclamer la destruction de toutes
les armes nucléaires, où qu'elles soient?
L'hon. Herb Gray (vice-premier ministre, Lib.): Monsieur le
Président, le Canada n'a pas fourni de renseignements nucléaires
à l'Inde depuis le début des années 1970, donc il ne peut pas y
avoir de lien entre les essais inacceptables effectués récemment
par l'Inde et ce que fait le Canada. Je prends toutefois bonne
note du point de vue du député.
* * *
LES QUOTAS DE SUCRE
Mme Elsie Wayne (Saint John, PC): Monsieur le Président, en
1995, le gouvernement a cédé aux pressions des États-Unis et a
consenti à ramener de 35 000 tonnes à 5 000 tonnes nos quotas de
sucre exportés vers les États-Unis. À la suite des pressions
exercées par l'industrie sucrière et par le caucus du sucre, qui
regroupe des députés de tous les partis, nous les avons reportés
à 10 000 tonnes, mais les États-Unis peuvent en expédier 100 000
tonnes au Canada.
En raison de cette entente, la société Lantic Sugar, de Saint
John, au Nouveau-Brunswick, a annoncé qu'elle fermait ses
portes, de sorte que 240 autres travailleurs seront au chômage.
Qu'est-ce que le premier ministre a à dire à ces 240 chômeurs et
leurs familles, parce que le gouvernement a sacrifié les
intérêts de Canadiens car cela faisait son affaire?
M. Julian Reed (secrétaire parlementaire du ministre du Commerce
international, Lib.): Monsieur le Président, nous sommes
toujours désolés d'apprendre qu'une entreprise ferme ses portes.
Je souligne également que, ces dernières années, le Canada a
pris des mesures pour assurer la viabilité de son secteur
industriel. La députée comprendra certainement les conditions du
programme de réexportation et le fait que, à défaut de ce
programme, le Canada perdrait beaucoup plus d'entreprises
sucrières.
1430
Mme Elsie Wayne (Saint John, PC): Monsieur le Président, nous
aurions toujours notre entreprise sucrière si le gouvernement
n'avait pas miné toute cette industrie avec cette entente.
Aujourd'hui, ces 240 travailleurs et leurs familles n'ont plus
de revenu dans une ville où le taux de chômage dépasse 13 p. 100.
Des pêcheurs sur les deux côtes se demandent comment subvenir
aux besoins de leurs familles. Hier, un autre rapport a confirmé
que les pauvres s'appauvrissent en raison de la politique du
gouvernement.
Que fera le premier ministre pour aider ces Canadiens? Quand
va-t-il assumer la responsabilité de l'attitude nonchalante de son
gouvernement?
M. Julian Reed (secrétaire parlementaire du ministre du
Commerce international, Lib.): Monsieur le Président,
j'accueillerais favorablement toute proposition de la députée
pour améliorer la situation actuelle. Nous avons travaillé très
fort pour que cette entente sur le programme de réexportation
soit avantageuse pour le Canada.
* * *
LE COMMERCE
M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Réf.): Monsieur le Président, 17
députés libéraux accompagneront le premier ministre dans son
prochain voyage, en Italie cette fois. Aucun député de
l'opposition ne sera du voyage, car celui-ci concerne non pas les
affaires du gouvernement, mais celles du Parti libéral. Il
s'agit de payer les services rendus. Dommage que les
contribuables doivent en faire les frais.
Le député libéral de Niagara Falls dit que ce sera pour lui une
excellente occasion de mousser les ventes de son entreprise
vinicole. Je voudrais savoir pourquoi les contribuables doivent
payer la note pour que ce député réalise personnellement des
profits.
L'hon. Don Boudria (leader du gouvernement à la Chambre des
communes, Lib.): Monsieur le Président, comme d'habitude, le
député est mal informé. Permettez-moi de le renseigner.
Tout d'abord, l'économie italienne est la cinquième plus grande
au monde. L'Italie est le 11e plus grand...
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Don Boudria: Monsieur le Président, d'après ce qu'il
vient de dire, tout ce que le député d'en face semble savoir de
l'Italie, c'est que ce pays a la forme d'une botte. J'ose croire
qu'il y a des choses plus importantes que cela.
Nous parlons ici des relations qui existent entre deux des
économies les plus importantes au monde. L'Italie est le 11e
plus grand partenaire commercial du Canada. Nous avons demandé
aux députés d'origine italienne de tous les partis présents à la
Chambre de représenter notre pays et de mettre notamment en
valeur notre commerce«
Le Président: Le député de Fraser Valley.
M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Réf.): Monsieur le Président,
ce que je peux dire au député, c'est que si le gouvernement
veut, comme il se doit, établir de solides relations avec
l'Italie, il s'y prend mal.
Les libéraux ont attendu une relâche du Parlement, ont nolisé un
avion et l'ont rempli de loyaux députés libéraux de
l'arrière-ban. Ils partent en vacances, un point c'est tout.
N'est-il pas vrai que ce voyage ne vise pas à établir de solides
relations avec l'Italie, mais à récompenser de bons et loyaux
députés libéraux de l'arrière-ban?
L'hon. Herb Gray (vice-premier ministre, Lib.): Monsieur le
Président, que propose le député? Que les députés s'absentent
lorsque la Chambre siège? N'est-ce pas ce qu'il convient de faire
en période de relâche? En outre, si le whip voulait promouvoir
notre commerce avec l'Italie, son parti et les autres partis de
l'opposition ne refuseraient pas que de leurs députés fassent
partie de la délégation. Qu'ils montrent qu'ils sont sincères en
participant à cette mission!
* * *
[Français]
LA PAUVRETÉ
Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Monsieur le
Président, ma question s'adresse au vice-premier ministre.
La pauvreté au Canada augmente et le gouvernement refuse
toujours d'admettre sa responsabilité face à ce phénomène qui
touche près de 18 p. 100 de la population canadienne et plus de
61 p. 100 des femmes chefs de familles monoparentales.
1435
Le vice-premier ministre admet-il que le gouvernement a
contribué de façon importante à l'accroissement de la pauvreté en
coupant dans le régime d'assurance-emploi et en coupant dans les
transferts aux provinces pour la santé et l'aide sociale?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, la
pauvreté est un phénomène pénible, dur, complexe, et qui est une
priorité de ce gouvernement.
Nous travaillons de notre mieux avec les provinces et les
gouvernements des provinces pour contribuer à une économie qui
aille bien et qui permette aux gens de bien gagner leur vie.
Nous avons des programmes sociaux qui vont bien au Canada. Nous
avons des programmes sociaux qui servent bien les Canadiens et
qui seront encore améliorés au cours des prochaines années,
maintenant que nous avons reconquis notre marge de manoeuvre.
Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Monsieur le
Président, le gouvernement peut bien se défendre de créer
lui-même la pauvreté, mais peut-il nier que le nombre de pauvres
augmente constamment depuis qu'il est au pouvoir, et ce, malgré
le fait que le pays connaisse une période de prospérité
économique?
L'hon. Pierre S. Pettigrew (ministre du Développement des
ressources humaines, Lib.): Monsieur le Président, les
chiffres du bien-être social sont en chute constante. Il y a une
réduction du nombre de familles, notamment au Québec, qui
reçoivent des prestations de bien-être social.
Il y a énormément de bonnes nouvelles, que l'opposition
s'obstine à ne pas revoir, malgré que ce soient leurs bons amis
qui forment le gouvernement du Québec aujourd'hui. Je trouve
amusant que, tout à coup, on s'attaque à notre gouvernement,
alors que ce sont leurs propres amis qui sont au gouvernement du
Québec et qui ont également des responsabilités. Il y a des
contradictions dans ces dossiers.
Ce que je peux dire, c'est que nous allons continuer de
travailler en partenariat pour nous assurer que le bien-être de
nos concitoyens soit bien servi.
* * *
[Traduction]
LE COMMERCE
Mme Deborah Grey (Edmonton-Nord, Réf.): Monsieur le Président,
lorsque les libéraux siégeaient dans l'opposition, ils ont
fustigé Brian Mulroney parce qu'il avait dépensé en cinq ans 9,5
millions de dollars pour ses déplacements à l'étranger. Mais le
premier ministre actuel a dépensé plus de 12 millions depuis
1993.
Une seule question. Pourquoi ces dépenses étaient-elles si
répréhensibles lorsque les libéraux formaient l'opposition et
sont-elles si louables maintenant qu'ils forment le gouvernement?
L'hon. Don Boudria (leader du gouvernement à la Chambre des
communes, Lib.): Monsieur le Président, le gouvernement n'a pas
d'excuses à présenter pour Équipe Canada qui crée des milliers
d'emplois pour les Canadiens. Il n'a aucune excuse à faire parce
qu'il va vendre des produits canadiens en Italie ni parce qu'il
va en Amérique du Sud vendre les compétences canadiennes, qui
sont les meilleures au monde. C'est cela, le Canada. Nous tenons
à continuer de créer des emplois même si le Parti réformiste
souhaite le contraire.
Des voix: Oh, oh!
Le Président: Chers collègues, même avec mon microphone, j'ai
beaucoup de mal à me faire entendre. La députée d'Edmonton-Nord.
Mme Deborah Grey (Edmonton-Nord, Réf.): Monsieur le Président,
on croirait entendre Brian Mulroney lorsqu'il siégeait dans le
fauteuil qui est devant le député.
Le premier ministre actuel a dépensé 12 millions de dollars, et
ce n'est pas fini. M. Mulroney avait dépensé 9 millions et demi.
Et le député dit que le gouvernement n'a pas d'excuses à
présenter.
En 1993, le vice-premier ministre a dit que c'était de la manie
égocentrique. Si le chapeau fait, qu'ils le portent.
Je répète ma question. Si c'était tellement répréhensible dans
le cas de Mulroney, comment se fait-il que ce soit si bien pour
le premier ministre actuel?
L'hon. Herb Gray (vice-premier ministre, Lib.): Monsieur le
Président, à supposer que la députée ait raison, est-ce qu'elle
veut dire que des centaines d'hommes et de femmes d'affaires ont
tort d'accompagner le premier ministre dans ces missions? Est-ce
qu'ils ont tort lorsqu'ils rentrent de ces missions après avoir
signé des marchés qui valent des centaines de millions de
dollars?
Ces gens-là donnent raison au premier ministre. Par leurs actes,
ils disent que, là-dessus comme sur tout le reste, le Parti
réformiste fait complètement fausse route.
* * *
1440
[Français]
L'HÉPATITE C
M. Maurice Dumas (Argenteuil—Papineau, BQ): Monsieur le
Président, à deux jours de la conférence des ministres de la
Santé, on ne sait toujours pas où le gouvernement fédéral s'en va
avec le dossier de l'hépatite C. Jusqu'à maintenant, le ministre
se contente de se positionner en arbitre entre les provinces,
mais il n'a même pas le courage d'admettre sa responsabilité.
Au lieu de jouer les arbitres, le ministre ne devrait-il pas
plutôt consacrer toutes ses énergies à rechercher activement une
solution en vue de compenser toutes les victimes de l'hépatite C?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur
le Président, il faut premièrement que l'on détermine la position
des provinces. J'espère que le Dr Rochon du Québec sera là
jeudi, et je serais très heureux de connaître la position du
Québec. Ce n'est pas clair à l'heure actuelle, et j'ai des
questions pour le Dr Rochon.
Alors, premièrement, déterminons la position des provinces, et
par la suite on déterminera s'il sera possible d'avoir un
consensus parmi les provinces et le gouvernement fédéral.
M. Maurice Dumas (Argenteuil—Papineau, BQ): Monsieur le
Président, le ministre tente de nous convaincre qu'il fait preuve
de leadership. Il devrait plutôt admettre que ce sont le Québec
et l'Ontario qui ont le leadership dans ce dossier.
N'admet-il pas que s'il veut vraiment faire preuve de
leadership, il devrait d'abord et avant tout nous dire où il s'en
va, lui, et qu'est-ce qu'il entend faire pour régler le problème?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Non,
monsieur le Président.
* * *
[Traduction]
L'INDE
M. Bob Mills (Red Deer, Réf.): Monsieur le Président, les
spécialistes et certains gouvernements étrangers affirment que,
sans la technologie canadienne, le programme nucléaire indien ne
serait pas ce qu'il est aujourd'hui.
Le temps est venu pour les libéraux d'assumer une partie des
responsabilités pour la prolifération de la technologie
nucléaire. Que fera le gouvernement, à part rappeler son
ambassadeur, comme de nombreux autres pays l'ont déjà fait? Que
fera le gouvernement au cours des réunions des pays du G8, au
sein du Commonwealth, pour mettre un terme à la prolifération du
matériel nucléaire?
L'hon. Herb Gray (vice-premier ministre, Lib.): Monsieur le
Président, le premier ministre a déclaré qu'il avait l'intention
d'aborder la question avec les représentants des autres pays du
G7 afin de déterminer les mesures appropriées à prendre.
Je tiens à rappeler que le Canada ne fournit pas de matériel à
l'Inde ou au Pakistan pour leur programme nucléaire. Le Canada
ne le fait plus depuis le début des années 70. Le Canada déplore
les décisions prises par le gouvernement indien au sujet de ces
essais. Il a d'ailleurs rappelé son haut commissaire. Il a
l'intention de discuter de la question avec ses partenaires du
G8. Cela montre à quel point la situation nous préoccupe et
prouve que nous sommes disposés à agir et que nous prenons déjà
des mesures concrètes.
M. Bob Mills (Red Deer, Réf.): Monsieur le Président, ce n'est
pas suffisant. Ce ne sont que de belles paroles que prononcent
les libéraux pour tenter de protéger les ministres de l'époque,
les gouvernements libéraux qui ont décidé d'exporter cette
technologie. Le ministre ne peut se contenter de nous fournir ce
genre de réponse.
Dans quelle mesure le gouvernement assumera-t-il ses
responsabilités et jouera-t-il un rôle de leader auprès de la
communauté internationale?
L'hon. Ralph E. Goodale (ministre des Ressources naturelles et
ministre responsable de la Commission canadienne du blé, Lib.):
Monsieur le Président, la technologie Candu qui a été vendue à
l'Inde dans les années 60 et 70 n'a pas été utilisée par l'Inde
pour la production de ses premières armes nucléaires en 1974.
Après les essais nucléaires effectuées par les autorités
indiennes en 1974, le Canada a suspendu le commerce de tout
matériel nucléaire avec l'Inde.
Par la suite, les normes de non-prolifération ont également été
renforcées et le commerce de ce matériel a été complètement
aboli, ce qui prouve que, il y a déjà plus de vingt ans, le
Canada agissait de façon résolue pour manifester son
mécontentement en ce qui concerne le comportement dont parle le
député.
* * *
[Français]
LA PAUVRETÉ
M. Réal Ménard (Hochelaga—Maisonneuve, BQ): Monsieur le
Président, 5,2 millions de Canadiens vivent sous le seuil de la
pauvreté. Il y a un lien direct entre la pauvreté et l'accès au
crédit, de même que l'investissement des banques dans les
communautés défavorisées. Aux États-Unis, le Community
Reinvestment Act encadre l'action des banques dans les
communautés défavorisées.
Demain, la Chambre des communes sera saisie d'un projet de loi
privé qui demande aux banques de réaliser le réinvestissement
communautaire. Est-ce que le gouvernement entend appuyer ce
projet de loi qui se veut une mesure concrète de lutte contre la
pauvreté?
1445
L'hon. Paul Martin (ministre des Finances, Lib.): Monsieur
le Président, nous avons dit à maintes reprises que nous appuyons
le principe des banques communautaires. D'ailleurs, c'est une des
raisons pour lesquelles nous avons soumis la question au comité
d'étude MacKay. Nous attendons avec impatience sa réponse au
mois de septembre.
* * *
LA DÉCLARATION DE CALGARY
M. Mauril Bélanger (Ottawa—Vanier, Lib.): Monsieur le
Président, hier, l'Ontario rendait publics les résultats de son
exercice de consultation populaire sur la Déclaration de Calgary.
Un sondage effectué dans le cadre de cette consultation révèle
que 87 p. 100 des Ontariens l'appuient, ce qui concorde avec des
sondages semblables effectués ailleurs au pays, y compris au
Québec. Le Bloc, lui, voudrait nous faire croire le contraire.
Le ministre des Affaires intergouvernementales peut-il nous dire
ce que nous savons vraiment du niveau d'appui pour la Déclaration
de Calgary auprès des Ontariens?
L'hon. Stéphane Dion (président du Conseil privé de la Reine
pour le Canada et ministre des Affaires intergouvernementales,
Lib.): Monsieur le Président, visiblement, le Bloc n'aime pas
la Déclaration de Calgary.
Mais les Canadiens, y compris les Québécois, la trouvent plutôt
bien, comme un geste d'ouverture qui nomme les valeurs qui nous
rassemblent, ce que démontre très clairement la dernière
consultation qui a été faite en Ontario.
Pour ceux qui auraient des doutes à propos de cette
consultation, un sondage scientifique, bien fait celui-là, montre
que l'appui pour le caractère unique de la société québécoise est
de 73 p. 100 chez les Ontariens.
* * *
[Traduction]
LA GRC
M. Jack Ramsay (Crowfoot, Réf.): Monsieur le Président, nous
avons appris aujourd'hui que le gouvernement a demandé à la GRC
de faire enquête sur les informations qui ont été divulguées au
Globe and Mail sur la Stratégie du poisson de fond de
l'Atlantique.
Pourquoi les spécialistes libéraux du conditionnement médiatique
en sont-ils tellement troublés? Est-ce parce que le nouveau
programme a été porté à la connaissance des médias avant qu'ils
aient eux-mêmes le temps de le faire?
Pourquoi la GRC fait-elle enquête sur une fuite d'information aux
médias alors que le gouvernement transmet souvent lui-même ce
genre de renseignements?
L'hon. Andy Scott (solliciteur général du Canada, Lib.):
Monsieur le Président, la GRC a été mise au courant de la
situation et elle prendra les mesures qui s'imposent comme c'est
son mandat de le faire.
M. Jack Ramsay (Crowfoot, Réf.): Monsieur le Président, la
ministre de la Justice a laissé entendre que les modifications à
la LJC étaient étalées dans tous les journaux ce matin, des
heures avant leur publication officielle.
Le solliciteur général demandera-t-il également à la GRC de faire
enquête sur cette fuite?
L'hon. Andy Scott (solliciteur général du Canada, Lib.):
Monsieur le Président, comme je l'ai déjà dit à maintes
reprises, le gouvernement ne demande pas à la GRC de mener une
enquête officielle. Il communique les renseignements pertinents
à la GRC qui prend ensuite la décision appropriée selon son
expérience basée sur 125 années de services policiers au Canada.
* * *
LES AFFAIRES AUTOCHTONES
M. Gordon Earle (Halifax-Ouest, NPD): Monsieur le Président,
diverses décisions successives de la Cour suprême renforcent
l'obligation du gouvernement fédéral de respecter une
responsabilité de fiduciaire ou de mandataire envers les
autochtones.
L'honneur de la Couronne est la norme que les tribunaux obligent
tous les gouvernements à respecter. Le gouvernement libéral
croit-il qu'il a encore une responsabilité à titre de fiduciaire
envers les autochtones et honore-t-il encore la Couronne lorsqu'il
intercède dans des affaires dont les tribunaux sont saisis?
L'hon. Jane Stewart (ministre des Affaires indiennes et du Nord
canadien, Lib.): Monsieur le Président, le gouvernement respecte
très nettement les rapports de fiduciaire qu'il constate entre
la Couronne et les premières nations.
Dans Rassembler nos forces, nous disons aussi qu'il est opportun
d'inclure d'autres partenaires dans nos relations, afin que nous
puissions, tous ensemble, améliorer la vie des autochtones. Ces
partenaires comprennent les gouvernements provinciaux, les
administrations municipales, des tierces parties et le secteur
du bénévolat.
M. Gordon Earle (Halifax-Ouest, NPD): Monsieur le Président,
lorsqu'il était dans l'opposition, l'actuel ministre des
Finances a exhorté le gouvernement fédéral à respecter
l'immunité fiscale des autochtones du Canada.
1450
Or, la ministre de la Justice est maintenant intervenue au nom
du gouvernement du Nouveau-Brunswick pour interjeter appel d'une
décision des tribunaux qui soustrait les autochtones à
l'application de la taxe de vente.
La ministre de la Justice peut-elle expliquer en quoi cela est
compatible avec la déclaration du ministre des Finances, sans
compter l'objectif que le gouvernement s'est donné de travailler
en partenariat avec les autochtones?
L'hon. Anne McLellan (ministre de la Justice et procureur
général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, la conduite du
gouvernement n'est absolument pas incompatible avec notre
obligation à titre de fiduciaire.
* * *
LA LOI SUR LES JEUNES CONTREVENANTS
M. Peter MacKay (Pictou—Antigonish—Guysborough, PC): Monsieur le
Président, la ministre de la Justice sait que la Loi sur les
jeunes contrevenants est administrée par les provinces et que
son administration doit être financée à parts égales par le
gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.
Pourtant, la ministre devrait également savoir que la véritable
contribution fédérale ne s'élève qu'à 30 p. 100 du total des frais
d'administration. Le gouvernement fait payer aux provinces la
plus grosse partie des frais.
Le gouvernement est-il prêt à respecter ses engagements
financiers et à faire en sorte que les provinces n'aient pas à
payer plus que leur juste part lorsque la Loi sur les jeunes
contrevenants sera modifiée, comme le prévoit la ministre?
L'hon. Anne McLellan (ministre de la Justice et procureur
général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, je peux
rassurer le député: nos discussions sur le partage des coûts
avec les provinces se poursuivent. Je ne prétendrai pas que ces
discussions se déroulent sans anicroches, mais, en gros, les
choses se passent assez bien.
M. Peter MacKay (Pictou—Antigonish—Guysborough, PC): Monsieur le
Président, selon la fuite d'hier dans les médias, la ministre
n'a pas l'intention d'abaisser l'âge limite prévu dans la loi à
moins de 12 ans.
Elle doit pourtant savoir que des gangs de jeunes recrutent des
enfants de 10 à 12 ans pour faire leur sale travail parce qu'ils
savent que ces derniers peuvent échapper aux poursuites.
La ministre fera-t-elle aux parlementaires le même honneur qu'aux
journalistes et confirmera-t-elle qu'elle n'a pas l'intention
d'abaisser à moins de 12 ans l'âge des jeunes visés par la loi?
L'hon. Anne McLellan (ministre de la Justice et procureur
général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, je peux
affirmer à la Chambre que je n'ai pas du tout l'intention de
commenter le contenu du document avant sa parution officielle
cet après-midi. Les députés peuvent avoir l'assurance que ni moi
ni mon ministère n'avons rien à voir avec la fuite. En fait, je
puis assurer...
Des voix: Oh, oh!
Le Président: La ministre de la Justice, si elle désire
poursuivre.
L'hon. Anne McLellan: Le député a posé cette question à mon
collègue, le solliciteur général. Que les députés sachent que
l'on a demandé à la GRC de faire enquête sur la prétendue fuite
concernant notre réponse...
Des voix: Oh, oh!
Le Président: Je ne peux pas attendre à demain. La députée de
Vancouver Kingsway.
* * *
LE COMMERCE
Mme Sophia Leung (Vancouver Kingsway, Lib.): Monsieur le
Président, ma question s'adresse au ministre du Commerce
international et porte sur la récente proposition des douanes
américaines de reclassifier les planches préforées comme étant
du bois ordinaire.
Cette décision semble contrevenir à l'Accord de libre-échange et
menace les emplois dans l'Ouest du Canada. Comment le
gouvernement entend-il protéger l'industrie du bois d'oeuvre au
Canada contre cette menace?
M. Julian Reed (secrétaire parlementaire du ministre du Commerce
international, Lib.): Monsieur le Président, je félicite la
députée, parce qu'elle veille à ce que le gouvernement soit tenu
au courant de l'importance du dossier.
Le 7 mai dernier, le gouvernement a rencontré les intervenants
dans le dossier du bois d'oeuvre.
Cette rencontre avait pour objet de discuter la récente
proposition des douanes américaines de reclassifier les montants
préforés.
1455
D'ici le 15 mai, nous ferons des observations sur la décision et
nous avons l'intention de suivre ce dossier de près.
* * *
L'IMMIGRATION
M. John Reynolds (West Vancouver—Sunshine Coast, Réf.): Monsieur
le Président, ma question s'adresse à la ministre de la
Citoyenneté et de l'Immigration.
Un consultant en immigration de Vancouver, Iraj Rezaei, fait
face à 18 accusations allant de la contrefaçon de passeports à
la présentation de fausses demandes du statut de réfugié, ainsi
qu'à des menaces et des agressions. En attendant son procès, il
continue à conseiller des immigrants sans méfiance sur son
nouveau site Web sur Internet.
La ministre a-t-elle demandé à la ministre de la Justice une
injonction pour empêcher ce mécréant de poursuivre ses activités
frauduleuses?
[Français]
L'hon. Lucienne Robillard (ministre de la Citoyenneté et de
l'Immigration, Lib.): Monsieur le Président, vous savez très
bien que je ne peux commenter en détail le dossier d'une personne
qui séjourne présentement au Canada, mais je peux assurer les
députés de cette Chambre qu'à l'intérieur de la Loi sur
l'immigration, nous avons tous les éléments nécessaires pour nous
permettre de contrecarrer ces actions qui sont posées par des
individus.
* * *
LE TOKAMAK DE VARENNES
M. Stéphane Bergeron (Verchères, BQ): Monsieur le
Président, aujourd'hui, le verdict est tombé. Après avoir
remporté un prix pour l'excellence de ses travaux, le Tokamak de
Varennes ferme ses portes. Quelle ironie!
Le gouvernement n'a-t-il pas honte d'avoir manqué de vision au
point de provoquer la mort de ce projet de recherche très
prometteur, pour sauver 7,2 millions de dollars, et cela au terme
de 20 ans d'efforts et de succès et plus de 150 millions de
dollars d'investissements?
[Traduction]
L'hon. Ralph E. Goodale (ministre des Ressources naturelles et
ministre responsable de la Commission canadienne du blé, Lib.):
Monsieur le Président, dans le cadre du processus d'examen des
programmes du gouvernement, des décisions fort difficiles ont dû
être prises concernant l'ordre des priorités.
Il a donc été décidé que le projet de recherche sur la fusion,
dont les retombées ne se manifesteront pas avant au moins une
trentaine d'années, ne pouvait avoir la priorité en ce moment.
Depuis quelques années, nous avons investi quelque 90 millions
de dollars dans l'installation de Varennes. Nous avons versé un
autre montant de 19 millions de dollars pour en faciliter la
fermeture.
Malheureusement, pour établir les priorités et respecter nos
responsabilités financières, nous avons dû prendre des décisions
difficiles.
* * *
LA SANTÉ
Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD): Monsieur le
Président, hier, j'ai posé une question au ministre de la Santé
au sujet des produits sanguins non autorisés qui sont utilisés
dans les hôpitaux sans le consentement des malades et même à
leur insu.
Aujourd'hui, on apprend que la situation est pire que ce qu'on
croyait. Le président du comité des pratiques de transfusion du
Health Sciences Center, à Winnipeg, dit que l'on utilise de
l'albumine sérique humaine non autorisée cent pour cent du
temps.
Le ministre peut-il nous dire quelles mesures il prend pour
remédier à la pénurie apparente de produits sanguins
fractionnés? Peut-il expliquer pourquoi il circule sur le marché
des produits non autorisés cinq mois après l'établissement
d'exigences relatives à la délivrance de licences par le
gouvernement?
L'hon. Allan Rock (ministre de la Santé, Lib.): Monsieur le
Président, par suite de la question que la députée a posée hier
durant la période des questions, j'ai demandé à mes
collaborateurs de faire la lumière là-dessus. Je répondrai à la
question que la députée a posée hier et à celle qu'elle vient de
poser dès que mes collaborateurs auront terminé leur enquête.
Je partage les inquiétudes de la députée relativement à
l'utilisation de produits sanguins non autorisés ou dangereux.
Je me préoccupe aussi de l'approvisionnement en sang en général
et de la pénurie. Nous continuons d'inciter les donneurs à faire
preuve d'autant de générosité que dans le passé.
Je répondrai à la députée dès que j'aurai les informations.
* * *
LA FISCALITÉ
M. Charlie Power (St. John's-Ouest, PC): Monsieur le Président,
ma question s'adresse au ministre des Finances.
Le nombre de visas de travail américains délivrés à des
Canadiens a augmenté de plus de 50 p. 100 en quatre ans
seulement. Cela s'explique très facilement. Notre gouvernement
continue de pratiquer des impôts élevés qui ont pour effet de
faire fuir nos meilleurs et plus brillants éléments vers le Sud.
Le ministre peut-il nous dire quand le gouvernement offrira de
vrais allégements fiscaux pour que les Canadiens qui choisissent
de rester dans leur pays et d'y travailler n'aient pas en même
temps à faire voeu de pauvreté?
L'hon. Paul Martin (ministre des Finances, Lib.): Monsieur le
Président, ce sont nos prédécesseurs qui pratiquaient une
politique d'impôts élevés.
Depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons réduit les impôts
pour certaines catégories de contribuables. J'ai le plaisir de
dire que, dans le dernier budget, nous avons annoncé la
suppression de la surtaxe de 3 p. 100, qui a été imposée par le
gouvernement conservateur, pour 83 p. 100 des Canadiens.
* * *
1500
LES ESSAIS NUCLÉAIRES
M. Alex Shepherd (Durham, Lib.): Monsieur le Président, ma
question s'adresse au ministre des Ressources naturelles.
À la suite des essais nucléaires alarmants effectués hier par
l'Inde, nombreux sont ceux qui, dans la communauté
internationale, montrent le Canada du doigt comme étant une
source de transfert de technologies. L'Inde a conclu avec le
Canada des accords concernant l'utilisation pacifique de ces
technologies.
Quelles garanties accompagnent la vente des technologies
nucléaires?
L'hon. Ralph E. Goodale (ministre des Ressources naturelles et
ministre responsable de la Commission canadienne du blé, Lib.):
Monsieur le Président, je serai très clair. Après le premier
essai nucléaire déplorable effectué par l'Inde en 1974, le
Canada a suspendu toute livraison de matériel nucléaire à ce
pays. Au milieu des années 70, nous avons élaboré une politique
de non-prolifération beaucoup plus stricte.
En 1976, le Canada a mis fin aux échanges dans le domaine du
nucléaire avec l'Inde quand il est devenu évident qu'elle ne
respecterait pas notre politique de non-prolifération.
Aujourd'hui, tout service fourni à un pays étranger, notamment
la vente d'un réacteur ou l'envoi d'un chercheur doit répondre à
des normes beaucoup plus strictes que par le passé.
* * *
RECOURS AU RÈGLEMENT
LES FUITES DANS LES MÉDIAS
M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le Président,
j'invoque le Règlement sur un sujet qui a été soulevé à la
période des questions mais qui devrait plutôt, selon moi, faire
l'objet d'un rappel au Règlement. Le gouvernement a commandé une
enquête de la GRC sur les prétendues fuites concernant la
politique gouvernementale sur la LSPA. C'est une forme
d'intimidation à l'endroit des médias et des fonctionnaires. Par
contre, le même jour, nous apprenons par les journaux tous les
détails de la réponse du gouvernement au Comité permanent de la
justice concernant la LJC.
Monsieur le Président, d'une certaine façon, ce sont là deux
rappels au Règlement, mais j'espère que vous voudrez bien
entendre les deux parallèlement.
Il y a un rappel au Règlement concernant le fait que le
gouvernement est très préoccupé et moralisateur à l'endroit des
personnes ayant communiqué de l'information, alors que nous
avons de bonne raisons de croire, même si le ministre le nie,
que le gouvernement communique parfois volontairement des
détails des réponses ou des propositions qu'il présentera le
lendemain.
Mon autre rappel au Règlement sur cette même question a trait au
fait que, si le ministre répond à un rapport de comité, il doit
le faire à la Chambre ou au comité, et non par la voie des
médias.
Ces deux points soulèvent la question du respect de la Chambre
des communes, qui exige que les affaires de la Chambre soient
réglées à la Chambre. Nous voulons voir...
Le Président: Le rappel au Règlement du député est sans aucun
doute une question d'opinion qu'il conviendrait de soulever au
cours d'un débat.
Pour ce qui est des fuites, j'ai cru comprendre, d'après ce que
j'ai appris aujourd'hui, que deux enquêtes sont en cours. À
l'heure actuelle, je juge qu'il ne s'agit pas d'un rappel au
Règlement.
INITIATIVES MINISTÉRIELLES
1505
[Traduction]
LE CODE CANADIEN DU TRAVAIL
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont le comité a fait rapport avec des
propositions d'amendement, ainsi que des motions nos 18, 20, 22
et 23.
M. Jay Hill (Prince George—Peace River, Réf.): Monsieur le
Président, avant le début de la période des questions, c'est du
point de vue d'un agriculteur que je parlais des motions nos 18,
20, 22 et 23.
Je parlais du point de vue d'un agriculteur qui produit des
grains, des graines de graminacée et des oléagineux depuis près
de 20 ans, dans la région de Peace River, en
Colombie-Britannique. Je parlais du mécontentement qu'éprouvent
les agriculteurs lorsqu'ils constatent que les chargements de
grain censés être acheminés librement jusqu'aux ports et chargés
sur les navires pour être transportés vers les marchés étrangers
sont retenus, parfois pendant de longues périodes. Cette
situation entraîne des coûts pour les agriculteurs et pour le
Canada.
J'ai rencontré de nombreux agriculteurs qui produisent les six
cultures ordinaires, à savoir le blé, l'orge, l'avoine, le
seigle, le lin et le canola. Je présume que ces cultures sont
visées par l'article qui interdit la grève dans les ports.
Ces agriculteurs sont passablement inquiets et tiennent à ce que
le projet de loi soit adopté, pour bénéficier de sa protection.
Si nous adoptons le projet de loi C-19 dans sa forme actuelle,
nous ne ferons que consacrer l'injustice. C'est pour cette
raison que l'opposition officielle a présenté les motions nos 22
et 23, qui visent à supprimer l'inclusion concernant uniquement
les cultures ordinaires, car nous estimons que cela est
discriminatoire.
Le gouvernement ne nous a pas dit si les cultures spéciales
seraient visées par la protection. De nombreux agriculteurs
produisent ce qu'on appelle des cultures spéciales, notamment
les lentilles, les pois, les féveroles à petits grains, les
graines de tournesol, le carthame. Ces cultures occupent une
superficie de plus en plus grande, au Canada, et en particulier
dans l'Ouest. Je me demande si elles sont protégées par cet
article.
Je ne le pense pas. Je crois que cet article vise uniquement les
cultures ordinaires.
À mesure que les marchés des cultures spéciales croîtront, le
projet de loi aura des effets discriminatoires à l'endroit de
certains producteurs et il aura pour effet d'opposer les
agriculteurs les uns aux autres lorsqu'il y aura des grèves ou
des lock-out dans les ports.
Ces motions qu'a présentées le Parti réformiste ont été
critiquées, en particulier de la part des députés du quatrième
parti, le Nouveau Parti démocratique. Ces derniers ont affirmé
que les motions étaient injustes parce qu'elles visent à étendre
l'interdiction des grèves pour protéger l'économie nationale.
1510
Autrement dit, si on peut prouver qu'une grève ou un lock-out
aura un impact profond sur l'économie nationale, les services
devront être maintenus. À cause de cela, les députés
néo-démocrates ont laissé entendre que nous étions injustes
envers les syndicats et qu'aucune grève ne serait permise.
Il faut dire toutefois que nous ne pouvons pas examiner les
motions du groupe no 6, soit les motions nos 18, 20, 22 et 23,
de façon isolée. Nous devons les examiner avec celles du groupe
no 8, qui n'ont pas encore été débattues. Ces dernières,
proposées par le Parti réformiste, concernent l'arbitrage des
propositions finales.
Pour faire valoir mon point, je veux citer ce que le député de
Winnipeg-Centre a dit le 10 février 1998, comme en témoigne le
hansard:
Nous avons eu une loi sur l'arbitrage des propositions finales
pendant un certain nombre d'années.
Le fait est que, au Manitoba, on utilise très peu l'arbitrage
des propositions finales. Durant tout le temps où cette loi a
été en vigueur, le conseil des relations de travail du Manitoba
n'a reçu que 97 demandes à cette fin. De ces 97 demandes, sept
seulement ont vraiment fait l'objet d'un processus d'APF par un
arbitre. Quatre cas ont été tranchés en faveur de la proposition
du syndicat et trois en faveur de l'employeur. Dans la grande
majorité des cas, soit 72 en tout, la demande a été retirée
parce que les parties sont retournées à la table des
négociations et sont parvenues à un règlement satisfaisant par
les voies classiques.
Ce que je veux montrer ici, c'est que le député néo-démocrate
admet que l'arbitrage des propositions finales fonctionne. Dans
72 de ces cas, les parties sont retournées à la table des
négociations et sont parvenues à un règlement satisfaisant. Le
processus a fonctionné. J'ai ajouté cela pour confirmer que les
amendements proposés par le Parti réformiste méritent d'être
examinés attentivement par tous les partis.
Au moment de voter sur ces motions, j'exhorte tous les députés à
tenir compte de cela et à voter en conséquence.
LA SANCTION ROYALE
[Traduction]
Le président suppléant (M. McClelland): À l'ordre, s'il
vous plaît. J'ai l'honneur d'informer la Chambre que j'ai reçu
le message suivant:
Résidence du Gouverneur général,
Ottawa,
le 12 mai 1998
J'ai l'honneur de vous aviser que l'honorable Antonio Lamer,
juge en chef de la Cour suprême du Canada, en sa qualité de
Gouverneur général suppléant, se rendra à la chambre du Sénat,
aujourd'hui, le 12 mai 1998, à 16 heures, afin de donner la
sanction royale à certains projets de loi.
Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de ma haute
considération.
Le secrétaire du Gouverneur général
Judith A. LaRocque
INITIATIVES MINISTÉRIELLES
[Traduction]
LE CODE CANADIEN DU TRAVAIL
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont le comité a fait rapport (avec une
proposition d'amendement), ainsi que des motions nos 18, 20, 22
et 23.
M. Charlie Penson (Peace River, Réf.): Monsieur le Président, je
suis heureux de prendre part aujourd'hui à ce débat sur le
projet de loi C-19, à l'étape du rapport, et plus précisément sur
les amendements du groupe no 6.
1515
Malheureusement, je ne suis pas content de voir la manière dont
les choses se déroulent. Au cours des cinq dernières années,
c'est-à-dire depuis que je suis député, ce genre de situation
s'est produit beaucoup trop souvent à la Chambre des communes.
Je parle du recours à la clôture pour mettre un terme aux débats
sur des questions très importantes. Le plus drôle, c'est que, à
l'époque où il siégeait dans l'opposition, le gouvernement
libéral critiquait beaucoup le gouvernement Mulroney quand il
utilisait les dispositions sur la clôture et l'attribution de
temps. Or, c'est la 40e fois que le gouvernement invoque cette
disposition depuis cinq ans.
Le gouvernement abuse de ses pouvoirs quand il s'en sert de
cette manière. Un principe très important est en cause, celui
qui veut que tous les députés aient le droit de débattre de ces
enjeux importants.
C'est la première occasion qui m'est donnée d'intervenir durant
10 minutes sur le projet de loi C-19, qui modifie le Code
canadien du travail.
Je veux discuter de ce projet de loi de la perspective qui
m'échoit en tant que porte-parole en matière de commerce
international. Je veux parler des installations terminales de
Vancouver, dont il est question dans les motions nos 22 et 23,
qui modifient l'article 87.7 de la loi, et qui ont été
présentées par mon collègue, le député de Wetaskiwin.
Je m'interroge sur une chose: si le principe qui veut qu'on
permette le transport du grain pendant 72 heures après réception
d'un avis de grève ou de lock-out est si bon, pourquoi ne
l'applique-t-on pas à toutes les denrées?
Pas plus tard que mercredi de la semaine dernière, j'ai
rencontré l'honorable Pat Nelson, ministre du Développement
économique de l'Alberta.
Elle voulait que je fasse valoir à la Chambre des communes
l'importance de veiller à la bonne circulation des marchandises
par les terminaux et les installations portuaires pour préserver
la qualité du service et notre réputation mondiale. Je crains
qu'en termes de livraison, notre réputation ne soit pas aussi
bonne qu'elle devrait l'être.
Il est aussi important de noter que de tous les pays
industrialisés, à l'exception de l'Italie, le Canada a été ces
dix dernières années le pays où il y a eu le plus de grèves et
de lockouts. C'est déplorable pour un grand pays comme le Canada
qui dépend des exportations, qui dépend du commerce
international.
Je sais qu'il y a un an, le député de Regina, l'ancien ministre
de l'Agriculture, a accompagné un groupe au Japon pour essayer
de rassurer les Japonais quant à la capacité du Canada d'assurer
l'expédition en temps voulu de nos produits par les ports de
Vancouver et de Prince Rupert.
Ce qui me préoccupe, c'est le grain. Le ministre du Travail et
d'autres membres du gouvernement essaient de s'acquérir l'appui
des producteurs de grain au Canada en leur disant qu'en cas de
grève ou de lock-out des travailleurs au port de Vancouver, nous
veillerons à ce qu'ils continuent à charger le grain à bord d'un
navire pendant 72 heures. C'est vrai, mais cela ne règle en rien
les problèmes entre la ferme et le port. Cela ne règle pas le
problème du réseau ferroviaire. Il y a le long de ce parcours
une vingtaine de groupes de travailleurs syndiqués qui peuvent
entrer en conflit avec la partie patronale et perturber la
circulation du grain. Le projet de loi ne s'attaque pas aux
choses dont a parlé mon collègue de Prince George—Peace River, le
porte-parole pour les questions agricoles.
Il y est question de grains, mais la liste des grains identifiés
n'inclut pas la luzerne granulée. Dans ma circonscription, Peace
River, nous avons la plus grosse usine de granulation de
luzerne, Falher Alfalfa. Cette entreprise est très préoccupée du
fait que cet article ne s'attaque pas à la question des
terminaux Neptune.
L'article ne vise pas non plus le port de Vancouver. Ces
installations, qui affichent un chiffre d'affaire de 25 millions
de dollars, peuvent être fermées.
Si ce principe est le principe solide que défend le
gouvernement, pourquoi ne l'applique-t-il pas à des produits comme
les cultures spéciales, notamment la luzerne, les pois, les
lentilles et tous les autres grains?
Nous faisons face à un véritable problème, auquel nous avons
cependant la possibilité de remédier. Mon collègue, le député de
Wetaskiwin, a dit que c'était la première fois en 25 ans que la
législation sur le travail était examinée et qu'il faudra sans
doute attendre un bon bout de temps avant qu'elle ne le soit de
nouveau.
Nous voulons profiter du débat actuel pour apporter des
changements substantiels à la loi. Nous encourageons les députés
libéraux à être attentifs à certains des amendements que nous
proposons et qui visent à améliorer l'efficacité du système
portuaire canadien.
1520
Le port de Vancouver reçoit de nombreux autres produits. À
Prince Rupert, il y a du charbon. Il y a du soufre également.
Comme le faisait remarquer un de mes collègues, le bois d'oeuvre
est l'un de nos plus importants produits. Il ne faut pas oublier
non plus la potasse chimique et divers autres produits exportés
partout dans le monde. Le projet de loi ne tient pas compte de
ces produits.
Notre parti croit qu'il serait plus raisonnable d'avoir recours
à l'arbitrage des offres finales. Cela permettrait aux parties
de négocier pendant un certain temps avant l'expiration de la
convention collective. Dans le cas d'une convention collective
d'une durée de trois ans, par exemple, les négociations
débuteraient un an avant l'échéance, afin de voir s'il est
possible de parvenir à une entente.
Si c'est impossible, une grève ou un lock-out et le retrait des
services ont pour effet de fermer le terminal et, dans certains
cas, le port.
Étant moi-même producteur de grain dans la région de Peace River,
je connais les effets dévastateurs qui peuvent résulter d'une
situation où 20 navires attendent dans le port d'English Bay, à
Vancouver. Des frais de surestarie de 60 000 $ par navire
doivent être payés chaque jour. La facture est énorme, des
millions de dollars. L'an dernier, les producteurs de grain ont
dû payer environ 60 millions de dollars pour les navires qui
étaient en attente dans le port, à cause d'une situation de
grève-lock-out dans les terminaux de Vancouver.
Nous devons remédier à cette situation. Le Canada doit refaire
sa réputation, sinon il se fera doubler par d'autres. Les
clients iront acheter leurs produits aux États-Unis. Je propose
d'avoir recours à l'arbitrage des offres finales pour résoudre
le problème.
Voyons brièvement en quoi consiste l'arbitrage des offres
finales. Lorsqu'ils entament une négociation, le syndicat et
l'employeur ont souvent des positions éloignées l'une de
l'autre. Le syndicat qui désire obtenir une hausse salariale de
5 p. 100 demandera 7 ou 8 p. 100 d'augmentation, sachant que la
négociation l'amènera à réduire ses demandes et à accepter une
hausse de 5 p. 100. D'autre part, la partie patronale commence
par offrir 3 p. 100 d'augmentation, tout en sachant qu'elle
finira par accepter une hausse de 5 p. 100. La négociation peut
se poursuivre pendant des mois avant que les parties n'arrivent
à un règlement. Souvent, cette situation fait perdre du temps à
l'unité de négociation, et conduit parfois au retrait des
travailleurs ou à un lock-out. Cela a des effets dévastateurs
pour l'économie canadienne.
L'arbitrage des offres finales constitue une solution
acceptable. Si, un mois avant la date d'échéance de la
convention collective, la négociation n'a toujours pas permis de
parvenir à une entente, chaque partie devrait présenter une
offre finale raisonnable.
Je suggère que les offres soient raisonnables. Les offres ne
doivent pas nécessairement être raisonnables, mais un tiers
indépendant les examinera et choisira la plus raisonnable des
deux. Il serait dans l'intérêt de chacune des parties de
présenter une offre finale raisonnable. L'arbitre choisirait
l'offre qui lui paraît la plus raisonnable. De leur côté, les
parties devraient accepter sa décision.
Au cas où cela ne se passerait pas ainsi, si une partie
présentait une offre finale très déraisonnable, nous savons ce
qui arriverait. Les deux parties tiendraient à présenter des
offres raisonnables dès le départ. Cela éliminerait beaucoup des
problèmes que nous vivons dans le secteur des relations de
travail. Le Canada améliorerait sa réputation de fournisseur sur
lequel on peut compter.
Si nous laissons passer la possibilité que nous avons
maintenant, il faudra un jour en payer le prix en termes de
pertes d'emplois.
Les exportations comptent pour environ un tiers du PIB du
Canada. Cela signifie que 40 p. 100 des emplois sur lesquels
comptent les familles et les collectivités canadiennes dépendent
des exportations. Nous savons qu'une partie de nos exportations
est expédiée par les États-Unis, mais une partie est expédiée par
les ports canadiens.
Nous avons aujourd'hui une occasion unique. J'espère que le
gouvernement examinera sérieusement ces propositions
d'amendement raisonnables et les adoptera.
M. Reed Elley (Nanaïmo—Cowichan, Réf.): Monsieur le Président, je
suis heureux de prendre la parole aujourd'hui sur le projet de
loi C-19 et les amendements qui ont été proposés.
Un bon nombre d'entre nous se souviendront du poète canadien
bien connu Robert Service qui parlait des choses étranges qui se
passaient sous le soleil de minuit au Yukon. Je dois dire que
j'ai constaté aujourd'hui qu'il se passait également des choses
plutôt étranges ici même à la Chambre sous le soleil de midi.
J'ai entendu des choses étranges et j'ai vu des choses étranges.
1525
Tout d'abord, le gouvernement impose l'attribution de temps à un
autre projet de loi dont la Chambre est saisie. Quand il était
dans l'opposition, le gouvernement était toujours prêt à
critiquer les conservateurs pour des choses de ce genre et le
voilà qui continue de le faire. Cela me préoccupe au plus haut
point. On restreint ainsi la liberté de parole et le processus
démocratique à la Chambre.
Tous les Canadiens devraient s'inquiéter de la façon dont le
gouvernement se sert de l'attribution de temps pour nier la
démocratie à la Chambre. Le Parlement appartient à tous les
Canadiens. Nous sommes ici pour les représenter. Si nous ne
pouvons présenter les préoccupations de tous les Canadiens dans
cette enceinte—je le demande aux députés—où les Canadiens
auront-ils cette chance si ce n'est ici à la Chambre et par
l'intermédiaire des députés qu'ils ont élus?
Cela me préoccupe au plus haut point.
Je suis également très inquiet quand j'entends les députés
néo-démocrates critiquer faussement le Parti réformiste, proférer
des faussetés sur notre compte, affirmer que nous sommes contre
des salaires raisonnables. Quelle sottise! Cela n'a absolument
aucun sens. Le Nouveau Parti démocratique n'a rien à apprendre
au Parti réformiste au chapitre des politiques économiques ou
des justes pratiques de travail.
Le député devrait peut-être se rendre dans ma province, en
Colombie-Britannique, pour constater ce que le gouvernement du
NPD a fait à l'économie de cette province, pour voir les lois
qu'il a tenté d'imposer aux commerces de cette province qui
doivent composer avec des codes du travail injustes et pour voir
le genre de révolte publique que cela a entraîné et qui a forcé
le gouvernement à retirer cette mesure législative.
Nous venons de vivre une grève dévastatrice dans ma
circonscription, Nanaïmo—Cowichan, à l'usine Fletcher Challenge.
Nous disons fréquemment, en tant que réformistes, que nous
représentons ceux qui ne sont pas en mesure de se faire
entendre, et cette grève en est un autre exemple. Voilà une
papeterie qui compte pour 53 p. 100 des recettes fiscales de la
municipalité dans laquelle elle se trouve. Lorsque les
travailleurs se mettent en grève, et que le syndicat et la
gestion ne peuvent s'entendre, il y a beaucoup de tierces
parties qui en souffrent, en plus des syndiqués, des
gestionnaires et des propriétaires de l'usine.
Tous les commerces en souffrent si la grève se poursuit. Les
petites entreprises doivent licencier du personnel, car il n'y a
plus personne pour acheter leurs produits. Les concessionnaires
d'automobiles ont vu leurs ventes tomber en chute libre en
janvier, février et mars à cause de la grève.
Les néo-démocrates, qui ne défendent que les gros syndicats,
passent à côté d'un point important dans ce dossier.
Quelqu'un doit défendre les gens ordinaires qui ont l'impression
de ne pas avoir leur mot à dire dans ces différends entre
syndicats et employeurs qui paralysent d'autres industries et
d'autres entreprises lorsqu'ils se prolongent. Il faut faire
quelque chose à ce sujet.
En ce qui concerne les motions no 18 et no 20, nous nous
inquiétons du fait qu'il n'y ait dans le projet de loi aucune
disposition qui protège l'économie nationale.
Nous nous inquiétons des motions no 25 et no 29 qui
interdiraient le recours à des travailleurs de remplacement si
le CCRI détermine que leur présence porte atteinte au syndicat.
C'est une légère modification par rapport au projet de loi C-66,
celui qui précédait celui-ci, mais cette disposition laisse
encore trop de contrôle entre les mains du CCRI qui pourrait
considérer l'embauche de travailleurs de remplacement comme une
mesure visant à miner le syndicat.
1530
Cette disposition pourrait fort bien empêcher le recours au
personnel de gestion pour exploiter l'entreprise. Elle restreint
et bafoue les droits de l'employeur. À un moment donné, dans ce
débat national sur la restructuration des relations de travail,
les employeurs doivent pouvoir faire valoir leur point de vue
aux Communes. Les employeurs qui nous ont communiqué leur point
de vue disent que c'est injuste et que des amendements
s'imposent.
Cette mesure pourrait fort bien fausser en faveur des syndicats
l'équilibre des relations patronales-syndicales.
Le 5 novembre 1996, le Globe and Mail citait les propos suivants
de Nancy Riche, vice-présidente à la direction du CTC: «J'irais
jusqu'à dire que quiconque fait le travail d'un syndiqué mine la
capacité de représentation du syndicat.» Puis, elle a ajouté:
«Aucun des bureaucrates ne sera d'accord avec moi, mais nous
allons devoir attendre. Le nouveau conseil se prononcera.»
Le Parti réformiste se préoccupe vraiment de ce problème, et
c'est pourquoi nous avons proposé cet amendement.
J'espère que tous les députés ne vont pas rejeter d'emblée les
amendements réformistes à ce propos, car nous devrions tenir
compte de tous les intéressés. Notre pays ne se résume pas à des
grosses entreprises, à des gros gouvernements et à des gros
syndicats.
Il y a des petites gens qui travaillent fort et doivent se faire
entendre, et il semble que le seul parti qui ait été disposé à
se porter à leur défense aujourd'hui soit le Parti réformiste,
comme il a l'a fait dans le dossier de l'hépatite C.
Mme Diane Ablonczy (Calgary—Nose Hill, Réf.): Monsieur le
Président, nous sommes saisis aujourd'hui des motions tendant à
amender le projet de loi C-19. Ce projet de loi renferme des
changements au Code canadien du travail et les partis
d'opposition ont proposé un certain nombre d'amendements, plus
précisément huit groupes de motions visant à amender le projet
de loi, chaque groupe contenant quelques motions.
Nous en sommes à débatte le groupe de motions no 6. Ce groupe
renferme quatre motions. Les deux premières ajoutent
essentiellement de nouveaux motifs pouvant être invoqués pour
maintenir certains services au cours d'une grève. Le projet de
loi précise déjà que certains services doivent être maintenus au
cours d'une grève dans la mesure nécessaire pour prévenir des
risques pour la sécurité ou la santé du public. Les amendements
que nous proposons prévoient le maintien de certains services
dans le but de protéger l'économie nationale.
J'ai écouté très attentivement le député néo-démocrate qui a fait
des observations sur cette série d'amendements.
Ce qui m'a surtout frappée, c'est que le député n'a pas vraiment
abordé l'essentiel des amendementa proposéa ou fait valoir que,
comme l'économie nationale ne serait pas, à court terme,
touchée, ces amendements étaient inutiles. Il n'a rien fait de
cela.
Il a plutôt tenté, au cours de son intervention, de nous
attribuer des motifs. Il a parlé de toute l'amertume que les
réformistes nourrissent à l'égard des travailleurs, dont un
grand nombre ont appuyé le Parti réformiste. Je ne vois donc pas
très bien pourquoi nous devrions désapprouver cela.
1535
On nous étiquette, on nous attribue des motifs, on nous prête
des intentions. Je puis assurer aux Canadiens qui suivent le
débat, que les seules intentions de l'opposition officielle
quand elle a proposé des amendements à ce projet de loi étaient
simplement de protéger les travailleurs canadiens et le bien-être
de tous les Canadiens, par l'intermédiaire de notre législation
du travail et dans la façon dont les syndicats et les employeurs
agissent dans ce pays. Nous dépendons de la qualité des
résultats de l'activité économique. C'est ça notre motif et
c'est ce que nous voulons faire d'une façon équilibrée, sensée
et réfléchie.
J'exhorte les députés du Nouveau Parti démocratique et des
autres partis à s'en tenir aux questions pratiques qui sont
posées et à ne pas soupçonner l'existence d'un complot ou autres
intentions sinistres dans ce débat, car il n'y en a pas.
Nous n'avons rien à redire au fait que les services devraient
être maintenus dans les secteurs réglementés par le gouvernement
fédéral si la santé et la sécurité du public risquent d'être
mises en danger par l'interruption de ces derniers. Tout le
monde est d'accord là-dessus. Toutefois, nous prétendons que les
risques pour l'économie nationale devraient également entrer en
ligne de compte. La santé et la sécurité sont des préoccupations
immédiates et il pourrait y être porté atteinte par
l'interruption des services. Menacer l'économie nationale et y
porter atteinte peut être tout aussi préjudiciable. Cela peut
contribuer tout autant à aggraver la pauvreté des familles
canadiennes que d'interrompre les services dans les domaines où
la santé et la sécurité seraient immédiatement touchées.
Il faut avoir une optique plus large et à plus long terme quand
on donne carte blanche en matière de grèves et de lock-outs,
lesquels ont des répercussions sur le gagne-pain des gens, sur
leur entreprise, sur leur revenu, sur leur capacité de payer
leur loyer ou leur emprunt hypothécaire, et sur leur capacité de
mettre du pain sur la table pour leurs enfants. Nous devons
prendre toutes ces choses en considération. Nous ne pouvons pas
nous contenter de ne tenir compte que des dangers immédiats. Il
faut que nous tenions compte des conséquences qui, à plus long
terme, peuvent être tout aussi catastrophiques.
C'est l'objet de ce amendement.
Les familles sont mises à contribution, spécialement les
travailleurs canadiens. Un grand nombre d'entre eux arrivent
déjà tout juste à joindre les deux bouts à cause de la politique
fiscale du gouvernement et du coût de la vie au Canada. Ils
dépendent de la viabilité de l'économie locale et une grève peut
avoir un effet néfaste sur leur bien-être à court et à long
termes.
Cette motion est conçue pour protéger l'économie nationale et,
par conséquent, pour aider les Canadiens ordinaires à payer
leurs factures, à satisfaire leur besoin de gagner leur vie et
de faire tourner leur commerce dans la ville où ils vivent. Il
faut que nous prenions tout cela en considération. Nous devons
protéger les citoyens de ce pays.
Si les services sont interrompus dans tout le pays, dans un
secteur sous réglementation fédérale, en raison d'une grève ou
d'un lock-out, le conseil des relations industrielles doit
pouvoir en déterminer les conséquences sur l'économie nationale
et, partant, sur les familles et les travailleurs du Canada, sur
ceux qui sont tributaires de l'activité économique pour subvenir
à leurs besoins.
Il s'agit là d'un amendement très raisonnable qui tient compte
de l'ensemble de la situation. Il vise à protéger les gens
contre quelques-unes des conséquences soi-disant involontaires de
conflits de travail ou d'arrêts de travail. Nous devons étudier
la question de façon très équilibrée et très logique pour
déterminer si cette mesure s'impose. Au lieu d'être bornés et de
tirer sur le messager, nous devrions examiner le message et son
bien-fondé.
1540
J'exhorte tous les députés à songer à faire pour le mieux dans
l'intérêt des Canadiens. C'est la raison pour laquelle nous
sommes ici, pour laquelle nous sommes grassement rémunérés, pour
laquelle les débats sont télévisés. Nous devons nous concentrer
sur ce qu'il y a de mieux à faire et examiner les propositions
en fonction de leur validité. À mon avis, cette proposition est
très valable.
Comme certains de mes collègues l'ont dit, nous insistons
également, bien sûr, pour que d'autres produits, à part les
céréales, soient protégés contre des interruptions dans les
exportations. Certains agriculteurs s'intéressent à des produits
différents. Nous savons que certains syndicats du blé appuient
ce projet de loi parce que les céréales sont protégées. Là
encore, nous devons examiner la situation dans une perspective
plus vaste.
On s'inquiète vivement des conséquences involontaires qui
découleraient du fait que seules les céréales sont protégées
contre des interruptions dans l'expédition des produits.
Un certain nombre de gens qui travaillent dans le secteur disent
que les conflits de travail se prolongeront et seront plus
nombreux si seules les céréales peuvent être expédiées, car, en
un sens, ce produit servira à subventionner les activités de
grève qui empêchent d'expédier d'autres produits. Un certain
revenu proviendrait de ce seul secteur, mais les autres secteurs
seraient toujours perturbés et on serait moins incité à régler
ces différends, car ils ne seraient pas aussi préjudiciables aux
participants.
Nos amendements visent à regarder l'ensemble de la situation, à
examiner d'autres produits qu'il faut expédier, comme le
charbon, le bois d'oeuvre, les produits chimiques, la potasse et
d'autres produits semblables. Je demande aux députés de la
Chambre d'examiner ces propositions en fonction de leur
bien-fondé. Je crois qu'elles bénéficieront alors d'un appui sans
réserve.
M. Bob Mills (Red Deer, Réf.): Monsieur le Président, je
considère vraiment comme un privilège de pouvoir intervenir sur
le groupe de motions no 6.
Nous avons eu l'occasion de discuter du projet de loi C-19
plusieurs fois à la Chambre. Tout d'abord, je trouve que le
gouvernement agit de façon méprisable quand il applique la
clôture sur un projet de loi comme celui-ci. Ce projet de loi
touche tous les agriculteurs de l'Ouest du Canada et, en fait,
tous ceux qui s'intéressent au transport des produits au Canada.
Le gouvernement devrait laisser tous les députés participer
ouvertement au débat et discuter de la question, puisqu'elle
concerne tous les Canadiens.
L'attitude que persiste à adopter le gouvernement est
méprisable, honteuse et antidémocratique. Ce gouvernement a
appliqué la clôture plus souvent que n'importe quel autre dans
l'histoire du Canada. Les Canadiens en sont témoins et ils
demanderont des comptes un jour.
Cet amendement et ce projet de loi visent avant tout la
protection de l'économie canadienne. L'économie canadienne doit
venir au premier plan. Nous parlons des emplois et du niveau de
vie auquel nous sommes habitués et que nous sommes en train de
perdre.
J'ai pu me rendre dans de nombreuses régions au Canada et j'ai
commencé à comprendre ce qui arrive aux Canadiens.
Je ne peux m'empêcher de repenser au chauffeur de taxi qui, tout
en me conduisant à l'aéroport vendredi, me disait que les
Sénateurs d'Ottawa n'allaient pas subir une autre défaite, parce
qu'ils étaient meilleurs que les Capitals et qu'ils allaient les
écraser sans effort. C'est un peu ce que dit parfois le premier
ministre à propos du Canada. Les Nations Unies nous placent au
premier rang, de sorte que nous n'avons pas d'effort à faire.
C'est une erreur. Il faut toujours faire des efforts. La
concurrence se resserre dans le monde et le Canada doit en
prendre conscience.
Je suis allé en Chine dernièrement et j'ai vu les changements
qui s'y sont produits. Au cours de rencontres avec des
expéditeurs et des gens d'affaires, nous leur avons demandé ce
qu'on disait du Canada là-bas. Ils nous ont répondu qu'ils
faisaient moins affaire avec le Canada que par le passé.
Ils ont l'impression que les occasions ne sont pas les mêmes,
qu'on n'a pas recours à des méthodes aussi agressives pour leur
vendre quoi que ce soit, et surtout du blé.
1545
Je me suis entretenu avec un brasseur qui est chargé d'acheter
de l'orge de brasserie pour le compte de 150 brasseries. Il ne
s'approvisionne plus au Canada. Il ne s'adresse plus à la
Commission canadienne du blé parce qu'il n'est pas sûr que la
marchandise lui sera livrée à temps. Il a indiqué que la
garantie de livraison semblait très problématique.
Je me suis entretenu avec un armateur japonais qui a signalé un
problème. Il engage ses navires pour une durée de deux ans et
alloue tant de jours à la navigation, tant de jours au
chargement et tant de jours au retour au port.
Il dit qu'il ne peut pas venir au Canada parce que ses navires
pourraient se retrouver en attente de chargement pendant 30, 40
ou 50 jours par suite d'une interruption de transport ou d'une
grève qui sont si fréquentes.
C'est nous, les Canadiens, qui en subissons les conséquences. On
peut parler des grèves et de l'économie nationale. Mais, à
l'aube du XXIe siècle, il nous faut nous demander ce qui se
passe quand une grève est déclenchée. Nous savons très bien que
les dirigeants syndicaux continuent de toucher le même salaire.
Nous savons que les syndiqués en grève ne touchent pas le même
salaire et que, si la grève s'éternise, ils ne rentreront jamais
dans leur argent.
Nous savons fort bien que l'économie du pays en souffre. Nous
savons pertinemment que bien des gens, dont les agriculteurs, en
souffrent. Considérons un instant le cas de l'agriculteur. Il a
bien des décisions à prendre.
Il doit décider quoi semer et quand le semer, quelle semence et
quel engrais employer, puis espérer que le temps lui sera
favorable. Il ne devrait pas avoir à dépendre des syndicats pour
expédier son produit au marché et, au bout du compte, pour être
payé.
La réputation de ces gens-là et de tout le Canada souffre parce
que nous n'avons pas des pratiques de travail modernes qui nous
permettraient d'être concurrentiels.
La question doit être posée. Il doit y avoir une meilleure
solution que des grèves. Il doit y avoir une meilleure solution
que le projet de loi C-19 qui est de facture tellement libérale.
Il fait un peu ici et un peu là, mais il revient à pas grand-
chose. Personne ne sait vraiment ce qu'il veut dire et il
n'améliore certes pas l'économie du Canada, le bien-être des
Canadiens ni notre réputation internationale.
Au lieu de nous asseoir sur nos lauriers, nous ferions bien
d'examiner divers moyens de régler cela.
Les motions qui ont été proposées nous y aideraient.
Je vais parler plus précisément des motions réformistes nos 18
et 20. Il faut qu'on s'inquiète des perturbations possibles dans
l'économie nationale. Cela devient la question no un lorsqu'on
décide ce qui va arriver. Il est question aussi de protéger non
seulement notre économie, mais aussi des tierces parties.
En ce qui concerne les motions nos 22 et 23, l'important, comme
l'a signalé l'intervenant précédent, c'est que tous les produits
soient inclus. Il ne suffit pas d'inclure le grain. Il faudrait
inclure tellement d'autres choses que nous expédions par nos
ports. On cultive toutes sortes de choses dans les Prairies.
Dans tout le Canada, des produits doivent être transportés et
expédiés.
Il faut trouver de meilleurs moyens de faire les choses et les
examiner. Il est injuste dire qu'il y a ici des députés qui sont
contre les syndicats.
Tel n'est pas le message.
Ce qu'il faut retenir, c'est que nous devons trouver des façons
de résoudre les conflits de travail qui ne se limitent pas
strictement au déclenchement de grèves. J'espère que le jour
viendra où les grèves seront choses du passé.
1550
Il faut aussi insister sur le fait que nous devons faire ce qui
est bon pour notre pays et pour l'économie. Nous avons une
réputation internationale dont nous devons nous soucier. Je
crains que le gouvernement ne soit pas à l'écoute. J'imagine que
les députés du parti ministériel feront valoir qu'en raison de
la forte assistance, ils sont à l'écoute et qu'ils sont là pour
comprendre la teneur exacte du message.
Parfois, il est un peu difficile de distinguer ses députés dans
toute cette confusion, mais je suis certain que ceux d'en face
ont écouté très attentivement le message que notre député, celui
de Wetaskiwin, a livré au cours du débat sur le projet de loi
C-19.
Le projet de loi est trop modeste et il arrive trop tard. Le
gouvernement n'écoute pas la population. Le projet de loi est
désuet, il s'apparente aux années 70, période à laquelle la
plupart des députés du parti ministériel sont restés accrochés.
Il ne propose aucune vision d'avenir pour le XXIe siècle. Il
n'aidera certainement pas l'économie ni la population du Canada.
Le président suppléant (M. McClelland): La Chambre est-elle prête
à se prononcer?
Des voix: Le vote.
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote porte sur la
motion no 18 du groupe no 6. Plaît-il à la Chambre d'adopter la
motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
contre veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les non
l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 18 est différé. Il s'appliquera aussi à
la motion no 20.
Le prochain vote porte sur la motion no 22. Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
contre veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les oui
l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 22 est différé et s'appliquera aussi à la
motion no 23.
Avant que nous passions au groupe no 7, j'informe les députés et
les personnes présentes à notre tribune que, dans environ dix
minutes, nous nous rendrons au Sénat pour une sanction royale.
[Français]
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ) propose:
Motion no 19
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
adjonction, après la ligne 38, page 28, de ce qui suit:
«(1.1) Au cours d'une grève ou d'un lock-out non interdits par
la présente partie, il est interdit à tout employeur ou quiconque
agit pour le compte de l'employeur d'utiliser les services de
toute personne qui n'était pas un employé de l'unité de
négociation à la date de remise de l'avis de négociation
collective pour exécuter la totalité ou une partie des tâches
d'un employé de l'unité de négociation visée par la grève ou le
lock-out si les employés de l'unité de négociation maintiennent
conformément au paragraphe (1) les activités visées à ce
paragraphe.»
[Traduction]
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.) propose:
Motion no 25
Que le projet de loi C-19, à l'article 42, soit modifié par
suppression des lignes 22 à 33, page 33.
1555
[Français]
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ) propose:
Motion no 26
Que le projet de loi C-19, à l'article 42, soit modifié par
substitution, aux lignes 22 à 33, page 33, de ce qui suit:
«(2.1) Il est interdit à tout employeur ou quiconque agit pour
son compte, d'utiliser les services de toute personne qui n'était
pas un employé de l'unité de négociation à la date de remise de
l'avis de négociation collective et qui a été par la suite
engagée ou désignée pour exécuter la totalité ou une partie des
tâches d'un employé de l'unité de négociation visée par une grève
ou un lock-out.»
M. Jean Dubé (Madawaska—Restigouche, PC) propose:
Motion no 27
Que le projet de loi C-19, à l'article 42, soit modifié par
adjonction, après la ligne 33, page 33, de ce qui suit:
«(2.2) Il demeure entendu que l'employeur n'est pas réputé avoir
miné la capacité de représentation d'un syndicat du seul fait
qu'il a utilisé les services d'une personne visée au paragraphe
(2.1).»
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.) propose:
Motion no 29
Que le projet de loi C-19, à l'article 45, soit modifié par
suppression des lignes 11 à 21, page 36.
* * *
[Traduction]
LES TRAVAUX DE LA CHAMBRE
M. Peter Adams (secrétaire parlementaire du leader du
gouvernement à la Chambre des communes, Lib.): Monsieur le
Président, nous avons eu des consultations entre les partis, et
vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour adopter la
motion suivante:
Que, nonobstant
tout article du Règlement ou ordre spécial, tout vote par appel
nominal demandé sur la motion M-75 ou le projet de loi C-247,
dans le cadre des Affaires émanant des députés, soit différé
jusqu'au lundi 25 mai 1998, à la fin de la période prévue pour
les Ordres émanant du gouvernement.
Le président suppléant (M. McClelland): La Chambre a entendu le
libellé de la motion.
Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
(La motion est adoptée.)
* * *
LE CODE CANADIEN DU TRAVAIL
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont le comité a fait rapport avec des
propositions d'amendement, ainsi que des motions nos 19, 25,
26, 27 et 29.
Le président suppléant (M. McClelland): À l'ordre. Je désire
informer la Chambre qu'il y a une erreur dans le Feuilleton
d'aujourd'hui à propos des modalités du vote sur la motion no
27, du groupe no 7.
Le vote sur la motion no 25 s'applique à la motion no 29. Un
vote positif sur la motion no 25 parera à la nécessité de mettre
la motion no 27 aux voix. Par contre, un vote négatif sur la
motion no 25 exigera de mettre aux voix la motion no 27. Les
motions nos 19 et 26 feront l'objet d'un vote distinct.
Les députés peuvent consulter les modalités révisées des votes
et les tableaux de l'étape du rapport au bureau de la Chambre.
Je regrette tout inconvénient que cela aurait pu causer aux
députés.
[Français]
M. Yves Rocheleau: Monsieur le Président, d'entrée de
jeu, je désire vous remercier d'avoir accepté de lire entièrement
la motion no 26. La raison pour laquelle on vous a demandé de le
faire, c'est une question de principe et de symbole. Vu
l'importance de cette motion, on tient à ce qu'elle soit bel et
bien consignée dans les Débats de la Chambre des communes.
Je suis aussi très fier de voir que celui qui appuie la motion
est le député d'Hochelaga—Maisonneuve, celui qui a, l'année
dernière, vaillamment et avec brio, piloté le dossier du Code
canadien du travail et qui a fait le travail que je fais cette
année. Compte tenu de la conjoncture, l'an dernier, je tiens à
le remercier et à l'en féliciter publiquement d'ailleurs.
On en est au groupe de motions no 7, ce qui représente, de façon
substantielle, notre opposition à ce projet de loi et à l'article
comme tel qui porte sur les travailleurs de remplacement. C'est
d'une telle importance, qu'on ne peut, en toute conscience,
appuyer ce projet de loi, compte tenu du libellé de l'article 42.
Pour la bonne compréhension de nos auditeurs et auditrices, je
pense qu'il vaut la peine de lire intégralement ce qu'il en est
de la position gouvernementale, appuyée par le NPD, ainsi que par
le Parti progressiste-conservateur, je crois, alors que, pour des
raisons diamétralement opposées, le Parti réformiste et le Bloc
québécois s'opposent à l'article 42.
1600
Je vous lis cet article 42 intégralement:
Il est interdit à tout employeur ou quiconque agit pour son
compte d'utiliser, dans le but établi de miner la capacité de
représentation d'un syndicat plutôt que pour atteindre des
objectifs légitimes de négociation, les services de toute
personne qui n'était pas un employé de l'unité de négociation à
la table de remise de l'avis de négociation collective et qui a
été par la suite engagée ou désignée pour exécuter la totalité ou
une partie des tâches d'un employé de l'unité de négociation
visée par une grève ou un lock-out.
Vous aurez remarqué, comme le soulignait mon collègue
d'Hochelaga—Maisonneuve l'an passé, le caractère alambiqué de la
formule, où personne ne se retrouve vraiment. Ce n'est que du
charabia, c'est le bordel, pour parler en bon québécois, que
d'interpréter ce que cela signifie quand on opère dans le but
établi de miner la capacité de représentation d'un syndicat
plutôt que pour atteindre les objectifs légitimes de la
négociation. C'est noyer le poisson, et c'est une des raisons
accessoires, en plus d'être en désaccord sur le fond, pour
lesquelles nous sommes en désaccord quant à la formulation de la
problématique.
Je ne pense pas qu'au Canada—si on le compare au Québec, c'est
évident—on se donne les instruments pour aller de l'avant. Je
pense que tout le monde se met dans un bel équilibre, c'est le
cas de le dire, parce que toute l'opération provenant du rapport
Sims veut atteindre l'équilibre. Je pense qu'on se donne un
appareil qui va, en équilibre, mettre tout le monde dans le
pétrin.
C'est une des raisons pour lesquelles, accessoire et fondamentale
en même temps, nous sommes contre cet article du projet de loi
et, conséquemment, contre tout le projet de loi.
Il est assez intéressant de noter, comme je le mentionnais
tantôt, que le Parti libéral, le parti gouvernemental, est en
faveur. On comprend que le NPD endosse ce projet de loi, compte
tenu de ses relations intimes avec le mouvement syndical. Le
Parti conservateur est en accord, mais le Bloc est en désaccord,
ainsi que le Parti réformiste, pour des raisons diamétralement
opposées.
Cela me fait penser au Lac Meech, et cela fait partie de la
problématique canadienne-québécoise. Le Bloc québécois est
contre parce que le projet de loi ne donne pas assez aux
travailleurs et le Parti réformiste est contre parce qu'il leur
en donne trop. Il est tellement contre qu'il veut supprimer
entièrement toute modalité qui empêche l'embauche de scabs,
l'embauche de travailleurs de remplacement.
Le Parti réformiste ne présente aucune nuance et va même dans le
détail, où il est prévu que le conseil aurait des pouvoirs pour
décréter pratique déloyale l'embauche de scabs quand ce sera fait
de façon évidente, alors qu'ici, dans l'équilibre, on veut faire
semblant qu'on peut embaucher des scabs pour miner la capacité de
représentation d'un syndicat.
Le Parti réformiste va très loin. Quand il y aurait évidence
qu'on embauche des scabs pour miner la capacité de
représentation, il veut enlever au conseil le droit de décrire
l'embauche des travailleurs de remplacement comme une pratique
déloyale. C'est complet.
Il en est de même, d'ailleurs, mais de façon plus subtile de la
part du Parti conservateur. Cela vaut la peine qu'on les
mentionne. Le gouvernement a évolué dans sa sagesse et dans sa
réflexion depuis un an. Il a ajouté un mot très important. Alors
que l'an passé on pouvait lire: «Il est interdit à tout
employeur ou quiconque agit pour son compte d'utiliser, dans le
but de miner la capacité de représentation d'un syndicat [...]»,
aujourd'hui, version 1998, on lit: «[...] dans le but établi de
miner la capacité de représentation [...]».
SANCTION ROYALE
1605
[Français]
L'huissier du bâton noir apporte le message suivant:
Monsieur le Président, c'est le désir de l'honorable suppléant de
Son Excellence le Gouverneur général que cette honorable Chambre
se rende immédiatement auprès de lui dans la salle de l'honorable
Sénat.
En conséquence, le Président et les députés des Communes se
rendent au Sénat.
1610
[Traduction]
Et de retour:
Le président suppléant (M. McClelland): J'ai l'honneur de faire
savoir à la Chambre que, lorsqu'elle s'est rendue au Sénat, il a
plu au suppléant du Gouverneur général de donner, au nom de Sa
Majesté, la sanction royale aux projets de loi suivants:
Projet de loi
S-4, Loi modifiant la Loi sur la marine marchande du Canada
(responsabilité en matière maritime)—Chapitre no 6.
Projet de loi S-5, Loi modifiant la Loi sur la preuve au Canada,
le Code criminel et la Loi canadienne sur les droits de la
personne relativement aux personnes handicapées et, en ce qui
concerne la Loi canadienne sur les droits de la personne, à
d'autres matières, et modifiant d'autres lois en
conséquence—Chapitre no 9.
Projet de loi C-8, Loi concernant l'accord entre le gouvernement
du Canada et le gouvernement du Yukon sur la gestion et la
maîtrise des ressources pétrolières et gazières et sur la
compétence législative à cet égard—Chapitre no 5.
Projet de
loi C-18, Loi modifiant la Loi sur les douanes et le Code
criminel—Chapitre no 7.
Projet de loi C-17, Loi modifiant la Loi
sur les télécommunications et la Loi sur la réorganisation et
l'aliénation de Téléglobe Canada—Chapitre no 8.
1615
[Français]
Il est de mon devoir, conformément à l'article 38 du Règlement,
de faire connaître à la Chambre les questions qu'elle abordera au
moment de l'ajournement, ce soir, à savoir: l'honorable député
d'Acadie—Bathurst, L'assurance-emploi; l'honorable députée de
Vancouver-Est, L'Accord multilatéral sur l'investissement;
l'honorable député de Prince George—Peace River, Le secours aux
sinistrés.
INITIATIVES MINISTÉRIELLES
[Français]
LE CODE CANADIEN DU TRAVAIL
La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-19, Loi modifiant
le Code canadien du travail (partie I), la Loi sur les
déclarations des personnes morales et des syndicats et d'autres
lois en conséquence, dont le comité a fait rapport avec des
propositions d'amendement; ainsi que du groupe de motions no 7.
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ): Monsieur le
Président, j'en étais à dénoncer le fait que le gouvernement a
modifié sa position assez subtilement, sans trop s'en vanter,
d'une année à l'autre. La version 1997 se lisait comme suit,
quant aux travailleurs de remplacement: «[...] dans le but de
miner la capacité de représentation d'un syndicat.»
En 1998, cédant aux pressions du patronat, il ne faut pas se le
cacher, on a ajouté le mot «établi». Cela se lit donc maintenant
ainsi: «[...] établi dans le but de miner la capacité de
représentation d'un syndicat». Cela a pour effet de compliquer
énormément la tâche du syndicat, en termes de fardeau de la
preuve, pour démontrer à la cour qu'il y a eu embauche de
travailleurs de remplacement «dans le but de miner la capacité de
représentation».
Il va falloir que le syndicat démontre que c'est dans le but
«établi de miner». Non seulement on embauche, non seulement on
travaille à la place de, mais il va falloir démontrer que c'est
«dans le but établi», précis, effectif, «de miner la capacité de
représentation du syndicat».
Cela alourdit d'autant plus le fardeau de la preuve pour la
partie syndicale, ce qui devrait avoir des effets assez néfastes
quant au moral des troupes pour s'embarquer dans ce genre de
choses.
Encore plus pernicieuse est l'approche du Parti conservateur. Je
ne sais pas si c'est son ancien chef, M. Charest, l'ex-député de
Sherbrooke, qui a inspiré cette motion, mais si c'est le cas, les
travailleurs du Québec n'ont qu'à bien se tenir si jamais le
diable voulait que M. Charest devienne un jour premier ministre
du Québec.
Dans la motion no 27 présentée par le Parti
progressiste-conservateur, on lit ce qui suit:
(2.2) Il demeure entendu que l'employeur n'est pas réputé avoir
miné la capacité de représentation d'un syndicat du seul fait
qu'il a utilisé les services d'une personne visée au paragraphe
(2.1).
Les libéraux disent qu'il faut que ce soit «dans le but établi»;
les conservateurs, eux, disent que ce n'est pas parce qu'on a
embauché des scabs qu'on voulait en embaucher autant pour nuire
aux travailleurs.
On se conte des histoires sur le dos des travailleurs. On se
moque des travailleurs. On se moque de leur droit de faire la
grève, on se moque de leurs revendications et on tente de miner,
tant du côté des conservateurs que des réformistes, l'existence
même des syndicats. C'est la plus grave des réalités. C'est
pourquoi, notamment en ce qui me concerne, je ne peux appuyer
l'article du projet de loi tel que libellé actuellement. Quand
il est utilisé, comme on le voit, par le Parti conservateur qui
en met un peu plus, quand il est utilisé par le gouvernement qui,
avec un mot complique dangereusement la manoeuvre du syndicat
pour mieux se défendre, on voit combien les droits des
travailleurs sont en danger.
Quant au Parti réformiste, lui, il n'y va pas avec le dos de la
cuiller. Dans la pratique des choses, le droit de grève est
complètement miné. Ce n'est pas la capacité de représentation
qui est en cause avec les réformistes, c'est tout simplement le
droit de grève. Vous avez beau être des travailleurs syndiqués
qui décident démocratiquement de faire la grève, n'importe quel
employeur pourra impunément, légalement, embaucher des gens pour
poursuivre sa production et personne n'aura rien à redire en la
matière. Avec le régime des réformistes, tout aura été prévu
légalement.
En aucune façon, on ne prétend ici et on ne veut rien prétendre
dans ce sens, qu'il s'agit là d'une pratique déloyale. Même si
le droit de grève existe, même si la grève est légale, avec les
réformistes, on pourra embaucher des travailleurs de remplacement
impunément.
1620
Cela nous apparaît inacceptable, surtout à nous du Québec qui
avons vécu autre chose, et nous en reparlerons plus tard en
troisième lecture. Nous vivons, depuis 21 ans maintenant, dans
une société où le droit de grève est respecté et où l'embauche de
travailleurs de remplacement, de scabs, est une pratique déloyale
interdite. Le résultat, c'est qu'il y a moins de grèves, qu'elles
durent moins longtemps et, surtout, qu'il n'y a pas de violence.
Il n'est pas nécessaire d'aller loin, il s'agit d'aller à
Québec. Récemment, au port de Québec, sous juridiction fédérale,
il y a eu violence, conflits de travail et embauche de scabs.
C'est là que les pouvoirs sont intervenus, malheureusement trop
tard, parce qu'il y a eu violence.
Donc, nous sommes profondément contre cet article du projet de
loi.
[Traduction]
Mme Brenda Chamberlain (secrétaire parlementaire du ministre du
Travail, Lib.): Monsieur le Président, je constate qu'il y a
quelques motions portant sur la disposition relative aux
travailleurs de remplacement du projet de loi C-19. Dans une
motion, il est proposé de supprimer cette disposition alors que,
dans une autre, il est proposé que la disposition, de façon
générale, interdise complètement leur utilisation.
Le projet de loi met en oeuvre la majorité des recommandations
du rapport du groupe de travail Sims au sujet des travailleurs
de remplacement. Le groupe de travail a fait remarquer que les
syndicats et les employeurs ont convenu qu'aucun employeur ne
devrait recourir à des travailleurs de remplacement pour se
débarrasser d'un syndicat.
La majorité des membres du groupe de travail n'ont pas
recommandé une interdiction générale du recours à des
travailleurs de remplacement.
Ils ont toutefois recommandé que l'on considère comme pratique
déloyale, non pas la poursuite d'objectifs légitimes de
négociation collective, mais plutôt le recours évident à des
travailleurs de remplacement dans le but établi de nuire à la
capacité de représentation du syndicat.
Tout en restant sur leurs positions sous-jacentes opposées sur la
question des travailleurs de remplacement, les représentants
tant des syndicats que des employeurs du secteur public fédéral
ont accepté cette approche dans le cadre global des
recommandations du groupe de travail.
En réponse aux réserves formulées durant l'étude de l'ancien
projet de loi C-66 et selon lesquelles le libellé de la
disposition ne traduisait pas pleinement l'objet de la
recommandation du groupe de travail, la disposition du projet de
loi C-19 a été reformulée afin d'être conforme en tous points au
libellé de la recommandation du groupe de travail. Le nouveau
libellé a été demandé par les représentants des employeurs aussi
bien que par le comité sénatorial permanent dans son rapport sur
le projet de loi C-66.
La nouvelle disposition stipule donc clairement que le syndicat
qui porte plainte a le fardeau de la preuve et que le recours à
des travailleurs de remplacement par l'employeur à seule fin de
poursuivre ses activités n'est pas interdit.
En ce qui concerne le libellé de la nouvelle disposition, la
Chambre de commerce du Canada a dit au Comité permanent du
développement des ressources humaines et de la condition des
personnes handicapées que l'ajout des mots «plutôt que pour
atteindre des objectifs légitimes de négociation» au nouvel
article 94(2.1) fera en sorte que tout tribunal qui interprétera
la loi devra se conformer à l'obligation explicite de considérer
la raison pour laquelle l'employeur a engagé des travailleurs de
remplacement, plutôt que de ne considérer que la protection des
droits de représentation du syndicat, comme c'était le cas dans
le projet de loi C-66.
Le président des Employeurs des transports et communications de
régie fédérale a dit au comité que le libellé du projet de loi
C-19 reflétait l'esprit, l'intention et le contenu du rapport
Sims dans la plupart des domaines essentiels. Le conseiller
juridique de l'ETCOF a déclaré qu'on avait répondu aux
préoccupations de son organisation au sujet de l'ancien projet
de loi C-66 et notamment des dispositions touchant les
travailleurs de remplacement. Ainsi, à mon avis, étant donné ces
observations, il serait inutile d'ajouter quoi que ce soit.
Le projet de loi C-19 renferme un certain nombre d'autres
dispositions recommandées par le groupe de travail, qui
protégeront les droits des employés en grève ou en lock-out.
Le projet de loi C-19 confirme le droit des employés en grève ou
en lock-out de reprendre leur poste au terme d'un arrêt de
travail, à la place des personnes embauchées pour les remplacer.
Il donne accès à l'arbitrage des griefs aux employés qui ont été
renvoyés ou qui ont fait l'objet de mesures disciplinaires
durant un arrêt de travail. Il interdit la présentation d'une
demande d'accréditation ou d'annulation d'accréditation durant
les arrêts de travail, sans le consentement du conseil.
Il précise que les travailleurs de remplacement n'ont pas le
droit de participer à des scrutins de représentation. On
reconnaît le droit des employés en grève ou en lock-out de
continuer d'être couverts par des régimes d'assurance pourvu
qu'ils continuent de payer toutes les primes.
1625
Le Bloc québécois a présenté une motion pour ajouter un
paragraphe au paragraphe 87(4) proposé. Cette motion interdirait
l'utilisation des travailleurs de remplacement lorsque les
employés de l'unité de négociation maintiennent les activités
nécessaires pour prévenir des risques imminents et graves pour
la sécurité ou la santé du public. Je prétends que cela va
probablement entraîner des litiges inutiles.
L'amendement proposé touche une situation quelque peu bizarre en
ce sens qu'un employeur cherche non seulement à ce que les
services soient maintenus par les employés de l'unité de
négociation, mais recrute également des employés de remplacement
pour travailler à côté d'eux. On peut ajouter à cela cette
situation inhabituelle où un syndicat serait prêt à négocier le
maintien de services par ses propres membres et à accepter que
les travailleurs de remplacement fassent le travail des membres
de l'unité de négociation.
Bref, c'est une éventualité assez improbable, c'est le moins
qu'on puisse dire.
Les dispositions du projet de loi C-19 touchant l'utilisation des
travailleurs de remplacement constituent un compromis équitable
et raisonnable pour régler un problème difficile. J'exhorte les
députés à souscrire aux dispositions du projet de loi C-19, sans
amendement.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.): Monsieur le Président, nous
sommes en train d'examiner le groupe de motions no 7.
Personnellement, je voudrais faire quelque remarques au sujet
des dispositions sur les travailleurs de remplacement.
Cette mesure législative n'interdit pas carrément le recours à
des travailleurs de remplacement. Elle laisse toutefois, c'est
le moins qu'on puisse dire, beaucoup de pouvoirs
discrétionnaires au CCRI. Elle soulève probablement plus de
questions qu'elle ne fournit de réponses.
Le Conseil aura le pouvoir discrétionnaire exclusif de décider
de recourir ou non à des travailleurs de remplacement. Chaque
fois qu'il va être fait recours à des travailleurs de
remplacement, des pressions considérables vont être exercées sur
le Conseil pour lui faire valoir que cela va contre le syndicat,
en d'autres termes, que c'est une action antisyndicale.
Il est probable que, sous l'effet des pressions, le conseil
considérera comme une action antisyndicale le recours à des
travailleurs de remplacement, qu'il s'agisse de cadres
administratifs ou autres.
Nous avons cité les propos de plusieurs dirigeants de syndicats
qui le confirment. Ils disent que chaque fois qu'il sera fait
recours à des travailleurs de remplacement, ils feront valoir au
conseil que c'est seulement dans le but de nuire au syndicat.
Je pense que dans certains cas, le recours à des travailleurs de
remplacement aura simplement pour but de préserver la viabilité
de l'entreprise. Je ne pense pas qu'il y ait un syndicat au
monde qui veuille la ruine de son patron. Ce serait se couper
l'herbe sous les pieds.
En ce qui concerne les travailleurs de remplacement, les
dirigeants syndicaux nous disent aussi qu'il est nécessaire
d'empêcher la violence. C'est comme si une menace permanente
pesait sur nous.
Si l'on n'interdit pas carrément le recours aux travailleurs de
remplacement, il risque d'y avoir des actes de violence. Les
syndicats n'hésitent pas à nous citer des exemples d'actes de
violence commis aux piquets de grève. La violence est une chose.
Une bonne législation du travail en est une autre. Il existe des
lois contre la violence. Adopter une législation du travail sous
prétexte qu'il existe des risques de violence, c'est agir pour
les mauvaises raisons.
1630
Au cours du débat d'aujourd'hui, nous avons constaté que
certains députés trouvaient les réformistes bien naïfs parce
qu'ils parlaient de la protection de l'économie nationale contre
des arrêts de travail aux conséquences catastrophiques. Un
argument plutôt faible a été avancé: évidemment, toute
perturbation des services exerce des pressions d'ordre
économique sur quelqu'un. Bien sûr. Cela va de soi. Nous
comprenons que le syndicat veuille exercer ce genre de pression
sur l'employeur pour l'amener à comprendre son point de vue.
Apparemment, ces gens-là n'entendent que ce qu'ils veulent bien
entendre. Nous avons parlé des mesures prises par les employeurs
et les employés, et des grèves et des lock-out qui peuvent avoir
des conséquences terribles pour l'économie nationale.
Ces conséquences pour l'économie nationale ne tardent pas à
toucher ceux-là même que mes collègues de ce côté là prétendent
protéger. Si une interruption de travail de n'importe quel type
a des effets terribles sur l'économie, ceux qui en souffrent au
bout du compte, ce sont les petites gens qui font vivre ces
entreprises et comptent sur leurs services.
J'abrège parce que je sais que certains collègues veulent donner
leur point de vue sur l'utilisation et l'interdiction partielle
des travailleurs de remplacement.
M. Pat Martin (Winnipeg-Centre, NPD): Monsieur le Président, le
groupe de motions no 7 nous place devant un dilemme. Les députés
néo-démocrates appuient deux motions, mais pas les autres. Je
présume que nous pourrons voter séparément sur chacune d'elles.
Les deux motions que nous appuyons auraient pour effet de
renforcer les dispositions du projet de loi C-19 contre les
briseurs de grève. Nous nous sommes prononcés en faveur du
projet de loi C-19 dans son ensemble, car nous en reconnaissons
la valeur et nous savons qu'il a fait l'objet de longues
consultations, mais la critique que nous avons toujours formulée
et formulons toujours à son sujet est que les dispositions sur
les travailleurs de remplacement sont trop conciliantes et ne
découlent pas...
M. Jean Dubé: Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
Vous constaterez que nous n'avons pas en ce moment le quorum
pour poursuivre le débat.
Le président suppléant (M. McClelland): Nous devons vérifier le
quorum. Convoquez les députés.
Et la sonnerie s'étant arrêtée:
Le président suppléant (M. McClelland): Il y a quorum.
M. Pat Martin: Monsieur le Président, j'espère sincèrement que
les quelque 130 000 agriculteurs des Prairies qui attendent que
le projet de loi soit adopté afin d'être sûrs que leur grain
sera acheminé librement cet automne, ont pris bonne note des
retards qui sont survenus à la Chambre et des tactiques
dilatoires qui ont été utilisées. J'espère qu'ils s'en sont
rendu compte. En fait, j'en suis sûr.
1635
En définitive, la raison pour laquelle je suis intervenu tient à
la seule réserve que mon parti ait à l'endroit du projet de loi
C-19, qu'il appuie néanmoins dans son ensemble. Cette réserve
concerne les dispositions relatives aux briseurs de grève qui,
selon nous, ne vont pas aussi loin que ce que les parties
avaient en tête lorsqu'elles ont commencé à rédiger le projet de
loi C-19.
Nous savons que le projet de loi est le fruit de concessions
mutuelles. Personne n'a obtenu tout ce qu'il voulait. Les
parties ont fait beaucoup de concessions et ont démontré
beaucoup de bonne volonté. Il n'est jamais facile de trouver un
juste équilibre mais, après avoir examiné les motions présentées
par le député de Trois-Rivières, je crois que les motions nos 19
et 26 nous permettraient de faire du projet de loi ce dont
l'industrie canadienne a vraiment besoin.
Une Loi antibriseurs de grève comporte des avantages évidents,
comme en témoigne le cas de la province voisine. Il suffit
d'examiner la situation au Québec pour constater les avantages
que cette province a retirés de la loi antibriseurs de grève
qu'elle a adoptée il y a déjà de nombreuses années. Le nombre de
jours de travail perdus en raison des grèves ou des lock-out a
diminué. Les parties ne sont pas tentées de pousser une séance
de négociation dans l'impasse, puisqu'elles savent que la loi
antibriseurs de grève les empêchera de toute façon d'avoir
recours à des travailleurs de remplacement. Les parties sont
donc obligées de travailler un peu plus fort pour parvenir à des
solutions acceptables.
On sait également que l'incidence de la violence sur les lignes
de piquetage a diminué. À l'instar du député qui m'a précédé, je
crois que nous ne devons pas déterminer la route à suivre en
nous fiant aux feux de position d'un navire qui passe. Je veux
dire par là que nous ne devons pas modeler le projet de loi dans
le but de prévenir la violence. Personne ne va rédiger un projet
de loi sous la menace ou sous une menace voilée.
Ce n'est pas le cas. En fait, les deux parties laissent souvent
les tempéraments s'enflammer et il se produit des cas de
violence sur les lignes de piquetage lorsque des briseurs de
grève tentent de les franchir. Si on prévient ou élimine ce
genre de situation, le problème ne se pose plus.
Je suis allé là où il y avait des grèves à Montréal. Je me suis
joint à mes confrères du syndicat des menuisiers lorsqu'ils
faisaient grève. Aussitôt arrivé sur place, je me suis rendu à
un lieu de piquetage important où je savais qu'il y avait des
menuisiers et j'ai voulu me joindre à eux à la ligne de
piquetage. Je ne m'attendais pas à ce qu'il n'y ait pas de ligne
de piquetage. En fait, la ligne de piquetage n'est pas
nécessaire.
Elle sert à empêcher les briseurs de grève de passer. Une fois
que la grève est mise en évidence, on met des pancartes et le
public sait qu'il y a un conflit de travail dans l'entreprise et
que ses produits sont fabriqués de façon illicite.
Il n'y a pas de scabs qui traversent les lignes de piquetage.
Il n'est pas nécessaire que les travailleurs empêchent les
véhicules d'entrer et de sortir. C'est dans ces situations que
naît la violence.
Le simple fait que le Québec ait des lois très strictes sur les
travailleurs de remplacement minimise le nombre de jours perdus
en grèves et lock-outs, et minimise également les incidents
violents de part et d'autre, que ce soit de la part des briseurs
de grève ou de la part d'employés furieux essayant de défendre
leurs emplois.
Un autre aspect du projet de loi C-19 traite des travailleurs de
remplacement et devrait être amélioré. Actuellement, c'est au
syndicat de démontrer que l'employeur utilise des briseurs de
grève d'une manière qui porte atteinte aux droits de négocier du
syndicat, ou de manière à saper le syndicat.
En ce qui concerne le fardeau de la preuve, contrairement à ce
que disait le député qui m'a précédé, il serait difficile
d'obtenir que le conseil détermine l'intention de l'employeur
lorsqu'il a embauché des travailleurs de remplacement.
Le libellé du projet de loi C-19 est clairement à l'avantage de
l'employeur. Je dirais que, quel que soit le dirigeant syndical
que l'on interroge, les avocats des employés vous diront que
l'embauche de travailleurs de remplacement mine le droit à la
négociation et qu'il faut l'interdire.
Franchement, je ne pense pas qu'ils gagneraient. C'est une
bataille terriblement difficile et un argument très dur à
gagner. Le Parti réformiste devrait s'en féliciter. Tel que je
lis le projet de loi C-19, il est clair qu'il donne l'avantage à
l'employeur.
1640
C'est l'un des aspects les plus sensibles du projet de loi C-19,
du moins pour notre caucus et le mouvement syndical. Le droit
de ne pas fournir de services, de manière à faire des pressions
économiques sur l'employeur, est le seul moyen pacifique à la
disposition des travailleurs. C'est véritablement le seul outil
dont ils disposent.
Quand le processus des négociations collectives est dans
l'impasse, alors que nous tentons d'élever les normes ou encore
les salaires et les conditions de travail des gens que nous
représentons, la résistance passive et la privation de services
sont les deux moyens que la loi nous permet d'employer pour
donner plus de poids à nos arguments.
Aussi ces dispositions et les motions présentées par le député
de Trois-Rivières sont-elles très importantes à nos yeux. Elles
ajouteraient au projet de loi C-19 ce qui lui manque pour être
une mesure législative satisfaisante, qui puisse assurer une
paix durable dans les relations industrielles au Canada.
La question des grèves et des lock-out attire peut-être plus
d'attention qu'elle ne le mérite dans ces discussions. On a
indiqué maintes et maintes fois que plus de 95 p. 100 des
négociations se règlent sans perte de temps. C'est vrai que les
pertes de temps consécutives aux grèves et aux lock-out
représentent un problème pour l'industrie, mais on en fait trop
de cas.
Au Manitoba, chaque année, on enregistre quelque 50 000
journées-personnes perdues par suite de grèves et de lock-out, ce
qui est beaucoup. La direction pousse des cris devant les pertes
de productivité, de bénéfices, etc. C'est un problème certes.
Mais les blessures et les accidents du travail font perdre
550 000 journées-personnes par année. Si la perte de productivité
est à ce point sérieuse, on n'a qu'à entretenir les lieux de
travail et à mettre un terme à cette boucherie. Voilà de quoi
mettre en perspective la perte de ces 50 000 journées-personnes.
Il y a aussi la question des confrontations sur les lignes de
piquetage. Un des aspects positifs du projet de loi C-19, c'est
que les employés qui cessent de travailler par suite d'une grève
ou d'un lock-out sont sûrs de retrouver leurs emplois au retour.
Ceux qui ont fait l'objet de mesures disciplinaires pendant leur
absence auront le droit de recourir à un processus de règlement
des griefs et d'arbitrage. C'est une affaire de justice
naturelle. Ils doivent avoir accès à un recours quelconque.
Si, sous l'impulsion du moment, un incident se produit, cette
disposition du projet de loi C-19 reconnaîtra que quiconque a le
droit de recourir à ce processus.
Notre caucus votera en faveur des motions nos 19 et 26. Nous
croyons qu'elles sont nécessaires et qu'elles étofferont un peu
ce qui constitue déjà une très bonne mesure législative. Afin de
réduire les pertes de temps consécutives aux grèves et aux
lock-out, j'ose opérer que les autres députés de la Chambre
peuvent souscrire aux motions proposées par le député de
Trois-Rivièves.
[Français]
M. Jean Dubé (Madawaska—Restigouche, PC): Monsieur le
Président, j'ai écouté attentivement les commentaires de mes
collègues du Bloc, du Parti réformiste et du Nouveau Parti
démocratique. Si on suivait les politiques de mon collègue
néo-démocrate, il y aurait beaucoup plus de chômage et de
pauvreté au Canada, parce que beaucoup plus d'industries
fermeraient, je peux vous le garantir.
J'ai aussi écouté les commentaires de mon cher collègue du Bloc
québécois qui parlait des droits des travailleurs. Nous, du
Parti conservateur, croyons aux droits des travailleurs et nous
le démontrons.
Ce que nous voulons, c'est de s'assurer que ces travailleurs
conservent leur emploi. On ne croit pas à passer sur le dos des
gens avec des autos, on croit plutôt au dialogue.
1645
[Traduction]
La question des travailleurs de remplacement est l'un des
principaux problèmes dans le débat d'aujourd'hui. C'est l'un des
quelques points sur lesquels les membres du groupe de travail
Sims ne sont pas arrivés à s'entendre.
L'un d'entre eux a plaidé pour l'interdiction totale du recours
aux travailleurs de remplacement, comme c'est le cas dans les
lois régissant le travail au Québec et en Colombie-Britannique.
La majorité des membres du groupe de travail Sims étaient contre
l'interdiction générale du recours aux travailleurs de
remplacement. Lorsque le recours à des travailleurs de
remplacement peut être attribué à un désir de réduire les
pouvoirs du représentant syndical plutôt qu'à un objectif de
négociation légitime, il faudrait selon eux considérer ce
recours comme une pratique de travail déloyale. Il y avait
beaucoup de confusion à ce sujet et je crois qu'il y en a
toujours.
Plusieurs motions sont à l'étude aujourd'hui et nous devrons
probablement rester tard ce soir pour voter sur ces motions.
Lorsqu'un grand nombre de motions sont présentées pour modifier
une mesure législative, cela signifie que cette mesure soulève
un grand nombre de questions. La Chambre ne s'était pas penchée
sur cette question depuis environ 25 ans et elle doit maintenant
le faire en toute vitesse.
J'aimerais prendre quelques minutes pour expliquer ce qui se
passe et pour reprendre, pour le bénéfice des téléspectateurs et
des visiteurs à la tribune, ce qui s'est passé aujourd'hui, ce
que le gouvernement a imposé dans le cadre de cette mesure
législative tant à la Chambre des communes qu'au public.
Encore une fois, le gouvernement est pressé de se débarrasser
d'un projet de loi. Il a recours à l'attribution de temps pour
ce projet de loi. Cela signifie qu'il a en fait mis fin au
débat.
Il a été examiné en comité. J'en conviens, j'y étais. Il y eu de
nombreuses consultations et nous avons entendu de nombreux
témoins. Nous avons maintenant la possibilité de discuter de
cette mesure législative devant les Canadiens. Quand vient le
temps de le faire, le gouvernement nous arrête. C'est
malheureux, mais c'est ce qui est arrivé aujourd'hui.
Le gouvernement parle de consultation. Oui, il l'a fait, mais il
n'a certainement pas écouté. Il y a environ 50 motions à l'étude
aujourd'hui et je crois qu'il y en aura très peu qui seront
adoptées.
Il s'agit de sujets qui préoccupent les Canadiens, mais qui ne
semblent pas inquiéter le gouvernement.
Avant le projet de loi C-19, il y a eu le projet de loi C-66, qui
dernier renfermait des dispositions qui allaient, a-t-on jugé,
faire pencher la balance du côté des syndicats. Il n'interdisait
pas clairement l'utilisation des services de travailleurs de
remplacement. Il mentionnait plutôt qu'aucun employeur ni aucune
personne ne pouvait utiliser les services d'un travailleur de
remplacement dans le but de miner la capacité de représentation
d'un syndicat.
Pendant les audiences du Sénat, personne ne semblait savoir
comment le projet de loi allait être interprété. Le problème est
le même aujourd'hui. Nous ne savons pas comment la mesure
législative sera interprétée.
Une voix: Oh, oh!
M. Jean Dubé:Mon collègue d'en face semble avoir toutes les
réponses à nos questions, mais je suis sûr que cette disposition
nous causera des problèmes.
[Français]
La motion no 19 du groupe no 7 présentée par le Bloc québécois
interdit le recours à des travailleurs de remplacement si les
employés acceptent d'accomplir les tâches nécessaires au maintien
des services essentiels prévus au paragraphe (1).
Par exemple, pendant une grève des Postes, si les employés
acceptent de livrer les chèques du gouvernement, Postes Canada ne
pourrait pas embaucher des travailleurs de remplacement pour
faire ce travail. C'est ce que propose la motion du Bloc.
Nous, du Parti conservateur, devons voter contre cette motion.
Cet amendement permet de faire par la porte d'en arrière ce qu'on
ne peut pas faire par la porte d'en avant. Ce n'est pas
compliqué. Nous sommes contre l'interdiction de travailleurs de
remplacement.
La motion no 25 du Parti réformiste élimine complètement
l'article qui traite du recours aux travailleurs de remplacement.
Le Parti conservateur appuiera cette motion.
1650
Nous avons un amendement qui propose des précisions à cet
article pour rendre son interprétation moins ambiguë. Si nos
modifications ne sont pas adoptées, il serait mieux d'éliminer
l'article au complet afin de ne pas avoir de clause ambiguë qui
donnerait peut-être la possibilité au Conseil de ne pas permettre
l'utilisation de travailleurs de remplacement.
Au sujet de la motion no 26 du Bloc québécois, qui interdit
complètement l'embauche de travailleurs de remplacement, nous
avons un amendement qui arrive au juste milieu. Il n'est pas
raisonnable d'interdire l'utilisation de travailleurs de
remplacement. Cela met en péril l'existence même de
l'entreprise. À quoi sert-il de faire une grève si l'entreprise
n'existe plus à la fin des négociations? Il faut avoir des
travailleurs de remplacement pour assurer les services essentiels
que les employés ne voudront remplir.
Si j'aborde la motion no 27, notre amendement reflète mieux le
langage du Rapport Simms. Il stipule clairement que l'embauche
de travailleurs de remplacement n'est pas en soi dans le but de
miner la capacité de représentation du syndicat. Il me semble
que c'est une motion qui est claire. Si cela est adopté, on
n'aura certainement pas beaucoup de questions, mais je suis sûr
que ce soir, lors du vote, le gouvernement votera contre. C'est
trop clair pour lui. Il aime mieux un peu de confusion.
Concernant la motion no 29 des réformistes, la motion no 25
éliminait au complet l'article qui parlait de l'utilisation de
travailleurs de remplacement. Si la motion no 25 est adoptée, il
faudra alors éliminer cette section aussi.
Il y a beaucoup de motions aujourd'hui et nous pensons que nous
avons une chance de rendre ce projet de loi équitable. Mais le
gouvernement se doit d'écouter les Canadiens et tous les partis
d'opposition qui ont apporté de bons arguments, que ce soit le
Parti réformiste, le Bloc québécois et notre parti. Je me pose
des questions quant au Nouveau Parti démocratique, si vous me
comprenez bien. Donc, nous avons une chance de bien faire.
[Traduction]
Même si la nouvelle formulation ressemble davantage à ce que
proposait le groupe de travail Sims chargé d'étudier le projet
de loi C-19, nous croyons qu'elle n'est pas encore assez claire.
Elle n'interdit pas de façon générale le recours aux services de
travailleurs de remplacement. Fait encore plus important, elle
ne définit pas clairement les expressions utilisées.
M. Jim Gouk: Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Afin
que les gens ne s'énervent pas, je précise d'entrée de jeu que
je ne demande pas s'il y a quorum.
Monsieur le Président, je voudrais que vous écoutiez
attentivement ma requête, car je la fais en toute sincérité.
Étant donné que les députés de l'opposition voudraient avoir le
plus de temps possible pour débattre des divers amendements,
dont certains pourraient ne pas être abordés, et que le
gouvernement veut limiter la durée du débat, je me demande si
les députés d'en face seraient disposés à céder leur temps de
parole aux députés de l'opposition. Il nous reste très peu de
temps et il y a un groupe de motions qui n'a pas encore été
débattu.
Mme Brenda Chamberlain: J'interviens au sujet du même rappel au
Règlement. La réponse est un non catégorique, monsieur le
Président. Le fait est que nous avons eu, la semaine dernière,
toute une journée de débat durant laquelle le Parti réformiste a
même refusé de discuter de ces motions. Au comité, les
réformistes ont fait de l'obstruction systématique. Il n'est
donc absolument pas question de cela.
Le président suppléant (M. McClelland): Le député de West
Kootenay—Okanagan a demandé le consentement unanime pour que les
ministériels cèdent leur temps de parole aux députés de
l'opposition.
Les ministériels donnent-ils leur consentement unanime pour céder
leur temps de parole aux députés de l'opposition pour le temps
qui reste pour le débat?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
1655
M. Bryon Wilfert (Oak Ridges, Lib.): Monsieur le Président, j'ai
écouté avec intérêt mes collègues d'en face et je suis consterné
d'entendre que tout à coup, nous avons eu recours à
l'attribution de temps.
Mes vis-à-vis peuvent-ils me dire où ils étaient durant le débat
sur le projet de loi C-19? Je voudrais savoir où ils étaient
lorsque les députés de l'opposition officielle ont fait de
l'obstruction systématique, car ils avaient, c'est évident,
besoin d'un cours de base sur le Code canadien du travail pour
en comprendre les fondements. Il était très décevant de voir que
sur les 97 articles, l'opposition officielle n'a proposé que 9
amendements, dont 7 sur l'article 2.
Nos vis-à-vis ont tout à coup trouvé leur chemin de Damas, ils ont
vu la lumière. Ils ont découvert toutes sortes de nouveaux
amendements.
Où étaient-ils durant le débat auquel j'ai participé? Je sais que
les néo-démocrates étaient là. Les conservateurs n'étaient
malheureusement pas là lorsque les réformistes ont fait de
l'obstruction systématique. Il est tout à fait ridicule de
laisser entendre que le gouvernement essaie d'appliquer la
clôture à cet important projet de loi.
En ce qui concerne le fond des amendements dont nous sommes
saisis, je tiens à dire que le projet de loi C-19 est le fruit
d'un compromis bien équilibré sur une question extrêmement
difficile. Nous reconnaissons le droit d'un employeur d'engager
des travailleurs de remplacement à des fins légitimes.
Cependant, leur utilisation afin de se débarrasser d'un syndicat
serait une pratique déloyale. C'est ce qu'a recommandé la
majorité.
Mon collègue d'en face a dit que ce n'était pas unanime, mais la
majorité des membres du groupe de travail Sims étaient en faveur
de cela. Cela faisait partie de l'ensemble des recommandations
que le mouvement syndical et le patronat ont jugé acceptables.
On a présenté des motions qui modifieraient de façon radicale
cette disposition et mettraient donc en cause l'équilibre global
des dispositions du projet de loi. Une motion réclame
d'interdire complètement l'utilisation des travailleurs de
remplacement. Une autre cherche à éliminer toute restriction
dans leur utilisation. Une autre encore cherche à ajouter au
libellé.
On a examiné attentivement la disposition durant l'étude
parlementaire de l'ancien projet de loi C-66. Là encore,
j'entends dire que nous essayons de faire adopter cette mesure à
toute vapeur. Le projet de loi C-66 est mort au Feuilleton au
moment du déclenchement des élections. On nous a dit, à je ne
sais combien de reprises, que cette mesure était une
amélioration par rapport au projet de loi C-66. Si nous cherchons
à faire adopter ce projet de loi à toute vitesse, je voudrais
savoir où était l'opposition.
Certains groupes d'employeurs ont émis des réserves au sujet du
libellé de l'ancien projet de loi C-66 à cet égard. Ils voulaient
faire inclure le texte complet des recommandations du groupe de
travail. C'était également la recommandation du comité
sénatorial, qui a aussi étudié l'ancien projet de loi C-66.
Qu'est-ce que le gouvernement a fait? Le ministre du Travail a
réagi à ces préoccupations en modifiant le libellé de la
disposition sur les travailleurs de remplacement dans le projet
de loi C-19, de manière qu'elle réponde tout à fait à la
recommandation du groupe de travail. Je le répète à l'intention
de l'opposition: pour garantir que la disposition sur les
travailleurs de remplacement soit intégralement mise en oeuvre,
on a modifié le projet de loi en fonction de la recommandation
du groupe de travail. Les grands employeurs régis par le
gouvernement fédéral qui ont témoigné au comité de la Chambre,
lors de l'étude du projet de loi, ont fait savoir qu'ils étaient
satisfaits du nouveau libellé. Si les députés de l'opposition y
étaient, ils l'auraient entendu.
Pour ceux qui voudraient éliminer la disposition, je dis qu'il
faut une solution appropriée quand un employeur engage un
travailleur de remplacement puis qu'il refuse de négocier de
bonne foi. À mon avis et certainement de l'avis du gouvernement,
cette disposition prévoit cette solution.
Quand les caméras tournent pour la télévision, nous obtenons
tous les amendements voulus.
De toute évidence, nous devrions être filmés pour la télévision
en tout temps, au comité. Nous arriverions peut-être ainsi à
abattre un peu plus de travail.
Pour ceux qui veulent interdire le recours à des travailleurs de
remplacement, je souligne qu'une interdiction totale ne
permettrait pas d'atteindre un équilibre. Or, ce projet de loi
vise à établir un certain équilibre.
Finalement, pour ceux qui pensent qu'il faudrait augmenter le
libellé du projet de loi, je leur conseille de s'adresser à la
Chambre de Commerce du Canada.
1700
S'objectant aux raisons invoquées pour modifier le Code de
manière à y inscrire une telle disposition, le représentant de
la Chambre de Commerce a dit au comité permanent:
Nous sommes heureux que le gouvernement fédéral ait tenu compte
de nos inquiétudes concernant le libellé antérieur de cette
disposition et qu'il en propose un nouveau.
En particulier, l'ajout des mots «plutôt que pour atteindre des
objectifs légitimes de négociation» au paragraphe proposé
94(2.1) fera en sorte que tout tribunal qui interprète cette loi
sera obligé de tenir compte de la raison pour laquelle
l'employeur a embauché des travailleurs de remplacement, plutôt
que de protéger uniquement les droits de représentation du
syndicat, comme cela était le cas dans le projet de loi C-66.
À mon avis, les amendements proposés méritent d'être rejetés.
M. Jim Gouk (West Kootenay—Okanagan, Réf.): Monsieur le
Président, après avoir entendu tout le verbiage et toutes les
inepties des libéraux, je suis heureux de prendre la parole.
Nous n'avons pas besoin de caméras de télévision dans les salles
de réunion des comités pour travailler. S'il faut quelque chose
dans ces salles pour que les députés fassent sérieusement leur
travail, ce ne sont pas des caméras de télévision. Ce qu'il
faut, c'est remplacer la majorité des membres des comités qui ne
font que ce que leur whip leur dit de faire. J'ai vu du
personnel des whips assister aux réunions pour voir si tout le
monde votait bien comme le parti l'exigeait.
Un jour, il y a eu une erreur au Comité des transports. Le Parti
réformiste avait proposé un amendement que les bonzes du Parti
libéral n'aimaient pas, mais il a été adopté quand même parce
qu'il y avait des libéraux dans la salle qui n'avaient pas reçu
leurs instructions et ont donc voté pour ce qui leur semblait
sensé plutôt que selon les directives de leurs chefs.
Au moment du débat à l'étape du rapport, les libéraux ont
proposé un amendement qui a renversé celui qui avait été adopté
par le comité. Cela devrait corriger les inepties que le député
vient de dire sur ce qu'il faut pour que les choses se fassent
avec sérieux en comité.
Pour ce qui est des travailleurs de remplacement, il est
malheureux que le débat sur le sujet soit abrégé. Ils disent que
tout devrait être fait en comité.
En comité, nous avons trois membres. À la Chambre des communes,
nous avons 59 députés. Fondamentalement, nous nions à 56 députés
le droit d'exprimer leur opinion, de faire connaître la volonté
des électeurs qu'ils représentent et qu'ils ont consultés et de
se prononcer selon leurs propres convictions. C'est
inacceptable. C'est honteux.
Ils parlent de démocratie. Ils ne devraient jamais utiliser ce
mot. Ce mot ne devrait jamais sortir de leur bouche.
Là où j'ai des difficultés avec le concept des travailleurs de
remplacement, c'est que le projet de loi précise qui peut
décider quand on peut y avoir recours et quand on ne le peut
pas. Mais où est la définition exacte de ce qu'est un
travailleur de remplacement?
Si vous travaillez dans une usine et que vous y faites
fonctionner une machine et que, quand vous faites la grève,
l'entreprise engage un autre opérateur, elle a recours à un
travailleur de remplacement. Franchement, je désapprouve ce
genre de pratique. Certains de mes collègues ne sont sans doute
pas d'accord avec moi. Tant pis. Je pense qu'il s'agit d'un
travailleur de remplacement et que cela ne devrait pas être
permis.
Si, par ailleurs, l'entreprise appartient à un particulier, à sa
femme et à un partenaire et qu'ils arrivent à continuer à la
faire tourner, je pense qu'ils ont le droit de le faire. C'est
leur usine. De quel droit le Conseil des relations industrielles
ou quiconque d'autre peut-il leur interdire de faire tourner leur
entreprise?
S'ils ont un contrat, ils doivent honorer leurs obligations.
Mais cette mesure donne au CRI le pouvoir de prendre ce genre de
décision. Si le propriétaire de l'entreprise fait quelque chose
et que le syndicat dit qu'elle le prive de ses pouvoirs parce
qu'elle fait encore des bénéfices, le conseil répond qu'il va
l'obliger à cesser ses activités. C'est le genre de pouvoir que
la loi lui donnera.
Il y a un problème encore plus grave. C'est celui des grèves.
Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de grèves et nous ne
serions pas ici à débattre la question de savoir si on devrait
autoriser le recours aux travailleurs de remplacement. Dans un
monde meilleur, tout le monde aurait du travail. Tout le monde
serait traité équitablement. Les négociations se dérouleraient
sans le moindre problème. Tout serait formidable.
Malheureusement, nous ne vivons pas dans un monde parfait.
Il pourrait l'être un peu plus si l'autre côté nous accordait un
peu plus de temps pour discuter des possibilités et de ce qui
risque d'arriver, mais il nous force à jouer un rôle conflictuel
et il ne veut rien savoir des idées différentes des siennes.
Cela ressemble au vieil adage: ne me déroutez pas avec les
faits, car j'ai déjà pris position. Je les vois rigoler là-bas.
C'est fantastique; il y a au moins des gens qui sont ici pour
rigoler, ce qui est rare.
1705
Quant à savoir si la définition de travailleurs de remplacement
devrait être améliorée ou non, ce qui est vraiment triste au
sujet de la disparition de la démocratie qu'a entraînée le vote
des députés d'en face, ce matin, en vue de limiter le débat,
c'est que nous n'allons même pas nous rendre au groupe no 8. Le
groupe no 8 traite d'une mesure qui réglerait le problème des
travailleurs de remplacement. Il traite d'une solution de
rechange à une grève. Ne serait-il pas merveilleux si nous
pouvions trouver une solution de rechange raisonnable à une
grève?
Nous avons eu la grève des postes. Les libéraux devraient
vraiment comprendre cela, car ils viennent de passer par là.
L'année dernière, nous avons eu notre quatrième grève des postes
en 10 ans. À quatre reprises au cours des 10 dernières années,
les gouvernements du pays ont autorisé la Société canadienne des
postes, un monopole, à interrompre le service postal au Canada.
Chaque fois, le gouvernement dit que c'est terrible, que c'est
épouvantable, et il ordonne aux travailleurs des postes de
retourner au travail.
Il a aggravé son erreur en en commettant une autre. La première
erreur est de dire: «Vous pouvez aller en grève et empêcher tout
le monde de recourir au service postal, même si nous avons
organisé les choses de façon à ce qu'il n'y ait qu'un seul moyen
possible d'y recourir.» Après avoir admis son erreur, il en a
commis une deuxième en ordonnant aux travailleurs des postes de
retourner au travail, mais sans prévoir de solution de rechange
au déclenchement d'une grève.
Pourquoi devrions-nous être étonnés si, année après année, d'une
grève à l'autre, nous nous retrouvons exactement dans la même
situation?
Je peux comprendre qu'on puisse commettre une erreur la première
fois. Mais lorsqu'on commet la même erreur encore et encore, il
faut alors s'interroger sur la sagesse relative du groupe qui
commet l'erreur. Le Parti libéral a certes commis des erreurs
avec la Société canadienne des postes.
Maintenant, nous risquons d'avoir une grève des contrôleurs de
la circulation aérienne au Canada. J'espère que cela n'ira pas
plus loin. Une grève a été impossible pendant des années, mais
ils ont désormais le champ libre.
Au comité des transports, j'ai tenté de faire insérer une
disposition qui prévoirait une solution de rechange au mécanisme
de règlement des différends en cas de grève ou de lock-out. La
méthode à laquelle nous voulions recourir était l'arbitrage des
propositions finales. Mais, dans sa sagesse, le gouvernement en
a décidé autrement.
Dans le débat du projet de loi C-19, nous sommes en train de nous
disputer au sujet des travailleurs de remplacement. Bien sûr, le
gouvernement y reviendra immédiatement. Il a sorti le concept de
travailleur de remplacement dans le conflit avec les contrôleurs
aériens, ce qui a donné à ces derniers la possibilité de
déclencher la grève, mais même en grève, les opérations de
contrôle aérien se poursuivaient comme avant. Quel effet cela
produit-il sur le régime de négociation collective auquel le
gouvernement prétend tenir tellement? Il n'y tient pas du tout.
Quand on parle de grèves, on ne parle pas de gagnants ou de
perdants, car le gagnant est celui qui perd le moins. Qu'est-ce
qu'il va falloir au gouvernement pour se réveiller? Je me
réjouis de voir que certains libéraux reviennent à la raison,
qu'ils se rangent du bon côté. J'espère que, ce faisant, leur
avis change en même temps que leur position, car, si cela
arrivait, nous ferions des progrès ici.
Quand il y a grève, et nous ne parlons même pas de travailleurs
de remplacement, nous avons une entreprise qui est privée de ses
revenus, nous avons des travailleurs qui sont privés de leur
salaire et nous avons tous les dommages connexes additionnels
qui sont causés aux gens partout ailleurs. Au lieu de parler de
travailleurs de remplacement, nous devrions peut-être parler de
remplacer le mécanisme de règlement des différends prévu dans le
Code du travail de sorte que nous ayons vraiment un outil qui
permette aux Canadiens de garder leur emploi puisqu'il existera
une autre solution raisonnable au déclenchement d'une grève.
Déclencher une grève ou décréter un lock-out, lorsque c'est
l'employeur qui prend l'initiative de l'interruption de travail,
c'est comme un duel lorsque les deux parties échangent des coups
de feu.
Je vois que j'obtiens même un signe de victoire de la part de la
secrétaire parlementaire du ministre du Travail. Cela me plaît
vraiment.
Je crois qu'elle se rend enfin compte de ses erreurs du passé et
qu'elle est maintenant prête à écouter.
1710
Même si ce débat ne sert à rien d'autre, si nous réussissons à
faire passer notre message même à un seul député d'en face,
peut-être que cela aura valu la peine.
Tout le concept des travailleurs de remplacement est mauvais.
Nous abordons cette question dans l'optique de celui qui peut
autoriser le recours à ces travailleurs. Il aurait mieux valu
définir les travailleurs de remplacement. Le CCRI doit décider
ce qui est préjudiciable, ce qui est acceptable, ce qui ne l'est
pas; il se peut qu'il décide cela en tirant à pile ou face en
cas de grève. Nous ne pouvons pas faire pencher la balance en
disant qu'il faut modifier la formule pour un mais pas pour
l'autre. Je n'ose même pas admettre qu'une grève est possible.
Nous devons reconnaître que nous avons un problème plus grave et
commencer à le régler en recourant à des solutions comme
l'arbitrage des propositions finales.
Toutefois, tant que nous sommes pris dans ce système, nous avons
besoin d'un mécanisme qui définit ce qui constitue un
travailleur de remplacement. Tant que l'employeur n'a pas
recours à ce genre de personne, il est libre d'agir à sa guise.
Lorsque quelqu'un est clairement défini comme étant un
travailleur de remplacement, il n'est pas nécessaire de
trancher. C'est écrit en noir sur blanc: le recours à ces
travailleurs n'est pas permis.
C'est vraiment regrettable que nous nous querellions au lieu de
chercher des solutions. Nos discussions s'enveniment et,
malheureusement, à cause de l'attitude adoptée par le
gouvernement libéral aujourd'hui, le dernier groupe
d'amendements, qui est peut-être le plus important, celui qui
doit servir à trouver un mécanisme de règlement des différends,
ne sera même pas débattu. C'est une honte.
M. John Duncan (Île de Vancouver-Nord, Réf.): Monsieur le
Président, je crois comprendre que nous allons bientôt nous
prononcer. Comme nous devons procéder à environ 47 votes, c'est
en quelque sorte la fin du débat en raison de l'attribution de
temps. En 12 ans, le gouvernement libéral de Pierre Elliot
Trudeau a eu recours à l'attribution de temps à 14 occasions, et
dire que nous le trouvions arrogant! Le gouvernement actuel y a
déjà eu recours deux fois plus jusqu'à maintenant.
J'ai parlé du projet de loi à l'étape de la deuxième lecture,
je suis intervenu au sujet des amendements du groupe no 1, du
groupe no 2, du groupe no 6 et j'en arrive maintenant à ceux du
groupe no 7. Ils concernent les travailleurs de remplacement.
S'il y a un aspect du projet de loi à propos duquel on peut
entendre des commentaires ampoulés, polarisés, bien arrêtés,
conflictuels, peu éclairés, aveugles ou teintés par
l'expérience, c'est bien celui-là. Voilà ce que nous allons
entendre, et ce n'est pas nécessaire.
Ce qu'il faut, c'est une vision qui ne soit pas rétrograde et
qui ne mène pas à une mauvaise direction et à un piètre
leadership syndical qui, très souvent, font passer en dernier
les intérêts des syndiqués.
Nous n'avons pas besoin de cela. Nous savons tous à quel point
la situation peut se détériorer. Elle peut se détériorer de bien
des façons. Prenons un exemple fréquemment mentionné, celui de
la mine Royal Oak, dans le Nord, où des travailleurs de
remplacement avaient été embauchés. Des gens sont morts après
l'explosion souterraine d'une bombe placée pendant le conflit de
travail.
À l'autre extrémité, il y a de petites entreprises qui ont une
accréditation et dont les activités seraient tout à fait
compromises s'il y avait une courte grève ciblée. Il faut
équilibrer tout cela. C'est un problème important. Il faut le
régler dans la convention collective et si l'application de
celle-ci est suspendue, ce qui arrive souvent, les deux parties
accepteront d'assumer leur part de responsabilités respective
aux termes de l'entente sur les travailleurs de remplacement.
Il est inutile de placer le CCRI, comme le fait le projet de
loi, dans une position intenable, celle où il peut interdire le
recours à des travailleurs de remplacement s'il estime que leur
présence mine la capacité de représentation du syndicat.
Le CCRI ne devrait jamais être placé dans cette position.
1715
Monsieur le Président, vous me faites signe que mon temps de
parole est épuisé. C'est fort dommage, car j'avais beaucoup de
données très intéressantes à présenter. Je n'ai même pas pu
livrer l'essentiel de mon discours. J'apprécie le fait que vous
m'ayez donné la possibilité de prendre la parole. J'attendrai
avec impatience les votes.
[Français]
Le président suppléant (M. McClelland): Comme il est 17 h
15, conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, il est de
mon devoir d'interrompre les délibérations et de mettre aux voix
sur-le-champ toute question nécessaire pour disposer de l'étape
du rapport du projet de loi dont la Chambre est maintenant
saisie.
La mise aux voix porte sur la motion no 19. Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les
oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 19 est différé.
[Traduction]
Le vote porte maintenant sur la motion no 25. Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
contre veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les oui
l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 25 est différé. Le résultat
s'appliquera aussi à la motion no 29.
[Français]
La prochaine mise aux voix porte sur la motion no 26. Plaît-il
à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les
non l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 26 est différé.
[Traduction]
Le vote porte maintenant sur la motion no 21 du groupe no 8.
M. Jim Gouk: J'invoque le Règlement pour vous demander votre
avis, monsieur le Président. Disposons-nous d'un moyen de changer
le fait que nous allons voter sur un certain nombre de choses
qui n'ont absolument pas été débattues à la Chambre?
Le président suppléant (M. McClelland): Le député de West
Kootenay—Okanagan n'ignore pas qu'une motion d'attribution du
temps a été présentée en temps opportun plus tôt cette semaine.
Il y a eu un vote. Conformément au Règlement de la Chambre des
communes, nous sommes parfaitement autorisés à procéder comme
nous le faisons. C'est là tout ce que je dirai à propos de ce
recours au Règlement.
1720
Nous passons maintenant au groupe no 8, soit les motions nos 21
et 24.
M. Dale Johnston (Wetaskiwin, Réf.) propose:
Motion no 21
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 16 et 17, page 30, de ce qui suit:
Que le projet de loi C-19, à l'article 37, soit modifié par
substitution, aux lignes 45 et 46, page 31, de ce qui suit:
«phe (1) et obliger, par ordonnance, les parties à avoir recours
à l'arbitrage des propositions finales comme méthode de règlement
des questions en litige afin de régler leur différend et ainsi
assurer la mise en oeuvre de ce paragraphe.»
Le président suppléant (M. McClelland): Nous mettons
maintenant aux voix la motion no 21. Plaît-il à la Chambre
d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont en
faveur de la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
contre veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les oui
l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland):Le vote par appel
nominal sur la motion no 21 est différé.
Nous allons mettre aux voix la motion no 24. Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont en
faveur de la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui sont
contre veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les non
l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland):Le vote par appel
nominal sur la motion no 24 est différé.
[Français]
M. Yves Rocheleau (Trois-Rivières, BQ) propose:
Motion no 31
Que le projet de loi C-19, à l'article 68, soit modifié par
adjonction, après la ligne 24, page 42, de ce qui suit:
«(1.1) Le comité permanent de la Chambre des communes
habituellement chargé des questions relatives au développement
des ressources humaines est automatiquement saisi du rapport
ainsi déposé.»
Le président suppléant (M. McClelland): Plaît-il à la
Chambre d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
appuient la motion veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le président suppléant (M. McClelland): Que tous ceux qui
s'y opposent veuillent bien dire non.
Des voix: Non.
Le président suppléant (M. McClelland): À mon avis, les
oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote par appel
nominal sur la motion no 31 est différé.
[Traduction]
La Chambre passe maintenant aux votes par appel nominal différés
à l'étape du rapport du projet de loi. Convoquez les députés.
1745
Après l'appel du timbre:
Le président suppléant (M. McClelland): Le vote porte sur la
motion no 1, à l'étape du rapport du projet de loi C-19.
1750
(La motion no 1, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Alarie
| Anders
|
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bailey
|
| Bellehumeur
| Bergeron
| Bigras
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
|
| Brien
| Brison
| Cadman
| Casey
|
| Casson
| Chatters
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
|
| Cummins
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
|
| Doyle
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
|
| Dumas
| Duncan
| Elley
| Epp
|
| Forseth
| Gagnon
| Gauthier
| Gilmour
|
| Girard - Bujold
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Guay
|
| Guimond
| Hart
| Harvey
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Loubier
| Lowther
|
| Lunn
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Manning
| Marceau
|
| Marchand
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Matthews
| McNally
|
| Ménard
| Mercier
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
|
| Morrison
| Muise
| Nunziata
| Obhrai
|
| Pankiw
| Penson
| Plamondon
| Power
|
| Price
| Ramsay
| Reynolds
| Ritz
|
| Rocheleau
| Sauvageau
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| St - Hilaire
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Vellacott
|
| Venne
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 100
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alcock
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellemare
|
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
| Blaikie
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Brown
| Bryden
| Bulte
| Byrne
|
| Caccia
| Calder
| Cannis
| Caplan
|
| Carroll
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
|
| Chan
| Charbonneau
| Clouthier
| Coderre
|
| Cohen
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
|
| Cullen
| Davies
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Dromisky
| Duhamel
| Earle
| Easter
|
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Fry
| Gagliano
| Gallaway
|
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Graham
|
| Gray
(Windsor West)
| Grose
| Guarnieri
| Harb
|
| Harvard
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
|
| Jennings
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| MacAulay
| Malhi
| Maloney
|
| Mancini
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| Massé
| McCormick
| McDonough
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Minna
| Mitchell
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Nystrom
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Paradis
| Parrish
| Patry
| Peric
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Pratt
| Proud
| Provenzano
| Redman
|
| Reed
| Richardson
| Riis
| Robillard
|
| Robinson
| Rock
| Saada
| Scott
(Fredericton)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Stoffer
| Szabo
| Telegdi
|
| Thibeault
| Torsney
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Vautour
| Volpe
| Wappel
|
| Wasylycia - Leis
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 152
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 1 rejetée. Le vote
suivant porte sur la motion no 2.
1755
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, j'invoque le
Règlement. Avant que nous passions au vote sur la motion no 2,
je pense que vous constaterez qu'il y a unanimité pour que le
résultat du vote qui vient d'être pris s'applique aux motions
nos 5, 7 et 31.
Le Président: Consent-on à procéder de cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 138.]
Le Président: Je déclare donc les motions nos 5, 7 et 31
rejetées.
Le vote suivant porte sur la motion no 2.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, j'invoque le
Règlement. Si la Chambre en convient, je pense que vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que le vote des députés qui
se sont prononcés sur la motion précédente soit enregistré comme
s'ils s'étaient prononcés sur la motion dont la Chambre est
maintenant saisie, les députés libéraux ayant voté oui.
Le Président: Consent-on à procéder de cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, je vérifie
attentivement, mais je suis certain que le Parti réformiste se
prononce contre cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, sur cette
motion qui est une des nôtres, nous sommes en faveur.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés du NPD se
prononcent contre cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent contre cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Je vote oui sur cette motion.
(La motion no 2, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Brien
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Crête
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
| Gagnon
|
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Guay
| Guimond
|
| Lalonde
| Laurin
| Lebel
| Lefebvre
|
| Loubier
| Marceau
| Marchand
| Ménard
|
| Mercier
| Nunziata
| Plamondon
| Rocheleau
|
| Sauvageau
| St - Hilaire
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
|
| Venne
– 37
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
|
| Bradshaw
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Brown
|
| Bryden
| Bulte
| Byrne
| Caccia
|
| Cadman
| Calder
| Cannis
| Caplan
|
| Carroll
| Casey
| Casson
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chatters
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
|
| Cummins
| Davies
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Doyle
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
|
| Duncan
| Earle
| Easter
| Eggleton
|
| Elley
| Epp
| Finestone
| Finlay
|
| Folco
| Fontana
| Forseth
| Fry
|
| Gagliano
| Gallaway
| Gilmour
| Godfrey
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Gouk
| Graham
|
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
| Grose
| Guarnieri
|
| Harb
| Hart
| Harvard
| Harvey
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
| Jaffer
|
| Jennings
| Johnston
| Jones
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
|
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Konrad
|
| Lastewka
| Lavigne
| Lee
| Leung
|
| Lill
| Lincoln
| Longfield
| Lowther
|
| Lunn
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Malhi
|
| Maloney
| Mancini
| Manning
| Marleau
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
|
| Matthews
| McCormick
| McDonough
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
| McTeague
| McWhinney
|
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Mills
(Red Deer)
| Minna
|
| Mitchell
| Morrison
| Muise
| Murray
|
| Myers
| Nault
| Nystrom
| Obhrai
|
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Pankiw
| Paradis
|
| Parrish
| Patry
| Penson
| Peric
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Power
| Pratt
| Price
| Proud
|
| Provenzano
| Ramsay
| Redman
| Reed
|
| Reynolds
| Richardson
| Riis
| Ritz
|
| Robillard
| Robinson
| Rock
| Saada
|
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
| Sekora
|
| Serré
| Shepherd
| Solberg
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Stoffer
| Strahl
| Szabo
|
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
|
| Torsney
| Ur
| Valeri
| Vanclief
|
| Vautour
| Vellacott
| Volpe
| Wappel
|
| Wasylycia - Leis
| Wayne
| Whelan
| White
(Langley – Abbotsford)
|
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood – 215
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 2 rejetée. Le vote
suivant porte sur la motion no 3.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je pense que vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que le résultat du vote qui
vient d'être pris s'applique aux motions nos 10, 11, 12, 13, 14,
15, 16 et 17.
Le Président: Consent-on à procéder de cette façon?
Des voix: D'accord.
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je vais appuyer les
motions nos 10 et 11. Quant aux autres motions, je vais me
prononcer comme je l'ai fait sur la première motion.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 139.]
1800
Le Président: Je déclare les motions nos 10, 11, 12, 13, 14,
15, 16 et 17 rejetées.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, j'invoque le
Règlement. Je crois savoir qu'il y a unanimité pour que l'on
applique le résultat du vote qui vient d'être pris aux motions
nos 6 et 8.
Le Président: Y a-t-il unanimité pour que l'on procède de cette
façon?
Des voix: D'accord.
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je voterai oui sur la
motion no 6, et non sur la motion no 8.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 139.]
(La motion no 8, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Brien
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Crête
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
| Gagnon
|
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Guay
| Guimond
|
| Lalonde
| Laurin
| Lebel
| Lefebvre
|
| Loubier
| Marceau
| Marchand
| Ménard
|
| Mercier
| Plamondon
| Rocheleau
| Sauvageau
|
| St - Hilaire
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp – 35
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
|
| Bradshaw
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Brown
|
| Bryden
| Bulte
| Byrne
| Caccia
|
| Cadman
| Calder
| Cannis
| Caplan
|
| Carroll
| Casey
| Casson
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chatters
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
|
| Cummins
| Davies
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Doyle
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
|
| Duncan
| Earle
| Easter
| Eggleton
|
| Elley
| Epp
| Finestone
| Finlay
|
| Folco
| Fontana
| Forseth
| Fry
|
| Gagliano
| Gallaway
| Gilmour
| Godfrey
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Gouk
| Graham
|
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
| Grose
| Guarnieri
|
| Harb
| Hart
| Harvard
| Harvey
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
| Jaffer
|
| Jennings
| Johnston
| Jones
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
|
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Konrad
|
| Lastewka
| Lavigne
| Lee
| Leung
|
| Lill
| Lincoln
| Longfield
| Lowther
|
| Lunn
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Malhi
|
| Maloney
| Mancini
| Manning
| Marleau
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
|
| Matthews
| McCormick
| McDonough
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
| McTeague
| McWhinney
|
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Mills
(Red Deer)
| Minna
|
| Mitchell
| Morrison
| Muise
| Murray
|
| Myers
| Nault
| Nunziata
| Nystrom
|
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Pankiw
|
| Paradis
| Parrish
| Patry
| Penson
|
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
|
| Pillitteri
| Power
| Pratt
| Price
|
| Proud
| Provenzano
| Ramsay
| Redman
|
| Reed
| Reynolds
| Richardson
| Riis
|
| Ritz
| Robillard
| Robinson
| Rock
|
| Saada
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Solberg
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Julien
| Stoffer
| Strahl
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Torsney
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Vautour
| Vellacott
| Volpe
|
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Wayne
| Whelan
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood – 216
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare les motions nos 6 et 8 rejetées. Le
prochain vote porte sur la motion no 3.
[Français]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté
sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant voté sur
la motion dont la Chambre est actuellement saisie, avec les
députés libéraux ayant voté non.
[Traduction]
Le Président: Y a-t-il unanimité pour que l'on procède de cette
façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
voteront non sur cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois, à l'exception de la députée de
Saint-Bruno—Saint-Hubert, qui a dû quitter, sont en faveur de
cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates voteront non sur cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent oui sur cette motion.
[Traduction]
(La motion no 3, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Bellehumeur
| Bergeron
| Bigras
| Brien
|
| Brison
| Casey
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
|
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
| Doyle
|
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
| Dumas
|
| Gagnon
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Guay
|
| Guimond
| Harvey
| Jones
| Keddy
(South Shore)
|
| Lalonde
| Laurin
| Lebel
| Lefebvre
|
| Loubier
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Marceau
| Marchand
|
| Matthews
| Ménard
| Mercier
| Muise
|
| Plamondon
| Power
| Price
| Rocheleau
|
| Sauvageau
| St - Hilaire
| Thompson
(Charlotte)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Wayne
– 50
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellemare
|
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
| Blaikie
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brown
| Bryden
| Bulte
|
| Byrne
| Caccia
| Cadman
| Calder
|
| Cannis
| Caplan
| Carroll
| Casson
|
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
|
| Charbonneau
| Chatters
| Clouthier
| Coderre
|
| Cohen
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
|
| Cullen
| Cummins
| Davies
| Desjarlais
|
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
|
| Dockrill
| Dromisky
| Duhamel
| Duncan
|
| Earle
| Easter
| Eggleton
| Elley
|
| Epp
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Forseth
| Fry
| Gagliano
|
| Gallaway
| Gilmour
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Goodale
| Gouk
| Graham
| Gray
(Windsor West)
|
| Grey
(Edmonton North)
| Grose
| Guarnieri
| Harb
|
| Hart
| Harvard
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
|
| Hilstrom
| Hoeppner
| Hubbard
| Ianno
|
| Jackson
| Jaffer
| Jennings
| Johnston
|
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
|
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Konrad
|
| Lastewka
| Lavigne
| Lee
| Leung
|
| Lill
| Lincoln
| Longfield
| Lowther
|
| Lunn
| MacAulay
| Malhi
| Maloney
|
| Mancini
| Manning
| Marleau
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
|
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
| McCormick
|
| McDonough
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
|
| McTeague
| McWhinney
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Mills
(Red Deer)
| Minna
| Mitchell
| Morrison
|
| Murray
| Myers
| Nault
| Nunziata
|
| Nystrom
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Pankiw
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Penson
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Pratt
| Proud
|
| Provenzano
| Ramsay
| Redman
| Reed
|
| Reynolds
| Richardson
| Riis
| Ritz
|
| Robillard
| Robinson
| Rock
| Saada
|
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
| Sekora
|
| Serré
| Shepherd
| Solberg
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Stoffer
| Strahl
| Szabo
|
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Wild Rose)
| Torsney
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Vautour
|
| Vellacott
| Volpe
| Wappel
| Wasylycia - Leis
|
| Whelan
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
|
| Wood
– 201
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 3 rejetée. Le prochain
vote porte sur la motion no 4.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, j'invoque le
Règlement. Si la Chambre y consent, je propose que vous
demandiez s'il y a unanimité pour que l'on applique le résultat
du vote sur la motion précédente à la motion dont la Chambre est
maintenant saisie, les députés libéraux votant non.
Le Président: Le vote porte sur la motion no 4. Y a-t-il unanimité
pour que l'on procède de cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
voteront oui sur la motion.
1805
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent oui sur cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents voteront non.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent non sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, si je comprends bien,
cet amendement vise à ce que la loi permette au conseil d'élire
un président si le poste devient vacant. J'appuie cette motion.
(La motion no 4, vise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Alarie
| Anders
|
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bailey
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brien
|
| Cadman
| Casson
| Chatters
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Crête
| Cummins
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
|
| Debien
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
|
| Duncan
| Elley
| Epp
| Forseth
|
| Gagnon
| Gauthier
| Gilmour
| Girard - Bujold
|
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Guay
| Guimond
|
| Hart
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
|
| Hoeppner
| Jaffer
| Johnston
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Loubier
| Lowther
|
| Lunn
| Manning
| Marceau
| Marchand
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| McNally
| Ménard
| Mercier
|
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
| Nunziata
|
| Obhrai
| Pankiw
| Penson
| Plamondon
|
| Ramsay
| Reynolds
| Ritz
| Rocheleau
|
| Sauvageau
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
| Solberg
|
| St - Hilaire
| Strahl
| Thompson
(Wild Rose)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Vellacott
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 84
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alcock
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
|
| Bradshaw
| Brison
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Calder
|
| Cannis
| Caplan
| Carroll
| Casey
|
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
|
| Charbonneau
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
|
| Davies
| Desjarlais
| DeVillers
| Dhaliwal
|
| Dion
| Discepola
| Dockrill
| Doyle
|
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
| Earle
|
| Easter
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
|
| Folco
| Fontana
| Fry
| Gagliano
|
| Gallaway
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
|
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
| Guarnieri
|
| Harb
| Harvard
| Harvey
| Hubbard
|
| Ianno
| Jackson
| Jennings
| Jones
|
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Malhi
|
| Maloney
| Mancini
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
|
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
| Matthews
| McCormick
|
| McDonough
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
|
| McWhinney
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
| Mitchell
|
| Muise
| Murray
| Myers
| Nault
|
| Nystrom
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Paradis
|
| Parrish
| Patry
| Peric
| Pettigrew
|
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Power
|
| Pratt
| Price
| Proud
| Provenzano
|
| Redman
| Reed
| Richardson
| Riis
|
| Robillard
| Robinson
| Rock
| Saada
|
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
| Shepherd
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Julien
| Stoffer
| Szabo
|
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
| Torsney
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Vautour
|
| Volpe
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Wayne
|
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 167
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 4 rejetée.
Le vote suivant porte sur la motion no 30.
[Français]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté
sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant voté sur
la motion dont la Chambre est actuellement saisie, avec les
députés libéraux ayant voté non.
[Traduction]
Le Président: Y a-t-il unanimité pour que l'on procède de cette
façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
voteront oui sur cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Les députés du Bloc québécois
s'opposent à cette motion, monsieur le Président.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents voteront non sur cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent oui sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, cette motion
empêcherait l'accréditation automatique. J'appuie cette motion.
(La motion no 30, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bailey
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Cadman
|
| Casey
| Casson
| Chatters
| Cummins
|
| Doyle
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duncan
| Elley
|
| Epp
| Forseth
| Gilmour
| Gouk
|
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
| Harvey
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lowther
| Lunn
|
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Matthews
|
| McNally
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
|
| Muise
| Nunziata
| Obhrai
| Pankiw
|
| Penson
| Power
| Price
| Ramsay
|
| Reynolds
| Ritz
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
|
| Vellacott
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver) – 64
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
| Beaumier
|
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
|
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
|
| Boudria
| Bradshaw
| Brien
| Brown
|
| Bryden
| Bulte
| Byrne
| Caccia
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
|
| Charbonneau
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
|
| Cohen
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
|
| Crête
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Duhamel
|
| Dumas
| Earle
| Easter
| Eggleton
|
| Finestone
| Finlay
| Folco
| Fontana
|
| Fry
| Gagliano
| Gagnon
| Gallaway
|
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
|
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
| Harb
|
| Harvard
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
|
| Jennings
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
|
| Laurin
| Lavigne
| Lebel
| Lee
|
| Lefebvre
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| Loubier
| MacAulay
| Malhi
|
| Maloney
| Mancini
| Marceau
| Marchand
|
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
|
| McCormick
| McDonough
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
|
| McTeague
| McWhinney
| Ménard
| Mercier
|
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
| Mitchell
| Murray
|
| Myers
| Nault
| Nystrom
| O'Reilly
|
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
|
| Pillitteri
| Plamondon
| Pratt
| Proud
|
| Provenzano
| Redman
| Reed
| Richardson
|
| Riis
| Robillard
| Robinson
| Rocheleau
|
| Rock
| Saada
| Sauvageau
| Scott
(Fredericton)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
| Szabo
|
| Telegdi
| Thibeault
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Ur
| Valeri
| Vanclief
|
| Vautour
| Volpe
| Wappel
| Wasylycia - Leis
|
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 187
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 30 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que la
Chambre consentirait à ce que le résultat du vote précédent soit
appliqué aux motions nos 9, 28, 18, 22, 25 et 27.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 143.]
Le Président: Je déclare les motions suivantes rejetées: nos 9,
18, 22, 25, 27 et 28. Je déclare également les motions nos 20 et
23 rejetées.
Le prochain vote porte sur la motion no 19.
1810
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je vous
demanderais de vérifier s'il y a consentement unanime pour que
les députés qui ont voté sur la motion précédente soient
inscrits comme ayant voté sur la motion dont nous sommes
maintenant saisis, les députés libéraux votant contre cette
motion.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents s'opposent à cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents votent en faveur de cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent non sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, cet amendement
interdirait les travailleurs de remplacement, et je m'y oppose.
(La motion no 19, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Blaikie
| Brien
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| Dockrill
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
| Earle
|
| Gagnon
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Guay
| Guimond
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Lill
| Loubier
|
| Mancini
| Marceau
| Marchand
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| McDonough
| Ménard
| Mercier
| Nystrom
|
| Plamondon
| Riis
| Robinson
| Rocheleau
|
| Sauvageau
| St - Hilaire
| Stoffer
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Vautour
| Wasylycia - Leis – 51
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Cadman
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Casey
| Casson
| Catterall
| Cauchon
|
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
| Chatters
|
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
| Collenette
|
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
| Cummins
|
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
|
| Doyle
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
|
| Duncan
| Easter
| Eggleton
| Elley
|
| Epp
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Forseth
| Fry
| Gagliano
|
| Gallaway
| Gilmour
| Godfrey
| Goodale
|
| Gouk
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
|
| Grose
| Guarnieri
| Harb
| Hart
|
| Harvard
| Harvey
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
|
| Hilstrom
| Hoeppner
| Hubbard
| Ianno
|
| Jackson
| Jaffer
| Jennings
| Johnston
|
| Jones
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
|
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
|
| Knutson
| Konrad
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lincoln
| Longfield
|
| Lowther
| Lunn
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Manning
| Marleau
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Massé
| Matthews
|
| McCormick
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
|
| McTeague
| McWhinney
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Mills
(Red Deer)
| Minna
| Mitchell
| Morrison
|
| Muise
| Murray
| Myers
| Nault
|
| Nunziata
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Pankiw
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Penson
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Power
| Pratt
|
| Price
| Proud
| Provenzano
| Ramsay
|
| Redman
| Reed
| Reynolds
| Richardson
|
| Ritz
| Robillard
| Rock
| Saada
|
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
| Sekora
|
| Serré
| Shepherd
| Solberg
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Strahl
| Szabo
| Telegdi
|
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Torsney
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Vellacott
|
| Volpe
| Wappel
| Wayne
| Whelan
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood
– 200
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 19 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que la
Chambre consentirait à ce que le résultat du vote précédent soit
appliqué à la motion no 26.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no. 144.]
Le Président: Je déclare la motion no 26 rejetée.
Le prochain vote porte sur la motion no 21.
[Français]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté
sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant voté sur
la motion dont la Chambre est actuellement saisie, les députés
libéraux ayant voté non.
[Traduction]
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents votent en faveur de cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent contre cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents s'opposent à cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent contre cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, cet amendement aurait
pour effet d'imposer l'arbitrage des propositions finales comme
méthode de règlement des différends, et je l'appuie.
(La motion no 21, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bailey
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Cadman
| Casson
| Chatters
|
| Cummins
| Duncan
| Elley
| Epp
|
| Forseth
| Gilmour
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
|
| Hart
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
|
| Hoeppner
| Jaffer
| Johnston
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lowther
| Lunn
|
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| McNally
| Meredith
|
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
| Nunziata
| Obhrai
|
| Pankiw
| Penson
| Ramsay
| Reynolds
|
| Ritz
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
| Solberg
|
| Strahl
| Thompson
(Wild Rose)
| Vellacott
| White
(Langley – Abbotsford)
|
| White
(North Vancouver)
– 49
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bachand
(Saint - Jean)
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
|
| Bellemare
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
|
| Bevilacqua
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
|
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
| Brien
|
| Brison
| Brown
| Bryden
| Bulte
|
| Byrne
| Caccia
| Calder
| Cannis
|
| Caplan
| Carroll
| Casey
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Crête
|
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| Davies
| de Savoye
|
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
| Dhaliwal
|
| Dion
| Discepola
| Dockrill
| Doyle
|
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
|
| Duhamel
| Dumas
| Earle
| Easter
|
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Fry
| Gagliano
| Gagnon
|
| Gallaway
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godfrey
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
|
| Grose
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
|
| Harb
| Harvard
| Harvey
| Hubbard
|
| Ianno
| Jackson
| Jennings
| Jones
|
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
|
| Laurin
| Lavigne
| Lebel
| Lee
|
| Lefebvre
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| Loubier
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Mancini
| Marceau
|
| Marchand
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| Massé
| Matthews
| McCormick
| McDonough
|
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
|
| Ménard
| Mercier
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
|
| Mitchell
| Muise
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Nystrom
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Paradis
| Parrish
| Patry
| Peric
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Plamondon
| Power
| Pratt
| Price
|
| Proud
| Provenzano
| Redman
| Reed
|
| Richardson
| Riis
| Robillard
| Robinson
|
| Rocheleau
| Rock
| Saada
| Sauvageau
|
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
| Shepherd
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
|
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Ur
|
| Valeri
| Vanclief
| Vautour
| Volpe
|
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Wayne
| Whelan
|
| Wilfert
| Wood – 202
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 21 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, si vous le
demandiez, je crois que la Chambre consentirait à ce que les
résultats du vote précédent soient appliqués à la motion no 24.
Le Président: Y a-t-il unanimité pour que l'on procède de cette
façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 145.]
Le Président: Je déclare la motion no 24 rejetée.
L'hon. Lawrence MacAulay (ministre du Travail, Lib.) propose:
Que le projet de loi soit agréé.
Le Président: Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire
non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, si la Chambre y
consent, je propose que vous demandiez s'il y a unanimité pour
que l'on applique le résultat du vote sur la motion précédente à
la motion dont la Chambre est maintenant saisie, les députés
libéraux votant oui.
1815
Le Président: Y a-t-il unanimité pour que l'on procède de cette
façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
voteront non sur cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois, incluant la députée de
Saint-Bruno—Saint-Hubert, s'opposent à cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates voteront oui.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent non sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je voterai non.
(La motion, mise aux voix, est adoptée.)
POUR
Députés
| Adams
| Alcock
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellemare
|
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
| Blaikie
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Brown
| Bryden
| Bulte
| Byrne
|
| Caccia
| Calder
| Cannis
| Caplan
|
| Carroll
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
|
| Chan
| Charbonneau
| Clouthier
| Coderre
|
| Cohen
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
|
| Cullen
| Davies
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Dromisky
| Duhamel
| Earle
| Easter
|
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Fry
| Gagliano
| Gallaway
|
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Graham
|
| Gray
(Windsor West)
| Grose
| Guarnieri
| Harb
|
| Harvard
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
|
| Jennings
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| MacAulay
| Malhi
| Maloney
|
| Mancini
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| Massé
| McCormick
| McDonough
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Minna
| Mitchell
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Nystrom
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Paradis
| Parrish
| Patry
| Peric
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Pratt
| Proud
| Provenzano
| Redman
|
| Reed
| Richardson
| Riis
| Robillard
|
| Robinson
| Rock
| Saada
| Scott
(Fredericton)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Stoffer
| Szabo
| Telegdi
|
| Thibeault
| Torsney
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Vautour
| Volpe
| Wappel
|
| Wasylycia - Leis
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 152
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Alarie
| Anders
|
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bailey
|
| Bellehumeur
| Bergeron
| Bigras
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
|
| Brien
| Brison
| Cadman
| Casey
|
| Casson
| Chatters
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
|
| Cummins
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
|
| Doyle
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
|
| Dumas
| Duncan
| Elley
| Epp
|
| Forseth
| Gagnon
| Gauthier
| Gilmour
|
| Girard - Bujold
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Guay
|
| Guimond
| Hart
| Harvey
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Loubier
| Lowther
|
| Lunn
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Manning
| Marceau
|
| Marchand
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Matthews
| McNally
|
| Ménard
| Mercier
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
|
| Morrison
| Muise
| Nunziata
| Obhrai
|
| Pankiw
| Penson
| Plamondon
| Power
|
| Price
| Ramsay
| Reynolds
| Ritz
|
| Rocheleau
| Sauvageau
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| St - Hilaire
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Vellacott
|
| Venne
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 100
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion adoptée.
* * *
LA LOI SUR LES GRAINS DU CANADA
La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 mai, du projet de
loi C-26, Loi modifiant la Loi sur les grains du Canada et la Loi
sur les sanctions administratives pécuniaires en matière
d'agriculture et d'agroalimentaire et abrogeant la Loi sur les
marchés de grain à terme, dont un comité a fait rapport avec des
propositions d'amendement.
Le Président: La Chambre abordera maintenant les votes par appel
nominal différés à l'étape du rapport du projet de loi C-26
modifiant la Loi sur les grains du Canada.
Le vote porte sur la motion no 1. Le résultat du vote sur cette
motion s'appliquera également aux motions nos 5, 8, 9, 10, et 11.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je propose que
vous demandiez le consentement unanime pour que les députés qui
ont voté sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant
voté sur la motion dont la Chambre est actuellement saisie, les
députés libéraux votant non.
Le Président: Est-on d'accord pour procéder de cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents votent en faveur de cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Les députés du Bloc québécois
s'opposent à cette motion, monsieur le Président.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents votent en faveur de cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Les députés de notre parti votent oui
sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, comme ce projet de
loi, qui porte sur la Loi sur les grains du Canada, ne concerne
pas vraiment les résidents de York-Sud—Weston, je suis prêt à
accorder le bénéfice du doute au gouvernement et à appuyer le
projet de loi.
(La motion no 1, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bailey
| Blaikie
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
|
| Cadman
| Casey
| Casson
| Chatters
|
| Cummins
| Davies
| Desjarlais
| Dockrill
|
| Doyle
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duncan
| Earle
|
| Elley
| Epp
| Forseth
| Gilmour
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
|
| Harvey
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
|
| Hoeppner
| Jaffer
| Johnston
| Jones
|
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Konrad
|
| Lill
| Lowther
| Lunn
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Mancini
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| Matthews
| McDonough
| McNally
| Meredith
|
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
| Muise
| Nystrom
|
| Obhrai
| Pankiw
| Penson
| Power
|
| Price
| Ramsay
| Reynolds
| Riis
|
| Ritz
| Robinson
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| Stoffer
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Vautour
| Vellacott
| Wasylycia - Leis
|
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 79
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
| Beaumier
|
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
|
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bigras
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
|
| Bradshaw
| Brien
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Calder
|
| Cannis
| Caplan
| Carroll
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Crête
|
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
|
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
|
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Duhamel
|
| Dumas
| Easter
| Eggleton
| Finestone
|
| Finlay
| Folco
| Fontana
| Fry
|
| Gagliano
| Gagnon
| Gallaway
| Gauthier
|
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Goodale
| Graham
|
| Gray
(Windsor West)
| Grose
| Guarnieri
| Guay
|
| Guimond
| Harb
| Harvard
| Hubbard
|
| Ianno
| Jackson
| Jennings
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
|
| Lalonde
| Lastewka
| Laurin
| Lavigne
|
| Lebel
| Lee
| Lefebvre
| Leung
|
| Lincoln
| Longfield
| Loubier
| MacAulay
|
| Malhi
| Maloney
| Marceau
| Marchand
|
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Massé
| McCormick
|
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
|
| Ménard
| Mercier
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
|
| Mitchell
| Murray
| Myers
| Nault
|
| Nunziata
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Paradis
|
| Parrish
| Patry
| Peric
| Pettigrew
|
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Plamondon
|
| Pratt
| Proud
| Provenzano
| Redman
|
| Reed
| Richardson
| Robillard
| Rocheleau
|
| Rock
| Saada
| Sauvageau
| Scott
(Fredericton)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Hilaire
| St - Julien
| Szabo
| Telegdi
|
| Thibeault
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Venne
|
| Volpe
| Wappel
| Whelan
| Wilfert
|
| Wood – 173
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 1 rejetée. Je déclare par
conséquent les motions nos 5, 8, 9, 10 et 11 rejetées.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois qu'il y
a unanimité pour appliquer le résultat du vote que nous venons
de prendre à la motion no 2.
Le Président: Y a-t-il consentement unanime pour procéder de cette
façon?
Des voix: D'accord.
[Note de l'éditeur: Voir la liste sous le vote no 147.]
Le Président: Je déclare la motion no 2 rejetée. Je déclare
également les motions nos 3, 4 et 6 rejetées.
L'hon. Lyle Vanclief (ministre de l'Agriculture et de
l'Agroalimentaire, Lib.) propose que le projet de loi soit
agréé.
Le Président: Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
1820
Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire
non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je propose que
vous demandiez le consentement unanime de la Chambre pour dire
que les députés qui ont voté sur la motion précédente soient
enregistrés comme ayant voté sur la motion dont la Chambre est
maintenant saisie, les libéraux votant oui.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, comme notre motion a été
rejetée, nous devons voter non à ce stade-ci.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les néo-démocrates votent
en faveur de la motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je vote oui au nom de
mes électeurs.
(La motion, mise aux voix, est adoptée.)
POUR
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bachand
(Saint - Jean)
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
|
| Bellemare
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
|
| Bevilacqua
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
|
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
| Brien
|
| Brison
| Brown
| Bryden
| Bulte
|
| Byrne
| Caccia
| Calder
| Cannis
|
| Caplan
| Carroll
| Casey
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Crête
|
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| Davies
| de Savoye
|
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
| Dhaliwal
|
| Dion
| Discepola
| Dockrill
| Doyle
|
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
|
| Duhamel
| Dumas
| Earle
| Easter
|
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Fry
| Gagliano
| Gagnon
|
| Gallaway
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godfrey
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
|
| Grose
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
|
| Harb
| Harvard
| Harvey
| Hubbard
|
| Ianno
| Jackson
| Jennings
| Jones
|
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
|
| Laurin
| Lavigne
| Lebel
| Lee
|
| Lefebvre
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| Loubier
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Mancini
| Marceau
|
| Marchand
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| Massé
| Matthews
| McCormick
| McDonough
|
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
|
| Ménard
| Mercier
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
|
| Mitchell
| Muise
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Nunziata
| Nystrom
| O'Reilly
|
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
|
| Pillitteri
| Plamondon
| Power
| Pratt
|
| Price
| Proud
| Provenzano
| Redman
|
| Reed
| Richardson
| Riis
| Robillard
|
| Robinson
| Rocheleau
| Rock
| Saada
|
| Sauvageau
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
|
| Shepherd
| Speller
| St. Denis
| Steckle
|
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
|
| Stoffer
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
|
| Thompson
(Charlotte)
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Vautour
|
| Venne
| Volpe
| Wappel
| Wasylycia - Leis
|
| Wayne
| Whelan
| Wilfert
| Wood
– 204
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bailey
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Cadman
| Casson
| Chatters
|
| Cummins
| Duncan
| Elley
| Epp
|
| Forseth
| Gilmour
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
|
| Hart
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
|
| Hoeppner
| Jaffer
| Johnston
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lowther
| Lunn
|
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| McNally
| Meredith
|
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
| Obhrai
| Pankiw
|
| Penson
| Ramsay
| Reynolds
| Ritz
|
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
| Solberg
| Strahl
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Vellacott
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 48
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion adoptée.
* * *
LOI SUR L'IDENTIFICATION PAR LES EMPREINTES GÉNÉTIQUES
La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 mai, du projet de
loi C-3, Loi concernant l'identification par les empreintes
génétiques et modifiant le Code criminel et d'autres lois en
conséquence, dont le comité a fait rapport avec une proposition
d'amendement.
Le Président: Les prochains votes par appel nominal différé
visent les motions à l'étape du rapport du projet de loi C-3. Le
vote porte sur la motion no 1. Si la motion no 1 est rejetée, il
faudra mettre aux voix la motion no 2.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je demande le
consentement unanime de la Chambre pour que les députés qui ont
voté sur la motion précédente soient inscrits comme ayant voté
sur la motion dont la Chambre est présentement saisie, les
députés libéraux votant non.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés du Parti
réformiste votent contre la motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents votent en faveur de la motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent contre cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je vote non au nom de
mes électeurs.
(La motion no 1, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Blaikie
| Brien
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| Dockrill
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
| Earle
|
| Gagnon
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Guay
| Guimond
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Lill
| Loubier
|
| Mancini
| Marceau
| Marchand
| Martin
(Winnipeg Centre)
|
| McDonough
| Ménard
| Mercier
| Nystrom
|
| Plamondon
| Riis
| Robinson
| Rocheleau
|
| Sauvageau
| St - Hilaire
| Stoffer
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Vautour
| Venne
| Wasylycia - Leis – 52
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Cadman
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Casey
| Casson
| Catterall
| Cauchon
|
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
| Chatters
|
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
| Collenette
|
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
| Cummins
|
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
|
| Doyle
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
|
| Duncan
| Easter
| Eggleton
| Elley
|
| Epp
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Forseth
| Fry
| Gagliano
|
| Gallaway
| Gilmour
| Godfrey
| Goodale
|
| Gouk
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
|
| Grose
| Guarnieri
| Harb
| Hart
|
| Harvard
| Harvey
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
|
| Hilstrom
| Hoeppner
| Hubbard
| Ianno
|
| Jackson
| Jaffer
| Jennings
| Johnston
|
| Jones
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
|
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
|
| Knutson
| Konrad
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lincoln
| Longfield
|
| Lowther
| Lunn
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Manning
| Marleau
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Massé
| Matthews
|
| McCormick
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
|
| McTeague
| McWhinney
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Mills
(Red Deer)
| Minna
| Mitchell
| Morrison
|
| Muise
| Murray
| Myers
| Nault
|
| Nunziata
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Pankiw
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Penson
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Power
| Pratt
|
| Price
| Proud
| Provenzano
| Ramsay
|
| Redman
| Reed
| Reynolds
| Richardson
|
| Ritz
| Robillard
| Rock
| Saada
|
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
| Sekora
|
| Serré
| Shepherd
| Solberg
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Strahl
| Szabo
| Telegdi
|
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Torsney
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Vellacott
|
| Volpe
| Wappel
| Wayne
| Whelan
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood
– 200
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 1 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, si vous le
demandiez, vous obtiendriez sans doute le consentement unanime
de la Chambre pour appliquer le résultat de ce vote aux motions
nos 4 et 6.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de l'éditeur: Voir la liste sous le vote no 149]
Le Président: Je déclare les motions nos 4 et 6 rejetées.
Nous passons maintenant à la motion no 2. Plaît-il à la Chambre
d'adopter la motion?
Des voix: Oui.
Des voix: Non.
Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire
non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les non l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
1825
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je propose que
vous demandiez le consentement unanime de la Chambre pour que
les députés qui ont voté sur la motion précédente soient
inscrits comme ayant voté sur la motion dont la Chambre est
maintenant saisie, les députés libéraux votant non.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents voteront en faveur de la motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont d'accord avec cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents à la Chambre voteront en faveur de la
motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent non sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je vais voter en
faveur de cette motion.
(La motion no 2, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Alarie
| Anders
|
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bailey
| Bellehumeur
|
| Bergeron
| Bigras
| Blaikie
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
|
| Brien
| Cadman
| Casson
| Chatters
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Crête
| Cummins
| Dalphond - Guiral
|
| Davies
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
|
| Dockrill
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Dumas
|
| Duncan
| Earle
| Elley
| Epp
|
| Forseth
| Gagnon
| Gauthier
| Gilmour
|
| Girard - Bujold
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
|
| Guay
| Guimond
| Hart
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Konrad
|
| Lalonde
| Laurin
| Lebel
| Lefebvre
|
| Lill
| Loubier
| Lowther
| Lunn
|
| Mancini
| Manning
| Marceau
| Marchand
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| McDonough
| McNally
|
| Ménard
| Mercier
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
|
| Morrison
| Nunziata
| Nystrom
| Obhrai
|
| Pankiw
| Penson
| Plamondon
| Ramsay
|
| Reynolds
| Riis
| Ritz
| Robinson
|
| Rocheleau
| Sauvageau
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| St - Hilaire
| Stoffer
| Strahl
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Vautour
|
| Vellacott
| Venne
| Wasylycia - Leis
| White
(Langley – Abbotsford)
|
| White
(North Vancouver)
– 101
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alcock
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Baker
| Bakopanos
|
| Barnes
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
|
| Bellemare
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Brison
| Brown
| Bryden
| Bulte
|
| Byrne
| Caccia
| Calder
| Cannis
|
| Caplan
| Carroll
| Casey
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
| Collenette
|
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Doyle
|
| Dromisky
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duhamel
| Easter
|
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Fry
| Gagliano
| Gallaway
|
| Godfrey
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
|
| Grose
| Guarnieri
| Harb
| Harvard
|
| Harvey
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
|
| Jennings
| Jones
| Jordan
| Karetak - Lindell
|
| Keddy
(South Shore)
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
|
| Lastewka
| Lavigne
| Lee
| Leung
|
| Lincoln
| Longfield
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
|
| Massé
| Matthews
| McCormick
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
| McWhinney
| Mills
(Broadview – Greenwood)
|
| Minna
| Mitchell
| Muise
| Murray
|
| Myers
| Nault
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Paradis
| Parrish
| Patry
| Peric
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Power
| Pratt
| Price
| Proud
|
| Provenzano
| Redman
| Reed
| Richardson
|
| Robillard
| Rock
| Saada
| Scott
(Fredericton)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Speller
|
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
|
| St - Julien
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
|
| Thompson
(Charlotte)
| Torsney
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Volpe
| Wappel
| Wayne
|
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 151
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 2 rejetée.
Le vote suivant porte sur la motion no 3.
[Français]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté
sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant voté sur
la motion dont la Chambre est actuellement saisie, les députés
libéraux ayant voté non.
[Traduction]
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents voteront en faveur de la motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents à la Chambre voteront en faveur de la
motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent oui sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je voterai en faveur
de la motion.
(La motion no 3, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Alarie
| Anders
|
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
| Bailey
|
| Bellehumeur
| Bergeron
| Bigras
| Blaikie
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brien
| Brison
| Cadman
|
| Casey
| Casson
| Chatters
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Crête
| Cummins
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| Dockrill
|
| Doyle
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
|
| Dumas
| Duncan
| Earle
| Elley
|
| Epp
| Forseth
| Gagnon
| Gauthier
|
| Gilmour
| Girard - Bujold
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Gouk
|
| Grey
(Edmonton North)
| Guay
| Guimond
| Hart
|
| Harvey
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
|
| Hoeppner
| Jaffer
| Johnston
| Jones
|
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Konrad
|
| Lalonde
| Laurin
| Lebel
| Lefebvre
|
| Lill
| Loubier
| Lowther
| Lunn
|
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Mancini
| Manning
| Marceau
|
| Marchand
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Matthews
|
| McDonough
| McNally
| Ménard
| Mercier
|
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
| Muise
|
| Nunziata
| Nystrom
| Obhrai
| Pankiw
|
| Penson
| Plamondon
| Power
| Price
|
| Ramsay
| Reynolds
| Riis
| Ritz
|
| Robinson
| Rocheleau
| Sauvageau
| Schmidt
|
| Scott
(Skeena)
| Solberg
| St - Hilaire
| Stoffer
|
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Vautour
| Vellacott
| Venne
|
| Wasylycia - Leis
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver) – 116
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alcock
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellemare
|
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
| Bonin
|
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
| Brown
|
| Bryden
| Bulte
| Byrne
| Caccia
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
|
| Charbonneau
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
|
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
|
| Dromisky
| Duhamel
| Easter
| Eggleton
|
| Finestone
| Finlay
| Folco
| Fontana
|
| Fry
| Gagliano
| Gallaway
| Godfrey
|
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
|
| Guarnieri
| Harb
| Harvard
| Hubbard
|
| Ianno
| Jackson
| Jennings
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
|
| Lastewka
| Lavigne
| Lee
| Leung
|
| Lincoln
| Longfield
| MacAulay
| Malhi
|
| Maloney
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Massé
|
| McCormick
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
| McTeague
|
| McWhinney
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
| Mitchell
|
| Murray
| Myers
| Nault
| O'Reilly
|
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
|
| Pillitteri
| Pratt
| Proud
| Provenzano
|
| Redman
| Reed
| Richardson
| Robillard
|
| Rock
| Saada
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
|
| Serré
| Shepherd
| Speller
| St. Denis
|
| Steckle
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
| St - Julien
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Torsney
|
| Ur
| Valeri
| Vanclief
| Volpe
|
| Wappel
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 136
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 3 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, si vous le
demandiez, je crois que la Chambre consentirait à ce que le
résultat du vote que nous venons de prendre soit appliqué aux
motions nos 7 et 8.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 151.]
Le Président: Je déclare les motions nos 7 et 8 rejetées.
Le vote suivant porte sur la motion no 5.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous
constateriez que la Chambre consent à ce que les députés qui ont
voté sur la motion précédente soient considérés comme ayant voté
sur la motion dont la Chambre est maintenant saisie, les députés
du Parti libéral votant non.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
voteront contre cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent oui sur cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents voteront en faveur de cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent oui sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, si je comprends bien,
cette motion prévoit un examen de la loi tous les trois ans. Je
voterai donc oui.
1830
(La motion no 5, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Alarie
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Bellehumeur
| Bergeron
| Bigras
| Blaikie
|
| Brien
| Brison
| Casey
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Crête
| Dalphond - Guiral
| Davies
| de Savoye
|
| Debien
| Desjarlais
| Dockrill
| Doyle
|
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
| Dumas
|
| Earle
| Gagnon
| Gauthier
| Girard - Bujold
|
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Guay
| Guimond
| Harvey
|
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Lalonde
| Laurin
|
| Lebel
| Lefebvre
| Lill
| Loubier
|
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Mancini
| Marceau
| Marchand
|
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Matthews
| McDonough
| Ménard
|
| Mercier
| Muise
| Nunziata
| Nystrom
|
| Plamondon
| Power
| Price
| Riis
|
| Robinson
| Rocheleau
| Sauvageau
| St - Hilaire
|
| Stoffer
| Thompson
(Charlotte)
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
|
| Vautour
| Venne
| Wasylycia - Leis
| Wayne – 68
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alcock
|
| Anders
| Anderson
| Assad
| Assadourian
|
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellemare
|
| Bennett
| Bertrand
| Bevilacqua
| Bonin
|
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
|
| Brown
| Bryden
| Bulte
| Byrne
|
| Caccia
| Cadman
| Calder
| Cannis
|
| Caplan
| Carroll
| Casson
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chatters
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Cullen
|
| Cummins
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
|
| Discepola
| Dromisky
| Duhamel
| Duncan
|
| Easter
| Eggleton
| Elley
| Epp
|
| Finestone
| Finlay
| Folco
| Fontana
|
| Forseth
| Fry
| Gagliano
| Gallaway
|
| Gilmour
| Godfrey
| Goodale
| Gouk
|
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
| Grose
|
| Guarnieri
| Harb
| Hart
| Harvard
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
| Jaffer
|
| Jennings
| Johnston
| Jordan
| Karetak - Lindell
|
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
|
| Knutson
| Konrad
| Lastewka
| Lavigne
|
| Lee
| Leung
| Lincoln
| Longfield
|
| Lowther
| Lunn
| MacAulay
| Malhi
|
| Maloney
| Manning
| Marleau
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
|
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Massé
| McCormick
| McGuire
|
| McKay
(Scarborough East)
| McNally
| McTeague
| McWhinney
|
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Mills
(Red Deer)
| Minna
|
| Mitchell
| Morrison
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Pankiw
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Penson
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Pratt
| Proud
|
| Provenzano
| Ramsay
| Redman
| Reed
|
| Reynolds
| Richardson
| Ritz
| Robillard
|
| Rock
| Saada
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
|
| Scott
(Skeena)
| Sekora
| Serré
| Shepherd
|
| Solberg
| Speller
| St. Denis
| Steckle
|
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
| St - Julien
| Strahl
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Wild Rose)
|
| Torsney
| Ur
| Valeri
| Vanclief
|
| Vellacott
| Volpe
| Wappel
| Whelan
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood
– 184
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion rejetée.
Nous votons maintenant sur la motion no 13.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, si la Chambre y
consent, je propose que vous demandiez le consentement unanime
pour que l'on considère que les députés qui ont voté sur la
motion précédente soient inscrits comme ayant voté sur la motion
dont la Chambre est actuellement saisie, les députés libéraux
votant en faveur de la motion.
Le Président: Y a-t-il consentement unanime?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, le membres du Parti
réformiste présents voteront non sur cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents voteront en faveur de cette motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent non sur cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je voterai en faveur
de cette motion.
(La motion no 13, mise aux voix, est adoptée.)
POUR
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
| Beaumier
|
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
|
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
|
| Boudria
| Bradshaw
| Brien
| Brown
|
| Bryden
| Bulte
| Byrne
| Caccia
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Catterall
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
|
| Charbonneau
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
|
| Cohen
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
|
| Crête
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Duhamel
|
| Dumas
| Earle
| Easter
| Eggleton
|
| Finestone
| Finlay
| Folco
| Fontana
|
| Fry
| Gagliano
| Gagnon
| Gallaway
|
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
|
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
| Harb
|
| Harvard
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
|
| Jennings
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keyes
|
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
|
| Laurin
| Lavigne
| Lebel
| Lee
|
| Lefebvre
| Leung
| Lill
| Lincoln
|
| Longfield
| Loubier
| MacAulay
| Malhi
|
| Maloney
| Mancini
| Marceau
| Marchand
|
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
|
| McCormick
| McDonough
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
|
| McTeague
| McWhinney
| Ménard
| Mercier
|
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
| Mitchell
| Murray
|
| Myers
| Nault
| Nunziata
| Nystrom
|
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
|
| Patry
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Plamondon
| Pratt
|
| Proud
| Provenzano
| Redman
| Reed
|
| Richardson
| Riis
| Robillard
| Robinson
|
| Rocheleau
| Rock
| Saada
| Sauvageau
|
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
| Shepherd
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Torsney
|
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Vautour
| Venne
| Volpe
|
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Whelan
| Wilfert
|
| Wood – 189
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bailey
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Cadman
|
| Casey
| Casson
| Chatters
| Cummins
|
| Doyle
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duncan
| Elley
|
| Epp
| Forseth
| Gilmour
| Gouk
|
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
| Harvey
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lowther
| Lunn
|
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Matthews
|
| McNally
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
|
| Muise
| Obhrai
| Pankiw
| Penson
|
| Power
| Price
| Ramsay
| Reynolds
|
| Ritz
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
| Solberg
|
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Vellacott
|
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 63
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 13 adoptée.
Le prochain vote porte sur la motion no 9.
[Français]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous
constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté
sur la motion précédente soient enregistrés comme ayant voté sur
la motion dont la Chambre est actuellement saisie, les députés
libéraux ayant voté oui.
[Traduction]
Le Président: Y a-t-il consentement unanime?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, le membres du Parti
réformiste présents voteront en faveur de cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présent voteront oui.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent en faveur de cette motion.
M. John Nunziata: Monsieur le Président, cet amendement
vise à clarifier la terminologie française du projet de loi, et
je vote en faveur.
[Traduction]
(La motion no 9, mise aux voix, est adoptée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Adams
| Alarie
|
| Alcock
| Anders
| Anderson
| Assad
|
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Bailey
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Beaumier
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
|
| Bellemare
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
|
| Bevilacqua
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
|
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
|
| Brien
| Brison
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Cadman
|
| Calder
| Cannis
| Caplan
| Carroll
|
| Casey
| Casson
| Catterall
| Cauchon
|
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
| Chatters
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Crête
|
| Cullen
| Cummins
| Dalphond - Guiral
| Davies
|
| de Savoye
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dockrill
|
| Doyle
| Dromisky
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
|
| Duceppe
| Duhamel
| Dumas
| Duncan
|
| Earle
| Easter
| Eggleton
| Elley
|
| Epp
| Finestone
| Finlay
| Folco
|
| Fontana
| Forseth
| Fry
| Gagliano
|
| Gagnon
| Gallaway
| Gauthier
| Gilmour
|
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
|
| Gouk
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grey
(Edmonton North)
|
| Grose
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
|
| Harb
| Hart
| Harvard
| Harvey
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
| Jaffer
|
| Jennings
| Johnston
| Jones
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
|
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Konrad
|
| Lalonde
| Lastewka
| Laurin
| Lavigne
|
| Lebel
| Lee
| Lefebvre
| Leung
|
| Lill
| Lincoln
| Longfield
| Loubier
|
| Lowther
| Lunn
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
|
| Malhi
| Maloney
| Mancini
| Manning
|
| Marceau
| Marchand
| Marleau
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
|
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
| Matthews
|
| McCormick
| McDonough
| McGuire
| McKay
(Scarborough East)
|
| McNally
| McTeague
| McWhinney
| Ménard
|
| Mercier
| Meredith
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Mills
(Red Deer)
|
| Minna
| Mitchell
| Morrison
| Muise
|
| Murray
| Myers
| Nault
| Nunziata
|
| Nystrom
| Obhrai
| O'Reilly
| Pagtakhan
|
| Pankiw
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Penson
| Peric
| Pettigrew
| Phinney
|
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
| Plamondon
| Power
|
| Pratt
| Price
| Proud
| Provenzano
|
| Ramsay
| Redman
| Reed
| Reynolds
|
| Richardson
| Riis
| Ritz
| Robillard
|
| Robinson
| Rocheleau
| Rock
| Saada
|
| Sauvageau
| Schmidt
| Scott
(Fredericton)
| Scott
(Skeena)
|
| Sekora
| Serré
| Shepherd
| Solberg
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
|
| Strahl
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
|
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
|
| Turp
| Ur
| Valeri
| Vanclief
|
| Vautour
| Vellacott
| Venne
| Volpe
|
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Wayne
| Whelan
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
| Wilfert
| Wood
– 252
|
CONTRE
Députés
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 9 adoptée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous
constaterez qu'il y a consentement unanime pour appliquer le
résultat du vote précédent à la motion no 14.
Le Président: Y a-t-il consentement unanime?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 154.]
Le Président: Je déclare la motion no 14 adoptée.
Le prochain vote porte sur la motion no 10.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, encore une fois,
vous constaterez, je crois, qu'il y a consentement pour que l'on
considère que tous les députés qui ont voté sur la motion
précédente ont aussi voté sur la motion dont la Chambre est
maintenant saisie, les députés libéraux votant contre, et je
ferai remarquer à la présidence que le député de Scarborough-Est,
le député de Pickering—Ajax—Uxbridge et la députée de Whitby—Ajax
ont quitté la Chambre.
1835
Le Président: Y a-t-il consentement?
Des voix: D'accord.
Une voix: Non.
Le Président: Il n'y a pas consentement, alors nous tiendrons un
vote en bonne et due forme sur la motion no 10.
1840
(La motion no 10, mise aux voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bailey
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
| Cadman
|
| Casey
| Casson
| Chatters
| Cummins
|
| Doyle
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duncan
| Elley
|
| Epp
| Forseth
| Gilmour
| Gouk
|
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
| Harvey
| Hill
(Macleod)
|
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
| Jaffer
|
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
|
| Kerpan
| Konrad
| Lowther
| Lunn
|
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Matthews
|
| McNally
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
| Morrison
|
| Muise
| Nunziata
| Obhrai
| Pankiw
|
| Penson
| Power
| Price
| Ramsay
|
| Reynolds
| Ritz
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Serré
| Solberg
| Steckle
| Strahl
|
| Thompson
(Charlotte)
| Thompson
(Wild Rose)
| Vellacott
| Wayne
|
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver) – 66
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
| Bélair
|
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
| Bennett
|
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
| Bigras
|
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
|
| Bradshaw
| Brien
| Brown
| Bryden
|
| Bulte
| Byrne
| Caccia
| Calder
|
| Cannis
| Caplan
| Carroll
| Catterall
|
| Cauchon
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
|
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
|
| Collenette
| Comuzzi
| Copps
| Crête
|
| Cullen
| Dalphond - Guiral
| Davies
| de Savoye
|
| Debien
| Desjarlais
| DeVillers
| Dhaliwal
|
| Dion
| Discepola
| Dockrill
| Dromisky
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Duhamel
| Dumas
|
| Earle
| Easter
| Eggleton
| Finestone
|
| Finlay
| Folco
| Fontana
| Fry
|
| Gagliano
| Gagnon
| Gallaway
| Gauthier
|
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
| Goodale
|
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
| Guarnieri
|
| Guay
| Guimond
| Harb
| Harvard
|
| Hubbard
| Ianno
| Jackson
| Jennings
|
| Jordan
| Karetak - Lindell
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
|
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
| Laurin
|
| Lavigne
| Lebel
| Lee
| Lefebvre
|
| Leung
| Lill
| Lincoln
| Loubier
|
| MacAulay
| Malhi
| Maloney
| Mancini
|
| Marceau
| Marchand
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
|
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
| McCormick
| McDonough
|
| McGuire
| McWhinney
| Ménard
| Mercier
|
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
| Mitchell
| Murray
|
| Myers
| Nault
| Nystrom
| O'Reilly
|
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Plamondon
| Pratt
| Proud
| Provenzano
|
| Redman
| Reed
| Richardson
| Riis
|
| Robillard
| Robinson
| Rocheleau
| Rock
|
| Saada
| Sauvageau
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
|
| Shepherd
| Speller
| St. Denis
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Torsney
|
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Vautour
| Venne
| Volpe
|
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Whelan
| Wilfert
|
| Wood – 181
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 10 rejetée. Le prochain
vote porte sur la motion no 11.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, vous constaterez,
je crois, qu'il y a consentement pour que l'on considère que
tous les députés qui ont voté sur la motion précédente ont aussi
voté sur la motion dont la Chambre est maintenant saisie, les
députés libéraux votant contre.
Le Président: Y a-t-il consentement?
1845
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les députés réformistes
présents votent en faveur de la motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois votent contre cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates votent en faveur de la motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, je vote en faveur de la
motion.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, depuis la tenue du
dernier vote, le député de Surrey-Nord a dû quitter la Chambre.
Par conséquent, sa voix ne devrait pas être incluse dans les
résultats du vote actuel.
(La motion no 11, mise au voix, est rejetée.)
POUR
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bailey
| Blaikie
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Brison
|
| Casey
| Casson
| Chatters
| Cummins
|
| Davies
| Desjarlais
| Dockrill
| Doyle
|
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duncan
| Earle
| Elley
|
| Epp
| Forseth
| Gilmour
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
| Harvey
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Jaffer
| Johnston
| Jones
| Keddy
(South Shore)
|
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
| Konrad
| Lill
|
| Lowther
| Lunn
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Mancini
|
| Manning
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Matthews
|
| McDonough
| McNally
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
|
| Morrison
| Muise
| Nunziata
| Nystrom
|
| Obhrai
| Pankiw
| Penson
| Power
|
| Price
| Ramsay
| Reynolds
| Riis
|
| Ritz
| Robinson
| Schmidt
| Scott
(Skeena)
|
| Solberg
| Stoffer
| Strahl
| Thompson
(Charlotte)
|
| Thompson
(Wild Rose)
| Vautour
| Vellacott
| Wasylycia - Leis
|
| Wayne
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver) – 79
|
CONTRE
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Saint - Jean)
|
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
| Bélair
|
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
| Bennett
|
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
| Bigras
|
| Bonin
| Bonwick
| Boudria
| Bradshaw
|
| Brien
| Brown
| Bryden
| Bulte
|
| Byrne
| Caccia
| Calder
| Cannis
|
| Caplan
| Carroll
| Catterall
| Cauchon
|
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
| Collenette
|
| Comuzzi
| Copps
| Crête
| Cullen
|
| Dalphond - Guiral
| de Savoye
| Debien
| DeVillers
|
| Dhaliwal
| Dion
| Discepola
| Dromisky
|
| Dubé
(Lévis)
| Duceppe
| Duhamel
| Dumas
|
| Easter
| Eggleton
| Finestone
| Finlay
|
| Folco
| Fontana
| Fry
| Gagliano
|
| Gagnon
| Gallaway
| Gauthier
| Girard - Bujold
|
| Godfrey
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
|
| Grose
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
|
| Harb
| Harvard
| Hubbard
| Ianno
|
| Jackson
| Jennings
| Jordan
| Karetak - Lindell
|
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
| Knutson
| Lalonde
|
| Lastewka
| Laurin
| Lavigne
| Lebel
|
| Lee
| Lefebvre
| Leung
| Lincoln
|
| Loubier
| MacAulay
| Malhi
| Maloney
|
| Marceau
| Marchand
| Marleau
| Martin
(LaSalle – Émard)
|
| Massé
| McCormick
| McGuire
| McWhinney
|
| Ménard
| Mercier
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
|
| Mitchell
| Murray
| Myers
| Nault
|
| O'Reilly
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
|
| Patry
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
|
| Pillitteri
| Plamondon
| Pratt
| Proud
|
| Provenzano
| Redman
| Reed
| Richardson
|
| Robillard
| Rocheleau
| Rock
| Saada
|
| Sauvageau
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
|
| Shepherd
| Speller
| St. Denis
| Steckle
|
| Stewart
(Brant)
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Torsney
|
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Ur
| Valeri
|
| Vanclief
| Venne
| Volpe
| Wappel
|
| Whelan
| Wilfert
| Wood – 167
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion no 11 rejetée.
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous
constaterez qu'il y a consentement unanime pour appliquer les
résultats du vote précédent à la motion no 12.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous
procédions de cette façon?
Des voix: D'accord.
[Note de la rédaction: Voir la liste sous le vote no 156.]
Le Président: Par conséquent, je déclare la motion no 12
rejetée.
L'hon. Andy Scott (solliciteur général du Canada, Lib.) propose:
Que le projet de loi soit agréé.
Le Président: Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
Des voix: D'accord.
Des voix: Non.
Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion
veuillent bien dire oui.
Des voix: Oui.
Le Président: Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire
non.
Des voix: Non.
Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
Et plus de cinq députés s'étant levés:
Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, j'invoque le
Règlement pour la dernière fois ce soir. Si la Chambre est
d'accord, je propose que vous demandiez le consentement unanime
afin que les députés qui ont voté sur la motion précédente
soient inscrits comme ayant voté sur cette motion, les députés
libéraux votant oui.
Le Président: La Chambre consent-elle à ce que nous procédions de
cette façon?
Des voix: D'accord.
M. Chuck Strahl: Monsieur le Président, les trois dernières
motions ayant été rejetées, nous sommes obligés de voter contre
cette motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le Président, les députés
du Bloc québécois sont en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. Bill Blaikie: Monsieur le Président, les députés
néo-démocrates présents votent en faveur de la motion.
[Français]
M. André Harvey: Monsieur le Président, les députés de
notre parti votent en faveur de cette motion.
[Traduction]
M. John Nunziata: Monsieur le Président, ce projet de loi sur
les empreintes génétiques est un petit pas dans la bonne
direction et je l'appuie.
(La motion, mise aux voix, est adoptée.)
POUR
Députés
| Adams
| Alarie
| Alcock
| Anderson
|
| Assad
| Assadourian
| Asselin
| Bachand
(Richmond – Arthabaska)
|
| Bachand
(Saint - Jean)
| Baker
| Bakopanos
| Barnes
|
| Bélair
| Bélanger
| Bellehumeur
| Bellemare
|
| Bennett
| Bergeron
| Bertrand
| Bevilacqua
|
| Bigras
| Blaikie
| Bonin
| Bonwick
|
| Boudria
| Bradshaw
| Brien
| Brison
|
| Brown
| Bryden
| Bulte
| Byrne
|
| Caccia
| Calder
| Cannis
| Caplan
|
| Carroll
| Casey
| Catterall
| Cauchon
|
| Chamberlain
| Chan
| Charbonneau
| Chrétien
(Frontenac – Mégantic)
|
| Clouthier
| Coderre
| Cohen
| Collenette
|
| Comuzzi
| Copps
| Crête
| Cullen
|
| Dalphond - Guiral
| Davies
| de Savoye
| Debien
|
| Desjarlais
| DeVillers
| Dhaliwal
| Dion
|
| Discepola
| Dockrill
| Doyle
| Dromisky
|
| Dubé
(Lévis)
| Dubé
(Madawaska – Restigouche)
| Duceppe
| Duhamel
|
| Dumas
| Earle
| Easter
| Eggleton
|
| Finestone
| Finlay
| Folco
| Fontana
|
| Fry
| Gagliano
| Gagnon
| Gallaway
|
| Gauthier
| Girard - Bujold
| Godfrey
| Godin
(Acadie – Bathurst)
|
| Goodale
| Graham
| Gray
(Windsor West)
| Grose
|
| Guarnieri
| Guay
| Guimond
| Harb
|
| Harvard
| Harvey
| Hubbard
| Ianno
|
| Jackson
| Jennings
| Jones
| Jordan
|
| Karetak - Lindell
| Keddy
(South Shore)
| Keyes
| Kilgour
(Edmonton Southeast)
|
| Knutson
| Lalonde
| Lastewka
| Laurin
|
| Lavigne
| Lebel
| Lee
| Lefebvre
|
| Leung
| Lill
| Lincoln
| Loubier
|
| MacAulay
| MacKay
(Pictou – Antigonish – Guysborough)
| Malhi
| Maloney
|
| Mancini
| Marceau
| Marchand
| Marleau
|
| Martin
(LaSalle – Émard)
| Martin
(Winnipeg Centre)
| Massé
| Matthews
|
| McCormick
| McDonough
| McGuire
| McWhinney
|
| Ménard
| Mercier
| Mills
(Broadview – Greenwood)
| Minna
|
| Mitchell
| Muise
| Murray
| Myers
|
| Nault
| Nunziata
| Nystrom
| O'Reilly
|
| Pagtakhan
| Paradis
| Parrish
| Patry
|
| Pettigrew
| Phinney
| Pickard
(Kent – Essex)
| Pillitteri
|
| Plamondon
| Power
| Pratt
| Price
|
| Proud
| Provenzano
| Redman
| Reed
|
| Richardson
| Riis
| Robillard
| Robinson
|
| Rocheleau
| Rock
| Saada
| Sauvageau
|
| Scott
(Fredericton)
| Sekora
| Serré
| Shepherd
|
| Speller
| St. Denis
| Steckle
| Stewart
(Brant)
|
| Stewart
(Northumberland)
| St - Hilaire
| St - Julien
| Stoffer
|
| Szabo
| Telegdi
| Thibeault
| Thompson
(Charlotte)
|
| Torsney
| Tremblay
(Rimouski – Mitis)
| Turp
| Ur
|
| Valeri
| Vanclief
| Vautour
| Venne
|
| Volpe
| Wappel
| Wasylycia - Leis
| Wayne
|
| Whelan
| Wilfert
| Wood
– 199
|
CONTRE
Députés
| Abbott
| Ablonczy
| Anders
| Bailey
|
| Breitkreuz
(Yorkton – Melville)
| Casson
| Chatters
| Cummins
|
| Duncan
| Elley
| Epp
| Forseth
|
| Gilmour
| Gouk
| Grey
(Edmonton North)
| Hart
|
| Hill
(Macleod)
| Hill
(Prince George – Peace River)
| Hilstrom
| Hoeppner
|
| Jaffer
| Johnston
| Kenney
(Calgary - Sud - Est)
| Kerpan
|
| Konrad
| Lowther
| Lunn
| Manning
|
| Martin
(Esquimalt – Juan de Fuca)
| McNally
| Meredith
| Mills
(Red Deer)
|
| Morrison
| Obhrai
| Pankiw
| Penson
|
| Ramsay
| Reynolds
| Ritz
| Schmidt
|
| Scott
(Skeena)
| Solberg
| Strahl
| Thompson
(Wild Rose)
|
| Vellacott
| White
(Langley – Abbotsford)
| White
(North Vancouver)
– 47
|
«PAIRÉS»
Députés
| Augustine
| Axworthy
(Winnipeg South Centre)
| Bernier
(Bonaventure – Gaspé – Îles - de - la - Madeleine – Pabok)
| Canuel
|
| Drouin
| Fournier
| Godin
(Châteauguay)
| Marchi
|
| O'Brien
(Labrador)
| Perron
| Peterson
| Picard
(Drummond)
|
| Saada
| Tremblay
(Lac - Saint - Jean)
|
Le Président: Je déclare la motion adoptée.
1850
La Chambre passe maintenant à l'étude des initiatives
parlementaires inscrites au Feuilleton d'aujourd'hui.
INITIATIVES PARLEMENTAIRES
[Traduction]
LE BATAILLON MACKENZIE-PAPINEAU
La Chambre reprend l'étude, interrompue le 19 mars, de la
motion.
M. John Bryden (Wentworth—Burlington, Lib.): Monsieur le
Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet de
cette motion, que je n'appuie pas. Je veux expliquer en détail
pourquoi.
Il y a quelques années, je me suis rendu à Washington pour
effectuer des recherches dans les archives, mais elles étaient
fermées parce que c'était un jour férié, auquel je ne
m'attendais d'ailleurs pas. Il se trouve que c'était le Memorial
Day.
Comme je n'avais rien à faire, je suis allé marcher sur le mail
et je me suis retrouvé devant le monument commémoratif de la
guerre du Vietnam. C'était la première fois que je voyais ce
monument. Je répète que c'était le Memorial Day et il y avait
beaucoup d'anciens combattants sur place.
Il faut s'imaginer ce que cela représente. Le monument américain
à la guerre du Vietnam est probablement l'un des monuments les
plus émouvants jamais construits dans le monde. Il est
remarquable. Ce monument est constitué d'une énorme pièce de
marbre noir devant lequel court une rampe descendant à une
extrémité et montant à l'autre. Sur le monument sont gravés les
noms de tous les combattants morts au Vietnam.
La plupart des anciens combattants qui se trouvaient sur place à
ce moment et qui avaient participé à la guerre du Vietnam dans
les années 60 et 70 étaient maintenant d'âge mûr. De nombreuses
personnes de ma génération se tenaient autour du monument
commémoratif pour rendre hommage à leurs camarades disparus.
C'était très émouvant. J'ai constaté avec étonnement la présence
de nombreux petits drapeaux canadiens, d'une extrémité à l'autre
du monument. Ces drapeaux ressortaient clairement sur le fond de
marbre noir.
J'ignorais que des Canadiens avaient servi au Vietnam durant la
guerre. Je l'ai appris avec étonnement. Les anciens combattants
m'ont dit qu'ils avaient connu des Canadiens qui avaient
combattu dans les rizières du Vietnam, des Canadiens qui avaient
servi avec courage. Certains avaient été tués ou blessés.
Beaucoup de ces Canadiens croyaient dans la cause pour laquelle
les Américains luttaient au Vietnam.
J'ai également appris qu'environ 10 000 Canadiens ont combattu
aux côtés des Américains au Vietnam. Il y avait eu un tel
mouvement d'appui en faveur de la guerre parmi les jeunes
Canadiens que les autorités américaines ont mis sur pied un
système de recrutement spécial pour permettre aux Canadiens de
franchir la frontière pour obtenir une lettre d'acceptation et
de revenir ensuite se joindre aux forces armées.
De nombreux Canadiens ont servi au Vietnam parce qu'ils
croyaient lutter contre le communisme. Ils croyaient que le
communisme, comme nous l'avions vu en Corée du Nord,
représentait une force terrible dans le monde et ils voulaient
sauver le monde du communisme. Un authentique idéalisme a amené
ces Canadiens à risquer leur vie dans cette guerre étrangère.
Le Canada ne reconnaît pas les anciens combattants qui ont servi
dans les armées étrangères. On peut comprendre la sagesse de
cette décision dans le cas de la guerre du Vietnam.
Ces jeunes Canadiens qui sont allés servir au Vietnam dans les
forces armées américaines croyaient sincèrement servir une juste
cause. Nous savons maintenant que les États-Unis ne sont pas
vraiment allés combattre au Vietnam pour sauver le monde libre
du communisme, mais qu'ils sont intervenus dans une guerre
civile qui était aussi une guerre d'indépendance.
Les Vietnamiens avaient littéralement été sous la botte des
Français, ceux de Vichy, et même celle des Japonais durant la
Seconde Guerre mondiale et durant les années qui ont suivi. Les
Vietnamiens sont un peuple très fier et ils étaient déterminés à
conquérir leur indépendance.
1855
Comme nous le savons, la guerre du Vietnam a donné lieu à de
terribles atrocités. Je songe au massacre de My Lai, quand les
soldats canadiens étaient si contrariés de ne pas savoir
reconnaître l'ennemi parmi les civils qu'ils ont tué les civils.
La guerre du Vietnam fut aussi une guerre au cours de laquelle
les Américains ont eu recours à des armes chimiques sous la
forme de défoliants et d'agent orange.
Nous en conviendrons sans doute, le Canada est probablement très
heureux de ne pas avoir accordé de reconnaissance officielle aux
Canadiens qui se sont battus au Vietnam car, malgré leurs
meilleures intentions, ils se battaient pour une cause perdue et
une mauvaise cause. Voilà le point le plus important.
Voilà un des risques que courent les Canadiens qui se battent
pour le compte d'autres pays.
Ils risquent en effet d'embrasser une cause dont on découvre
plus tard qu'il s'agit d'une cause à laquelle le Canada ne
voudrait pas s'associer.
La guerre du Vietnam a duré de 1967 à 1973, période où s'est
déroulée la majeure partie de la guerre. Si nous remontons
encore trente années en arrière, cela nous amène à 1937 et à la
Guerre civile espagnole. Cette guerre opposait les forces du
général Franco, représentant l'État et appuyé par les fascistes,
lesquels étaient soutenus par l'Allemagne et par Mussolini, mais
surtout par l'Allemagne nazie, et les forces républicaines qui
étaient soutenues par le pouvoir communiste de l'époque, l'Union
soviétique. L'Union soviétique a contribué à cette guerre, car
les soviétiques avaient pour idéologie jusqu'à ces dernières
années de répandre le communisme international. L'Union
soviétique s'est donc efforcée directement de faire durer la
guerre civile en Espagne.
Une partie de la campagne de soutien de l'Union soviétique en
faveur des républicains a consisté à former des brigades
internationales. Ces brigades se composaient de bataillons et de
volontaires qui étaient recrutés partout dans le monde. Le
bataillon MacKenzie-Papineau était un de ceux-là.
Environ 1 300 Canadiens sont allés joindre les rangs du bataillon
MacKenzie-Papineau et se sont battus du côté des républicains au
cours de la Guerre civile espagnole. Ce fut une guerre terrible,
une guerre brutale, qui a fait des victimes chez les hommes, les
femmes et les enfants. C'est une guerre qui trouve maintenant un
écho dans la guerre civile qui fait rage en Algérie.
Le monde était différent en 1937. Les jeunes hommes qui sont
partis du Canada pour aller combattre aux côtés des forces
républicaines ne pouvaient pas savoir ce qui se passait en Union
soviétique. Ils savaient seulement que ce pays soutenait les
travailleurs et ils croyaient que c'était une grande expérience
nouvelle. Ils croyaient que cela allait libérer le peuple, et
c'est donc avec les meilleures des intentions qu'ils sont allés
combattre avec les forces républicaines.
L'une des personnalités les plus célèbres de l'époque a été
Norman Bethune qui a servi dans la guerre civile espagnole, mais
pas dans le bataillon Mackenzie-Papineau. Il a assuré des
services médicaux aux troupes républicaines.
Avec le recul, nous savons que, loin de se battre pour la
démocratie, comme le député de Kamloops l'a prétendu, ils se
rangeaient du côté des républicains, qui étaient soutenus par la
pire dictature du monde, celle de Staline. Après la guerre, nous
avons constaté que c'était un régime communiste, une dictature
qui allait tuer des millions de personnes, des millions
d'Ukrainiens et aussi de Russes.
Il ne faut pas oublier que Norman Bethune s'est rendu en Chine
et qu'il s'est mis au service des forces chinoises. C'est ce qui
lui a valu la célébrité. Mais la Chine est devenue une dictature
sous Mao, et ce fut l'une des dictatures les plus cruelles des
temps modernes. Ces gens-là ont tué des millions de personnes et
ils étaient tout aussi condamnables qu'Hitler.
Nous sommes donc placés devant un dilemme. Ces gens pleins de
bonnes intentions et de compassion sont allés lutter pour une
cause que, avec le recul, le Canada et le monde entier jugent
parfaitement répréhensible et à laquelle nous ne voudrions pas
que le Canada soit associé.
Le dilemme, c'est que le député de Kamloops veut que nous
reconnaissions le courage, le rôle historique et l'idéal des
membres du bataillon Mackenzie-Papineau il y a 60 ans. Son
intention est bonne, mais il s'y prend mal.
1900
Le Canada ne peut jamais courir le risque de prendre parti dans
des conflits à l'étranger dont l'issue peut être une entité
politique tout à fait inacceptable pour lui.
Je conclus en proposant une idée au député de Kamloops. Aux
États-Unis, les anciens combattants canadiens de la guerre au
Vietnam sont reconnus et indemnisés par les États-Unis parce
qu'ils ont servi dans ce conflit. J'invite instamment le député
à intervenir auprès de l'ambassade de l'Espagne pour que ce pays
reconnaisse de la même manière les membres du bataillon
Mackenzie-Papineau afin qu'ils reçoivent une indemnisation du
pays qui doit la verser, l'Espagne.
M. Pat Martin (Winnipeg-Centre, NPD): Monsieur le Président, je
remercie le député d'en face de son discours éclairé et bien
documenté. Il a soulevé quelques très bons points avec lesquels
je suis d'accord.
Toutefois, je ne suis pas d'accord avec la prémisse, à savoir
que les membres de ce groupe, le bataillon Mackenzie-Papineau,
pensaient se rendre outremer pour un combat noble et honorable,
alors qu'ils se sont aperçu ensuite qu'ils étaient manoeuvrés
par un pouvoir plus important.
Lorsque ce groupe est parti combattre le fascisme, il avait
raison. Deux ans plus tard, le gouvernement canadien comprenait
et déclarait la guerre, reconnaissant la crainte du fascisme en
Europe et décidant de prendre les armes. Si l'on critique ce
groupe pour s'être aligné avec les communistes pour la défense
de la république espagnole, alors on peut aussi critiquer les
alliés de la Deuxième Guerre mondiale qui se sont joints aux
communistes pour écraser le fascisme.
Le but de la motion, telle qu'elle est rédigée, est d'étudier la
possibilité de reconnaître ces Canadiens nobles et héroïques, et
de leur accorder certains avantages. On ne mentionne pas de
plan particulier, encore que le but premier soit de faire
déclarer ces hommes anciens combattants, avec tous les
privilèges que cela comporte. Il y a d'autres options dont nous
devrions peut-être parler également.
Lors de ma recherche sur le sujet j'ai constaté avec surprise
que le groupe avait été nommé en l'honneur de Mackenzie et
Papineau, qui avaient dirigé la rébellion de 1837 dans le
Haut-Canada et le Bas-Canada. En fait, le groupe a été créé en
1937, soit 100 ans après la rébellion. Je suppose que c'est la
raison pour laquelle on a choisi ce nom.
Le député qui a parlé au nom du gouvernement avait raison. Ma
recherche a révélé que 1 300 volontaires de tout le Canada sont
partis se battre à l'étranger, et la moitié seulement sont
revenus. Ils ne sont pas tous officiellement morts, certains
sont disparus.
Certains se sont établis en Europe et ont choisi de ne pas
revenir au Canada.
Le point sur lequel je veux insister, c'est que les Canadiens
ordinaires doivent rester vigilants, comme l'étaient ces jeunes
Canadiens à l'époque. Quand les détestables penchants de
l'extrême-droite recommencent à se manifester, les bons
travailleurs du Canada doivent être conscients des risques et de
la menace que cela représente pour la démocratie ainsi que pour
les institutions qui nous tiennent à coeur et qui font du Canada
un grand pays.
J'aime à penser que c'est exactement ce que ces gens ont fait.
Dans les années 30, ces jeunes regardaient les films d'actualité
à leur cinéma local et voyaient la montée du fascisme, ce
cataclysme qui déferlait sur l'Europe. Les Canadiens sont allés
outremer pour se rendre compte d'eux-mêmes. Tommy Douglas a été
l'un d'entre eux. Au milieu des années 30, il s'est rendu en
Europe pour constater de visu. Il voulait vérifier si la
puissance montante d'Hitler et la montée du fascisme étaient
aussi menaçantes qu'on le disait.
À lire les journaux, les gens tiraient la seule conclusion
logique, soit que le fascisme était la plus grande menace qu'ils
aient connue.
Plutôt que de se contenter d'en parler et d'attendre que le
gouvernement réagisse, parce que le gouvernement du Canada
aurait pu réagir plus vite pour tenter de contrer Hitler et
d'écraser le fascisme, ces gens ont jugé bon de mettre leur
propre vie en jeu, de quitter leur foyer et leurs êtres chers et
de se rendre en Europe par leurs propres moyens, sans aucune
autorisation officielle du gouvernement du Canada.
1905
Nous les avons remerciés en faisant d'eux des hors-la-loi. Ces
gens se sont vu menacer de deux ans de prison pour avoir eu la
témérité de s'engager dans cette bataille. Nous savions déjà, à
l'époque, qu'elle était juste et légitime puisque, 18 mois plus
tard, le pays leur avait emboîté le pas en prenant les devants
et devenant l'un des premiers pays à s'engager dans la grande
bataille de la Seconde Guerre mondiale.
Ces jeunes hommes et femmes se rendaient bien compte du danger
qu'ils couraient. Au lieu de les critiquer et de les menacer de
poursuites, nous devrions reconnaître leur valeur, les louanger
et leur accorder les mêmes droits et le même statut qu'aux
autres anciens combattants. Ils ont donné leur jeunesse pour que
règne la démocratie et que meure le fascisme.
On peut faire un parallèle, aujourd'hui, entre cette situation
et le fait que des manifestations d'extrême-droite refont
maintenant surface, ici et là au Canada, ce qui montre qu'il
nous faut rester vigilants.
Même au sein des partis politiques au Canada, nous voyons la
droite s'implanter, comme cela s'est vu dans les années 1930. Il
y aurait beaucoup de parallèles à tirer. Le fascisme en Europe a
grandi dans un contexte de dépression économique, de politique
fiscale rigoureuse, de chômage et d'insatisfaction générale.
C'est dans de tels contextes que les travailleurs et des gens
autrement raisonnables semblent se tourner vers les extrémismes
de toutes sortes.
En ce qui concerne la montée du fascisme en Allemagne, on a
demandé à Eichmann dans sa prison quel souvenir on garderait
d'Adolph Hitler. Il a répondu que l'on se souviendrait de la
manière dont il avait réglé le problème du chômage. Il n'a rien
dit du meurtre de six millions de juifs. Hitler avait trouvé une
méthode merveilleuse pour régler le problème du chômage. Dans la
misère où ils vivaient, les gens cherchaient désespérément un
moyen d'améliorer leur sort.
Nous avons vu que la récente montée du populisme de droite s'est
faite sur un arrière-plan de politique monétaire resserrée et de
compressions financières. La Banque du Canada a tenté sans
succès de lutter contre l'inflation en augmentant les taux
d'intérêt. Cela a acculé beaucoup de gens au pied du mur,
particulièrement dans l'Ouest où j'habite. Les gens se sont
tournés vers des solutions d'extrême droite. C'est ce qui a
entraîné la montée du nouveau populisme de droite. Nous devons
rester constamment sur nos gardes et être vigilants parce que
ces mouvements peuvent nous nuire à tous et menacent les
institutions qui font du Canada un pays si merveilleux.
À bien des égards, la Guerre civile espagnole a été une
répétition de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque les brigades
internationales se sont mobilisées, qu'elles ont pris des
mesures et fait ce qu'il fallait, les dirigeants du Canada et
d'autres pays ont probablement été inspirés, motivés et incités
à l'action.
Nous savons que ces brigades ne combattaient pas uniquement
Franco.
Les fascistes espagnols étaient bien appuyés par Mussolini et
par Hitler. Ces deux dictateurs fournissaient généreusement les
fonds.
Par contraste, les brigades ne pouvaient compter que sur de
maigres ressources. Les volontaires canadiens ont dû organiser
des collectes pour pouvoir se rendre en Europe. En plus, ils
étaient mal armés. Dans ces circonstances, on peut facilement
imaginer quel courage il leur fallait pour aller participer à
une guerre contre quelques-unes des plus grandes puissances
mondiales de l'époque. C'est quelque chose qu'il faudrait
reconnaître.
Le nom de Norman Bethune a été mentionné. Ce fut certainement un
des personnages les plus célèbres de cette guerre. Il était un
homme honorable et rempli de noblesse. Il a consacré sa vie à
améliorer la vie des pauvres. Dans le domaine des soins de
santé, il a innové en matière de transfusion, souvent en
découvrant ses techniques pendant le triage, sur les champs de
bataille.
La seule critique valable que j'ai entendue contre la motion no
75 consistait à demander, si l'on accédait à cette demande,
combien d'autres groupes allaient s'attendre à une
reconnaissance quelconque ou à des excuses. Or, personne ne
demande d'excuses. Nous demandons simplement une réflexion
sérieuse dans ce cas-ci. Nous sommes d'avis que la situation
mérite une certaine reconnaissance. Si l'on ne juge pas à propos
d'accorder le statut d'anciens combattants à part entière, on
peut certainement faire deux choses.
1910
Le ministre des Anciens combattants en a mentionné une. Ayant
reçu une lettre à cet égard dernièrement, il a rappelé qu'un
décret avait été pris à l'époque, selon lequel un Canadien qui
allait combattre pour l'une ou l'autre partie dans la guerre
civile en Espagne se rendait coupable d'une infraction
criminelle. Dans les faits, aucune accusation n'a été portée,
mais, techniquement, c'était un crime contre le Canada que
d'aller combattre les fascistes en notre nom. Avant toutes
choses, il faudrait éliminer cette faute qu'une quarantaine
d'anciens combattants canadiens auraient commise au cours de la
guerre civile en Espagne.
L'autre chose que nous pouvons faire, et qui soulève un certain
intérêt, même du côté du gouvernement, c'est élever un monument
à la mémoire des Mac-Pap sur la colline du Parlement.
Ce projet serait apprécié. C'est le moins que nous puissions
faire.
Mme Diane Ablonczy (Calgary—Nose Hill, Réf.): Monsieur le
Président, le débat de ce soir porte sur la motion M-75, motion
selon laquelle, de l'avis de la Chambre, le gouvernement devrait
considérer l'opportunité d'accorder aux membres du bataillon
MacKenzie-Papineau et aux autres Canadiens qui ont combattu aux
côtés des forces républicaines pendant la guerre civile en
Espagne, entre 1936 et 1939, la qualité d'anciens combattants en
vertu de la loi fédérale, et de les rendre admissibles aux
pensions et avantages des anciens combattants.
Le libellé de cette motion est un peu curieux, car celle-ci
propose de considérer l'opportunité. Nous pouvons tout
considérer. Je me demande si une motion dont le libellé est
aussi timide peut mener à quelque chose. Quoi qu'il en soit,
c'est la motion dont nous sommes saisis.
Voici quelques informations sur la guerre civile en Espagne. Le
député libéral qui a pris la parole tout à l'heure en a aussi
donné un excellent aperçu. Comme il l'a dit, la guerre civile en
Espagne a été un conflit sauvage. Elle a fait plus d'un
demi-million de victimes. C'était bien avant l'époque des armes
et de la technologie modernes.
Cette guerre a été caractérisée par d'épouvantables atrocités
auxquelles elle a donné lieu et aussi par certains actes
d'héroïsme spectaculaires.
L'historien Hugh Thomas a dit que, sur le plan politique, cette
guerre a été, pour un salmigondis de monarchistes, de fascistes,
d'anarchistes, de libéraux, de trotskistes, de communistes et
d'autres militants, l'occasion de mettre de l'avant leur
programme particulier. Thomas a fait un travail très complet sur
la guerre civile en Espagne. C'est une lecture très intéressante
pour quiconque veut en savoir plus sur cette question.
L'Union soviétique a appuyé la république, mais elle s'est bien
gardée de le faire directement. Elle a mis sur pied une
organisation pour acheter et transporter secrètement des armes
destinées à aider les forces communistes espagnoles.
Le leader communiste en France, Maurice Thorez, a proposé que
l'on aide la république en recrutant, à l'échelle
internationale, des volontaires au sein des partis communistes
étrangers.
Ils seraient réunis par le Komintern, ou Internationale
communiste, et dirigés par des communistes étrangers en exil
vivant en Russie.
Les brigades internationales étaient considérées comme ayant une
grande valeur de propagande pour les communistes et comme noyau
éventuel d'une armée rouge internationale. Une telle
organisation pouvait être le principal bénéficiaire de toute
aide soviétique en Espagne et faire en sorte que les armes
soviétiques soient confiées à des membres du parti qui soient
dignes de confiance.
Curieusement, avant que des armes soviétiques ne soient
utilisées en terre espagnole, toute la réserve d'or de l'Espagne
avait été expédiée en Russie en garantie de paiement. La Russie
n'était pas qu'altruiste dans cette merveilleuse bataille contre
le fascisme.
La plupart des dirigeants les plus chevronnés du Komintern
servaient à recruter des volontaires pour les brigades
internationales,
dont Joseph Broz, qui est devenu le maréchal Tito de
Yougoslavie, et Enrico Togliatti, de l'Italie, qui est devenu
par la suite chef du parti communiste italien.
L'historien Thomas nous dit qu'environ 60 p. 100 des volontaires
étaient communistes, alors que 20 p. 100 le sont devenus au
cours de leurs expériences en Espagne. La plupart étaient de
jeunes hommes faisant partie de la classe ouvrière. Un
pourcentage élevé était sans emploi. Bon nombre des Européens
avaient participé à des batailles de rue contre les fascistes à
Berlin, Paris et Londres.
1915
Quelques-uns de ces hommes étaient des aventuriers. D'autres
étaient des communistes intransigeants. Beaucoup étaient des
idéalistes, comme d'autres orateurs l'ont mentionné.
Les motifs personnels qui incitaient ces gens à embrasser la
cause variaient considérablement. On a laissé entendre qu'il
s'agissait en quelque sorte de visionnaires qui ont par hasard
découvert les maux du fascisme avant tous les autres.
Malheureusement, ils n'ont pas découvert les maux de
l'extrême-gauche par la même occasion et ils ont été envoyés pour
défendre cette cause, qui s'est révélée tout autant périlleuse
et sanglante pour bien des peuples de la terre.
Environ le tiers sont morts au combat en Espagne. Plusieurs ont
souffert d'ostracisme politique ou professionnel en raison de
leurs expériences en Espagne.
Beaucoup d'Européens de l'Est qui ont participé à la campagne
ont été exécutés lors des purges en Europe de l'Est, en 1949.
En ce qui concerne l'expérience canadienne, environ 1 500
Canadiens ont servi la cause républicaine durant la guerre
civile en Espagne. Ils ont servi au sein de plusieurs formations
militaires et la section non officielle canadienne est devenue
le bataillon Mackenzie-Papineau, en l'honneur de William Lyon
Mackenzie et de Louis Joseph Papineau, qui ont dirigé la
rébellion avortée de 1837 contre les classes dirigeantes
britanniques du Haut-Canada et du Bas-Canada.
Les membres du groupe Mackenzie-Papineau ont formé ensuite un
bataillon distinct, mais moins d'un tiers des membres de ce
bataillon étaient des Canadiens. La plupart étaient Américains,
à l'instar de leur premier commandant et de leur premier
commissaire politique. Ces deux hommes ont été tués au cours des
combats le long de l'Èbre.
Dans un livre paru récemment, Mark Zuehlke affirme que le groupe
a envoyé un câble au premier ministre King qui était, bien
entendu, le petit-fils de William Lyon Mackenzie.
On y disait ce qui suit:
Nous vous implorons, du plus profond de notre coeur, de faire
tout en votre pouvoir pour aider la démocratie espagnole. Ce
faisant, vous servez vos propres intérêts. Nous sommes ici pour
lutter tant que le fascisme n'aura pas été vaincu.
King n'a jamais répondu, mais je pense que ce câble montre bien
l'idéalisme des gens qui l'ont envoyé. Malheureusement, les
tenants de la cause qu'ils servaient se sont révélé être aussi
brutaux et oppressifs que les fascistes.
Si les Canadiens qui ont servi dans le bataillon
Mackenzie-Papineau n'ont pas été bien considérés ni respectés au
Canada, c'est simplement parce qu'ils ont violé la loi.
On avait signé, en 1936, un accord de non-intervention qui avait
l'appui de toutes les grandes puissances européennes, ainsi que
du Canada, qui souscrivait totalement à cet accord.
Les pays ont accepté ce que Churchill a appelé une neutralité
absolue et rigide.
Le gouvernement libéral du Canada au milieu et à la fin des
années 30 ne voulait pas se mêler de problèmes internationaux
et, en fait, il n'a pas appuyé les mesures plutôt faibles prises
par la Ligue des nations de l'époque, une organisation sans
grand poids. Le Canada n'était pas un membre important de cette
organisation.
Cela dit, le premier ministre King n'avait pas de sympathie pour
la cause républicaine et considérait le communisme comme une
grande menace au Canada et à l'étranger.
Le Canada a modifié sa Loi sur l'enrôlement à l'étranger en 1937
pour donner un poids juridique à sa politique de
non-intervention. On a interdit alors aux Canadiens de se rendre
en Espagne et sur ses territoires. Ceux qui sont allés en
Espagne pour servir d'un côté ou de l'autre ont défié alors leur
gouvernement, à leurs risques et périls.
C'est la raison pour laquelle ces gens n'ont pas eu droit au
respect et à la gratitude qu'on réserve à ceux qui luttent et
défendent leur pays, mais ils ont plutôt été, dans certains cas,
poursuivis pour avoir violé la loi.
Il ne s'agit pas de savoir si la loi était juste ou non. Je
pense qu'il y a beaucoup de lois adoptées à la Chambre avec
lesquelles certains députés même ne sont pas d'accord. Ce n'est
pas une raison pour tout simplement les violer. Il faut
respecter la primauté du droit.
C'est là la position de la Légion royale canadienne.
La Légion a étudié la question et a déclaré:
Selon la loi canadienne à l'époque, commettait une infraction
quiconque combattait dans un camp ou l'autre pendant cette
guerre.
1920
La Légion fait évidemment allusion à la guerre civile en
Espagne.
Elle poursuit:
La Légion souscrit à la règle du droit et ne juge pas à-propos de
défendre tardivement une position qui rendrait légitime un acte
qui était illicite à l'époque. Cela risquerait de créer un
précédent insoutenable.
Un grand nombre d'actes idéalistes et héroïques ont été
accomplis durant la guerre civile en Espagne.
Nous connaissons la compétence, le courage et les sacrifices du
Dr Norman Bethune, le dévouement de Jean Watts, de Toronto, et
de Florence Pike, de Falkland, les deux seules Canadiennes a
avoir servi dans les Brigades internationales. Nous sommes au
courant des blessures subies par le dramaturge Ted Allan et les
centaines qui ont servi et péri lors de ce conflit. Ces
personnes méritent que leurs amis, leurs partisans et leurs
collectivités se souviennent de leur idéalisme et de leurs
sacrifices. Certains d'entre eux ont d'ailleurs été honorés.
Malheureusement, il ne convient pas de leur accorder le statut
d'anciens combattants du Canada. Par conséquent, compte tenu des
nombreux facteurs qui entrent en ligne de compte, je ne peux
appuyer la motion.
[Français]
M. Daniel Turp (Beauharnois—Salaberry, BQ): Monsieur le
Président, j'ai le plaisir de prendre la parole aujourd'hui sur
la motion de mon collègue de Kamloops relative à la
reconnaissance des anciens combattants du bataillon
Mackenzie-Papineau.
Je souhaite aussi, comme l'a déjà indiqué mon collègue, le
député de Châteauguay, que le gouvernement canadien reconnaisse
enfin les membres de ce bataillon comme des anciens combattants à
part entière.
Malgré leurs luttes qui nous apparaissent aujourd'hui comme
étant des combats d'avant-garde contre le fascisme, ces soldats
de la liberté ne sont pas, aujourd'hui encore, reconnus comme de
véritables combattants.
Compte tenu du fait que le Canada, quelques années après
l'engagement des Macs-Paps en Espagne, s'engage, lui aussi, dans
la lutte contre le fascisme en Europe, il m'apparaît nécessaire,
voire impératif, qu'ils soient reconnus comme de véritables
combattants de la liberté.
Le dévouement de ces hommes et de ces femmes a été total et
c'est avant tout les gouvernements qui se sont lancés à plein
dans la lutte contre le fascisme en Europe. C'est environ 1 300
Canadiens et Canadiennes qui se sont joints à quelque 10 000
Français, 3 000 Américains, à des Tchèques, des Yougoslaves et
des Britanniques, avec comme seul but de «faire de Madrid le
tombeau du fascisme».
Force est de constater, aujourd'hui, que ces combattants de la
liberté ne furent pas assez nombreux, pas assez soutenus dans
leur combat, puisque, peu de temps après leur retour au pays,
c'est l'Europe entière qui était aux prises avec le fascisme
contre lequel ils s'étaient battus jusqu'à épuisement.
Les fascistes ayant triomphé en Espagne, exerçant le pouvoir en
Allemagne et en Italie, ceux-ci avaient maintenant l'Europe
entière comme cible, forts de leur victoire sur les Brigades
internationales et les Républicains espagnols.
Le combat des Brigades internationales, dont faisait partie le
bataillon Mackenzie-Papineau, était d'avant-garde et d'une grande
noblesse, et nous devons le reconnaître comme tel.
Je tiens à rappeler à cette Chambre que la guerre civile
d'Espagne n'est pas, et ne sera jamais une guerre comme les
autres. Toutes les guerres sont uniques, elles sont surtout
iniques. Mais la guerre civile espagnole marque de façon
particulière l'engagement des citoyens dans un conflit politique
armé, malgré l'inaction, voire les interdictions de leur
gouvernement. Ce sont des ouvriers, des professeurs, des
journalistes, des intellectuels qui délaissent leurs occupations
pour s'engager dans un combat pour la liberté.
La guerre civile espagnole, c'est beaucoup plus qu'une simple
guerre civile, qu'un simple conflit interne à l'Espagne, comme
voulaient le laisser croire les gouvernements de l'époque. Ce
conflit restera le symbole de l'engagement des citoyens et des
citoyennes du monde entier pour la sauvegarde de leur liberté.
Ce que nous devons retenir de cette guerre civile, c'est
justement cet engagement international pour la sauvegarde de la
liberté. Il y avait peu de militaires professionnels aux côtés
des forces républicaines espagnoles, il y avait surtout des gens
qui croyaient en la liberté, qui étaient prêts à se sacrifier
pour la sauvegarder.
1925
La guerre civile espagnole, c'est aussi et peut-être surtout
l'engagement d'intellectuels au coeur même d'un conflit
politique. D'abord, ce sont les intellectuels espagnols qui
refusent d'abdiquer devant un coup d'État militaire. Ce sont les
Federico Garcia Lorca, Pablo Picasso, et Joan Miro qui luttent
pour la liberté. Ce sont aussi les Ernest Hemingway, André
Malraux et George Orwell qui troquent la plume pour le fusil.
Et le bataillon de Mackenzie-Papineau n'était-il pas aussi
dirigé par une personne vivant de sa plume plutôt que par le port
du fusil? Qu'est-ce d'autre qu'une forte croyance qu'il fallait
à tout prix défendre ce que nous avions de plus cher qui pousse
Edward-Cecil Smith à quitter, à abandonner son journal pour les
tranchées?
Ce sont donc des ardents défenseurs de la liberté qui accourent
combattre aux côtés des citoyens espagnols qui venaient de voir
leur gouvernement, le gouvernement qu'ils avaient librement
choisi, être renversé par les militaires. Ce sont ces gens qui,
par leur courage, avec leurs convictions et leur détermination,
tiendront en haleine la légion Condor envoyée spécialement par
Hitler pour appuyer les nouveaux hommes forts d'Espagne et tester
ainsi les armes et les tactiques militaires qui allaient, peu de
temps après, mettre en déroute toutes les armées d'Europe.
Ce sont ces défenseurs de la liberté qui avaient compris, bien
avant les gouvernements, l'enjeu de cette petite guerre, son
enjeu pour l'avenir de l'Europe et pour la sauvegarde de la
liberté. C'est cet engagement envers la liberté que nous sommes
appelés à reconnaître en accordant aux combattants du bataillon
Mackenzie-Papineau le statut d'anciens combattants.
Le Canada doit agir maintenant, bien qu'il soit déjà très tard
pour le faire. Le Canada n'est-il pas, avec les États-Unis, sur
la courte liste des pays qui s'entêtent à ne pas reconnaître la
participation de leurs citoyens et de leurs citoyennes à cette
guerre? Et si la liste de ces pays est courte, elle est à mon
avis encore trop longue, trop longue du nom du Canada.
Certains s'opposent à cette motion pour des raisons de coûts ou
de possibles difficultés administratives. D'autres s'objectent
de peur que cela n'encourage nos concitoyens à s'engager dans
n'importe quel conflit. S'il est essentiel que nous nous
souvenions de notre histoire, il est également essentiel que nous
gardions en tête que nous, parlementaires, faisons en partie
l'histoire, prenons des décisions qui dans peu de temps seront
sous le regard des historiens.
Assumons dès lors nos responsabilités et reconnaissons la grande
valeur de l'engagement des membres du bataillon
Mackenzie-Papineau.
[Traduction]
Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD): Monsieur le Président, je
suis très heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour
apporter mon soutien à la motion no 75, sur le bataillon
Mackenzie-Papineau, qui a été présentée par mon collègue.
J'ai personnellement côtoyé des membres de ce bataillon qui ont
travaillé sans relâche pour mettre cette question de l'avant. Je
tiens à féliciter le député de Kamloops d'avoir présenté cette
motion à la Chambre, ce qui donne l'occasion de faire mieux
comprendre la question et d'expliquer aux Canadiens le tort qui
a été fait aux 1 300 volontaires qui sont courageusement allés
lutter contre le fascisme avant même que le gouvernement du
Canada de l'époque comprenne ce qui se passait.
Lorsque nous lisons l'histoire du bataillon Mackenzie-Papineau,
nous voyons le courage qui habitait ces hommes et ces femmes et
la conviction qui les animait pour ainsi partir lutter contre le
fascisme. L'histoire du Canada sera toujours entachée par le
fait que le gouvernement du Canada et également la GRC et la
société en général ont critiqué et rabaissé ces gens.
Je crois que la motion remet la question à l'ordre du jour et
permet à la population canadienne d'affirmer qu'il faut
reconnaître que ces Canadiens nobles et héroïques étaient prêts
à aller donner leur vie dans un pays étranger parce qu'ils
croyaient fermement qu'il fallait défendre la démocratie, pas
seulement au Canada, mais partout.
1930
Le plus triste, c'est que nombre de ces valeureux Canadiens qui
ont voulu s'enrôler dans les Forces armées canadiennes pendant
la deuxième guerre mondiale se sont fait opposer une fin de
non-recevoir, sous prétexte que les Canadiens qui avaient pris un
tel engagement étaient peu fiables sur le plan politique.
La motion à l'étude est l'occasion pour les députés de se
remémorer une page d'histoire et de rendre hommage à ce qui
n'est malheureusement plus qu'une poignée d'anciens combattants.
Seulement une quarantaine de Mac-Paps vivent encore. Il est
important de perpétuer le souvenir de leurs exploits. Il est
important de réparer une erreur du passé. Il est important que
tous les intéressés et tous les députés reconnaissent la
contribution et le dévouement des Mac-Paps.
J'invite tous mes collègues à faire abstraction de leurs
opinions politiques et de ce qui est arrivé en 1936 pour
affirmer qu'il faut rendre hommage à ces Canadiens. Il n'y pas
de meilleur endroit pour ce faire que la Chambre des communes.
Il y a des membres de leur collectivité et de leur famille, des
enfants et des petits-enfants qui suivent ce débat. Ils veulent
voir ce que la Chambre des communes va faire pour souligner le
sacrifice qu'ont fait ces personnes, dont la plupart sont
maintenant décédés.
J'exhorte les députés à faire ce que doit,
c'est-à-dire reconnaître la contribution des Mac-Paps et voir
comment on pourrait récompenser ce groupe de Canadiens
franchement courageux et héroïques.
Le vice-président: Je signale à la Chambre que, si le député de
Kamloops prend maintenant la parole, cela aura pour effet de
clore le débat.
M. Nelson Riis (Kamloops, NPD): Monsieur le Président, c'est un
honneur de dire quelques mots pour clore le débat sur la motion
M-75, qui vise à donner au bataillon MacKenzie-Papineau la
reconnaissance qu'il mérite.
Il est juste de dire que le Canada a fait preuve de leadership
dans le passé en reconnaissant ses erreurs et en présentant des
excuses. Dans certains cas, nous avons même versé une
indemnisation. Je pense particulièrement ici aux Canadiens
d'origine japonaise qui ont été traités si injustement durant la
Seconde Guerre mondiale. Ils ont eu droit à des excuses et à une
indemnisation. De la même façon, les autochtones qui ont été
humiliés dans les pensionnats ont reçu des excuses et une forme
d'indemnisation indirecte. Nous avons vu des pays présenter des
excuses et reconnaître des erreurs passées comme l'holocauste,
l'apartheid en Afrique du Sud, et on pourrait donner bien
d'autres exemples.
Cela en dit long sur un pays lorsque celui-ci peut admettre qu'il
a commis des erreurs. D'autres gouvernements avant nous ont
débattu certaines de ces questions, mais n'ont pas pris les
bonnes décisions.
Ils ont commis des erreurs. Ils se sont trompés. Il faut qu'une
personne ait beaucoup de courage pour admettre qu'elle a commis
une erreur. De la même façon, il faut qu'un gouvernement et un
Parlement aient du courage pour admettre qu'ils ont commis une
erreur à l'endroit de ceux qui se sont portés volontaires pour
lutter contre le fascisme avant même que nous le fassions en
tant que pays.
Je lance un appel à mes collègues de tous les partis représentés
à la Chambre. Lorsqu'ils voteront sur cette motion lundi en
quinze, qu'ils laissent de côté les problèmes mineurs qui ont
été soulevés et les questions qui rendraient cette
reconnaissance difficile et qu'ils fassent ce qu'il faut pour
aider les quelques anciens combattants qui vivent au Canada
aujourd'hui en leur montrant que nous apprécions le fait qu'ils
ont pris l'initiative de lutter contre le fascisme dans le
monde.
1935
Le Président: Conformément à l'ordre adopté plus tôt
aujourd'hui, la question sur la motion est mise aux voix et le
vote par appel nominal est demandé et reporté au lundi 25 mai
1998 à la fin de la période réservée à l'étude des initiatives
ministérielles.
MOTION D'AJOURNEMENT
[Français]
L'ajournement de la Chambre est proposé d'office en conformité
de l'article 38 du Règlement.
L'ASSURANCE-EMPLOI
M. Yvon Godin (Acadie—Bathurst, NPD): Monsieur le
Président, j'interviens aujourd'hui en réplique à la réponse que
le secrétaire d'État aux Institutions financières internationales
a donnée à ma question sur l'assurance-emploi, le 26 mars 1998.
J'avais demandé pourquoi le gouvernement fédéral refusait
d'utiliser le surplus de l'assurance-emploi pour venir en aide à
tous les chômeurs du pays. Présentement, moins de 40 p. 100 des
chômeurs reçoivent des prestations d'assurance-emploi. Cette
situation est d'autant plus grave lorsqu'on constate que le
surplus de la caisse de l'assurance-emploi s'élève à environ 15
milliards de dollars.
Pourquoi ce gouvernement laisse-t-il le surplus de la caisse de
l'assurance-emploi gonfler, lorsque des gens partout au pays
souffrent en raison des changements apportés aux critères
d'admissibilité à l'assurance-emploi? On oublie souvent d'où
vient l'argent de ces surplus. Ce sont les travailleurs et les
travailleuses de ce pays et les employeurs qui paient les
cotisations à la caisse de l'assurance-emploi.
Comme le nom du programme l'indique, c'est une assurance pour
les moments difficiles, lorsqu'on perd son emploi. Tout le monde
souhaite ne pas devoir recourir à cette assurance, mais la nature
du travail étant ce qu'elle est aujourd'hui, c'est parfois
inévitable.
Ce gouvernement ne reconnaît-il pas que plus de 60 p. 100 des
chômeurs n'ont pas droit à leur assurance? Ils n'ont pas droit à
leur argent. Et ce n'est même pas parce que le gouvernement n'a
pas d'argent, il y a un surplus de 15 milliards de dollars dans
la caisse. C'est difficile de comprendre pourquoi le
gouvernement refuse d'agir sur cette sérieuse question.
Hier, le Conseil national du bien-être a annoncé que le taux de
pauvreté infantile a atteint son plus haut niveau depuis 17 ans.
Le rapport soulignait que l'augmentation de la pauvreté est
directement liée aux changements à l'assurance-emploi.
Dans le nord-est de ma province du Nouveau-Brunswick, le taux de
chômage s'élève à 23 p. 100. Une personne sur quatre essaie de
se trouver un emploi, mais elle ne trouve rien; des milliers de
familles sont dans la misère.
On a même annoncé, hier, que le taux de chômage du
Nouveau-Brunswick se situait aux alentours de 13 p. 100.
Souvent, les députés de l'autre côté de la Chambre ne me croient
pas lorsque je dis que les gens souffrent en raison des
changements à l'assurance-emploi. Ce rapport du Conseil national
du bien-être le confirme noir sur blanc.
Le temps d'agir, c'est maintenant. Ce gouvernement doit
commencer à travailler pour les gens de ce pays et parler des
sujets qui préoccupent tous les Canadiens et Canadiennes, comme
l'élimination de la pauvreté, la création d'emplois et un système
de santé qui réponde aux besoins de tout le monde.
Commençons dès maintenant en révisant les critères
d'admissibilité à l'assurance-emploi. Les Canadiens ont assez
souffert. Avec 15 milliards de dollars, nous pouvons rétablir
les taux de prestations à 60 p. 100 et s'assurer que 70 p. 100
des chômeurs puissent en bénéficier.
Je faisais quelques calculs un peu plus tôt. Une personne qui
travaillerait 420 heures dans une usine de poissons ou qui aurait
un emploi saisonnier, même un emploi qui ne serait pas payant, à
un taux minime, par exemple à 7,50 $ l'heure, recevrait un
montant de 3 150 $; donc, ce montant, divisé par 14, multiplié
par 55 p. 100 qui est le pourcentage accordé par
l'assurance-emploi, représente un salaire de 123,75 $ par
semaine. Il n'y a personne qui peut vivre avec cela. Tout de
même, avoir un surplus considérable comme celui de la caisse de
l'assurance-emploi, c'est inacceptable.
Pourquoi le gouvernement attend-il? Est-ce que les libéraux
veulent voir le taux de pauvreté augmenter encore une fois?
Révisons les critères de l'assurance-emploi pour remédier...
Le vice-président: Je regrette d'interrompre l'honorable
député. Je cède maintenant la parole au secrétaire parlementaire
du ministre du Commerce international.
1940
[Traduction]
M. Julian Reed (secrétaire parlementaire du ministre du Commerce
international, Lib.): Monsieur le Président, le gouvernement
prend à coeur la création d'emplois et la croissance économique
et il fait des progrès considérables sur les deux plans. Cela
est évident, comme on peut en juger d'après la baisse constante
du taux de chômage, et nous espérons bien voir cette tendance se
maintenir. Le taux de cotisation à l'assurance-emploi doit faire
en sorte qu'il y ait suffisamment de recettes à chaque cycle
économique pour payer les coûts de l'AE à des taux relativement
stables.
L'excédent actuel permet de constituer des réserves prudentes en
cas de hausses du taux de chômage résultant de changements
économiques mondiaux imprévus. Il permet également au
gouvernement de remédier au chômage là où il sévit le plus.
Par exemple, selon un concept similaire au nouveau programme
d'embauche de 1997 et de 1998, le budget de 1998 exonère des
cotisations à l'AE les employeurs qui embauchent davantage de
jeunes Canadiens en 1999 et en 2000.
Nous devons également nous rappeler qu'il y a à peine trois ans,
le déficit du gouvernement se chiffrait à 42 milliards de
dollars. À ce moment-là, le gouvernement a examiné tous les
aspects de la situation budgétaire et il est indéniable que les
excédents de la caisse de l'AE ont contribué à rétablir la santé
budgétaire du pays. Cette décision n'a pas été prise isolément,
cependant, et a été le complément d'autres décisions difficiles.
Les taux de cotisation à l'AE ont diminué depuis 1994. La
diminution de cette année, de 2,90 $ à 2,70 $, fera économiser 1,4
milliard de dollars aux Canadiens en 1998, et les cotisations
continueront de baisser à mesure que la situation budgétaire le
permettra.
L'ACCORD MULTILATÉRAL SUR L'INVESTISSEMENT
Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD): Monsieur le Président,
l'opposition à l'Accord multilatéral sur l'investissement,
l'AMI, est massive et continue à prendre de l'ampleur.
Il n'y a pas que les citoyens canadiens qui se rendent compte
que l'AMI est une mauvaise chose. Les gouvernements provinciaux
commencent eux aussi à se rendre compte que c'est une mauvaise
chose pour ce qui est des compétences provinciales.
Au mois de mars, j'ai posé une question au premier ministre
exprimant la crainte croissante que, par exemple, en
Colombie-Britannique, les initiatives du gouvernement provincial
comme l'accord sur les emplois et le bois d'oeuvre et la loi
visant à empêcher les jeunes d'être exploités par les sociétés
productrices de tabac ne soient menacées par l'AMI.
La réponse que j'ai reçue du gouvernement était lamentable. On
m'a répondu que: «Rien dans les négociations ne menace la
capacité du Canada de fonctionner et de mener ses propres
affaires.»
Les Canadiens n'en croient rien. Un nombre croissant d'entre eux
comprennent que l'effet principal de l'AMI sera de saper nos
institutions démocratiques et d'empêcher les gouvernements élus
d'adopter des politiques dans l'intérêt du public.
En Colombie-Britannique, le gouvernement est tellement inquiet
des répercussions de l'AMI qu'un comité pluri-partite a été
constitué pour entreprendre des audiences publiques. Ce comité
spécial a pour mandat d'étudier tous les aspects de l'AMI et de
faire des recommandations après avoir largement consulté le
public.
Les membres du comité vont être nommés sous peu; ce dernier
devrait remettre son rapport à l'Assemblé législative de la
Colombie-Britannique au cours de l'année prochaine.
À propos de l'AMI, le ministre britanno-colombien responsable du
dossier, M. Farnworth, a dit qu'il ne fallait pas s'y tromper,
que l'AMI n'était pas mort.
Il a dit que même s'il avait bon espoir que l'AMI ne serait pas
signé à Paris comme prévu, il a ajouté—et je suis d'accord à
l'instar de nombreux autres Canadiens—qu'il fallait absolument
profiter de ce retard pour continuer à exercer des pressions
auprès du gouvernement fédéral pour qu'il tienne un débat et des
audiences vraiment publics et qu'il empêche en fin de compte cet
accord d'être conclu.
Le ministre de l'Emploi et de l'Investissement de la
Colombie-Britannique, M. Farnworth, a écrit au ministre du
Commerce international pour demander au gouvernement fédéral de
tenir des audiences dans toutes les régions du pays et a
conseillé au ministre fédéral de ne pas présumer que l'AMI
couvrira automatiquement des mesures provinciales.
Les Canadiens veulent savoir pourquoi les libéraux ont tellement
peur de débattre de la question de l'AMI. J'ai participé à un
certain nombre de débats dans ma circonscription et à Vancouver
où pas un seul libéral ne s'est montré.
1945
Nous exhortons le gouvernement à être honnête aujourd'hui à
propos de l'AMI et à dire aux Canadiens pourquoi il veut
tellement que celui-ci soit conclu. Nous tenons à dire au
gouvernement que l'opposition grandit. Elle sera éventuellement
telle que l'accord ne sera pas conclu.
M. Julian Reed (secrétaire parlementaire du ministre du Commerce
international, Lib.): Monsieur le Président, dans le monde
entier, des isolationnistes économiques contestent des accords
comme l'AMI. Il s'en trouve pour croire qu'on peut élever un mur
autour d'un pays et exploiter son système économique en circuit
fermé et assurer ainsi prospérité, santé et bonheur à tous ses
habitants.
On a essayé cela au début de 1917 en Union soviétique. Lorsque
le régime s'est effondré, la situation financière était telle
que le pays est encore désorienté et vit une grave catharsis en
ce qui concerne la relance.
Nous avons appris ces dernières années que notre économie dépend
certes des interactions et du commerce internationaux. Quarante
pour cent des emplois qui sont créés au Canada le sont parce que
le Canada est un pays exportateur. Des accords sont absolument
essentiels.
Nous avons appris il y a longtemps que le Canada fonctionne
mieux lorsqu'il y a des règles. Le Canada n'est pas un grand
pays qui peut simplement fonctionner dans la jungle.
Nous avons de petits entrepreneurs qui investissent à
l'étranger. Ils ne peuvent pas s'engager là-bas dans des litiges
avec des bataillons d'avocats. Il vaut mieux que des règles
soient établies et que nous sachions à quoi nous en tenir. Cela
permet au Canada de prospérer.
Le Canada va continuer de prospérer tant que nous chercherons à
interagir avec tous les pays du monde.
LE SECOURS AUX SINISTRÉS
M. Jay Hill (Prince George—Peace River, Réf.): Monsieur le
Président, je prends la parole ce soir sur une question d'équité
pour tous les agriculteurs canadiens.
Le 19 février et à diverses occasions par la suite, à la
Chambre, j'ai demandé au ministre de l'Agriculture et de
l'Agroalimentaire pourquoi il n'a pas accordé d'aide en cas de
catastrophe aux agriculteurs de la région de la rivière de la
Paix en Colombie-Britannique et en Alberta qui ne sont pas
admissibles aux Accords d'aide financière en cas de catastrophe.
Ces agriculteurs ont perdu leurs récoltes deux années de suite à
cause d'une humidité excessive. Ces accords sont connus sous le
nom d'AAFC. Les agriculteurs des Maritimes qui ont connu l'été
dernier la pire sécheresse de la décennie ont également été
privés de l'aide du gouvernement fédéral en cas de catastrophe.
Depuis deux ans, des programmes d'aide spéciaux en cas de
catastrophe à part des AAFC ont été établis à quatre occasions.
Un précédent a été établi. Le gouvernement fédéral a montré que
la compassion et l'indemnisation étaient possibles en dehors des
critères des AAFC.
Dans le cas des inondations du Saguenay et de la rivière Rouge,
des programmes d'aide spéciaux ont été établis en dehors des
AAFC pour les agriculteurs ayant subi des pertes. Plus
récemment, le gouvernement fédéral a débloqué un montant
supplémentaire de 50 millions de dollars en dehors des AAFC pour
les agriculteurs à temps partiel du Québec qui ont subi des
pertes durant la tempête de verglas de janvier. En mars, le
ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a versé un
autre montant supplémentaire de 20 millions non prévus dans les
AAFC aux agriculteurs à temps partiel de l'Ontario qui ont subi
des pertes à cause de la tempête de verglas. Ce sont des
agriculteurs qui ne sont pas admissibles normalement aux AAFC.
Je tiens à souligner que, dans ces quatre cas, les agriculteurs
méritaient ces arrangements spéciaux pour les pertes qu'ils ont
subies.
Ce qui est difficile à comprendre, toutefois, c'est que le
gouvernement n'applique pas les mêmes règles et ne fait pas
preuve de la même compassion pour tous les agriculteurs victimes
de catastrophes. Il l'a fait non pas une fois, non pas deux ou
trois fois, mais quatre fois.
Le gouvernement fédéral a montré que lorsque les AAFC ne
suffisent pas, lorsque ces derniers n'accordent pas une aide
financière suffisante aux agriculteurs victimes d'une
catastrophe, les règles peuvent être changées et que des
programmes spéciaux peuvent être institués.
Pour les agriculteurs de la région de la rivière de la Paix et
des Maritimes, les AAFC sont insuffisants pour répondre aux
besoins. Le ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a
déclaré à la Chambre que ces agriculteurs ont été traités
exactement de la même façon que ceux d'autres régions. Ce n'est
tout simplement pas vrai. Tant que les agriculteurs de la
rivière de la Paix et des Maritimes n'obtiendront pas les mêmes
programmes d'aide supplémentaire que les agriculteurs du
Saguenay, du Manitoba, du Québec et de l'Ontario, cette
injustice demeurera.
1950
C'est la réalité, rien de plus. En tentant de justifier le
traitement inéquitable qu'il inflige à ces agriculteurs, le
ministre a déclaré que s'il n'y avait pas eu de programmes de
subventions particuliers en Alberta et en Colombie-Britannique,
c'était simplement que ces provinces n'en avaient pas demandé.
Il a présenté cette excuse ridicule, même si le programme
spécial prévoyant des subventions de 50 millions de dollars pour
le Québec avait été établi unilatéralement par le gouvernement
fédéral, sans la collaboration du gouvernement québécois.
J'ai été heureux dernièrement de voir le ministre de
l'Agriculture de l'Alberta, Ed Stelmach, mettre son homologue
fédéral au pied du mur.
Il a officiellement demandé au ministre de l'Agriculture fédéral
un programme spécial pour venir en aide aux agriculteurs de la
région de Peace River, en Alberta.
Je viens d'apprendre que le ministre albertain a essuyé un
refus. J'ignore quelle excuse le ministre de l'Agriculture a
invoquée, à part le fait que sa compassion ne s'étend pas à
l'ouest du Manitoba.
La vérité, c'est que le gouvernement établit des règles au fur
et à mesure. S'il décide d'élaborer des programmes spéciaux pour
venir en aide aux agriculteurs du Québec et de l'Ontario qui ne
sont pas admissibles en vertu des règles ordinaires régissant
l'aide financière en cas de catastrophe, il devrait en établir
également pour les agriculteurs de l'Ouest et de l'Est.
M. Ovid L. Jackson (secrétaire parlementaire du président du
Conseil du Trésor, Lib.): Monsieur le Président, nous nous
rendons compte que les deux saisons de pluie consécutives qu'ont
connues le nord de l'Alberta et la Colombie-Britannique ont coûté
aux agriculteurs d'importantes pertes au niveau de la production
et du revenu.
Nous sommes aussi conscients des conséquences qu'a eues la
sécheresse pour certaines régions des Maritimes et de l'Ontario
en 1997. Cependant, les accords d'aide financière en cas de
catastrophe ne s'appliquent pas dans les situations que le
député a mentionnées car ils ne couvrent pas les pertes de
revenu. Ils couvrent seulement la remise en état des biens et ne
permet pas d'accorder une aide, notamment lorsqu'il existe une
assurance-récolte.
L'aide fournie aux termes de ces accords aux agriculteurs à
temps partiel au Québec est fondée sur les mêmes règles et les
mêmes procédures qui s'appliquent aux catastrophes importantes
comme la tornade à Edmonton, les inondations au Saguenay, et les
inondations causées par le débordement de la rivière Rouge.
Ces catastrophes ont eu un tel impact sur l'économie en général
qu'une entente auxiliaire globale a été conclue pour couvrir
l'agriculture et l'industrie.
Nous pensons que l'assurance-récolte, combinée au compte de
stabilisation du revenu net ou CSRN et aux programmes connexes
sont la meilleure possibilité pour les producteurs canadiens
d'obtenir de l'aide en cas de sécheresse ou de pluies
excessives.
[Français]
Le vice-président: La motion portant que la Chambre
s'ajourne maintenant est réputée adoptée. La Chambre demeure
donc ajournée jusqu'à demain, à 14 heures, conformément au
paragraphe 24(1) du Règlement.
(La séance est levée à 19 h 52.)