STANDING COMMITTEE ON PROCEDURE
AND HOUSE AFFAIRS
COMITÉ PERMANENT DE LA PROCÉDURE
ET DES AFFAIRES DE LA CHAMBRE
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le mardi 11 avril 2000
• 1113
[Traduction]
Le président (M. Derek Lee (Scarborough—Rouge River, Lib.)):
La séance est ouverte. Nous sommes tous pris par nos discussions
privées, mais nous avons 13 minutes de moins donc passons à notre
ordre du jour.
Chers collègues, aujourd'hui nous allons commencer l'examen du
Règlement. Nous n'avons pas encore établi un ordre du jour complet
à cet égard, mais je suis sûr qu'il y a amplement de personnes
compétentes ici présentes pour nous permettre de le faire de façon
méthodique.
Jusqu'à aujourd'hui, nous avons consacré notre temps au renvoi
dont nous a saisis la Chambre traitant de la question de
confidentialité. Nous n'avons pas terminé cet exercice. Nous
envisageons la possibilité d'entendre un autre témoin. Nous sommes
en train d'en discuter avec les partis autour de la table.
Donc en attendant qu'on prenne une décision à ce sujet, nous
allons maintenant passer à l'examen du Règlement, plus précisément
des deux points auxquels on a décidé d'accorder la priorité en
raison des événements qui sont survenus ici au cours des deux à
quatre derniers mois. Le premier point traite du vote électronique,
et le deuxième traite d'un avis de motion précédent du leader
parlementaire du gouvernement qui a avisé la Chambre d'un
changement possible au Règlement qui permettrait au whip d'un parti
d'indiquer comment les députés de son parti voteront lors d'un vote
ordinaire à la Chambre des communes, sans qu'il y ait consentement
unanime. Vous devriez avoir devant vous une copie du texte en
question.
• 1115
Ce comité et son sous-comité ont déjà examiné le vote
électronique et entendu divers points de vue à ce sujet.
Nous accueillons aujourd'hui le greffier de la Chambre,
M. Marleau, et le sous-greffier, M. Corbett. À moins qu'il y ait
d'autres propositions des membres présents, je vais demander à
M. Marleau et à M. Corbett s'ils ont des commentaires susceptibles
de nous aider dans notre examen tout d'abord de la motion no 9 qui
traite de la possibilité pour le whip d'un parti, d'indiquer
comment voteront les députés de son parti ou dans l'examen de la
question du vote électronique.
M. Jay Hill (Prince George—Peace River, Alliance canadienne):
J'aimerais faire un rappel au Règlement.
Le président: Oui, monsieur Hill.
M. Jay Hill: Monsieur le président, avec l'indulgence du
comité, en ce qui concerne les autres travaux, juste au cas où je
doive partir avant la fin de la réunion, je me demandais si nous
pouvions nous occuper d'une question d'ordre administratif. Je
propose que Dave Chatters remplace Deborah Grey au Sous-comité des
affaires émanant des députés. Je demanderais que nous nous
occupions de cela si tout le monde est d'accord.
Le président: M. Hill vient de proposer une motion. Je mets la
motion aux voix. Êtes-vous tous d'accord?
(La motion est adoptée)
Le président: La motion est adoptée à l'unanimité.
M. Jay Hill: Merci beaucoup.
Le président: Je vous remercie.
Revenons maintenant à notre ordre du jour. Monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron (Verchères—Les-Patriotes, BQ):
Je voudrais faire un rappel au Règlement.
Peut-être l'avez-vous expliqué, mais j'ai dû
m'absenter quelques instants.
Est-ce que les propositions que
nous avons ici, celles de M. Strahl, sont
simplement des propositions qui s'ajoutent à toutes
celles que nous avons jusqu'à présent au niveau des
changements au Règlement?
Merci pour la première réponse, monsieur le
président.
J'ai une deuxième question, monsieur le président.
J'aimerais savoir s'il y a une raison particulière pour
laquelle on commence l'étude de la réforme du Règlement
spécifiquement par l'étude du texte et de la motion
n° 9.
[Traduction]
Le président: S'il y a une raison particulière? Je pense que
l'on peut dire que dans mon rôle de président, lorsque j'ai dressé
ma liste, et après avoir discuté avec les membres du comité, j'ai
simplement eu l'impression que cette question était devenue
prioritaire.
Un des députés du parti ministériel pourrait peut-être faire
des remarques à ce sujet. Monsieur Kilger.
M. Bob Kilger (Stormont—Dundas—Charlottenburgh, Lib.): Je
pourrais vous donner le point de vue de mon propre parti,
c'est-à-dire du gouvernement. C'est une question qui au sein du
caucus a attiré l'attention plus que toute autre. C'est pourquoi
nous estimions qu'il était important d'en saisir le plus tôt
possible les députés des autres partis afin que nous en discutions
et que nous déterminions au bout du compte ce que chacun en pense.
Le président: Monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je comprends fort bien les
préoccupations du gouvernement, mais en tout respect
pour le processus, je dois dire que
nous avons eu un débat sur la
réforme du Règlement en Chambre l'année dernière et
qu'à ce moment-là, des préoccupations
ont été soulevées
par les députés de toutes les
formations politiques. Il me semble que par
respect pour les préoccupations qui ont été soulevées
par les députés à ce moment-là, on ne devrait pas
accorder la priorité à une
préoccupation qui est, somme
toute, relativement récente. Cela n'enlève rien à son
importance. La motion n° 9 et les préoccupations
qui la sous-tendent ont leur importance et
je comprends qu'elles puissent avoir une certaine
importance pour le gouvernement, mais il n'en demeure pas
moins que c'est quand même une préoccupation
relativement récente.
• 1120
Il y a des préoccupations qui ont été
soulevées bien avant par les députés de toutes les
formations politiques à l'occasion du débat sur
la réforme du Règlement
et à d'autres occasions,
lesquelles ont été colligées par M.
Robertson. À moins que je ne me trompe,
lorsque M. Robertson a fait la recension des diverses
propositions qui ont été faites par les diverses
formations politiques, la motion n° 9 et les
préoccupations qui la sous-tendent n'étaient aucunement
dans
le décor.
Je ne suis pas naïf au point de ne pas comprendre les
raisons pour lesquelles le gouvernement est aussi
enclin à vouloir étudier la motion n° 9 en priorité,
mais je m'explique mal
qu'on passe la
motion n° 9 en mettant de côté, en suspens, en
sourdine, du moins pour le
moment, toutes les
autres préoccupations et toutes les autres suggestions
qui ont été soulevées par l'ensemble des
formations politiques représentées à la Chambre.
[Traduction]
Le président: Je rappelle à tous que la liste de propositions
de changements au Règlement renferme de 50 à 75 propositions
provenant de collègues de l'ensemble de la Chambre. Si nous
commençons à examiner chacune d'entre elles, dans l'ordre que nous
choisirons, cela va prendre beaucoup de temps et serait très long,
ce que nous allons devoir faire de toute façon. La présidence a
simplement eu l'impression qu'il y avait de nombreux députés qui
pourraient souhaiter que nous nous occupions en priorité des
questions que j'ai soulevées aujourd'hui, simplement en raison des
risques qui existent à la Chambre, simplement en raison de l'état
actuel du Règlement. Donc, c'est là où nous en sommes.
Je vais poursuivre où nous en sommes, à moins que je reçoive
d'autres instructions des députés. Votre commentaire a été entendu
et est peut-être bien fondé. Nous ne manquerons pas d'examiner
toutes les propositions de l'ensemble de nos collègues lors de
l'examen du Règlement.
Je vais céder la parole à M. Hill. Vous poursuivez sur cette
question?
M. Jay Hill: Oui.
Monsieur le président, en ce qui concerne le document qu'a
préparé à notre intention M. Robertson, je me demande où dans ce
document se trouve cette motion no 9 ou en fait toute mention de la
modification de l'article 45 du Règlement? Pourriez-vous m'indiquer
où cela se trouve?
Le président: Oui, cela se trouve à la page 3 au chapitre VI.
Au milieu de la liste environ, vous verrez l'article 45 du
Règlement sur les votes. Vous y verrez un certain nombre de
propositions d'autres députés dont le nom est indiqué. On y traite
aussi du vote électronique.
M. Jay Hill: Très bien.
Le président: Je vois les noms de Mme Catterall, M. Strahl,
M. Coderre, M. Redman, M. Boudria, M. DeVillers, M. Alcock,
M. Fontana et M. Normand. Il s'agit des députés qui ont fait des
propositions concernant ces deux questions.
Puis-je continuer maintenant?
Monsieur Blaikie.
M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le
président, ici encore, je ne suis pas tellement satisfait de la
façon dont les choses se déroulent ici. Si le gouvernement veut
examiner d'abord l'article 45 du Règlement, pourquoi n'avons-nous
pas une motion en ce sens? Pourquoi procède-t-on de façon aussi
confuse et vague?
Le président: Je ne sais pas, monsieur Blaikie...
M. Bill Blaikie: Pourquoi la présidence doit-elle...? Je ne
sais pas comment décrire votre comportement. Est-ce l'idée de la
présidence? Pourquoi prétendre que cela provient du comité d'une
façon quelconque? Ce n'est pas le cas. Cela découle d'un sentiment
d'urgence de la part du gouvernement.
Donc pourquoi la séance ne débute-t-elle pas par un discours
de l'un des députés du parti ministériel qui nous expliquerait la
raison d'être de cette modification et présenterait une motion en
ce sens? Nous pourrions alors débattre de la motion et avoir
certaines indications au lieu de ce débat dans le vide qui est
vraiment bizarre. C'est un peu comme flotter dans les limbes.
• 1125
Avez-vous un programme ou le gouvernement a-t-il un programme?
Si le gouvernement a un programme, que l'on propose une motion pour
traiter de l'article 45 du Règlement et nous pourrons alors en
débattre et voter contre ou la modifier ou quoi que ce soit. Alors
si nous décidons d'examiner l'article 45 du Règlement, même avec
dissidence, nous pourrons alors décider comment en traiter et si la
motion no 9... Mais le fait d'arriver simplement ici et de trouver
le texte de la motion no 9 devant vous—qui est une motion du
gouvernement et non pas une recommandation du comité, ni une
recommandation de l'attaché de recherche, ni le résultat d'une
motion présentée par qui que ce soit au comité, ni le résultat d'un
débat par qui que ce soit au comité—c'est vraiment assez étrange.
Si le comité décide de traiter tout d'abord de l'article 45 du
Règlement, c'est la première chose que nous ferons, puis nous
déciderons ce que nous ferons. Mais tout ceci est vraiment trop
étrange.
Le président: Permettez-moi de vous aider, si je le peux, pour
aider nos collègues.
Tout d'abord, la décision de traiter en priorité de l'article
45 du Règlement et du vote électronique découle d'une séance du
comité de direction qui a eu lieu il y a environ deux ou trois
semaines, je crois, le mardi 28 mars. À l'issue de cette séance, il
a été décidé d'examiner ces deux points une fois que nous aurions
terminé notre étude du renvoi de la Chambre. Voilà l'explication.
Pour ce qui est d'avoir besoin d'une motion, le comité de
direction avait dans un certain sens proposé ces deux points.
M. Bill Blaikie: Pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas dit au début
de la séance? Pourquoi devons-nous essayer de deviner...
Le président: Vous avez posé la question et je vous ai donné
la réponse.
M. Bill Blaikie: Enfin.
Le président: Monsieur Knutson.
M. Gar Knutson (Elgin—Middlesex—London, Lib.): À la décharge
de la présidence, je dirais que les travaux du comité se déroulent
de façon plutôt fluide, en fonction de l'expérience de la semaine
dernière, et j'espère que vous ne croirez pas d'après ce qui s'est
passé la semaine dernière que le gouvernement est celui qui
détermine l'ordre du jour du comité, car d'après notre expérience,
nous semblons aux prises avec un grand nombre de questions émanant
de l'opposition, et cela était particulièrement vrai de toute cette
question de la confidentialité et du nombre de séances...
M. Bill Blaikie: C'est la Chambre qui nous a saisis de cette
question.
M. Gar Knutson: ... et du nombre de témoins que nous devions
entendre et déterminer si nous allions terminer le tout la semaine
dernière et simplement présenter un rapport. Je sais qu'il y a eu
des discussions, auxquelles je n'ai pas participé, pour déterminer
le nombre de témoins supplémentaires que nous allions entendre et
le moment ou nous allions mettre fin à la discussion de la semaine
dernière.
Entre-temps, le gouvernement aimerait que l'on passe à
l'examen du Règlement. Si je puis me permettre de parler au nom du
gouvernement pendant un instant, nous préférerions nous occuper
d'un nombre restreint de propositions émanant de ce côté-ci et du
côté de l'opposition. J'ignore ce que proposera l'opposition mais
entre-temps nous présentons la motion no 9 qui fait partie de notre
série de propositions initiales.
M. Bill Blaikie: Est-ce que vous êtes en train de la
présenter? Car personne ne l'a encore présentée. En fait, elle se
trouvait devant nous lorsque nous sommes arrivés. C'est ce que je
veux dire; il n'y a pas de contexte.
M. Gar Knutson: C'est notre intention.
M. Bill Blaikie: Eh bien alors allez-y!
M. Gar Knutson: J'aimerais proposer, puisque j'ai la parole...
M. Bill Blaikie: Pourquoi nous occupons-nous de ceci?
N'avons-nous pas d'abord des témoins à entendre? C'est ce que je
veux dire.
M. Gar Knutson: J'ai encore la parole. J'essayais d'être
utile.
J'aimerais proposer que le comité recommande à la Chambre
l'adoption de la motion no 9, avec deux changements mineurs: à la
ligne 3, remplacer les mots «... nominal relatifs aux Ordres du
gouvernement, le...» par ce qui suit: «... nominal relatif à un
Ordre du gouvernement, le...». Donc, remplacer le mot «aux» par le
mot «à un» et enlever le «s» du mot «ordre». C'est tout.
• 1130
Comme je l'ai dit, personnellement, je me ferais un plaisir
d'entendre d'autres propositions de changement au Règlement. Nous
voulons au moins apporter certains changements; c'est notre grande
priorité. Il n'y a rien de secret là-dedans.
Nous sommes disposés à entendre ce que l'opposition a à dire.
Et je tiens à répéter que je n'ai pas l'intention de procéder à
toute vapeur, mais nous ne voulons pas tout de même que cela
s'éternise.
Le président: Très bien. Simplement pour aider mes collègues,
M. Blaikie s'interrogeait avec raison sur l'origine de notre ordre
du jour. Je citerai le point 4 du rapport de notre comité de
direction, qui a été adopté par le présent comité. Il se lit comme
suit:
4. Que le comité procède à son étude sur la réforme
parlementaire, en ce qui a trait en particulier à la motion no 9 et
au vote électronique, à la fin de ses audiences sur la
confidentialité du travail du conseiller législatif [...]
Donc merci, monsieur Knutson, d'avoir présenté une motion.
Je suppose que M. Bergeron a un rappel au Règlement.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Oui, monsieur le
président. Je n'interviens pas encore sur la motion. Je
veux simplement dire que je
comprends très bien, comme je l'ai dit tout à l'heure, les
raisons qui animent le gouvernement en ce qui a trait à
la motion n° 9. Ce que je
comprenais un peu moins bien, c'était la raison pour
laquelle on commençait l'étude de la réforme du
Règlement par cette motion-là spécifiquement.
Vous nous rappelez à juste titre une décision qui a
été prise par ce comité et qui met en évidence deux
questions: la motion n° 9 et le vote électronique.
Cela ne m'explique toujours pas, monsieur le président,
pourquoi on commence ce matin par la motion n° 9
plutôt que par le vote électronique. Cela ne
m'explique pas non plus pourquoi nous n'avons pas
commencé l'étude de la réforme du Règlement par une
espèce de définition de l'ordre du jour: ce que
sera l'échéancier; ce par quoi nous allons commencer;
le moment où nous avons l'intention de terminer;
l'ordre dans lequel nous voulons traiter des questions;
les témoins que l'on veut entendre et ainsi de
suite.
Habituellement, lorsqu'on commence une étude, on
permet aux membres de ce comité
de déterminer un peu à
l'avance quel sera l'échéancier. Généralement, cela se
fait au Sous-comité du programme et de la procédure.
Dans ce cas-ci, on n'a
aucun échéancier. On nous arrive ce matin et on nous
dit qu'on veut régler la motion n° 9, qu'on va adopter la
motion n° 9, qu'on va
recommander à la Chambre d'adopter la motion n° 9 et
qu'ensuite on passera aux autres affaires.
Cela me semble être une façon très irrégulière de
fonctionner dans ce comité. Cette
recommandation à laquelle vous faisiez allusion,
monsieur le président, n'a jamais stipulé, à quelque moment
que ce soit,
que nous devions adopter la motion n° 9, la renvoyer à
la Chambre, adopter une résolution sur le vote
électronique, la renvoyer à la Chambre et ensuite
traiter de tous les autres éléments de la réforme du Règlement.
La motion dit qu'on devra traiter de la
réforme du Règlement avec, en priorité, la motion n° 9
et ensuite le vote électronique, ou le vote électronique
et ensuite la motion n° 9. Il n'y a pas d'ordre
établi.
Je ne comprends pas pourquoi nous voudrions
entreprendre une étude du Règlement d'une façon
générale, mais seulement après avoir
adopté la motion n° 9 et recommandé
son adoption à la Chambre.
Si M. Knutson s'était contenté de la suggestion de
M. Blaikie, soit de proposer que ce comité se
penche sur la motion n° 9, cela aurait été déjà plus
acceptable que de dire qu'il proposait que la
motion n° 9 soit recommandée à la Chambre. On n'en a
même pas encore discuté et c'est déjà le résultat
qu'on nous présente.
C'est déjà le rapport qu'on vient de rédiger. Le
rapport du comité vient d'être rédigé par la
résolution de M. Knutson. Pourrait-on en discuter
d'abord? Pourrait-on avoir la possibilité de
suggérer des
amendements et des corrections avant
d'adopter le rapport? La
recommandation de M. Knutson est qu'on adopte le rapport
avant que le comité se soit penché sur la question.
[Traduction]
Le président: J'aimerais que le comité procède à l'examen de
cette question aussi rapidement que possible.
Madame Parrish, puis monsieur Kilger. Ensuite, à moins que
l'on propose une motion de procédure, je pense que nous passerons
directement à nos témoins et au point à notre ordre du jour.
Mme Carolyn Parrish (Mississauga-Centre, Lib.): J'allais dire
que M. Knutson a proposé cette motion. Ne sommes-nous pas déjà en
train de discuter de cette motion?
Le président: Je ne me souviens pas de la formulation de cette
motion, mais cela permet certainement d'en discuter.
Mme Carolyn Parrish: J'appuie sans réserve cette motion. Si
l'opposition veut laisser entendre que le gouvernement a un intérêt
direct à cet égard, laissez-moi simplement vous expliquer—et je
n'aime pas faire des remarques désobligeantes—car ceux d'entre
nous qui ne sont plus de première jeunesse n'ont pas encore
récupéré de ces séances marathons. Je n'ai pas encore réussi à
récupérer. Lorsque je rentre à la maison les fins de semaine, je
suis exécrable avec ma famille. J'ai besoin de quelques semaines de
repos. Cela m'a vraiment déboussolée. Et je pense qu'il s'agit d'un
intérêt direct ou d'un intérêt plus fort de notre part parce que
vous pouvez aller et venir comme vous voulez pendant ces votes,
mais nous devons rester là pour nous assurer que le gouvernement ne
tombe pas.
• 1135
Donc, à mon avis, il s'agit d'une priorité pour chaque député
du côté ministériel et il devrait s'agir d'une priorité pour chaque
député de l'opposition également. C'est une façon brutale de
traiter des êtres humaines. Cette expérience déplaisante m'a
profondément touchée en tant que députée car elle ne correspond
nullement à mon idée de la bonne conduite des affaires publiques.
Donc si cela semble hâtif—et on en a très bien expliqué les
raisons—, je proposerais que nous passions au point à l'ordre du
jour, que nous appuyions cette motion et que nous poursuivions nos
travaux.
Le président: Très bien. Monsieur Kilger, avez-vous quelque
chose à dire?
M. Bob Kilger: Je voulais simplement savoir si le président
pouvait donner la parole aux témoins, après quoi nous pourrions
reprendre la discussion de la motion no 9.
Le président: Bien sûr. J'avais effectivement l'intention de
demander aux témoins de commenter la motion no 9 dès que... Y a-t-il
d'autres rappels au Règlement avant que nous commencions?
Monsieur Hill.
M. Jay Hill: Je tiens simplement à préciser, monsieur le
président, que, selon moi, le fait qu'il soit désagréable ou non
pour un député de devoir siéger pendant tout une séance marathon de
vote n'a rien à voir avec la discussion en cours. Le fait important
c'est que l'opposition s'est sentie obligée de recourir à ces
moyens extraordinaires pour tâcher d'attirer l'attention du grand
public sur la façon dont fonctionne ce gouvernement et dont il veut
faire adopter des lois à toute vapeur. Je n'ai donc absolument rien
à me reprocher. Et si l'objet de cette petite diatribe était de
susciter de la compassion de notre part, je suis désolé, cela n'a
pas marché.
Le président: Très bien.
Mme Carolyn Parrish: Je tiens à préciser, monsieur le
président, que je n'ai pas dit que c'était désagréable, j'ai dit
que c'était un traitement brutal.
Le président: Très bien. Chers collègues, nous nous écartons
de notre sujet et j'aimerais que nous revenions à notre ordre du
jour.
Monsieur Harvey, avez-vous quelque chose à dire brièvement?
[Français]
M. André Harvey (Chicoutimi, PC): Monsieur le
président, je voulais dire que je suis d'accord avec
mes collègues. En fait, des mesures
exceptionnelles ont été prises au cours des
dernières semaines, et je trouve qu'on modifie l'ordre
du jour
du comité de façon très ponctuelle. On nous arrive avec
cette motion ce matin. Vous aviez un air très
mystérieux, n'est-ce pas?
J'ai senti que c'était
dû au fait que vous nous arriviez avec la
motion n° 9 et l'autre urgence, le vote
électronique, mais sans que nous ayons eu l'occasion
de discuter
au préalable d'un ordre du jour un peu plus substantiel
et mieux articulé.
En fait, la vraie raison, on vient de l'entendre de
notre collègue: c'est que le gouvernement a été un peu
déséquilibré par les initiatives des dernières
semaines.
Mais il y a une chose que le gouvernement ne pourra
jamais faire, et c'est d'abolir l'opposition. Cela ne
se peut pas. Le rôle de l'opposition est de se
manifester, et je trouve dommage qu'on
n'ait pas eu l'occasion de parler d'un ordre du jour
un peu
plus articulé pour les prochaines semaines,
comme Stéphane l'a souligné. On arrive avec deux
éléments qui permettront au
gouvernement d'étudier à pleine vapeur à peu près
tout ce qui passe.
Ce qui s'est passé
dans le cas du projet de loi C-20 est grave: on
a refusé au comité le droit d'aller entendre tous les
Canadiens et de se déplacer. Je ne veux pas refaire le
débat, mais c'était important. Donc, je comprends les
intérêts du gouvernement dans l'immédiat, mais je trouve
que c'est une mesure exceptionnelle. Ce ne sont pas
des choses que l'on vit à toutes les semaines
et je trouve qu'on bouscule un peu le comité.
C'est assez difficile à accepter.
[Traduction]
Le président: Monsieur Harvey, nous avons attiré votre
attention précisément sur le rapport du Sous-comité de la
procédure, qui renfermait une mention de notre ordre du jour
d'aujourd'hui et qui avait déjà été adopté par notre comité. Donc
cela ne devrait pas vous étonner, et si cela vous étonne, c'est
parce que vous n'avez pas fait vos devoirs.
Maintenant, les collègues veulent-ils passer le reste de la
matinée à se lancer des pointes à propos de la dynamique politique
de la Chambre ou veulent-ils s'occuper des points à l'ordre du
jour? La préférence du président est évidente.
Je vais—c'est votre quatrième intervention ce matin, monsieur
Bergeron. C'est la quatrième fois que vous demandez à prendre la
parole.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je
veux intervenir sur ce que vous venez de dire, monsieur
le président.
[Traduction]
Le président: Le comité n'arrivera pas à fonctionner si chaque
fois que quelqu'un dit quelque chose, tout le monde veut répondre.
Il ne s'agit pas de débattre de ce que j'ai dit. Vous pouvez
interpréter les propos que je viens de tenir à titre de président
comme une tentative de fournir une certaine orientation au comité
ce matin.
• 1140
Bon, voulez-vous toujours intervenir, monsieur Blaikie?
M. Bill Blaikie: Oui, ce que je voulais savoir... Les gens ont
hâte d'entendre les témoins, et j'ai toujours hâte d'entendre
M. Marleau et M. Corbett. Sont-ils ici pour parler de la motion
no 9?
Le président: Oui.
M. Bill Blaikie: Expressément?
Le président: De façon générale.
M. Bill Blaikie: De façon générale. Quelle est la différence
entre une discussion générale et une discussion particulière de la
motion no 9?
Le président: Le greffier de la Chambre a...
M. Bill Blaikie: Sont-ils ici pour parler de la révision du
Règlement, ou ont-ils été recrutés ou enrôlés—ou quel que soit le
terme approprié—pour discuter de l'ordre du jour que nous avons
devant nous par suite de la motion dont nous avons été saisis?
Le président: La réponse, c'est qu'ils ont pris connaissance
de notre ordre du jour et qu'ils savent que nous discutons de
l'avis de motion no 9, concernant l'article 45 du Règlement, et le
vote électronique.
M. Bill Blaikie: Donc, c'est la raison de leur présence ici.
Ils ne sont pas ici pour l'examen général du Règlement.
Le président: Ils savent que nous allons procéder à cet examen
et ils se sont préparés en prévision pour cet examen également. Je
n'arrive pas à imaginer...
M. Bill Blaikie: Donc, nous allons entendre des témoignages
sur toute une foule de choses, mais ensuite nous allons simplement
nous prononcer sur cette motion en particulier.
Le président: Pour l'instant, je pense que nous aurons des
questions à poser aux témoins en ce qui concerne l'article 45 du
Règlement, et le déroulement des travaux du comité dépendront des
interventions qui seront faites de part et d'autre.
M. Jay Hill: J'aimerais faire un rappel au Règlement, monsieur
le président. Vous venez de dire que les témoins ont pris
connaissance de notre ordre du jour et qu'expressément ou de façon
générale—vous avez utilisé l'expression «de façon générale»—, ils
vont s'occuper de la motion no 9. D'après ce que je peux voir,
l'ordre du jour ne fait aucune mention de la motion no 9, ni de
changements à l'article 45 du Règlement. Il se lit simplement comme
suit:
Mandat du comité conféré par le sous-alinéa 108(3)a)(iii)—étude de
propositions de modifications au Règlement.
Le président: Au suivant.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président, je
serai très bref.
Vous avez dit, et je suis d'accord avec
vous, qu'on n'a pas à être surpris de devoir discuter
soit de la motion n° 9, soit du vote électronique. Ce
qui me surprend, monsieur le président, c'est que
nous ayons choisi d'étudier en priorité la
motion n° 9 sans en avoir discuté, d'une
part, et, d'autre part, c'est de voir que le
gouvernement souhaite détacher complètement la motion
n° 9 de l'ensemble de l'examen du Règlement, ce qui
n'était pas prévu dans le rapport que nous avons
adopté.
[Traduction]
Le président: Très bien. Y a-t-il d'autres interventions? Non?
Passons donc à l'audition des témoins.
Monsieur Marleau ou monsieur Corbett, pouvez-vous nous faire
partager vos lumières sur l'importance ou l'utilité du projet de
motion no 9?
M. Robert Marleau (greffier de la Chambre des communes): Je
vous remercie, monsieur le président.
Je tiens tout d'abord à m'excuser de ma tenue.
Des voix: Oh, oh!
Le président: Je tiens à préciser que M. Marleau porte
simplement une tenue de ville au lieu de sa toge de greffier.
Une voix: C'est un très beau complet.
M. Robert Marleau: Je vous remercie.
Une voix: C'est une tenue très appropriée.
M. Robert Marleau: Je vous remercie beaucoup. Je n'ai pas
souvent l'occasion de m'habiller ainsi.
En ce qui concerne le texte de la motion no 9, lorsqu'il a
d'abord paru au Feuilleton et Avis, nous l'avons examiné en
fonction de la lettre que le président m'avait adressée en
décembre. Cette lettre indiquait les intentions du comité dans le
cadre de cet examen—qui devait débuter en février—à savoir,
aborder les procédures à l'étape de rapport à la Chambre des
communes, y compris les votes concernant les amendements. Vous
fixez le programme, messieurs, et nous répondons à vos questions...
[Français]
madame aussi,
[Traduction]
mesdames aussi.
En examinant le texte tel qu'il figure au Feuilleton et Avis,
et en examinant le changement proposé par M. Knutson, je crois que
ce texte cherche à institutionnaliser la pratique que vous avez
instaurée par consentement unanime. En ce qui concerne l'étape du
rapport, plus de 60 p. 100 des votes tenus lors de la dernière
législature et au cours de la présente législature ont fait appel
à ce type de formule, par consentement unanime. À l'heure actuelle,
c'est l'unique façon dont vous pouvez avoir accès à cette
procédure. Si vous voulez, on peut dire qu'on la fabrique chaque
fois jusqu'à un certain point. Je pense que le seul problème que je
peux constater—et ce n'est pas simplement en fonction de certaines
des difficultés qui ont surgi hier soir—, c'est qu'il n'y a pas de
mécanisme de règlement de la confusion. J'utilise cette expression
parce que je ne veux pas parler de conflit.
• 1145
Lorsqu'il y a un grand nombre de motions de ce genre, je pense
que le texte n'aborde pas la possibilité que le whip fasse une
erreur ou qu'un député fasse une erreur. Compte tenu du grand
nombre de motions proposées, quel est le recours dont dispose le
député lorsqu'un whip a indiqué la façon dont il voterait et qui ne
correspond pas au souhait du député? Plus précisément, lorsque le
whip même a fait une erreur,
[Français]
comment peut-il corriger le tir de son parti, si je peux
dire, dans un contexte de confusion, de rapidité
ou quoi que soit?
Il peut aussi s'agir d'une
erreur. Les tableaux
sur lesquels on travaille ne sont pas toujours
parfaits. Ils sont
parfois faits à la dernière minute et, quand il y en a
beaucoup, on peut faire des erreurs légitimes.
On peut confondre la motion n° 8 et la motion n°
18. Il manque donc ce petit
mécanisme. Je sais qu'il est difficile,
dans un contexte où il y a plusieurs partis, de revenir
sur quelque chose qui s'est passé
40 minutes plus tôt, parce qu'une décision sur un amendement
donné peut
avoir un impact sur une série d'amendements plus tard.
On pourrait toujours prétendre, s'il s'agit
d'un simple député qui veut changer son vote, qu'il
l'a déjà fait ou qu'il souhaite changer son vote à
cause
d'une tendance qui
s'est manifestée au fur et à mesure qu'on a voté plutôt
qu'à cause d'une simple erreur. Je
n'imputerai pas ce genre de
motif aux députés, certainement pas à titre de
greffier, mais ce sont les raisons pour lesquelles
on exige maintenant le consentement unanime pour changer
un vote.
La séquence peut être très
importante, tant par rapport à la substance
des décisions que par rapport à la
position politique du parti. Alors, il faudrait
peut-être imaginer une méthode qui permette,
lorsqu'il y a un grand
nombre de votes, qu'il peut y avoir une telle
confusion et qu'un député peut, en toute légitimité,
avoir mal exprimé son
vote, que ce député puisse corriger son vote,
soit par une décision du
Président, soit en l'écrivant
clairement dans le texte. Le député peut avoir
été mal informé, ou la documentation
a pu être inadéquate. Je pense que c'est le seul élément
sur lequel il faudrait se pencher.
[Traduction]
Le président: Avez-vous des commentaires, monsieur Corbett?
M. William Corbett (sous-greffier de la Chambre des communes):
Non, je partage l'opinion du greffier, monsieur le président. Bien
entendu, la seule autre question dont ne traite pas le corps de
l'amendement, qui est une formalisation de la pratique, concerne la
lecture des amendements à la Chambre et le temps que cela prend.
Le président: Voudriez-vous aborder cette question maintenant?
Si vous pouviez simplement nous indiquer le lien entre la lecture
des amendements et le temps que prennent les votes.
M. William Corbett: C'est une question très complexe, monsieur
le président, compte tenu du déroulement de l'ensemble du processus
à l'étape du rapport et compte tenu du nombre de fois qu'il faut
lire les motions. Il ne fait aucun doute que lorsque la question
fait l'objet d'un ordre d'attribution de temps, il y a une
compression des motions proposées et appuyées. Elles doivent être
lues à ce moment-là. Puis elles doivent être lues à nouveau lorsque
la question est mise aux voix à la Chambre. Selon notre processus,
ces votes sont alors reportés à la fin si cinq députés se lèvent
pour demander un vote par appel nominal. À ce moment-là intervient
le processus supplémentaire consistant à procéder au vote par appel
nominal à la Chambre.
• 1150
Le président: Simplement pour rafraîchir la mémoire de tout le
monde, à l'étape du rapport, tous les amendements proposés sont-ils
lus pendant le débat et à la fin du débat, ou y a-t-il des
amendements qui doivent être lus à la Chambre plus tard au moment
du vote, ou sont-ils lus dans les deux cas?
M. William Corbett: À moins que la Chambre consente à ce qu'il
y ait dispense, ils seraient lus dans les deux cas.
Le président: Très bien. Je vous remercie.
Nous allons maintenant passer aux questions. Monsieur Hill.
M. Jay Hill: Je vous remercie, monsieur le président.
Je tiens à remercier les témoins de comparaître devant nous
aujourd'hui.
Tout d'abord, je tiens à dire que nous appuyons en général le
fait d'apporter certains changements ici et d'institutionnaliser
jusqu'à un certain point la pratique en vigueur. Mais bien entendu,
cela va nettement au-delà de la pratique en vigueur.
Mon collègue, M. Strahl, a fait une proposition qui d'après ce
que je crois comprendre ne serait pas allée aussi loin. Elle aurait
simplement éliminé la nécessité d'avoir l'unanimité au niveau de
l'indication des votes. Donc, même si elle proposait
d'institutionnaliser la pratique actuelle, elle n'allait pas
jusqu'à dire que le whip prendrait la décision pour son parti.
Selon la proposition de M. Strahl, la Chambre permettrait
l'indication des votes à moins que cinq députés se lèvent. Je
tenais simplement à le préciser.
Il y a deux aspects que j'aimerais aborder. J'aimerais d'abord
avoir plus de précision sur la façon dont la motion no 9
fonctionnerait si elle était adoptée. Deuxièmement, j'aimerais
passer un peu plus de temps sur le risque d'erreurs et la façon
dont nous pourrions les corriger.
Tout d'abord, comment cela fonctionnerait-il à votre avis?
D'après ce que je crois comprendre, l'un des problèmes que pose le
libellé de la motion, c'est que le whip se lèverait pour indiquer
comment les députés de son parti voteraient à moins que les députés
de son parti se lèvent et donnent une autre indication. En tant que
whip de l'Alliance canadienne, ma crainte c'est que vous risquez de
prévoir par voie de Règlement un système selon lequel, désormais,
toute dissension au sein d'un parti deviendrait évidente à tous
ceux qui observent un vote. Autrement dit, le whip pourrait se
lever et dire oui, nous voterons de telle façon, et ensuite il est
possible qu'un certain nombre de députés se lèvent et contestent
l'indication donnée par le whip. Est-ce ainsi à votre avis que
fonctionnerait ce changement apporté au Règlement?
M. Robert Marleau: Si l'on s'en tient à ce texte, j'imagine
fort bien qu'il s'appliquerait comme vous venez de le dire. Chose
certaine, un député qui ne voudrait pas voter comme l'a indiqué le
whip serait libre de le faire. Pour la plupart des députés, je
suppose que c'est une préoccupation essentielle pour ce qui est des
votes à la Chambre des communes.
Pour ce qui est de savoir si cela encouragerait la division ou
si celle-ci serait plus visible, je pense qu'il s'agit seulement de
savoir à quel moment ces divisions deviennent visibles. Si le
député veut voter différemment de son parti, il ou elle devra le
faire savoir à un moment donné. Au niveau des déclarations qui
pourraient être faites, il se peut que le désaccord entre le whip
et le député soit un peu plus patent, mais tôt ou tard, si le
député ne vote pas avec son parti, il ou elle se lèvera en Chambre,
et chacun le verra.
Il vous appartient de décider si cela encourage la
contestation de la discipline de parti ou si cela complique le
travail du whip. Je ne suis pas vraiment en mesure de vous dire où
cette tendance nous mènera. Certains diront probablement que c'est
une première brèche dans la discipline de parti. Tout sera joué
lorsque le député se lèvera.
• 1155
M. Jay Hill: Pour ce qui est du libellé, imaginons un
scénario. Disons qu'il y a un vote et que M. Kilger se lève pour
indiquer comment le gouvernement va voter sur une motion, et il le
fait. Je me lève. Si un député de mon parti se lève et indique
qu'il ne veut pas voter dans le sens que j'ai indiqué, en ma
qualité de whip, tous les députés présents de l'Alliance canadienne
seront alors obligés de voter chacun à leur tour, ou est-ce que
seul le député dissident aura à se lever?
M. Robert Marleau: Si j'ai bien compris le texte, seul ce
député aura à se lever.
M. Jay Hill: Autrement dit, si vous aviez un vrai vote
libre—et nous admettons bien sûr que tout vote à la Chambre des
communes est un vote libre—, on pourrait se retrouver dans une
situation où le whip dirait comment son parti vote, mais le vote
prendrait en fait plus de temps si la moitié des membres de votre
groupe parlementaire se lèvent un par un et indiquent qu'ils votent
dans le sens contraire.
M. Robert Marleau: J'imagine qu'en votre qualité de whip, vous
ne prendriez pas l'initiative de faire appliquer cette règle si
vous saviez que les membres de parti étaient...
M. Jay Hill: Divisés.
M. Robert Marleau: ... sur le point de voter chacun à sa guise
et que vous leur permettiez de se lever et de voter selon les
règles courantes. Le whip a l'initiative ici, et le député agit.
M. Jay Hill: À moins, bien sûr, que vous ayez pour objectif ce
soir-là de prolonger le vote, et c'est ce que cette modification au
règlement est censée éviter. On veut accélérer le vote et priver
les partis d'opposition d'une arme.
Des voix: Ah, ah!
M. Jay Hill: Étant donné que vous avez soulevé la question,
monsieur Marleau, j'aimerais prendre une minute pour parler des
erreurs qui peuvent être commises. Si je comprends bien les rouages
actuels, il faut l'unanimité pour voter en bloc. Aucun parti ne
peut voter en bloc si un député présent n'est pas d'accord. Est-ce
exact?
M. Robert Marleau: C'est exact.
M. Jay Hill: Mais si l'on se trompe pendant que l'on vote en
bloc, il faut l'unanimité pour corriger cette erreur. Est-ce exact?
M. Robert Marleau: C'est exact.
M. Jay Hill: Vous n'êtes pas troublé par ce qui semble être un
petit déséquilibre ici? Si nous adoptons cette modification,
l'unanimité pour le vote en bloc ne serait plus nécessaire. Mais
d'après le texte actuel, il faut encore qu'il y ait unanimité pour
corriger une erreur qui devient évidente parce qu'il y a eu vote en
bloc.
M. Robert Marleau: Je n'y vois pas de déséquilibre. J'y vois
en premier lieu un processus et en second lieu un résultat. À mon
avis, il faut qu'il y ait unanimité si l'on veut modifier un
résultat, et cela n'a rien à voir avec les mesures que vous voulez
mettre en place pour faciliter un processus ou, comme vous dites,
accélérer un processus. Mais une fois qu'un vote a eu lieu, vous
avez un résultat. Si le gouvernement est minoritaire, la différence
peut être grande si la motion est adoptée ou rejetée, s'il s'agit
d'une journée de l'opposition ou d'un ordre émanant du
gouvernement. Pour ce qui est du déséquilibre que vous voyez dans
l'application de la règle d'unanimité à un cas mais pas à un autre,
à l'heure actuelle, il faut le consentement unanime de la Chambre
pour modifier le vote d'un député. Je crois qu'il en est ainsi
parce qu'il s'agit du résultat.
Le président: Je rappelle qu'au cours du vote, le député a
tout à fait le droit de se lever et de clarifier son vote.
M. Robert Marleau: Oui.
Le président: Mais lorsque le vote est terminé et que le
résultat est annoncé, alors le vote est terminé, et il faut le
consentement unanime. Est-ce exact?
M. Robert Marleau: C'est exact.
Le président: D'accord.
Monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
je ferai d'abord un commentaire et
je reviendrai ensuite à la question de la correction d'un
vote dans l'éventualité d'une erreur. Le greffier
semble indiquer qu'il faudrait peut-être prévoir, dans
l'éventualité de l'adoption de la motion n° 9, un
mécanisme permettant de corriger, le cas échéant, une
erreur qui serait commise par un député ou par le
whip.
À la lumière des réponses que l'on vient de
donner aux questions de mon collègue Jay Hill,
j'ai en quelque sorte l'impression que le mécanisme
pourrait être mis en place maintenant, ou encore
que nous pourrions
décider de ne pas avoir de mécanisme et de continuer le
processus actuel, c'est-à-dire de corriger les
erreurs éventuelles des députés ou des whips
par consentement unanime au moment du résultat.
• 1200
Donc, la question de la correction, quant à moi—et
j'inviterai le greffier à commenter—, ne se pose pas
avec plus d'acuité maintenant qu'auparavant.
On peut maintenant corriger une erreur par
consentement unanime et on pourra, après
l'adoption de la motion n° 9, corriger une erreur par
consentement unanime, tout comme on aurait pu
adopter un mécanisme de correction plus tôt, de sorte
qu'il serait en vigueur actuellement,
avec le processus qui est en cours maintenant.
Peut-être M. Marleau voudra-t-il faire un commentaire
ou me corriger si je fais erreur.
M. Robert Marleau: J'aimerais faire un court
commentaire, monsieur Bergeron. Je suis d'accord avec
vous que le
consentement unanime s'applique dans les deux cas
dans la pratique actuelle.
Je proposais que vous preniez en considération un mécanisme qui
permette de résoudre le problème de la confusion
parce que lorsqu'un député parle pour
un autre, qu'il exprime son vote en Chambre et que ce
député-là constate ensuite qu'il y a eu erreur, il me
semble un peu vulnérable. S'il est
lié au consentement unanime pour un geste posé par un
autre député qui a voté à sa place, il me semble qu'il
faudrait au moins considérer la possibilité d'un
certain recours lorsque l'erreur est légitime.
C'est la seule différence que
je vois entre le processus A et le processus B, avec
consentement
unanime ou sans consentement unanime.
Même si le député a déjà accordé à son whip le pouvoir
d'exprimer son vote à sa place, en vertu du Règlement,
s'il y a confusion, s'il y a dispute, s'il y a erreur,
est-ce qu'on veut vraiment le laisser dans cette
situation-là?
M. Stéphane Bergeron: Sur la question de la
lecture des motions d'amendement que M. Corbett a
soulevée très subrepticement tout à l'heure, je veux
simplement signaler, pour le bénéfice de tout le monde,
qu'il y a présentement des négociations entre
la présidence et les bureaux des leaders à cet effet.
Il est probable que plusieurs d'entre nous sont
au courant de cela.
Donc, vraisemblablement, soit que les leaders se pencheront
sur la question et y apporteront une correction, soit
qu'ils nous demanderont de nous pencher sur
la question et d'y apporter une correction. Enfin,
c'est une question qui est dans l'air actuellement.
Sur la motion n° 9 en général, monsieur le président,
qu'on me permette également de faire un commentaire
liminaire. Je voulais le faire avant ma question, mais
finalement, au fil de mon exposé, j'en
suis venu à poser ma question d'abord. Je dirais
que, tout comme M. Hill, je suis plutôt inquiet de
l'effet qu'une telle motion aurait sur les députés. Je
vois cette motion comme une pression additionnelle
qui serait exercée sur les députés. C'est une chose
que de se lever contre son parti, et c'en est une autre
que de
devoir se lever, de prendre la parole et de dire:
je vote contre mon parti. C'est comme si on exerçait
une pression additionnelle et c'est comme si un défi
était lancé à l'autorité du whip. Est-ce que
nous voulons appuyer une initiative qui ferait en
sorte que l'autorité
des whips serait ouvertement contestée par le
biais d'interventions en Chambre par des collègues qui
voudraient se prononcer contre leur parti? Est-ce qu'on
voudrait que les députés aient à franchir une double
étape pour se prononcer contre leur parti?
Certains pourraient demander si
c'est une première pierre de l'édifice de la discipline
de parti qui s'écroule. Peut-être que d'autres
pourraient conclure que c'est une autre pierre qu'on
ajoute à l'édifice de la discipline de parti, parce
qu'on ajoute de la
pression sur les députés, parce qu'on leur permet
encore moins de s'exprimer différemment, si tant est
qu'ils veulent le faire.
Cependant, je veux ajouter à ce que dit M.
Hill que l'adoption de la motion n° 9 pourrait avoir
l'effet tout à fait contraire de celui que cherche
le gouvernement. Si les partis
d'opposition décidaient de jouer le jeu et de faire en
sorte que tous leurs députés se prononcent contre leur
whip, l'un après l'autre, non seulement ils se
lèveraient,
mais ils parleraient tous, l'un après l'autre. Cela
risquerait de prolonger d'autant la procédure à la
Chambre.
Je pense que le gouvernement devrait examiner cet
aspect de la question.
[Traduction]
Le président: Excusez-moi, monsieur Bergeron, était-ce une
question? Avez-vous terminé?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Oui.
[Traduction]
Le président: Merci.
Monsieur Blaikie.
• 1205
M. Bill Blaikie: Je vais continuer dans le même sens que
M. Bergeron. Ce qu'il vient de dire est vrai, sauf qu'il est fort
improbable que tous les partis emploient cette tactique au même
moment.
Si j'ai compris la motion no 9, en substance, lorsqu'elle a
été proposée la première fois, c'est qu'elle visait réellement à
empêcher un parti de tenir tous les autres en otage avec cette
méthode en particulier. Donc, si à un moment donné, le Bloc,
l'Alliance, ou tout autre parti d'opposition veut faire ce que vous
venez de dire, ils peuvent le faire.
Ce qu'ils ne peuvent pas faire, c'est obliger les autres
partis à faire la même chose, et dans les deux cas où ce problème
s'est présenté, par exemple, lors du projet de loi C-20 ou du
projet de loi sur les Nisga'as—dans le cas des Nisga'as, seul le
Parti réformiste aurait fait cela. Les autres partis en Chambre se
seraient fait un plaisir de voter en bloc, et même chose pour le
projet de loi C-20.
Donc je pense que vous avez raison à ce sujet, mais cela ne
s'appliquerait que dans les cas où toute l'opposition...
M. Stéphane Bergeron: Cela pourrait se faire quand même.
M. Bill Blaikie: Cela pourrait se faire quand même, mais
seulement...
De toute manière, je tenais seulement à le dire. Mais pour ce
qui est de tous les autres problèmes que l'on a mentionnés, je
pense que les whips auraient à décider, en cas de divisions
profondes au sein de leur caucus, s'ils veulent ou non procéder de
cette façon ou si leurs députés vont voter individuellement, et
ainsi s'il y a division au sein du caucus, celle-ci sera révélée de
la manière normale lorsque leurs députés se lèveront à un moment
différent, mais cela demeurerait difficile.
La mécanique de cette motion demeure difficile. Selon les
rouages actuels, les gens votent en bloc et les députés se lèvent
pour dire qu'ils veulent que leur vote soit enregistré
différemment. Mais si un parti tient à un vote individuel—non pas
individuel au sens où les députés s'écartent de la ligne de
conduite de leur whip, mais votent individuellement—, comment cela
se ferait-il?
Lorsque nous votons en bloc, le président ne dit pas: Tous
ceux qui sont en faveur, veuillez vous lever, et voici tous ceux
qui s'y opposent. Le président dit: Êtes-vous prêts pour la mise
aux voix, et alors le whip du gouvernement se lève, et dans ce
cas-là, il dit, conformément au règlement où figurerait cet
article-ci, nous allons procéder de telle ou telle manière.
Sachant dans ce cas-ci que le Bloc québécois a décidé que
chaque député votera individuellement, est-ce que le président
demanderait: Tous ceux au Bloc québécois qui sont en faveur de la
motion, veuillez vous lever, et tous ceux qui sont opposés...? On
ne fait pas ça pour la Chambre.
Je ne crois pas que l'on ait vraiment songé à la chorégraphie
de tout cela. Je vous avoue n'y avoir songé moi-même avant de vous
demander comment ça se passerait. Je me demande si nos témoins
peuvent nous renseigner de ce côté.
Pour en revenir à la question initiale de l'étape du rapport
et du vote électronique, je crois que le vote électronique est pour
un lendemain beaucoup plus lointain. Bien sûr, il y a très
longtemps qu'on en parle déjà; la première recommandation en ce
sens remonte à 1985. Franchement, il n'y a tout simplement pas
moyen de régler cela à court terme.
Je pense que nous devons faire quelque chose, préférablement
quelque chose qui nous mettra tous d'accord, et il y a peut-être
deux choses qu'il faut faire pour rendre cela possible.
Premièrement, nous devons discuter un peu plus de la mesure que
l'on nous propose dans le sens de l'objection que je viens de
soulever. Deuxièmement, nous devons voir s'il n'y a pas moyen de
modifier cette mesure très limitée—à l'heure actuelle, c'est une
mesure à sens unique, quoique ce ne soit pas totalement à sens
unique dans la mesure où l'on a le gouvernement contre l'opposition
et dans la mesure où, à mon avis, les récents événements ont marqué
toute la Chambre et concernent tous les députés en Chambre. Au même
moment, on va penser que cela vient du gouvernement, et c'est le
cas, dans la mesure où il y a du vrai dans les arguments que
présentent les partis d'opposition. Ils font valoir que si l'on
propose ce genre de mesure, c'est parce que l'on tolère mal les
vrais débats en Chambre sur les questions d'importance.
• 1210
Je me demande si notre groupe ne pourrait pas trouver le moyen
d'enrichir cette mesure afin qu'elle soit plus équilibrée. À
savoir, on pourrait faire quelque chose au sujet de la clôture, au
sujet de l'attribution de temps, qui apaiserait la préoccupation de
l'opposition au sujet de l'attribution de temps. Ensuite on
pourrait s'occuper de ceci. On pourrait faire de cette proposition
une mesure intérimaire, ou peu importe.
J'ai une suggestion, par exemple, qui est semblable à celle de
M. Strahl, même si elle va un peu plus loin. Il fut une époque où,
lorsqu'on proposait une motion d'attribution de temps, il y avait
un débat de deux heures sur la motion elle-même, et ce, jusqu'en
1991. Je songe à revenir à une procédure semblable, qui serait
cependant quelque peu différente. À savoir, le gouvernement qui
proposerait la motion d'attribution de temps serait obligé d'en
payer le prix. J'emploie le mot «prix» dans son sens le plus
positif. À l'heure actuelle, on emploie le mot «prix» dans son sens
le plus négatif: Si vous proposez l'attribution de temps, nous
allons vous le faire payer, vous allez voter toute la nuit,
Carolyn Parrish sera de mauvaise humeur...
Mme Carolyn Parrish: Elle qui est si charmante en temps
normal.
Des voix: Ah, ah!
M. Bill Blaikie: Et nous allons tous pâtir.
Une voix: Ainsi soit-il!
M. Bill Blaikie: Il faudrait qu'il y ait un bon prix à payer.
Je me demande si cela ne pourrait pas être... Si vous proposez
l'attribution de temps, immédiatement après, le ministre devrait
être présent en Chambre pendant un certain temps, une heure ou deux
heures, ou peu importe ce qu'on décide, pour répondre aux
questions. On imposerait une limite aux questions de telle sorte
que plusieurs députés pourraient en poser une.
Si le ministre veut faire voter son projet de loi, qu'il
vienne en Chambre et qu'il réponde aux questions de l'opposition
pendant un certain temps. Voilà comment on pourrait procéder.
Ensuite, selon la formule qu'on aura trouvée, on pourrait dire que
cette procédure ne s'applique plus à la fin de l'année ou à la fin
de la législature, le premier des deux. Chacun a intérêt à proposer
une meilleure mesure parce que celle-ci va cesser de s'appliquer,
et nous allons revenir aux règles que nous avions si nous ne
proposons pas de meilleures mesures qui feraient partie d'une
réforme plus large, d'une révision du Règlement.
En tout cas, c'est ce que j'en pense pour le moment. À mon
avis, si l'on cherchait à faire quelque chose de constructif au
lieu d'imposer un point de vue particulier à tout le monde, on
pourrait parler de ce que l'on pourrait ajouter à cela. Presque
chaque fois—chose certaine, quand moi j'en ai parlé et tant
d'autres en ont parlé—, nous avons dit que cela a à voir avec
notre sentiment d'irritation général. Lorsqu'on débat d'une
question très importante, nous avons tendance à en débattre deux ou
trois jours, après quoi c'est fini.
Si l'on pouvait ajouter quelque chose ici de manière à
enrichir l'attribution de temps de ce mécanisme compensatoire, et
que l'on en faisait une mesure intérimaire, on aurait quelque chose
à proposer à la Chambre assez rapidement, quelque chose que nous
pourrions tous défendre. À tout le moins, c'est ce que je crois
pour le moment. Il nous reste encore à déterminer la chorégraphie
de cette mesure dont nous sommes saisis.
Je m'arrêterai là, monsieur le président.
Le président: Est-ce que M. Marleau ou M. Corbett ont quelque
chose à dire au sujet de la chorégraphie?
M. Robert Marleau: Oui. M. Blaikie a parfaitement raison de
dire que le Règlement ne prévoit rien pour la chorégraphie. Et
j'imagine qu'elle serait déterminée par le président, comme ce fut
le cas lorsque la Chambre a modifié la manière dont l'on vote les
projets de loi d'initiative parlementaire. Lorsqu'on a modifié la
façon traditionnelle de voter rangée par rangée, le président a
fait une déclaration et dit à la Chambre...
M. Bill Blaikie: Mais même dans ce temps-là, nous votions tous
de la même façon. Ce que nous avons aujourd'hui est plus difficile.
• 1215
M. Robert Marleau: Quand ce serait au tour des oui, si un
parti décidait de voter par l'entremise de son whip, j'imagine que
seule cette personne se lèverait. Lorsque ce serait au tour des
non, si un parti d'opposition décidait de voter selon la manière
traditionnelle, le chef ou le chef intérimaire se lèverait, ce
serait le premier député que l'on reconnaîtrait, après quoi on
procéderait rangée par rangée selon l'ordre de préséance du parti.
M. Bill Blaikie: On aurait donc les oui et les non, mais l'on
ne procéderait pas whip par whip par whip comme on le fait
maintenant.
M. Robert Marleau: Non, je pense que ce serait comme ça. Si
cette mesure était adoptée, on aurait les oui et les non, et la
procédure demeurerait aussi simple que possible, chaque parti
signalant ses intentions. C'est comme ça que je verrais les choses.
M. Bill Blaikie: Je vois, oui.
M. William Corbett: Si vous me permettez, monsieur le
président. Il s'agit d'un processus en trois parties dans la mesure
où les partis qui veulent voter de la manière traditionnelle se
lèvent les premiers. En deuxième lieu, il y aurait ceux qui
voudraient voter par l'entremise de leur whip. En troisième lieu,
il y aurait ceux qui voudraient voter dans le sens contraire de
leur whip.
M. Robert Marleau: Lorsqu'a lieu le vote, quand le whip du
Parti réformiste se lève pour signaler l'intention de son parti et
qu'un autre député du Parti réformiste se lève au même moment, on
n'a pas besoin d'avoir le discours dont parlait M. Bergeron. La
suite serait immédiatement évidente.
M. Bill Blaikie: Je crois que je comprends. On va s'amuser,
mon vieux. Parlons franchement: on ne vise ici qu'à réduire le
temps qu'il faut pour voter. Ce n'est pas là le processus le plus
rapide au monde. Si vous avez des tas d'amendements, ça va quand
même prendre du temps, mais ça ne prendra jamais autant de temps
que maintenant.
Pour ce qui est de la lecture des amendements, je pense qu'il
faut en discuter séparément. Je ne sais pas. On verra ce que les
gens pensent de ma suggestion.
Le président: Avec la procédure de vote actuelle, on pourrait
littéralement économiser un million de dollars en temps. Si ça ne
marche pas, on revient à nos habitudes.
Je cède la parole à Mme Catterall, qui sera suivie de
MM. Harvey et Bonin.
Mme Marlene Catterall (Ottawa-Ouest—Nepean, Lib.): Je vais
reprendre le mot de M. Blaikie et dire qu'à mon avis, l'une des
choses que nous voulons tous faire, c'est nous assurer qu'aucun
d'entre nous n'expire avant la fin de la législature ou de la
session. Je suis tout à fait d'accord avec Mme Parrish qui dit que
ce n'est pas une manière saine de travailler ou de vivre. Nous
devrions tous le savoir, particulièrement ceux d'entre nous qui ont
été parents ou médecins.
Si l'on peut économiser du temps, cette mesure vaut
certainement mieux que ce que nous avons maintenant. Cela veut
simplement dire que ceux d'entre nous qui décident de voter de la
manière traditionnelle lorsqu'une motion est mise aux voix, sont
libres de le faire. Ceux qui ne veulent pas voter ainsi sont libres
de le faire. Il me semble que c'est un compromis raisonnable.
Je suis également d'accord avec M. Blaikie pour dire qu'il
faut en faire une mesure intérimaire, à tout le moins tant que
notre comité n'aura pas proposé une révision complète du Règlement.
Je pense que cela incitera un peu plus le comité—je ne veux pas
parler de le forcer—à faire ce travail et à le faire jusqu'au
bout.
Je pense que cela nous donne aussi une occasion. Nous avons
tous proposé d'inscrire dans le Règlement un processus qui, depuis
les quelques années qu'on l'a créé pour voter en bloc, nous a
permis d'économiser beaucoup de temps. La Chambre des communes a
ainsi réalisé des économies substantielles, et l'on n'a rien enlevé
de substantiel au rôle du député qui vote sur une loi ou sur des
modifications à une loi. Nous avons tous proposé d'inscrire cela
dans le Règlement. Le faire maintenant à titre intérimaire nous
donnerait une bonne occasion de voir comment ça peut marcher, et de
là, nous pourrons raffiner cette mesure dans le cadre d'un ensemble
de recommandations complètes visant à modifier le Règlement.
Je serais certainement heureuse d'appuyer tout amendement que
proposerait M. Blaikie pour en faire une mesure intérimaire.
Je voulais aussi parler de la manière dont nous procédons
lorsque les gens ont le sentiment que leur vote a été mal
enregistré. Nous avons vécu des situations où nous votions en bloc
et où, au bout du compte, il y avait trop de gens qui n'acceptaient
pas ce que le whip disait, et l'on décidait simplement d'aller de
l'avant et de procéder à un vote par appel nominal. Cette
possibilité a toujours existé, mais ce qui s'est passé en Chambre
hier soir était quelque peu différent.
• 1220
J'aimerais poser la question suivante à M. Marleau. À l'heure
actuelle, si un vote est mal enregistré, si le vote n'a pas été
enregistré comme on voulait—disons que le député s'est levé... et
nous avons eu des cas de ce genre des deux côtés de la Chambre, où
les gens ont voté deux fois, d'ailleurs—est-ce que ces personnes
n'ont pas besoin du consentement de la Chambre maintenant pour
modifier leur vote et la façon dont il a été enregistré?
M. Robert Marleau: S'ils en font la demande avant l'annonce du
résultat, le président accepte généralement le choix du député.
Après que le résultat est annoncé, le député n'a pas besoin du
consentement unanime.
Mme Marlene Catterall: Oui, et j'ai été assez surprise hier
soir lorsque le whip de l'un des partis reconnus a demandé à ce que
l'on change le vote de ses députés, et il n'avait pas le
consentement de la Chambre pour le faire. Franchement, j'ai trouvé
ça très impoli.
De toute manière, la situation ne sera pas différente de la
façon dont on vote maintenant si nous mettons cette mesure en
oeuvre, lorsqu'une personne a le sentiment que son vote a été mal
enregistré. Si elle le signale avant l'annonce du résultat, elle
peut demander de le faire changer. Si elle le signale après
l'annonce du résultat, il faut qu'il y ait consentement.
M. Robert Marleau: Oui, c'est exact.
Mme Marlene Catterall: J'ai la certitude que nous nous
pencherons là-dessus lorsque nous procéderons à une révision
intégrale du Règlement, mais encore une fois, je pense que si on
mettait cette mesure à l'essai, cela faciliterait notre révision
complète du Règlement.
J'avais une autre question, qui s'adresse peut-être à
M. Knutson, au sujet de l'intention du gouvernement. Il s'agit
simplement d'un élément mineur du libellé. Il est dit ceci:
le whip d'un parti officiellement reconnu peut indiquer, après
l'annonce du résultat d'un vote, comment les députés de son parti
voteront à un ou plusieurs votes subséquents [...]
Est-ce qu'on entend par là que le whip peut se lever et dire
que sur les votes 3, 10, 15, 40 et 730, les députés libéraux
voteront de telle manière? Ou est-ce qu'on veut dire qu'à chaque
vote, le whip pourra se lever pour annoncer comment les députés de
son parti vont voter? Quelle est notre intention ici, la première
ou la seconde?
M. Robert Marleau: Il y a deux règles ici. S'il y a deux
votes, deux deuxièmes lectures d'un projet de loi, chaque vote a
lieu séparément. Au moment de la deuxième mise aux voix, le whip
peut utiliser la méthode qu'il préfère.
À l'étape du rapport, le président a des groupements, et au
sein de ces groupements il y a déjà des habitudes de vote
d'établies. Ce qui se passe ici, c'est que le whip se lève, et la
façon dont son parti a voté sur le premier groupement s'appliquera
au groupement trois ou quatre ou cinq, peu importe l'orientation
qui a été déterminée par le président. Donc, à l'étape du rapport,
c'est un peu plus complexe à cause de la façon dont les votes ont
été groupés. Le whip décide du vote dans le même contexte, et non
des votes futurs, si vous voulez.
Mme Marlene Catterall: D'accord. C'est donc à chaque vote.
M. Robert Marleau: Le résultat d'un vote s'applique aux votes
subséquents. Mais à l'étape du rapport, cela pourrait être...
Mme Marlene Catterall: Au vote subséquent ou aux dix à venir?
En fait, ce que je demande à M. Knutson, c'est quelle est
l'intention du gouvernement ici.
M. Gar Knutson: Disons que nous avons trois jours de vote
prévus. Le whip ne pourrait pas se lever une seule fois, après quoi
nous aurions tous trois jours de congé, cela n'est pas notre
intention.
Mme Marlene Catterall: D'accord. On pourra y songer, mais il
me semble que nous devrions...
M. Gar Knutson: Notre intention est d'officialiser ce que nous
faisons maintenant...
Mme Marlene Catterall: Oui, la même chose que nous faisons
maintenant.
M. Gar Knutson: ... et rien de plus.
Mme Marlene Catterall: D'accord. Alors il me semble que nous
devrions mettre les mots «à un ou plusieurs votes subséquents»
devant les mots «le whip d'un parti officiellement reconnu».
D'après le libellé actuel, il me semble que le whip pourrait se
lever et dire que pour les prochains 100, 700 ou 1 000 amendements,
les libéraux vont voter de telle ou telle manière. Je sais que
c'est du pinaillage, mais c'est ce que...
M. Robert Marleau: Vous pouvez préciser le libellé si vous
voulez, et nous pourrons y voir lorsque nous établirons la
chorégraphie du Règlement, si vous voulez.
Mme Marlene Catterall: Mais c'est un amendement que nous avons
devant nous maintenant.
M. Robert Marleau: À mon avis, selon l'usage actuel, le whip
annonce son intention chaque fois que le président procède à la
mise aux voix.
Mme Marlene Catterall: Oui, et je crois que c'est ce que nous
voulons.
M. Robert Marleau: Je croyais que l'on conservait cet usage
lorsque le contexte est le même.
Mme Marlene Catterall: Ma question est simplement celle-ci,
monsieur Marleau. Si telle est l'intention, ne devrions-nous pas
mettre les mots «à un ou plusieurs votes subséquents» devant les
mots «le whip d'un parti officiellement reconnu» pour clarifier
l'intention?
M. Robert Marleau: Oui, nous pourrions aménager le texte pour
le dire clairement.
Mme Marlene Catterall: Alors je propose cet amendement à la
motion qui a déjà été proposée, monsieur le président.
• 1225
Le président: Très bien.
Est-ce bien noté, madame la greffière? D'accord.
Je vous remercie de cette suggestion.
Monsieur Blaikie.
M. Bill Blaikie: Mme Catterall s'est dit favorable à mon idée
d'un essai, mais elle n'a pas dit si elle appuyait l'élément clé de
ma proposition, soit que l'on fasse quelque chose au sujet de
l'attribution du temps. Si personne ne veut en parler, nous ne
saurons pas—du moins je ne saurai pas—si ce que j'ai dit... Je
n'ai pas seulement parlé d'une mesure provisoire, j'ai dit
provisoire à la condition qu'il y ait cela, en plus.
M. Gar Knutson: J'invoque le Règlement...
Le président: Êtes-vous sûr qu'il s'agit d'un rappel au
Règlement, monsieur Knutson?
M. Gar Knutson: En fait, c'est une réponse.
Nous sommes prêts
à retarder le vote sur ma motion, afin que nous l'associions à un
vote sur la proposition relative à l'attribution du temps, et si
c'est là la teneur de la proposition de M. Strahl, qui doit être
traduite, je présume...
Une voix: Elle est dans les deux langues officielles.
M. Gar Knutson: Veuillez m'excuser.
S'il y a d'autres suggestions, il n'est pas nécessaire de
voter là-dessus aujourd'hui.
Le président: C'est aux membres du comité d'en décider, je
n'estimais pas nécessaire de voter aujourd'hui. Il faut distribuer
la motion à tous les collègues et permettre au caucus de réagir.
M. Bill Blaikie: Si le gouvernement nous convainc qu'il est
prêt à trouver une solution dans un esprit de collaboration, nous
voudrons bien travailler avec lui.
Le président: Bien sûr.
M. Gar Knutson: Puis-je ajouter quelque chose, pour le même
rappel au Règlement?
Le président: Monsieur Knutson.
M. Gar Knutson: Nous préférerions que cela soit fait avant
jeudi, si...
Le président: Assurons-nous d'avoir le temps d'en discuter et
de recevoir les réactions de nos collègues en Chambre et des
caucus.
Je donne la parole à M. Harvey, puis à MM. Bonin et Hill.
[Français]
M. André Harvey: J'aimerais apporter une petite
précision,
monsieur le président. Il est évident qu'on vit tous
avec la dissidence. Il n'est pas mauvais en soi que
tous les partis aient l'occasion de vivre
occasionnellement avec la dissidence. Les citoyens le
désirent même. On parle beaucoup du vote libre.
Il est évident, par contre, que plus on va accorder de
votes libres, plus la gestion des votes en Chambre va
devenir complexe.
Dans cet esprit, pour les modifications
de votes à l'étape de l'adoption du rapport,
avant d'en arriver à la motion principale,
supposons que 20 motions soient adoptées.
Hier, au sujet de l'application du vote, ceux qui
avaient voté en faveur de cette motion voulaient voter
contre. Finalement, je leur ai dit d'attendre parce qu'avant
la motion principale, on demanderait le consentement
unanime pour le faire. Mais il faut tenir compte
de la période de temps
qui s'écoule entre la correction et l'adoption de
la motion principale.
Est-ce que le privilège d'un
député ou de six députés de pouvoir apporter une
correction doit dépendre de façon absolue du
consentement unanime? On fait tous de la
politique ici. Il peut arriver, pour des raisons
politiques, qu'on refuse le consentement unanime. Pour
ma part, cela ne me dérange pas, mais techniquement,
pour un député, le privilège
de voter est un privilège qui
transcende le consentement unanime. Est-ce que le
Président peut décréter arbitrairement qu'il
accepte des corrections aux votes de six députés sur le
vote qui s'est tenu? C'est cela qui me
met un petit peu mal à l'aise. En tant que
députés, nous avons le privilège
de voter comme nous le voulons.
Qu'un whip ait quatre, cinq ou six
personnes dissidentes, c'est légitime. Ce n'est pas grave.
M. Stéphane Bergeron: [Note de la rédaction:
Inaudible].
M. André Harvey: C'est un peu cela.
J'aimerais entendre vos commentaires là-dessus,
monsieur Marleau.
M. Robert Marleau: Il y a deux façons de
procéder. Il s'agit d'inscrire dans
le Règlement la
procédure par laquelle le député pourrait changer son
vote et de délimiter un temps pour ce faire qui
serait acceptable.
M. André Harvey: Est-ce que ce serait toujours
conditionnel à l'obtention du consentement unanime?
M. Robert Marleau: Non, je parle d'un contexte
où ce ne serait pas conditionnel au consentement
unanime. Autrement, on peut s'en remettre
purement et carrément à la
présidence, qui peut juger des faits dont il ou elle
a été témoin et dire s'il y a eu confusion ou si la présidence
ne s'est pas expliquée assez clairement. Et la
présidence déciderait si, compte tenu de ce qui vient de se
passer à la
Chambre, il est acceptable que le député
ou les députés changent leur vote. La présidence est
supposée agir de façon impartiale. Elle est témoin du
processus et elle pourrait très bien trancher la
question.
• 1230
M. André Harvey: Ce serait une étape
supplémentaire qui permettrait à un député de
voter comme il l'entend.
Le président: C'est cela.
M. André Harvey: Merci, monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Merci.
Monsieur Bonin, puis monsieur Hill.
[Français]
M. Raymond Bonin (Nickel Belt, Lib.):
J'appuie ouvertement cette
motion. Par contre, mon intervention a beaucoup été
réduite compte tenu du fait que plusieurs commentaires que
j'allais faire ont été énoncés et que je ne suis pas du
genre à répéter ce qui a déjà été répété cinq
fois. Je veux cependant porter à l'attention du comité
qu'on parle de victimes et qu'on semble insinuer que le
gouvernement est toujours la victime lorsqu'on
se sert de telles stratégies.
Je me rappelle qu'à la dernière
occasion où on a dû voter pendant 40 heures, un de
mes collègues disait que la chose aurait été plus drôle si le
Parti réformiste n'avait pas pensé faire cela avant.
Or, il demeure que ce n'est pas un parti reconnu qui
a le premier imposé cette procédure à la Chambre,
mais un député indépendant.
À l'occasion,
chaque parti peut être victime d'un député à la
Chambre des communes. Un député indépendant
peut forcer tous les partis à voter pendant des heures
contre leur gré.
Alors, il faut reconnaître que tous les députés de la
Chambre peuvent être des victimes,
sauf un.
[Traduction]
Le président: Merci.
Monsieur Knutson, j'avais votre nom sur ma liste, mais comme
vous êtes déjà intervenu, j'ai sauté par-dessus. Voulez-vous
toujours poser des questions?
M. Gar Knutson: Oui.
Le président: Bien. Autant vous donner la parole maintenant,
avant le suivant. Monsieur Knutson.
M. Gar Knutson: Voici ma question pour les témoins: Des gens,
dont moi-même, pensent que ce changement est temporaire, en
attendant le vote électronique. Je ne connais rien au vote
électronique, et je n'ai donc pas d'opinion très arrêtée sur le
sujet, mais y a-t-il une proposition que le comité pourrait
accepter ou rejeter, ou pensez-vous qu'il nous faut faire beaucoup
de travail, revenir à la case départ et faire le tour du monde,
pour voir comment on vote à Rome et un peu partout ailleurs?
M. Robert Marleau: Au sujet du vote électronique, dans mon
témoignage et dans celui de l'ancien greffier adjoint, Camille
Montpetit, devant votre comité en 1998, nous avons déclaré que le
vote électronique ne vous permettrait pas de gagner du temps par
rapport à cette méthode.
Autrement dit, nous étions d'avis que cette méthode est plus
rapide que le vote électronique, parce qu'avec le vote
électronique, il faudra au moins faire une déclaration à la Chambre
pour énoncer le sujet du vote, sans nécessairement lire toute la
question, peut-être uniquement en faisant allusion au Feuilleton,
et aussi prévoir du temps pour que les députés appuient sur le
bouton et pour que les résultats soient traités.
Dans ce cas-ci, lorsque la période de vote est longue, nous
estimions et nous croyons toujours, et je crois que le nouveau
sous-greffier est du même avis, que cette méthode est plus efficace
que le vote électronique.
M. Gar Knutson: J'ai donc tort de présumer autrement.
M. Robert Marleau: Oui, si vous dites que le vote
électronique, une fois adopté, pourrait supplanter le système
actuel. En faisant une analyse du temps...
Tout dépend de ce que vous faites. M. Corbett et moi-même
avons assisté à un vote à l'Assemblée législative de la Louisiane.
En une séance de deux mois, 1 000 projets de loi ont été adoptés.
Chaque vote prenait de cinq à huit secondes. Il faut le voir pour
le croire.
Pour ce qui est de notre assemblé délibérante—nous avons une
assemblée délibérante, contrairement à eux—et tenant compte du
fait que d'honorables députés se servent de vieux bâtons de golf
pour voter à la place de quelqu'un d'autres...
Il est donc possible de voter en cinq secondes, mais le
contexte de notre assemblée délibérante fait en sorte qu'il faut au
moins savoir sur quoi porte le vote, quel parti vote et dans quel
ordre. Nous avons constaté que selon la structure du système de
vote électronique, vous pouvez avoir de grands écrans pour afficher
le texte complet de la question, dans les deux langues officielles,
mais il y aura alors un délai pour l'affichage, même avec les
écrans RVB les plus rapides.
• 1235
Le format choisi peut donc, en fait, ralentir la procédure.
Nous continuons de penser que la formule actuelle est plus
efficace, plus rapide, que le vote électronique.
M. Gar Knutson: Dans le cas de la Louisiane, vous avez dit
qu'il fallait le voir pour le croire. Nous devons donc y aller. Où
ailleurs faudrait-il aller?
M. Robert Marleau: En juin, en Louisiane, il fait 40 degrés
Celsius.
M. Gar Knutson: J'irai en février.
Le président: Monsieur Hill, monsieur Bergeron et monsieur
Kilger.
M. Jay Hill: J'ai quelques commentaires à formuler et des
questions à poser.
Tout d'abord, en réponse à Mme Catterall qui disait que la
procédure actuelle peut faire en sorte que nous votions pendant des
jours sur des amendements et que ce n'est pas une façon saine de
vivre ni de travailler, je dois dire que je suis d'accord avec
elle. Mais comme je l'ai déjà déclaré, il faut considérer les
raisons pour lesquelles l'opposition s'estime obligée d'adopter ce
genre de méthode.
L'autre question sur laquelle j'aimerais dire quelques mots,
c'est ce qui s'est passé hier soir: un whip a demandé à revoir le
vote par appel nominal qui avait eu lieu quelque temps auparavant.
Je sais que ce genre de choses se produira rarement, mais si on
adopte une procédure qui permet de revenir sur un vote qui a déjà
eu lieu, après certains délais, on peut imaginer qu'un parti, pour
retarder les votes, ce dont nous parlons essentiellement ici,
pourrait se servir de ce mécanisme pour revenir sur un nombre
indéfini de votes. Il pourrait encore une fois retarder la
procédure en disant: «Nous avons fait une erreur, nous voulons
changer ceci ou cela.» Ensuite on discutera de ce qu'on change ou
qu'on ne change pas. Je dis simplement que le mécanisme qu'on veut
créer pourrait avoir ce résultat.
La troisième question dont je veux parler en passant, c'est
celle déjà soulevée par moi-même, par M. Bergeron et par
M. Blaikie, je crois. Nous craignons que si nous adoptons cette
méthode, celle-ci plutôt que de nuire partiellement ou gravement à
la discipline de parti existante, ne fera que rendre la tâche plus
difficile pour chacun des députés.
Avec le système actuel, si le vote est divisé au sein d'un
caucus, et que vous demandez aux députés présents à la Chambre de
se lever et de voter pour, ou contre, c'est tout ce qui est
nécessaire. Avec la méthode proposée, si j'ai bien compris, le whip
se lèverait et pourrait déclarer que tous ses députés votent pour,
par exemple. Il faudrait alors à un député qui est d'avis contraire
qu'il se lève, contredise son whip en affirmant: «Monsieur le
président, j'invoque le Règlement, je veux qu'on inscrive mon vote
comme un contre.»
En d'autres mots, je crois que pour agir ainsi, il faudra
encore plus de coeur au ventre à chacun des députés. Il n'a plus
qu'à se lever avec les autres, qui votent d'une certaine façon; il
doit se lever et faire une déclaration.
Enfin, au sujet de ce que souhaite M. Blaikie, et la plupart
des membres de l'opposition, je crois, c'est-à-dire regrouper les
propositions plutôt que de traiter uniquement de cette motion no 9,
je suis prêt à déposer une motion au nom de mon collègue,
M. Strahl. On y proposerait de modifier le règlement actuel sur
l'attribution de temps, en faisant un petit changement. Je ne sais
pas si tout le monde en a une copie ici, mais il n'est pas encore
nécessaire de trop formaliser les choses.
• 1240
J'aimerais présenter cette proposition à M. Robertson en lui
demandant de nous revenir avec une, deux, ou trois propositions s'y
rapportant, pour que les membres du comité l'examinent
simultanément avec la motion no 9. Un des changements que j'ai noté
serait apporté à la ligne 14 de la proposition faite par M. Strahl,
la version anglaise, où l'on dit: «pour permettre aux députés de
poser des questions». Nous ajouterions: «au ministre» avant «et
formuler des commentaires brefs sur les questions se rapportant à
ladite motion».
Je vais présenter ce texte dans les deux langues officielles
à M. Robertson, en lui proposant qu'avec l'assentiment des membres
restants du comité, peut-être, il puisse nous présenter à la
prochaine séance un ensemble de propositions portant sur
l'attribution du temps et la motion no 9 modifiée comme le
proposait M. Knutson. Nous pourrions alors examiner le tout.
Merci.
Le président: Merci de votre proposition. M. Robertson
commence à s'énerver un peu: c'est aller un peu au-delà de ses
tâches habituelles que d'essayer d'atteindre un consensus pour ce
genre de changement au Règlement. Mais je sais qu'il pourra
améliorer les propositions. Tous les membres du comité prennent
bonne note de ce que vous avez dit à ce sujet.
Monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
sur la question du mécanisme de correction,
n'est-il pas vrai qu'actuellement, lorsqu'il y a un
trop grand nombre de députés qui se lèvent, soit pour
demander des changements, soit parce qu'ils sont revenus
à la Chambre
et veulent manifester, soit parce qu'ils appuient leur
formation politique ou Dieu sait quoi encore, il arrive
occasionnellement que le Président demande que tous les
députés qui veulent faire inscrire leur vote se lèvent
afin de le faire, ce qui leur évite de devoir
prendre la parole et de dire qu'ils sont contre
ou pour?
Est-ce qu'on pourrait éventuellement avoir un
mécanisme comme celui-là où le
Président, une fois le vote terminé,
demanderait à celles et ceux qui veulent changer leur
vote de se lever? Selon la façon dont ils
ont été enregistrés, on effectuerait simplement
le changement. S'il y avait d'autres rappels au
Règlement par la suite, ils seraient soulevés, mais au moins,
cela éviterait
aux députés de devoir se lever et
de dire à haute voix qu'ils se prononcent contre
leur formation politique. Je pense que cela rendrait
l'opération encore plus difficile pour eux si on leur
Leur imposer d'avoir à
imposait d'ajouter quelque chose.
Est-ce qu'on peut envisager cela comme un
mécanisme éventuel? Je parle du mécanisme auquel
on faisait allusion tout à l'heure.
M. Robert Marleau: Vous avez tout à fait
raison, monsieur
Bergeron. Dans le scénario que j'ai évoqué plus tôt
pour M. Blaikie, j'ai mentionné qu'à l'appel
des oui et des non,
le député qui souhaite voter contrairement à
l'indication de son whip se lèverait
sans nécessairement s'adresser à la
présidence. Le texte français est peut-être un peu
plus neutre, mais le texte anglais dit très
bien «the member may request». Comme l'a souligné
M. Hill, cela pourrait provoquer
toute une série de demandes, ce que vous semblez
vouloir éviter.
Si le texte était modifié pour que ce soit clair et
que le whip du Parti libéral, par exemple, se lève à
l'appel des oui et dise que
son parti vote oui, que les autres partis votent ensuite
à leur tour, et qu'au moment où le
Président fait l'appel des non il y ait un député libéral
qui se lève, son vote serait enregistré en conséquence, sans
qu'il ait dû faire une intervention particulière. C'est en
vertu d'un tel scénario qu'on peut
établir un processus qui permettrait à un député
d'exprimer sa dissidence par rapport à son parti.
Je me souviens de fois où
il y avait tellement de députés qui se
levaient pour voter d'une façon ou d'une autre que le
Président avait tout simplement présumé qu'il n'y avait pas
le consentement unanime. On procédait alors au vote de
façon normale.
M. Stéphane Bergeron: C'est d'ailleurs
ce à quoi faisait allusion
Mme Catterall tout à l'heure.
M. Robert Marleau: C'est cela, oui. Le
scénario selon lequel le Président fait l'appel
des oui et des non de façon
traditionnelle pourrait très bien
être adapté pour qu'il soit très clair que le député
doit se lever au moment où on fait l'appel de l'option qu'il
a choisie. Cela ne serait pas fait nécessairement
dans le contexte d'une confrontation avec le
whip, au moment où le whip intervient.
[Traduction]
Le président: Nous avons une courte question complémentaire de
la part de M. Hill.
• 1245
M. Jay Hill: Merci, monsieur le président. Avec l'indulgence
du comité, j'aimerais avoir des éclaircissements pour bien
comprendre ce dont nous parlions dans le contexte...
Actuellement, la façon la plus rapide de répéter un vote,
c'est lorsque le whip du gouvernement se lève, invoque le
Règlement, demande le consentement unanime de la Chambre et dit, en
gros, qu'il demande le consentement unanime de la Chambre pour
appliquer les résultats du vote précédent sur une motion ou autre
chose, qu'il nomme habituellement—disons la motion 1—à d'autres
motions, disons les motions 17, 19, 25, 39, 49, 146 et ainsi de
suite, pour ainsi disposer de toute une série de motions, en un
seul rappel au Règlement. Ce n'est pas du tout ce qui est proposé
dans la motion no 9.
Si je comprends bien, nous n'envisageons pas d'officialiser
dans le Règlement cette procédure particulière que nous utilisons
déjà depuis un certain temps, ou du moins, ce n'est pas ce que veut
le gouvernement à ce moment-ci. Il faudrait certainement
l'unanimité même si c'est la méthode la plus rapide d'accélérer la
procédure de vote. Est-ce ce que vous comprenez aussi?
M. Robert Marleau: Oui, monsieur. On ne prévoit pas dans ce
cas-ci d'appliquer le résultat d'un vote, par consentement unanime,
à un groupe de votes subséquents. Non, ce n'est pas du tout le même
concept.
M. Jay Hill: Il faudrait encore l'unanimité pour cela?
M. Robert Marleau: Oui.
M. Jay Hill: Un député pourrait l'empêcher?
M. Robert Marleau: Oui.
M. Jay Hill: Pourriez-vous nous dire alors si nous aurions
tort, en adoptant la motion no 9, de ne pas traiter aussi de cette
procédure et de ne pas l'inclure dans l'ensemble des propositions,
comme le disait M. Blaikie.
M. Robert Marleau: De dire que vous auriez tort, ce serait un
peu fort. Le comité ne fait jamais d'erreur, j'en suis convaincu.
J'essaie de remettre les choses dans leur contexte: je peux
concevoir qu'un député soit mécontent du fait que certaines de ces
questions n'aient pas été réglées. Je dirais qu'avec le temps, tout
en essayant d'éviter la tyrannie de l'infime minorité, lorsqu'un
seul député brise l'unanimité, il faut tenir compte aussi de la
tyrannie de la majorité absolue, lorsqu'un député affirme avoir
commis une erreur et veut y remédier. C'est ce que j'essayais de
vous dire.
M. Jay Hill: Si un député refuse de consentir à la procédure
que je viens de décrire, pourrions-nous y revenir, si ce changement
fait partie du Règlement, plutôt qu'un vote par assis et debout
pour l'ensemble de la Chambre?
M. Robert Marleau: Oui. Si cette règle était en vigueur,
faisait partie du Règlement, par décision de la Chambre sur
présentation du rapport du comité, ce serait votre deuxième
possibilité.
M. Jay Hill: Merci.
Le président: Monsieur Knutson.
M. Gar Knutson: Si nous arrivons à la fin de la séance, j'ai
une question pour le président. Nous avons entamé une discussion
sur une question très importante. Beaucoup de séances devront y
être consacrées. Traditionnellement, par les années passées, ces
séances se terminaient à 12 h 30. Nous passions ensuite à la Loi
électorale du Canada et nous avions des horaires différents, selon
le personnel; le whip n'était pas tellement présent.
Je remarque qu'à l'ordre du jour, l'heure de la fin de la
séance n'est pas indiquée. Nous pourrions peut-être nous entendre
pour que nos séances futures se terminent à une certaine heure,
afin que les whips des partis d'opposition soient au courant, de
même que les leaders à la Chambre des partis d'opposition. Cela
nous serait très utile.
Le président: La plupart des membres du comité savent que
quand tout va bien, nous pouvons épuiser l'ordre du jour en une
heure et demie. La séance pourrait donc durer de 11 heures à
12 h 30. À l'occasion, il nous faut quelques minutes
supplémentaires pour en finir avec un point à l'ordre du jour, car
autrement, il nous faudrait envisager une autre séance complète. La
plupart des comités prévoient deux heures par séance. Mais si les
membres du comité préfèrent considérer qu'à 12 h 30...
M. Jay Hill: Environ.
Le président: Je préfère ne pas considérer cela comme un règle
stricte. De temps en temps, il nous faut continuer, après 12 h 30,
et nous terminons rapidement parce que divers membres du comité ont
d'autres engagements. Le président pourrait fermer les yeux sur le
quorum et nous pourrions épuiser l'ordre du jour.
• 1250
Nous pourrions peut-être en parler à une autre séance du
comité de direction. Si le comité pouvait fonctionner sur pilote
automatique après 12 h 30, sans vote ni motion dilatoire, ce serait
l'idéal.
Ce n'est peut-être pas le meilleur moment de proposer une
heure fixe pour la fin des séances du comité, mais nous prenons
note de ce que vous dites qui a sans doute séduit les membres du
comité.
C'est donc un bon début, chers collègues. Nous avons surmonté
les obstacles de procédure au début de la séance. Je vous félicite
tous pour votre participation. Avant notre retour jeudi, des
motions seront préparées et des discussions auront lieu. On verra
au compte rendu que la question de l'attribution du vote par les
whips est directement liée à celle de l'attribution du temps, d'une
part, et à la question du vote électronique, par ailleurs. Nous
avons parlé de tout cela. Nous espérons que les discussions des
prochains jours, en privé, nous rapprocherons d'une solution que
nous pourrions ou non adopter jeudi.
Je continuerai à m'entretenir avec mes collègues au sujet de
la confidentialité et des témoins futurs. La séance est levée et
nous reprendrons jeudi.