STANDING COMMITTEE ON HUMAN
RESOURCES DEVELOPMENT AND THE STATUS OF PERSONS
WITH DISABILITIES
COMITÉ PERMANENT DU
DÉVELOPPEMENT DES RESSOURCES
HUMAINES ET DE LA CONDITION DES PERSONNES HANDICAPÉES
TÉMOIGNAGES
[Enregistrement électronique]
Le jeudi 2 décembre 1999
• 1109
[Traduction]
Le président (M. Peter Adams (Peterborough, Lib.)): Chers
collègues, nous allons commencer.
Bienvenue à tous pour cette réunion du Comité permanent du
développement des ressources humaines et de la condition des
personnes handicapées.
Nous avons réussi non sans effort à faire téléviser cette
réunion du comité afin de mettre mieux en valeur les questions que
nous examinons. Je tiens à préciser que, bien que cette pièce ne
soit pas accessible par cette entrée-ci, elle l'est par la porte
située derrière moi, et que les responsables de la sécurité à
l'entrée principale et à divers autres endroits en ont été
informés. Cette pièce est donc accessible pour les personnes
handicapées. C'est très important, mais je pense que nous étions
aussi tous d'accord pour estimer qu'il était très important de
téléviser ces délibérations, et c'est pour cela que nous siégeons
dans cette pièce.
• 1110
Deuxièmement, j'aimerais dire quelques mots aux membres du
comité, et je demanderais donc l'indulgence de nos témoins pour
quelques instants. Nous n'avons pas encore prévu de réunion pour
mardi prochain. Je pense que nous ne devrions pas en avoir. Nous
allons rencontrer la ministre dans une semaine. Je vous propose de
laisser le créneau que nous avons mardi prochain à notre Sous-
comité sur les enfants et jeunes à risque. Je pense que la réunion
de ce sous-comité sera très intéressante et je recommande au plus
grand nombre possible de nos membres d'y assister.
Comme ce sous-comité se réunira probablement de 11 à
14 heures, sous forme de table ronde d'après ce que me précise la
greffière, ses membres voudraient commander un déjeuner. Comme vous
le savez, et comme ne le savent peut-être pas les spectateurs, il
faut présenter pour cela une motion. Je souhaiterais donc que
quelqu'un propose que le comité autorise le président du Sous-
comité sur les enfants et jeunes à risque à prendre les mesures
nécessaires pour organiser un déjeuner de travail—j'imagine que
cela veut dire qu'il va le préparer lui-même—pour cette table
ronde prévue le 7 décembre 1999 et à facturer le coût de ce
déjeuner au budget du comité principal.
La motion est proposé par Carolyn Bennett.
(La motion est adoptée)
Le président: Je répète que, bien qu'il ne s'agisse pas d'une
réunion de notre comité principal, il s'agit d'une importante table
ronde d'un de nos deux sous-comités, et je vous recommande donc
vivement d'y assister.
J'ai déjà précisé que nous rencontrerons la ministre dans une
semaine. Vous le savez.
Je voudrais aussi ajouter que, comme vous le savez
probablement, le mari d'une de nos collègues, Bonnie Brown, la
secrétaire parlementaire du ministre du Développement des
ressources humaines, est décédé récemment. Je sais que mes
collègues lui ont déjà adressé des messages individuels, mais je
voudrais proposer que le comité envoie un témoignage de sympathie
à Bonnie, peut-être des fleurs. Là encore, il nous faudrait une
motion.
Motion proposée par Larry McCormick.
(La motion est adoptée)
Le président: Au nom du comité, j'adresse nos condoléances à
Bonnie. Comme nous le savons tous, les deux dernières années ont
été extrêmement éprouvantes pour elle.
Notre ordre du jour est le suivant: conformément au paragraphe
108(2) du Règlement, nous devons faire le point sur le rapport: «À
l'image de l'interdépendance: les personnes handicapées, le
Parlement, le gouvernement et la société». C'est un important
rapport qui a été rédigé par notre sous-comité. Nous avons reçu la
réponse officielle. Je crois que nous l'avons tous.
Nous sommes heureux d'accueillir aujourd'hui Mme Susan Scotti,
sous-ministre adjointe, Investissement dans les ressources
humaines; Victor Rabinovitch, sous-ministre adjoint, Programme de
la sécurité du revenu; Phil Jensen, directeur général, Politique
sociale; et Mary Glen, directrice générale, Développement social.
Bienvenue à tous. Vous avez maintenant la parole. Je pense que
vous allez nous présenter un exposé liminaire. Allez-y.
Mme Susan Scotti (sous-ministre adjointe déléguée,
Investissement dans les ressources humaines, ministère du
Développement des ressources humaines): Bonjour et merci beaucoup,
monsieur le président. Nous sommes très heureux d'avoir l'occasion
de rencontrer le Comité permanent du développement des ressources
humaines et de la condition des personnes handicapées.
Vous venez de présenter les collègues qui m'accompagnent.
J'aimerais simplement vous mentionner d'autres hauts fonctionnaires
qui sont aussi présents dans la salle, et dont nous pourrons vous
communiquer les titres exacts plus tard. Il s'agit d'Eva Berringer,
de Lula Fairfield, de David Cogliati, de Nancy Lawand et de
Doug Taylor qui nous accompagnent ce matin pour vous fournir les
éventuelles précisions techniques dont vous pourriez avoir besoin.
Le président: Bienvenue à tous vos collègues aussi.
Mme Susan Scotti: Merci.
Le président: Merci d'être venus.
[Français]
Mme Susan Scotti: La ministre du
Développement des ressources humaines,
l'honorable Jane Stewart, se présentera devant vous le 9
décembre pour traiter de la réponse à votre sixième
rapport intitulé: À l'image de l'interdépendance:
les personnes handicapées, le Parlement, le
gouvernement et la société.
Elle vous parlera de l'approche et de l'orientation
générales du gouvernement dans le dossier des personnes
handicapées.
• 1115
[Traduction]
Victor et moi-même avons convenu de vous présenter des
renseignements d'ordre technique, de vous entretenir de ce que nous
avons fait jusqu'ici et de ce que nous comptons faire relativement
à quelques aspects important du dossier des personnes handicapées.
Mon discours d'ouverture portera donc sur certains faits entourant
le programme d'action du gouvernement concernant les personnes
handicapées qui sont survenus depuis la rencontre de l'ancien
ministre avec le comité en mars dernier et la parution du rapport
du comité, en juin. Victor ajoutera également quelques observations
préliminaires sur le Régime de pensions du Canada.
Comme vous le faites remarquer dans votre rapport, de
nombreuses études et recommandations ont porté sur la condition des
personnes handicapées au cours des deux dernières décennies.
Celles-ci ont déterminé jusqu'à un certain point notre façon de
percevoir les personnes handicapées et de leur dispenser programmes
et services.
En 1996, le groupe de travail sur les personnes handicapées,
à qui nous devons le rapport Scott, a examiné le rôle du
gouvernement fédéral dans le dossier des personnes handicapées,
ainsi que les mesures à prendre pour faire de ces personnes des
citoyens à part entière. Ce rapport a donné lieu à une série de
mesures concrètes, par exemple le fonds d'intégration, les ententes
avec les provinces dans le cadre du programme d'aide à
l'employabilité des personnes handicapées, les mesures fiscales des
budgets de 1997 et de 1998 qui tiennent mieux compte des coûts liés
à l'incapacité et les modifications apportées à la Loi canadienne
sur les droits de la personne afin d'y ajouter l'obligation de
tenir compte des personnes handicapées.
Mais, d'abord et avant tout peut-être, le rapport Scott est à
l'origine des travaux entrepris avec les provinces et les
territoires pour mettre en oeuvre le rapport À l'unisson, c'est-à-
dire l'énoncé de perspectives et le cadre d'action du gouvernement
concernant les personnes handicapées. À l'unisson est fondé sur
l'objectif de la pleine citoyenneté pour les personnes handicapées,
objectif dont le gouvernement et tous les secteurs de la société se
partagent la responsabilité.
S'inspirant de ce rapport, Développement des ressources
humaines a entrepris, en collaboration avec une trentaine d'autres
ministères et organismes fédéraux, d'examiner les grands secteurs
où le gouvernement fédéral doit intervenir afin de réaliser cet
objectif.
Le Sous-comité sur la condition des personnes handicapées a
joué un rôle important dans cette démarche en fixant l'attention
sur les problèmes des Canadiens handicapés. Il a fait ressortir
certains des défis que pose l'élaboration de politiques
gouvernementales. Il a aidé le gouvernement à orienter son
programme dans des directions stratégiques partagées par les
provinces et les territoires, ainsi que par le comité et la
communauté des personnes handicapées. Ces orientations sont
reprises dans le document intitulé: «Orientations futures du
gouvernement du Canada concernant les personnes handicapées»,
publié en juillet dernier par l'ancien ministre du Développement
des ressources humaines.
Les bases sont jetées. De solides protections juridiques sont
en place. Il existe un ensemble de programmes et des
investissements sur lesquels bâtir. Un engagement à passer à
l'action de la part des gouvernements. Une entente sur un objectif
et un cadre stratégiques nationaux permettant de façonner ces
mesures suivant le modèle prévu dans À l'unisson.
Les objectifs sont l'intégration et la participation. Les
initiatives visent à abattre les obstacles psychologiques et
systémiques, à adopter une approche cohérente des programmes et
services et à préparer la voie aux prochaines interventions dans
des dossiers importants, notamment les mesures de soutien, le
marché du travail et le revenu des personnes handicapées.
Les éléments du programme d'action sont les suivants:
améliorer la reddition de comptes au public et la cohérence des
politiques et des programmes; constituer une base de données et de
connaissances étendues sur laquelle fonder la politique; accroître
la capacité de la communauté à répondre aux besoins des personnes
handicapées; répondre aux besoins des Autochtones, qui comptent
deux fois plus de personnes handicapées que la moyenne nationale;
améliorer l'employabilité; améliorer l'accès des personnes
handicapées aux mesures de soutien et aux mécanismes de soutien du
revenu; et réduire les cas de blessures et de maladies pouvant
mener à l'incapacité.
Le gouvernement avait l'intention d'aller de l'avant en
fonction de la disponibilité des ressources. Pour éviter toute
perte de temps, le ministre a demandé au printemps que des
ressources soient réaffectées au sein du ministère afin que
puissent commencer les travaux de recherche et de collecte de
données, l'établissement d'un cadre de responsabilisation et
l'élaboration de mesures de soutien pour les personnes handicapées.
Ce travail s'est poursuivi. Les préparatifs de l'enquête sur la
santé et les limitations d'activité qui sera menée par Statistique
Canada en 2001 ont commencé.
• 1120
Au cours de l'été et en début d'automne, des consultations ont
eu lieu avec les provinces, les territoires, les associations de
personnes handicapées et le secteur privé. On a également eu des
discussions avec d'autres ministères et organismes du gouvernement
au sujet de cette enquête, laquelle fait l'objet d'un appui
général.
Dans la même veine, on a dégagé des ressources visant à
renforcer d'autres études longitudinales et à y intégrer les
personnes handicapées, notamment l'enquête sur la dynamique du
travail et du revenu, l'enquête nationale sur la santé de la
population, l'enquête longitudinale nationale sur les enfants et
l'enquête sur la population autochtone. Ces enquêtes nous donneront
une meilleure vue d'ensemble des personnes handicapées au Canada.
[Français]
Le travail se poursuit également avec les provinces et
les territoires sur un cadre de responsabilisation lié
au rapport À l'unisson et sur un site Internet
que l'on a nommé «Liens—Personnes handicapées».
En septembre, une table ronde regroupait à Toronto des
experts et des représentants des associations de
personnes handicapées nationales et provinciales, avec
la participation des gouvernements fédéral et
provinciaux et des administrations territoriales.
[Traduction]
La présence d'un de vos recherchistes, Bill Young, qui est
présent ce matin, et qui a communiqué le fruit de votre table ronde
sur les résultats, s'est avérée très utile. Cette rencontre avait
pour objet de discuter et d'approfondir certains éléments d'un
cadre de responsabilisation, notamment la présentation de rapports
périodiques au public sur le dossier des personnes handicapées, une
grille d'évaluation axée sur l'accessibilité et l'intégration,
ainsi que la mise à contribution du public. Tous les participants
ont affirmé que la séance s'est bien déroulée et qu'elle
constituait un bon départ.
Les ministres des Services sociaux ont approuvé ces éléments
d'un cadre de responsabilisation à leur réunion en octobre. Ils ont
annoncé le lancement, au printemps de l'an 2000, de
liens—personnes handicapées. Les sous-ministres ont demandé à
leurs fonctionnaires de trouver d'autres moyens de réaliser
l'objectif de À l'unisson. Des travaux complémentaires se
poursuivent avec d'autres ministères et organismes fédéraux dans le
but d'établir un cadre de rapport sur les programmes et services
destinés aux personnes handicapées.
Quant aux mesures de soutien pour les personnes handicapées,
le gouvernement du Canada a invité les provinces et les territoires
à collaborer pour en accroître l'accessibilité et la
transférabilité. Nous aimerions également établir une stratégie du
marché du travail de concert avec les provinces et les territoires.
J'aimerais souligner rapidement d'autres initiatives de
programme. Les ententes conclues avec toutes les provinces dans le
cadre multilatéral pour l'aide à l'employabilité des personnes
handicapées prévoient le transfert de quelque 192 millions de
dollars par année aux provinces à l'appui de leurs programmes
visant à aider les personnes handicapées à obtenir un emploi. La
mise en oeuvre de ces ententes sera suivie de la création d'un
cadre de responsabilisation multilatéral permettant de mesurer les
résultats et de signaler les réussites et les meilleures pratiques
de recherche d'emploi.
Le travail se poursuit avec les collègues des provinces et des
territoires et avec les organisations nationales d'Autochtones au
sujet d'un programme d'action nationale pour les enfants, à
caractère général et inclusif, voué au bien-être et au
développement de tous les enfants. Le gouvernement souhaite trouver
des occasions d'intégrer les enfants handicapés. Des représentants
d'organisations nationales qui s'occupent des enfants handicapés
ont pris part aux consultations.
Le financement accordé aux associations de personnes
handicapées et à leurs projets se maintient autour de 12 millions
de dollars par année. Cela comprend le financement du programme
d'intégration communautaire des personnes atteintes de déficience
intellectuelle. Le fonds d'intégration lancé en 1997 aide les
personnes handicapées à se préparer au travail, à obtenir un emploi
et à le conserver. Environ 24 900 emplois ont été créés au niveau
communautaire dans l'ensemble du Canada. Ce programme prend fin le
31 mars 2000, mais nous espérons qu'il sera renouvelé. Il s'agit là
d'un élément clé de l'élaboration d'une stratégie du marché du
travail pour les personnes handicapées de nature plus générale et
de plus longue portée. La confirmation du renouvellement du fonds
devra attendre le budget.
Victor vous parlera dans quelques instants de quelques-unes
des mesures envisagées en vertu du régime afin d'aider les
Canadiens handicapés à retourner au travail et d'améliorer le
processus d'appel.
• 1125
Je vais simplement conclure en vous donnant un aperçu du
travail qui se poursuit dans l'ensemble du gouvernement en vue de
la mise en oeuvre du programme d'action dans la mesure de la
disponibilité des ressources.
Le Conseil du Trésor et le Conseil national de recherches ont
établi un groupe de travail de sous-ministres adjoints afin de
trouver le moyen d'amener les nouvelles technologies à mieux servir
les employés handicapés dans la fonction publique. Santé Canada
poursuit son programme de prévention des blessures et des maladies,
notamment celles qui frappent très durement les Autochtones, en
particulier le syndrome d'alcoolisme foetal et le diabète.
On examine et élabore des programmes de concert avec le
secteur privé afin de cerner les ingrédients d'une intégration
réussie en milieu de travail et de mettre en évidence et promouvoir
les meilleures pratiques dans le secteur privé. De même, nous
travaillons de concert avec Industrie Canada, avec les organismes
de développement régional, les organismes d'aide aux entreprises,
ainsi qu'avec les entrepreneurs handicapés afin de trouver des
façons d'accroître les occasions et de diminuer les risques
auxquels pourraient s'exposer d'éventuels entrepreneurs. Des
mesures sont en cours visant à une meilleure gestion du dossier des
personnes handicapées au sein du gouvernement conformément aux
recommandations du comité et à la réponse du gouvernement au
rapport de ce dernier. Nous accorderons la priorité à la création
de grilles d'évaluation axées sur l'accès et l'intégration ainsi
qu'à l'amélioration des rapports au public. Nous commencerons par
perfectionner les mécanismes en place avant d'en envisager de
nouveaux.
Je sais que certains semblent préoccupés par la portée et par
l'échéancier du programme d'action. Or, nous avons déjà franchi des
étapes importantes et nous continuons sur notre lancée. L'appui
ministériel est acquis. Ce comité a joué un rôle utile en
conservant au dossier des personnes handicapées son importance dans
le programme social et il pourrait continuer de le faire au moment
où nous abordons les questions de la responsabilisation et de la
mesure des résultats.
Comme vous le savez, il n'y aura de changement véritable
qu'avec la collaboration des provinces et des territoires,
notamment en matière de soutien, de revenu et d'emploi des
personnes handicapées. Bien que le terrain soit préparé et que les
travaux se poursuivent, l'échéancier de la mise en oeuvre du
programme d'action concernant les personnes handicapées sera
fonction de la disponibilité de ressources supplémentaires.
[Français]
J'aimerais maintenant céder la parole à mon collègue
Victor Rabinovitch.
M. Victor Rabinovitch (sous-ministre adjoint,
Programmes de la sécurité du revenu, ministère du
Développement des ressources humaines): Merci,
Susan.
Monsieur le président, je me suis présenté avec
mes collègues devant le Sous-comité sur le statut des
personnes handicapées en mai dernier pour discuter avec
les membres du processus du régime d'invalidité du RPC
et pour expliquer comment nous faisons face au
volume élevé d'appels. J'ai également fourni, en mai
dernier, des renseignements sur de nouvelles méthodes
que nous sommes sur le point de mettre en application.
Aujourd'hui, j'espère répondre à vos questions
concernant les efforts que nous déployons dans le but
d'améliorer notre service aux clients du programme de
prestations d'invalidité du RPC. J'aimerais aussi vous
faire part des plans que nous avons conçus pour
l'avenir afin de mettre en place une approche de
l'administration des programmes qui soit davantage
centrée sur les clients. Je crois que cette approche
aura pour effet de favoriser un meilleur climat de
confiance parmi nos clients et nos intervenants.
Permettez-moi de vous donner une vue
d'ensemble de la situation. Je veux surtout attirer votre attention
sur le diagramme que nous vous avons distribué avant le
début de la réunion. Ce diagramme illustre le mode
suivant lequel 100 demandeurs traversent habituellement
les divers niveaux du régime d'invalidité du RPC.
Même si mes commentaires d'aujourd'hui ne seront pas
centrés sur les chiffres, mais plutôt sur la qualité, je
sais que, pour certaines des personnes présentes
aujourd'hui, ce survol peut être
utile.
En ce qui a trait à l'étendue du régime d'invalidité
du RPC, il s'agit maintenant du plus vaste programme de
ce genre au Canada. Il sert 280 000 clients et
verse des paiements de
presque 2,5 milliards de dollars chaque année.
Cette année, nous allons recevoir environ 65 000
demandes.
Certains d'entre vous savent que les agents du
ministère sont chargés de deux étapes
initiales: l'étape de la demande et l'étape du réexamen.
L'étape du réexamen est le premier
niveau d'appel.
• 1130
Le diagramme que nous avons
distribué montre que 90 p. 100 des demandes sont
finalisées dans le cadre de ces deux étapes, qui sont
gérées par les agents du ministère. Deux organismes
indépendants sont chargés des appels qui vont au-delà
de nos deux étapes. Le tribunal de révision est
responsable du deuxième niveau d'appel. Le troisième
niveau d'appel est la Commission d'appel des
pensions, un organisme quasi judiciaire composé de
juges et d'anciens juges.
[Traduction]
Voilà pour le tableau d'ensemble du régime d'invalidité du
RPC. J'aimerais maintenant vous décrire en quelques instants la
situation actuelle.
Il est indéniable, monsieur le président, que le régime
d'invalidité du RPC se trouvait face à des défis de taille voilà
quelques années à peine. C'est pourquoi, en 1996, le vérificateur
général a exprimé plusieurs préoccupations. Depuis ce temps, nous
avons apporté des améliorations. Vous avez peut-être remarqué que
le rapport du vérificateur déposé mardi comporte un commentaire
très positif sur ces progrès. Le rapport déclare que nous avons
donné suite à toutes les recommandations et que si celles-ci n'ont
peut-être pas encore été toutes mises en oeuvre, nous avons
toutefois accompli des progrès significatifs vers l'amélioration de
la gestion et de l'exécution du régime d'invalidité du RPC.
J'aimerais mentionner quelques-unes des mesures concrètes que
nous avons prises, non pas depuis 1996, mais au cours des six
derniers mois, puisque mes collègues et moi-même avons eu
l'occasion de participer à la réunion du sous-comité.
Notre service à la clientèle est plus rapide et nous avons
plus de contact avec nos clients. Nous l'avons fait en accroissant
le personnel affecté au règlement des demandes en région. Nous le
faisons depuis plusieurs années. Au cours des six derniers mois,
nous avons réaffecté des employés expérimentés à l'administration
centrale, ce qui nous permet de fournir un service plus rapide aux
clients qui soumettent des demandes de prestation.
Depuis avril et mai, nous avons mis à l'essai une nouvelle
méthode qui met l'accent sur un contact personnel et rapide avec
les demandeurs et les appelants. Auparavant, nous dépendions en
grande partie de ce qui nous parvenait sous forme écrite. Grâce à
nos projets pilotes, nous avons maintenant un contact oral avec les
clients.
Deuxième grand changement intervenu cette année, le tribunal
de révision entend un plus grand nombre de cas. De nouveaux membres
ont été nommés aux tribunaux et le délai d'attente moyen pour qu'un
cas soit entendu devant un tribunal de révision a été réduit de
huit à six mois et demi.
Je souhaiterais vraiment féliciter quelqu'un qui n'est pas là
aujourd'hui. Il s'agit de Peter Smith, le commissaire des tribunaux
de révision, qui a fait avec ses collaborateurs un travail
remarquable sur le plan de l'administration du tribunal.
La troisième modification et amélioration intervenue cette
année concerne la Commission d'appel des pensions. Le nombre de
juges a augmenté, et 10 nouveaux juges ont été nommés la semaine
dernière. Le nombre total de juges est maintenant de 64, à un
niveau record. Les juges de la CAP ont effectué une opération
éclair pour régler les demandes d'autorisation d'appel, et ils ont
ainsi traité plus de 2 000 demandes au cours de l'année dernière et
de cette année. Là encore, je pense qu'on se doit de féliciter le
juge Poulin, le président, et le juge Rutherford, le président
adjoint, ainsi que la directrice exécutive, Barbara Naegele. Ils
ont accompli un travail splendide à la CAP ces temps derniers.
En quatrième lieu, je voudrais préciser que nous avons
commencé à explorer la manière de simplifier encore davantage le
processus d'appel. Je me ferai un plaisir de vous en parler plus en
détail durant la période de questions.
En cinquième lieu, je précise que nous prenons d'autres
mesures pour décentraliser encore plus le processus d'appel,
notamment le processus de réévaluation des personnes qui
bénéficient de prestations d'invalidité dans le cadre du RPC. Nous
avons mené cette expérience dans le cadre d'un projet pilote l'an
dernier au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Les résultats ont été
concluants, et nous sommes maintenant en train de poursuivre la
décentralisation de ce programme de réévaluation.
• 1135
Le sixième point que je voudrais souligner concerne notre travail
avec nos partenaires, notamment avec les commissions des accidents
du travail de cinq provinces: l'Alberta, la Nouvelle-Écosse, le
Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard et le Manitoba. Nous
avons aussi proposé aux commissions des accidents du travail des
autres provinces de mettre en place un système d'échange de
renseignements avec elles. Nous faisons aussi de l'échange
d'information sur les initiatives de retour au travail.
Enfin, une septième initiative prise cette année concerne
l'assurance de la qualité. Nous prenons de nouvelles mesures
administratives pour garantir une qualité uniforme dans tout le
pays des décisions prises dans le cadre du programme de prestations
d'invalidité et des appels.
Permettez-moi de conclure, monsieur le président, en vous
disant quelques mots sur nos perspectives d'avenir. Je pense que
nous avons réussi à jeter les bases d'une prestation de services
nettement améliorés. Nous avons récemment breffé notre ministre,
l'honorable Jane Stewart, sur ces propositions de modifications.
Elle nous a donné son appui et nous a priés de partager nos
réflexions avec vous. Nous souhaitons donc le faire. Si vous le
souhaitez, nous serons prêts à revenir rencontrer le Sous-comité
sur la condition des personnes handicapées pour revenir en détail
sur tous ces points.
En gros, nous souhaiterions discuter de nos idées avant de les
appliquer et avoir des réactions avant d'effectuer des changements
administratifs. Nous voulons adopter une approche de la gestion des
cas qui soit axée sur le client afin de servir nos divers clients.
Cela signifie également établir des contacts rapides et
personnalisés avec les clients lorsqu'ils soumettent pour la
première fois une demande de prestation, cela signifie également le
maintien de ce contact tout au long du cycle de vie de la demande
de prestation, même si ces clients ne sont pas admis. Grâce à ce
contact personnel, nous pourrons alors éventuellement orienter ces
clients vers d'autres formes d'aide.
En conclusion, monsieur le président, j'aimerais vous dire que
grâce aux questions que vous nous poserez et aux éventuelles
questions qui nous seront posées par le Comité sur la condition des
personnes handicapées, nous nous ferons un plaisir non seulement de
communiquer les informations mais aussi d'écouter des suggestions.
Merci beaucoup.
Le président: Merci à tous les deux.
Comme vous le savez, nous avons rétabli le sous-comité et nous
sommes convaincus qu'il continuera à faire un travail d'aussi
grande qualité que le précédent.
J'ai déjà une liste de 10 collègues qui souhaitent poser des
questions, sans parler du président, à supposer qu'on puisse
l'exclure. Je vous ai déjà dit que j'étais prêt à rester ici
jusqu'à la période des questions si nécessaire, mais vous comprenez
bien que 10 fois 5 minutes, cela fait 50 minutes, donc j'ai
l'intention de mener les choses tambour battant.
Nous allons prendre les questions dans l'ordre suivant:
Carolyn Bennett, Maurice Vellacott, Karen Redman, Wendy Lill,
Madeleine Dalphond-Guiral, Rey Pagtakhan, Jean Dubé, Bryon Wilfert,
Judy Sgro et Larry McCormick.
Je donne maintenant la parole à la présidente du sous-comité,
Carolyn Bennett.
Mme Carolyn Bennett (St. Paul's, Lib.): Merci, monsieur le
président.
Mes collègues auront certainement beaucoup de questions
à poser sur le fond d'intégration et le RPC, et je vais donc m'en
tenir à des généralités.
Comme vous le savez, ces questions horizontales nous
préoccupent. On a l'impression que ces interventions
pluridisciplinaires ne débouchent sur rien. Si quelque chose est de
votre domaine, vous pouvez le faire, mais s'il faut obtenir un
consensus, c'est beaucoup plus difficile.
Pourriez-vous me décrire l'Office des affaires des personnes
handicapées. Quel genre de personnel avez-vous, quel est votre
financement, et réussissez-vous à convaincre les autres ministères
de faire quelque chose?
Deuxièmement, il est dit dans le Discours du Trône que l'on va
s'occuper des Canadiens handicapés dans le cadre de l'Organisation
de l'Union sociale. Où en sommes-nous là-dessus, et est-ce que cela
va vraiment se faire? Ce sera là ma première toute petite question.
Le président: Carolyn, il y a deux possibilités. Soit vous
posez toutes vos questions maintenant. Au fait, vous avez déjà
utilisé une minute et dix secondes.
Mme Carolyn Bennett: Ce n'est pas mal.
Le comité voudrait évidemment en savoir un peu plus sur la
concrétisation des engagements du Conseil du Trésor, et préciser un
peu les informations qu'il présentera aux Canadiens dans son
rapport. Comment va-t-on déterminer les résultats ou les indices de
rendement?
• 1140
Comme vous le savez, nous n'avons pas été très enthousiasmés
par des indicateurs de rendement qui montrent simplement le nombre
de fois où l'on a un signal occupé plutôt que la garantie d'un
revenu. Nous voudrions savoir comment vous allez vous appuyer sur
notre comité et sur la communauté des personnes handicapées, qui
connaît très bien cette question, pour vous assurer que les
engagements et les indicateurs de rendement déboucheront sur des
résultats concrets.
L'autre grande question qui me préoccupe, c'est l'examen de la
Loi canadienne sur les droits de la personne qui a été effectué par
le juge La Forest. Qu'avez-vous fait pour vous assurer que la
communauté des personnes handicapées y participe et que cet examen
débouche sur les mesures proactives?
Le président: Susan Scotti.
Mme Susan Scotti: Merci pour ces excellentes questions, madame
Bennett. Je commencerai par la première, qui concerne
l'horizontalité.
Le gouvernement est une vaste mécanique, et il est difficile
d'en coordonner toutes les pièces, mais je pense que toutes les
autorités publiques que nous constituons sont d'accords pour dire
qu'il n'y a plus de solution au coup par coup. Nous devons
travailler collectivement, en partenariat pour résoudre
efficacement des problèmes très complexes. Nous sommes donc tous
convaincus que c'est en travaillant ensemble que nous obtiendrons
le plus de résultats, et cette conviction sous-tend le travail que
nous devons faire auprès des personnes handicapées.
L'Office des affaires des personnes handicapées est un des
éléments du ministère qui s'occupe de la coordination et du soutien
politique, mais nous faisons appel à de nombreuses autres parties
du ministère du Développement des ressources humaines. Nous
renforçons actuellement l'Office. Nous accroissons son personnel et
nous lui adjoignons des personnes qui vont se concentrer tout
particulièrement sur les activités d'action sociale et le travail
inter-ministériel nécessaire pour aller de l'avant.
Nous avons d'autre part une direction de la politique très
active qui collabore avec nous et avec le Programme d'assurance. Le
ministère lui-même sait très bien qu'il doit adopter une démarche
intégrée pour répondre aux questions de handicap sur tous les
plans, qu'il s'agisse de l'élaboration de politiques ou de
l'élaboration de programmes.
Je vais demander à Phil Jensen de continuer...
Le président: Si on accélérait le rythme.
Mme Susan Scotti: Je vais devoir parler un peu plus vite,
monsieur le président.
Le président: Je vous préviens simplement parce que je sais
qu'à la fin il y a des collègues qui attendent et qui n'ont pas
leur tour. Alors je vous demanderais d'accélérer un peu.
Mme Susan Scotti: Je vais demander à Phil Jensen de vous
parler du cadre de l'union sociale et de la mise au point d'un
système de mesure des résultats. Nous participons déjà à des
discussions avec nos collègues provinciaux pour certains de ces
aspects.
Avant de lui donner la parole, je voudrais dire que nous
savons que nous ne pouvons pas faire ce travail sans votre aide et
sans le soutien des personnes handicapées. Il s'agit donc d'une
collaboration, d'un partenariat qui fait appel aux personnes
handicapées, au comité et à nos collègues fédéraux-provinciaux pour
trouver les meilleures solutions aux problèmes des personnes
handicapées.
Phil.
M. Phil Jensen (directeur général, Politique sociale,
ministère du Développement des ressources humaines): Merci, Susan.
Compte tenu de l'observation du président, je serai aussi bref
que possible.
Concernant l'historique fédéral-provincial, c'est-à-dire votre
question sur l'union sociale, cela a été signalé comme priorité par
les premiers ministres en 1996-1997. C'est à ce moment-là que nous
avons rédigé le document intitulé À l'unisson, qui traite de la
politique fondamentale. Il faut le souligner car auparavant il n'y
avait pas de document de politique commune pour les provinces et le
gouvernement fédéral. Maintenant qu'il existe, nous pouvons faire
des progrès ensemble.
En octobre, les ministres ont approuvé deux ou trois
initiatives. La première concerne un cadre de responsabilisation au
niveau fédéral-provincial. Nous travaillons là-dessus actuellement.
La deuxième initiative était Disability Links, un site Web qui
donne des renseignements concernant les programmes offerts par le
gouvernement.
Au sujet du cadre de responsabilisation, par rapport à votre
question sur les résultats, nous avons eu plusieurs très bonnes
réunions. Il y a eu une réunion avec la communauté et les provinces
à Toronto en septembre. Ensuite il y a eu une réunion
complémentaire avec le groupe de travail fédéral-provincial la
semaine dernière à Toronto où on a examiné précisément la façon de
mesurer les résultats.
Depuis lors, nous avons compris au niveau fédéral qu'il nous
faut l'opinion du comité sur les résultats et la façon de faire
participer les citoyens dans l'élaboration de ces mesures.
• 1145
Nous espérons donc pouvoir vous consulter au cours des
prochains mois sur la façon d'établir cette collaboration. Pour
nous il ne s'agit pas d'une mesure ponctuelle. Il s'agirait plutôt
d'un effort de collaboration pour tout le processus.
Je pense que la ministre voudra peut-être vous en parler
davantage lorsqu'elle comparaîtra devant le comité dans une semaine
ou deux.
Le président: Je voudrais informer les témoins qu'ils peuvent
souvent étoffer leurs réponses dans des échanges ultérieurs, et la
même chose s'applique à nos collègues parlementaires. Il faut
prévoir après tout un certain temps pour la réponse. Je vous disais
que la durée des interventions était maintenant de sept minutes et
20 secondes.
M. Phil Jensen: Monsieur le président...
Le président: Si on multiplie par 10, cela fait 70 minutes.
Je donne la parole maintenant à Maurice Vellacott.
M. Phil Jensen: Au sujet de la Loi canadienne sur les droits
de la personne, si vous pouviez m'accorder 10 secondes...
Le président: Pourquoi ne pas y revenir, Phil, dans votre
réponse à la question de Maurice. C'est ce qu'ils font à la période
de questions.
Des voix: Oh, oh.
M. Phil Jensen: D'accord.
M. Maurice Vellacott (Wanuskewin, Réf.): Avec la bénédiction
du président, je vais poser quatre questions en espérant recevoir
des réponses rapides.
Monsieur Rabinovitch, c'est à vous que s'adresse ma première
question. Pouvez-vous nous dire combien de personnes ont demandé
les prestations d'invalidité du RPC et combien ont été refusées en
1998, la dernière année complète? Avez-vous des chiffres que vous
pouvez me donner rapidement?
M. Victor Rabinovitch: Oui, je peux vous donner la réponse. Au
cours de l'exercice financier 1998-1999, il y a eu
64 834 demandeurs. Sur ce nombre, à la première étape,
23 340 demandes ont été accordées et 42 220 ont été refusées.
À la première étape, alors, 36 p. 100 ont été accordées.
Ensuite il y a évidemment le processus d'appel.
M. Maurice Vellacott: D'accord. J'ai le tableau devant moi.
Comment cela se compare-t-il, monsieur Rabinovitch, avec les
résultats des années antérieures, 1997-1998, par exemple? Ce qui
m'intéresse c'est de savoir si vous recevez davantage de demandes
et s'il y a plus de demandes qui sont refusées par rapport à la
situation d'il y a dix ans, par exemple.
M. Victor Rabinovitch: Je peux vous donner les chiffres pour
les trois dernières années. Nous pourrions parler de façon plus
générale concernant les années antérieures mais je peux vous donner
des chiffres précis pour cette période de trois ans. Je vais vous
donner les résultats sous forme de pourcentage pour épargner du
temps.
Le pourcentage de demandes accordées pour l'année dernière
était de 36 p. 100. L'année d'avant, 1997-1998, 30 p. 100 des
demandes ont été accordées et en 1996-1997, c'était 33 p. 100.
Autrement dit, il s'agit d'une fourchette de 30 p. 100 à 36 p. 100,
ou environ un tiers.
M. Maurice Vellacott: Vous rappelez-vous si vous receviez
davantage de demandes il y a dix ans en chiffres absolus? Y avait-
il moins de refus à cette époque? Je ne sais pas si vous faisiez
partie du ministère à l'époque.
M. Victor Rabinovitch: Il y a dix ans le pourcentage de
demandes accordées était plus élevé mais à cette époque on
utilisait des critères administratifs un peu différents. Il s'agit
d'une des applications du programme qui a fait l'objet de critiques
sévères de la part du vérificateur général à l'époque. En
particulier, certains critères socio-économiques n'étaient pas
justifiés par la loi. Le vérificateur général a signalé ce défaut
et nous a demandé de faire preuve de plus de rigueur dans
l'application des critères législatifs.
En ce qui concerne le nombre de demandes, il n'est pas facile
de faire des généralisations. Tout dépend des exigences
législatives. Par exemple, il y a deux ans, le Parlement a resserré
les exigences législatives. Maintenant il faut avoir cotisé au RPC
pendant quatre ans sur six afin d'être admissible. Alors il n'est
pas facile de discerner une tendance générale.
M. Maurice Vellacott: Ce qui m'inquiète, et je suppose que
vous en êtes conscient et vous pouvez le justifier jusqu'à un
certain point en invoquant des changements, législatifs et autres,
qui ont été apportés à la loi, c'est que lorsque des personnes se
renseignent au sujet de la possibilité d'obtenir une pension
d'invalidité du RPC, on leur fait comprendre, grosso modo, qu'il
faut être à l'article de la mort avant d'avoir l'espoir de
l'obtenir.
Ça peut paraître une exagération mais en tant que député, j'ai
vu des gens dans mon bureau qui ont confirmé cette impression. Ce
sont des personnes qui manifestement ne se portent pas bien, mais
il faut être franc et leur dire qu'il ne semble pas y avoir
beaucoup d'espoir. Il y a parfois des demandes frivoles, mais
beaucoup de gens que je vois sont en très mauvais état.
Les chiffres me paraissent intéressants. Je me demande combien
il y a de personnes qui ne font pas appel même si elles avaient de
bons motifs. Parfois nous décidons de les aider. Si ce sont des
personnes qui ne peuvent pas foncer et s'affirmer à cause de leur
état d'affaiblissement, elles renoncent à se lancer dans un
processus d'appel, comme celui de l'assurance-chômage. Il faut
avoir du ressort pour le faire. Vous le savez sans doute et je sais
que vous devez respecter certaines contraintes. Est-ce que vous
avez déjà entendu cette observation, qu'il faut être presque à
l'article de la mort?
• 1150
Le président: Si je peux me permettre une observation, j'ai
été surpris de voir que 36 p. 100 des personnes n'ont pas fait
appel, je crois que cela fait partie de la même question.
M. Maurice Vellacott: Oui.
Elles abandonnent. Et c'est un peu comme si le ministère... On
finit par les avoir à l'usure. Nous ne voulons pas faire de procès
d'intention ici mais c'est simplement que beaucoup de ces personnes
n'ont pas suffisamment de ressort pour persister. Je me demande ce
que vous en pensez.
M. Victor Rabinovitch: J'espère certainement qu'il n'y a pas
de procès d'intention ici car nous sommes des fonctionnaires qui
appliquons la loi telle qu'elle a été adoptée par le Parlement.
M. Maurice Vellacott: Exactement.
M. Victor Rabinovitch: La loi est très claire et précise: la
personne doit se porter très mal, sans espoir de rétablissement
rapide. Le principe général, c'est que la personne est obligée de
quitter le marché du travail à cause d'une invalidité et qu'elle a
donc droit à une pension avant l'âge normal de la retraite. C'est
cela le principe qui guide la loi. La personne ne peut plus
participer au marché du travail.
Il ne fait pas de doute que la plupart des demandeurs d'une
pension d'invalidité du RPC ne se portent pas bien. Dans la plupart
des cas, ils souffrent d'une forme de maladie ou d'invalidité.
Le programme du RPC n'est pas censé s'appliquer dans le cas
d'une invalidité partielle. Le Parlement pourrait évidemment offrir
ce genre de programme. Mais dans sa version actuelle, qui a été
resserrée d'abord par le vérificateur général, qui est
fonctionnaire du Parlement—les critiques formulées par le
vérificateur général il y a quelques années, et les changements
apportés à la loi il y a seulement un an et demi—, le programme a
une application bien précise.
Ce qui nous a beaucoup intéressés lors de notre examen, si
vous me permettez de terminer...
Le président: Maurice, si vous pouviez...
M. Maurice Vellacott: J'ai seulement une autre question. Je
sais qu'il ne me reste pas beaucoup de temps et je ne veux pas vous
interrompre.
Le président: Vous disposez du même temps de parole.
M. Maurice Vellacott: Très bien. Continuez, Victor.
M. Victor Rabinovitch: Ce qui nous a beaucoup intéressés
lorsque nous avons compilé les statistiques c'était de constater
que l'allégation que l'on entend parfois selon laquelle tout le
monde est refusé lors de la première demande n'est simplement pas
vraie. Environ un tiers des demandeurs sont acceptés au programme
lors de leur première demande. Le délai a été considérablement
raccourci au cours des deux dernières années. Maintenant les gens
reçoivent une réponse dans 61 ou 62 jours ouvrables après leur
demande; c'est beaucoup plus rapide qu'autrefois.
Il y a ensuite le premier niveau d'appel. Bien souvent, à ce
premier niveau, on apporte de nouveaux éléments d'information
médicale, ce qui explique le nombre accru de demandes acceptées. Je
dois vous dire que c'est une décision très difficile. Les médecins,
les infirmiers et les infirmières et tous ceux qui participent au
règlement de la demande prennent la situation très au sérieux.
Quand je dois signer des lettres adressées aux demandeurs, et vous
pouvez me croire, cela arrive tous les jours... Avant de venir ici
ce matin, j'ai signé encore 10 lettres, dont certaines étaient
adressées à des députés, pour confirmer que la personne sera
admise.
M. Maurice Vellacott: Très bien. Je voudrais maintenant passer
à ma dernière question avant l'expiration de mon temps de parole.
Le président: Très brièvement, Maurice.
M. Maurice Vellacott: Vous avez dit qu'il n'y a rien de prévu
pour une invalidité partielle, mais certaines de ces personnes sont
incapables de travailler à plein temps, leur santé ne le leur
permet pas. Si on leur donnait la possibilité de faire du bénévolat
ou d'avoir un petit emploi à temps partiel, cela pourrait améliorer
leur santé mentale et leur bien-être. Le ministère examine-t-il la
possibilité d'être moins intransigeant à cet égard? C'est assez
désespérant quand on n'a pas le droit de travailler une heure ou
deux, ne serait-ce que pour sa santé mentale et son bien-être. Cela
me paraît assez injuste envers ces gens. Voilà ma question.
Le président: Je sais que c'est difficile, Victor, mais
pourriez-vous répondre brièvement à cette question. Il s'agit d'une
question très importante, mais nous devons...
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président, nous partageons
tout à fait ce point de vue. En fait, nous envisageons également de
mettre en oeuvre des initiatives en vue de favoriser le retour au
travail des personnes qui touchent des prestations d'invalidité.
Aux termes de ces initiatives, ces personnes pourraient faire du
bénévolat, suivre des cours de formation ou retourner au travail
pour une période d'essai de trois mois. Au bout de cette période,
nous pourrons rétablir rapidement les prestations d'invalidité
versées aux personnes qui estiment ne pas être en mesure de
continuer à travailler. Nous sommes tout à fait du même avis et
nous aimerions offrir davantage d'options aux bénéficiaires de
prestations d'invalidité.
Le président: Karen Redman, Wendy Lill et Madeleine Dalphond-
Guiral.
• 1155
Mme Karen Redman (Kitchener-Centre, Lib.): Je vous remercie,
monsieur le président.
J'aimerais aborder deux questions. Je vais les poser l'une
après l'autre et je me permets de faire remarquer, avant de le
faire, que vous avez déjà fait connaître votre réponse au rapport
du vérificateur général, ce dont je vous félicite. Étant député, je
comprends que toutes les personnes de ma circonscription dont la
demande est refusée s'adressent sans doute à moi. Je n'entends donc
jamais parler des autres. D'énormes difficultés se posent à l'égard
des demandes refusées dans ma circonscription.
Ma première question porte sur le Fonds d'intégration. Le
Centre de soutien à l'autonomie de vie a été créé en partenariat
avec les entreprises de la collectivité. Le centre était dirigé par
un coordonnateur qu'on a dû mettre à pied faute de fonds. Or, le
centre réussissait dans 90 p. 100 des cas à trouver de l'emploi ou
des possibilités de bénévolat pour les personnes handicapées. Je me
demande quand une décision sera prise au sujet du sort du centre.
Parce que le centre ne dispose pas d'un financement stable, les
gens de ma circonscription sont privés d'un outil précieux.
Ma seconde question porte sur les affirmations faites par des
témoins que nous avons entendus lors d'une autre séance. On nous a
parlé de demandes qui étaient refusées en raison de modalités
techniques ou juridiques. Voilà comment certains témoins expliquent
le haut pourcentage de refus de demandes de prestations
d'invalidité. Je songe en particulier au cas d'électeurs de ma
circonscription qui souffrent de sclérose en plaques et de
fibromyalgie, qui ne répondent pas aux critères touchant
l'invalidité prolongée...
M. Victor Rabinovitch: Grave.
Mme Karen Redman: ...grave. Je vous remercie. Je me demande
si l'on examine cette question et quand nous pouvons nous attendre
à ce que les critères fixés reflètent la condition que j'estime
très grave de ces personnes.
Mme Susan Scotti: Pour ce qui est de votre première question
portant sur le Fonds d'intégration, faisiez-vous allusion au cas de
l'ACCVA, l'Association canadienne des centres de vie autonome? Est-
ce l'organisme dont vous parliez?
Mme Karen Redman: Le centre est membre de cet organisme, mais
il s'agit...
Mme Susan Scotti: D'un sous-groupe?
Mme Karen Redman: Oui.
Mme Susan Scotti: D'accord. Je ne connais pas ce cas
particulier, mais peut-être que Mary le connaît.
Mme Karen Redman: J'aimerais en particulier savoir quand nous
saurons le sort qui sera réservé au Fonds d'intégration. Voilà
l'essentiel de ma question.
Mme Susan Scotti: D'accord. Nous espérons beaucoup que le
budget de février nous renseignera à ce sujet. Comme je l'ai dit
dans ma déclaration préliminaire, nous avons bon espoir que le
fonds sera renouvelé parce qu'il a donné de bons résultats et parce
qu'il constitue un élément important de nos moyens d'intervention.
Nous devrons cependant attendre jusqu'en février pour en être sûrs.
Nous avons cependant pu faire profiter certains organismes de
fonds supplémentaires qui nous ont été accordés. Si vous pouvez me
fournir des détails sur ce cas, je demanderai à mes collaborateurs
de se renseigner...
Le président: Pourriez-vous nous transmettre ces
renseignements, Karen?
Mme Karen Redman: Certainement.
Le président: Très bien.
M. Victor Rabinovitch: Permettez-moi de répondre à votre
seconde question portant sur la fibromyalgie ou le syndrome de
fatigue chronique. Les évaluateurs médicaux peuvent se reporter à
des directives écrites lorsqu'ils ont à évaluer des demandes de
personnes souffrant de ces maladies. Ces cas sont fréquents et bon
nombre des personnes affligées de ces maladies, mais pas toutes,
sont jugées admissibles aux prestations d'invalidité.
Je peux vous faire parvenir ces directives si vous le
souhaitez.
Mme Karen Redman: Qu'en est-il plus précisément des personnes
atteintes de sclérose en plaque et de fibrose kystique?
M. Victor Rabinovitch: Comme on le fait normalement, on
établit la capacité à travailler de ces personnes. La maladie peut
être prolongée, mais sans être suffisamment grave pour empêcher la
personne atteinte de participer à la population active. En dernier
ressort, il s'agit d'une pension qui compense les personnes qui ne
peuvent pas travailler et pas seulement les personnes qui sont
malades.
Il est vrai que certaines personnes souffrant de ces maladies
sont jugées admissibles aux prestations d'invalidité et d'autres ne
le sont pas.
Je vous rappelle que la loi prévoit trois paliers d'appel.
Dans sa sagesse, le Parlement a prévu des délais suffisants pour
permettre aux personnes visées de voir si leur condition s'améliore
ou se détériore puisque ces maladies peuvent évoluer dans l'un ou
l'autre sens.
• 1200
Nous avons accéléré le traitement des cas et les tribunaux
indépendants ont fait de même. Je peux vous assurer qu'il n'est pas
question que des demandes soient rejetées en raison de modalités
techniques, tout au contraire. Nous voulons faire en sorte que les
personnes qui ne répondent pas aux critères fixés dans le cadre du
RPC puissent être aiguillées vers des organismes provinciaux,
municipaux, communautaires ou de soutien à la vie autonome, c'est-
à-dire qu'on ne les traite pas seulement comme des numéros, mais
comme des personnes ayant besoin d'aide.
Le président: Cela répond-il à votre question? Je vous
remercie beaucoup.
Les prochains intervenants seront Wendy Lill, Madeleine
Dalphond-Guiral et Jean Dubé.
Mme Wendy Lill (Dartmouth, NPD): Je vous remercie d'être venu
comparaître aujourd'hui devant le comité.
J'aimerais poursuivre la discussion sur le Fonds d'intégration
qui connaît une période critique. En raison de l'incertitude
entourant le maintient de ce fonds, toutes sortes de groupes
doivent cesser leurs activités. Il ne suffit pas de dire qu'une
décision à ce sujet sera prise au cours des mois qui viennent,
parce qu'à moins d'une intervention immédiate, les efforts qu'ont
déployé ces groupes au cours des trois dernières années auront été
vains. Cette attitude est irresponsable et ne peut qu'acculer à
l'échec des programmes et des personnes qui en ont déjà connu
beaucoup. Je le déplore donc.
De nombreux groupes représentant les personnes handicapées ont
réclamé la création d'un fonds permanent de 50 millions de dollars.
Ces groupes en ont assez qu'on leur jette des miettes et ils
refusent un financement qui ne serait pas stable. Le gouvernement
va-t-il s'engager à financer à long terme les programmes destinés
aux personnes handicapées?
J'aimerais aussi savoir quelle suite vous comptez donner au
rapport du sous-comité. On nous informe que les questions touchant
les personnes handicapées relèveront du sous-ministre adjoint
associé de la Direction de l'investissement dans les ressources
humaines. Les témoins que nous avons entendus nous ont répété à
plusieurs reprises qu'ils ne voulaient pas d'une démarche de
«compartimentation». L'intégration à la population active n'est
qu'un des nombreux défis auxquels font face les personnes
handicapées.
Je regrette qu'on ait donc décidé de confier le
dossier des personnes handicapées à un service lié à l'emploi.
Qu'en est-il des questions fiscales, de la mobilité, du soutien du
revenu, de la santé et de l'éducation? Cette direction va-t-elle
vraiment pouvoir s'occuper de ces questions-là aussi? Comme verra-
t-on aussi à faire participer les personnes handicapées elles-mêmes
à l'étude de ces questions?
Mme Susan Scotti: Commençons par votre première question
portant sur le Fonds d'intégration. Je conviens avec vous que ce
fonds a donné de bons résultats et qu'il est malheureux que
certains organismes devront mettre à pied des employés parce qu'ils
seront privés de financement. Nous sommes très conscients des
problèmes que cela pose et nous avons demandé à nos bureaux
régionaux qui collaborent avec ces organismes d'évaluer quel serait
l'impact pour eux de reporter à février une décision sur l'issu du
fonds. Nous essayons d'établir aussi quels sont les besoins de ces
organismes.
Nous avons pu trouver un peu d'argent supplémentaire pour
permettre au Fonds d'intégration d'aider certains organismes à
faire le pont. Nous espérons pouvoir continuer d'aider ces
organismes à poursuivre leur bon travail. Le Fonds d'intégration
est un élément très important d'une stratégie d'intégration au
marché du travail plus vaste. Le Fonds d'intégration est l'un des
outils auxquels nous pouvons recourir pour atteindre nos objectifs
en matière d'emploi.
Votre seconde question vise à savoir comment faire participer
tous les services gouvernementaux, nos nombreux partenaires et les
intéresser à l'examen de ces questions. Je ne suis qu'une SSM parmi
d'autres bien que ce soit moi qui aie la responsabilité première
dans ce dossier au sein du ministère, mais nous voulons nous
assurer—et je sais que notre ministre appuie ce concept—que tous
les services gouvernementaux accordent de l'importance à
l'intégration des personnes handicapées. Cette responsabilité
n'incombe pas à un seul ministère. Il s'agit d'une responsabilité
collective à l'échelle du gouvernement.
• 1205
Pour atteindre cet objectif, nous devons nous doter d'outils
qui permettront aux responsables de l'élaboration des politiques et
des programmes publics de tenir compte de l'impact de leur
proposition sur les personnes handicapées. La lentille d'inclusion
ou la lentille d'accès aux personnes handicapées qu'a recommandée
le comité est un exemple de ce genre d'outils. Un cadre de
reddition de compte et une démarche axée sur les résultats
constituent d'autres outils utiles qui nous permettront d'établir
les résultats de nos efforts tant à l'échelle fédérale qu'à
l'échelle fédérale-provinciale.
Ces efforts doivent cependant cadrer avec les priorités qui
ont été établies en collaboration avec les collectivités, les
parlementaires, les entreprises et les gouvernements fédéral et
provinciaux.
Mme Wendy Lill: Je continue de craindre que le dossier des
personnes handicapées soit enfoui dans les entrailles du ministère.
Je n'ai pas l'impression que le groupe auquel on a confié ce
dossier puisse vraiment nous mener à bon port. Je ne comprends
toujours pas comment le ministère compte améliorer le sort des
personnes handicapées de cette façon.
Le président: J'accorde maintenant la parole dans cet ordre à
Madeleine Dalphond-Guiral, Jean Dubé et Bryon Wilfert.
[Français]
Mme Madeleine Dalphond-Guiral (Laval-Centre, BQ):
J'ai trois questions à poser.
Dans la première, je vais
reprendre un peu l'intervention de ma collègue au sujet
du fonds d'intégration à l'emploi. Il est très clair
que, dans le processus de socialisation et
d'atteinte du
bien-être,
le fait d'avoir un emploi est quelque chose
d'extrêmement
important. Je ne vous apprendrai rien en vous disant
que les montants investis pour favoriser cette
réalité chez le plus grand nombre possible de
personnes sont insuffisants.
Il y a quelques semaines, on a interpellé la ministre
en Chambre en lui faisant part d'un manque à gagner, au
Québec seulement, de 3 millions de dollars pour
permettre à des personnes handicapées qui bénéficient
d'un programme de se rendre jusqu'à la fin mars.
Peu de temps après, la ministre a annoncé un montant de
900 000 $. C'était un dollar sur trois,
finalement, et cet argent permettait
de maintenir en emploi 100
personnes jusqu'à la fin de janvier.
D'un autre côté, on dit qu'il y a un plan
d'action et que ce plan d'action va se réaliser,
mais selon les ressources disponibles.
Êtes-vous en mesure de préciser une somme
raisonnable qui devrait se retrouver dans le prochain
budget fédéral pour qu'on passe de la théorie à la
pratique? J'imagine que vous êtes en mesure de me
dire qu'il y aura un montant de plusieurs
millions de dollars. C'est
la réponse que j'aimerais avoir de votre part.
Ma deuxième question a trait au
financement des associations. Partout au Canada et
au Québec, de nombreuses associations donnent des
services à des personnes handicapées, et le financement
de ces organismes est toujours extrêmement difficile.
Dans votre présentation, madame Scotti, vous avez parlé
d'une douzaine de millions de dollars, ce qui semble être
un peu la règle.
• 1210
Est-ce que ces 12 millions de dollars
servent essentiellement à financer
les organisations nationales qui ont un
rôle important de planification et d'organisation à
jouer et dont
les services sont dispensés de l'Atlantique au
Pacifique?
Est-ce que vous envisagez que le financement
des associations déborde un peu le cadre des
associations nationales? Dans l'affirmative, j'aimerais que vous
me disiez comment vous voyez cela.
Monsieur
Rabinovitch, vous avez parlé des mesures législatives
qu'il faudrait probablement prendre pour améliorer
le régime d'invalidité.
À quelles mesures législatives pensez-vous?
Mme Susan Scotti: Je ne sais pas si je suis
vraiment en mesure de vous répondre quant aux
montants que nous trouverons dans le
budget de février. Nous espérons que
l'Opportunities Fund sera augmenté et que nous
obtiendrons des montants d'argent pour appuyer les
mesures inscrites dans le programme que nous avons
établi. Nous espérons aussi
que les organismes
nationaux et régionaux bénéficieront d'une augmentation
de leur financement.
Je vais
demander à Mme Glen de répondre à votre deuxième
question.
Mme Mary Glen (directrice générale, Direction
du développement social, ministère du Développement des
ressources humaines): Le fonds des partenariats
pour le développement social est axé sur les
organismes nationaux qui ont la capacité d'agir dans
l'intérêt de tous, partout au Canada. La somme de 12
millions de dollars est divisée
en deux parties: les fonds pour les
organismes eux-mêmes et les fonds pour les
projets.
On ne prévoit pas nécessairement une
augmentation du montant total, mais on a l'intention
de mieux axer les fonds sur les priorités du
programme
des personnes handicapées. Il s'agit
premièrement de fonds pour les organismes nationaux.
Le président: Madeleine?
Mme Madeleine Dalphond-Guiral: Non, ça va.
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président, nous
pouvons, dans un processus d'amélioration du
service, prendre des mesures administratives. Nous
sommes en train de tester certains de ces
changements dans le cadre de projets-pilotes:
les contacts personnels au
téléphone, les entrevues personnelles, les changements
aux procédures afin d'avoir un contact personnel
plutôt qu'un contact basé uniquement sur des dossiers.
Ce sont des changements administratifs.
Cependant, si nous voulons effectuer des changements qui
aillent plus loin, par exemple donner
une meilleure flexibilité
afin que les personnes qui participent au programme
aient la possibilité de travailler pendant plus
longtemps et d'être ensuite réadmises au
programme du RPC, il faudra un changement législatif.
Cela vous donne une certaine idée de la situation.
Nous voulons d'abord
expérimenter certaines de nos idées et ensuite
identifier les lacunes législatives qui
devront être comblées pour que nous puissions mettre en
oeuvre ces changements.
Je voudrais
aussi insister sur l'importance des consultations et
des échanges que nous avons avec nos collègues du
régime du Québec.
Nous échangeons constamment des renseignements et des idées avec eux
afin d'identifier des changements
qui pourraient être utiles aux clients.
• 1215
Mme Madeleine Dalphond-Guiral:
Monsieur Rabinovitch, vous venez de parler des
relations que vous avez avec le Québec qui, bien sûr,
gère les fonds pour les personnes handicapées.
Au niveau de la définition d'une personne
handicapée, est-ce que vos définitions concordent ou
s'il y a un fossé entre les deux?
J'ai regardé le tableau. J'avoue
que, quand j'ai vu que 35 demandées avaient été
accordées et que 35
avaient été refusées, cela m'a semblé
beaucoup. Il peut y avoir plein de
raisons pour refuser une demande, mais il se peut
aussi que ce soient
les critères qui fassent qu'il y a beaucoup de refus.
J'aimerais que vous fassiez
des comparaisons. J'imagine qu'au Québec
aussi, certaines personnes qui font des demandes
se font refuser.
M. Victor Rabinovitch: Certainement.
Les définitions législatives sont presque identiques.
Mme Madeleine Dalphond-Guiral: D'accord.
M. Victor Rabinovitch: L'application de la loi est
un peu différente dans chacune des juridictions;
cela dépend surtout de l'âge de ceux qui font appel.
Mais en général, les programmes sont très semblables.
Comme je l'ai dit, nous échangeons souvent des
expériences avec nos collègues pour
voir si des améliorations ont été apportées
dans l'un ou
l'autre des programmes. Les
programmes sont presque identiques.
[Traduction]
Le président: Jean Dubé, Bryon Wilfert et Larry McCormick.
M. Jean Dubé (Madawaska—Restigouche, PC): Je vous remercie,
monsieur le président.
Je voulais poser une question sur le Fonds d'intégration, mais
je vois que vous avez bon espoir que le fonds soit renouvelé. Comme
nous le savons, il doit cesser d'exister le 31 mars. Si le fonds
n'est pas renouvelé, vous entendrez sûrement parler de moi.
Je suis sûr que vous savez, monsieur Rabinovitch, que je veux
vous parler des prestations d'invalidité versées en vertu du RPC.
Vous n'avez pas pu nous fournir auparavant des chiffres touchant le
nombre de demandes présentées au cours des années précédentes. Je
dispose maintenant des chiffres portant sur le nombre de demandes
présentées de 1993 à aujourd'hui.
Dans votre déclaration préliminaire, vous nous avez dit que le
ministère avait recruté davantage d'employés expérimentés pour
traiter ces demandes. J'ai eu l'occasion d'étudier les dossiers de
nombreux électeurs, dossiers qui s'appuyaient sur des rapports
établis par des médecins généralistes et spécialistes. Or, les
demandes qui s'appuyaient sur ces dossiers ont été rejetées. Il
s'agit de rapports établis par des spécialistes de ces diverses
maladies. J'aimerais savoir qui vous avez embauché—je ne veux pas
connaître leurs noms—et quelles sont les compétences qui leur
permettent de contester ces évaluations médicales.
En 1993-1994, 109 000 personnes ont présenté une demande de
prestations d'invalidité en vertu du RPC: 44 869 d'entre elles ont
été acceptées et 46 146 ont été rejetées. Or, le délai d'attente
pour le traitement des demandes a augmenté considérablement depuis
1993. Vous dites que vous vous êtes occupé aussi de cette question
depuis que j'ai posé une question à la ministre à ce sujet
lorsqu'elle a comparu pour la dernière fois devant nous. Je vous
félicite des efforts que vous avez déployés pour accélérer le
traitement des demandes. Le délai d'attente est cependant encore
très long comparativement à ce qu'il était en 1993 lorsque le
ministère devait traiter beaucoup plus de demandes qu'aujourd'hui.
Voici où je veux en venir. Vu les efforts déployés pour
accélérer le traitement des demandes, pensez-vous qu'on pourra
ramener le délai d'attente à ce qu'il était en 1993? Si je ne
m'abuse, l'arriéré dans les demandes est passé de 5 000 à 10 000
alors que le nombre de demandes à traiter a diminué. La situation
me préoccupe beaucoup et je me demande ce que vous allez faire pour
la corriger. Je sais que vous avez déjà pris certaines mesures,
mais je compare la situation actuelle à ce qu'elle était en 1993.
• 1220
J'aimerais poser une autre question. Si vous me le permettez,
je grouperai mes questions.
Ce que j'ai récemment constaté... je me reporte ici à il y a
six mois. Comme vous le savez, j'ai été élu en 1997 et j'ai aussi
dû me familiariser avec ces dossiers. J'ai constaté, monsieur le
président, que le ministère refuse la demande de prestations
d'invalidité de personnes qui ont consulté des spécialistes qui
leur ont dit que leur invalidité était à long terme et qu'ils ne
pourraient jamais plus travailler. Je ne comprends pas pourquoi le
ministère rejette les demandes de ces gens lorsqu'elles s'appuient
sur le rapport d'un spécialiste. J'aimerais savoir combien de
médecins spécialistes sont affectés à l'étude des dossiers.
Il y a une tendance qui se dessine. Lorsqu'une personne a
suivi toute la filière et qu'elle continue d'être affligée par la
même maladie, le ministère lui dit souvent de soumettre une
nouvelle demande. C'est le seul choix qui s'offre à ces personnes.
Or, leur demande est rejetée pour d'autres raisons, c'est-à-dire
parce qu'elles n'ont pas travaillé pendant les six ans nécessaires
pour avoir droit aux prestations... voilà ce que nous jugeons
inacceptable comme les Canadiens qui souffrent d'invalidité.
Comment le ministère compte-t-il réparer les injustices commises à
l'égard de ces demandeurs?
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président, comme nous
manquons de temps, j'essaierai de répondre brièvement à cette
question.
En premier lieu, ce qu'on a cherché à faire au cours des trois
à quatre dernières années—et encore davantage au cours des trois
dernières années—est de régionaliser l'administration du
programme. Il en découle que la vaste majorité des décisions
rendues par le ministère sont prises à l'échelon régional.
Le ministère a recruté de nombreux médecins qualifiés. Nous
faisons beaucoup appel aux infirmières autorisées qui reçoivent, en
plus de leur formation en soins infirmiers, une formation
spécialisée en droit qui porte notamment sur le règlement des
demandes de prestations d'invalidité. Le ministère compte un groupe
de médecins spécialistes au sens où ils sont spécialisés dans
l'application de la loi ainsi que des médecins spécialistes de
divers maladies et handicaps qui peuvent être consultés au besoin
sur certains cas.
Le programme de l'assurance de la qualité mis en oeuvre par le
ministère vise aussi à assurer l'uniformité des décisions rendues
dans toutes les parties du pays.
Le système sur lequel reposent les décisions accorde donc un
rôle proéminent au médecin et vise à traiter le client, la
personne, comme un tout.
Le délai de traitement des demandes a considérablement diminué
au cours des deux dernières années et en particulier au cours de la
dernière année. Il fut un temps où il existait un arriéré. Il était
bien réel. Je suis heureux de pouvoir dire que cet arriéré n'existe
plus tant à l'étape de la demande initiale qu'au palier d'appel. Le
tribunal d'examen des demandes est en voie d'éliminer son arriéré.
Il existe évidemment un délai d'attente, mais il ne s'agit pas d'un
arriéré. La Commission d'appel des pensions s'efforce actuellement
d'éliminer son arriéré.
Ces efforts visent à accélérer le traitement des demandes,
mais aussi à tenir compte de l'ensemble des besoins de la personne.
Nous ne voulons pas étirer inutilement le processus. Le délai
d'attente est de 60 à 65 jours pour la demande initiale et de 65 à
110 jours au palier d'appel. Le délai est assez court.
Nous traitons le demandeur comme une personne. Nous tenons
compte de son dossier médical. Nous examinons les rapports
provenant de son médecin et d'autres spécialistes. Voilà notre
objectif. Il ne s'agit pas simplement d'appliquer une décision
type.
• 1225
Je me permets de faire remarquer à titre de fonctionnaire que
le Parlement a apporté des changements très importants au
financement du RPC il y a un an et demi ou près de deux ans. Les
actuaires estiment que ces changements assureront un financement
stable au RPC pendant les 100 prochaines années. Nous sommes très
heureux de faire part de cette réalisation aux clients qui nous
demandent à quoi s'en tenir au sujet du financement futur du RPC.
Le Parlement a prévu que les personnes touchant des
prestations d'invalidité en vertu du RPC devaient dans les six
années précédant leur demande avoir cotisé pendant quatre ans au
régime. Il est donc évident que certaines personnes ne répondront
pas à ce critère. Nous allons maintenant pouvoir étudier l'impact
de ce changement puisqu'il est maintenant en vigueur depuis un an.
Nous établirons combien de demandeurs ont vu leurs demandes
rejetées parce qu'ils n'avaient pas cotisé pendant quatre ans au
cours des six années précédant le dépôt de leurs demandes. Nous ne
disposons pas encore de ces chiffres, mais nous les recueillerons
sous peu.
Voilà qui répond à vos questions, monsieur.
Le président: Je vous remercie.
Vous pouvez poser une très brève question pourvu que le témoin
y réponde brièvement. Vous allez établir un nouveau record mondial.
M. Jean Dubé: Est-ce à moi de poser une question?
Le président: Oui.
M. Larry McCormick (Hastings—Frontenac—Lennox and Addington,
Lib.): Monsieur le président, la réunion est-elle terminée?
M. Jean Dubé: Vous avez dit louer le gouvernement d'avoir
resserré...
M. Victor Rabinovitch: Il ne m'appartient pas, monsieur, de
chanter les louanges du gouvernement. Le gouvernement est élu et
non pas la fonction publique.
M. Larry McCormick: Tous les gouvernements ne se ressemblent
pas.
M. Jean Dubé: Les personnes qui présentent une demande de
prestations d'invalidité en vertu du RPC n'ont pas de louanges à
adresser au gouvernement. Elles attendent d'être payées. Elles ont
besoin de cet argent pour vivre. D'après les dossiers que j'ai
consultés, il me semble que les critères d'admissibilité sont très
stricts. Des décisions sont renversées... C'est ce que je conteste.
Je trouve vraiment inadmissible qu'on n'accepte pas à Ottawa le
jugement rendu par un médecin ou un spécialiste quant à
l'invalidité d'une personne.
Le président: Voulez-vous répliquer à cette observation,
monsieur Rabinovitch?
M. Victor Rabinovitch: Très brièvement.
La vaste majorité des décisions qui sont rendues ne sont pas
prises à Ottawa, mais dans les régions. Je ne pense cependant pas
qu'on puisse reprocher quoi que ce soit aux gens qui vivent à
Ottawa. La ville compte maintenant près d'un million de personnes.
De bonnes personnes dont ma femme et mes enfants y vivent. Nous ne
sommes pas tous des ogres.
M. Jean Dubé: Je parle du gouvernement. Je parle du siège
social du ministère. Je ne parle pas de la ville d'Ottawa.
M. Victor Rabinovitch: Les décisions doivent se fonder sur des
preuves médicales, monsieur.
Le président: Vous avez eu 11 minutes et 13 secondes.
M. Jean Dubé: Très bien.
Le président: Jean.
M. Jean Dubé: C'est un coup bas.
Le président: On en jugera à la lecture du compte rendu.
M. Jean Dubé: C'est un coup bas...
Le président: Non, non.
M. Jean Dubé: ...et je ne l'accepte pas.
Le président: Non, la fonction publique—et vous pouvez dire
tout ce que vous voulez...
M. Jean Dubé: Je ne l'accepte pas. C'est un coup bas.
M. Larry McCormick: La situation est bien meilleure que ce
qu'elle était.
M. Jean Dubé: C'est un coup bas. Je ne parlais pas de la ville
d'Ottawa, mais du ministère.
Le président: Nous avons compris.
Bryon Wilfert et Larry McCormick.
M. Bryon Wilfert (Oak Ridges, Lib): Je vous remercie. Je ne
comptais pas poursuivre dans la même veine que mon collègue, mais
je vais le faire.
J'aimerais d'abord vous remercier tous d'être ici.
J'aimerais savoir quand on a revu pour la dernière fois le
processus au terme duquel les décisions sont prises quant à
l'admissibilité aux prestations d'invalidité du RPC. Je trouve
déplorable comme député qu'on ait tant de mal à obtenir des
renseignements sur un cas lorsqu'on parvient enfin à joindre le
Bureau du RPC.
Je ne sais pas si le système est trop bureaucratique. Je crois
que c'est la conclusion qui s'impose au sujet de la Commission
d'appel des pensions. Vous avez dit que la commission mettait
maintenant six mois et demi plutôt que huit à rendre une décision.
C'est un pas dans la bonne direction. C'est encore long pour ceux
qui attendent qu'on rende une décision les concernant. C'est une
situation difficile.
Je conviens avec mon collègue qu'il est difficile de
comprendre pourquoi le ministère rejette des demandes qui
s'appuient sur des rapports de médecins et de spécialistes. Il est
aussi souvent très difficile d'obtenir que quelqu'un réponde à nos
questions sur ces cas. J'aimerais que vous me donniez des
explications à cet égard.
Je ne sais pas quel type d'approche horizontale on pourrait
prendre... Vous y avez fait allusion, mais qu'en est-il au sein du
ministère même?
Je constate que le 6e Congrès international sur la façon de
répondre aux besoins des enfants handicapés dans la collectivité...
J'ai déjà été président de deux organismes nationaux: la Fédération
canadienne des municipalités et l'Association canadienne des
loisirs/parcs. Vous n'avez fait appel ni à l'une ni à l'autre de
ces organisations que ce soit ces derniers temps ou par le passé.
• 1230
À titre d'exemple, au début des années 90, l'ACLP a publié des
directives sur la façon de rendre les installations de loisir
accessibles aux personnes handicapées. Ces directives portaient sur
tous les sujets allant de la conception des immeubles à la
construction des trottoirs... Si une délégation canadienne
participe à ce congrès, elle pourrait compter des représentants de
ces organismes. Ils possèdent des compétences précieuses et le
gouvernement fédéral fait souvent appel à eux. La FCM a eu vent de
ces directives et a évidemment voulu les faire connaître. Le
problème du financement s'est évidemment posé.
Je me demande quels sont les objectifs de la réunion
internationale qui va avoir lieu en octobre 2000 à Edmonton? Quels
sont les résultats que vous en escomptez? Quelle incidence cette
réunion aura-t-elle sur l'orientation du gouvernement? J'attache
beaucoup d'importance à la collaboration. Vous avez parlé de tous
les paliers de gouvernement dans vos réponses, mais vous n'avez pas
mentionné les administrations municipales. J'ai pris la parole en
novembre 1996 devant les participants à une réunion ministérielle
fédérale-provinciale sur l'environnement, et je peux vous assurer
que l'idée d'inviter des organismes communautaires à participer à
ce genre de réunion n'est pas mauvaise. On l'a d'ailleurs déjà
fait, et vous n'avez donc pas à me parler des questions de
compétence. Voilà mes préoccupations.
J'aimerais aussi souligner le fait que le ministère met
vraiment l'accent sur les questions liées à l'emploi et évidemment
la prévention des accidents de travail comme mon collègue l'a
mentionné. Vous devez aussi vous intéresser aux interventions
communautaires et au partage de l'information. Je ne suis pas très
sûr si vous avez les outils voulus pour agir dans ces domaines.
Vous n'avez pas nécessairement à me fournir cette information
aujourd'hui, mais vous pourriez peut-être la transmettre par la
suite au comité.
Comme nous manquons de temps, monsieur le président, le témoin
pourrait nous transmettre cette information plus tard. J'espère ne
pas avoir dépassé le temps qui m'était imparti.
Le président: Vous ne l'avez pas fait.
Monsieur Victor Rabinovitch.
M. Victor Rabinovitch: Si vous me le permettez, monsieur le
président, je vais commencer et Mme Scotti poursuivra.
Dans la foulée du rapport du vérificateur général de 1996, le
ministère s'est efforcé de revoir et d'améliorer les directives
médicales et les directives portant sur le processus décisionnaire.
Je crois donc que c'est en 1996 qu'on s'est vraiment penché sur ces
directives. En 1997 et en 1998, on s'est efforcé de régionaliser le
système et d'embaucher plus de spécialistes médicaux afin
d'accélérer le traitement des demandes.
Au cours des trois dernières années, nous avons donc tout mis
en oeuvre pour assurer le bon fonctionnement du régime de
prestations d'invalidité prévu dans le cadre du RPC. L'objectif
visé était de faire en sorte qu'il corresponde à ce qui était prévu
dans la loi. En 1999, nous nous sommes penchés sur les questions
qui suscitent les préoccupations de M. Dubé et ses collègues. Nous
cherchons à établir s'il n'est pas possible de modifier certains
éléments du système pour qu'ils reposent moins sur la paperasserie
et qu'ils soient davantage axés sur les besoins des clients. Au
cours des trois dernières années, nous avons accéléré le traitement
des demandes et nous espérons maintenant nous pencher sur la
conception même du système.
Pour ce qui est des demandes de renseignements provenant des
clients, nous offrons une ligne téléphonique gratuite qui
fonctionne très bien. Nous recevons en moyenne de 70 000 à 80 000
appels par semaine et on répond à la totalité des demandes sur-le-
champ et à 95 p. 100 des demandes dans un délai de 180 secondes.
C'est la norme qui a été établie. Je peux vous fournir des détails
là-dessus.
Il existe dans chaque région un service de renseignements
spécial destiné aux députés. Si vous avez du mal à joindre ce
service, je vous demanderais de m'en faire part après la réunion
pour que je vois à ce que la situation soit corrigée. J'insiste sur
le fait que ce service s'adresse à tous les députés. Je mets aussi
à votre disposition mes collaborateurs qui pourront répondre à vos
questions—et je songe en particulier à M. Dubé qui a posé de très
importantes questions sur les statistiques—et vous fournir toute
l'information voulue pour bien comprendre ces statistiques.
• 1235
Le président: Je vous remercie.
Madame Scotti.
Mme Susan Scotti: Je crois que la question de M. Wilfert
comportait deux autres éléments.
En ce qui touche les objectifs du sixième congrès
international, nous collaborons avec l'Association canadienne pour
l'intégration communautaire et la province de l'Alberta en vue
d'atteindre trois objectifs principaux. L'approche canadienne est
d'essayer d'aborder la question des besoins des enfants handicapés
sous tous ses angles pour essayer de trouver les meilleures façons
de les combler. Nous voulons faire profiter les autres participants
à ce congrès de nos réalisations dans ce domaine. Deuxièmement, le
congrès vise aussi à sensibiliser la population au sort des enfants
handicapés. Troisièmement, le congrès vise aussi à souligner ce que
signifie pour une famille le fait de comporter un enfant handicapé.
Voilà donc les trois objectifs principaux de ce congrès. Nous
serons heureux de vous faire parvenir un peu plus d'information sur
ce congrès à mesure qu'il prendra forme.
M. Bryon Wilfert: Je vous en serais reconnaissant.
Mme Susan Scotti: Je ne suis pas en mesure aujourd'hui de vous
dire qui fera partie de la délégation canadienne car aucune
décision à cet égard n'a encore été prise.
M. Bryon Wilfert: À qui doivent s'adresser les organismes qui
aimeraient être représentés?
Mme Susan Scotti: Il faudrait s'adresser à l'Association
canadienne pour l'intégration communautaire dont Mme Diane Richler
est la directrice générale.
Mary, voulez-vous rajouter quelque chose?
Mme Mary Glen: Non.
Mme Susan Scotti: D'accord.
Pour ce qui est de votre question concernant la structure du
MDRC, nous serions heureux de donner aux membres du comité une
description des différents aspects de notre travail et des
responsables des divers secteurs.
M. Bryon Wilfert: Je voudrais aussi savoir quel est le rapport
que vous avez avec les organismes que j'ai nommés et la
documentation qu'ils distribuent pour sensibiliser la population?
Mme Susan Scotti: Vous avez parlé de la FCM...
M. Bryon Wilfert: C'était la Fédération canadienne des
municipalités et l'Association canadienne des loisir/parcs.
Mme Susan Scotti: D'accord. Il faudrait que je fasse un peu de
recherche concernant ces deux organismes. Je sais que nous avons
participé à des discussions avec la FCM concernant le problème des
sans-abri. Quant à l'autre, je ne suis pas au courant.
M. Bryon Wilfert: Merci.
Le président: Larry McCormick suivi de Paul Crête.
M. Larry McCormick: Merci, monsieur le président, je voudrais
remercier les témoins d'être venus.
Je pourrais faire un panaché d'éloges et de critiques mais
cela fait seulement six ans que je suis député à Ottawa et pendant
toute cette période j'ai fait partie du Comité du développement des
ressources humaines, ce qui n'est sans doute pas de très bon
augure. Il m'arrive à moi-même de me tromper très souvent mais je
dois dire que de tous les ministères, c'est le MDR qui mérite la
plus mauvaise note pour la façon dont il a géré la question des
pensions d'invalidité du RPC il y a quelques années. Mais je
constate que la situation s'améliore, même dans mon bureau local,
depuis deux ans. C'est une amélioration sensible, il faut le dire.
Victor, vous avez mentionné quelque chose, j'espère que ce
n'est pas un projet pilote. Vous avez mentionné le contact
personnel et rapide, ce qui est très important car il donne la
possibilité d'un échange oral bien utile. J'aimerais des précisions
là dessus.
Avant d'oublier, je devrais aussi rendre hommage au rapport
Scott, un excellent travail. Comme membre de ce comité, avec Paul,
depuis 1993, j'estime que M. Scott a fait une grande contribution.
Je suis sûr que ce travail sera poursuivi par Mme Bennett, de
concert avec Mme Scotti, Mme Glen, etc.
Tout ce que nous pouvons faire pour vous encourager à
communiquer davantage sur le régime d'invalidité du RPC... Je ne
veux pas reprendre le refrain de l'opposition. Je ne devrais pas
parler d'eux quand ils ne sont pas là. La semaine prochaine je ne
pourrai pas assister à la réunion avec le ministre parce que le
Comité de l'agriculture va entamer son voyage dans l'Ouest en
visitant le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta.
En 1994 ou 1995 le comité a fait un voyage d'enfer au cours
duquel nous avons visité 26 villes en 35 jours dans dix provinces,
deux territoires et l'est de l'Arctique. Dans une ville seulement,
nous avons eu une émeute sérieuse. Cela aurait pu être pire.
• 1240
Je sais que vous travaillez beaucoup dans vos ministères ici
à Ottawa et je respecte beaucoup les bureaucrates mais j'ai
l'impression quand je vois ces gens qui réclament des prestations
d'invalidité du RPC que vos fonctionnaires seraient capables de
faire certaines distinctions s'ils rencontraient personnellement
les demandeurs plutôt que de juger sur papier.
Nous avons tous rencontré des gens qui venaient se présenter
dans nos bureaux et qui, à la fin de tout ce processus, n'étaient
plus là. Je m'excuse de le dire mais c'est un fait. Ces cas se
produisent et vont continuer à se produire. Il y a bien des choses
qui ne relèvent pas de nous.
Mais comme je l'ai dit, nous avons constaté de grands progrès
et j'applaudis votre effort régional. En tant que président du
caucus rural ministériel, je sais que c'est très important car les
transports et les communications dans les régions rurales du
Canada, surtout dans les régions reculées, représentent un défi
permanent.
Avec le Comité de l'agriculture, nous allons la semaine
prochaine visiter certaines de ces régions où les Canadiens ont été
les plus durement frappés. Il faut se rappeler que ce ne sont pas
des statistiques, ce sont des personnes. Je tiens à le dire.
Merci, monsieur le président.
M. Victor Rabinovitch: Je suis tout à fait d'accord avec vous
et je comprends votre point de vue. Quant à moi, mon contact
personnel avec les clients s'effectue surtout par correspondance.
Comme mon personnel le sait très bien, je consacre des heures à la
correspondance et je lis autant que possible les dossiers. Je
reconnais que certains cas peuvent être très complexes et que
certaines personnes qui ne répondent pas aux critères du RPC sur le
plan médical sont loin d'être en bonne santé. Cela, c'est bien
clair.
Grâce à nos projets pilotes ou à certaines mesures que nous
comptons adopter, nous pensons accélérer le rythme d'introduction
de nouvelles mesures au cours de l'an 2000-2001. Nous voudrions
prévoir un entretien avec chacun des demandeurs au moment de la
demande. Nous voulons aussi expliquer aux demandeurs ce qui est
prévu par le programme du RPC et ce qui n'est pas prévu, car le
Parlement a défini les modalités de façon très claire. Nous tenons
également à bien expliquer quels sont les renseignements
nécessaires pour éviter qu'un demandeur dépose une demande pour
apprendre plus tard qu'il manque des éléments. Nous voudrions aussi
donner une explication détaillée de la façon dont les décisions
sont prises pour que l'on comprenne pourquoi une demande a été
acceptée ou rejetée.
J'ai mentionné qu'il y a déjà trois projets pilotes en cours.
L'un se trouve au Manitoba, l'autre à Saint-Jean de Terre-Neuve et
l'autre à Chatham, l'un de nos trois bureaux en Ontario. Nous
sommes en train d'évaluer ces projets pilotes. Nous déterminerons
combien de temps supplémentaire il faut consacrer à chacune de ces
demandes et nous serons donc en mesure de savoir combien il nous
faudra de ressources supplémentaires si nous décidons d'adopter
cette nouvelle approche.
Ensuite, il faudra trouver une façon d'obtenir ces nouvelles
ressources. Le Canada vient de découvrir qu'il n'y a plus autant
d'infirmières qu'avant et nous sommes parmi ceux qui se font
concurrence pour recruter des infirmières qualifiées pour le
programme du règlement des demandes.
Tout cela fait partie des projets pilotes et de la conception
d'un meilleur programme.
Il est important pour nous de donner tous les renseignements
nécessaires aux clients qui sont admis au programme et de faire un
suivi, surtout au début du programme pour déterminer s'ils seront
en mesure de reprendre le travail ou de suivre un traitement afin
de pouvoir reprendre le travail. Il serait peut-être préférable de
s'adresser directement à la personne plutôt que d'attendre qu'elle
vienne nous voir. C'est une avenue que nous explorons.
D'autre part, chose triste à dire mais cela fait partie de la
réalité, un nombre important de nos clients qui ont été admis au
programme finissent par mourir. Il y a environ 8 000 morts chaque
année sur ces 280 000 personnes. Nous voudrions commencer à prendre
contact avec nos clients et leur famille peu de temps après leur
accession au régime d'invalidité afin de les informer des autres
prestations du RPC auxquelles ils auraient éventuellement
droit—autrement dit, il ne s'agit pas simplement de verser les
pensions sans plus se soucier de ces personnes.
• 1245
Ce sont toutes des idées que nous examinons. Certaines sont
mises activement à l'épreuve. Nous essayons d'établir des coûts.
C'est de façon générale l'approche que nous voulons adopter,
monsieur le président. Dès que ces idées seront un peu plus
étoffées, nous nous ferons un plaisir d'en discuter avec vos
collègues au Sous-comité des personnes handicapées.
M. Larry McCormick: Monsieur le président, je ne suis pas en
mesure de bien juger mais nous pourrions peut-être
envisager—encore une fois, je vais revenir à la question du prix
des matières premières au Canada et ce n'est pas seulement dans
l'Ouest, les cultivateurs de porc... tous ces gens souffrent et ça
finit par avoir une incidence sur la santé de la famille et cela
peut aboutir à une situation d'invalidité. Les médias prétendent
que cela se passe dans un climat d'indifférence. Personnellement,
j'estime que le contact initial et le fait d'écouter ces gens sont
très utiles... Si vous pouviez faire comprendre à ces personnes que
nous ne sommes pas indifférents... Je pense que cela devrait être
notre priorité.
Merci beaucoup, monsieur le président.
Le président: Merci, Larry.
Victor.
M. Victor Rabinovitch: Je voulais simplement vous dire que
notre personnel qui participe au projet pilote est très
enthousiaste. Ils préfèrent traiter directement avec les gens. La
plupart ont reçu une formation médicale, comme vous le savez et ils
aiment beaucoup mieux avoir ce contact direct.
Le président: Paul Crête.
[Français]
M. Paul Crête
(Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques,
BQ): J'ai trois questions à poser.
Premièrement, vous avez
laissé sous-entendre tout à l'heure que vos relations
avec les provinces étaient très bonnes. Ce n'est du tout
ce qu'on m'a dit. On m'a dit qu'en octobre, il y avait eu
une rencontre à laquelle tous les responsables provinciaux
s'étaient plaints de leurs relations avec le
gouvernement fédéral
au niveau du partage des responsabilités.
J'aimerais que vous m'informiez là-dessus.
Deuxièmement, j'ai assisté à une rencontre du conseil
d'administration de l'Association
canadienne des centres de vie autonome
à Montréal, il y a quelques semaines. On se plaint
beaucoup du fait que le personnel n'est
jamais le même au ministère. Ils ne sont pas capables,
d'un mois à l'autre, de faire affaire avec la même personne pour le
suivi. Pourriez-vous nous nommer
les gens qui étaient là il y a 12 mois et ceux
qui sont là maintenant afin qu'on puisse voir si les
personnes ont changé depuis 12 mois
et aussi nous dire si
cet état de fait a été corrigé?
Troisièmement, vous avez parlé de millions de dollars pour des
projets et pour les associations nationales. Est-ce
qu'on ne pourrait pas faire en sorte que le CAMO,
le Comité d'adaptation de la main-d'oeuvre pour personnes
handicapées,
qui gère le budget du Québec, ait
de l'argent pour se rendre
jusqu'au 31 mars? Les 900 000 $ qui ont été
ajoutés ne permettent pas d'aller plus loin que le 30
janvier.
Est-ce que ces
projets pourraient permettre à un groupe comme le
Comité «Femmes
sans barrière», qui est financé par le Centre de vie
autonome à Trois-Pistoles, par le programme fédéral,
d'avoir des sommes d'argent pour mettre en oeuvre les
recommandations qui ont été faites à
son colloque qui a eu lieu à Rimouski
il y a à peu près trois semaines et qui a connu un grand
succès? Le Comité
«Femmes sans barrière» regroupait une cinquantaine de
femmes handicapées et possiblement une centaine de
personnes en tout.
Le président: Monsieur Rabinovitch.
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président, nous
voulons partager les réponses. D'abord, je parlais de
l'amitié entre nous et nos collègues de la Régie des
rentes du Québec et du travail conjoint que nous faisons avec
ces derniers. Je
dois dire que ce travail se fait
normalement très, très bien. Nous partageons des
renseignements et des idées.
M. Paul Crête: Ce n'est pas par rapport à la
Régie des rentes du Québec, mais par rapport au
regroupement provincial-fédéral sur les programmes pour
les personnes handicapées. On m'a dit qu'en octobre,
il y avait eu une rencontre à laquelle les représentants
provinciaux s'étaient beaucoup plaints.
M. Phil Jensen: On a eu beaucoup de réunions
avec les provinces. Parlez-vous des
réunions des sous-ministres sur les politiques
sociales?
M. Paul Crête: Les réunions sur les
questions des personnes handicapées.
M. Phil Jensen: Nous avions plusieurs sujets à
l'ordre du jour. Le Québec était là à titre
d'observateur et il a partagé son expérience. Je n'avais
pas l'impression qu'il y avait un conflit.
M. Paul Crête: Je ne dis pas que
le Québec n'est pas content, mais que l'ensemble des
provinces ne le sont pas.
M. Phil Jensen: Telle n'était pas mon impression.
M. Paul Crête: Vous étiez présent?
• 1250
M. Phil Jensen: Oui, j'étais là,
à Edmonton. Ils ont discuté de choses
concernant les personnes handicapées, par exemple
de l'entente entre les provinces et le fédéral
qui s'appelle À l'unisson; c'est le projet global de
politique.
M. Paul Crête: Justement, au sujet du
projet À l'unisson, vous dites dans votre rapport
que toutes les provinces sont d'accord. Cependant,
le Québec n'a jamais signé cette entente.
M. Phil Jensen: Il y a un paragraphe qui
indique que le Québec ne participe pas à ce projet.
En tout cas, j'étais là et j'ai eu l'impression que
la réunion s'était très bien déroulée.
Mme Susan Scotti: Pour ce qui est des autres questions, je
vous donnerai plus tard de l'information sur
les trois projets: le Comité «Femmes sans barrière», à
Trois-Pistoles, les fonds additionnels pour le CAMO et
l'Association canadienne des centres de vie autonome.
Je n'ai pas ici l'information que vous demandez et je
vous la ferai parvenir plus tard.
M. Paul Crête: Il est important que nous ayons
l'information sur le CAMO
avant que la Chambre ajourne. Autrement,
il n'y aura plus d'argent à la
fin de janvier et nous ne serons pas ici à ce moment-là.
Mme Susan Scotti: Je pense que nous devons
verser un montant additionnel...
M. Paul Crête: Neuf cent mille dollars.
Mme Susan Scotti: ...au CAMO.
Pour ce qui est de la liste des employés, il y a eu
beaucoup de changements dans le personnel. J'espère que la
situation va se stabiliser. Nous
serons heureux de vous soumettre la liste du
personnel qui était là il y a
deux mois.
M. Paul Crête: Au sujet de CAMO, il est important
de comprendre que les 900 000 $ qui ont été versés
ont permis à l'organisme de payer des arriérés et
de continuer à fonctionner jusqu'au 30 janvier.
Cependant, du
30 janvier au 1er avril, il n'y aura plus
d'argent pour assurer la continuité.
Selon nous,
c'est là que devraient être ajoutés des sous,
de la même façon
qu'il y a quelques semaines.
Le président: Vous ne devez pas oublier que la présidence est
toujours ici.
M. Paul Crête: Oui, monsieur le président, je vais
finir par l'apprendre. Excusez-moi. Je ne suis pas
vite. C'est l'intérêt, l'enthousiasme.
Le président: Oui, je comprends.
[Traduction]
Mme Carolyn Bennett: Vous venez...
Le président: Non, non.
Mme Carolyn Bennett: Lorsqu'il aura terminé.
[Français]
Le président: Ça va?
M. Paul Crête: Oui, merci.
[Traduction]
Le président: Collègues, je vais donner la parole à Jean Dubé
à qui je demanderai d'être très bref...
Mme Carolyn Bennett: On n'a pas encore entendu la réponse
concernant la Loi sur les droits de la personne.
Le président: Nous allons y revenir.
[Français]
Jean.
M. Jean Dubé: Lors de mon intervention de
tout à l'heure, vous avez constaté la
frustration que je ressens quand mes
commettants arrivent à mon bureau. Vous avez
eu un petit exemple de ce qu'on voit à nos bureaux.
Mais je vais faire attention la prochaine fois de
mentionner Hull, parce que j'ai aussi des parents
ici, à Ottawa, et je les aime bien gros.
Permettez-moi de revenir au régime d'invalidité
du Régime de pensions du Canada.
Quand une personne fait une demande pour la
première fois, elle la fait au niveau régional. Si une
personne de ma province, le Nouveau-Brunswick,
faisait une demande de pension d'invalidité, elle
ferait sa demande
au bureau régional, qui est à Fredericton, je
crois. Si une personne est refusée au niveau
régional, peut-elle avoir recours
à un mécanisme quelconque avant
d'aller aux tribunaux d'appel? Est-ce que le
bureau de Hull peut intervenir au niveau de la décision
ou si cela doit automatiquement aller au tribunal
d'appel?
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président,
le premier palier d'appel est au niveau
administratif. On appelle cela reconsideration
et c'est au niveau administratif. Cet appel se
déroule normalement à l'intérieur du ministère, dans la
région où
la première décision a été prise. Les gens qui
doivent prendre la deuxième décision ne doivent pas
être ceux qui ont été impliqués dans la première
décision.
Il faut de nouvelles personnes, qui viennent toujours
du bureau régional. Ainsi, un réexamen
est fait avec de nouveaux yeux.
• 1255
De cette façon, on essaie d'éviter d'entrer dans
le système at arm's length, le système
indépendant, celui
des tribunaux administratifs.
Voilà la réponse.
Nous avons un système d'assurance-qualité, qui sera
amélioré.
L'année prochaine, quand nous répondrons à vos
questions, nous serons peut-être en mesure
de vous donner des
renseignements plus précis concernant
l'assurance-qualité
dans chacune des régions et à chacun des paliers
de décision. En général, nous sommes satisfaits, et le
vérificateur général l'était aussi, mais nous
exigeons de plus en plus une standardisation, une
normalisation de toutes les décisions dans toutes
les régions.
J'espère avoir bien répondu à votre
question.
M. Jean Dubé: Oui, merci.
J'avais posé l'an dernier au ministère
une question au sujet des attentes. Dans certaines
provinces, on devait attendre plus longtemps que
dans d'autres. En Colombie-Britannique, à ce moment-là,
après avoir présenté une demande d'examen,
une personne devait attendre
109 jours avant de recevoir une réponse.
En Ontario, c'était 107 jours. À
Terre-Neuve, c'était seulement 48 jours.
On avait une moyenne d'environ 62 jours
ouvrables. Est-ce que quelque chose a été
fait dans le cas de ces deux provinces où le temps
d'attente était très important? Est-ce qu'il est encore
de 107 et 109 jours en
Colombie-Britannique et en Ontario?
M. Victor Rabinovitch: Monsieur le président, je
ne sais pas si mes collègues ont les statistiques les
plus récentes. Nous ne les avons
pas ici, mais nous allons les faire
parvenir à tous les membres du comité. Il s'agissait
d'une très bonne question, qui nous
a démontré qu'il était nécessaire d'ajouter
du personnel en Colombie-Britannique
et de revoir certaines mesures
administratives. À l'heure actuelle, la
Colombie-Britannique répond exactement à nos normes de
rapidité. Si je me
rappelle bien, l'attente y est
maintenant de 55 à 60 jours, ce qui est exactement la
norme, mais
je vais vérifier et je vous donnerai les
renseignements exacts.
Une des grandes améliorations que nous avons
apportées au système depuis 12 à 14 mois a été cette
accélération du processus partout
dans le système. Les renseignements sont
maintenant plus précis concernant les décisions qui sont
prises dans chacun des bureaux régionaux. Également, des
comparaisons sont faites par les corps
administratifs dans chacune de ces régions.
Mon collègue vient juste de me donner des
renseignements
et je vais vous les citer. En
Colombie-Britannique, c'est extraordinaire:
jusqu'à la fin d'octobre, l'attente moyenne
pour la première décision était de 28 jours et
elle était de 67 jours pour le deuxième
palier de décision, c'est-à dire le premier appel.
Ils se conforment exactement aux normes que
nous imposons. En moyenne, dans toutes les régions du
Canada, l'attente était de 61 jours pour la première décision et
de 67 jours pour le deuxième niveau de décision.
C'est la moyenne pour une période de trois mois. C'est
très acceptable.
[Traduction]
Le président: Carolyn Bennett.
Mme Carolyn Bennett: J'ai une question concernant notre
contribution à la révision de la LDP et une autre question
concernant les recherches en matière d'invalidité au Canada.
• 1300
Ce qui m'inquiète, c'est que même le PRP du BCP ne semble pas
s'y intéresser beaucoup. Même s'il a reçu le mandat de faire des
études horizontales, il n'en a pas été question à sa conférence la
semaine dernière. Qui s'occupe de ce domaine, compte tenu du fait
que plusieurs ministères sont affectés? Qui s'occupe de la
coordination?
M. Phil Jensen: Monsieur le président, je pense que je suis
probablement le mieux placé pour répondre à ces deux questions.
D'abord, je suis désolé qu'il ait fallu si longtemps pour vous
répondre concernant la Loi canadienne sur les droits de la
personne.
La ministre, Mme McLellan, a commencé la révision de cette loi
dès le mois d'avril. J'ai l'impression qu'il y a deux questions qui
se posent: d'abord, y a-t-il suffisamment de protection accordée
par la Loi canadienne pour les groupes minoritaires comme les
personnes handicapées? Cette question a été soulevée à plusieurs
reprises et ces groupes on évoqué la question de la loi sur les
questions d'invalidité.
Je pense que je l'ai déjà mentionné à votre comité, nous avons
examiné cette question de façon assez systématique d'un point de
vue législatif. Il semble que la loi actuelle donne suffisamment de
protection. À part cela, quelle que soit la situation en droit, la
mise en pratique et les résultats concrets pour les personnes
affectées sont une autre paire de manches. Beaucoup de pays ont dû
faire face à ce problème et les Américains ont changé leur loi à
plusieurs reprises afin d'ajuster le tir.
Mme Carolyn Bennett: Est-ce que vous avez rencontré...
M. Phil Jensen: Oui, j'y arrive.
Le président reçoit maintenant des interventions de la part
des différents ministères. L'un de mes directeurs responsable de ce
domaine l'a rencontré la semaine dernière pour soulever cette
question et pour lui faire remarquer que la Commission des droits
de la personne pourrait peut-être établir des directives et peut-
être même des règlements afin de faciliter l'intégration. Mais ce
n'est que le début du processus. Les réunions et les entretiens se
poursuivent et ensuite on va soumettre un rapport au ministre. Mais
nous avons effectivement soulevé ce problème avec lui.
Mme Carolyn Bennett: La seule question dont nous avons traité,
c'était de savoir si la Commission pourrait avoir un secrétaire et
un bureau afin d'effectuer des vérifications et travailler de façon
plus systématique. Y a-t-il des initiatives de ce genre qu'on
pourrait prendre et est-ce que vous allez faire une recommandation
à cet effet?
M. Phil Jensen: Je pense que nous voulions commencer d'abord
par l'établissement des directives et des règlements. La question
de la surveillance ou des vérifications viendrait ensuite car il
faut d'abord des points de repère. Pour le moment nous n'avons que
la loi. Nous n'avons pas de directives ou de règlements, alors
c'est certainement une question que vous pourrez leur poser.
Quant à la question de la recherche en matière d'invalidité,
comme nous l'avons déjà signalé à votre comité, au bout du compte
les statistiques sur l'invalidité pour notre pays sont très
pauvres. Tout cela date un peu et beaucoup de renseignements
manquent. Depuis six ou huit mois, nous mettons les bouchées
doubles pour améliorer la situation, si vous voulez. Tout d'abord,
nous avons financé certaines étapes préliminaires de l'enquête sur
la santé et les limitations d'activités, ESLA, pour le prochain
recensement. La ministre a réaffecté certains fonds à l'intérieur
du ministère à ce travail de développement. Deuxièmement, nous
étudions la possibilité d'ajouter des questions à nos enquêtes
longitudinales. Pour ce qui concerne les personnes souffrant de
problèmes d'invalidité, il y a améliorations et rechutes et il faut
donc des enquêtes longitudinales et ponctuelles.
Le président: Je me permets d'interrompre. En partie, il
s'agit de savoir que la recherche qui nous concerne est un exemple
d'approche décloisonnée. Je sais qu'on en a déjà parlé, mais je
crois que ça fait partie du débat qui nous concerne. Nous
comprenons que c'est difficile. Nous comprenons la nature du
système fédéral. Mais du côté de la recherche—et vous abordez à
peine le sujet—lorsqu'il s'agit de comprendre ce qui se passe, il
faut pouvoir briser le cloisonnement qui existe au sein du
ministère et au sein des divers services.
Mme Carolyn Bennett: Mais pour ce genre de choses au niveau de
l'invalidité au sein du gouvernement, qu'est-ce que vous envisagez
pour un nouvel ICRS? Prévention d'accidents, prévention d'anomalies
congénitales ou du syndrome d'alcoolisme foetal? Ce sont tous de
sérieux handicaps. Comment nous assurer qu'on pourra traiter de
tous les aspects de ces questions en créant le nouvel ICRS?
• 1305
M. Phil Jensen: J'y viens dans une seconde, mais j'aimerais
terminer mon intervention à propos de la recherche sur les
handicaps, parce que je crois que c'est très important. La
troisième composante, c'est qu'il ne suffit pas d'avoir les
données, il faut aussi avoir les ressources pour faire la recherche
et nous demander ce que signifient les données, comment les
interpréter et comment en arriver à la meilleure politique pour le
Canada. À ce niveau, nous essayons d'améliorer les possibilités de
l'organisation. Nous essayons d'améliorer les choses à l'interne,
mais nous essayons aussi d'améliorer la possibilité qu'ont les
groupes comme le PRP d'amalgamer tout cela.
Chaque année, le PRP établit des priorités et ces priorités
valent pour quatre ou cinq ans. Ce groupe a fixé les priorités
comme l'âge et certaines questions concernant l'emploi depuis
quelques années. Même si la priorité était donnée à la question des
personnes handicapées à l'heure actuelle, nous n'avons pas
suffisamment de bonnes données en la matière contrairement à la
situation concernant la question de l'emploi ou des enfants. Nous
essayons de corriger la situation.
Pour en revenir à votre dernière question à propos de l'ICRS,
il s'agit d'une prévision faite par un groupe de sages, si vous
voulez, pour la ministre de la Justice. Ensuite, ce groupe fera
connaître ses conclusions et recommandations précises pour obtenir
l'avis des ministères. On pourra ensuite décider s'il doit y avoir
des changements législatifs ou des modifications aux règlements ou
même si l'on devrait modifier les politiques. Il s'agit d'un
processus assez long et détaillé, je crois que la population pourra
s'impliquer à divers niveaux et, de toute évidence, votre comité
pourra faire connaître son avis à plus d'une étape. Le ministère de
la Justice pourra nous fournir des renseignements plus précis sur
comment tout cela pourrait se faire et nous pourrons vous saisir de
cela, si vous le voulez et si vous croyez que cela pourrait vous
être utile.
Le président: Je vais conclure. J'ai moi-même des questions à
vous poser et je vous en saisis en espérant que vous pourrez me
fournir les renseignements.
Cependant, j'aimerais souligner que vous pouvez constater que
les gens ici manifestent un profond intérêt pour le sujet. J'irai
jusqu'à dire que si vous choisissiez 18 autres députés au hasard
pour nous remplacer à ce comité, les questions seraient semblables.
Je crois que vous le savez tous. C'est un sujet dont nous sommes
saisis tous les jours.
Cette histoire du RPC, plus précisément, mais aussi sans
oublier les autres aspects concernant les personnes handicapées,
est quelque chose d'extraordinaire dans nos bureaux de
circonscription et quand nous allons rencontrer divers groupes dans
nos circonscriptions, c'est quelque chose de très important pour
nous.
À titre de nouvelle personne assurant la présidence, j'ai
remarqué l'énorme accent que l'on met sur cette question de
l'invalidité dans le RPC. Victor Rabinovitch est parmi nous et il
fait un très bon travail. C'est ce qui m'explique pourquoi nous
avons remis sur pied le sous-comité présidé par Carolyn Bennett
pour s'occuper des personnes handicapées et de l'invalidité en
général. C'est pour cela que je me rends compte aussi, chers
collègues, que lorsque nous avons une réunion du genre de celle-ci,
nous pourrions peut-être songer au concept de sorte que le RPC, par
exemple—que nous pourrions peut-être vouloir réétudier—pourrait
faire l'objet d'une étude à part pour que nous puissions nous
occuper de certaines autres questions en matière d'invalidité et de
handicap qui se trouvent aussi à exister.
Je n'en suis pas encore à l'essentiel de mon propos, mais
j'aimerais dire un mot à propos de ce diagramme—et je crois que
c'est visible pour la caméra, Je veux dire que si j'avais vu ce
tableau dans le rapport des résultats du ministère, c'eut été très
utile. Et je le dis très sincèrement. Ce tableau m'est très utile
à titre de député puisqu'il me permet de faire le suivi des 64 000
demandeurs et de ce qui leur est arrivé. C'est le genre de choses
qu'on devrait trouver dans le rapport des résultats.
L'autre chose que j'ai entendue—et je crois que ça vient de
Susan—c'était cette histoire des efforts que vous faites pour
humaniser l'affaire. Je sais qu'il y a divers niveaux de
généralisation, mais nous devons tout faire en notre pouvoir pour
humaniser le système. En passant, nous le savons parce que cela
fait partie de notre tâche. Notre tâche est d'humaniser le système
et je suis tout en faveur de tout ce que nous pouvons faire pour
atteindre ce but.
Donc, vous savez que le sous-comité existe. Nous savons que la
ministre sera devant nous dans une semaine, pour traiter du même
domaine. Vous constaterez à l'usage qu'en plus du sous-comité, le
comité plénier fera aussi son suivi dans ce domaine.
J'aimerais vous demander si vous pourriez nous fournir... je
crois que vous savez que nous avons aussi rédigé un rapport sur
l'éducation postsecondaire. Il y avait quelque chose à propos des
personnes handicapées qui avait affaire avec le processus
d'évaluation des besoins au niveau du Programme canadien de prêts
aux étudiants. Notre comité a recommandé une révision globale de la
question et le gouvernement a répondu qu'il y en aurait une—et que
c'est toujours le DRHC. Quand les fonctionnaires ont comparu
ici—il n'y a pas si longtemps—ils ne nous ont pas dit comment on
s'y prendrait pour étudier les questions concernant les personnes
handicapées et l'invalidité, mais ils ont promis de nous envoyer
les documents pertinents. Nous espérons certainement que nous
pourrons les voir.
• 1310
Comment le DRHC a-t-il fait pour inclure les besoins des
étudiants handicapés dans l'étude de l'évaluation des besoins pour
le Programme canadien des prêts étudiants et ce qui s'y rapporte?
Comment le processus d'évaluation des besoins tient-il compte des
besoins additionnels des étudiants qui ont des enfants handicapés?
Comment ce programme fait-il preuve de souplesse au niveau de la
charge d'étude? Comment tient-il compte de cela pour les étudiants
handicapés ou ceux qui ont des besoins spéciaux à gérer? Comment
s'y prend-on pour prolonger les délais d'exécution d'un Programme
d'étude pour les étudiants qui ont des besoins spéciaux et ainsi de
suite?
Vous devrez peut-être traiter avec ceux de vos collègues qui
ont comparu ici. Cependant, je me rends très bien compte que nous
ne nous sommes pas attaqués à tous les aspects de votre rapport, ni
des réponses—ce qui n'est pas du tout de votre faute, en
passant—pendant notre réunion; les choses sont ainsi faites. Je
vous serais reconnaissant de déposer ces renseignements.
Susan Scotti.
Mme Susan Scotti: Ce serait utile pour nous d'avoir cette
liste de questions afin de pouvoir y répondre, monsieur le
président.
Le président: Oui, absolument. Je verrai à vous la faire
parvenir.
Mme Susan Scotti: Merci.
Le président: Je remercie Susan Scotti, Victor Rabinovitch,
Phil Jensen, Mary Glen ainsi que leurs collègues qui sont présents
dans la salle, et, je l'ai bien vu, les ont aidés à trouver les
réponses. Je vous remercie beaucoup d'être venus ici aujourd'hui
nous aider avec cette question qui, j'espère que vous vous en
rendez compte, est très importante. Vous avez dit que vous teniez
à travailler avec notre comité et le sous-comité et nous voudrions
certainement travailler avec vous.
Mme Susan Scotti: Merci beaucoup.
Le président: Notre prochaine réunion se tient dans une
semaine et notre invitée sera la ministre. Notre créneau horaire
habituel ira au Sous-comité sur les enfants et les jeunes en danger
et j'encourage tous les membres du comité à être présents à cette
réunion.
Merci beaucoup, la séance est levée.