STANDING COMMITTEE ON PROCEDURE
AND HOUSE AFFAIRS
COMITÉ PERMANENT DE LA PROCÉDURE
ET DES AFFAIRES DE LA CHAMBRE
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le jeudi 6 avril 2000
• 1114
[Traduction]
Le président (M. Derek Lee (Scarborough—Rouge River, Lib.)):
La séance est ouverte. Je vois que le quorum est réuni.
Chers collègues, notre premier point à l'ordre du jour de
notre séance d'aujourd'hui est l'examen d'un rapport du Sous-comité
des affaires émanant des députés. Il s'est penché sur l'inventaire
provenant du tirage au sort et d'autres sources. On nous demande
aujourd'hui d'examiner et d'adopter ce rapport pour qu'il soit
déposé à la Chambre. Si l'un d'entre vous propose l'adoption de ce
rapport, nous allons éventuellement nous prononcer.
Madame Dalphond-Guiral.
[Français]
Mme Madeleine Dalphond-Guiral (Laval-Centre, BQ):
Je propose l'adoption du rapport présenté par
le Sous-comité des affaires émanant des députés.
[Traduction]
Le président: Merci, madame Dalphond-Guiral.
Quelqu'un veut-il discuter de ce rapport? Vous devez l'avoir
devant vous. C'est un rapport d'une page qui fait état de trois
motions et d'un projet de loi. Comme cela se fait habituellement,
ce rapport a dû être adopté par voie de consensus au sein du sous-
comité.
• 1115
(La motion est adoptée) [Voir Procès-verbaux]
Le président: Je vous remercie.
Nous passons maintenant à l'examen du renvoi reçu de la
Chambre sur la question de la confidentialité. Nous allons
réentendre aujourd'hui Robert Marleau, greffier de la Chambre, et
M. Rob Walsh, secrétaire légiste et conseiller parlementaire.
Nous avons aussi dans cette enveloppe une motion qui vous a
été présentée par M. Knutson. Le libellé de cette motion figure
dans notre ordre du jour que vous avez devant vous. Je m'en remets
à vous pour ce qui est de l'examen de cette motion. On peut voir
dans l'ordre du jour que cette motion n'a pas été déposée, mais
qu'elle est soumise à votre examen. Nous pourrions peut-être passer
à l'audition des témoins en gardant cette motion à l'esprit.
Étant donné que c'est la seconde comparution des témoins, je
vais m'en tenir, si vous êtes d'accord, à des interventions de cinq
minutes par tour, de manière à accélérer la procédure.
Mme Marlene Catterall (Ottawa-Ouest—Nepean, Lib.): J'aimerais
faire un petit rappel au Règlement. Si nous voulons discuter du
contenu de cette motion avec les témoins, ne serait-il pas
préférable de faire en sorte qu'elle soit déposée avant que nous
puissions...
[Français]
M. Stéphane Bergeron (Verchères—Les-Patriotes, BQ):
Non, non, après.
Mme Marlene Catterall: Après?
[Traduction]
Le président va déclarer que nous ne nous conformons pas au
Règlement.
Le président: Non.
Mme Marlene Catterall: Je vous remercie.
Le président: De toute façon, nous avons devant les yeux le
contenu de cette motion.
Je propose que nous demandions aux deux témoins, ou à l'un
d'entre eux, de nous faire tout d'abord l'exposé de la situation
s'il le juge utile pour le comité. Je vais commencer par
M. Marleau.
M. Robert Marleau (greffier de la Chambre des communes):
Merci, monsieur le président.
J'espère pouvoir aborder un ou deux points avant de vous faire
quelques propositions concernant votre ordre de renvoi. Si vous me
le permettez, j'aimerais répondre sur certains points aux
témoignages qui vous ont été présentés lors des deux dernières
séances.
Tout d'abord, monsieur le président, je n'ai pas besoin de
vous faire un cours sur le privilège parlementaire ou sur l'outrage
à la Chambre découlant des interventions devant les comités. C'est
vous qui avez rédigé le livre de référence, si j'ai bien compris.
M. Gar Knutson (Elgin—Middlesex—London, Lib.): Les autres
membres du comité n'ont pas pris part à cette rédaction.
M. Robert Marleau: Je dois vous avouer que j'ai été stupéfait
en lisant le compte rendu de vos délibérations de mardi lorsque
j'ai appris que les deux témoins avaient déclaré avoir été harcelés
pour avoir témoigné précédemment devant votre comité.
En ce qui me concerne, je ne peux que le nier catégoriquement.
En ma qualité de greffier de la Chambre, je dois dire que jamais au
cours de ces quatre années une telle affaire a été portée à mon
attention par les témoins ou par tout autre agent de la Chambre.
C'est une accusation grave. Toutefois, il appartient pleinement au
comité de régler la chose et, vous le savez pertinemment, de lui
accorder tout le poids qu'il veut bien lui accorder.
Je tiens à ce que vous sachiez qu'en ce qui me concerne
personnellement, dans l'état de mes connaissances ce matin, je ne
lui accorde absolument aucun poids, et je parle ici en tant
qu'agent de la Chambre.
En second lieu, des commentaires ont été faits au sujet de
notre institution pour savoir qui la dirigeait et qui devait la
diriger. Je tiens à me désolidariser totalement de ceux qui font
ces commentaires. Je ne considère pas que la Chambre soit dirigée
par le gouvernement, et je ne me sens pas contrôlé par ce dernier.
• 1120
Aucun employé placé sous ma responsabilité n'a reçu le mandat,
de moi-même, du président de la Chambre ou du Bureau de régie
interne, de donner des conseils politiques stratégiques aux députés
de l'un ou l'autre des partis de la Chambre. Il est absurde
d'affirmer que tout ce qui reste à la disposition du simple député,
une fois qu'un gouvernement majoritaire a été élu à la Chambre des
communes, c'est le conseiller législatif opérant dans le cadre
d'une relation de confidentialité entre l'avocat et son client.
Troisièmement, il n'y a qu'une seule culture parmi les membres
du personnel de la Chambre des communes, et c'est celle du service.
En premier lieu, leur loyauté s'adresse à l'institution, en second
lieu, toujours à l'institution et en dernier lieu, encore à
l'institution. Nous sommes au service des députés des deux côtés de
la Chambre et l'on a jeté l'opprobre sur tous les responsables de
la procédure qui ne sont pas assermentés en tant qu'avocats. C'est
une erreur et une faute.
Sur un dernier point annexe, mais qui a son importance, on
nous dit qu'il y a un système double ou à deux vitesses concernant
le traitement des amendements selon qu'ils ont été déposés par les
députés d'arrière-banc ou par les ministres. C'est un mythe que
propagent ceux qui l'affirment. Il n'y a qu'un seul système,
caractérisé par le professionnalisme. Tous les amendements, quelle
que soit leur origine, sont examinés et passés en revue, si
nécessaire par moi-même, pour savoir s'ils sont recevables.
Je tiens à dire catégoriquement que toute tentative d'engorger
le système au moyen de milliers d'amendements n'influe aucunement
sur le comportement des greffiers. Si l'ordre du jour du
gouvernement et la planification de M. Boudria sont dérangés parce
que nous avons besoin de prendre le temps qu'il faut pour
conseiller le président, c'est bien dommage, mais nous ne
changerons rien à nos habitudes.
Nous n'avons jamais précipité le renvoi des textes devant la
Chambre sous prétexte que nous n'avions pas reçu un préavis
suffisant. Certains d'entre vous se souviendront du président
présentant un groupe d'amendements devant la Chambre tout
simplement parce qu'il n'avait pas eu le temps de les consulter
tous. Si nécessaire, nous allons prendre le temps dont nous avons
besoin pour les présenter un à un devant la Chambre, jusqu'à ce que
le président soit convaincu qu'ils sont recevables ou non.
Pour ce qui est de la confidentialité de la relation que vous
entretenez avec les greffiers et les avocats, je dirai simplement
que le lien avec les greffiers chargés de la procédure est
antérieur à celui qui vous rattache à n'importe quel conseiller
juridique ou conseiller législatif au sein de la Chambre des
communes du Canada. Ce lien n'existe pas en Grande-Bretagne. La
fonction de conseiller parlementaire n'existe pas à la Chambre des
communes de Westminster.
Dans la plupart des Chambres provinciales de notre pays, le
conseiller parlementaire est l'employé du gouvernement. Si vous
voulez être rassurés sur les possibilités qui s'offrent à vous pour
garantir la sécurité de ces relations, je suis tout disposé à
répondre à vos questions.
[Français]
Si vous le vous voulez, je vais donner la parole à M. Walsh
pour quelques minutes et je m'arrêterai là.
[Traduction]
M. Rob Walsh (secrétaire légiste et conseiller parlementaire,
Chambre des communes): Merci, monsieur le président.
Je dirai tout d'abord que je souscris bien entendu pleinement
à ce que vient de dire le greffier et c'est d'ailleurs avec émotion
que j'ai écouté son intervention.
J'ai parcouru un chemin long et ardu avant d'en arriver
jusqu'ici. J'y suis parvenu assez tard dans ma vie...
• 1125
Mme Marlene Catterall: Donnons-lui un peu de temps.
M. Gar Knutson: Faisons une pause.
Le président: Le mieux, je crois, c'est de passer directement
aux questions. Nous ne manquerons pas de revenir à M. Walsh.
Je vais commencer par M. Hill, qui sera suivi de Mme Parrish.
M. Jay Hill (Prince George—Peace River, Alliance canadienne):
Merci, monsieur le président.
Merci, messieurs, de comparaître aujourd'hui. Il est de toute
évidence très difficile de répondre aux allégations qui ont été
faites devant notre comité.
La grande question qui est posée au comité est celle de la
confidentialité, à savoir s'il existe un privilège s'attachant aux
relations entre l'avocat et son client lorsque les députés
demandent aux conseillers juridiques ou législatifs de rédiger des
amendements aux projets ou aux propositions de loi et par
extension, à mon avis, lorsque ces derniers sont appelés à jouer le
rôle de conseiller juridique auprès des députés, qui leur posent
des questions au sujet de leur emploi et de l'emploi de leur
personnel.
Le président a statué qu'une équipe était en place, que la
confidentialité régnait au sein de cette équipe et qu'autant qu'il
le sache, on n'avait jamais dérogé à cette confidentialité. Pouvez-
vous préciser à l'intention du comité, monsieur Marleau, comment se
compose cette équipe?
M. Robert Marleau: Je peux vous l'indiquer de manière
générale. M. Walsh pourra éventuellement vous donner davantage de
précisions. Si vous voulez savoir de qui elle se compose, je dois
vous dire que nous n'avons pas ici aujourd'hui la liste des gens
concernés.
Le secrétaire légiste supervise les deux volets du service, le
volet juridique et le volet législatif. Le volet juridique est,
dirai-je, bien plus,
[Français]
étanche—je cherche le mot anglais—,
[Traduction]
Ce sont pour l'essentiel tous des avocats, si l'on excepte leur
personnel de soutien. Là, comme nous l'avons dit lorsque nous avons
comparu la dernière fois devant votre comité, le principe de la
confidentialité entre l'avocat et son client s'applique ou est en
vigueur, ou encore son principe est en vigueur. Vous continuez à
débattre entre vous pour savoir s'il s'applique effectivement, mais
il n'en reste pas moins que le bureau s'est comporté comme s'il
s'appliquait, y compris en ce qui a trait aux demandes ou aux
exigences relatives à ses limites que peut faire valoir le Bureau
de régie interne, agissant en tant qu'employeur.
Le volet législatif comprend le conseiller législatif, qui est
directement en relation avec les députés et qui suit leurs
instructions; il y a les traducteurs juridiques, qui font les
traductions comme ils l'entendent; il y a le personnel
administratif; enfin il y a un petit groupe qui, je crois, se
compose à l'heure actuelle de quatre greffiers chargés de la
procédure, qui sont actuellement spécialisés dans la partie
législative de la rédaction des amendements. Ils sont en relation
avec le conseiller législatif, ou sont censés l'être, pour fournir
un service aux députés. Il y a aussi du personnel de soutien.
Lorsqu'en de rares occasions nous recevons un grand nombre
d'amendements, deux autres greffiers chargés de la procédure,
spécialisés dans le domaine, peuvent être affectés à cette tâche
précise, mais toujours en respectant ce même lien de
confidentialité.
Pour ce qui est de ce volet du service—je vous ai donné la
dernière fois ma réponse en tant que greffier, et M. Walsh pourra
éventuellement apporter d'autres commentaires—j'ai davantage
tendance à souscrire au principe que M. Gallaway vous a exposé lors
de la dernière ou de l'avant-dernière réunion. À mon avis, il n'y
a pas de lien de confidentialité entre l'avocat et son client dans
le cadre de cette relation. Ce n'est pas quelque chose qui relève
de la procédure judiciaire. C'est un débat qui vous concerne. Je
n'entre pas dans ce débat. Je vous dis simplement comment nous
voyons les choses.
• 1130
Toutefois, le privilège parlementaire s'applique, et de
manière absolue. Si une personne quelconque, ne serait-ce que
l'opérateur de la photocopieuse, venait à déroger à cette
confidentialité, le privilège parlementaire s'appliquerait. C'est
une activité interne administrée et dirigée par la Chambre. L'ordre
des avocats d'une province quelconque n'a pas à se mêler, à mon
avis, de ce qui se passe dans ce bureau.
M. Jay Hill: Très bien. Tout au long des années que vous avez
passées à la Chambre, avez-vous déjà entendu dire que l'on ait
dérogé à ce lien de confidentialité tel que vous venez de le
décrire au sein de cette équipe?
M. Robert Marleau: J'ai 30 ans d'expérience aux différents
niveaux de l'organisation et 13 ans en tant que greffier, et l'on
ne s'est jamais plaint à moi qu'il y ait eu un manquement ou une
absence de confidentialité dans les relations avec un député et
qu'une chose ait pu être portée à la connaissance d'un autre député
ou d'un autre parti.
M. Jay Hill: Parce que le problème pourrait...
Le président: Je veux simplement vous avertir que nous en
sommes à cinq minutes.
M. Jay Hill: Bien. Puis-je poser rapidement une dernière
question?
Le président: Très rapidement.
M. Jay Hill: Très bien.
Le problème ne vient-il pas en partie du fait que les députés
ne savent pas que cette information est communiquée entre les
membres de cette équipe? C'est peut-être simplement le manque
d'information qui est la cause de ce problème; un problème de
perception?
M. Robert Marleau: C'est certainement en partie le problème.
Il y a eu un très fort taux de renouvellement des députés en 1984,
puis en 1988 et encore en 1993. Je dois vous dire que lorsque je me
suis assis au bout de la table et que j'ai regardé la Chambre en
1993, j'étais content que personne ne connaisse mon nom.
Des voix: Oh, oh!
M. Robert Marleau: Cette question a des incidences sur ce que
savent les députés et sur ce qu'ils attendent et, vous le savez,
notre organisation n'a pas toujours les moyens de diriger leur
apprentissage. Nous organisons bien des séances d'orientation et de
suivi, mais vous savez le genre de vie que nous menons. J'organise
des séances d'orientation, à six semaines d'intervalle tout au long
de la législature, et il est difficile de les faire cadrer avec
votre calendrier. Lors de ces séances, nous discutons effectivement
de ces relations.
Nous attendons des greffiers ou des avocats qui opèrent dans
ce cadre qu'ils soient les premiers à défendre ce lien de
confidentialité et certainement pas qu'ils entreprennent de le
déstabiliser.
Le président: Je vous remercie.
J'ai donné la parole à Mme Parrish et nous passerons ensuite
à M. Bergeron.
Mme Carolyn Parrish (Mississauga-Centre, Lib.): Merci,
monsieur le président.
Souvenez-vous que lors de la dernière séance, j'ai évoqué le
projet visant à alléger les difficultés entourant la rédaction de
la législation. Finalement, avec l'aide de Jamie, j'ai réussi à
retrouver le compte rendu de cette séance. C'était celle du jeudi
30 mai 1996 et nous nous penchions sur le budget des dépenses. Une
proposition très intéressante a été faite à cette occasion et je
vous cite le rapport:
Le Sous-comité du Bureau de régie interne a examiné cette question
à la demande du troisième parti à la Chambre
—à l'époque les réformistes voulaient qu'on intervienne—
lorsque des problèmes de calendrier les gênaient dans leurs tâches
consistant à aider les députés à rédiger des amendements au stade
du rapport du projet de loi C-68 tout en contribuant par la même
occasion à la rédaction des propositions de loi présentées par les
simples députés, ce qui constitue un travail tout à fait différent,
mais ce qui est un service dispensé par ce même bureau.
Tout au long de cette discussion, M. Langlois a fait état
d'une très forte opposition. À l'époque, le projet, qui visait à
accélérer la procédure, à économiser de l'argent et à rationaliser
les opérations, devait consister à affecter ces trois avocats à la
Bibliothèque du Parlement. M. Langlois s'y est assez fortement
opposé.
La question que je vous pose, par conséquent, c'est si vous
n'avez pas envisagé, au sein du Sous-comité du Bureau de régie
interne, de vous en remettre aux greffiers plutôt qu'à la
bibliothèque, ce qui avait été proposé lors de cette séance, pour
répondre aux objections de M. Langlois tout en tenant compte des
préoccupations du Parti réformiste?
M. Robert Marleau: Le mandat du bureau, les ressources et
l'état de la demande font l'objet d'une étude depuis 1994, date à
laquelle la réduction de nos effectifs a été suivie des
recommandations du bureau, qui constituent ce que l'on a appelé le
plan Gagliano.
Une chose que je tiens à préciser à la suite des échanges que
vous avez eus avec les témoins précédents, c'est qu'il n'y a pas eu
de réduction d'effectifs imposée. Tous les employés qui ont quitté
le service sont partis dans le cadre du plan d'incitation aux
départs, de leur plein gré et avec le sourire, je vous le précise
en passant. Aucun bureau n'a été spécialement visé.
• 1135
Le bureau nous a chargés, en tant que gestionnaires, de
bloquer l'embauche chaque fois qu'il y avait un départ et
d'éliminer un salaire correspondant à chaque départ pour que nous
procédions à une réingénierie et que nous repensions notre mode de
fonctionnement. Tout au long de cette période, nous nous sommes
entretenus de cette question, moi-même, M. Walsh, le Bureau,
Camille Montpetit et la greffière adjointe, Mary Anne Griffith.
Rien de tout cela n'a été nécessairement fait sans que les députés
ne sachent ce qui se passe.
Je me souviens du témoignage du 30 mai de M. Langlois, que
vous avez évoqué. Il m'a demandé s'il s'agissait d'une rumeur, et
je lui ai répondu: «Non, ce n'est pas une rumeur.» Il a abordé très
franchement la question. À l'époque, le bureau m'avait chargé de
discuter avec le bibliothécaire de la possibilité de transférer ces
ressources et de les mettre à la disposition des clients en
respectant les règles de confidentialité, un peu comme le fait la
bibliothèque lorsqu'elle met les attachés de recherche à la
disposition de tous les comités.
On s'est aussi demandé à l'époque, vous vous en souviendrez
peut-être, s'il fallait que le conseiller législatif assiste à
toutes les réunions des comités, et nous n'avions tout simplement
pas les ressources nécessaires. Je l'ai dit à l'époque au président
en répondant aux questions des réformistes et on peut justement le
voir dans la transcription des délibérations de cette séance.
Vous nous parlez du 30 mai 1996. Le 18 juin 1996—et je ne
révèle ici aucun secret des délibérations du Bureau étant donné que
cela figure dans le procès-verbal déposé par le Bureau à la
Chambre—le Bureau a décidé de ne pas entériner les recommandations
du sous-comité s'appliquant au mandat et à la structure des
services des conseillers législatifs.
Aucune autre mesure n'a été prise lors de la 35e législature.
Nous avons continué à fonctionner dans les mêmes conditions jusqu'à
aujourd'hui. Par conséquent, ce changement subit d'octobre 1996 ne
s'est pas vraiment produit à cette date. Il a eu lieu bien plus
tôt, un an plus tôt, à l'issue du plan Gagliano, ce qui ressort de
la note de service remise au greffier.
Lors de la 36e législature, vous vous en souvenez
parfaitement—M. Gallaway ne peut pas manquer de s'en
souvenir—nous avons eu bien des difficultés, au début de la
législature, à faire tout le travail se rapportant aux propositions
de lois. Nous parlons ici strictement des propositions de loi parce
qu'il n'est pas question des amendements.
Je ne peux pas vous dire quelles ont été les décisions prises,
parce qu'aucun des rapports du sous-comité n'a été entériné par le
bureau, et c'est le 16 mars 1999 que l'on a discuté pour la
dernière fois des procès-verbaux de ce sous-comité.
Mme Carolyn Parrish: Puis-je vous interrompre ici? Dans le
procès-verbal de cette séance, on nous dit précisément:
«Cette mesure n'entraîne pas beaucoup d'économies. Elle consiste à
transférer trois salaires à la bibliothèque. Il nous apparaît
cependant, et le bibliothécaire y voit un avantage, que l'on y
gagnerait en efficacité et que l'on fournirait un meilleur service
aux députés et aux membres des comités étant donné qu'il y a un
lien de continuité entre l'analyse des projets de loi et la
rédaction des amendements s'y rapportant.
Vous dites aussi à M. Langlois:
[...] il n'y a pas de transfert du pouvoir législatif au pouvoir
exécutif. Je comprends bien qu'il considère que les députés, ceux
d'arrière-banc du gouvernement et ceux de l'opposition, ont besoin
de services indépendants et autonomes. Le bibliothécaire est placé
sous la responsabilité des deux présidents et opère lui aussi de
manière non partisane et indépendamment du pouvoir exécutif.
Par conséquent, tout au long de ce témoignage—et je suis tout
disposé à le communiquer à ceux qui le désirent—on peut voir qu'il
y a là un problème que vous vous efforcez de prendre en compte, et
vous l'avez pris en compte.
Je pense que ce qui s'est passé au sujet des témoins de
l'autre jour, c'est qu'ils se sont surmenés dans leur travail. Ils
ont passé beaucoup de temps à rédiger des amendements et des
propositions de loi qui ne voient jamais le jour, et il faudrait
peut-être les changer de service. Il nous faudrait peut-être
réaffecter des gens à la justice pendant un certain temps pour
qu'ils se rétablissent.
Je suis tout à fait désolée qu'il vous faille subir tout cela.
Je vous remercie.
Le président: Merci.
Nous allons donner la parole à M. Bergeron pendant cinq
minutes.
[Français]
M. Stéphane Bergeron:
J'aimerais dire à mon tour que je suis
bien conscient à quel point il doit être difficile pour
le greffier et pour M. Walsh de comparaître devant
nous aujourd'hui, compte tenu de ce qui a pu être dit au
cours des deux dernières séances de ce comité. Je comprends
le malaise.
Je veux que tout le monde soit conscient également
que cela devait probablement
être aussi difficile pour les deux personnes qui ont
comparu devant nous plus tôt de dire tout ce que nous
leur avons demandé de dire.
Il y a des choses qui ont été dites qui ont
provoqué l'indignation, d'après ce que je peux voir,
du greffier et de M. Walsh: par exemple, ce qui a été
dit sur l'inféodation de la Chambre à l'égard du
gouvernement. Les propos étaient peut-être excessifs,
mais personne ici ne pourra prétendre que
la théorie de la séparation des pouvoirs s'applique de
façon impeccable au Canada, sachant pertinemment que
dans le système parlementaire britannique, le
gouvernement est issu de la majorité parlementaire.
Il y a donc une relation un peu incestueuse, si je peux
dire, entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif
dans le système parlementaire britannique, et nous en
sommes tous conscients.
• 1140
Quant aux avis stratégiques, je suis d'accord avec le
greffier qu'il n'appartient à personne de l'administration de
la Chambre de donner quelque avis
stratégique ou politique que ce soit aux parlementaires.
Peut-être qu'on voulait simplement indiquer par là que
les avis sont peut-être utilisés de façon stratégique
par les parlementaires qui en bénéficient.
Quant au système à deux vitesses, je suis d'accord
avec le greffier: au niveau du résultat, peut-être
qu'il n'y a pas de différence entre les amendements
qui sont présentés par le gouvernement et ceux qui sont
présentés par les députés, mais nous devons tous
reconnaître qu'au niveau du processus, il y a
effectivement une différence, en ce sens que
les légistes du gouvernement, au ministère de la
Justice, n'ont pas à soumettre
leurs amendements aux greffiers avant de les déposer, alors
qu'il y a une collaboration entre les légistes actuels et
les greffiers lorsqu'il y a préparation d'amendements
soumis par de simples députés.
Donc, au niveau du processus, il y a une différence.
Est-ce qu'il y a une différence au niveau du résultat?
Le greffier prétend que non. On n'a pas de raison de
croire qu'il y a une différence au niveau du résultat,
mais il n'en demeure pas moins qu'il y a une différence
au niveau du processus. C'est quelque chose qui
doit retenir notre attention.
Cela étant dit, monsieur le président, j'aimerais
demander à M. Marleau depuis combien de temps
il occupe la fonction de greffier ici.
M. Robert Marleau: Depuis le 3 juillet 1987.
M. Stéphane Bergeron: Depuis 1987.
Monsieur Marleau, j'ai fait allusion, lors de notre
dernière séance, à un document que nous avons obtenu à
la Bibliothèque du Parlement, qui fut publié en
1988 sous l'autorité du Bureau du légiste et
conseiller parlementaire. Ce n'est pas un document de
la Bibliothèque du Parlement, mais un document du Bureau
du légiste et conseiller parlementaire. On y dit:
Les services législatifs sont dispensés par les avocats
du Bureau du Légiste et conseiller parlementaire, qui
sont des conseillers législatifs avertis. Leurs
services sont fournis sur la base d'une relation entre
client et avocat.
C'est sans équivoque, et ce document, dit-on, est
publié en conformité de l'autorité du greffier de la
Chambre des communes. Vous étiez à ce moment-là le
greffier de la Chambre des communes, monsieur Marleau.
Dès lors, comment peut-on prétendre qu'on n'a pu
trouver nulle part un texte faisant état d'une relation
privilégiée client-avocat, alors qu'il y avait un
document du Bureau du légiste et conseiller
parlementaire publié sous l'autorité du greffier de la
Chambre qui disait très clairement,
sans aucune équivoque, qu'il y a une relation
privilégiée client-avocat entre les
parlementaires et les conseillers législatifs?
M. Robert Marleau: Lorsque vous avez porté ce
document à l'attention du comité—je l'ai vu dans le
témoignage—, j'ai eu beaucoup de difficulté à le
retrouver. C'est un dépliant qui a été préparé pour la
séance d'orientation des nouveaux députés en 1988 par
le Bureau du légiste et conseiller parlementaire.
Vous vous souviendrez qu'en 1988, les élections
ont eu lieu en novembre et la Chambre
s'est réunie le 12 décembre. Je dois vous dire que ce
document a été préparé entièrement au
Bureau du légiste et conseiller parlementaire dans
des délais très brefs et que je n'étais pas conscient,
au moment où vous m'avez posé la question, que ce
document disait cela. C'est la première fois que je
vois un document qui dit cela clairement.
Cependant, je vous ai dit, lors de mon premier
témoignage, qu'il y a des avocats à la Chambre des
communes qui ont
prétendu et qui prétendent toujours, soit par sens de
professionnalisme, soit par zèle, soit par choix, que
cela existe. Dans la réponse que je vous ai donnée
la semaine dernière, je vous ai dit que pour ma part,
je n'y croyais pas. Il y a en ce moment
un avocat qui est le chef de cette
équipe et qui a les mêmes doutes, tout comme
la fonction publique, le ministère de la Justice, a les
mêmes doutes dans ses relations avec les ministères et
ses clients. Un avocat corporatif qui est mis
à la disposition d'un client autre que son employeur,
dans une municipalité, peut avoir les mêmes conflits.
C'est la seule réponse que je peux vous donner.
J'aurais souhaité trouver ce document avant vous, mais
je l'aurais expliqué de la même façon.
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
j'aimerais faire...
• 1145
[Traduction]
Le président: Je vous signale que nous en sommes à six minutes
et 20 secondes. Vous avez fait un assez long préambule avant de
poser votre question, et le temps s'est écoulé. Toutefois, je vais
vous laisser finir.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Puisque le
greffier faisait allusion à ce qui existe
dans la fonction publique, au ministère de la Justice
plus précisément, j'aimerais soumettre à son attention
le fait que j'ai entre les mains un
autre document, celui-là signé par M. Michel Desjardins, publié
en 1999, et qui s'intitule Solicitor-Client Privilege
in the Federal Public Sector. À la page 18 de ce
document, on cite un jugement qui a été rendu, dans
lequel il est très clairement indiqué:
[Traduction]
[...] les communications avec les agents bénéficiant de la plus
grande confidentialité ne sont pas protégées si ces agents ne sont
pas des avocats.
[Français]
M. Robert Marleau: Je n'ai pas pris connaissance de
ce document, mais j'en ai lu plusieurs dans cette
même veine. Comme je ne suis pas avocat, je me sens libre
d'émettre là-dessus une opinion qui n'engage aucun
des avocats autour de cette table.
Je crois que le principe
de l'avocat-client existe pour protéger le client dans le
cas où il y aurait dévoilement de cette relation dans un
processus judiciaire. À l'extérieur de cela, lorsque vous
avez une relation avec un autre professionnel, comme votre
dentiste ou votre médecin, la confidentialité
de votre relation avec le dentiste et le médecin est maintenue,
mais dans le cas d'un avocat devant une cour, afin de ne pas
porter préjudice à votre défense ou à votre plainte,
vous êtes protégé. C'est là la distinction que je
fais.
[Traduction]
Le président: Je vous remercie.
Monsieur Gallaway, suivi de M. Blaikie.
M. Roger Gallaway (Sarnia—Lambton, Lib.): Merci, monsieur le
président.
Monsieur Marleau, il semble que nous nous perdions dans les
arcanes de cette question de privilège entre l'avocat et son client
par opposition au privilège parlementaire. Je vais vous poser une
question très différente. Ce que vous nous dites ici—et je pense
que je suis d'accord—c'est que le privilège parlementaire a tout
autant d'importance et, irait-on jusqu'à dire, plus d'importance
que celui qui existe entre l'avocat et son client. Par conséquent,
toute préoccupation au sujet du privilège entre l'avocat et son
client est une fausse préoccupation étant donné que le privilège
parlementaire, tout bien considéré, a plus d'importance.
M. Robert Marleau: Je suis d'accord avec vous. Vous savez
pertinemment que la Chambre n'a jamais accepté de se soumettre à
une compétence ou à un pouvoir extérieur à elle...
M. Roger Gallaway: Bien sûr.
M. Robert Marleau: ... de quel droit l'ordre des avocats du
haut Canada vous dicterait donc, à vous qui êtes députés, la façon
dont vous devez organiser vos services juridiques ou ceux de votre
conseiller juridique ou de votre conseiller législatif?
M. Roger Gallaway: Très bien.
J'en viens alors à l'ordre de renvoi. On mentionne au
point (b): «la réaffectation des ressources actuelles aux
différents partis pour qu'ils assurent eux-mêmes leurs propres
services de conseillers législatifs». N'êtes-vous pas d'accord pour
dire qu'éventuellement cette proposition est en soi une atteinte au
privilège?
M. Robert Marleau: Bon, je ne pense pas qu'une proposition,
faite dans le cadre de votre débat, soit nécessairement une
atteinte au privilège.
M. Roger Gallaway: Non, mais si elle était adoptée.
M. Robert Marleau: Si elle était adoptée unilatéralement, sans
l'accord de la Chambre, on pourrait penser qu'elle retire aux
députés quelque chose qu'ils considèrent comme leur appartenant en
propre.
M. Roger Gallaway: Très bien.
M. Robert Marleau: Toutefois, il faudra que la Chambre en
décide.
M. Roger Gallaway: Je pourrais peut-être passer à la note de
service de M. Walsh, en date du 13 septembre 1995, à laquelle est
jointe une autre note, en date du 27 novembre 1996. Plus
particulièrement, en ce qui concerne celle du 13 septembre, qui
porte sur ce réaménagement, on a fait état de tensions, c'est le
moins que l'on peut dire, entre votre bureau et celui du conseiller
législatif.
Ce que je voudrais savoir, c'est ceci: jusqu'à quel point
cette décision s'explique-t-elle par les préoccupations exprimées
par le Bureau de régie interne au sujet des crédits et des budgets?
M. Robert Marleau: Je peux vous dire qu'il n'y a pas grand-
chose qui sort actuellement des délibérations du Bureau de régie
interne parce qu'aucune des propositions que nous avons présentées
pour résoudre ce genre de problème n'a bénéficié de l'accord de ses
membres. Il en ressort qu'en tant que gestionnaires nous nous
sommes efforcés de répondre aux besoins et aux exigences du service
dans une conjoncture difficile, alors que nos ressources étaient
assez limitées.
Les choses vont mieux maintenant, et nous progressons. Nous
avons du personnel qui s'efforce d'améliorer le service et de
rétablir la situation.
• 1150
Toutefois, il n'y a aucun conflit entre mon bureau et celui du
secrétaire légiste, absolument aucun conflit. Nous avons en fait
uni nos efforts pour faire en sorte que les greffiers chargés de la
procédure collaborent avec les conseillers législatifs afin
d'offrir un meilleur service.
M. Roger Gallaway: Ce réaménagement—vous avez évoqué la
situation récente, mais je vous parle de l'époque qui remonte au
13 septembre 1995—ce réaménagement effectué en 1995, comme en
témoigne la note de service du 13 septembre, était-il dicté d'une
manière ou d'une autre par des considérations
financières—autrement dit, par le fait que vous n'aviez pas
suffisamment d'argent pour engager des conseillers législatifs?
M. Robert Marleau: Je dois vous répondre que non.
M. Roger Gallaway: Très bien.
M. Robert Marleau: Puis-je vous en donner la raison?
M. Roger Gallaway: Oui.
M. Robert Marleau: Parce qu'il est important d'en savoir la
raison dans ce cadre. Il ne s'agissait pas simplement d'un manque
de ressources.
Souvenez-vous qu'au début de la législature en 1994, après
l'élection de 1993... Lors des deux précédentes administrations
conservatrices, des comités législatifs avaient été créés pour la
première fois, qui comportaient des groupes de présidents et bien
d'autres dispositifs. Pendant deux législatures, nous nous en
sommes accommodés.
On a créé alors ce que l'on a appelé le bureau des projets de
loi publics, regroupant au sein d'un même service des greffiers
législatifs ayant l'expérience de la législation. Ils collaboraient
avec le secrétaire légiste pour ce qui est des amendements et
d'autres dispositions, mais l'on peut dire que les projets de loi
étaient dirigés, d'un point de vue administratif et logistique,
vers les membres de ce bureau.
La nouvelle administration libérale a déclaré
catégoriquement... Même si elle n'a pas rayé les comités
législatifs du Règlement—l'un d'entre eux d'ailleurs, le premier
depuis 1994, ayant été utilisé récemment—que tout ce bureau,
attendant la création d'un comité législatif, faisait double
emploi. J'avais des greffiers auprès des comités permanents chargés
de se pencher sur la législation. Nous avons donc redistribué ces
ressources et un certain nombre de ces personnes se sont retrouvées
dans le bureau du conseiller législatif.
M. Roger Gallaway: J'ai une dernière question à poser,
monsieur le président.
Vous avez fait une comparaison avec la Grande-Bretagne ce qui,
jusqu'à un certain point, est légitime. Puis-je vous faire
remarquer cependant qu'il y a deux conseillers législatifs au Sénat
du Canada? Est-ce que cette comparaison ne serait pas plus juste?
M. Robert Marleau: Je pense que le poste de secrétaire légiste
au Sénat est un poste hybride. Les titulaires font à la fois le
travail juridique et législatif.
À la fin des années 80, vers 1988-1989 à peu près, nous nous
sommes aperçus que nous ne suffisions plus à la tâche. Les députés
avaient besoin de leurs projets de loi. Le travail juridique a
quadruplé et peut-être même multiplié par 100. À cette époque, il
y avait 15 députés qui faisaient l'objet d'enquête pour des
infractions criminelles. Nous avons constaté que nous ne pouvions
plus offrir à la fois des services juridiques et des services
législatifs de qualité. D'où les deux courants différents, par
opposition au Sénat.
M. Roger Gallaway: Je vous remercie.
Le président: Merci, monsieur Gallaway.
Monsieur Blaikie.
M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Merci, monsieur le
président. Je n'ai pas de véritable question à poser aux témoins,
mais j'aimerais faire un commentaire ou deux. Bien entendu, ils
seront libres de les commenter ou d'y répondre.
Je tiens à dire que pour tout ce qui est de ces allégations,
de ces insinuations ou autres, selon lesquelles la Chambre est
contrôlée par le gouvernement et implicitement—ou même
expressément, selon le témoignage que l'on retient—en quelque
sorte le greffier et les agents de la Chambre sont placés sous le
contrôle du gouvernement, il m'apparaît qu'il convient de rejeter
ce genre d'affirmation.
C'est une chose de dire, ce que je dis souvent moi-même, étant
donné les imbrications entre le pouvoir exécutif et le pouvoir
législatif dans le système parlementaire, que le Parlement est
contrôlé par le gouvernement.
Mme Carolyn Parrish: Ce qui est normal.
M. Bill Blaikie: Oui, c'est normal sur le plan de la
procédure, selon notre Règlement. Toutefois, est-ce que c'est
normal sur d'autres plans, c'est une autre question. Toutefois, il
ne s'agit pas de ça.
Je veux dire par là que le gouvernement, malheureusement,
réglemente l'adoption des lois, fixe le Règlement. Nombre de règles
de la Chambre ont été fixées unilatéralement ces dernières années
par les gouvernements majoritaires, et c'est dommage. Toutefois, je
vous répète que cela n'est pas la même chose que de dire que le
gouvernement contrôle en quelque sorte la Chambre elle-même, par
l'intermédiaire du président, du greffier ou des agents de la
Chambre. Voilà une prétention qu'il me faut rejeter carrément et
qui doit être clairement rejetée, à mon avis, par notre comité.
• 1155
Pour ce qui est de la confidentialité, à mon sens il ne s'agit
pas de savoir ce que pensaient ces personnes auparavant. Il ressort
clairement de la note de service du 13 septembre 1995 qu'on leur a
fait savoir clairement quelles étaient les nouvelles règles. S'ils
voulaient s'y opposer, ils ont eu tout le temps de le faire depuis
lors.
Il se peut qu'il y ait eu un manque de communication et que
l'on n'ait pas réussi à bien faire comprendre ce nouveau régime, si
vous voulez, de sorte que les députés n'étaient pas toujours au
courant, ou même que la politique a été mal transmise ou transmise
de manière erronée. Il n'en reste pas moins que cette note de
service doit être considérée comme la preuve évidente, et je pense
que c'est le cas, que cette politique est en vigueur depuis un
certain temps. Je vous avoue que je ne vois pas où est le problème.
Je ne vois aucun inconvénient à ce que les greffiers et les avocats
se communiquent l'information, etc., dans la mesure où la
confidentialité règne au sein de l'équipe, pour reprendre le terme
utilisé à plusieurs reprises.
Pour moi, ce n'est pas un problème. Toutefois, si cela pose un
problème aux avocats, et s'il y a un conflit entre la mentalité des
avocats et celle de la Chambre, il m'apparaît qu'il nous faut
aborder la question en comité et dire ce que nous en pensons. Il ne
s'agit pas ici d'accuser le greffier, les agents de la Chambre ou
la politique en soi. Il s'agit davantage de se pencher sur la
conception qu'ont les avocats de leur métier et éventuellement sur
le conflit qui existe depuis longtemps entre cette conception et le
travail particulier qui se fait en ces lieux. C'est une question
que nous pourrions éventuellement aborder, même si à mon avis ça
n'ira probablement pas sans difficulté. C'est quelque chose qu'il
nous faut régler.
À un moment donné, il nous faudra aborder la motion qui nous
est présentée. Nous pourrions à un moment donné demander la
rédaction d'un rapport traitant de toutes ces questions. J'espère
que l'on tiendra compte de mes commentaires lors de la rédaction de
ce rapport.
S'ils le désirent, M. Marleau ou M. Walsh peuvent bien entendu
apporter leurs commentaires à ce que je viens de dire pour finir
d'écouler le temps qui m'a été imparti.
Le président: Merci, monsieur Blaikie.
Monsieur Marleau ou Monsieur Walsh veulent répondre?
M. Robert Marleau: Simplement pour rappeler, monsieur le
président, que nous avons bien dit au début de notre témoignage, la
semaine dernière, qu'il n'y avait aucune réticence de notre part ou
de celle des greffiers à envisager d'autres options qui seraient
susceptibles de rassurer les députés concernant la communication de
l'information. J'ai parlé d'un cloisonnement des base de données...
M. Bill Blaikie: Ce ne sont pas tant les députés qui ont
besoin d'être rassurés à l'heure actuelle. Il semble que ce soient
les avocats qui aient besoin d'être rassurés sur le plan de leur
conscience professionnelle.
M. Robert Marleau: Nous connaissons le cas d'au moins deux
avocats. Je ne sais pas en ce qui concerne les autres.
J'ai le sentiment qu'il nous faut rassurer les députés. On a
assisté ici à une certaine déstabilisation. Je m'occuperai de la
stabilité du personnel, mais il nous faut tout d'abord stabiliser
les députés.
M. Bill Blaikie: Non, je ne me sens pas déstabilisé.
Mme Madeleine Dalphond-Guiral: Il est impossible de vous
déstabiliser.
Le président: J'allais donner la parole à M. MacKay, mais j'ai
quelques minutes à accorder à M. Walsh s'il tient à faire une
intervention avant que nous poursuivions nos questions.
Est-ce que vous voulez intervenir maintenant, monsieur Walsh?
M. Rob Walsh: Oui, monsieur le président, juste pour répondre
brièvement à M. Blaikie.
Je rejette cette notion des deux cultures. J'ai pratiqué le
droit pendant 27 ans dans trois provinces différentes. Il n'y a
aucune raison pour qu'un avocat ne puisse pas exercer dans de très
bonnes conditions son métier dans un tel cadre. Je rejette
carrément l'idée selon laquelle il y aurait une opposition très
forte de mentalités ici.
Je prie tout d'abord les députés de m'excuser de mon faux
départ de tout à l'heure, j'espère que cette fois-ci je me
débrouillerai mieux.
Je tiens tout d'abord à ce que l'on sache que je peux garantir
au comité, en me faisant l'écho de ce que vous a dit tout à l'heure
le greffier au début de son intervention, que je fais partie du
personnel de la Chambre—je crois que nous sommes environ
1 400—profondément dévoué à sa tâche et au service de notre
institution sans prendre toutefois part aux activités de cette
dernière. Nous ne nous intéressons pas à vos débats et nous ne
voulons pas savoir ce qu'il en ressort.
M. Bill Blaikie: Ni vous, ni le public.
Des voix: Oh, oh!
M. Rob Walsh: Qu'il soit pris acte dans notre procès-verbal
qu'il s'agissait là de l'intervention d'un membre du comité.
• 1200
Je regrette une fois encore d'avoir aujourd'hui à répondre
devant votre comité aux allégations et aux affirmations erronées
émanant de deux des membres de mon personnel. J'ai été en effet
outré par la déclaration qui vous a été faite au début de la séance
du 30 mars.
Je tiens à affirmer catégoriquement, au sujet des prétendues
sanctions, qu'à ma connaissance ces deux avocats n'ont subi aucune
sanction se rapportant à la réunion de novembre 1996, que ce soit
de ma part ou de celle de toute personne placée sous ma
responsabilité. Quant à l'accusation de harcèlement qui se serait
produit par la suite, je nie catégoriquement et sans équivoque qu'à
la suite de la réunion de novembre 1996, ces deux avocats aient pu
faire l'objet de harcèlement ou d'un traitement tel qu'il puisse
être qualifié de harcèlement ou comporter toute autre connotation
négative ou péjorative.
En outre, j'insiste sur le fait que je ne sais pas ce que les
avocats ont déclaré au comité. Je n'étais évidemment pas présent.
La séance s'est déroulée à huis clos. Les deux avocats ont été
convoqués et invités à comparaître devant ce sous-comité. Cela m'a
surpris. Je n'ai pas été invité à comparaître devant ce sous-
comité. Je l'accepte parfaitement. Je n'ai pas cherché à savoir
pour quelle raison je n'avais pas été invité. Je n'ai pas cherché
à m'exprimer devant ce sous-comité. Je conçois que le sous-comité
a fait son travail comme il l'entendait et je me suis tenu à
l'écart.
Je n'ai bien entendu pas discuté avec ces deux avocats de
leurs témoignages devant ce comité et je n'ai pas lu non plus la
transcription de ces témoignages. Je n'avais aucune raison de les
sanctionner en raison des déclarations qu'ils avaient pu faire
devant ce comité et je ne suis certainement pas responsable du
harcèlement dont ils se disent victimes depuis ce temps-là.
Je tiens à rajouter rapidement une dernière chose, c'est que
votre comité a été induit en erreur par l'éventualité d'un
changement soudain qui serait survenu en octobre 1996. Il y a la
note de service de septembre 1995 que l'on a déjà mentionnée.
D'ailleurs, les changements ont été apportés encore plus tôt. J'ai
des documents qui prouvent que c'est le 2 février 1995 que ces
changements ont été instaurés, date à laquelle les greffiers sont
entrés dans ce même bureau pour y travailler en tant que juristes.
Dès le départ, ces deux avocats se sont carrément opposés à ce
qu'on les fasse travailler aux côtés des greffiers et toutes les
difficultés sont parties de là.
Enfin, je préciserais rapidement que cette notion de double
système est un mythe. C'est un faux problème présenté par les deux
avocats. En politique, on pourrait dire que l'on cherche par là à
faire peur aux gens. On joue sur les préoccupations légitimes des
députés concernant la confidentialité des renseignements qu'ils
fournissent au personnel, préoccupation que je comprends
parfaitement et qui bien est bien normale. Tous les membres de la
Chambre le comprennent parfaitement.
Il est normal que vous vous préoccupiez de la chose et que
vous vous réunissiez, comme vous le faites aujourd'hui, pour vous
penchez sur la question compte tenu de ce qui a été dit et débattu
à la Chambre. Je ne prends pas parti non plus dans ce début, sauf
pour vous dire que vous avez l'appui du personnel
professionnel—greffiers des comités, greffiers préposés de manière
générale à la procédure et avocats—qui respecte la confidentialité
de vos travaux.
Ce que les témoignages de ces deux avocats laissent
malheureusement entendre, c'est que l'on ne peut pas faire
confiance aux greffiers des comités. Ils ne l'ont pas dit parce
qu'ils savent que l'on n'a pas dérogé à la confidentialité. En
dépit du contenu général de leurs témoignages, ils n'ont pas
allégué que des greffiers des comités n'avaient pas respecté la
confidentialité. Je tiens à dire personnellement en ma qualité
d'avocat que l'on peut avoir pleinement confiance ici dans le
travail des greffiers chargés de la procédure, qui sont de vrais
professionnels, et que je suis fier de travailler à leurs côtés. Il
n'est pas besoin d'être avocat pour être digne de confiance en ces
lieux.
J'en ai terminé. Je vous remercie.
Le président: Merci beaucoup, monsieur Walsh.
Cela fait déjà une heure que nous passons là-dessus et je
pense que certains députés aimeraient que nous passions à la motion
pour pouvoir conclure.
Je tiens à préciser que mesdames Dalphond-Guiral et Catterall
ont l'intention de prendre la parole lors de la première série de
questions, de même que MM. Kilger et Knutson. Si nous entendons les
interventions comme prévu, nous devrons sans doute y consacrer une
demi-heure de plus, ce qui ne nous laissera pas beaucoup de temps
pour traiter du problème. Je m'en remets aux membres du comité et
si l'un de vous veut proposer autre chose, je l'invite à le faire
à l'occasion d'un rappel au Règlement. Sinon, je vais céder la
parole à M. MacKay pour cinq minutes.
M. Peter MacKay (Pictou—Antigonish—Guysborough, PC): Merci,
monsieur le président. Je serai bref.
Je remercie les témoins de s'être rendus à notre invitation.
Ils nous ont pas mal éclairés sur cette question. Monsieur Walsh et
monsieur Marleau, ne croyez surtout pas que vous êtes les victimes
d'une attaque orchestrée par les députés. Nous avons été saisis
d'une information et nous n'avons pas d'autre choix que de nous en
occuper. Je puis vous affirmer qu'en ce qui me concerne, nous avons
la plus grande confiance dans le travail des greffiers et des
avocats, et que nous apprécions beaucoup ce qu'ils font.
• 1205
Moi aussi je viens du milieu du droit, puisque j'ai pratiqué
le droit criminel. D'ailleurs, j'ai très vite appris qu'il existe
huit versions de toute histoire. Lors de la divulgation de la
preuve par la Couronne ou la police, il m'arrivait souvent, après
avoir moi-même vu le client, de me demander si j'avais bien eu à
faire à la même personne que celle dont on me parlait.
Je ne pense pas que nous ayons à traiter des apparents
conflits de personnalité qui ont été mis au jour. Je dis
«apparents», faute de qualificatif plus approprié. Quand tout
fonctionne bien, nous vivons dans un milieu très compétitif et tout
le monde a sa propre histoire à défendre.
J'aimerais revenir sur ce qu'il me semble avoir déclenché
toute cette affaire, c'est-à-dire la raison du changement. M. Walsh
nous a dit que cela remonte à février 1995. Cependant, nous avons
vu la note de service et avons constaté certaines contradictions
dans les dates. Quoi qu'il en soit, j'aimerais savoir pourquoi on
décidé de regrouper les avocats et les greffiers.
M. Robert Marleau: Un peu pour les mêmes raisons que celles
que j'ai fournies en réponse à la question de M. Gallaway.
D'octobre au 31 décembre 1884, la Chambre a administré un programme
d'incitation à la retraite anticipée. Dans cette période de deux
mois, nous avons perdu un quart de notre personnel.
C'est donc avec des ressources amputées que nous avons dû
faire face à la reprise des travaux de la Chambre, le 2 février
suivant. Comme le gouvernement l'avait déclaré au Bureau de régie
interne et en Chambre, et que les présidents avaient été informés
qu'il n'y aurait pas de comité législatif tout de suite... En fait,
le gouvernement a dit qu'on n'aurait désormais plus besoin de
comités spéciaux et, jusqu'ici, rien n'a plus été prévu au budget
pour de tels comités. Le budget a été coupé à ce moment-là et rien
n'a changé depuis.
À l'époque, nous avions un Bureau des projets de loi d'intérêt
public composé de sept, huit ou neuf greffiers à la procédure—je
ne me rappelle plus combien ils étaient au juste—d'un greffier
principal adjoint et d'un greffier principal. Pendant huit ans, ce
bureau s'est occupé de la gestion du processus législatif. Il
n'existe plus et le travail concernant les comités permanents a été
confié à la Division des comités.
Le fait de ne pas laisser ces ressources en suspens fut
d'ailleurs une saine décision de gestion, puisqu'on avait perdu du
personnel et des conseillers législatifs, et que tout ce beau monde
contribuait aux mêmes processus. Il nous suffisait de les déplacer.
Nous ne poursuivions pas alors de plan machiavélique pour réduire
ces effectifs-là ou pour instaurer une autre culture. C'était une
simple décision de gestion, logique et raisonnable, prise à une
époque de compression des effectifs.
M. Peter MacKay: Il était donc simplement question d'être plus
efficace et...
M. Robert Marleau: D'être plus efficace et de continuer à
fonctionner.
M. Peter MacKay: ... de composer avec un effectif qui était
soudainement trop limité.
Comme je connais le contexte, je comprends mieux maintenant.
Mais vous pouvez tout de même comprendre, je suppose, que... Je ne
dirais pas qu'on a à faire à une catégorie complètement à part,
mais les avocats—compte tenu de leur formation juridique, surtout
pour ceux qui viennent du secteur privé—peuvent avoir un point de
vue différent sur le privilège de communication client-avocat.
Nous avons d'ailleurs discuté de ce qu'il fallait entendre par
secret professionnel, et tous les avocats n'étaient pas du même
avis. Certains, dans le privé par exemple, ne communiquent pas avec
leurs collègues du même cabinet pour échanger avec eux des
informations ou des conseils concernant certains clients. Donc tout
le monde n'est pas du même avis à ce sujet. Mais il faut bien
comprendre qu'après avoir travaillé dans un tel régime les avocats
puissent ne pas accepter de faire autrement, même si on le leur dit
et si on le précise dans les règles de fonctionnement au travail.
Cela dit, j'aimerais savoir pourquoi ce changement n'a pas été
communiqué aux députés ou du moins aux leaders en Chambre? J'ai,
pour ma part, l'impression que certains députés—à tort ou à
raison—avaient l'impression, jusqu'à cette semaine, qu'il existait
ce fameux secret professionnel de l'avocat, quelle qu'en soit
l'interprétation qu'ils en donnaient.
M. Robert Marleau: Le Bureau de régie interne et ses sous-
comités ont examiné la situation tout au long du processus. Le
Comité sur la réduction des effectifs s'est penché sur chaque
mesure prise au sein de l'organisation. Les whips ont informé leurs
groupes parlementaires respectifs sur les principaux changements
survenus en matière de services, de bulletins parlementaires et
ainsi de suite.
• 1210
Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que de passer de
14 cartes de visite à quatre ni toutes les consultations que cela
suppose.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que cela ne nous semblait
pas nécessaire à l'époque. Six ans plus tard, avec le recul, on
peut certainement se dire qu'on aurait dû parler davantage de cette
question et mieux faire savoir que le secret professionnel de
l'avocat demeurait. Mais si je prends un greffier à la Direction
des journaux pour le muter à la Direction des recherches ou à la
Direction des comités—et le mettre au service de votre comité—,
pensez-vous que je devrais rappeler à chaque fois aux députés que
la notion de confidentialité continue de s'appliquer d'un poste à
l'autre? Nous avions simplement supposé que c'était entendu.
Le président: Monsieur Walsh.
M. Rob Walsh: Permettez-moi de répondre à cette question. Les
avocats peuvent ne pas tous avoir le même point de vue, pas tant en
ce qui concerne le secret professionnel en soi, mais en ce qui a
trait à son application.
Je me permets d'attirer l'attention des députés sur le fait
que les avocats dont on parle, comme M. MacKay l'a suggéré, sont
peut-être préoccupés parce qu'il est advenu du secret professionnel
en vertu duquel ils disent avoir été engagés, et en vertu duquel
d'aucuns pourraient soutenir qu'ils ont été formés. Cependant, je
ne crois pas que ces avocats-là aient une grande expérience du
secteur privé.
Quoi qu'il en soit, à la suite des entretiens que j'ai eus
avec eux à partir de la fin 1994 et du début 1995, et des
préoccupations dont ils ont fait part lors de leurs témoignages
mardi de cette semaine et jeudi de la semaine dernière, M. Côté a
insisté sur le fait qu'il a dû expliquer aux députés qu'il n'existe
pas de secret professionnel dans ce cas, mais qu'il s'agit plutôt
de protéger la confidentialité.
Monsieur le président, je n'ai jamais reçu une seule plainte
ni une seule remarque des députés à propos de l'absence de
confidentialité ou de l'absence apparente de secret professionnel.
Personnellement, je pensais que la confidentialité était préservée
et que celle-ci convenait au genre de travail que nous faisons ici.
Autrement dit, comme l'indique la note de septembre 1995, la
confidentialité au sein de l'équipe doit être respectée.
Deuxièmement, aucun député ne doit subir d'inconvénient parce qu'il
a recours à notre bureau. Je pensais que c'était suffisant. Très
honnêtement, et, avec le recul, on pourra toujours conclure que je
me suis trompé, mais je ne pensais pas qu'il était nécessaire de
s'appuyer sur un plan de communication à ce sujet.
Mais même si, a posteriori, certains députés peuvent avoir
l'impression que nous aurions dû être plus clairs à cet égard, je
me dois de vous indiquer que nous n'avons jamais été saisis d'une
seule demande de renseignements et que nous n'avons jamais reçu de
commentaires ni de plaintes d'un député sur cette question depuis
que ces avocats m'en ont parlé, au début de 1995.
Par ailleurs, monsieur le président, sachez que j'ai invité
les deux avocats en question à faire part de leurs préoccupations
éventuelles au barreau. Si cette question est tellement importante
pour eux, je suis tout à fait disposé à en parler avec leur
barreau. À ma connaissance, ils ne l'ont pas fait, ils n'ont pas
écrit à leur barreau.
Je demeure disposé, comme je l'ai toujours été, à discuter de
cette question. On ne m'a simplement pas donné l'occasion,
jusqu'ici, d'aller jusqu'au fond de cette affaire, comme ces deux
avocats semble le suggérer.
Le président: Très bien. Merci, monsieur Walsh.
Nous allons entendre madame Dalphond-Guiral, puis madame
Catterall. Je vais être très strict sur le respect des cinq
minutes. Madame Dalphond-Guiral.
[Français]
Mme Madeleine Dalphond-Guiral:
M. MacKay a posé la question à
laquelle j'aurais eu envie que vous répondiez, à
savoir pourquoi vous n'avez pas informé très clairement
les députés. Vous savez très bien, comme on le sait
tous, que dans la vie en général comme dans la vie
politique, la perception est très importante. La
perception de tous les parlementaires, c'était
qu'il y avait effectivement une relation étroite de
confidentialité.
Maintenant, grâce à un incident, on est obligés
d'admettre que ce lien très étroit est une vue de
l'esprit et n'existe pas.
Monsieur Walsh, avant de prendre la décision
d'assouplir la relation de
confidentialité, sans la rompre, est-ce que vous avez consulté le
Barreau? J'ai très bien compris les propos de M. Marleau
lorsqu'il nous a expliqué
que la Chambre se suffisait à elle-même. C'est à
peu près comme moi: je me suffis à moi-même.
Est-ce que vous avez consulté le Barreau pour avoir
son avis là-dessus? Si vous le l'avez pas
fait, pourquoi?
M. Rob Walsh: Monsieur le président, je n'avais pas
décelé de problèmes au plan de la confidentialité qui
puissent toucher les responsabilités des avocats.
C'est pourquoi je n'ai pas consulté le Barreau ou fait des
enquêtes auprès de ses sociétés. J'avais indiqué aux avocats
à l'époque que s'ils éprouvaient des inquiétudes,
ils pouvaient eux-mêmes écrire aux sociétés du
Barreau. Pour ma part, je n'entrevoyais pas de
problèmes.
• 1215
Mme Madeleine Dalphond-Guiral: À la suite des
modifications qui apparaissent quant au lien de
confidentialité au niveau de la relation juridique,
est-ce que vous avez l'intention d'informer
personnellement chacun des députés des modifications
qui ont été énoncées en février par votre bureau?
M. Robert Marleau: La Régie se penche actuellement
sur cette question. Sans dévoiler
ses discussions confidentielles, je vous dirai que ce sujet a été
déposé sur la table. Dans le
contexte de ce qu'on vient
malheureusement de vivre, je vous proposerai une solution qui nous
permettrait de nous assurer que les députés soient
constamment rassurés et constamment informés. Je vous
proposerai une mesure qui fera en sorte que
le député ne pourra jamais
réfuter qu'il a été informé de la relation et du
degré de confidentialité qu'on lui accorderait.
La meilleure communication est la communication
constante et directe, un à un.
J'ai récemment dû faire affaire avec une grande firme
d'avocats d'Ottawa
au sujet d'une question personnelle à la
suite d'une dispute au sujet d'une propriété.
Lorsque j'ai rencontré l'avocat, la première chose
qu'il m'a dite, c'est qu'il pensait pouvoir m'aider, et
il m'a alors présenté une petite note qui énonçait les
termes du contrat entre lui et moi, comme client. Le
contrat que j'ai signé stipulait clairement que je m'engageais à
retenir les services de M. X, avocat, pour les fins de... et
que je reconnaissais que nous ferions affaire
sur une base confidentielle client-solliciteur.
Afin de sécuriser les députés, nous pourrions leur
demander qu'à chaque fois qu'ils se présentent au
service des conseillers législatifs, ils contresignent
tout simplement la requête.
En anglais, on parle d'un retainer. Il s'agit
d'une pratique courante dans
le monde des avocats. On pourrait donner au député la
possibilité d'indiquer qu'il souhaite que
cette relation soit strictement
confidentielle entre lui et le conseiller législatif,
ou qu'il souhaite que cette relation soit confidentielle,
mais qu'il permet au conseiller législatif de faire
des consultations confidentielles auprès du légiste et
des greffiers à la procédure si cela s'avère nécessaire.
Le député qui souhaiterait la plus stricte confidentialité,
qui souhaiterait vraiment garder le
parapluie comme ceci, aurait la possibilité de préciser
son choix. Le député qui
voudrait obtenir un service plus efficace et
peut-être plus rapide,
et qui voudrait qu'on lui garantisse
qu'il y aura une consultation afin de déterminer si
son amendement est recevable ou pas, pourrait
étendre lui-même son parapluie.
Du côté juridique, on aurait cette même
formule du retainer.
Lorsqu'un député demanderait conseil aux services
juridiques au sujet de questions liées aux
relations de travail ou à
une poursuite judiciaire qui touche ses fonctions
parlementaires, nous dirions expressément au député que
sa requête sera traitée, s'il y appose sa signature
pour signifier son consentement, sur une
base de client-solliciteur, ce qui permettra aux légistes et
conseillers parlementaires de consulter leurs
collègues dans les secteurs privé et public.
Cette relation solliciteur-client serait maintenue à
l'intérieur des paramètres que voudra établir le Bureau
de régie interne. Je crois qu'il faut également protéger
le Bureau de régie interne, qui adopte les règlements
administratifs, définit vos fonctions, vous délègue
certaines responsabilités financières et gère votre
statut d'employeur dans une certaine mesure.
Si vous adoptiez d'emblée cette méthode et qu'un
député venait demain chercher conseil au sujet d'un
amendement, nous lui demanderions,
après la consultation et l'instruction, d'y apposer sa
signature. Vous
devez d'ailleurs déjà signer les motions lorsque
vous les déposez aux
Journaux. Cela nous permettrait peut-être d'éviter une
certaine confusion qui s'est manifestée même avant cet
incident au cours des six dernières années.
Vous savez très bien, madame, que ce n'est pas
toujours vous qui vous présentez chez le légiste
et conseiller parlementaire ou à la Direction des
journaux.
Cette méthode nous permettrait au moins de nous assurer
que le député aura vu le document et que nous
n'accepterons pas des instructions orales de la part
d'un de vos employés, malgré
tout le respect que j'ai pour eux.
Le téléphone chinois fonctionne ici, tout comme il fonctionne
ailleurs. Aux Journaux, les exigences sont les mêmes:
on n'accepte pas la signature d'un de vos employés;
on exige la signature du député.
• 1220
[Traduction]
Je pense donc que ce genre de «retainer», de provision,
permettrait d'alléger une grande partie des préoccupations des uns
et des autres et, si le député veut que la confidentialité de ses
entretiens soit respectée par la personne qui lui donne des
conseils, il aura alors le choix de se prévaloir de cette formule.
Mais il y aurait un coût à cela: l'inefficacité. Il y aurait
un coût sur le plan des délais d'exécution, outre qu'une fois à la
Direction des journaux, les greffiers pourraient toujours juger que
ce n'est pas approprié. Cette formule se ramènerait à un choix
personnel de la part du député qui aurait ses propres raisons pour
agir dans tel ou tel sens. Une grande partie des modifications que
nous proposons n'arrive jamais à terme. On s'en sert pour négocier
en privé au sein et en dehors des groupes parlementaires. On
confectionne une saucisse, ce que vous en faite
[Français]
est une décision qui vous appartient, madame. Nous
pourrions avoir recours à cette façon de
communiquer à chaque fois qu'un conseiller législatif
ou un conseiller juridique ferait affaire avec un
député sur une base de confidentialité.
[Traduction]
Le président: Merci.
Justement, pour ce qui est d'essayer de garder la saucisse
dans son boyau, il se trouve que nous avons un problème de temps!
J'ai les noms de Mme Catterall, de M. Kilger, de M. Knutson, puis
de M. Harvey. Je vous rappelle que vous devrez être brefs. Madame
Catterall.
Mme Marlene Catterall: J'estime qu'il est nécessaire de dire
un chose à M. Walsh, en particulier, mais aussi à M. Marleau et à
bien d'autres qui ne sont pas ici à cette table et qui n'ont pas
comparu devant nous: nous sommes tout à fait conscients que les
quelques derniers jours de réunion ont été très difficiles pour
vous et que cette matinée a été également difficile parce que vous
avez dû réagir à certains des témoignages que nous avons entendus.
Nous apprécions ce que vous avez fait, sachez-le.
Madame Dalphond-Guiral a parlé d'une relation de
confidentialité qui n'existe plus. J'estime qu'il est important de
comprendre la différence entre confidentialité et privilège de
communication client-avocat. D'après tout ce que j'ai entendu, il
semble que la confidentialité existe bel et bien. L'institution
traite avec la plus grande confidentialité le travail des députés
et ce travail n'aboutit jamais dans les mains de personnes qui
pourraient en profiter sur le plan politique. Jamais rien ne se
retrouve dans les mains du gouvernement ni dans les mains des
députés d'un autre parti. On ne nous a rien dit qui puisse infirmer
cela.
En revanche, c'est le secret professionnel de l'avocat qui
n'existe pas, secret qui, je pense, n'est probablement pas
nécessaire parce que, quand je consulte pour faire rédiger un
amendement ou même un projet de loi d'initiative parlementaire, je
ne suis pas en quête d'un avis juridique, mais d'une compétence en
rédaction juridique.
En outre, dès que les députés veulent obtenir de véritables
conseils juridiques d'un avocat, la relation avocat-client
s'instaure, sauf si le conseil à fournir place l'avocat en conflit
par rapport à ses obligations envers l'institution. Est-ce que je
comprends bien?
M. Rob Walsh: Oui, vous avez essentiellement raison, madame
Catterall, mais j'admets être à l'origine de certains des dégâts
occasionnés sur ce plan. Quand j'ai parlé des privilèges de
communication entre client et avocat lors de cette fameuse réunion
du 18 février 2000, et à plusieurs reprises avant cela, je
voulais—d'avocat à avocat—dire que ce principe ne s'applique pas
ici, selon moi. Je dirais qu'on applique la confidentialité comme
s'il s'agissait d'un privilège de communication entre client et
avocat ce qui, sur le plan juridique, n'est pas exact. J'ai même
entendu dire que ces relations sont strictement du ressort du
secret professionnel. Mais cela, c'est un point juridique. C'est
tout ce que je veux dire: il s'agit d'une interprétation juridique.
Dans la pratique, on peut toujours veiller à ce que les relations
entre client et avocat soient protégées comme s'il s'agissait du
secret professionnel, parce qu'il est vrai que les avocats
respectent effectivement la confidentialité de leurs entretiens.
Mme Marlene Catterall: M. MacKay a soulevé l'autre problème
que je voulais aborder, c'est-à-dire ce qu'il faut entendre par
relations d'avocat à client ou secret professionnel, et même de
savoir si cela existe. Quant à moi, cette relation ne revient pas
à dire que mon avocat doit se fermer à tous les conseils
susceptibles de contribuer à ma cause. Il est évident que la
personne qui travaille à la photocopie sait ce que mon avocat fait
pour moi. En outre, il faut s'attendre à ce que l'adjoint
judiciaire soit appelé à effectuer des recherches sur ma cause. Un
autre membre de la firme pourra être consulté. La secrétaire de mon
avocat ou toute personne chargée de produire les documents pour lui
saura sur quoi mon avocat travaille.
Ainsi, la confidentialité avocat-client ne veut pas dire,
advenant qu'elle existe, que seul le client et l'avocat savent de
quoi on parle. En fait, j'ai même l'impression que nos propres
conseillers juridiques qui s'opposent au genre d'arrangement
actuel, ont recours aux chargés de recherche de la Bibliothèque du
Parlement, par exemple, pour préparer un projet de loi d'initiative
parlementaire ou un amendement et qu'ils pourraient, de leur propre
chef, aller consulter un greffier s'ils pensaient que celui-ci a
une quelconque compétence dans le dossier en question. À votre
connaissance, est-ce que cela s'est produit dans le passé?
• 1225
M. Rob Walsh: Vous voulez parler du cas où le conseiller
législatif consulte d'autres personnes? Mais tout à fait. Le député
aurait pu demander à un chargé de recherche de la Bibliothèque du
Parlement d'effectuer un travail en vue de proposer un projet de
loi d'initiative parlementaire ou un amendement. Quand il s'adresse
au rédacteur, il lui donne le nom du chargé de recherche parce que,
si quelque chose n'est pas clair, le rédacteur pourra s'entretenir
avec le recherchiste afin d'obtenir une précision. Ainsi, le député
gagne du temps et le travail est fait de façon très
professionnelle. On ne m'a jamais dit que cette façon de procéder
soit un problème.
Mme Marlene Catterall: Est-ce que l'avocat doit faire ses
propres photocopies, doit dactylographier ses textes ou directement
taper à l'ordinateur?
M. Rob Walsh: Absolument pas.
Mme Marlene Catterall: Voilà exactement ce que je veux dire.
La confidentialité n'est jamais parfaite quand on travaille avec un
avocat.
Le président: Merci.
Monsieur Kilger puis monsieur Knutson. Comme M. Harvey
commence à perdre patience, nous entendrons d'abord M. Kilger, puis
M. Harvey. Non, en fait nous allons tout de suite passer à
M. Kilger pour voir ce qu'il a à nous dire. Qu'en pensez-vous?
M. Bob Kilger (Stormont—Dundas—Charlottenburgh, Lib.): Tout
le monde met la pression, alors pourquoi pas vous.
Monsieur le président, je vais faire écho à mes collègues des
deux côtés de la table pour remercier MM. Marleau et Walsh d'avoir
comparu devant nous et de l'avoir fait dans des conditions qui sont
loin d'être idéales. Encore une fois, je pense qu'ils ont démontré
leur professionnalisme. Même si ce n'était pas le thème de leurs
témoignages, j'ai deviné chez eux une profonde affection pour
l'institution. Il est bien sûr très regrettable qu'un lourd nuage
de suspicion plane au-dessus de la tête de beaucoup, notamment des
deux témoins qui comparaissent devant nous, mais aussi sur la tête
de notre greffier et de bien d'autres.
Quoi qu'il en soit, tous les témoins précédents, de même que
MM. Marleau et Walsh, nous ont affirmé que la confidentialité
existe. Je n'ai pas davantage été déstabilisé par cette affaire que
M. Blaikie. Au contraire, j'ai repris confiance dans les gens qui
servent aussi bien cette institution. Les parlementaires que nous
sommes déploient également tous nos efforts pour faire en sorte que
cet établissement fonctionne du mieux possible, dans le meilleur
intérêt des Canadiennes et des Canadiens.
Je vais laisser le temps qui me reste à M. Marleau et à
M. Walsh. J'aimerais qu'ils nous fassent part d'autres suggestions.
Je me demande, par exemple, s'il serait utile d'imprimer les
amendements, parce qu'un grand nombre de ces modifications et une
grande partie du travail effectué pour les députés—par les
rédacteurs, les conseillers législatifs—n'aboutissent jamais et
semble disparaître dans un grand trou noir. De plus, je pense qu'il
serait utile de les imprimer avant qu'on décide s'ils sont
admissibles ou pas. Selon moi, tout amendement peut servir à
éduquer les députés, qui comprendraient ainsi pourquoi on les
accepte ou on les refuse, et ainsi de suite. En outre, et je le dis
de façon égoïste, ces amendements peuvent devenir des instruments
politiques, sous la forme de documents officiels de la Chambre
prouvant qu'on a livré un combat. Je n'aurai pas gagné cette ronde,
mais au moins, on reconnaîtra que je me suis battu, chez moi et
partout où la cause est jugée utile.
D'un autre côté, j'aimerais savoir si cela serait nécessaire.
[Français]
Lorsqu'on n'avait pas d'ordinateurs, on pouvait quand
même fonctionner. Aujourd'hui, on a des ordinateurs, et
j'ai cru comprendre que cette banque
de données existait bel et bien sous ce parapluie.
Je me demande si on pourrait séparer ou scinder
les données.
• 1230
J'aimerais entendre le point de vue de nos deux
témoins sur ces deux autres
possibilités. Merci, monsieur
le président.
M. Robert Marleau: Votre première question portait
sur l'impression des amendements irrecevables.
Je crois qu'avant 1989,
tous les amendements qui étaient
soumis aux Journaux étaient imprimés au
Feuilleton, qu'ils soient recevables ou non.
Lorsque le
Président rendait sa décision en Chambre, il déclarait
d'abord un premier
groupe d'amendements irrecevables, puis il passait aux
amendements sélectionnés regroupés et aux votes. J'ai
lu les comptes rendus de la dernière séance de votre
comité et constaté que vous aviez soulevé cette possibilité.
Nous, les greffiers, avons été placés dans une position
difficile ou inconfortable, dois-je dire. On nous
confie le rôle de
messager auprès du député et nous devons l'informer
que le fruit de ses labeurs ne
pourra pas être déposé devant la Chambre, ni même
imprimé. On sait très bien que, dans
un contexte de débat parlementaire, l'opposition
veut proposer des solutions de rechange.
Elle veut parfois tout simplement proposer une
amélioration à la proposition existante et son
intervention n'est pas toujours à caractère
conflictuel, mais les députés de la majorité ou
d'autres députés
n'acceptent pas toujours cette amélioration proposée ou
cette solution de rechange. Il me semble
tout à fait conforme à la dynamique humaine qu'on ne
veuille pas rejeter derrière les rideaux
ou camoufler un amendement
qui traduit la position fondamentale d'un parti dans
le débat et éliminer toute possibilité de
l'articuler d'une façon officielle.
Dire que cet amendement de M. Harvey
aurait été présenté à la Chambre, mais que les greffiers
l'ont rejeté, c'est autre chose
que de brandir le
Feuilleton de la Chambre des communes où l'amendement
dont le député a donné avis figure et dire que
le Président, n'ayant rien
compris, l'a rejeté. Il y a au moins une expression
concrète du geste et de l'effort.
Le motif du changement qu'on avait effectué au
Règlement, si je puis en imputer un à la Chambre,
c'est que lorsque le Président rejetait un amendement,
puisqu'il n'y avait pas eu de consultation préalable,
les députés avaient à l'époque
tendance à se lever, à faire appel au Règlement, à
entamer une discussion avec la
présidence et à porter à son attention qu'elle avait
oublié une certaine dimension, et ce
malgré le fait que le Règlement stipulait qu'on ne
devait pas faire appel de cette décision de la
présidence.
Je proposerais une formule hybride à la lumière
de ce que vous soulevez. Je vous recommanderais
que nous continuions à imprimer les amendements, mais
qu'avant qu'un amendement soit rejeté formellement en
Chambre dans
le premier paragraphe
de la décision du Président, qui est le fruit de sa consultation avec les
greffiers, nous fassions notre travail et nous
vous expliquions qu'un amendement a
été rejeté pour telles raisons.
On éviterait ainsi des surprises le lendemain matin.
Un député aurait encore le droit de contester ce rejet sur le
parquet, puisque le Président n'aurait pas encore rendu
sa décision. Cette formule serait plus flexible et
pourrait, à mon avis, donner un sentiment de
satisfaction aux députés, y compris les députés
d'arrière-ban du
gouvernement, qui n'appuient pas toujours les
projets de loi à l'étude et les principes qu'on y
défend. Les députés qui ont présenté des amendements
pourraient au moins faire connaître à leurs
commettants et aux gens qu'ils ont essayé de
représenter dans le débat l'effort qu'ils ont fait
concrètement et qui a été sanctionné dans un document officiel de
la Chambre.
Votre deuxième question portait sur les banques de données,
ou plus précisément sur ce que j'appelle la
ségrégation des banques de données.
Si c'est ce que vous désirez, nous pouvons faire en
sorte qu'elles soient étanches. Cela ne représente pas
un problème. Je dois toutefois souligner le fait que
la banque de données actuelle n'est pas
administrée par les légistes.
C'est la banque de
données Journals plus qu'administrent les
Journaux de la Chambre et d'où ils extraient
les amendements une fois qu'ils
ont été déposés et signés par un député en vue de les
inscrire au Feuilleton.
Les légistes ont accès à cette banque de
données afin qu'ils puissent y verser les amendements.
Ce qu'on propose serait très
simple et peu coûteux. Nous pourrions y arriver en
utilisant l'équipement dont nous disposons
actuellement. Nous pourrions avoir une banque
de données reliée à Journals plus qui nous
permettrait de faire le transfert au moment où le député
dépose ses amendements à la Chambre.
• 1235
Si cela sécurise les députés, comme je l'ai dit lors de ma
première rencontre, ce n'est pas un gros problème. Si
le député a signé sa requête, ou son retainer, et
qu'il a indiqué désirer une plus grande consultation,
on continuera comme on le fait maintenant. Malgré ce
que M. Bergeron a dit tout à l'heure à propos des deux
processus, il en existe un. L'avantage, pour les
députés, que le légiste agisse de concert avec le
greffier, c'est que l'amendement a plus de chances
d'être recevable à la fin de la journée au lieu d'être
rejeté une fois soumis au Feuilleton.
Pour ce qui est des amendements du gouvernement, dans
le même contexte, le deuxième processus est infime.
J'ai dit que c'était un mythe. M. Walsh a les chiffres
du nombre d'amendements présentés par le gouvernement
comparativement à celui des amendements de
l'opposition. Pour quelle période?
[Traduction]
M. Rob Walsh: Monsieur le président, au cours de la session
actuelle, plus de 1 300 amendements ont été déposés en comité ou à
l'étape du rapport par des députés appartenant pour la plupart à
l'opposition. Quatre seulement émanaient du gouvernement.
M. Robert Marleau: Il ne faut pas très longtemps pour analyser
quatre amendements émanant du gouvernement. Si ces amendements
reçoivent un traitement de faveur en nous prenant au dépourvu,
sachez qu'il en faut plus de quatre pour nous désarçonner.
Le président: Merci.
Je tiens simplement à préciser au passage que la publication
des amendements ne touche pas directement à la question de la
confidentialité dont nous sommes saisis, mais je comprends qu'il y
ait un lien.
Je cède maintenant la parole à M. Knutson, et j'aimerais
d'ailleurs qu'il nous dise ce qu'il veut faire de sa motion.
M. Gar Knutson: Je veux la proposer.
Le président: Très bien, qu'il en soit ainsi.
Comme elle est inscrite, il n'est pas nécessaire de la lire.
M. Knutson propose la motion. Elle est sur la table et nous pouvons
maintenant en débattre.
Voulez-vous parler de cette motion, monsieur Knutson ou dois-
je céder la parole à M. Harvey?
M. Gar Knutson: Je crois que nous devrions entendre ce que mon
honorable collègue a à déclarer.
Le président: Monsieur Harvey.
[Français]
M. André Harvey (Chicoutimi, PC): Monsieur le
président, je n'ai pas de diplôme en droit. Toutefois,
j'ai parfois l'impression que, dans certains dossiers,
cela permet de prendre plus facilement du recul et de
mieux définir les priorités. Je pense que notre
sujet...
M. Stéphane Bergeron: Est-ce que nous débattons de
la motion?
M. André Harvey: Je me permets une couple de
petits commentaires, monsieur le président. Au début,
cette discussion a pu apparaître superficielle. Je
pense toutefois, après les témoignages que nous avons
entendus, qu'elle peut contribuer à rendre encore plus
efficace notre rôle de députés. Je retiens
particulièrement les dernières remarques de notre
greffier en chef.
Pour nous qui sommes députés, observer
l'officialisation, en quelque sorte, d'une démarche
politique... Ainsi, j'apprenais il y a quelques
minutes que seront déposés en Chambre, au moyen d'une
procédure sans doute rapide, de fast-track, les
changements de noms de nos circonscriptions. C'est
vrai que c'est important de voir cela écrit. Cela
prouve évidemment le travail que nous faisons.
Avec le rapport qui sera présenté sur ce dossier,
surtout quant à la confidentialité qui, évidemment,
exige beaucoup de rigueur de ceux qui ont des
connaissances particulières en droit, je crois
qu'il est important de répondre à
l'inquiétude des députés. Cependant, mon impression
est que le problème le plus sérieux en est un, avant
tout, de gestion interne.
J'étais absent lors de la
comparution des témoins qui vous ont précédés.
Cependant, quand un député, qui soupçonne d'avance la
réponse à sa question, demande à des gens qui
travaillent dans le service s'ils ont eu
l'impression que tout le service professionnel et
administratif était politisé et se fait dire: «Je préfère
ne pas répondre», il y a certainement là un manque de
solidarité. Je peux me tromper, mais je crois que vous
avez là un gros problème.
Je n'attends même pas de réponse, monsieur le
président. Tant mieux si on peut rassurer tous nos
collègues sur les démarches et procédures entourant les
amendements, mais je pense que le problème est, d'abord
et avant tout, ou entre autres, un problème de gestion
interne. Je suis donc persuadé qu'ils vont arriver à
régler cela entre eux.
Merci, monsieur le président.
• 1240
[Traduction]
Le président: Est-ce que cela nécessite une réponse de—?
M. Robert Marleau: Je puis vous assurer que le Bureau de la
régie interne a été saisi des questions de relations de travail et
qu'il va s'en occuper en temps voulu.
Le président: M. Bergeron m'a demandé d'intervenir une
deuxième fois.
Monsieur Bergeron, vouliez-vous parler d'une question en
particulier? C'est très bien si vous voulez poser une question au
témoin. Je préférerais que nous ne refassions pas un tour de table
et que nous nous occupions de la motion.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: J'aimerais comprendre
le processus, monsieur le président. La
motion a été formellement déposée. Nous en sommes donc
à débattre de la motion et, conséquemment...
[Traduction]
Le président: Parfait, c'est là où nous en sommes. C'est très
bien. Avons-nous encore besoin des témoins?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: J'aurais aimé pouvoir
interroger les témoins, mais M. Knutson en a décidé
autrement. Nous allons donc débattre de la motion.
Attendez-vous à ce qu'on en débatte longtemps.
[Traduction]
Le président: Très bien, débattons donc de la motion.
Pouvons-nous permettre aux témoins de se retirer?
Des voix: Oui.
Le président: Monsieur Knutson.
M. Gar Knutson: Je voulais simplement demander à M. Marleau si
cette motion rejoint complètement sa suggestion. D'après ce que
j'ai pu comprendre, c'est le cas.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Vous avez déposé la
motion.
[Traduction]
Le président: M. Marleau vous dirait sans doute que les
affaires de comité concernent le comité.
M. Gar Knutson: Si je comprends bien, vous déclarez ma
question irrecevable?
Le président: Monsieur Marleau, je n'aurais pas dû essayer de
répondre à votre place. Voulez-vous donner une réponse à
M. Knutson?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Si le témoin répond à des
questions, monsieur le président, je vais en poser
également.
[Traduction]
Le président: Oui.
M. Gar Knutson: Très bien. Eh bien, pour accélérer les choses,
je retire ma question.
Le président: C'est une fort bonne suggestion et nous allons
maintenant permettre à nos témoins de se retirer.
Je remercie les témoins de s'être rendus à notre invitation et
d'avoir apporté des précisions sur des aspects qui n'étaient pas
très clairs pour certains membres du comité. Tous mes voeux les
accompagnent dans leurs autres entreprises à la Chambre et je les
remercie de continuer à nous fournir cet excellent service.
Bien! Revenons à la motion dont nous devons débattre.
J'aimerais que M. Knutson considère que mon amendement est amical.
Je suggère d'ajouter une phrase au paragraphe deux pour qu'il soit
question de la rédaction des amendements ou des projets de loi
d'initiative parlementaire ou des motions.
Cela vous va-t-il?
M. Gar Knutson: C'est bien.
Le président: Parfait, passons au débat. Monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le
président, compte tenu du fait que cette séance du
comité doit normalement se terminer à 13 heures, j'ai bien
l'impression que c'est moi qui parlerai le dernier,
parce que j'ai l'intention de prendre les 15 minutes
qui restent avant l'ajournement pour exprimer un
certain nombre de choses. Nous reviendrons à la motion
de M. Knutson lors de la prochaine rencontre du
comité.
Je suis très déçu et...
[Traduction]
Le président: Monsieur Bergeron, êtes-vous en train de nous
dire que vous avez l'intention de parler pendant 15 minutes?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Oui, monsieur le président,
et je ne crois pas qu'il vous soit permis de
m'interrompre quand je débats une
motion qui a été acceptée par le comité.
[Traduction]
Le président: Bien au contraire, j'estime non seulement avoir
le pouvoir de vous interrompre, mais j'insiste pour le faire. Si
vous n'aimez pas cela, vous pourrez toujours contester la
présidence. Cela dit, réglons justement ce dernier point pour
commencer.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Sur quel
point du Règlement vous fondez-vous, monsieur le président?
[Traduction]
Le président: Voulez-vous contester la présidence, monsieur
Bergeron?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je veux savoir sur
quel point du Règlement vous vous fondez
quand vous m'enlevez la parole,
monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Il vous est possible de contester la présidence
tout de suite.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Non. J'ai l'occasion de
discuter de la motion, monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Eh bien, si vous n'avez pas l'intention de
contester la présidence, vous allez devoir vous soumettre à toutes
ses décisions.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Et vous allez devoir
me dire sur quel article du Règlement
vous vous appuyez pour prendre une telle décision,
monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Je ne suis pas témoin, monsieur Bergeron.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Alors, sommes-nous en train
de débattre de la motion?
[Traduction]
Le président: Monsieur Bergeron, j'aimerais que nous nous
lancions dans un débat raisonnable sur la motion. Si vous nous
déclarer votre intention de faire de l'obstruction systématique,
nos collègues devront décider de ce qu'ils veulent faire. S'il n'y
a pas d'intervention par ailleurs, je vous laisserai la parole.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Merci, monsieur le
président.
J'allais dire que je suis déçu et même
choqué, non pas que M. Knutson, secrétaire
parlementaire du premier ministre, ait déposé
une motion puisque sa motion comme telle peut sembler
tout à fait raisonnable à chacun et chacune d'entre
nous, mais qu'il l'ait déposée de façon à mettre un
terme aux travaux de ce comité.
Je ne crois pas, pour ma part, que nous ayons eu
la possibilité d'entendre toutes les représentations que
nous aurions eu besoin d'entendre pour disposer de la
question.
• 1245
Qui plus est, nous avions ici même aujourd'hui des
témoins qui devaient éclairer le débat, et
on a manoeuvré de façon que je
ne puisse poser de nouvelles questions au greffier de
la Chambre.
J'en avais une fort intéressante sur ce qui se
passe au Sénat. Le Sénat n'est pas une institution
très étrangère à celle où nous siégeons actuellement,
soit la Chambre des communes. Elle n'y est pas très
étrangère, bien qu'elle ne soit pas formée de membres
élus.
Au Sénat, selon toute vraisemblance—et j'aurais
voulu que le greffier puisse me le confirmer, monsieur
le président—, il existe cette relation client-avocat
entre le légiste et les sénateurs. Qui plus est, le
légiste et conseiller parlementaire, M. Mark Audcent,
est nommé par résolution du Sénat.
D'ailleurs, il a été nommé il y a quatre ans, ce qui a
donné lieu à un débat au Sénat. Il a aussi été nommé
par résolution du Sénat, alors que notre légiste,
d'après ce que j'ai pu comprendre, est nommé par le
gouverneur en conseil. Je ne veux pas en tirer quelque
conclusion que ce soit, mais il n'en demeure pas moins
que je vois là deux processus fort différents l'un de
l'autre.
J'aurais aimé pouvoir interroger le greffier sur ce
qui m'apparaît être une distinction assez fondamentale
entre les deux institutions. Malheureusement, M.
Knutson, comme probablement la majorité gouvernementale, a
décidé de m'en priver et de faire en sorte que je ne
puisse poser cette question au greffier. Également,
on a voulu empêcher la convocation d'autres
témoins, bien que j'aie clairement indiqué que je
n'avais pas l'intention d'exagérer et que je n'avais
qu'un autre témoin à proposer à ce comité, en
l'occurrence M. Pelletier, qui avait embauché les deux
légistes.
Les deux légistes ne cessent de nous dire qu'ils ont
été embauchés avec l'intime conviction qu'il existait
une relation client-avocat. Cette personne qui les a
embauchés, et les a convaincus, semble-t-il, qu'il
existait une relation client-avocat n'est plus à
l'emploi de la Chambre. Elle aurait fort bien pu nous
éclairer sur les raisons qui l'ont amenée, à l'époque, à
prétendre qu'il existait une relation client-avocat à
caractère confidentiel.
À défaut de pouvoir convoquer M. Pelletier pour une
raison ou pour une autre, nous avions déjà eu des
discussions préliminaires informelles entre nous pour,
éventuellement, convoquer quelqu'un d'autre qui aurait
pu nous éclairer sur la mémoire institutionnelle de ce
qui prévalait à l'époque quant à la confidentialité de
la relation client-avocat.
Cette motion de M. Knutson m'empêche
d'entendre quelqu'un d'autre. Cela aurait pu se faire
d'un commun accord entre nous et le parti au pouvoir.
Mais non, plutôt que d'essayer de s'entendre sur un
témoin qui aurait pu nous éclairer quant à la
conviction des conseillers légistes qu'il existait bien
une règle de confidentialité dans la relation
client-avocat, on a préféré mettre un terme au débat.
Donc, on ne convoque plus personne, et on va même
jusqu'à congédier les
témoins qui ont pris la peine de se déplacer pour se
présenter devant nous aujourd'hui parce qu'on
n'a plus besoin d'eux. On va passer à la
suite des choses alors que je suis loin d'être
convaincu que les membres de ce comité ont tous en main
les éléments nécessaires pour prendre une décision qui
soit le moindrement éclairée.
Pourquoi irions-nous demander à quelqu'un
qui était ici à l'époque de venir nous éclairer? Tout
simplement, monsieur le président, parce que celles et
ceux qui prennent les décisions maintenant ont
manifestement changé une procédure qu'ils soutiennent
n'avoir jamais existé. Selon MM. Marleau et Walsh,
cette relation marquée du sceau de la confidentialité
entre client et avocat n'aurait jamais existé. Il semble
pourtant qu'elle ait existé et qu'on ait pris la peine
de la modifier.
Bien sûr, on nous dit qu'on maintient la
confidentialité par rapport à ce qui se passe sous un
certain parapluie, mais on ne sait même pas encore,
monsieur le président, qui se trouve sous le couvert de
ce parapluie. J'aurais aimé pouvoir poser des
questions à M. Marleau et à M. Walsh là-dessus, parce
que les réponses qui nous ont été données mardi dernier
étaient relativement évasives.
Je veux bien accepter qu'on nous dise qu'il y a
effectivement confidentialité entre les membres de
l'équipe qui se trouve sous le parapluie, mais on ne
sait pas qui fait partie de cette équipe. À certains
égards, elle comprend les greffiers à la procédure; à
certains autres égards, elle pourrait comprendre les
greffiers aux Journaux. On a laissé entendre qu'elle
pouvait même comprendre éventuellement les greffiers de
comité. Qui ce fameux parapluie recouvre-t-il?
• 1250
Comment pouvons-nous, membres de ce comité, prendre
une décision et donner à notre
recherchiste des instructions
pour élaborer les bases d'un rapport sans
que nous ayons pu avoir des précisions de la part des
greffiers sur cette question qui demeure, quant à moi,
toujours en suspens?
Pourquoi le Sénat considère-t-il qu'il est important
de maintenir la confidentialité de la relation
client-avocat entre les sénateurs et le légiste et
pourquoi nous, députés, ne pouvons-nous pas avoir cette
garantie de confidentialité dans notre relation avec les
légistes?
Mme Catterall disait tout à l'heure qu'il était normal
qu'un légiste partage l'information avec sa secrétaire,
avec le commis, avec la personne qui
va entrer les données, avec le technicien qui va entrer les
données. Bien sûr, on le reconnaît et les légistes
eux-mêmes le reconnaissent. M. Marleau n'a-t-il
pas lui-même donné un exemple fort éloquent de la
différence qui existe actuellement entre la situation
qui prévaut actuellement à la Chambre des communes et
cette situation idéale dont parlait Mme Catterall?
M. Marleau dit être allé voir une firme d'avocats pour
un motif tout à fait personnel. On lui a présenté un
formulaire à signer pour retenir leurs services comme
procureurs, qui établissait entre lui
et eux une relation client-avocat marquée du caractère
de la confidentialité. Madame
Catterall, est-ce que le procureur retenu par M. Marleau ne
partagera pas son information avec son commis, sa
secrétaire ou le technicien? Bien sûr que non. Il va
le faire. Néanmoins, cette relation confidentielle
client-avocat existe. Elle existe de toute façon.
Maintenant, il s'agit de déterminer si elle existe ici
et ce que cela signifie. M. Marleau dit n'avoir jamais
trouvé de document prouvant que cette relation existe
ou n'existe pas. Effectivement, on n'a pu trouver aucun
document prouvant que cette relation client-avocat
n'existe pas. Toutefois, on a pu en trouver un qui
prouve que cette relation client-avocat existe. On en
a fait état tout à l'heure, ici, en comité. C'est un
document sur lequel on a mis la main, ici même, à la
Bibliothèque du Parlement, un document émis par le
Bureau du légiste et conseiller parlementaire,
un document qui a été produit sous l'autorité du
greffier de la Chambre des communes. Il y a quand même
là un document qui existe.
Le greffier a tenté d'en minimiser l'importance ou
la crédibilité en disant qu'il avait été
produit rapidement, à l'intérieur de la boutique, pour
reprendre ses paroles, la boutique étant le Bureau du
légiste et conseiller parlementaire. Cela ne diminue
ou ne minimise en rien la valeur du document, quant à
moi, monsieur le président, puisqu'il a été produit par
les autorités compétentes de la Chambre à l'époque et
sous l'autorité du greffier de la Chambre des
communes.
Alors, quant à moi, cette relation a été clairement
établie au moins une fois par écrit, et nous n'avons pu
trouver, et M. Marleau l'a reconnu,
quelque autre document prouvant ou infirmant
l'existence du caractère confidentiel de la relation
client-avocat.
Quant à moi, sur la base des informations que j'ai
également pu trouver à la fonction publique fédérale et
de ce qui existe actuellement au Sénat, je suis obligé
de conclure que cette relation existait. Elle existait
à un point tel, comme je le signalais il y a quelques
minutes, monsieur le président, qu'on a jugé bon, dans
l'administration de la Chambre, de modifier cette
relation client-avocat.
Comme je le disais tout à l'heure, on dit ne pas avoir
modifié le caractère confidentiel de la relation.
Jusqu'à preuve du contraire, personne ici n'oserait
remettre en question l'intégrité, le professionnalisme
et la qualité du travail de l'ensemble du
personnel de la Chambre. Ce personnel comprend les
greffiers, mais également les conseillers législatifs.
Ils font un travail que j'estime professionnel.
Il n'en demeure pas moins, et nous le savons tous,
qu'il s'est produit un événement en Chambre, qui n'est
probablement pas le fruit de la mauvaise volonté—du
moins, j'ose l'espérer—, un incident qui nous a fait
croire qu'il se passait quelque chose.
• 1255
M. Walsh dit qu'il n'a jamais eu aucune plainte de la
part d'un parlementaire qui aurait été informé par
M. Côté de ce que cette relation client-avocat n'existait
plus.
Bien sûr, il n'y a pas eu de plainte, mais ne
sommes-nous pas aujourd'hui devant une situation
beaucoup plus grave qu'une simple plainte? Nous
avons maintenant un comité parlementaire qui se penche
sur la question, qui a entendu des témoins qui ont fait
des révélations, de part et d'autre, fort troublantes.
Fallait-il attendre qu'il y ait une seule
plainte de la part d'un député pour réagir ou pour
proagir, devrais-je dire, et informer les députés que
cette relation privilégiée client-avocat qui existait
jusqu'en 1988 avait tout à coup pris fin
subrepticement vers 1995?
Je dis subrepticement parce que d'une part, bien sûr,
les parlementaires n'en ont pas été informés et,
d'autre part, parce que les notes qu'on a pu lire ne
sont pas tout à fait limpides sur la question.
Monsieur le président, je répète que je suis
déçu et choqué qu'on ait voulu mettre un terme
à l'audition des témoins, et de façon fort peu élégante,
dois-je dire. Non seulement a-t-on voulu mettre un terme à
l'audition de nouveaux témoins, mais mettre un terme à
l'audition des témoins crédibles, quant à moi et
quant à l'ensemble des membres de ce
comité, j'ose l'espérer, que sont M. Marleau et M. Walsh.
Je suis convaincu qu'ils auraient pu encore fournir un
certain nombre de
renseignements qui auraient pu nous être utiles dans
l'accomplissement de la tâche qui est la nôtre.
Monsieur le président, je regarde attentivement la
motion de M. Knutson. Comme je le disais tout à
l'heure, à prime abord, je n'ai pas de raison de croire
que cette motion n'est pas raisonnable.
Cependant, dans l'ordre de renvoi qui a été
adopté par la Chambre des communes le jeudi 16 mars de
l'an 2000, il est dit, et je cite:
Du consentement unanime, M. Gauthier
(Roberval) appuyé par Mme Tremblay (Rimouski—Mitis),
propose, - Que la motion no 59 (Affaires courantes)
inscrite au nom de M. Duceppe (Laurier—Sainte-Marie)
soit retirée et remplacée par la suivante:
Que la question de la confidentialité du travail du
conseiller législatif soit étudiée au Comité permanent
de la procédure et des affaires de la Chambre, que les
différentes hypothèses de solution à savoir
a) la restructuration du service pour assurer la
confidentialité, ou
b) la réaffection des ressources actuelles aux
différents partis pour qu'ils assurent
eux-mêmes leurs propres services de conseillers
législatifs
soient analysées par le Comité et qu'un rapport
apportant des solutions concrètes soit déposé en
Chambre avant le 1er juin 2000.
La motion, mise aux voix, est agréée.
Ce que je retiens de cet
ordre de renvoi qui, je le répète, a été adopté par la
Chambre le 16 mars 2000, c'est que nous avions à nous
pencher sur essentiellement deux propositions, la
première visant à restructurer le service de manière à
ce qu'on puisse nous assurer de la confidentialité.
Monsieur le président, je
vous rappelle que c'est
une motion adoptée unanimement par la Chambre
pour nous assurer
de la confidentialité.
Il n'y a pas de demi-mesure possible. Il est très
clair que le souhait de la Chambre est d'assurer la
confidentialité du travail qui est fait par les
conseillers législatifs. Je rappelle qu'à ce
moment-là, deux fois plutôt qu'une, le Parti réformiste
a demandé au leader parlementaire s'il allait
nous assurer de sa collaboration
et qu'à deux reprises, plutôt qu'une, le leader
parlementaire du gouvernement a dit qu'il assurait
l'ensemble de la Chambre qu'il allait nous
garantir toute la collaboration dont il était
capable pour aller au fond des choses.
Si vous le souhaitez, monsieur le président, je
pourrais même lire les «bleus» pour vous assurer que
cette garantie nous a été donnée par le leader
parlementaire du gouvernement. Or, que voyons-nous
aujourd'hui? Les députés de ce même gouvernement
viennent bâillonner ce comité, mettre un terme aux
auditions de témoins, mettre un terme à l'audition des
deux témoins que nous avions ici aujourd'hui.
Est-ce là la collaboration à laquelle faisait
allusion le gouvernement? Est-ce là, monsieur Knutson, la
collaboration à laquelle M. Boudria faisait allusion
en Chambre? Est-ce là la collaboration que vous nous
donnez? Est-ce là toute la générosité à laquelle mon
collègue Bob Kilger faisait allusion hier,
avant-hier et les jours précédents?
De quelle générosité parle-t-on? De générosité
à l'égard de qui et pour quoi?
• 1300
[Traduction]
Mme Marlene Catterall: Monsieur le président, je voulais
invoquer le Règlement, mais j'ai dû attendre que mon collègue ait
fini une phrase pour le faire.
Parlant de générosité, au début de la réunion, monsieur le
président, vous nous avez imposé cinq minutes de temps de parole à
chacun. Or, voilà que M. Bergeron vient de parler pendant
15 minutes et j'aimerais bien qu'il nous permette aussi
d'intervenir sur la motion dont nous sommes saisis.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
je fais appel au Règlement à ce même sujet.
Le président: Monsieur Bergeron.
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
je soumets respectueusement à ma
collègue Mme Catterall que cinq minutes est non
seulement le temps
réglementaire reconnu
par la tradition et la pratique, mais également
le temps qui a été accepté par l'ensemble des parlementaires de
ce comité pour poser des questions aux témoins.
Cela étant dit, cela ne constitue d'aucune façon
la règle ou du moins la référence pour une intervention
sur une motion de fond, et nous débattons maintenant
d'une motion de fond. Madame Catterall, je vous invite
respectueusement à me citer un quelconque article du
Règlement qui m'empêche de discuter de la
motion de fond. Comme je parle du fond de la motion,
madame Catterall, vous me permettrez
respectueusement de poursuivre mon intervention.
Évidemment, je ne pourrai parler indéfiniment
d'une petite motion de
trois paragraphes, mais
j'aimerais à tout le moins pouvoir terminer
mon intervention.
[Traduction]
Mme Marlene Catterall: Même rappel au Règlement, monsieur le
président. Je me demande si M. Bergeron pourrait respecter le temps
limite de 20 minutes qui lui serait imposé à la Chambre.
Il ne lui reste pas beaucoup de temps. S'il n'aime pas la
solution proposée par mon collègue, j'aimerais savoir quelle
recommandation il propose pour le comité à cet égard, plutôt que de
se livrer à une telle tirade.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
je fais appel au Règlement.
[Traduction]
Le président: Très bien. On en revient à la présidence...
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je fais appel au Règlement,
monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Nous continuons le débat sur cette motion.
M. Jerry Pickard (Chatham—Kent Essex, Lib.): J'en reviens au
même rappel au Règlement...
Le président: Je vous donnerai la parole à tous.
M. Jerry Pickard: C'est que...
Le président: Je vais donner la parole à tout le monde,
monsieur Pickard. Donnez-moi simplement un instant pour essayer de
me concentrer sur ce problème.
Nous débattons d'une motion déposée par M. Knutson qui
consiste à donner des consignes de rédaction à nos recherchistes.
Selon M. Bergeron, qui est l'un de nos estimés collègues et qui
contribue grandement à nos débats, il semble que certains éléments
de ces consignes ne seraient pas suffisamment appuyés ou étendus.
Un rapport pourrait être rédigé à la façon proposée dans la
motion de M. Knutson. Or, cette motion ne porte pas sur l'adoption
ou sur la finalisation du rapport. S'il nous est donné la
possibilité de débattre du rapport à l'étape de la première
ébauche, le chargé de recherche remettra le document aux députés et
je sais qu'il tiendra compte de certaines des remarques que vient
juste de formuler M. Bergeron.
Ne pourrions-nous pas, par ailleurs, permettre au
recherchiste—que nous adoptions ou non cette motion—de rédiger un
rapport faisant état de la motion et des commentaires de
M. Bergeron, si ceux-ci sont pertinents à la motion en question? À
ce moment-là, M. Bergeron pourrait encore, à l'étape de l'examen de
l'ébauche du rapport, réclamer qu'on inscrive les autres points.
C'est une possibilité que je soumets aux députés...
M. Gar Knutson: C'est bien.
Le président: ... Pour que vous puissiez traiter de la motion
et tirer vos conclusions, avant qu'on en arrive à l'étape du
rapport.
[Français]
Monsieur Bergeron.
M. Stéphane Bergeron: J'aimerais encore une fois respectueusement
soumettre à ma collègue Mme Catterall que l'article
116 du Règlement stipule très clairement
que les limites de temps sur les débats sur les motions qui
sont imposées en Chambre ne s'appliquent pas en comité.
Je l'invite à relire l'article 116 du Règlement.
Cela étant dit, monsieur le président, j'apprécie
beaucoup que vous me permettiez de donner un certain
nombre d'indications quant à ce qui me
préoccupe dans la motion de M. Knutson et qui pourra
éventuellement être pris en compte par notre
recherchiste lors de la rédaction d'une ébauche de
rapport. Monsieur le
président, je réitère que nous sommes bien mal outillés, selon mon
interprétation des choses,
pour commencer à rédiger un rapport de comité
dans la mesure où nous n'avons pas pu entendre tous les
témoins qu'il aurait été souhaitable que nous
entendions. Ils ne sont pas nombreux, ces témoins.
Je reviens à l'ordre de renvoi
auquel je faisais allusion avant d'être interrompu par
Mme Catterall.
[Traduction]
Le président: Excusez-moi. Je sais que vous poursuivez sur
votre lancée, mais je devais entendre d'autres rappels au
Règlement, notamment de M. Pickard et de Mme Catterall, si je ne me
trompe. Je vais leur permettre de le faire.
Monsieur Pickard.
• 1305
M. Jerry Pickard: Merci beaucoup, monsieur le président.
Comme l'a déclaré M. Bergeron au début de son intervention,
son intention était d'utiliser tout le temps du comité. Eh bien,
monsieur le président, en qualité de membre de ce comité j'estime
que nous avons tout à fait le droit d'imposer la façon dont nous
fonctionnons et j'estime que mes droits ainsi que ceux de mes
collègues sont bafoués quand un début décide, pour des raisons qui
lui appartiennent, de bloquer les travaux du comité. Cela a pour
effet d'entraver le travail des membres du comité et nous avons
tout à fait le droit de soutenir le président quand il décide de
limiter le temps des intervenants. Pour vous dire bien franchement,
je ne vois aucun problème à ce que ce comité adopte une telle
orientation. Si M. Bergeron veut faire de l'obstruction, qu'il
sache que, nous aussi, nous pouvons agir de notre côté.
Je ne pense pas qu'il serait très sage de nous pousser dans
cette voie, monsieur Bergeron, mais sachez bien que ce comité
pourrait agir ainsi. Alors, pourquoi ne pas essayer de travailler
ensemble sur cette question et, comme le président l'a suggéré, de
demander d'abord aux rédacteurs du rapport de se pencher sur les
informations disponibles? Plus tard, si vous désirez faire ajouter
quelque chose, vous pourrez le faire. Il vous restera cette option.
L'individu n'est pas perdant quand ses droits sont pris en compte,
mais les droits de la majorité sont tout aussi importants que ceux
des particuliers. Je pense que nous avons à faire là à un problème
et le comité a tout à fait le droit de s'y attaquer.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président, j'ai
un rappel au Règlement.
[Traduction]
Le président: Si personne d'autre ne désire avoir la parole,
je vais permettre à M. Bergeron de parler sur un rappel au
Règlement.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je dois vous dire
que j'apprécie beaucoup les paroles
empreintes de sagesse de notre collègue M. Pickard,
mais je dois lui dire respectueusement, encore une
fois, que s'il m'avait vu lire ici le bottin,
il aurait été tout à fait
justifié d'intervenir comme il l'a fait. Je n'ai pas lu
le bottin. Si j'ai dit que je prendrais
le temps qu'il reste, ce n'est pas pour faire un
filibuster. Je savais pertinemment que puisqu'il ne
restait que 15 minutes à la réunion du comité, j'avais
suffisamment d'information à vous communiquer pour
combler le temps qui restait.
Vous me corrigerez si je fais
erreur, monsieur Pickard,
mais à ce que je sache, je ne me suis aucunement
écarté du débat. Je n'ai pas dévié du débat. Je n'ai
pas invoqué quelque argument fallacieux ou quelque
argument de nature dilatoire que ce soit. Je n'ai invoqué
que des arguments reliés à la motion de M. Knutson. En
tout respect, monsieur Pickard, je suis d'accord avec vous.
[Traduction]
Travaillons ensemble. Mais je ne pense pas que la façon dont
M. Knutson ait présenté cette motion soit du travail de
collaboration. C'est ce que j'ai dit dans mon intervention, en plus
de ce que j'ai mentionné sur
[Français]
le fond de la question.
Si vous me
le permettez, monsieur le président, j'aimerais pouvoir
poursuivre afin d'arriver à ma conclusion. Si
on ne cesse de m'interrompre de cette façon,
je ne parviendrai probablement pas à conclure mon
intervention sur la motion de M. Knutson. Je veux
bien qu'on ne l'adopte pas nécessairement aujourd'hui,
mais si tant est que le recherchiste doit s'inspirer des
interventions qui sont faites en Chambre pour avoir
quelques lignes de texte, donnez-moi au moins
l'occasion de finir mes phrases.
[Traduction]
Le président: Poursuivez.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Merci, monsieur le
président.
[Traduction]
M. Gar Knutson: Je veux faire un rappel au Règlement.
Le président: Monsieur Knutson pour un rappel au Règlement.
M. Gar Knutson: En fait, il s'agit davantage d'une question.
J'ai cru comprendre que le recherchiste pourrait nous
soumettre une ébauche de rapport rédigée d'après les consignes du
président. Pour cela, il n'est pas nécessaire d'adopter une motion
en comité. Si je comprends bien, une telle motion est inutile. Si
M. Bergeron veut donner des directives sur ce qu'il recherche, s'il
veut faire des suggestions...
Le président: Monsieur Knutson, je crois que vous avez tout à
fait raison. Depuis que je suis président de ce comité, nous
fonctionnons de façon relativement collégiale sans avoir pour cela
dû passer énormément de temps sur les questions dont nous étions
saisis. Nous avons beaucoup d'entretiens officieux entre les
leaders en Chambre, les whips et les députés. Ce genre de débat à
propos de cette motion est relativement nouveau.
• 1310
J'estime, dès lors, que nous pourrions traiter de la plupart
des aspects soulevés par M. Bergeron de la façon habituelle. En
revanche, si vous voulez que tout cela soit consigné au procès-
verbal, eh bien allons-y!
Nous parlons ici d'un rapport. Nos entretiens sont officiels
et notre rencontre est publique. C'est fort bien.
Monsieur Bergeron, sans même vous demander de réponse, je
suppose que vous n'avez pas terminé vos remarques et que vous
voulez en dire davantage sur cette question. Il est 13 h 10 et nous
avons dépassé de beaucoup la durée habituelle de nos séances. Si
l'un d'entre vous veut proposer une motion pour lever la séance, je
serais prêt à la mettre aux voix. Cela fait, nous reviendrons
immédiatement à M. Bergeron.
Mme Marlene Catterall: Je veux faire un rappel au Règlement,
monsieur le président.
Le président: Madame Catterall.
Mme Marlene Catterall: Il m'apparaît évident que M. Bergeron
n'a pas l'intention de permettre à un autre membre du comité de
débattre de cette motion au cours de la séance d'aujourd'hui et
comme j'aimerais que nous poursuivions le débat sur une ébauche de
rapport—pour permettre aux députés de faire des propositions quant
à son contenu—je propose que nous passions au vote.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je ne veux pas présenter cette
motion. C'est pour cela que je vous demandais de
présenter une autre motion.
[Traduction]
Le président: Donnez-moi un instant.
On me dit que les députés ne peuvent présenter de motion tant
qu'ils n'ont pas la parole sur autre chose qu'un rappel au
Règlement. Mais je serais prêt...
Je pense devoir vous préciser ce que j'ai en tête. Chers
collègues, il est évident que vous ne voulez pas poursuivre cette
séance pendant encore très longtemps. J'ai l'impression que nous
sommes tous d'accord pour adopter une motion ou du moins pour
donner les consignes de rédaction.
M. Bob Kilger: Je veux faire un rappel au Règlement.
Le président: Je suis prêt à donner la parole à toute personne
qui proposerait de lever la séance, afin que nous puissions tous
nous retrouver lors de la prochaine réunion. Si M. Bergeron veut
que je lui donne alors la parole, il pourra poursuivre ses
remarques. S'il devait avoir la parole... d'une façon ou d'une
autre, il faudra bien lui céder la parole à un moment donné. Lors
de la prochaine réunion, nous pourrions reprendre les choses
exactement là où nous les avons laissées et en faire notre premier
point à l'ordre du jour. Nous pourrions ensuite passer à autre
chose.
Mme Marlene Catterall: Pourrions-nous nous réunir de nouveau
cet après-midi, monsieur le président? Personnellement, j'estime
que nous avons eu deux réunions de plus que nécessaire sur cette
question.
Le président: Monsieur Kilger.
M. Bob Kilger: Monsieur le président, j'aimerais savoir de
combien de temps M. Bergeron a encore besoin, en plus de tout le
temps qu'il a déjà utilisé, pour nous dire tout ce qu'il a à dire.
S'agit-il de 10 minutes, de 15 minutes? Ou a-t-il...
M. Sarkis Assadourian (Brampton-Centre, Lib.): De deux ou
trois jours, plutôt.
Le président: Monsieur Bergeron, voulez-vous répondre à la
question de M. Kilger sur un rappel au Règlement?
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le président,
j'aimerais intervenir en réponse à votre intervention
et en réponse à celle de M. Kilger.
D'abord, en réponse à votre intervention, je dirai que
si tant est que le débat est ajourné maintenant, je
crois comprendre que du point de vue procédural,
monsieur le président,
je devrai être le premier intervenant à prendre la
parole lors de la prochaine rencontre du comité et être le
premier à poursuivre mon intervention.
Cela étant dit, monsieur le président, je suis tout à
fait disposé à discuter avec M. Kilger, après l'ajournement
des travaux de ce comité, de la suite des événements.
[Traduction]
Le président: Monsieur Kilger.
M. Bob Kilger: Je vous ferais respectueusement remarquer,
monsieur le président, que selon moi M. Bergeron n'a pas répondu à
la question du temps dont il avait besoin.
[Français]
Combien de temps faudrait-il à M. Bergeron?
M. Stéphane Bergeron: Monsieur le
président, il semble que M. Kilger n'ait pas très bien
compris ma réponse. Je crois pourtant qu'elle était
suffisamment claire. Je suis prêt à discuter de cette
question avec vous après l'ajournement.
• 1315
[Traduction]
Mme Marlene Catterall: Avant que le comité décide de lever la
séance, j'aimerais savoir ce qui va se passer, quelles sont les
intentions de M. Bergeron, et...
[Français]
M. Stéphane Bergeron: En réponse à votre question,
madame Catterall, je dirai à ce moment-ci que je n'en
ai pas la moindre idée. Je veux pouvoir finir mon
intervention.
[Traduction]
Mme Marlene Catterall: Sommes-nous prêts à siéger de nouveau
cet après-midi?
Le président: Je vais bien sûr choisir le moment où nous
allons nous réunir de nouveau sur cette question. Entre-temps, je
vais peut-être demander aux recherchistes de commencer à travailler
sur le rapport. Ce faisant, nous ne remettrions en question aucune
intervention ultérieure à propos de ce rapport, à supposer que
cette question ressorte lors d'une future réunion et que quelqu'un
obtienne la parole pour débattre de la motion.
Chers collègues, je crois que nous avons réalisé les objectifs
que nous poursuivions et que nous pouvons lever la séance
maintenant. Accordez-moi 10 secondes.
J'ai demandé au greffier de me conseiller en matière de
procédure sur des choses aussi élémentaires que la convocation
d'une réunion.
M. Bob Kilger: Je propose de lever la séance.
Mme Marlene Catterall: Que le président lève la séance.
Le président: Nous sommes donc saisis d'une motion demandant
que le président lève la séance, comme d'habitude. Je vous invite,
avant la prochaine réunion, à recueillir les avis de vos collègues
pour que nous puissions nous rencontrer de nouveau le plus tôt
possible à ce sujet et sur les questions à venir.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: J'ai un rappel au Règlement,
monsieur le président.
[Traduction]
Le président: Je pense qu'il s'agit d'une motion non sujette
à débat, mais si vous voulez intervenir sur un rappel au Règlement,
allez-y.
[Français]
M. Stéphane Bergeron: Je veux simplement signaler
encore une fois, monsieur le président, que selon mon
interprétation du Règlement, je devrais être le premier
intervenant à prendre la parole lors de la prochaine rencontre.
[Traduction]
Le président: C'est précisément pour vous donner un avantage,
monsieur Bergeron, parce qu'en interrompant la séance maintenant,
nous serons frais et dispos lors de la prochaine réunion.
Nous sommes saisis d'une motion pour lever la séance.
(La motion est acceptée)
Le président: Je déclare la séance levée.