Sécurité
Les Services de sécurité de la
Chambre des communes veillent à la fois à protéger les parlementaires et
les fonctions du Parlement et à respecter le droit d’accès des Canadiens
et des Canadiennes à la Cité parlementaire et à leurs législateurs.
L’élaboration d’un plan à long
terme est une bonne occasion de se doter d’un système de sécurité
économique et efficace, et en particulier de déterminer clairement les
limites de la Cité parlementaire. Le plan doit prévoir un système de
contrôle d’accès à plusieurs niveaux et une solide infrastructure de
sécurité qui tienne compte des besoins actuels et futurs.
Contexte
La sécurité était déjà dans les
années 1860 un élément important dans la conception des premiers
édifices du Parlement et des terrains où on était en train de les ériger.
Le site a d’ailleurs été choisi pour les limites naturelles que
présentait sa topographie sur les côtés est, nord et ouest. Quant au
côté sud, il a été délimité par une clôture dont les portes, bien
identifiées et pour les piétons, et pour les véhicules, pouvaient toutes
être fermées par des grilles de fer forgé en cas d’urgence. Même la
vaste étendue du parterre gazonné servait de protection94.
À l’intérieur des édifices, la sécurité était concentrique : les
couloirs et les vestibules faisaient office de zones tampons entre
l’extérieur et les salles de réunion et les bureaux situés à l’intérieur.
Depuis cette époque, la
sécurité tant à l’intérieur qu’autour des édifices du gouvernement est
devenue de plus en plus nécessaire. Les Services de sécurité sont
aujourd’hui plus perfectionnés pour répondre à des situations nouvelles,
ici au Canada, ainsi qu’à des événements se déroulant ailleurs dans le
monde.
Au cours des années, la
sécurité de la Cité parlementaire a été menacée par un certain nombre
d’incidents :
- un attentat à la bombe
manqué en 1963, durant une séance de la Chambre;
- la crise du FLQ en 1970;
- un autobus, allant de
Montréal à New York, est détourné sur la pelouse avant de l’édifice
du Centre, sous la menace d’un fusil;
- une Jeep fonce dans la
porte avant de l’édifice du Centre après avoir emprunté l’allée
centrale de la flamme du centenaire puis les marches du mur de Vaux;
- une personne troublée
stationne son véhicule contenant un engin explosif de fabrication
artisanale devant l’entrée ouest de l’édifice du Centre;
- une mesure de grève,
organisée en 1999 devant l’édifice Wellington, bloque l’accès des
députés à leurs bureaux.
Après
un examen attentif de chacun de ces incidents, les Services de sécurité
de la Chambre ont pris des mesures pour améliorer la sécurité. Pour
répondre aux nouveaux besoins, on a élaboré et mis en œuvre des
politiques, des méthodes et des moyens technologiques, comme :
- le contrôle rigoureux et
l’examen attentif des visiteurs qui veulent se rendre aux tribunes;
- des protocoles de
communication pour assurer la coordination des mesures de sécurité
entre les divers services d’intervention;
- la circulation restreinte
des véhicules sur la Colline et l’accès interdit aux autobus dans la
voie supérieure;
- le stationnement aux
plaines LeBreton des autobus qui font descendre et monter les
passagers en toute sécurité dans la voie inférieure;
- l’installation d’obstacles
à la circulation automobile autour de la tour de la Paix.
Aujourd’hui et demain
La Cité parlementaire est la
tribune idéale pour ceux qui ont un point de vue ou une cause à défendre.
La plupart du temps, cela prend la forme de manifestations pacifiques
devant l’édifice du Centre. Cependant, depuis quelques années, la
Colline est devenue de plus en plus souvent la cible de manifestations
tumultueuses — qui comportent une augmentation des risques de violence. D’après les évaluations de la
menace et des risques, la Chambre a un seuil très élevé de vulnérabilité
aux incidents, mais le niveau de risque est faible. L’infrastructure de
sécurité est actuellement en mesure de répondre aux risques, mais des
mesures doivent être prises pour que la Cité puisse tout à fait répondre
aux défis du prochain siècle.
Une enceinte bien définie
Une Cité parlementaire bien
définie est un élément essentiel dont les autres mesures de sécurité
dépendent. Les limites actuelles — la rivière des Outaouais au nord, la
rue Wellington au sud, le canal Rideau à l’est et le prolongement de la
rue Bank à l’ouest — rendent la Cité parlementaire très vulnérable.
D’ailleurs, la limite du côté ouest n’est plus clairement définie95.
Des bureaux de député se trouvent à l’extérieur des limites
traditionnelles de la Cité, dans l’édifice de la Confédération, dans
l’édifice Wellington (du côté sud de la rue Wellington) et dans
l’édifice de la Justice (installation projetée pour le milieu de l’an
2000). De plus, les comités parlementaires se réunissent régulièrement
dans les édifices Wellington et La Promenade. Cet éparpillement crée de
la confusion : on ne sait pas de quelle compétence relèvent les
interventions, ce qui peut avoir comme conséquence un manque
d’uniformité dans le service et dans la réponse en cas de situations
dangereuses.
Le contrôle de l’accès
Le stationnement à proximité
des édifices du Parlement peut représenter une menace à la sécurité. En
effet, les véhicules peuvent circuler librement dans la voie supérieure
qui longe l’édifice principal, sans contrôle de sécurité. Souvent, les
véhicules s’arrêtent ou stationnent le long des édifices ou devant les
entrées, toujours sans contrôle de sécurité. De plus, la congestion
causée par le stationnement et la circulation des véhicules représente
un risque pour les piétons. Les travaux de rénovation sur la Colline ne
font qu’aggraver le problème.
Information et technologie
La protection de la sécurité
des informations qui circulent à l’intérieur de la Cité parlementaire
est un aspect important de la sécurité. Les risques d’écoute
électronique et de fuites d’information ont entraîné l’adoption de
normes pour la rénovation des édifices de façon à assurer une
confidentialité encore plus grande dans les bureaux des députés ainsi
que dans les salles de caucus et de comité.
Il existe des liens étroits
entre l’infrastructure de la technologie de l’information et les mesures
de sécurité. Les progrès récents et à venir de la technologie de
l’information offrent de belles occasions de mettre en œuvre les mesures
de sécurité nécessaires et d’accroître la capacité de façon économique.
Besoins
Un Parlement ouvert et
accessible est un aspect fondamental de la démocratie canadienne, ce qui
n’est toutefois pas possible si la protection des députés, des visiteurs
et du grand public n’est pas adéquate. Les mesures de sécurité qu’il
faut prévoir pour l’ensemble de la Cité ainsi que pour chaque secteur
d’affaires sont indiquées ci-dessous. Elles tiennent compte des trois
grandes composantes de la sécurité dans la Cité — les gens, les édifices
et l’information.
La Cité parlementaire
Toutes les activités de nature
parlementaire devraient se dérouler à l’intérieur d’une enceinte
clairement délimitée. Les limites de la Cité parlementaire devraient
être redéfinies — dans l’immédiat, la limite ouest devrait être
prolongée jusqu’à la rue Kent.
Il faudrait prévoir des mesures
de sécurité cohérentes qui respectent le concept de sécurité
concentrique traditionnel du site :
- Les limites devraient être
clairement définies par des éléments physiques et constituer un
élément intrinsèque des mesures de sécurité;
- Il devrait y avoir une
zone tampon suffisante autour des édifices et de la Cité
parlementaire;
- Il faudrait définir
clairement les zones facilement accessibles au public et aux médias.
Les députés, le personnel et les
visiteurs
Il faudrait établir des mesures
de contrôle d’accès et de réponse aux situations d’urgence pour garantir
la sécurité tout en assurant la liberté de mouvement des occupants. On
doit déterminer ces mesures en fonction de l’évaluation des risques et
les réviser périodiquement pour qu’elles restent efficaces. Le système
doit prévoir les éléments suivants :
- un moyen pratique, pour
les parlementaires, d’entrer dans les édifices de la Cité
parlementaire et de se déplacer d’un édifice du Parlement à l’autre;
- des mesures de contrôle
d’accès pour les personnes et les biens différentes de celles
prévues pour les activités qui se déroulent dans les édifices;
- une infrastructure qui
facilite une réponse efficace aux situations d’urgence;
- le traitement et l’examen
du courrier et du matériel à livrer dans la Cité dans un centre qui
en est éloigné;
- des aires de stationnement
sécuritaires et contrôlées de façon à éliminer le stationnement à
proximité des édifices.
L’infrastructure
Il faudrait une infrastructure
technologique suffisante pour répondre aux besoins actuels et futurs en
matière de sécurité. Cette infrastructure devrait :
- intégrer et uniformiser
les systèmes de toute la Cité parlementaire;
- être facile à utiliser et
ne pas gêner les occupants ou les visiteurs;
- donner aux agents de
sécurité la capacité de surveiller l’extérieur;
- prévoir des moyens de
communication qui permettent d’établir des liens immédiats avec les
autres services d’intervention d’urgence;
- protéger les informations
privilégiées des caucus, des comités et des bureaux de
circonscription;
- appuyer le sergent d’armes
dans ses fonctions de protection de la Chambre.
Les quatre secteurs d’affaires
Les mesures de contrôle d’accès
et l’infrastructure technologique devraient répondre aux besoins
particuliers de chacun des secteurs d’affaires de la Chambre. Les
facteurs dont il faudrait tenir compte pour déterminer les besoins sont
les suivants :
- à la Chambre, les
protestations et les interruptions possibles ainsi que les besoins
particuliers des divers usagers, c’est-à-dire les députés, les
employés des services de la procédure, les médias et le public;
- au sein des caucus, la
concentration des députés dans un seul lieu et la nécessité de
protéger les informations privilégiées;
- dans les salles de comité,
l’interaction étroite entre les députés, les médias et le grand
public;
- dans les circonscriptions,
la nécessité d’assurer un milieu sécuritaire permettant aux députés
de faire leur travail et d’accueillir les visiteurs.
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Canadian Illustrated News

Les barrières en fer forgé
pouvaient être fermées par mesure de sécurité, en 1876. |