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La santé des Canadiens – Le rôle du gouvernement fédéral

POINTS SAILLANTS

Volume six : Recommandations en vue d'une réforme

Le comité sénatorial permanent des Affaires sociales, de la science et de la technologie

Président : L’honorable Michael J. L. Kirby
Vice-président : L’honorable Marjory LeBreton

Octobre 2002


TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

CHAPITRE UN
La nécessité d'un rapport annuel sur l'état du système de soins de santé et sur l'état de santé des canadiens

CHAPITRE DEUX
Restructuration et financement des hôpitaux au Canada

CHAPITRE TROIS
Déléguer plus de responsabilités aux régies régionales de la santé

CHAPITRE QUATRE
Réforme des soins de santé primaires

CHAPITRE CINQ
Des soins de santé en temps opportun

CHAPITRE SIX
La garantie de soins de santé

CHAPITRE SEPT
Étendre la couverture pour inclure la protection contre les coûts exorbitants des médicaments de prescription

CHAPITRE HUIT
Élargir la couverture pour inclure les soins actifs à domicile

CHAPITRE NEUF
Étendre la couverture pour inclure les soins palliatifs à domicile

CHAPITRE DIX
le rôle du gouvernement fédéral dans l'infrastructure de soins de santé

CHAPITRE ONZE
Les ressources humaines de la santé

CHAPITRE DOUZE
Favoriser l'excellence dans la recherche canadienne en santé

CHAPITRE TREIZE
Une politique publique " pro?santé " - la santé au-delà des soins de santé

CHAPITRE QUATORZE
Comment administrer les fonds supplémentaires que le gouvernement fédéral consacrera à la santé

CHAPITRE QUINZE
Comment générer des fonds additionnels pour les soins de santé

CHAPITRE SEIZE
Viabilité financière du système de soins de santé : les conséquences de l'inaction

CHAPITRE DIX-SEPT
La Loi canadienne sur la santé

CONCLUSION

ANNEXE
Liste des recommandations par chapitre


INTRODUCTION

C’est sur sa bonne santé qu’une population assoit son bonheur et dont dépendent ses pouvoirs en tant qu’État.

  Benjamin Disraeli – 24 juillet 1877

C’est à la population canadienne et à l’amélioration de sa santé que le Comité dédie le présent rapport.

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Le présent rapport est l’aboutissement d’une étude entreprise il y a deux ans par le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Au cours de cette période, nous avons recueilli le point de vue de plus de 400 témoins, dont bon nombre représentaient des organismes regroupant des milliers de membres. Le Comité tient à leur exprimer ses plus sincères remerciements pour lui avoir part de leur avis sur ce qui doit être fait pour réformer le système de soins de santé au Canada et le rendre financièrement viable.

Comme il fallait s’y attendre, étant donné la complexité des questions touchant les soins de santé et leur portée idéologique et politique, les avis recueillis étaient souvent contradictoires. Le Comité a néanmoins procédé à un examen attentif de tous les points de vue exprimés pour arriver à ses recommandations.

Les recommandations du présent rapport correspondent au point de vue unanime des onze sénateurs membres du Comité (sept libéraux, trois conservateurs et un indépendant). L’expérience des onze membres du Comité en matière de politique gouvernementale et de questions liées à la santé est aussi approfondie que variée. Le Comité compte en effet :

·        deux médecins : Yves Morin, ex-doyen de la Faculté de médecine de l’Université Laval, et Wilbert Keon, fondateur et président-directeur général de l’Institut de cardiologie d’Ottawa;

·        deux ex-ministres de la Santé provinciaux : Brenda Robertson et Catherine Callbeck, qui a aussi été première ministre provinciale;

·        deux ex-députés fédéraux : Douglas Roche et Lucie Pépin, qui a aussi été infirmière;

·        une ex-ministre du Cabinet fédéral et ex-journaliste : Joyce Fairbairn;

·        deux ex-militantes d’action communautaire : Joan Cook, qui a fait partie pendant de nombreuses années de conseils d’administration d’hôpitaux, et Jane Cordy, qui a aussi été enseignante;

·        deux ex-hauts fonctionnaires du Cabinet du premier ministre : Marjory LeBreton et Michael Kirby, qui à l’époque a aussi occupé le poste de secrétaire du Cabinet fédéral pour les relations fédérales-provinciales.

Le Comité estime que ses recommandations respectent les quatre objectifs qu’il s’était fixés au début de ses travaux, à savoir :

1.      formuler un plan d’action détaillé et concret qui ne mette pas trop l’accent sur les questions de gouvernance ni sur les structures intergouvernementales;

2.      établir le coût de ses recommandations et proposer un plan précis pour générer des recettes. Pour être vraiment utile, le Comité a estimé qu’il ne pouvait se permettre de rester vague sur la question de savoir de quelle façon au juste la mise en œuvre de ses recommandations allait être financée;

3.      préciser clairement les changements que chacun des principaux intervenants — les Canadiens, les professionnels de la santé, les gouvernements provinciaux et fédéral, etc. — vont devoir effectuer pour que la mise en œuvre du plan de réforme du Comité puisse être menée à bien;

4.      exposer clairement les conséquences auxquelles on s’expose si l’on renonce à modifier et donc à réformer le système de soins de santé.

Le Comité croit avoir réussi à mettre au point un plan détaillé, concret et réaliste qui, s’il est appliqué intégralement, contribuera au renforcement du système public de soins de santé au Canada et permettra d’en assurer la viabilité financière dans un avenir prévisible.

Le Comité est d’avis que l’occasion est idéale pour mettre en œuvre le genre de réforme nécessaire pour assurer la viabilité à long terme du système de soins de santé au Canada.

Les recommandations contenues dans le volume six se subdivisent en six catégories :

·        des recommandations en vue de la restructuration des services hospitaliers et des services fournis par les médecins, pour en accroître l’efficacité et ainsi permettre la prestation en temps opportun de soins de qualité;

·        des recommandations relatives à la « promulgation d’une garantie de soins » qui ferait en sorte que les patients soient traités à l’intérieur d’un délai maximal précis lorsqu’ils doivent subir une intervention importante ou obtenir un diagnostic. Une fois le délai expiré, la « garantie de soins » obligerait l’assureur/le gouvernement à assumer les coûts subis pour que le patient puisse obtenir le service nécessaire ailleurs au Canada ou dans un autre pays;

·        des recommandations pour élargir la portée du régime public d’assurance-santé afin d’absorber les coûts exorbitants des médicaments de prescription, les coûts des soins post-hospitaliers offerts à domicile et certains coûts liés à la prestation de soins palliatifs aux patients qui choisissent de passer les dernières semaines de leur vie à la maison;

·        des recommandations pour renforcer la contribution fédérale à l’élaboration de l’infrastructure des soins de santé et son rôle à cet égard, notamment en ce qui a trait aux systèmes d’information sur la santé, aux technologies de la santé, à l’évaluation de la performance et de l’efficacité du système de soins de santé, aux ressources humaines disponibles dans le secteur des soins de santé, à la recherche en santé, à la promotion du mieux-être et à la prévention de la maladie ainsi qu’aux seize centres universitaires des sciences de la santé;

·        des recommandations quant à la façon de générer ces nouvelles recettes fédérales et de les administrer de manière transparente et responsable pour assurer la mise en œuvre des recommandations énoncées dans le présent rapport;

·        des observations sur ce qui risque d’arriver si les recettes fédérales supplémentaires que le Comité recommande de consacrer au système de soins de santé ne le sont pas.

Comme la mise en oeuvre de certaines de ces recommandations exigera la participation financière des gouvernements provinciaux et territoriaux, le Comité est tout à fait conscient de l’importance de susciter un esprit de collaboration entre les divers ordres de gouvernement aux fins de la réforme et du renouvellement du système de soins de santé du Canada.


CHAPITRE UN

La nécessité d’un rapport annuel sur l’état du système de soins de santé et sur l’état de santé des canadiens

Text Box: Le Comité estime que la politique fédérale en matière de soins de santé vise deux objectifs :
§	Assurer à tous les Canadiens un accès en temps opportun aux services de santé médicalement nécessaires, sans égard à leur capacité de payer;
§	Veiller à ce qu’aucun Canadien ne souffre de difficultés financières excessives du fait du coût des soins de santé.

 

 

 

  La Loi canadienne sur la santé :

Le Comité souscrit aux cinq principes de la Loi canadienne sur la santé :

·        le principe d’universalité, qui signifie que tous les Canadiens ont droit à un régime public d’assurance-santé;

·        le principe d’intégralité, qui est censé garantir que tous les services médicalement nécessaires fournis par des hôpitaux ou des médecins sont couverts par l’assurance-santé publique;

·        le principe d’accessibilité qui décourage le recours à des mesures financières pouvant faire obstacle à la prestation de services de santé publique, comme les frais d’utilisation, afin que les tous les Canadiens aient accès aux soins nécessaires quel que soit leur revenu;

·        le principe de transférabilité, qui signifie que tous les Canadiens sont couverts par l’assurance-santé publique quand ils se déplacent au Canada ou s’installent dans une autre province;

·        le principe de gestion publique qui signifie que l’État finance seul les services fournis par les hôpitaux et les médecins (le principe touche le financement des services fournis par les hôpitaux et les médecins, et non la prestation de ces services).

·        Aucune des recommandations formulées ici n’appelle de modifications à la Loi canadienne sur la santé.


Le système actuel n’est pas financièrement viable

·        Le système public de soins de santé du Canada, tel qu’il est structuré et qu’il fonctionne en ce moment, n’est pas financièrement viable aux niveaux de financement actuels.

·        Une nouvelle injection de fonds par le gouvernement fédéral doit servir à effectuer des changements et pas uniquement à appuyer le système dans sa structure actuelle.

Rôle du commissaire national aux soins de santé et du conseil national des soins de santé

·        Il est essentiel d’améliorer la gouvernance du système de soins de santé du Canada.

·        Le poste de commissaire national aux soins de santé et le conseil national des soins de santé dont le Comité recommande la création

·        relèveraient d’une structure nationale et non purement fédérale;

·        seraient indépendants du gouvernement;

·        prendraient appui sur le succès d’organismes existants, comme l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) et le Conseil canadien d’agrément des services de santé (CCASS);

·        seraient financés par le gouvernement fédéral pour un montant annuel de 10 millions de dollars.

·        Le commissaire national aux soins de santé et le conseil national des soins de santé produiraient un rapport annuel public sur l’état du système de soins de santé et sur l’état de santé des Canadiens. Il s’agirait essentiellement d’un mécanisme permettant de rendre compte de l’évolution de ces deux facteurs.

·        Le commissaire national aux soins de santé et le conseil national des soins de santé conseilleraient le gouvernement fédéral sur l’affectation des recettes additionnelles perçues afin de réformer et de renouveler le système de soins de santé de la façon recommandée dans le présent rapport.


CHAPITRE DEUX

Restructuration et financement des hôpitaux au Canada 

La nécessité d’un financement fondé sur les services pour les hôpitaux

·        Il est nécessaire de réviser les mécanismes actuels de financement des hôpitaux, lesquels reposent sur les intrants financiers et non sur les résultats finaux, afin de mettre l’accent sur le rendement au niveau de la prestation des services hospitaliers.

·        Il est essentiel d’abandonner la méthode actuelle du financement global et d’adopter un mode de financement fondé sur les services dispensés.

·        Le financement fondé sur les services dispensés présente de nombreux avantages par rapport à la méthode actuelle de financement des hôpitaux :

·        prestation des services beaucoup plus axée sur le patient

·        établissements fortement encouragés à améliorer leur efficience sur le plan du fonctionnement et de la qualité

·        concurrence entre établissements pour fournir le meilleur service possible

·        encouragement de centres d’excellence

·        neutralité du bailleur de fonds relativement à la propriété des établissements

·        meilleures transparence et reddition de comptes pour ce qui est du rendement des divers établissements

·        plus grande autonomie des établissements par rapport aux pouvoirs publics

·        baisse de la taille des ministères provinciaux de la santé


Centres universitaires des sciences de la santé

·        Les centres universitaires des sciences de la santé sont composés d’une faculté de médecine et d’un hôpital d’enseignement affilié ou de régies régionales de la santé. Il y en a 16 au Canada.

·        Les centres universitaires des sciences de la santé constituent une ressource nationale pour le système de soins de santé canadien. Ils sont une composante essentielle de l’infrastructure des soins de santé au Canada.

·        En raison de ce caractère national, le gouvernement fédéral devrait participer de manière substantielle au maintien des investissements en immobilisations dans les centres universitaires des sciences de la santé.

·        Le gouvernement fédéral devrait consacrer quatre milliards de dollars sur les dix prochaines années (soit 400 millions de dollars par année) aux centres universitaires des sciences de la santé pour que ces derniers puissent renouveler leurs installations fortement détériorées.

Hôpitaux communautaires des régions à croissance démographique élevée

·        Les hôpitaux communautaires sont la responsabilité des provinces, mais l’administration fédérale devrait participer aux dépenses d’équipement de ceux situés dans les régions du pays qui connaissent une croissance démographique exceptionnellement élevée, c’est-à-dire supérieure de moitié à la moyenne provinciale (Calgary, Abbotsford, Vancouver, Halifax, Ottawa, Toronto, Montréal et Saskatoon, par exemple).

·        Le gouvernement fédéral pourrait participer par moitié aux dépenses en immobilisations des hôpitaux communautaires qui sont situés dans un secteur à croissance démographique exceptionnellement élevée, ce qui représente une somme d’environ 150 millions de dollars sur dix ans.


CHAPITRE TROIS

Déléguer plus de responsabilités aux régies régionales de la santé

Text Box: Les régies régionales de la santé ont accompli un travail digne de mention en intégrant et en organisant les services de santé pour la population de leur région au cours des dix dernières années. Il faudrait désormais leur confier davantage de responsabilités et de pouvoirs en ce qui concerne la prestation de toute la gamme des services de santé assurés par l’État et/ou à la passation de contrats à cette fin.

 

 

 

 

 

·        Le moment est venu de laisser les régies régionales de la santé exercer davantage de contrôle sur toute la gamme des dépenses en soins de santé pour leur région.

·        Les régies régionales de la santé des grands centres urbains devraient pouvoir mieux maîtriser le coût des services fournis par les médecins, en plus d’assumer leur responsabilité à l’égard des services hospitaliers dans leur région.

·        Le pouvoir de dépenser pour l’achat de médicaments de prescription devrait également leur être délégué.

·        Les régies régionales de la santé devraient pouvoir choisir entre différents fournisseurs (particulier ou établissement) en fonction de la qualité et des coûts, et récompenser les meilleurs fournisseurs par un volume accru.

·        Les régies régionales de la santé devraient établir des contrats clairs où seraient précisés le volume des services et les objectifs de rendement des divers fournisseurs (particulier ou établissement).

·        Conformément aux recommandations indiquées au chapitre deux, les régies régionales de la santé devraient miser sur le financement fondé sur les services dispensés pour rémunérer les établissements de soins de santé lorsqu’elles achètent des services hospitaliers au nom des résidents de leur région.


CHAPITRE QUATRE

Réforme des soins de santé primaires

Text Box: La création de groupes de soins primaires est une étape essentielle de la réforme des soins primaires, et tous les rapports provinciaux importants publiés ces dernières années renferment une recommandation en faveur d’une forme quelconque de réforme des soins primaires.

 

 

   

·        Les services de soins de santé primaires constituent le premier point de contact avec le système de soins de santé et comprennent le diagnostic, le traitement et la gestion des problèmes de santé, la prévention et la promotion de la santé, de même qu’un soutien constant.

·        Le gouvernement fédéral doit continuer de travailler avec les provinces et les territoires à la réforme de la prestation des soins primaires.

·        Le gouvernement fédéral doit assurer un soutien financier permanent aux projets de réforme entraînant la création d’équipes de soins de santé primaires pluridisciplinaires qui :

·        visent à offrir une large gamme de services 24 heures sur 24, sept jours sur sept;

·        font en sorte que les services sont dispensés par les professionnels de la santé compétents qui conviennent le mieux;

·        utilisent à leur pleine mesure les capacités et les compétences d’un éventail de professionnels de la santé, en particulier des infirmières praticiennes;

·        adoptent d’autres modes de rémunération que les honoraires à l’acte, par exemple la capitation, soit exclusivement, soit dans le cadre d’une formule de financement mixte;

·        cherchent à intégrer des stratégies de promotion de la santé et de prévention de la maladie dans leur travail quotidien;

·        intègrent complètement l’informatisation des dossiers de santé des patients à la prestation de soins;

·        assument progressivement une plus grande part de responsabilité à l’égard des besoins en santé et en bien-être de la population qu’elles servent.

·        Le gouvernement fédéral doit verser 50 millions de dollars par année pour aider les provinces à mettre sur pied des groupes de soins primaires. Cette somme s’ajoutera aux 800 millions de dollars qu’il consacre actuellement à la réforme des soins de santé primaires dans le cadre de l’entente fédérale-provinciale-territoriale de financement des soins de santé signée en septembre 2000.


CHAPITRE CINQ

Des soins de santé en temps opportun  

·        Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour régler le problème des périodes d’attente.

·        On ne peut ni ne doit empêcher la population canadienne d’avoir accès en temps opportun à des soins de santé au Canada.

·        L’accès en temps opportun à des soins médicaux veut dire que le service est offert en conformité avec les lignes directrices des pratiques cliniques garantissant que le délai d’attente n’entraîne pas d’effet nocif sur l’état de santé du patient.

·        Il ne signifie pas fournir le service au moment souhaité par le patient.

·        Il est crucial de régler le problème du manque d’accès en temps opportun, afin de préserver au Canada le modèle du payeur unique des soins de santé, que les Canadiens et le Comité appuient si vivement.

·        Lorsque le système public de soins de santé n’est pas en mesure d’offrir des soins adéquats en temps opportun, il devient impossible de justifier l’interdiction de recourir aux soins de santé privés.

·        L’incapacité de régler efficacement la question de l’accès aux soins en temps opportun mènera très vraisemblablement, par suite de décisions des tribunaux, à l’apparition d’un régime parallèle de soins hospitaliers et de soins dispensés par les médecins.

·        Les gouvernements ne doivent pas attendre passivement que les tribunaux décident comment les Canadiens recevront en temps voulu les soins jugés nécessaires sur le plan médical.


CHAPITRE SIX

La garantie de soins de santé

Text Box: Une garantie de soins de santé aurait pour effet qu’un délai d’attente maximum tenant compte des besoins serait fixé pour chaque type d’intervention ou de traitement majeur et que le patient aurait le droit de recevoir des soins dans le délai en question.

·        Un délai d’attente maximum tenant compte des besoins devrait être fixé et rendu public pour chaque type d’intervention ou de traitement majeur.

·        Une fois ce délai expiré, l’assureur (le gouvernement) devrait payer pour que le patient puisse immédiatement faire des démarches afin de subir l’intervention ou le traitement en question ailleurs au Canada ou, au besoin, à l’étranger (par exemple aux États-Unis). C’est ce que l’on appelle la garantie de soins de santé.

·        Le moment où cette garantie de soins de santé s’appliquerait pour chaque intervention serait établi en fonction d’une évaluation du moment à partir duquel une prolongation de l’attente risquerait de compromettre sensiblement la santé ou la qualité de vie du patient.

·        Les périodes d’attente seraient établies par des organismes scientifiques, à partir de données cliniques et scientifiques.

·        Les normes régissant les périodes d’attente devraient s’appliquer dans tout le pays.

·        Une garantie de soins de santé devrait être établie avec le consentement des provinces et des territoires.

·        Si une entente à cet effet ne peut intervenir, la garantie de soins de santé devrait être mise en place par une mesure législative fédérale qui comporterait des amendes du même type que celles prévues par la Loi canadienne sur la santé.


CHAPITRE SEPT

Étendre la couverture pour inclure la protection contre les coûts exorbitants des médicaments de prescription  

Text Box: Aucun Canadien ne devrait avoir à porter un fardeau financier excessif parce qu’il est obligé d’acquitter ses factures de soins de santé. Il est essentiel que ce principe fondamental s’applique aux dépenses en médicaments de prescription.

 

 

 


·        Beaucoup de Canadiens ne bénéficient d’absolument aucune couverture pour leurs médicaments de prescription.

·        Le fardeau financier excessif attribuable aux dépenses élevées en médicaments de prescription devient de plus en plus un risque réel pour bien des Canadiens.

·        Selon le régime proposé par le Comité, aucun particulier ni aucune famille au Canada n’aura à payer de sa poche plus de 3 % de son revenu familial pour acheter des médicaments de prescription :

·        Les frais de médicaments de prescription seraient acquittés par les régimes publics provinciaux ou territoriaux, les régimes d’assurance privés complémentaires et par les particuliers à concurrence de 5 000 $par an, mais les Canadiens n’auraient pas à payer de leur poche plus de 3 % de leur revenu familial;

·        Les dépenses en médicaments de prescription seraient considérées comme exorbitantes si elles dépassaient 5 000 $ au cours d’une année donnée (quelle que soit la façon dont elles ont été acquittées).

·        Le gouvernement fédéral se chargerait de payer 90 % des frais dépassant 5 000 $, les 10 % restants étant assumés par le régime provincial ou territorial ou par un régime privé complémentaire.

·        Le régime que propose le Comité s’inspire donc des régimes provinciaux d’assurance-médicaments et des régimes privés d’assurance-médicaments complémentaire qui existent déjà au Canada; il ne les remplace pas.

·        Afin d’assurer une couverture uniforme partout au Canada et de contrôler l’admissibilité des médicaments dans le cadre du régime, il sera également nécessaire d’établir une liste nationale des médicaments admissibles.

·        Cela constituerait bien sûr un net progrès pour les quelque 600 000 Canadiens qui ne bénéficient actuellement d’aucune protection contre les frais exorbitants de médicaments de prescription et les 100 000 autres qui doivent payer plus de 5 000 $ par an en médicaments.

·        Le nouveau régime protégerait tous les autres Canadiens à mesure qu’augmenteraient les frais de médicaments de prescription.

·        On estime que la mise en oeuvre de cette mesure fédérale, visant à protéger tous les Canadiens contre les frais exorbitants de médicaments de prescription, coûterait environ 500 millions de dollars par année.


CHAPITRE HUIT

Élargir la couverture pour inclure les soins actifs à domicile

·        Les frais de soins actifs à domicile devraient être assumés par l’État en vertu du régime d’assurance-santé, car ils sont engagés en prolongement de soins hospitaliers

·        Une période de soins actifs à domicile désigne l’ensemble des services de soins à domicile reçus entre la première date de prestation de services suivant le congé d’hospitalisation, si cette date survient moins de trente jours après le congé, jusqu’à concurrence de trois mois après le congé de l’hôpital.

·        Les hôpitaux devraient être responsables du financement des soins actifs à domicile.

·        Le fait de diriger les ressources financières liées aux soins actifs à domicile vers les hôpitaux permettra à ces derniers de bénéficier des économies potentielles résultant de séjours plus courts, favorisant ainsi le recours aux soins à domicile et l’utilisation accrue des soins actifs à domicile.

·        Les hôpitaux peuvent fournir les services eux-mêmes, passer des contrats avec des fournisseurs de soins à domicile à but lucratif ou à but non lucratif, ou encore des contrats avec des agences intermédiaires qui sous-traitent à des fournisseurs de soins de santé à domicile.

·        Afin d’encourager l’innovation et l’intégration des services et d’améliorer l’efficience et l’efficacité des services de santé nécessaires, sans égard au cadre dans lequel ces services sont reçus, il faudrait élaborer une méthode de remboursement fondée sur les services pour les soins actifs à domicile, méthode qui serait appliquée conjointement avec des dispositions fondées sur les services pour chaque période de soins hospitaliers.

·        Le coût d’un programme national de soins actifs à domicile devrait être partagé à parts égales entre les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral.

·        La part que le gouvernement fédéral assumera des dépenses totales au titre d’un programme national de soins actifs à domicile est estimée à 550 millions de dollars par année.


CHAPITRE NEUF

Étendre la couverture pour inclure les soins palliatifs à domicile

Text Box: Il est clair qu’on doit assurer des soins palliatifs adéquats et universels et que ceux?ci doivent être dispensés de façon à respecter les volontés du mourant et des êtres qui lui sont chers.  

·        Selon des études récentes, plus de 80 % des Canadiens meurent à l’hôpital, alors que pas moins de 80 à 90 % préféreraient finir leurs jours à la maison, auprès de leur famille et dans des conditions de vie aussi normales que possible.

·        Les soins palliatifs sont conçus pour répondre non seulement aux besoins physiques du malade, mais aussi à ses besoins psychologiques, sociaux, culturels, émotionnels et spirituels ainsi qu’à ceux de sa famille.

·        Le gouvernement fédéral devrait contribuer dans une large mesure à procurer aux Canadiens des soins palliatifs à domicile.

·        Le gouvernement fédéral devrait verser 250 millions de dollars par année au titre d’un programme national de soins palliatifs à domicile, élaboré de concert avec les provinces et les territoires et financé à 50 % par chacune des deux parties.

·        Le gouvernement fédéral devrait aussi prendre d’autres mesures pour alléger le fardeau qui incombe actuellement à des milliers d’aidants naturels.

·        Bien des travailleurs canadiens sont confrontés à des choix difficiles lorsqu’ils doivent subvenir aux besoins de leur famille tout en s’occupant d’un parent atteint d’une maladie terminale.

·        Limiter la perte de revenus durant cette période très difficile serait un premier pas important pour améliorer la situation des soignants naturels.

·        Le gouvernement fédéral devrait étudier la possibilité de permettre que des prestations d’assurance-emploi soient versées pendant une période de six semaines aux salariés canadiens qui choisissent de s’absenter du travail pour prodiguer des soins palliatifs à domicile à un parent mourant.

·        Le gouvernement fédéral devrait modifier le Code canadien du travail de façon à permettre aux employés de s’absenter dans les situations de crise familiale, par exemple pour s’occuper d’un membre de la famille mourant, et devrait collaborer avec les provinces afin de favoriser de telles modifications aux codes provinciaux du travail.


CHAPITRE DIX

le rôle du gouvernement fédéral dans l’infrastructure de soins de santé

Text Box: Les technologies de la santé, les dossiers de santé électroniques ainsi que l’évaluation de la qualité, de l’efficacité et des résultats sont les trois aspects de l’infrastructure canadienne des soins de santé auxquels le gouvernement fédéral doit accorder la priorité.

Dossiers de santé électroniques 

·        Le dossier de santé électronique s’appuie sur un système automatisé alimenté par les fournisseurs de soins de santé, à l’intérieur d’un réseau électronique donnant accès au dossier médical complet du patient, notamment aux renseignements concernant les visites chez le médecin, les séjours à l’hôpital, les médicaments prescrits, les analyses de laboratoire, etc.

·        Un tel système sera grandement profitable aux Canadiens et à leur système public de soins de santé si sa portée est nationale.

·        Le gouvernement fédéral a engagé 500 millions de dollars en 2000-2001 afin de mettre sur pied une société sans but lucratif du nom d’Inforoute Santé du Canada Inc. (ou Inforoute). Inforoute n’est ni un organisme fédéral ni une société d’État et elle n’est pas non plus contrôlée par le gouvernement fédéral.

·        Le gouvernement fédéral devrait accorder un financement additionnel de deux milliards de dollars sur cinq ans à Inforoute. pour permettre à cette entreprise de créer, de concert avec les provinces et les territoires, un système national de dossiers de santé électroniques.

Technologies de la santé

·        Le Canada traîne encore très nettement de l’arrière par rapport aux autres pays de l’OCDE sur le plan de l’accès aux nouvelles technologies.

·        Le gouvernement fédéral devrait verser aux hôpitaux 2,5 milliards de dollars sur cinq ans expressément destinés à l’achat et à l’évaluation de technologies de la santé. De ce montant, 400 millions de dollars devraient être alloués annuellement aux centres universitaires des sciences de la santé, et 100 millions aux hôpitaux communautaires, montant assumé à parts égales par le gouvernement fédéral et ses homologues provinciaux et territoriaux. Le gouvernement fédéral assumerait dans son intégralité le financement des centres universitaires des sciences de la santé.

·        Les établissements bénéficiant de ce programme devraient être tenus de rendre compte au gouvernement fédéral de la façon dont ils utilisent les fonds reçus, pour que l’on soit sûr que les fonds servent bien aux fins prévues.

 

Protection des renseignements personnels sur la santé

·        Les technologies de l’information sur la santé offrent de réelles possibilités d’améliorer la protection de la vie privée grâce à des dispositifs de sécurité plus efficaces qui restreignent l’accès et à des mécanismes améliorés de suivi qui permettent de vérifier toutes les opérations.

·        Les points suivants exigent une plus grande uniformisation et coordination entre les instances fédérales-provinciales-territoriales :

§         des règles d’accès sélectif restreignant l’accès aux utilisateurs autorisés pour les fins auxquelles ils ont besoin des renseignements;

§         des règles de consentement régissant la forme et les critères à respecter pour qu’un consentement soit valide;

§         des conditions autorisant l’accès sans consentement à des renseignements personnels sur la santé dans des circonstances exceptionnelles et à des fins précises;

§         des règles régissant la conservation et la destruction des renseignements personnels sur la santé;

§         des mécanismes permettant d’assurer une surveillance adéquate des systèmes de dossiers de santé électroniques d’un organisme à l’autre.

·        Le Comité estime qu’un meilleur système de technologie de l’information dans le domaine de la santé présente des avantages et ne compromettrait en rien le caractère privé des renseignements personnels sur la santé.


CHAPITRE ONZE

Les ressources humaines de la santé

Text Box: S’occuper de la question de l’offre de professionnels dans toutes les disciplines des soins de santé et trouver des moyens d’accroître leur productivité individuelle et globale constituent deux des problèmes les plus pressants et les plus complexes auxquels sont confrontés les décideurs de la santé.

 

 

 

 

·        L’une des principales conséquences de la pénurie mondiale croissante de ressources humaines en santé, c’est qu’elle force le Canada à élaborer une stratégie qui lui permettra de réaliser l’autosuffisance à cet égard.

·        Le gouvernement fédéral doit dorénavant jouer un rôle beaucoup important pour coordonner les efforts de lutte contre la pénurie de ressources humaines en santé.

·        Le gouvernement fédéral devrait travailler avec d’autres parties intéressées afin de créer un comité national permanent de coordination des ressources humaines en santé, composé de représentants des principaux intervenants et des différents ordres de gouvernement.

·        Le gouvernement fédéral devrait verser dès maintenant 160 millions de dollars par année afin que les écoles de médecine canadiennes puissent recruter 2 500 étudiants de première année d’ici 2005, ce qui représente 640 étudiants de plus.

·        Le gouvernement fédéral devrait verser 90 millions de dollars par année afin de permettre aux écoles d’infirmières du Canada de produire 12 000 diplômés d’ici 2008, ce qui représente plus de 2 600 diplômés de plus que le nombre prévu pour cette année-là.

·        Le gouvernement fédéral devrait verser 40 millions de dollars par année afin d’aider les provinces à accroître le nombre de diplômés des professions paramédicales chaque année.

·        Pour faciliter le retour au Canada des professionnels de la santé canadiens travaillant à l’étranger, le gouvernement fédéral devrait étudier la possibilité d’adopter des incitatifs fiscaux à court terme pour ceux qui sont prêts à rentrer au Canada, comme il l’a fait dans les années 60 lorsqu’il y avait pénurie de professeurs d’université qualifiés.

·        Le gouvernement fédéral devrait travailler avec les provinces afin d’établir des normes nationales pour l’évaluation des diplômés en médecine étrangers, et de fournir un financement continu pour mettre en œuvre un programme accéléré visant à délivrer des licences aux diplômés étrangers qualifiés et à intégrer complètement ces derniers au système canadien de soins de santé.

·        On pourrait réduire le nombre de médecins supplémentaires nécessaires au Canada si l’on augmentait la productivité des médecins. Il est essentiel de mener en priorité des études sur la productivité pour chacune des grands professions médicales.

·        Il est urgent d’effectuer un examen indépendant des règles relatives au champ de pratique et des autres règlements concernant ce que chaque professionnel de la santé peut ou ne peut pas faire, dans le but d’élaborer des propositions qui feraient en sorte qu’on utilise pleinement les compétences des divers professionnels de la santé et que les soins de santé soient fournis par le professionnel qualifié qui convient le mieux.


CHAPITRE DOUZE

Favoriser l’excellence dans la recherche canadienne en santé

Text Box: Le Canada doit augmenter ses investissements en recherche en santé pour que ce derniers se rapprochent de ceux des autres pays industrialisés.

 

 


Le financement de la recherche en santé

·        Un niveau scientifique élevé se traduira par une amélioration de la santé de la population et la mise sur pied d’un système de prestation de soins de santé efficient.

·        La recherche en santé mènera à la création de produits et de technologies qui amélioreront la santé de la population canadienne :

·        les essais cliniques effectués par les Instituts de recherche en santé du Canada aboutiront à l’élaboration de lignes directrices valables dans le domaine clinique

·        la recherche portant sur la santé de la population se traduira par des progrès dans la promotion et la protection de la santé

·        la recherche portant sur les services de santé se traduira par un système de soins de santé plus efficient

·        les résultats de la recherche serviront à la prise de décisions dans le domaine clinique

·        Le défi du Canada dans la recherche en santé est d’attirer et de conserver des personnes aux talents exceptionnels. Un financement prévisible sur plusieurs années constitue un préalable nécessaire.

·        Le Canada doit augmenter sa contribution financière à la recherche en santé de façon à atteindre un niveau de 1 % des dépenses totales consacrées aux soins de santé, ce qui signifie un investissement supplémentaire de 440 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral.

·        Le gouvernement fédéral devrait adopter un horizon de planification de cinq ans pour le budget des Instituts de recherche en santé du Canada.

L’éthique dans la recherche en santé

·        Les principaux intervenants dans le domaine de la recherche en santé effectuée sur des sujets humains collaborent à l’élaboration d’un système commun de gouvernance en la matière.


CHAPITRE TREIZE

Une politique publique « pro-santé » – la santé au-delà des soins de santé

Text Box: Le Comité voit d’énormes avantages à la promotion du bien-être et de la santé, la prévention de la maladie et des blessures, la santé publique et la protection de la santé et les stratégies en matière de santé de la population, en terme d’amélioration de la santé des Canadiens, bien sûr, mais aussi pour leur incidence financière à long terme sur le système de santé public.

Politique publique pro-santé

·        Les éléments d’une politique publique pro-santé sont :

·        la promotion de la santé et du bien-être

·        la prévention de la maladie et des blessures

·        la santé publique de la protection de la santé

·        les stratégies relatives à la santé de la population, notamment les efforts visant à accroître le niveau d’alphabétisme.

·        Une augmentation du financement dans ces domaines est essentielle pour que le Canada puisse se doter de politiques publiques pro-santé qui visent à améliorer la santé et le mieux-être de la population et non pas chercher uniquement à soigner les gens quand ils sont malades, comme c’est le cas actuellement.

·        Le gouvernement fédéral a le pouvoir et le devoir de prendre l’initiative et de montrer la voie en la matière.

Prévention des maladies chroniques

·        Les deux tiers environ des décès survenant au Canada sont attribuables aux maladies chroniques suivantes : cardiovasculaires (maladies du cœur et accidents cérébro-vasculaires), cancer, maladies respiratoires obstructives chroniques (bronchite et emphysème) et diabète.

·        La mauvaise alimentation, le manque d’exercice, le tabac, le stress et la consommation excessive d’alcool (autant de comportements liés au mode de vie) sont les principaux facteurs sociaux et comportementaux de risque pour ces maladies.

·        Si l’on parvenait à réprimer ou à éliminer ces facteurs, on réduirait énormément la prévalence de ces maladies chroniques et le fardeau économique qu’elles engendrent.

·        Le gouvernement fédéral devrait montrer la voie en élaborant une stratégie nationale de prévention des maladies chroniques qui combinerait des efforts de sensibilisation du public, des programmes médiatiques et des interventions stratégiques.

·        Le gouvernement fédéral devrait consacrer 125 millions de dollars par année à la prévention des maladies chroniques.

La santé publique et la promotion de la santé

·        Le grand problème des interventions en santé publique tient à la modestie du financement, qui pèche en plus par son irrégularité et son instabilité.

·        Il en découle que l’infrastructure des soins de santé au Canada subit d’énormes pressions et s’est sensiblement dégradée ces dernières années.

·        Le gouvernement fédéral doit prendre l’initiative et affecter 200 millions de dollars de plus au soutien, à la coordination et à l’intégration de l’infrastructure sanitaire au Canada, et déployer des efforts pertinents en promotion de la santé.


CHAPITRE QUATORZE

Comment administrer les fonds supplémentaires que le gouvernement fédéral consacrera à la santé

Text Box: Un système de soins de santé financièrement viable est un système sur lequel les Canadiens peuvent compter maintenant et pourront compter dans l’avenir. S’agissant de sa viabilité, il convient de tenir compte de deux contraintes corrélées. D’une part, les contribuables doivent être disposés à payer pour l’entretenir. D’autre part, les gouvernements se doivent de favoriser l’expansion économique et donc de maintenir les taux d’imposition à un niveau ne risquant pas de nuire à la capacité du Canada de stimuler l’investissement, de créer des emplois et de demeurer compétitif par rapport aux autres membres de l’OCDE, en particulier les États-Unis.

Il faut investir davantage dans le système de soins de santé

·        Certains facteurs exercent constamment des pressions à la hausse sur les dépenses de santé :

·        coûts des médicaments

·        technologies nouvelles

·        vieillissement de la population

·        coût des ressources humaines

·        augmentation des attentes de la population

·        restructuration des soins de santé

·        lacunes du système

Il faudra faire appel à de nouvelles sources de financement 

·        Vu la multiplicité des besoins concurrents qui se disputent les dépenses fédérales, la plupart du financement fédéral additionnel des soins de santé ne pourra pas provenir d’une autre enveloppe budgétaire mais de fonds nouveaux.

Comment gérer les nouveaux fonds que le gouvernement fédéral destinera aux soins de santé

·        Le gouvernement fédéral ne doit pas simplement accorder des fonds aux provinces et aux territoires, il doit aussi avoir son mot à dire sur la façon dont ils sont dépensés.

·        Le gros des nouveaux fonds ne devraient pas servir à financer le système de santé public dans sa forme actuelle. Les nouveaux fonds consentis aux provinces et aux territoires doivent servir à opérer de véritables changements et une vraie réforme.

·        Le gouvernement fédéral ne doit pas verser ces fonds supplémentaires  aux provinces et aux territoires dans le cadre du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux.

·        Les recettes fédérales supplémentaires destinées à la santé devront être versées dans un fonds réservé, distinct du Trésor public.

·        Le commissaire national aux soins de santé et le conseil national des soins de santé devraient conseiller chaque année le gouvernement fédéral sur les priorités à respecter dans l’attribution des fonds réservés. Leurs conseils devraient également être rendus publics.

·        Le Bureau du vérificateur général devrait vérifier chaque année comment les fonds réservés ont été dépensés et rendre publics les résultats de cette vérification.


CHAPITRE QUINZE

Comment générer des fonds additionnels pour les soins de santé

Text Box: Pour que le système de soins de santé public devienne financièrement viable, il faut que la population canadienne soit disposée à le financer collectivement.

FONDS FÉDÉRAUX ADDITIONNELS REQUIS POUR LES SOINS DE SANTÉ  

Élargissement et restructuration

Part fédérale

(M $)

Détails

Élargissement de la couverture

§         Soins à domicile post-hospitalisationb)

§         Médicaments dont le coût est exorbitanta)

§         Soins palliatifsb)

 

550

500

250

 

Chaque année

Chaque année

Chaque année

Amélioration de l’efficience et de l’efficacité

§         Technologie de la santé (CUSS)c)

§         Immobilisations (CUSS)c)

§         Inforoute (DSE)c)

§         Immobilisations (hôpitaux communautaires)b)

§         Équipement (hôpitaux communautaires)b)

§         Réforme des soins primairesc)

§         ICISc)

 

400

400

400

150

100

50

50

 

2 milliards sur 5 ans

4 milliards sur 10 ans

2 milliards sur 5 ans

1,5 milliard sur 10 ans

500 millions sur 5 ans

250 millions sur 5 ans

Chaque année

Promotion et prévention

§         Promotion et protection de la santéc)

§         Prévention des maladies chroniquesb)

 

200

125

 

Chaque année

Chaque année

Ressources humaines en santé

§         Écoles de médecine(c)

§         Écoles de sciences infirmières et professions connexesc)

§         CUSS (études supérieures)c)

 

160

130

 

70

 

Chaque année

Chaque année

 

Chaque année

Recherche, évaluation et rapports

§         Recherche financée par l’IRSCc)

§         Commissaire aux soins de santéc)

§         Système national (CCASS)c)

 

440

15

10

 

Chaque année

Chaque année

Chaque année

Provision pour éventualités (20 %)

1 000

Chaque année

TOTAL PARTIEL

5 000

Chaque année

a)             Financement fédéral à 90 %.
b)            Programme à partage égal des coûts entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires.
c)             Financement fédéral intégral.
(voir la liste des abréviations à la fin de ce chapitre)

Nouvelles dépenses fédérales nécessaires

·        Environ 30 % des dépenses fédérales additionnelles proposées seront consacrées à l’élargissement de la couverture des services de santé, à la promotion de la santé et à la prévention des maladies.

·        Une tranche de 40 % environ servira à optimiser les services des médecins et du réseau hospitalier et à stimuler l’intérêt pour les différentes professions de la santé.

·        Quelque 10 % des dépenses proposées seront affectés à la recherche en santé, à l’évaluation des résultats et à la production de rapports sur le rendement.

·        Une tranche annuelle de 20 % en guise de provision pour éventualités est prévue.

·        Selon le Comité, il faudrait que les Canadiens soient disposés à investir cinq milliards de dollars de plus par an dans un système de soins de santé qui réponde aux principes de la Loi canadienne sur la santé et aux objectifs de la politique canadienne en matière de soins de santé.

·        Les cinq milliards de dollars supplémentaires ne devraient pas provenir d’un excédent réel ou anticipé du budget fédéral. Les excédents fluctuant au gré de la conjoncture, il serait irresponsable de la part du gouvernement de fonder l’avenir du système de soins de santé sur des fluctuations économiques.

Sources possibles d’un financement fédéral accru

·        Toute nouvelle mesure génératrice de revenu doit répondre aux objectifs suivants :

·        elle doit être répartie équitablement et raisonnablement entre les groupes auxquels on fait appel pour la payer;

·        elle doit avoir le moins d’effets négatifs possibles sur l’activité et la croissance économique relativement aux recettes générées;

·        elle ne doit entraîner que de modestes coûts administratifs pour les contribuables et peu de frais de recouvrement pour le gouvernement;

·        sa justification doit être évidente pour la population et de préférence établie par un rapport direct entre les recettes générées et les services qu’elles permettent de financer;

·        elle doit générer des recettes stables et robustes (en se sens qu’elles croîtront au rythme du PIB ou à peu près), de manière que son produit permette de faire face aux augmentations futures des coûts;

·        pour en justifier la perception, elle doit être perçue comme donnant lieu à des améliorations tangibles du régime et de la couverture de l’assurance-santé.

·        Chacune des sources potentielles de recettes pour le gouvernement fédéral a été évaluée en fonction des objectifs ci-dessus et des critères d’équité, d’efficience, d’équité entre les générations, de stabilité et de visibilité.

·        Le Comité a rejeté de nombreuses sources de revenus potentielles pour que le fardeau fiscal du Canada ne soit pas indûment alourdi par rapport à celui des autres pays de l’OCDE, et pour que soient respectés les objectifs ci-dessus et les critères d’équité sociale et d’équité entre les générations.

·        Le Comité a conclu qu’il n’existe que deux solutions possibles pour aller chercher cinq milliards de dollars par an de plus auprès des Canadiens.

·        La première consiste à créer une taxe de vente nationale au titre des soins de santé. Si l’on adoptait cette solution, les Canadiens paieraient une taxe de vente nationale de 8,5 %, formée d’une TPS de 7 % et d’une taxe de vente au titre des soins de santé de 1,5 %. Le crédit pour TPS serait accru proportionnellement à la hausse de la taxe de vente.

·        La deuxième solution réside dans la perception d’une prime nationale variable d’assurance-santé. Dans ce cas, les Canadiens paieraient, par le truchement du régime fiscal, une prime nationale d’assurance-santé dont le montant varierait selon le revenu imposable de chacun La prime nationale variable d’assurance-santé est donc progressive sur l’ensemble de l’éventail des revenus, mais presque fixe à l’intérieur de chaque fourchette de revenu imposable.

·        Pour éviter que les personnes dont le revenu imposable dépasse à peine le seuil de leur tranche d’imposition ne voient leur prime doubler d’un coup, une disposition spéciale de limitation a été intégrée au calcul : ainsi, la prime d’un contribuable ne peut pas dépasser le montant de la prime associée à la tranche d’imposition immédiatement inférieure, plus 10 % du revenu imposable qui dépasse le seuil de la tranche d’imposition du contribuable.

·        Les Canadiens dont le revenu se situe dans la fourchette inférieure paieraient une prime de 0,50 $ par jour. Ceux de la fourchette suivante (revenu imposable se situant entre 31 000 $ et 63 000 $ environ) paieraient 1 $ par jour. Ceux de la troisième fourchette de revenu paieraient 2 $ par jour. Ceux de la fourchette la plus élevée (plus de 103 000$) paieraient 4 $ par jour.

·        De l’avis du Comité, il n’est pas déraisonnable de demander aux Canadiens de verser ces sommes afin de restructurer le système de soins de santé et de commencer à combler ses lacunes, tout en préservant les valeurs fondamentales en matière de santé qui sont si chères aux Canadiens et au Comité.

   

RECETTES FÉDÉRALES ANNUELLES ENGENDRÉES PAR UNE PRIME NATIONALE VARIABLE D’ASSURANCE-SANTÉ

Fourchette de revenus

(taux fédéral d’imposition du revenu des particuliers)

Millions de déclarants qui paient une prime

Montant de la prime

 

Recettes fédérales annuelles estimatives

(en milliards de dollars)

Jusqu’à 31 677 $

(16 %)

7,9

0,50 $/jour

(ou 185 $/année)

1,341

De 31 678 à 63 354 $

(22 %)

5,8

1 $/jour

(ou 370 $/année)

2,096

De 63 355 à 103 000 $

(26 %)

1,4

2 $/jour

(ou 740 $/année)

0,968

Plus de 103 000 $

(29 %)

0,5

4 $/jour

(ou 1 400 $/année)

0,622

RECETTES FÉDÉRALES TOTALES (ESTIMATION)

5,027

 

·        La taxe de vente nationale au titre des soins de santé et la prime nationale variable d’assurance-santé permettent au gouvernement fédéral de générer les cinq milliards de dollars de plus par an nécessaires au secteur de la santé.

·        Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients :

·        la taxe de vente nationale au titre des soins de santé serait facile à administrer, comporte un facteur de croissance intégré, ne serait pas substantiellement régressive, mais elle suscitera presque à coup sûr l’opposition du public;

·        la prime variable nationale d’assurance-santé est progressive, correspond à la manière dont les particuliers achètent normalement de l’assurance, est connue des Canadiens résidant dans des provinces qui perçoivent ou ont perçu des primes au titre de l’assurance-santé, mais elle risque d’être assimilée à une surtaxe sur le revenu. Le Comité a rejeté la solution de la taxe sur le revenu « pure » pour que le fardeau fiscal canadien ne soit pas excessif par rapport à ceux des autres pays de l’OCDE.

·        L’important, c’est que les Canadiens consentent à fournir au gouvernement fédéral cinq milliards de dollars additionnels pour les soins de santé. C’est l’enjeu sur lequel les Canadiens devront se pencher sérieusement afin d’en débattre et de prendre une décision.

·        En bout de ligne, la solution qui sera retenue pour générer les recettes a moins d’importance que le fait de s’entendre sur la perception des cinq milliards de dollars. Le Comité recommande cependant que le gouvernement fédéral établisse la prime nationale variable d’assurance-santé.

 

Comment le gouvernement fédéral finance actuellement les soins de santé

·        Pour améliorer substantiellement la transparence et la reddition des comptes en matière de dépenses de santé fédérales, la contribution du gouvernement fédéral aux soins de santé devrait prendre la forme d’un impôt affecté à une fin spéciale.

·        En plus d’améliorer la transparence et la reddition de comptes, l’affectation d’un impôt à une fin spéciale renforcera la prévisibilité et la stabilité du financement fédéral au titre des soins de santé, ce qui revêt une grande importance pour les administrations provinciales et territoriales.

·        Actuellement, 62 % du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux sont destinés aux soins de santé, ce qui représente 3,1 des 7 points de pourcentage de la TPS (ou 45 % environ des revenus issus de la TPS).

·        Cependant, vu la nécessité de relever légèrement la contribution du gouvernement fédéral au système actuel de soins de santé, du moins jusqu’à ce que le plein effet des recommandations du Comité en matière de restructuration se fasse sentir, si le gouvernement fédéral décide de recourir à un impôt affecté à une fin spéciale pour payer les dépenses de santé, et s’il choisit pour ce faire la TPS, il faudrait consacrer aux soins de santé 50 % de la TPS actuelle ou 3,5 points de pourcentage (plutôt que 45 % ou 3,1 points de pourcentage). Cela permettrait d’allonger de 1,5 milliard de dollars le financement fédéral de la santé.

·        Si la moitié de la TPS était réservée aux coûts de santé du système actuel, le gouvernement fédéral contribuerait au moins trois milliards de dollars de plus par année. Un milliard et demi proviendrait des 3,5 points de pourcentage de la TPS réservés aux soins de santé, et l’autre milliard et demi de l’argent que les provinces dépensent dans le moment et qu’elles n’auraient plus à dépenser une fois mises en œuvre les recommandations du Comité.

·        Si le gouvernement fédéral décidait aussi d’investir la provision pour éventualités d’un milliard de dollars pour soutenir le système de soins hospitaliers et de soins dispensés par les médecins en attendant la mise en place des mesures d’économies proposées dans le rapport, sa contribution additionnelle totale au système actuel serait d’au moins quatre milliards de dollars.

 

List des abréviations :

 

CCASS

Conseil canadien d’agrément des services de santé

CUSS

centre universitaires des sciences de la santé

DES

dossier de santé électronique

ICIS

Institut canadien d’information sur la santé

IRSC

Institut canadien de recherches avancées


CHAPITRE SEIZE

Viabilité financière du système de soins de santé : les conséquences de l’inaction

Text Box: Si les Canadiens ne sont pas disposés à financer collectivement un système public de soins de santé financièrement viable, les tribunaux pourraient décider d’autoriser un système parallèle de soins de santé privés.

·        Si les Canadiens refusent de verser les cinq milliards de dollars de plus recommandés dans le rapport, l’élargissement de l’assurance-santé publique et les réformes du système des soins hospitaliers et des soins dispensés par les médecins n’auront pas lieu et il sera impossible de procéder aux investissements nécessaires dans l’infrastructure et de mettre en place une garantie des soins de santé.

·        Les périodes d’attente continueront alors de s’allonger et il sera toujours plus difficile d’avoir accès en temps voulu au système public de soins de santé.

·        Dans ces circonstances, il est très probable que les tribunaux décideraient, en application de la Charte canadienne des droits et libertés, que le gouvernement ne peut plus nier aux Canadiens le droit d’acheter de l’assurance-santé privée pour obtenir au Canada, contre rémunération, des services de santé faisant partie du groupe des services assurés par le régime public. Un système parallèle de soins de santé privés ferait alors son apparition.

·        Une telle situation serait très regrettable.

·        Le Comité rejette catégoriquement le point de vue selon lequel les problèmes du système canadien de soins de santé peuvent être résolus sans qu’il en coûte rien aux Canadiens.

·        Le Comité croit que les Canadiens, par l’entremise du gouvernement fédéral, doivent absolument faire le choix entre consacrer beaucoup plus d’argent au système de soins de santé et laisser les tribunaux trancher en faveur de la création d’un système privé parallèle.


CHAPITRE DIX-SEPT

La Loi canadienne sur la santé

Text Box: Toutes les recommandations faites par le Comité dans le présent rapport visent à favoriser la réalisation des deux objectifs primordiaux d’intérêt public, par des moyens qui sont conformes aux principes de la Loi canadienne sur la santé.

·        Toutes les recommandations du Comité peuvent être appliquées sans qu’il soit nécessaire de modifier la Loi canadienne sur la santé.

·        Le Parlement devrait adopter une nouvelle loi fédérale portant création de la garantie nationale de soins de santé pour que tous les Canadiens aient accès en temps voulu aux services qui leur sont médicalement nécessaires.

·        Le gouvernement fédéral devrait adopter de nouvelles mesures législatives pour mettre en oeuvre une couverture des soins de santé plus large incluant les coûts exorbitants des médicaments de prescription, les soins à domicile post-hospitaliers et les soins palliatifs externes, comme le recommande le rapport.

·        On devrait mettre sur pied un comité sur la couverture de l’assurance-santé publique, constituté de citoyens, d’éthiciens, de fournisseurs de soins de santé et de scientifiques, et lui confier le mandat d’examiner les services et de recommander ceux qui doivent être couverts par l’assurance-santé publique.


CONCLUSION

Text Box: Il n’existe pas de solution parfaite. Tous les intéressés doivent être prêts à faire des compromis pour que la réforme profite à tous les Canadiens. Toute réforme sera vouée à l’échec si l’on s’entête à rechercher la perfection ou à vouloir satisfaire toutes les demandes.

 

·        Les recommandations du Comité tiennent compte des impératifs suivants :

·        Il faut grandement améliorer l’efficience du système de soins de santé.

·        Il est essentiel d’investir dans l’infrastructure, surtout dans les centres universitaires des sciences de la santé, les systèmes d’information médicale et la technologie de la santé.

·        Il faut agir dès maintenant pour combler les lacunes de notre régime de soins de santé.

·        Quiconque propose une réforme du système de soins de santé est tenu d’indiquer la manière dont le nouveau régime sera financé.

·        Le Comité est conscient que la mise en œuvre de sa liste de recommandations exigera un changement d’attitude considérable de la part de l’ensemble des intervenants du système de soins de santé. Par exemple :

·        Le passage à une formule de financement fondée sur les services dispensés modifiera le mode de gestion des hôpitaux.

·        Les changements que suppose la réforme des soins de santé primaires obligeront les omnipraticiens à accepter des changements à la façon dont ils pratiquent leur métier et dont ils sont rémunérés.

·        Il faudra aussi modifier les règles relatives au champ de pratique de tous les professionnels de la santé afin qu’elles ne fassent pas obstacle à leur capacité de mettre pleinement à profit leurs compétences.

·        Les changements que suppose la réforme des soins de santé primaires exigeront aussi qu’un patient consente à demeurer avec l’omnipraticien de son choix pendant un an, à moins qu’il ne déménage.

·        La recommandation relative aux dossiers de santé électroniques exigera qu’un patient accepte de donner l’approbation nécessaire à l’élaboration d’un système efficient.

·        Les gouvernements provinciaux-territoriaux devront modifier un aspect important de leur approche à l’égard du système de soins de santé et souscrire à une garantie de soins de santé, c’est-à-dire assumer la responsabilité des conséquences de leurs décisions antérieures de sabrer dans les budgets et de restreindre l’offre de services de soins de santé.

·        Les gouvernements provinciaux-territoriaux devront aussi renoncer à leur approche de commandement et de contrôle à l’égard des soins de santé, donner aux autorités sanitaires régionales une autonomie suffisante et permettre la mise en place d’un système d’incitatifs et les changements d’attitude qu’elle suppose, afin de produire les résultats souhaités.

·        Le gouvernement fédéral devra consentir à la création d’un fonds indépendant, dont la surveillance sera assurée par un commissaire aux soins de santé et un conseil national des soins de santé, qui le conseilleront sur la façon dont le fonds doit être dépensé. Ces conseils devront être rendus publics, et les autorités responsables devront rendre compte annuellement au public de la façon dont les fonds affectés aux soins de santé sont effectivement dépensés.

·        Le gouvernement fédéral devra aussi accepter qu’il a un important rôle de chef de file à jouer et qu’à cet égard, il lui incombe de soutenir financièrement l’infrastructure essentielle au succès du système national de soins de santé.

·        Le gouvernement fédéral devra aussi accepter qu’il a un rôle important à jouer dans le financement et la mise en valeur des programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies chroniques.  

Enfin, il importe d’insister sur l’importance déterminante des objectifs de plus grande responsabilisation et de plus grande transparence dans la position du Comité sur les types de réforme nécessaires dans le système de soins de santé, et sur le rôle crucial que doit jouer l’amélioration de l’information, à tous les niveaux du système, pour mettre en œuvre ces objectifs.

Nous invitons les lecteurs à garder à l’esprit que toute réforme majeure d’un système d’importance, en particulier lorsqu’il s’agit d’un système aussi complexe que celui des soins de santé, n’est jamais parfaite. Il n’existe pas de solution parfaite. Tous les intéressés doivent être prêts à faire des compromis pour que la réforme profite à tous les Canadiens. Toute réforme sera vouée à l’échec si l’on s’entête à rechercher la perfection ou à vouloir satisfaire toutes les demandes.

La réforme échouera si l’on s’entête à vouloir aborder de front tous les problèmes des soins de santé sans d’abord commencer par trouver des solutions à quelques-uns d’entre eux, en particulier en ce qui concerne les services hospitaliers et les services fournis par les médecins. Ces tendances, de même que l’importance accordée aux intérêts personnels de ceux qui oeuvrent dans le système, expliquent l’échec des tentatives de réforme antérieures.  

Conscients de ces dangers, nous avons travaillé fort pour élaborer une série de recommandations qui, de notre point de vue, revêtent un caractère pratique, constituent un juste milieu du point de vue idéologique, sont réalisables et devraient mener à une amélioration sensible des services hospitaliers et des services dispensés par les médecins. Nous croyons que la restructuration et le renouvellement du système de soins de santé canadien sont possibles si nous procédons à une réforme graduelle.

Nous espérons que les intervenants de tous les secteurs du système national de soins de santé et, en fait, tous les Canadiens examineront les recommandations avec la même approche pratique que le Comité et que tous seront prêts à faire certains compromis afin d’atteindre notre objectif commun, à savoir se doter d’un système de soins de santé financièrement viable et dont les Canadiens peuvent vraiment être fiers.


ANNEXE

Liste des recommandations par chapitre

CHAPITRE UN

LA NÉCESSITÉ D’UN RAPPORT ANNUEL SUR L’ÉTAT DU SYSTÈME DE SOINS DE SANTÉ ET SUR L’ÉTAT DE SANTÉ DES CANADIENS

Un commissaire national aux soins de santé et un conseil national des soins de santé

Qu’un nouveau comité fédéral-provincial-territorial composé de cinq représentants provinciaux-territoriaux et cinq représentants fédéraux soit mis sur pied. Il aura pour mandat de nommer un commissaire national aux soins de santé et les huit autres membres d’un conseil national des soins de santé, choisis parmi les candidats proposés par le commissaire.

Que le commissaire national aux soins de santé soit chargé des responsabilités suivantes :

§         présenter au comité fédéral-provincial-territorial des candidatures pour le conseil national des soins de santé et présider le conseil une fois les nominations ratifiées;

§         surveiller la production d’un rapport annuel sur l’état du système de soins de santé et sur l’état de santé des Canadiens qui comprendra des constatations et des recommandations pour améliorer la prestation et les résultats des soins de santé au Canada;

§         Travailler en collaboration avec le conseil national des soins de santé afin de conseiller le gouvernement fédéral sur l’affectation des recettes additionnelles perçues afin de réformer et de renouveler le système de soins de santé conformément aux recommandations formulées dans le présent rapport;

§         embaucher le personnel nécessaire pour réaliser cet objectif et travailler en étroite collaboration avec les organismes indépendants existants afin de réduire au minimum le chevauchement des fonctions.

Que le gouvernement fédéral verse 10 millions de dollars par année afin de financer le travail de ce commissaire et de ce conseil en vue de produire un rapport annuel sur l’état du système de soins de santé et sur l’état de santé des Canadiens, ainsi que de conseiller le gouvernement fédéral sur l’affectation du surcroît de recettes perçu afin de réformer et de renouveler le système de soins de santé.

 

 


CHAPITRE DEUX

RESTRUCTURATION ET FINANCEMENT  DES HÔPITAUX AU CANADA

Financement fondé sur les services dispensés

Que l’on adopte pour les hôpitaux un mode de financement fondé sur les services dispensés. Ce mode de financement convient particulièrement aux hôpitaux communautaires situés dans les grands centres urbains. Il faut pour cela :

§         qu’un nombre suffisant d’hôpitaux soient tenus de soumettre à l’Institut canadien d’information sur la santé des données  sur leurs tarifs par cas et leurs coûts;

§         que l’Institut canadien d’information sur la santé établisse, en collaboration avec les provinces et les territoires, une tarification détaillée afin de réduire la tentation du surclassement;.

§         que le gouvernement fédéral octroie à l’Institut canadien d’information sur la santé des crédits permanents qui seront consacrés à la collecte et à l’estimation des données nécessaires à la mise en œuvre du financement fondé sur les services dispensés;

§         que l’on passe assez rapidement au financement fondé sur les services dispensés. Le Comité estime raisonnable de prévoir une période de transition de cinq ans.

Que le financement fondé sur les services dispensés soit complété par une méthode de financement additionnelle qui tiendrait compte des services uniques qu’offrent les centres universitaires des sciences de la santé, y compris l’enseignement et la recherche.

Que, dans l’élaboration d’une formule de rémunération fondée sur les services dispensés pour le financement des hôpitaux communautaires, l’on tienne compte des facteurs suivants :

§         Isolement : les hôpitaux ruraux ou éloignés doivent assumer des coûts plus élevés que ceux des grands centres urbains.

§         Taille : les petits hôpitaux assument des coûts plus élevés par cas pondéré que les grands hôpitaux. Un rajustement devrait être apporté pour tenir compte de ces réalités.

Investissements pour appuyer les hôpitaux

Que le gouvernement fédéral participe aux dépenses en immobilisations associées à l’expansion des hôpitaux situés dans des endroits où la croissance démographique est exceptionnellement élevée, c’est-à-dire les régions où la croissance démographique dépasse la moyenne provinciale de 50% ou plus. Cet apport devrait représenter 50 % du total de l’investissement en immobilisations nécessaire. En tout, le gouvernement fédéral devrait consacrer 1,5 milliard de dollars à cette initiative sur une période de dix ans ou 150 millions de dollars annuellement.

Que le gouvernement fédéral devrait encourager les provinces et les territoires à explorer des partenariats entre le secteur public et l’entreprise privée en vue d’obtenir un investissement supplémentaire dans la capacité hospitalière.

Que le gouvernement fédéral verse 4 milliards de dollars au cours des dix prochaines années (soit 400 millions de dollars par année) aux centres universitaires des sciences de la santé pour leurs dépenses en immobilisations.

Que les centres universitaires des sciences de la santé soient tenus de faire rapport de leur utilisation de ces fonds fédéraux.

 

CHAPITRE TROIS

DÉLÉGUER PLUS DE RESPONSABILITÉS AUX RÉGIES RÉGIONALES DE LA SANTÉ

Que les régies régionales de la santé des grands centres urbains puissent exercer un contrôle sur le coût des services médicaux en plus d’assumer leur responsabilité à l’égard des services hospitaliers dans leur région. Le pouvoir de dépenser pour l’achat de médicaments de prescription devrait également leur être délégué.

Que les régies régionales de la santé puissent choisir entre différents fournisseurs (particulier ou établissement) en fonction de la qualité et des coûts et récompenser les meilleurs fournisseurs par un volume accru. Ainsi, les RRS seraient dans l’obligation d’établir des contrats clairs où le volume des services et les objectifs de rendement seraient précisés.

Que le gouvernement fédéral encourage le transfert des responsabilités des gouvernements provinciaux et territoriaux aux régies régionales de la santé et participe à l’évaluation de la portée des réformes de marché interne menées à l’échelle régionale.

 

CHAPITRE QUATRE

RÉFORME DES SOINS DE SANTÉ PRIMAIRES

Que le gouvernement fédéral continue de travailler avec les provinces et les territoires à la réforme de la prestation des soins primaires et qu’il assure un soutien financier permanent aux projets de réforme entraînant la création d’équipes de soins de santé primaires pluridisciplinaires qui :

§         visent à offrir une large gamme de services 24 heures sur 24, sept jours sur sept;

§         veillent à faire en sorte que les services soient dispensés par les professionnels de la santé compétents qui conviennent le mieux;

§         utilisent à leur pleine mesure les capacités et les compétences d’un éventail de professionnels de la santé;

§         adoptent d’autres modes de rémunération que les honoraires à l’acte, par exemple la capitation, soit exclusivement, soit dans le cadre d’une formule de financement mixte;

§         cherchent à intégrer des stratégies de promotion de la santé et de prévention de la maladie dans leur travail quotidien;

§         assument progressivement une plus grande part de responsabilité à l’égard des besoins en santé et en bien﷓être de la population desservie.

Que le gouvernement fédéral puise 50 millions de dollars par année dans les nouvelles recettes que le Comité lui a recommandé de générer, pour aider les provinces à mettre sur pied des groupes de soins primaires.

 

CHAPITRE CINQ

DES SOINS DE SANTE EN TEMPS OPPORTUN

Ce chapitre ne contient pas de recommandation.

 

CHAPITRE SIX

LA GARANTIE DE SOINS DE SANTÉ

Qu’un délai d’attente maximum tenant compte des besoins soit fixé et rendu public pour chaque type d’intervention ou de traitement majeur;

Qu’une fois ce délai expiré, l’assureur (le gouvernement) paie pour que le patient puisse immédiatement faire des démarches pour subir l’intervention ou le traitement en question ailleurs au Canada ou, au besoin, à l’étranger (par exemple, aux États-Unis). C’est ce qu’on appelle la garantie de soins de santé.

Que le processus d’établissement des normes régissant les périodes d’attente soit de portée nationale.

Qu’un organisme indépendant, chargé d’examiner les données scientifiques et cliniques pertinentes, soit mis sur pied;

Que les normes régissant les périodes d’attente portent sur quatre principaux types d’intervention : consultation pour soins primaires, première consultation d’un spécialiste, test diagnostique et chirurgie.

 


CHAPITRE SEPT

ÉTENDRE LA COUVERTURE POUR INCLURE LA PROTECTION CONTRE LES COÛTS EXORBITANTS DES  MÉDICAMENTS DE PRESCRIPTION

Que le gouvernement fédéral mette en place un programme visant à protéger les Canadiens contre les dépenses exorbitantes en médicaments de prescription.

Pour tous les régimes admissibles, le gouvernement fédéral accepterait de payer :

§         90 % des dépenses en médicaments de prescription dépassant 5 000 $ dans le cas des personnes dont le total combiné des dépenses personnelles non remboursables et de la contribution de la province ou du territoire à leur égard est supérieur à 5 000 $ au cours d’une année;

§         90 % des dépenses en médicaments de prescription dépassant 5 000 $ dans le cas des participants à un régime privé d’assurance-médicaments complémentaire dont le total combiné des dépenses personnelles non remboursables et de la contribution du régime d’assurance privé à leur égard est supérieur à 5 000 $ au cours d’une année.

§         Les 10 % restants seraient assumés par un régime provincial/territorial ou par un régime privé complémentaire.

Pour être admissibles à ce programme fédéral :

§         les provinces et les territoires devront mettre en place un programme garantissant qu’aucune famille n’aura à payer de sa poche plus de 3 % de son revenu familial pour acheter des médicaments de prescription;

§         les promoteurs des régimes privés d’assurance-médicaments complémentaire existants devront garantir qu’aucun participant n’aura à payer de sa poche plus de 1 500 $ par année; ainsi, les dépenses personnelles non remboursables de chaque participant seraient plafonnées à 3 % de son revenu familial ou à 1 500 $, selon le moins élevé des deux montants.

Que le gouvernement fédéral travaille en étroite collaboration avec les provinces et les territoires afin d’établir une liste nationale unique des médicaments admissibles.

 

CHAPITRE HUIT

ÉLARGIR LA COUVERTURE POUR INCLURE  LES SOINS ACTIFS À DOMICILE

Début et fin des SAD

Qu’une période de SAD désigne l’ensemble des services de soins à domicile reçus entre la première date de prestation de services suivant le congé d’hospitalisation, si cette date survient moins de trente jours après le congé,  jusqu’à concurrence de trois mois après le congé de l’hôpital.


Financement des SAD dirigé vers les hôpitaux

Que le financement des soins actifs à domicile soit d’abord dirigé vers les hôpitaux.

Afin d’encourager l’innovation et l’intégration de services et d’améliorer l’efficience et l’efficacité des services de soins de santé nécessaires, indépendamment du cadre dans lequel ces services sont reçus, que soit élaborée une méthode de remboursement pour les SAD, basée sur les services, conjointement avec les arrangements fondés sur les services pour chaque période de soins hospitaliers.

Eventail des services couverts

Que la gamme de services, de produits et de technologies pouvant être utilisée pour faciliter les soins à domicile après une hospitalisation ne fasse pas l’objet de restrictions.

Fonds pour les SAD grâce au financement fondé sur les services dispensés

Que les hôpitaux aient la possibilité d’établir des liens contractuels directement avec les fournisseurs de soins à domicile ou avec des agences intermédiaires pouvant prendre des dispositions en matière de prestation de services et de gestion de cas.

Que les contrats établis avec les fournisseurs de services de soins à domicile incluent, en plus des ententes de remboursement en fonction des services, des mécanismes pour surveiller la qualité et le rendement des services, ainsi que les résultats prévus.

Partage des coûts du programme SAD

Que le gouvernement fédéral établisse un nouveau programme national de soins actifs à domicile, qu’il financera à parts égales avec les provinces et territoires (50 / 50).

Que le programme des SAD soit considéré comme un prolongement de la couverture médicale nécessaire déjà prévue par la Loi canadienne sur la santé et que, par conséquent, le coût intégral du programme soit couvert par le gouvernement (à parts égales entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux-territoriaux).

 


CHAPITRE NEUF

ÉTENDRE LA COUVERTURE POUR INCLURE  LES SOINS PALLIATIFS À DOMICILE

Que le gouvernement fédéral s’engage à verser 250 millions de dollars par année au titre d’un programme national de soins palliatifs à domicile, élaboré de concert avec les provinces et les territoires et financé à 50 % par chacune des deux parties.

Que le gouvernement fédéral étudie la possibilité de permettre que des prestations d’assurance-emploi soient versées pendant une période de six semaines aux salariés canadiens qui choisissent de s’absenter du travail pour prodiguer des soins palliatifs à domicile à un parent mourant.

Que le gouvernement fédéral étudie la possibilité d’étendre  l’application des mesures fiscales déjà existantes aux personnes qui s’occupent d’un membre d’un proche mourant ou à celles qui paient pour obtenir ces services au nom du mourant.

Que le gouvernement fédéral modifie le Code canadien du travail de façon à permettre aux employés de s’absenter dans les situations de crise familiale, par exemple pour s’occuper d’un proche mourant, et qu’il collabore avec les provinces afin de favoriser de telles modifications aux codes provinciaux du travail.

Que le gouvernement fédéral prenne l’initiative en tant qu’employeur en modifiant la législation du Conseil du Trésor afin de protéger les emplois de ses propres employés qui s’occupent d’un proche mourant.

 

CHAPITRE DIX

LE RÔLE DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DANS L’INFRASTRUCTURE DE SOINS DE SANTÉ

Technologies de la santé

Que le gouvernement fédéral verse aux hôpitaux des fonds expressément destinés à l’achat et à l’évaluation de technologies de la santé.  Le gouvernement fédéral devrait consacrer à cette fin 2,5 milliards de dollars au total sur cinq ans (ou 500 millions de dollars par année). De ce montant, 400 millions de dollars seraient alloués annuellement aux centres universitaires des sciences de la santé, et 100 millions de dollars aux hôpitaux communautaires. Le financement des hôpitaux communautaires serait partagé à parts égales avec les provinces, tandis que la financement des centres serait assuré intégralement par le gouvernement fédéral.

Que les établissements bénéficiant de ce programme fassent rapport de la façon dont ils utilisent les fonds reçus.

 

Dossiers de santé électroniques

Que le gouvernement fédéral accorde un financement additionnel à Inforoute Santé du Canada Inc. pour permettre à cette entreprise de créer, de concert avec les provinces et les territoires, un système national de dossiers de santé électroniques.

Que le financement fédéral supplémentaire versé à Inforoute s’élève à 2 milliards de dollars sur cinq ans, soit une enveloppe annuelle de 400 millions de dollars.

Évaluation du rendement du système

Que le gouvernement fédéral accorde un financement annuel supplémentaire de 50 millions de dollars à l’Institut canadien d’information sur la santé et verse en outre une somme annuelle de 10 millions de dollars au Conseil canadien d’agrément des services de santé. Ce nouvel investissement fédéral contribuera à l’établissement d’un système national d’évaluation de l’efficacité et des résultats du système de soins de santé et facilitera ainsi la tâche au commissaire national aux soins de santé.

Protection des renseignements personnels sur la santé

Que les enjeux clés suivants fassent l’objet d’une plus grande harmonisation et coordination entre les instances fédérales, provinciales et territoriales :

§         des règles d’accès sélectif restreignant l’accès aux utilisateurs autorisés en fonction des fins pour lesquelles ceux-ci ont besoin des renseignements;

§         des règles de consentement régissant la forme et les critères à respecter pour qu’un consentement soit valide;

§         des conditions autorisant l’accès sans consentement à des renseignements personnels sur la santé dans des circonstances exceptionnelles et pour des fins précises;

§         des règles régissant la conservation et la destruction des renseignements personnels sur la santé;

§         des mécanismes permettant d’assurer une surveillance suffisante des systèmes de DSE d’un organisme à l’autre.

Qu’Inforoute Santé du Canada Inc. et d’autres investisseurs clés structurent leurs critères d’investissement de façon à créer des conditions de nature à encourager les concepteurs de systèmes DSE à trouver des solutions utiles et pratiques en matière de protection des renseignements personnels pour permettre :

§         l’adoption de mesures de sécurité d’avant-garde pour protéger les renseignements personnels sur la santé et soumettre les opérations à une vérification;

§         un partage entre les différents dépositaires qui ont accès aux DSE et les utilisent de la responsabilité en matière de reddition de comptes;

§         une coordination entre les dépositaires de façon que les patients puissent concrètement exercer leur droit d’accès à leur DSE pour y rectifier une inexactitude et contester en cas de non-conformité.

Que les principaux intervenants, notamment les ministères de la Santé fédéral, provinciaux et territoriaux, Inforoute Santé du Canada Inc., l’Institut canadien d’information sur la santé et les Instituts de recherche en santé du Canada, veillent à :

§         entreprendre une étude rigoureuse des facteurs qui déterminent l’attitude des Canadiens à l’égard de ce qui leur paraît être une utilisation acceptable ou non acceptable des renseignements personnels concernant leur santé;

§         amorcer un dialogue éclairé et valable avec les principaux intervenants, notamment les groupes de patients et les représentants des consommateurs;

§         mettre en œuvre une stratégie de communication publique ouverte, transparente et itérative pour expliquer les avantages des DSE.

 

CHAPITRE ONZE

LES RESSOURCES HUMAINES DE LA SANTÉ

La nécessité d'études sur la productivité

Que l’on effectue des études pour trouver des moyens d'améliorer la productivité des professionnels de la santé. Ces études devraient être effectuées ou commandées par le comité national de coordination des ressources humaines en santé dont le Comité recommande la création.

Un comité national de coordination des ressources humaines de la santé

Que le gouvernement fédéral travaille avec d’autres parties intéressées afin de créer un comité national permanent de coordination des ressources humaines de la santé, composé de représentants des principaux intervenants et des différents ordres de gouvernement. Son mandat serait le suivant :

§         diffuser des renseignements à jour sur les besoins en ressources humaines;

§         coordonner des projets visant à assurer un nombre suffisant de diplômés pour réaliser l’objectif d’autosuffisance en matière de ressources humaines;

§         partager et promouvoir les pratiques exemplaires quant aux stratégies servant à retenir des professionnels de la santé compétents, et coordonner les efforts de rapatriement des professionnels de la santé canadiens qui ont émigré;

§         recommander des stratégies pour accroître le nombre de professionnels de la santé provenant de groupes sous-représentés, comme les peuples autochtones, ainsi que dans les régions mal desservies, particulièrement les régions rurales et éloignées;

§         examiner les possibilités en vue d’une meilleure coordination, entre les divers ordres de gouvernement, des exigences en matière d’accréditation et d’immigration.


Augmenter le bassin des ressources humaines de la santé

Que le gouvernement fédéral :

§         Travaille avec les gouvernements provinciaux pour faire en sorte que toutes les écoles de médecine et de sciences infirmières reçoivent les augmentations de financement nécessaires pour leur permettre d’accroître le nombre d’inscriptions.

§         Mette en place des mécanismes permettant un financement fédéral direct afin de soutenir un plus grand nombre d’inscriptions dans les écoles de médecine et de sciences infirmières, et assure la stabilité du financement en vue de la formation de professionnels paramédicaux.

§         Examine les programmes féderaux de prêts étudiants offerts aux professionnels de la santé et y apporte les modifications nécessaires afin que les augmentations inévitables de frais de scolarité ne nuisent pas aux étudiants défavorisés sur le plan socioéconomique.

§         Travaille avec les gouvernements provinciaux pour faire en sorte que la rémunération des différentes catégories de professionnels de la santé tienne compte du niveau de formation réel exigé d’eux.

Que le gouvernement fédéral travaille avec les provinces et les facultés de médecine et de sciences infirmières afin de financer des places à l’intention des étudiants d’origine autochtone, en plus des places offertes à la population générale.

Que, pour faciliter le retour au Canada des professionnels de la santé canadiens travaillant à l’étranger, le gouvernement fédéral travaille avec les provinces et les associations professionnelles afin d’informer ces professionnels des nouvelles perspectives d’emploi au Canada, et qu’il étudie la possibilité d’adopter des incitatifs fiscaux à court terme pour ceux qui sont prêts à rentrer au Canada.

Que le gouvernement fédéral verse dès maintenant 160 millions de dollars par année afin que les écoles de médecine canadiennes puissent recruter 2 500 étudiants de première année d’ici 2005.

Que le comité national de coordination des ressources humaines en santé dont le Comité propose la création soit chargé de surveiller les niveaux d’inscription des écoles de médecine du Canada et qu’il conseille le gouvernement fédéral à cet égard.

Que le gouvernement fédéral contribue financièrement à accroître le nombre de postes de médecins résidents afin d’atteindre un ratio de 120 pour 100 diplômés des écoles de médecine canadiennes.

Que le gouvernement fédéral travaille avec les provinces afin d’établir des normes nationales pour l’évaluation des diplômés en médecine étrangers, et qu’il fournisse un financement continu pour mettre en œuvre un programme accéléré visant à délivrer des licences aux diplômés étrangers qualifiés et à intégrer complètement ces derniers au système canadien de soins de santé.

Que le gouvernement fédéral introduise graduellement du financement au cours des cinq prochaines années de façon que le nombre de diplômés des programmes de sciences infirmières atteigne 12 000 en 2008 dans l’ensemble du Canada, et qu’il continue à fournir un financement supplémentaire complet aux provinces pour toutes les places dans les écoles de sciences infirmières au﷓delà de 10 000 inscriptions, et ce, aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour enrayer la pénurie d’infirmières au pays.

Que le gouvernement fédéral verse 90 millions de dollars par année tirés des recettes supplémentaires dont le Comité recommande le prélèvement, afin de permettre aux écoles d’infirmières du Canada de produire 12 000 diplômés d’ici 2008.

Que le gouvernement fédéral verse 40 millions de dollars par année tirés des recettes supplémentaires dont le Comité recommande le prélèvement, afin d’aider les provinces à accroître le nombre de diplômés des professions paramédicales chaque année.

Que l’allocation exacte de ces fonds soit déterminée par le comité national de coordination des ressources humaines en santé.

Que le gouvernement fédéral consacre 75 millions de dollars par année des nouveaux fonds que recommande de recuellir le Comité afin d’aider les centres universitaires des sciences de la santé à payer les coûts liés à l’accroissement du nombre de places de formation pour l’ensemble des professions de la santé.

Examiner les règles relatives au champ de pratique

Qu’un examen indépendant des règles relatives au champ de pratique et des autres règlements concernant ce que chaque professionnel de la santé peut ou ne peut pas faire soit effectué dans le but d’élaborer des propositions qui feraient en sorte qu’on utilise pleinement les compétences des divers professionnels de la santé et que les soins de santé soient fournis par le professionnel qualifié qui convient le mieux.

 

CHAPITRE DOUZE

FAVORISER L’EXCELLENCE DANS LA RECHERCHE CANADIENNE EN SANTÉ

Jouer le rôle de chef de file dans la recherche en santé

Que la recherche et sa concrétisation dans le système de soins de santé figurent régulièrement à l’ordre du jour des rencontres des ministres et sous-ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé, et que l’Institut de recherche en santé du Canada soit représenté et participe à l’établissement des programmes de recherche en santé lors de ces réunions. Ces mesures aideront énormément à soutenir une culture d’appui à la création et à l’utilisation des connaissances générées par la recherche en santé partout au Canada.

Que le gouvernement fédéral établisse, sur une base régulière et en collaboration avec tous les intervenants, des objectifs et des priorités nationaux pour la recherche en santé.

Que le gouvernement fédéral favorise la collaboration entre différents intervenants lorsqu’il exécute, finance et utilise des recherches en santé. On pourrait ainsi disposer des meilleures ressources possibles, tout en réduisant au minimum le chevauchement et le double emploi.


Que le gouvernement fédéral assume un rôle de leadership, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada et de Santé Canada, dans l’élaboration d’une stratégie visant à encourager l’échange de chercheurs entre le gouvernement, le milieu universitaire et le secteur privé, y compris les organisations bénévoles nationales.

Financer la recherche en santé

Que le gouvernement fédéral, par l’entremise aussi bien de Santé Canada que des Instituts de recherche en santé du Canada, assure la coordination et fournisse les ressources nécessaires pour que le Canada contribue à la révolution scientifique et en bénéficie, de façon à en maximiser les avantages économiques, sanitaires et sociaux pour les Canadiens.

Que les Instituts de recherche en santé du Canada et Génome Canada financent des projets de recherche qui assureront au Canada un rôle de chef de file mondial dans ce nouveau domaine de la génomique et de la génétique humaine afin que le système de soins de santé puisse profiter de cette nouvelle technologie pour améliorer la santé des Canadiens.

Que les Instituts de recherche en santé du Canada jouent un rôle de chef de file dans l’établissement de pratiques exemplaires pour ce qui est questions éthiques complexes que soulève l’utilisation de cette nouvelle technologie en recherche et en soins de la santé.

Que le gouvernement fédéral :

§         augmente, dans un laps de temps raisonnable, sa contribution financière à la recherche extérieure en santé, de façon à atteindre un niveau de 1 % des dépenses totales consacrées aux soins de santé au Canada, ce qui signifie un investissement supplémentaire de 440 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral;

§         reconnaisse que la recherche en santé est un projet de longue haleine et, par conséquent, établisse des plans à long terme clairs pour le financement de la recherche en santé, et s’y conforme, particulièrement par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada. Plus précisément, le gouvernement fédéral devrait adopter un horizon de planification de cinq ans pour le budget des IRSC;

§         fasse un investissement prévisible et suffisant dans la recherche interne en santé.

Que Santé Canada :

§         dispose des ressources financières et humaines de recherche en santé qu’il lui faut pour s’acquitter de son mandat et de ses obligations;

§         entreprenne activement d’établir des liens et des partenariats avec d’autres intervenants du domaine de la recherche en santé.

Que le gouvernement fédéral, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada, de Santé Canada et de la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé, consacre des fonds supplémentaires à la recherche sur les services de santé et à la recherche clinique, et qu’il collabore avec les provinces et les territoires pour que les résultats de ces recherches soient largement diffusés parmi les fournisseurs, les gestionnaires et les décideurs du domaine des soins de santé.

Recherche sur la santé de segments de population vulnérables

Que le gouvernement fédéral, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada et de Santé Canada, affecte davantage de fonds à la recherche portant sur la santé de segments particulièrement vulnérables de la société canadienne.

Que le gouvernement fédéral affecte des fonds supplémentaires à l’Institut de la santé des Autochtones des IRSC, afin d’intensifier la participation des chercheurs canadiens en santé, et notamment des Autochtones eux-mêmes, aux recherches visant à améliorer la santé des Autochtones canadiens.

Que Santé Canada reçoive des ressources supplémentaires pour étendre sa capacité de recherche et renforcer sa capacité d’intégration des résultats de la recherche dans le domaine de la santé des Autochtones.

Que le gouvernement fédéral affecte davantage de ressources à l’Initiative de recherche en santé mondiale.

Commercialization les résultats de recherche en santé

Que le gouvernement fédéral exige de tous les bénéficiaires de subventions fédérales à la recherche en santé l’engagement explicite d’obtenir le maximum d’avantages pour le Canada quand les résultats de la recherche subventionnée sont utilisés à des fins lucratives.

Que les Instituts de recherche en santé du Canada, sans faire abstraction de la valeur sociale de la recherche en santé n’ayant pas de résultats commerciaux lucratifs, cherchent à favoriser les retombées économiques au Canada découlant de leurs investissements dans la recherche canadienne en santé, quand les résultats de cette recherche sont utilisés à des fins lucratives. Ce faisant, les IRSC devraient élaborer une stratégie d’innovation visant à accélérer et à faciliter la commercialisation des résultats de la recherche en santé.

Que le gouvernement fédéral investisse des ressources supplémentaires, dans le cadre de la stratégie d’innovation des IRSC, pour valoriser la production des chercheurs canadiens en santé et renforcer la capacité de commercialisation des résultats de la recherche en santé financée par des fonds fédéraux. Le nouveau financement devrait s’ajouter aux investissements actuels dans la recherche en santé. Il faudrait en particulier rendre permanent le financement des coûts indirects de la recherche par les organismes subventionnaires du Canada. Les responsables de la recherche en santé devraient rendre compte de l’utilisation des fonds de commercialisation.

L'éthique en recherche en santé

Que Santé Canada prenne l’initiative, en collaboration avec les intervenants, de l’élaboration d’un système commun de gouvernance de la recherche en santé effectuée sur des sujets humains s’appliquant à toute la recherche que le gouvernement fédéral exécute, finance et utilise dans ses activités de réglementation.


Que, dans l’élaboration de ce système de gouvernance de l’éthique, Santé Canada considère les éléments suivants comme essentiels au progrès :

§         travailler en premier sur toute la recherche (en santé) que le gouvernement fédéral exécute, finance ou utilise dans ses activités de réglementation, afin d’élaborer un système efficace et efficient de gouvernance qui sera adopté comme norme partout au Canada;

§         accorder une grande importance, dans le système de gouvernance, à des mécanismes efficaces d’éducation et de formation, destinés à tous ceux qui s’occupent de recherche et d’éthique de la recherche et dotés d’un processus d’agrément correspondant aux responsabilités des différents participants;

§         élaborer des normes, fondées sur l’Énoncé de politique des trois Conseils, les lignes directrices de la Conférence internationale d’harmonisation relatives aux essais cliniques sur des sujets humains et d’autres normes pertinentes canadiennes et étrangères, pouvant servir de base à l’autorisation ou à l’agrément des fonctions ou des comités d’éthique de la recherche à un niveau correspondant aux attentes des Canadiens et aux normes d’autres pays;

§         veiller à l’actualisation de l’Énoncé de politique des trois Conseils et à son maintien à l’avant-garde des politiques internationales régissant l’éthique ou la recherche sur des sujets humains;

§         faire disparaître les incohérences entre les différentes politiques qui régissent actuellement la recherche sur des sujets humains et faire concorder les normes canadiennes avec celles d’autres pays qui influent sur la recherche canadienne;

§         établir un processus d’autorisation ou d’agrément des fonctions d’éthique de la recherche, qui soit indépendant du gouvernement, mais qui soit clairement tenu de lui rendre compte de son activité;

§         élaborer le système de gouvernance dans le cadre de consultations de fond ouvertes et transparentes avec les intervenants.

Que tous les ministères et organismes fédéraux imposent le respect des normes du Conseil canadien de protection des animaux dans :

§         toute la recherche effectuée dans des installations fédérales;

§         toute la recherche financée par des ministères et organismes fédéraux, mais effectuée en dehors des installations fédérales;

§         toute la recherche effectuée sans financement fédéral en dehors des installations fédérales, mais dont les résultats sont présentés au gouvernement fédéral ou sont utilisés par lui dans l’exercice de fonctions prévues par voie législative.


La protection des renseignements personnels sur la santé

Que des règlements comme celui que proposent les Instituts de recherche en santé du Canada fassent l’objet de l’étude la plus complète et la plus équitable possible dans le cadre des discussions qui se tiendront sur les moyens de clarifier et de préciser la loi, afin d’en atteindre les objectifs sans entraver d’importantes recherches destinées à améliorer la santé des Canadiens et à leur assurer de meilleurs services de santé.

Que des discussions se poursuivent entre les intervenants, le commissaire à la protection de la vie privée et les ministères fédéraux et provinciaux qui s’occupent de la prestation, de la gestion, de l’évaluation et de l’assurance de la qualité des services de santé.

Que le gouvernement fédéral, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada et de Santé Canada et de concert avec d’autres intervenants intéressés, élabore et mette en œuvre un programme de sensibilisation du public destiné à assurer une meilleure compréhension :

§         de la nature et de la raison d’être des grandes bases de données contenant des renseignements médicaux personnels, qui doivent être tenues pour assurer le fonctionnement d’un système public de soins de santé;

§         du besoin essentiel de faire une utilisation secondaire de telles bases de données aux fins de la recherche en santé et de la gestion des soins.

Que le gouvernement fédéral, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada et de Santé Canada et de concert avec d’autres intervenants intéressés, se charge de favoriser :

§         une discussion et un examen réfléchis des questions éthiques, concernant notamment le consentement éclairé, que pose l’utilisation secondaire des renseignements médicaux personnels aux fins de la recherche en santé et de la gestion des soins;

§         une étude approfondie des mécanismes de contrôle et d’examen nécessaires pour s’assurer que les bases de données contenant des renseignements médicaux personnels sont efficacement créées, tenues et protégées et que leur utilisation aux fins de la recherche en santé et de la gestion des soins est faite d’une manière ouverte, transparente et responsable.

Que les Instituts de recherche en santé du Canada, en partenariat avec le secteur privé et d’autres intervenants, continuent d’étudier les aspects éthiques des relations entre les secteurs afin de veiller à ce que la collaboration et les partenariats jouent dans l’intérêt de tous les Canadiens.

 


CHAPITRE TREIZE

UNE POLITIQUE PUBLIQUE « PRO﷓SANTÉ » –  LA SANTÉ AU-DELÀ DES SOINS DE SANTÉ

Stratégies nationales de prévention des maladies chroniques

Que le gouvernement fédéral, de concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et en consultation avec les principaux intervenants (dont l’Alliance pour la prévention des maladies chroniques au Canada), mette en œuvre une stratégie nationale de prévention des maladies chroniques;

Que cette stratégie s’inspire des initiatives en cours, mais qu’elle prévoie aussi une meilleure intégration et une meilleure coordination;

Que le gouvernement fédéral consacre 125 millions de dollars par année à la stratégie nationale de prévention des maladies chroniques;

Que des objectifs précis soient fixés dans le cadre de la stratégie et que les résultats soient évalués régulièrement en fonction de ces objectifs.

Infrastructure de la santé publique

Que le gouvernement fédéral assure un leadership fort en matière de soutien, de coordination et d’intégration de l’infrastructure de la santé publique et des efforts de promotion de la santé au Canada et qu’il y affecte davantage de fonds. Il devrait consacrer 200 millions de dollars de plus à cette entreprise très importante.

 

CHAPITRE QUATORZE

COMMENT ADMINISTRER LES FONDS SUPPLÉMENTAIRES QUE LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL CONSACRERA À LA SANTÉ

Que le gouvernement fédéral crée un fonds réservé aux soins de santé, distinct du Trésor. Ce fonds contiendra les recettes supplémentaires qu’il destine aux soins de santé.

Que les sommes réservées aux soins de santé ne soient consacrées qu’à la santé. De plus, qu’elles servent à opérer de véritables changements et une vraie réforme, c’est﷓à﷓dire exclusivement à étendre la couverture de l’assurance-santé et à restructurer et renouveler le système public de soins hospitaliers et de soins fournis par les médecins.

Que le conseil national des soins de santé soit chargé de conseiller le gouvernement fédéral sur la façon de dépenser les fonds réservés aux soins de santé, et que ses conseils soient rendus publics dans un rapport annuel.

Que le gouvernement fédéral soumette le fonds réservé aux soins de santé à des vérifications annuelles confiées au Bureau du vérificateur général du Canada. Que les résultats de ces vérifications soient rendus publics.

Que le gouvernement fédéral exige que les provinces et les territoires fassent rapport annuellement à la population canadienne quant à l’utilisation des sommes fédérales provenant du fonds réservé aux soins de santé.

 

CHAPITRE QUINZE

COMMENT GÉNÉRER DES FONDS ADDITIONNELS  POUR LES SOINS DE SANTÉ

Pour financer les recommandations de ce rapport

Que le gouvernement fédéral institue une prime nationale variable au titre de la santé pour générer les recettes nécessaires au financement de la mise en œuvre des recommandations du Comité.

Pour financer les dépenses fédérales actuelles au titre des soins de santé

Que le gouvernement fédéral procède au choix d’une source de recettes réservées qu’il affectera au financement de sa contribution annuelle au programme national canadien d’assurance-santé, laquelle est actuellement évaluée à environ 62 % du TCSPS.

Que, si l’on retient la TPS comme source de recettes réservées au financement de la contribution pécuniaire actuelle du gouvernement fédéral au régime national d’assurance des soins hospitaliers et des soins dispensés par les médecins, la moitié du produit de la TPS (3,5 des 7 points de la taxe) soit réservé au secteur de la santé, de manière à permettre au gouvernement fédéral de faire une contribution additionnelle au financement du système actuel de soins hospitaliers et de soins dispensés par les médecins. (Cela viendrait s’ajouter aux crédits fédéraux nécessaires à la mise en œuvre des recommandations énoncées dans le présent rapport.)

Que la part de chaque province et territoire de la contribution annuelle du gouvernement fédéral au financement du régime courant de soins hospitaliers et de soins dispensés par les médecins soit calculée au prorata de la population, mais  corrigée pour tenir compte, d’une manière ou d’une autre, du poids démographique de la population âgée de 70 ans et plus.

 

CHAPITRE SEIZE

VIABILITÉ FINANCIÈRE DU SYSTÈME DE SOINS DE SANTÉ :  LES CONSÉQUENCES DE L’INACTION

Ce chapitre ne contient pas de recommandation.


CHAPITRE DIX-SEPT

LA LOI CANADIENNE SUR LA SANTÉ

Que le gouvernement fédéral, en collaboration avec les provinces et territoires, établisse un comité permanent – soit le comité sur la couverture de l’assurance-santé publique – constitué de citoyens, d’éthiciens, de fournisseurs de soins de santé et de scientifiques.

Que ce comité ait pour mandat d’examiner les services et de recommander ceux qui doivent être couverts par l’assurance-santé publique.

Que le comité sur la couverture de l’assurance-santé publique rende compte de ses constatations et recommandations au conseil national des soins de santé.

Que, en premier lieu, le comité sur la couverture de l’assurance-santé publique soit chargé d’élaborer des normes nationales pour orienter les décisions relatives à la couverture publique des soins de santé.

Que le comité sur la couverture de l’assurance-santé publique soit chargé de déterminer les paramètres nationaux applicables aux soins à domicile post-hospitaliers et aux soins palliatifs dispensés à domicile.

Que le gouvernement fédéral adopte une nouvelle loi portant création de la garantie nationale de soins de santé. La nouvelle loi comprendra une définition de la notion d’« accès en temps opportun » que prévoit une telle garantie.

Que le principe de gestion publique contenu dans la Loi canadienne sur la santé soit maintenu à l’égard des services hospitaliers et médicaux assurés par l’État, c’est-à-dire qu’un seul assureur – soit le gouvernement – paie les services publics hospitaliers et médicaux dispensés par des fournisseurs ou des établissements de soins de santé publics ou privés.

Que le gouvernement fédéral, par l’intermédiaire de Santé Canada,  précise la notion de gestion publique en vertu de la Loi canadienne sur la santé de façon à reconnaître explicitement que ce principe s’applique à la gestion de l’assurance-santé publique et non à la prestation des services de santé assurés par l’État.

Que le gouvernement fédéral adopte de nouvelles mesures législatives pour mettre en oeuvre une couverture des coûts exorbitants de médicaments de prescription, des soins à domicile post-hospitaliers et de certains soins palliatifs à domicile. Ces nouvelles mesures doivent énoncer explicitement les conditions relatives à la transparence de la prise de décisions et à la reddition de comptes.


FORMAT PDF

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