M. Rick Casson
Président
Comité permanent de la Défense nationale
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6
Monsieur,
Conformément à l'article 109 du Règlement de la Chambre
des communes et au nom du gouvernement du Canada, je suis heureux de vous faire
parvenir par la présente la Réponse du gouvernement aux
recommandations contenues dans le Deuxième Rapport du Comité
permanent intitulé Processus d’acquisition et processus
associés.
Le Deuxième Rapport de votre comité a fourni au ministère de
la Défense nationale (MDN) l'occasion d'informer le Parlement efforts
entrepris pour rendre l’acquisition de matériel de défense
plus efficace, transparent et adapté aux besoins actuels et futurs des
FC tout en assurant une prudence et une probité dans l’utilisation
des deniers publics. La réponse met l’accent sur l’approche
interministérielle requise pour l’approvisionnement militaire en
faisant mention des rôles des divers ministères et des organismes
de développement régional engagés dans le processus
d’acquisition militaire. La réponse aborde chacune des
recommandations et explique les mesures prises au cours des dernières
années pour accroître l’efficacité
de l’approvisionnement militaire, recense les secteurs où
d’autres améliorations sont nécessaires et offre des
solutions pratiques pour donner suite aux préoccupations qui
subsistent.
Nous tenons à vous remercier ainsi que les autres membres de votre
comité pour les perspectives utiles que vous avez fournies sur le
processus d’acquisition de la défense et les processus
associés.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de
mes sentiments distingués.
Peter G. MacKay, C.P., député
Introduction
Le gouvernement du Canada a examiné avec soin le rapport du
Comité permanent de la défense nationale sur le processus
d’acquisition et les processus associés et a pris note des
neuf recommandations qu’il contient.
La présente réponse offre un aperçu de la position
du gouvernement quant à chacune des recommandations. Comme le Comité
l’a clairement indiqué, il s’agit d’une question
très complexe et importante. Les responsables de l’approvisionnement
militaire doivent acquérir le bon équipement pour les Forces
canadiennes et maintenir un processus concurrentiel ouvert et juste. Compte
tenu des coûts considérables souvent liés à l’
acquisition d’équipement militaire, le processus d’
approvisionnement doit aussi garantir que l’argent des contribuables
est investi de façon appropriée et diligente. Il est par
conséquent essentiel que les décisions soient prises en comprenant
entièrement le contexte et les incidences potentielles, et, à
cet égard, les travaux du Comité ont fourni des points de vue
utiles.
Le gouvernement du Canada aimerait remercier les membres du Comité
permanent de la défense nationale pour leur travail dans ce dossier.
Recommandation 1
Que ces dix points (proposés par un témoin) servent également de principes directeurs au gouvernement dans la réforme du système d’approvisionnement militaire.
Le gouvernement reconnaît et comprend l’importance des suggestions
du Comité en vue de réformer le processus d’approvisionnement
militaire. Comme il est indiqué dans le rapport du Comité, des
progrès considérables ont été accomplis en ce sens.
D’ailleurs, bon nombre des concepts proposés sont à la base
des réformes qui ont déjà été adoptées
et qui continuent de l’être. Il reste toutefois encore
beaucoup à faire, et le gouvernement entend poursuivre les réformes
du système de manière à réagir efficacement au besoin
de changements, à garantir que les processus d’acquisition sont
justes, ouverts et transparents et à dépenser les fonds publics
avec prudence et probité. Des réponses précises aux dix
principes proposés suivent.
-
Énoncés des besoins. Le MDN dispose d’une
procédure bien établie pour définir les insuffisances sur le
plan des capacités, et cette procédure fait
régulièrement l’objet d’améliorations et de
révisions. La plupart du temps, une fois approuvés,
les énoncés d’insuffisance en capacités et
les énoncés des besoins opérationnels
sont « gelés ». Cependant, en raison de besoins
opérationnels changeants ou d’une analyse
détaillée pendant la phase de définition d’un projet,
il peut parfois s’avérer nécessaire de les modifier. Le
Ministère continuera de voir à ce que les documents concernant
les besoins reflètent le plus fidèlement possible les besoins
futurs connus et actuels valides, conformément à
l’impératif selon lequel l’approvisionnement militaire doit
se faire d’une manière juste, ouverte et transparente.
-
Participation du secteur industriel le plus tôt possible.
Le gouvernement favorise la participation du secteur industriel dès les
premières étapes s’il y a lieu et utilise divers
mécanismes pour obtenir ses conseils et idées quant à la
façon de répondre aux nouveaux besoins. Le programme de
modernisation des frégates de la classe Halifax est un bon exemple
de collaboration avec le secteur industriel qui porte fruits. Le
gouvernement continuera d’étudier des moyens innovateurs
visant à faire participer le plus tôt possible le secteur
industriel à l’élaboration de solutions, et ce, dans
un contexte concurrentiel juste ouvert et transparent. Il ne s’agit pas
d’une tâche facile et, afin d’établir une communication
plus efficace entre les deux parties, le MDN examine la possibilité
d’établir un centre mixte gouvernement‑industrie
d’analyse des capacités (basé sur les modèles fructueux
de l’Australie et du Royaume‑Uni) qui constituerait un
mécanisme structuré visant à mettre à profit
le plus rapidement possible l’expertise scientifique et technique du
secteur industriel pour l’élaboration de solutions technologiques
aux besoins militaires, tout en protégeant les droits de
propriété intellectuelle et en maintenant un milieu
favorisant la concurrence.
-
Équipes de projet intégrées. L’utilisation
d’équipes de projet interministérielles
intégrées ayant des responsabilités clairement
définies afin de mener à bien des projets importants et complexes
est une pratique de longue date et qui continuera lorsque requis.
D’autres approches innovatrices, comme le regroupement de projets pour
des raisons de gestion et afin de mettre en commun des ressources
spécialisées, sont également mises en œuvre. Il
est à noter que les contraintes graves des années 1990 en ce
qui a trait aux dépenses militaires ont eu une incidence significative sur
l’instruction et le perfectionnement des professionnels de
l’approvisionnement militaire au MDN et à TPSGC (dans un grand
contexte de restriction gouvernementale). Comme la vérificatrice
générale l’a mentionné lors de son
témoignage devant le Comité, une réduction importante de
l’effectif et un recrutement réduit ont entraîné une
perte importante sur le plan de l’expérience, et il y a maintenant
peu de chefs et de gestionnaires expérimentés de niveau
intermédiaire pour remplacer les gestionnaires de niveau supérieur
qui prennent leur retraite. De plus, à cause des coupures dans les
programmes de perfectionnement professionnel et de l’absence de
dépenses en capital substantielles pendant cette période,
peu d’experts en gestion de projet expérimentés et
qualifiés sont en mesure de mener à bien le nombre croissant
de programmes d’immobilisations de défense complexes. Au cours des
deux dernières années, le gouvernement a mis sur pied des
programmes visant à rebâtir l’effectif des professionnels
expérimentés et qualifiés de l’approvisionnement
militaire, et ces programmes commencent à porter fruits. Un certain temps
sera toutefois nécessaire pour assurer le renouvellement complet
des professionnels de l’approvisionnement du gouvernement.
-
Risques. L’identification, la caractérisation et
l’atténuation des risques ont toujours fait partie intégrante
de tout projet d’approvisionnement militaire. Le gouvernement continue
d’améliorer sa gestion des risques et, à l’appui de
l’initiative de renouvellement des politiques du Conseil du Trésor,
met en œuvre une nouvelle politique sur la gestion de projets qui exige que
les administrateurs généraux prennent en considération
les risques et la complexité des projets ainsi que la capacité
de l’organisation à gérer ces risques. Quatre
ministères, dont le MDN, mettent actuellement à l’essai
la politique qui devrait être mise en œuvre à
l’échelle du gouvernement d’ici 2011‑2012.
-
Spécifications fonctionnelles. Le gouvernement est d’accord
avec la recommandation selon laquelle il faut s’appuyer davantage sur les
spécifications fonctionnelles plutôt que sur des
spécifications techniques détaillées, ce qu’il
fait dans la mesure du possible.
-
Évaluation du rendement des fournisseurs. La Politique sur le
rendement des fournisseurs de TPSGC date de 1996. Elle a récemment fait
l’objet d’un examen, et une version révisée provisoire
sera disponible plus tard au cours de l’année à des fins
de consultation avec les intervenants clés comme d’autres
ministères fédéraux, des associations industrielles et
des fournisseurs. L’annonce de la politique est prévue pour
l’automne 2008.
En plus des principes pertinents de la politique actuelle, la politique
révisée provisoire présente des améliorations en vue
d’une gestion plus efficace du rendement, comme les points
ci‑après le montrent, en établissant un processus
d’évaluation bien défini et rigoureux qui :
-
garantit que l’évaluation du rendement est
« normalement » fait pour tous les marchés
adjugés par TPSGC applicables, plutôt qu’exceptionnellement,
et ce, à l’aide de formulaires d’évaluation standard et
de critères universels;
-
garantit que les renseignements liés à chaque marché
sont recueillis dans une base de données centrale à des fins
de gestion et de surveillance globales;
-
exige la participation de l’auteur de la demande et de
l’autorité contractante;
-
exige que le fournisseur prenne part au processus, ce qui devrait permettre de
régler un nombre important de cas de mauvais rendement;
-
résout les problèmes de rendement documentés
grâce à l’imposition de conditions de rendement
à l’intention du fournisseur;
-
élimine du processus d’approvisionnement les fournisseurs ayant
un mauvais rendement au moyen d’une clause de rejet d’offre plus
efficace et de l’imposition de mesures correctives plus rigoureuses
comme la radiation;
-
établit un secrétariat à TPSGC aux fins de soutien et
de coordination centrales pour ce qui suit : application uniforme de
la politique, surveillance du rendement des fournisseurs en recueillant
systématiquement chaque évaluation de rendement, suivi des
résiliations de marché, examen des antécédents
des fournisseurs en matière de rendement et prise de mesures, au besoin.
Le MDN élabore aussi une politique d’évaluation des
fournisseurs qui complètera la politique révisée de
TPSGC. Elle devrait être finalisée d’ici la fin de
l’année.
-
Stratégie d’approvisionnement. La stratégie
d’approvisionnement de tout projet est définie au moyen de
consultations interministérielles officielles. La stratégie est
ensuite approuvée par TPSGC dans le cadre de son système de freins
et de contrepoids. Pour tous les grands projets de l’État, un
comité consultatif supérieur de projet est convoqué. Il
réunit des représentants principaux des ministères participant
au projet. Le rôle du comité est de conseiller le chef de projet
quant à tous les aspects du projet et d’assumer les fonctions
d’examen des acquisitions. De même, toutes les acquisitions de plus de
2 millions de dollars font l’objet d’un suivi par des
comités interministériels d’examen. Selon le gouvernement,
cette procédure bien établie offre les meilleures garanties de
cohérence et d’efficacité en ce qui concerne la
sélection de la bonne stratégie d’approvisionnement pour
chaque besoin. La pleine participation de TPSGC, d’Industrie Canada et
des agences fédérales de développement régional font
en sorte que les préoccupations du secteur industriel soient prises en
considération et qu’un climat concurrentiel juste, ouvert et
transparent soit maintenu pour toutes les entreprises
intéressées à soumettre une offre relative à un
besoin.
-
Stratégie industrielle de défense. Le MDN, Industrie
Canada, TPSGC, Affaires étrangères et Commerce international
Canada ainsi que d’autres ministères collaborent afin de permettre
un meilleur alignement des capacités industrielles de défense du
Canada et de ses besoins militaires. La première étape du
processus consiste à élaborer une série de principes
directeurs et de meilleures pratiques. Par la suite, des stratégies,
des politiques et des programmes, nouveaux ou renouvelés,
visant à atteindre les résultats définis seront
établis. En plus de permettre d’accroître les aptitudes
nationales à fournir aux Forces canadiennes les capacités
essentielles en temps opportun et à bon prix, cette procédure
visera à maximiser d’autres avantages pour le Canada en termes
de croissance économique, de perfectionnement des compétences,
d’emploi et d’exportation, en lien avec la stratégie
économique à long terme du gouvernement – Avantage Canada.
La Stratégie de défense Le Canada
d’abord renforcera aussi les avantages industriels et technologiques
du Canada en fournissant les bases d’une nouvelle relation avec le secteur
industriel. Un programme d’investissement stable, prévisible et
durable permettra de créer des possibilités nouvelles, importantes
et à long terme pour les collectivités et les entreprises du pays.
Le secteur industriel canadien aura l’occasion de se positionner comme chef
de file de la haute technologie, d’investir activement dans la recherche et
de mettre au point des technologies qui peuvent être utilisées au
pays et exportées sur les marchés étrangers.
-
Incitatifs à l’intention des entrepreneurs. Le
gouvernement souscrit à la recommandation visant à inclure
des incitatifs positifs dans les contrats et continue de prévoir de
telles dispositions dans les nouveaux marchés, s’il y a lieu.
-
Financement stable. Le gouvernement approuve la recommandation
visant à établir un financement stable pour le MDN, ce qu’il
a fait dans chaque budget qu’il a présenté. Plus
particulièrement, le Budget 2008 prévoit un financement
stable et prévisible qui permettra la mise en œuvre réussie
de la Stratégie de défense Le Canada d’abord (SDCD)
grâce à des augmentations annuelles automatiques des dépenses de
défense de 2 pour 100 à compter de 2011‑2012
(elles sont actuellement de 1,5 pour 100). Après 20 ans,
le budget des aura augmenté de 12 milliards de dollars.
L’adoption de la comptabilité d’exercice à
l’échelle du gouvernement accroîtra davantage la
stabilité financière à long terme du Ministère.
Comme il est indiqué plus haut, la Stratégie de défense
Le Canada d’abord annoncée par le premier ministre Harper le
12 mai 2008 établira la base d’une nouvelle relation avec
l’industrie de la défense canadienne en assurant un financement
à long terme à l’appui de la modernisation et de
l’expansion des Forces canadiennes. La planification à long terme de
la Stratégie permettra au secteur industriel de prévoir
d’avance, d’investir activement en recherche et développement et
de se positionner pour réussir au Canada et sur les
marchés internationaux.
Recommandation 2
Que le ministère de la Défense nationale examine des moyens de
rendre l’attribution de contrats à des fournisseurs exclusifs
plus transparente et responsable, avec l’objectif de réduire
substantiellement les temps d’attente pour les grands projets
d’immobilisations nécessaires à la
sécurité nationale du pays.
Le gouvernement a bien conscience de la nature sensible de
l’approvisionnement auprès de fournisseurs exclusifs, et il est bien
déterminé à améliorer la compréhension
qu’ont le Parlement et les Canadiens de ce processus.
Même si le Règlement sur les marchés de
l’État (RME) prévoit qu’un processus d’appel
d’offres concurrentiel soit la norme, il reconnaît la
nécessité légitime pour l’État
d’attribuer parfois un contrat à un fournisseur exclusif. Cette
pratique vise à permettre une certaine souplesse dans
l’application pratique de la politique visant à promouvoir
l’équité, l’ouverture et la transparence tout en
laissant au gouvernement la possibilité de gérer ses
affaires, particulièrement en circonstances imprévues. À
l’automne 2007, le gouvernement a officiellement instauré un
niveau supplémentaire d’examen pour tenir compte du manque apparent
d’équité et de transparence de certains marchés
avec fournisseurs exclusifs.
Il convient de noter que l’approvisionnement auprès de
fournisseurs exclusifs est une stratégie largement répandue dans
le monde. Même aux États‑Unis, dont la base industrielle de
défense est la plus diversifiée au monde, le secteur de la
défense attribue couramment des contrats à des fournisseurs
exclusifs. Selon des renseignements publiés par le Département de
la défense (DOD) des États‑Unis, celui‑ci a
attribué en 2006 plus de 42 p. 100 de tous ses
contrats (approximativement 68 p. 100 de la valeur totale de
ceux‑ci) à des fournisseurs uniques (dont 402 contrats
d’une valeur de 231 M$ à des sociétés
canadiennes).
Les données du Canada se comparent favorablement à ces chiffres,
compte tenu notamment de sa base industrielle plus modeste. Sur une période
de cinq ans, soit de 2002‑2003 à 2006‑2007, une moyenne
approximative de 80 p. 100 de la valeur des contrats attribués
par TPSGC pour le compte du MDN l’a été à la suite
de processus concurrentiels. Néanmoins, certaines circonstances
obligent à envisager une adjudication à un fournisseur
exclusif :
-
Entretien, mise à niveau et réparation du matériel
existant. L’État est tenu de respecter les droits de
propriété intellectuelle des constructeurs d’origine des
systèmes qu’il utilise. Lorsqu’il attribue un contrat portant
sur les pièces de rechange ou tout autre type d’entretien, il doit
faire appel au fournisseur bénéficiant d’une licence
du constructeur du matériel d’origine. À titre
d’exemple, les mêmes restrictions s’appliquent à
une compagnie aérienne qui fait l’acquisition d’un nouvel
appareil. Pour la plus grande part de la vie utile de ce dernier, elle doit
recourir presque exclusivement au constructeur du matériel d’origine
ou à ses agents autorisés pour obtenir des pièces de
rechange et de l’entretien. Il convient de signaler qu’une part
importante des approvisionnements de défense auprès de
fournisseurs exclusifs concerne l’entretien, la mise à
niveau ou la réparation d’un matériel acquis au départ
dans le cadre deprocessus concurrentiels.
-
Législation ou politique. En application d’une loi ou
d’une politique, le gouvernement doit se procurer certains biens ou
services auprès de fournisseurs désignés. À titre
d’exemple, le Parlement a désigné NAV Canada comme
seul fournisseur légalement autorisé à fournir des services
du contrôle de la circulation aérienne au Canada. De plus, selon
une politique gouvernementale de longue date en matière
d’approvisionnement, TPSGC est tenu de se procurer une bonne partie
des munitions du MDN auprès de sociétés
énumérées dans le Programme d’approvisionnement
en munitions.
-
Approvisionnement auprès de l’unique fournisseur. Il
arrive parfois qu’un seul fournisseur puisse répondre à
certains besoins spécialisés. C’est généralement
le cas pour des créneaux de technologies ou de services, des systèmes
très spécialisés ou des situations où les besoins
opérationnels exigent une interopérabilité totale avec
certains systèmes de nos alliés, par exemple de transmissions
protégées.
-
Achats supplémentaires de matériel existant. Lorsqu’il
s’agit simplement de maintenir en puissance ou d’accroître
une capacité existante, il peut être irraisonnable au point de
vue financier ou opérationnel de faire appel à un fournisseur autre
que celui du matériel existant. Ce serait le cas de l’achat de
missiles supplémentaires destinés à des rampes de lancement
et à des systèmes de conduite de tir existants.
-
Le meilleur prix. On peut démontrer que, dans certaines
circonstances, l’approvisionnement près d’un fournisseur
exclusif procure e meilleur prix. C’est le cas si un petit approvisionnement
canadien est lié à l’acquisition d’un grand volume de
la part d’un allié important (souvent à la suite
d’un processus concurrentiel dans le pays concerné).
Le gouvernement entend continuer à rendre transparents ses processus
d’approvisionnement auprès de fournisseurs exclusifs et
d’en rendre compte, et il continuera à y recourir de
façon judicieuse selon ses besoins et en conformité avec le
RME.
Recommandation 3
Que, pour des raisons de transparence et de responsabilité, le Plan de capacités de défense nationale soit rendu public et déposé devant le Comité permanent de la défense nationale avant la fin de l’exercice en cours.
Le 12 mai 2008, le gouvernement a dévoilé la
Stratégie de défense Le Canada d’abord,
c’est‑à‑dire son plan exhaustif pour que les
Forces canadiennes (FC) disposent du personnel, du matériel et du soutien
dont elles ont besoin pour relever les défis de
sécurité à long terme qui se posent au Canada sur les
plans national et international. La Stratégie fixe trois priorités
aux FC : défendre le Canada et protéger sa population chez
elle, rencontrer les responsabilités de notre pays pour ce qui est de
défendre l’Amérique du Nord et contribuer de
façon substantielle et stable à la sécurité
internationale et à des missions humanitaires. Cette annonce
complète les mesures importantes déjà prises par le
gouvernement pour renforcer les FC. La Stratégie portera sa Force
régulière et sa Réserve respectivement à
70 000 et à 30 000 membres, améliorera
les infrastructures clés des FC, améliorera l’état de
préparation général de ces dernières et mettra en
oeuvre d’importants projets de remplacement de ses flottes, notamment
de navires de combat de surface, d’aéronefs de patrouille maritime,
d’avions de recherche et de sauvetage, de chasseurs aériens ainsi que
de véhicules et de systèmes de combat terrestre. En procurant un financement stable à long terme aux FC et en instaurant les fondements d’une
nouvelle relation avec l’industrie, la Stratégie instaurera une
plus grande transparence et une meilleure reddition de compte dans le processus
d’approvisionnement de la Défense.
Recommandation 4
Que le Plan de capacités de défense nationale soit
considéré comme le fondement du processus d’approvisionnement,
au même titre que les éléments de base de ce
dernier.
Afin de combler leurs besoins actuels et futurs, les Forces canadiennes
transforment et modernisent leurs forces opérationnelles maritimes,
terrestres, aériennes et spéciales de manière à
relever les défis du XXIe siècle. À cette fin, on
dresse un plan d’investissement exhaustif pour mettre en oeuvre la
Stratégie de défense Le Canada d’abord. Ce
plan établira l’affectation des ressources en matériel,
en personnel et en infrastructure ainsi que d’autres contributions
essentielles pour que les FC disposent d’un nouveau matériel
et de nouvelles capacités au cours des dix prochaines
années.
-
Par ailleurs, la formation du plan d’investissement est grandement
influencée par l’adoption de la part du MDN de la planification
axée sur les capacités. À l’heure actuelle, le
Ministère procède à un examen approfondi de la structure
et des capacités de ses forces actuelles en regard de ses futurs
besoins identifiés, afin de dresser une nouvelle feuille de route
stratégique. Cette feuille de route fera l’inventaire des solutions
et des options en matière de capacités susceptibles de
répondre aux diverses lacunes relevées. Ces solutions et ces
choix devraient aider les décideurs à établir les besoins
des FC lorsqu’elles devront relever les défis du futur
environnement de sécurité. Une fois qu’on se sera entendu
sur ces besoins, on énoncera plus en détail les choix relatifs
à ces capacités et on les financera dans le plan
d’investissement. La nouvelle feuille de route devrait être
achevée au cours du deuxième semestre de 2008.
Recommandation 5
Que tous les grands projets de l’État évalués à plus de 100 millions de dollars proposés par le ministère de la Défense nationale soient communiqués au Comité permanent de la défense nationale pour examen avant l’attribution du contrat.
Le gouvernement relève que le Comité a déjà
formulé cette recommandation à deux reprises; néanmoins,
il demeure d’avis que les comptes qu’il rend actuellement au
Parlement sur les programmes, les opérations et les services de
défense, y compris les renseignements qu’il lui fournit sur les
grands projets de l’État, sont parfaitement adéquats. Dans
la très grande majorité des cas, les renseignements concernant
ces projets sont communiqués au Parlement, et le Comité peut
donc en prendre connaissance bien avant l’attribution de contrats.
Pour renseigner le Parlement, le gouvernement a recours aux mécanismes
de reddition de comptes déjà en vigueur, notamment le
dépôt du Budget principal des dépenses et des Rapports sur
les plans et les priorités, qui contiennent le détail des
grands projets de l’État. À la demande des comités,
le ministre de la Défense nationale, d’autres ministres et des
hauts fonctionnaires comparaissent devant le Parlement pour expliquer les
grands projets que propose à l’État le ministère
de la Défense nationale.
La publication de la Stratégie de défense Le Canada
d’abord renseigne encore mieux le Parlement et les Canadiens sur
les projets gouvernementaux. Le gouvernement rappelle son engagement à
faire comparaître des ministres et des fonctionnaires afin qu’ils
témoignent des divers projets d’approvisionnement qui
intéressent le Comité, et le gouvernement continuera de collaborer
avec le Parlement dans sa surveillance des approvisionnements de défense.
Recommandation 6
Que le gouvernement du Canada étudie des moyens de modifier le processus
d’approvisionnement du ministère de la Défense nationale afin
de réduire substantiellement les temps d’attente pour les grands
projets d’immobilisations nécessaires à la
sécurité nationale. Il devrait notamment se pencher sur
l’opportunité d’un processus d’approvisionnement
ministériel « maison » (c.‑à‑d.
une agence d’approvisionnement pour le ministère de la
Défense), d’un processus transparent et ouvert d’attribution
des contrats à des fournisseurs exclusifs, le cas échéant,
et d’un plus grand recours à des produits commerciaux
lorsqu’ils conviennent.
Le gouvernement continue d’améliorer ses politiques et processus
d’approvisionnement pour la défense et il apprécie que le
Comité constate les succès remportés à ce jour.
Le gouvernement peut faire davantage, et il entend le faire pour simplifier et
accélérer les processus tout en maintenant en vigueur les garanties
et les contrôles nécessaires pour que les Canadiens en aient le
plus possible pour leur argent en contrepartie des dépenses de
défense et pour que les acquisitions dans ce domaine s’effectuent
avec la plus grande transparence possible et fasse l’objet de freins et
de contrepoids adéquats.
À juste titre, le Comité estime que la proposition de certains
de restructurer en profondeur les relations actuelles entre le MDN et TPSGC et
de créer une agence d’approvisionnement de défense est
une question très complexe comportant des risques importants, qu’on
soit pour ou contre. Comme l’a affirmé la vérificatrice
générale dans son témoignage au Comité,
l’approvisionnement de défense est une question
compliquée touchant de nombreux intervenants, pas seulement le MDN et
TPSGC. Elle a aussi souligné les défis de taille que pose la
mise en œuvre d’une telle réorganisation. TPSGC, le MND ainsi
que d’autres partenaires sont fermement décidés à
accroître l’efficience du processus d’approvisionnement dans
le contexte de la structure actuelle. Un exemple récent qui illustre
nos efforts est le besoin d’avions de transport aérien
stratégique annoncé en juin 2006. Les quatre avions ont
été livrés respectivement le 8 août 2007, le 18
octobre 2007, le 7 mars 2008 et le 3 avril 2008. Il s’agit là
d’une réalisation remarquable, qui démontre l’engagement
du gouvernement à obtenir l’équipement militaire de
manière rapide et efficiente. Le gouvernement entend donc continuer
à améliorer progressivement les processus d’approvisionnement
de défense de manière à rendre l’organisation
actuelle la plus efficace et efficiente possible.
Au cours de deux dernières années, avec la collaboration des
ministères et des organismes concernés, on a réalisé
des progrès marquants à réduire les délais
d’approvisionnement en matériel militaire. Dans le passé,
il a fallu en moyenne douze ans entre l’énoncé d’un
besoin et l’attribution d’un contrat. Les projets militaires
annoncés depuis juin 2006 sont mis en oeuvre méthodiquement
et on applique nombre des suggestions faites dans le rapport du Comité.
Le gouvernement est en bonne voie d’abaisser à moins de quatre ans
le délai d’attribution des contrats, et il entend rendre
constamment plus efficace l’approvisionnement militaire.
Comme l’a indiqué le gouvernement dans sa réponse à
la recommandation 2, il est résolument déterminé
à recourir à des processus ouverts et transparents pour
les acquisitions, concurrentielles ou non.
Le gouvernement est d’accord avec la recommandation de recourir à
des produits commerciaux ayant fait leurs preuves lorsqu’ils conviennent
et il continue de procéder de la sorte chaque fois que cela est possible.
Recommandation 7
Qu’au moment de l’attribution de grands projets
d’immobilisations, le ministère de la Défense nationale
expose clairement et publiquement les motifs pour lesquels certains entrepreneurs
ont été préférés à d’autres, en
se gardant évidemment de divulguer l’information confidentielle
et classifiée.
Le gouvernement publie déjà le plus possible les motifs pour
lesquels il charge certains entrepreneurs de répondre à des besoins
en matière de défense ou autres. Le Comité comprendra que
le gouvernement est soumis à des contraintes considérables
concernant la possibilité de publier le détail des soumissions
d’entrepreneurs et de l’analyse qu’en font les
fonctionnaires, puisque les documents de soumission et leur contenu sont la
propriété exclusive des soumissionnaires. TPSGC gère
le processus d’appel d’offres et est chargé de veiller à
ce que les documents à ce sujet exposent clairement le processus
d’évaluation des soumissions ainsi que les divers critères
de sélection, y compris les conditions afférentes, les
retombées industrielles et régionales ainsi que les
exigences opérationnelles et techniques. On offre aux soumissionnaires
non retenus de rencontrer les représentants de TPSGC et du MDN pour
prendre connaissance de l’évaluation faite de leur soumission
pour les aider à comprendre la cote attribuée à
celle‑ci et les raisons de son attribution. S’ils estiment
vicié ou inéquitable le processus d’adjudication, on
les informe des mécanismes de recours indépendants à
leur disposition. Le gouvernement considère que ce système, en
place depuis de nombreuses années, assure au mieux un processus
transparent tout autant que la protection des informations exclusives
des soumissionnaires ou confidentielles des tiers.
En mai 2008, on a modifié la Loi sur le ministère des
Travaux publics et des Services gouvernementaux pour instituer le poste
d’ombudsman de l’approvisionnement pour garantir
l’équité, l’ouverture et la transparence des
marchés publics d’approvisionnement. Son titulaire
a été nommé par décret pour une période de
cinq ans et assume quatre fonctions principales :
-
l’examen des pratiques d’approvisionnement des ministères afin
de déterminer leur ouverture, leur équité et leur transparence,
et de recommander des améliorations aux ministères oncernés;
-
l’examen des plaintes des fournisseurs éventuels concernant le respect
de tout règlement de la Loi sur la gestion des finances publiques et
l’application de l’Accord sur le commerce intérieur (ACI),
mais visant des marchés d’une valeur inférieure aux limites
prévues dans l’accord;
-
l’examen des plaintes des fournisseurs concernant l’administration
des contrats (plaintes administratives);
- la mise en place d’un mode non judiciaire de règlement des
différends à la demande des deux parties contractantes.
Recommandation 8
Que le ministère de la Défense nationale et le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international poursuivent leurs discussions avec le Département d’État américain afin de mettre en place un système susceptible d’être considéré équitable pour tous les citoyens canadiens et les immigrants admis au Canada.
Le gouvernement appuie cette recommandation et poursuit des discussions avec
les É.‑U. à ce sujet.
L’United States’ International Traffic in Arms Regulations
(ITAR), administré par le Département d’État,
régit l’exportation d’articles et de service militaires de
nature délicate des États‑Unis. Pendant des décennies,
le Canada a joui d’un statut spécial : il est le seul pays qui
a des exemptions particulières dans le cadre de ce règlement.
Toutefois, comme il est indiqué dans le rapport du Comité, à
la suite des événements du 11 septembre, les dispositions de
l’ITAR ont été appliquées de façon plus stricte
en ce qui a trait aux autres autorisations d’exportation associées
aux licences, plus particulièrement sur les restrictions qui s’
appliquent à la double nationalité. En pratique, cela veut dire que
les citoyens canadiens nés dans l’un des vingt‑quatre pays
proscrits par les É.‑U. ou qui ont la double nationalité, se
sont vus généralement refuser l’accès au
matériel ou aux renseignements visés par l’ITAR.
L’observation de ces restrictions va à l’encontre de la
Charte canadienne des droits et libertés et de la législation
sur les droits de la personne.
Au printemps 2007, le ministère de la Défense nationale, de
concert avec le Conseil national de recherches du Canada, Agence spatiale
canadienne et le Centre de la sécurité des télé
communications, ont pu négocier un arrangement quant à un é
change de lettre avec le Département d’État américain.
En vertu de cet arrangement, l’accès à des articles et
services exportés qui sont visés par l’ITAR est
accordé aux membres du personnel du MDN qui sont citoyens canadiens,
y compris à ceux qui ont la double nationalité, qui ont un besoin
de savoir et qui possèdent au moins la cote de sécurité
de niveau secret. Le personnel du MDN englobe les membres des Forces
canadiennes, les employés civils, les entrepreneurs
intégrés ainsi que les employés d’autres
ministères qui travaillent au sein du MDN.
La priorité du gouvernement du Canada est de continuer les pourparlers
avec le Département d’État afin de trouver des solutions
semblables à long terme pour les autres ministères du gouvernement
fédéral et les entreprises canadiennes qui ont des besoins
similaires. Le Comité doit comprendre que cette question est complexe
et que cela prendra un certain temps pour la résoudre à la
pleine satisfaction du gouvernement et des Canadiens.
Recommandation 9
Que le gouvernement continue d’évaluer la nouvelle pratique
(responsabilisation unique), en tenant compte de l’intention de soutenir,
de promouvoir et d’améliorer les industries régionales
canadiennes et leur participation.
Le gouvernement reconnaît les préoccupations au sujet du principe de
la « responsabilité unique de l’entrepreneur »
et se réjouit du soutien du Comité qui veut prendre le temps
pour évaluer de façon appropriée les effets éventuels
d’un tel principe. Nous continuerons d’évaluer toutes nos
stratégies d’acquisition afin de nous assurer qu’elles
demeurent pertinentes en fonction des conditions nationales et internationales,
et d’offrir les meilleurs résultats pour le pays.
La stratégie d’acquisition de « responsabilité
unique de l’entrepreneur » ou de « solution
totale » a été adoptée pour certaines
acquisitions afin de tenir compte de la réalité d’une
tendance globale de contrôles plus serrés par les
propriétaires en droit par rapport au transfert et à l’
utilisation de leur propriété intellectuelle, et un certain nombre
de cas où le partage des contrats d’acquisition et du soutien en
service a été coûteuse et a créé des
difficultés pour le ministère de la Défense nationale.
Dans certaines circonstances, cela a nuit aux opérations des Forces
canadiennes.
Le gouvernement continuera de favoriser des possibilités de travail
à long terme de haute qualité pour l’industrie canadienne
au moyen de la Politique des retombées industrielles et
régionales. Les retombées associées aux contrats de soutien
en service fourniront des possibilités à l’industrie
canadienne de participer à de grands projets d’acquisition de
matériel de défense au moins au cours des vingt prochaines
années. Cela permettra d’assurer la viabilité à long
terme de la capacité de soutien en service de l’industrie canadienne.