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Obésité au Canada : Une approche pansociétale pour un Canada en meilleure santé

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Le rapport

Points saillants

Le Canada connaît actuellement une crise de l’obésité. Les Canadiens en paient le prix de leur poche, mais aussi de leur vie.

Un espoir, cependant, demeure.

Une étude approfondie entreprise par le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie permet d’esquisser ce que pourrait être un avenir plus svelte et en meilleure santé.

Au cours de plus d’une vingtaine d’audiences, le comité a entendu les témoignages d’un vaste éventail d’experts canadiens et étrangers de tous horizons, et notamment des représentants des professionnels de la santé et de l’exercice, des secteurs de la recherche en nutrition et en santé, de l’industrie des aliments et des boissons, de même que de groupes autochtones, d’organismes de bienfaisance dans le domaine de la santé et du gouvernement fédéral.

Les faits établis par le comité démontrent l’ampleur de l’épidémie :

  • de 48 000 à 66 000 Canadiens meurent chaque année de maladies liées à un excès de poids;
  • près de deux tiers des adultes, et d’un tiers des enfants, souffrent au Canada d’obésité ou d’embonpoint;
  • l’obésité coûte au Canada de 4,6 à 7,1 milliards de dollars par an en soins de santé et en perte de productivité.

Ce rapport définit une approche novatrice, parce que pansociétale, pour s’attaquer à ce problème grave, et met de l’avant des mesures audacieuses, mais pragmatiques, qui peuvent, et doivent, être prises pour aider les Canadiens à retrouver et à conserver un poids sain.

Faire pencher la balance vers un avenir en meilleure santé

Tous les Canadiens sont touchés, d’une façon ou d’une autre, par cette crise de l’obésité.

La prolifération de la restauration rapide et des aliments transformés, à laquelle s’ajoute l’omniprésence des appareils électroniques, a conduit à l’apparition d’un mode de vie où il n’est que trop facile de manger mal tout en demeurant inactif.

Cet état de fait n’est pas le simple résultat d’un manque de volonté généralisé, car les Canadiens à faible revenu, par exemple, consomment souvent des aliments mauvais pour la santé pour la simple raison qu’ils sont moins chers, et souvent les seuls disponibles.

Un étiquetage nutritionnel confus n’aide en rien : on ne dénombre pas moins de 56 noms de sucre différents et les fabricants n’ont aucune obligation de les regrouper.

Le guide alimentaire canadien, dépassé, ne fournit plus l’information nutritionnelle dont les Canadiens ont aujourd’hui besoin. Les jus de fruits, par exemple, y sont présentés comme des aliments sains, alors qu’ils ne sont en fait rien de plus que des « boissons gazeuses sans bulles ».

Les Canadiens doivent redoubler d’efforts pour manger sainement et être actifs, mais les gouvernements et l’industrie doivent également leur donner les moyens et la motivation de faire des choix de mode de vie éclairés.

Tous les Canadiens, des décideurs politiques aux parents, des tenants de l’industrie aux médecins de famille, ont un rôle à jouer si l’on veut mettre un terme à cette crise de l’obésité.

Recommandations : un appel à lancer une Campagne nationale de lutte contre l’obésité

Le comité, dans son rapport, exhorte le gouvernement fédéral à prendre des mesures audacieuses afin que les Canadiens retrouvent un poids sain. Les 21 recommandations que comporte le rapport sont autant d’outils à cette fin.

Le gouvernement doit :

  • envisager une taxe sur les boissons sucrées/édulcorées;
  • prendre des mesures fiscales favorisant un mode de vie sain;
  • interdire les publicités pour les aliments et les boissons visant les enfants.

D’autres recommandations visent principalement à permettre aux Canadiens de prendre des décisions plus éclairées sur leur alimentation. Le comité exhorte donc le gouvernement à :

  • normaliser et détailler l’étiquetage nutritionnel sur les alimentent emballés afin de le rendre plus compréhensible;
  • accroître la sensibilisation aux risques que peuvent présenter les aliments transformés et aux bienfaits des aliments frais et entiers;
  • entreprendre une refonte du guide alimentaire, qui est dépassé.

Bien des moyens de lutter contre l’obésité ne relèvent pas des compétences directes du gouvernement fédéral. Le comité, dans son rapport, exhorte donc Santé Canada à collaborer avec les provinces et les territoires à une modification coordonnée des politiques de santé. Il recommande ainsi à Santé Canada d’inciter les provinces et les territoires :

  • à donner aux médecins une meilleure formation en matière d’alimentation et d’activité physique;
  • à aider les populations vulnérables à adopter un mode de vie plus sain;
  • à enseigner et à favoriser un mode de vie actif dans les écoles, ainsi qu’à le promouvoir dans la collectivité.
Photo du tableau d'information nutritionelle

Recommandations

Recommandation 1

Le comité recommande au gouvernement fédéral de concevoir et de mettre en oeuvre, en partenariat avec les provinces et les territoires, ainsi qu’en consultation avec un vaste éventail d’intervenants, une Campagne nationale de lutte contre l’obésité assortie d’objectifs, d’échéanciers et de rapports annuels sur les progrès accomplis.

Recommandation 2

Le comité recommande au gouvernement fédéral :

  • d’entreprendre immédiatement une évaluation de l’interdiction de la publicité pour des aliments destinée aux enfants en vigueur au Québec;
  • d’établir et de mettre en oeuvre une interdiction de la publicité pour des aliments et des boissons destinée aux enfants fondée sur cette évaluation.

Recommandation 3

Le comité recommande au gouvernement fédéral :

  • d’évaluer les mesures fiscales envisageables en vue de mettre en place une nouvelle taxe sur les boissons sucrées/édulcorées, de même que les boissons contenant des édulcorants de synthèse;
  • d’entreprendre, afin d’en faire rapport à ce comité d’ici décembre 2016, une étude sur les moyens possibles de rendre plus abordables les aliments sains et, notamment, mais sans s’y limiter, le rôle des offices de commercialisation, les subventions alimentaires et la suppression ou la réduction de taxes existantes.

Recommandation 4

Le comité recommande de plus à Affaires autochtones et du Nord Canada :

  • d’immédiatement donner suite aux recommandations formulées par le vérificateur général sur le Programme Nutrition Nord Canada et de faire rapport sur les progrès accomplis à ce comité d’ici décembre 2016.

Recommandation 5

Le comité recommande par ailleurs au gouvernement fédéral d’entreprendre une évaluation du Crédit d’impôt pour la condition physique des enfants, de la Prestation fiscale pour le revenu de travail et de la Prestation universelle pour la garde d’enfants en vue d’établir comment ces mesures fiscales pourraient être utilisées pour aider les Canadiens de statut socio-économique peu élevé, y compris les populations autochtones, à choisir des options de mode de vie plus saines.

Recommandation 6

Le comité recommande au ministre de la Santé d’immédiatement entreprendre une révision complète du guide alimentaire canadien afin qu’il reflète mieux l’état actuel des faits scientifiquement établis. Le guide révisé devra :

  • se fonder sur des faits scientifiquement établis;
  • adopter une approche fondée sur les repas plutôt que sur les nutriments;
  • efficacement et principalement décrire les avantages que présentent les aliments frais et entiers au regard des céréales raffinées, des repas prêts-à-manger et des aliments transformés;
  • énergiquement recommander de réduire la consommation d’aliments hautement transformés.

Recommandation 7

Le comité recommande de plus au ministre de la Santé de réviser le guide alimentaire conformément aux conseils formulés par un organe consultatif qui :

  • sera composé d’experts dans les domaines pertinents et notamment, sans s’y limiter, dans les domaines de la nutrition, de la médecine, du métabolisme, de la biochimie et de la biologie;
  • ne comptera pas de représentants du secteur agroalimentaire.

Recommandation 8

Le comité recommande donc au ministre de la Santé d’interdire l’utilisation d’huiles partiellement hydrogénées et de réduire la teneur en lipides trans dans les aliments, sauf dans les cas expressément autorisés par le Règlement.

Recommandation 9

Le comité recommande de plus au ministre de la Santé :

  • de réévaluer l’apport quotidien recommandé pour les glucides au regard des nouveaux faits scientifiquement établis quant aux lipides alimentaires et à la nature lipogénétique des glucides;
  • de s’assurer que le projet de règlement relatif aux portions réponde à toutes les préoccupations formulées par les intervenants durant la consultation publique;
  • d’exiger que l’apport quotidien recommandé en protéines soit inclus dans le tableau de la Valeur nutritive.

Recommandation 10

Le comité recommande par ailleurs au ministre de la Santé d’évaluer si les sucres et les amidons devraient être regroupés sous la rubrique des glucides totaux sur le tableau de la Valeur nutritive et d’en faire rapport au comité d’ici le décembre 2016.

Recommandation 11

Le comité recommande donc que le ministre de la Santé impose à l’emploi des allégations relatives aux effets sur la santé et à la valeur nutritive sur un aliment préemballé des restrictions plus strictes fondées sur la mesure de sa densité énergétique au regard de sa teneur nutritive totale.

Recommandation 12

Le comité recommande donc au ministre de la Santé :

  • d’immédiatement entreprendre un examen des approches relatives à l’étiquetage sur le devant de l’emballage qui ont été mises en place par d’autres pays afin d’établir quelle est la plus efficace;
  • de faire rapport au comité des résultats de cet examen d’ici décembre 2016;
  • de modifier la réglementation relative à l’alimentation afin d’exiger l’étiquetage sur le devant de l’emballage choisi sur les aliments où doit déjà figurer le tableau de la Valeur nutritive;
  • d’encourager l’emploi de ce mode d’étiquetage par les détaillants en alimentation et les établissements de restauration pour les aliments sur lesquels le tableau de la Valeur nutritive n’a pas à figurer.

Recommandation 13

Le comité recommande donc au ministre de la Santé d’encourager l’étiquetage nutritionnel sur les menus distribués et affichés dans les établissements de restauration.

Recommandation 14

Le comité recommande donc au gouvernement fédéral d’accorder à ParticipACTION un financement suffisant pour que l’organisation puisse :

  • poursuivre Canada Actif 20/20;
  • devenir le porte-parole national en matière d’activité physique au Canada.

Recommandation 15

Le comité recommande de plus au ministre de la Santé et au ministre des Sports et des Personnes handicapées d’utiliser conjointement la Journée nationale de la santé et de la forme physique, nouvellement instaurée, pour promouvoir les directives en matière d’activité physique.

Recommandation 16

Le comité recommande par ailleurs à l’Agence de la santé publique du Canada d’assurer un financement durable ou de transition aux projets pilotes qui ont été jugés efficaces.

Recommandation 17

Le comité recommande également au ministre de la Santé, en consultation avec ses homologues provinciaux et territoriaux, de même qu’avec les organisations non gouvernementales participant déjà à ces initiatives :

  • de favoriser une meilleure formation des médecins en matière d’alimentation et d’activité physique;
  • de promouvoir le suivi médical, notamment par des ordonnances prescrivant de l’exercice;
  • de combler le fossé qui sépare les professionnels de l’exercice de la communauté médicale en assurant la formation et la promotion de professionnels de l’exercice qualifiés comme une composante importante du système et des équipes de soins de santé;
  • de venir en aide aux populations vulnérables, et notamment aux Canadiens ayant un statut socio-économique peu élevé, aux populations autochtones et aux femmes enceintes;
  • favoriser des garderies et des programmes scolaires liés à des programmes de petits déjeuners et de déjeuners, à l’amélioration de l’éducation physique, ainsi qu’à des cours d’activité physique et de nutrition;
  • d’inviter les gouvernements provinciaux à discuter des besoins des collectivités en infrastructures pouvant favoriser le transport actif et les jeux actifs.

Recommandation 18

Le comité recommande enfin au gouvernement fédéral d’accorder aux collectivités, dans le cadre du programme Nouveau Fonds Chantiers Canada, un financement pour des infrastructures qui permettent, favorisent et encouragent un mode de vie actif, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Recommandation 19

Le comité recommande donc à l’Agence de la santé publique du Canada de mettre en oeuvre une stratégie visant à accroître la visibilité, l’adoption et l’emploi de son Portail des pratiques exemplaires par les intervenants de tout le pays.

Recommandation 20

Le comité recommande donc que Santé Canada conçoivent et mette en oeuvre une campagne de sensibilisation du public à une alimentation saine fondée sur des messages simples et éprouvés. Ces messages devront porter notamment, sans s’y limiter, sur :

  • la plupart des aliments les plus sains n’ont pas besoin d’étiquetage;
  • le plaisir de préparer et partager un repas;
  • la réduction de la consommation d’aliments transformés;
  • le lien existant entre une mauvaise alimentation et l’apparition de maladies chroniques.

Recommandation 21

Le comité recommande de plus à Santé Canada, ainsi qu’aux autres ministères et organismes pertinents, en collaboration avec les experts existants et les organisations reconnues, de mettre en oeuvre une campagne exhaustive de sensibilisation du public sur les modes de vie sains et actifs.

Coordonnées du comité

Pour de plus amples renseignements :
613-990-0088 or 1-800-267-7362

Courriel : soci@sen.parl.gc.ca

Adresse postale :
Comité sénatorial des Affaires sociales, des sciences et de la technologie
Le Sénat du Canada
Ottawa, Ontario
Canada, K1A 0A4