Technologie
de l’information
La technologie de l’information (TI) est
un lien essentiel entre les parlementaires et une gamme de services et
d’informations. Elle les appuie directement, en les munissant
d’outils informatisés sophistiqués,
mais aussi indirectement, puisque presque tous les services offerts
à la Chambre s’appuient de plus en plus sur la
technologie de l’information. De fait, la TI est devenue un
service indispensable, aussi important pour le fonctionnement de la
Chambre que le chauffage, les installations sanitaires et
électriques, qui permet aux parlementaires de
s’acquitter de leurs fonctions dans leurs quatre secteurs
d’activité.
Depuis
cinq ans, la Chambre des communes a fait d’importants
investissements dans la technologie de l’information,
consacrant plus de 5 p. 100 de son budget global
à l’amélioration et à la
mise à niveau de certains de ses
éléments clés. La planification
intégrée de la technologie de
l’information à l’échelle de
la Cité parlementaire, adoptée depuis deux ans,
est essentielle à la mise au point des technologies en
évolution constante et permet de minimiser les
répercussions physiques et visuelles sur le
caractère patrimonial de la Cité.
La
rénovation de la Cité parlementaire offre une
occasion unique de tirer le meilleur parti possible des importants
investissements faits jusqu’ici dans la technologie de
l’information, d’établir la fondation
sur laquelle reposera la Cité pendant le siècle
prochain. Pour que les députés aient
accès aux services de la technologie de
l’information, une infrastructure doit être
créée et maintenue à
l’échelle de toute la Cité. La
rénovation de l’édifice de la Justice
permettra la mise en œuvre des normes en technologie de
l’information qui ont été
déjà approuvées — ce qui
constituera un modèle pour tous les autres
édifices de la Cité. Il est également
important de tenir compte de la nécessité
d’actualiser et d’augmenter des systèmes
spécifiques qui soutiennent d’autres services
essentiels, dont les services de sécurité et de
télédiffusion.
Contexte
Les
origines de la technologie de l’information remontent bien
au-delà de l’arrivée relativement
récente des ordinateurs à la Cité
parlementaire. Plusieurs «
premières »
de la technologie de l’information ont eu lieu entre ses murs.
- En
1867 — Des timbres
avertisseurs électriques (alimentés par pile)
étaient installés dans
l’édifice du Centre original, avec des
systèmes distincts pour le Sénat et la Chambre
des communes — qui ont
été, par la suite,
installés dans les édifices de l’Est et
de l’Ouest83.
- En
1877 — Le premier ministre
Alexander Mackenzie faisait le premier appel
téléphonique commercial du Canada, de la
pièce 310 de l’édifice de
l’Ouest; il appelait la résidence du gouverneur
général — un an
après
l’invention du téléphone.
- En
l927 — La
première émission radiophonique à
l’échelle du pays était
diffusée à partir de la colline du Parlement,
à l’occasion du Jubilé de diamant de la
Confédération et du dévoilement de la
tour de la Paix et du carillon84.
- En
1928 — Le premier appel
transatlantique reliait l’édifice du Centre et
Cardiff, au pays de Galles. À cette occasion,
l’hon. James Malcolm, ministre des Échanges et du
Commerce, a prononcé une allocution dans le cadre de
l’Exposition de l’Empire britannique, à
5 600 km de là.
- En
1957 — Lorsque la reine a
procédé à l’ouverture de la
législature, c’était non seulement la
première fois qu’un monarque présidait
à la rentrée parlementaire au Canada, mais aussi
la première fois que les cérémonies
d’ouverture de la législature étaient
intégralement diffusées, et la
première fois que la reine s’adressait
directement, par la télévision, à ses
sujets dans un pays du Commonwealth.
- En
1959 — La traduction
simultanée (l’interprétation) faisait
son entrée à la Chambre des communes et
à la Tribune de la presse parlementaire — et, six ans
plus
tard, à la tribune du public85.
- En
1977 — La diffusion
régulière, à la
télévision et à la radio, des travaux
de la Chambre des communes commençait.
Passé
récent de la TI
Le
concept moderne de la technologie de l’information,
à la Chambre des communes, a commencé
à prendre forme à la fin des
années 70. Le Comité spécial
de la
radiotélédiffusion des
délibérations de la Chambre et de ses
comités avait déjà
réglé les questions d’ordre technique
relatives à la saisie électronique et
à la distribution des travaux des comités au
public canadien et se concentrait alors sur la distribution de cette
information aux députés répartis dans
la Cité parlementaire86.
À
l’époque, des groupes de soutien du traitement
électronique des données commençaient
à se former dans divers secteurs de la Chambre. Comme ces
groupes étaient isolés et n’avaient
aucun lien entre eux, ils se consacraient principalement à
la production de documents imprimés (pour la Direction des
services législatifs) et à l’extraction
de l’information (pour la Direction de la justice). La plus
grande partie de ce travail se faisait à
l’extérieur, sur des ordinateurs que
possédaient et qu’entretenaient des organismes
gouvernementaux et non gouvernementaux. Au début des
années 80, la Direction des systèmes
informatiques adoptait des « systèmes
autonomes de
traitement de textes qui étaient
considérés comme la meilleure solution
immédiate pour répondre aux besoins des membres87 ».
Ces
premiers pas dans
le monde de la technologie de l’information ont
mené à l’établissement de la
première infrastructure de la technologie de
l’information de la Chambre et, en fin de compte, de la
Cité parlementaire. Nommé SSIB
(Système et services d’informatique et de
bureautique), ce réseau était appelé
à remplir le double rôle de la distribution de la
programmation radio et
télédiffusée —
tant commerciale qu’institutionnelle — et, à un
moindre degré, à soutenir la diffusion des
données informatiques dans toute la Cité. Le
Sénat et la Bibliothèque du Parlement ont
rapidement été connectés au
réseau, aux fins d’accès aux canaux de
radio et de télévision. Cependant, chaque
institution a continué d’utiliser, pendant encore
une bonne dizaine d’années, des canaux distincts
de transmission des données. Ce n’est
qu’en 1996 que les trois institutions étaient
réunies sur le même réseau aux fins de
distribution des données88.
Au
début des années 1990, toute
l’incidence des changements technologiques survenus depuis
20 ans s’était traduite dans
l’utilisation
de l’espace physique de la Cité parlementaire. La
création de documents pour les
députés, qui se faisait auparavant par
l’entremise de vastes services centraux de
secrétariat, était devenu le domaine du personnel
attaché aux députés89.
L’entreposage des documents posait un défi
constant — on recherchait
toujours des moyens technologiques de
faciliter cette tâche90.
De fait, toute la fonction de la technologie de l’information
est devenue l’objet de fortes critiques, deux rapports
consécutifs du vérificateur
général demandant le développement de
plans à long terme relatifs à la technologie de
l’information, de même que
l’intégration de l’équipement
de communication dans toute la Cité91.
Aujourd’hui
et demain
De
nos jours, les services de technologie de l’information sont
bien différents de ceux qui avaient
été critiqués au début des
années 90. Une importante restructuration, survenue
en
1993-1994, a entraîné des changements fondamentaux
de l’orientation — changements qui ont
permis la conception
de services offerts dans toute la Cité, avec une forte
amélioration des capacités dans divers domaines.
Les principaux changements ont été les
suivants :
- Un
investissement important et continu dans l’infrastructure et
les services de technologie de l’information — de fait,
depuis 1993-1994, l’investissement annuel a
été de l’ordre de
5 à 7 p. 100 du budget global de
la Chambre.
- Le
regroupement des groupes de soutien des technologies de
l’information sous une direction unique, ce qui a permis de
mieux coordonner les activités de développement
et la mise en commun des connaissances.
- La
migration vers un environnement informatique standardisé aux
fins d’uniformité, de compatibilité, de
connectabilité et de sécurité de la
myriade d’ordinateurs et d’applications
informatiques nécessaires au soutien des
députés, dans leurs quatre secteurs
d’activité92.
- La
création de plans détaillés de la
technologie de l’information (1995 et 1998) et la conception
de plans de développement à long terme du
système et du service.
- Des
ententes entre les Présidents du Sénat et de la
Chambre des communes visant la prestation, par la Chambre, de services
de réseau aux trois institutions parlementaires.
- L’élaboration
d’une charte de la technologie de
l’information —
une entente entre le Sénat, la Chambre des communes, la
Bibliothèque du Parlement et TPSGC, relative à la
mise en place d’un environnement de réseau
informatique à l’échelle de la
Cité parlementaire —, partie
intégrante du plan
à long terme de rénovation de la Cité,
afin que l’infrastructure soit conçue de
manière à protéger le
caractère patrimonial des immeubles et du site.
Les
institutions ont unanimement convenu que la Direction
générale des services d’information de
la Chambre des communes serait l’organe de coordination de
ces grandes initiatives visant l’ensemble de la
Cité parlementaire.
Grâce
à cet important investissement, les parlementaires sont
désormais équipés, tels de
véritables « centres d’affaires
» miniatures, d’outils qui leur permettent
d’accéder à des informations et des
données, et de les transférer à une
vitesse qui aurait été inconcevable il y a
à peine dix ans. En même temps,
l’avancement technologique a donné aux partis
politiques la confiance en la technologie dont ils avaient besoin pour
mettre leur image en valeur. Leur appui se traduit par
l’affectation continue de ressources financières
destinées à bâtir et à
améliorer l’infrastructure et le
matériel.
Les
efforts fournis
ont aussi été reconnus par les organes
autonomes — ainsi, la
vérification informatique de 1997 faisait
l’éloge tant de «
l’investissement stratégique » que des
résultats obtenus.
À
la croisée des chemins
En
matière de technologie de l’information, la
Chambre des communes se trouve à la croisée des
chemins. Avec l’élection, en 1993, de
200 nouveaux
députés et de 100 de plus en 1997, les clients
des services technologiques de la Chambre sont de plus en plus
à l’aise avec l’informatique. Leurs
attentes sont plus grandes et diffèrent de celles des
anciens députés.
L’intérêt et les discussions sur la
nécessité de tirer parti d’une vaste
gamme de services électroniques internes et
externes — y
compris des services comme la vidéo par
l’entremise d’Internet, le vote
électronique et la
vidéoconférence —
se répandent et ne pourront que continuer de gagner du
terrain. À leur tour, ces services exerceront une pression
croissante sur l’infrastructure. Étant le pivot
central de la technologie de l’information, cette
infrastructure devra être constamment mise à jour
pour pouvoir s’adapter aux technologies en
évolution.
Jusqu’ici,
les efforts, portaient sur la création d’un solide
réseau de base et visaient à équiper
les députés des outils nécessaires
à l’accès et au traitement des
données et de l’information. De plus, les nouveaux
services dont disposent les députés ont
modifié leurs méthodes de travail. Ainsi,
l’accès à distance des bureaux de
circonscription, les services I-net et l’accès
électronique aux ressources de la Bibliothèque et
du Sénat aident les députés dans leurs
fonctions.
Certains
systèmes parallèles — dont des aspects de
la
sécurité, des services de
télévision et du système
d’avis électronique pour appeler les
députés à voter — utilisent une
technologie vieille de 20 ans et doivent être mis
à niveau avec les normes actuelles et harmonisés
avec d’autres systèmes pour répondre
aux besoins futurs.
La
voie à suivre est claire : il faut maintenir
l’infrastructure et continuer de bâtir sur
l’énorme investissement fait jusqu’ici,
en concevant des systèmes qui continueront
d’améliorer le service fourni aux parlementaires
et répondront à leurs besoins changeants.
L’intégration doit aussi se faire de
manière à en minimiser les
répercussions sur le caractère patrimonial de la
Cité. La flexibilité doit être une
caractéristique de tout nouveau développement
technologique.
Besoins
Afin que tous les députés, dans
tous les secteurs d’activité et dans tous les
édifices de la Cité, aient accès aux
mêmes services de qualité, il faudra
répondre aux besoins suivants :
- Aménager
et équiper l’édifice de la Justice
(devant abriter des bureaux de députés) avec les
réseaux de données et les systèmes
parallèles conformes aux normes technologiques
déjà établies pour la Cité,
mais qui ne sont encore appliqués intégralement
dans aucun édifice. Cet édifice, une fois
terminé, constituera un modèle technologique pour
tous les édifices de la Cité93.
- Veiller
à ce que le même degré de
flexibilité de l’infrastructure et
d’accès aux services —
selon les normes
établies dans l’édifice de la Justice —
soit appliqué dans tous les édifices et les
milieux de travail des députés dans la
Cité, y compris à la prestation de services de
présentations et multimédias à jour.
- Procéder
à la migration des systèmes parallèles
de soutien technologique des systèmes de
sécurité, de télévision, de
téléphone et d’avis
électroniques vers la nouvelle infrastructure.
- Créer
et définir les voies d’accès, les
interfaces, les outils et les services technologiques
appropriés (y compris le soutien médiatique
d’activités comme la soirée du budget)
à l’appui de toute la gamme des
activités spéciales qui se déroulent
à la Cité parlementaire, et afin de
répondre aux besoins spéciaux des
députés et des visiteurs (notamment les
malvoyants et les malentendants).
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Archives nationales PA191923

W.L.
McKenzie King au microphone, en 1927.
Archives nationalees PA188947

Première
communication téléphonique transatlantique, en
1928.
Collections de la Chambre des communes

Microphones
suspendus au plafond de la Chambre, à la fin des
années 1970.
Archives nationales PA110832

Première
expérience de radiotélédiffusion d'une
séance de comité, salle du Comité des
chemins de fer à l'édifice du Centre.
Il est
clair que l’investissement dans la technologie de
l’information a été profitable — de
fait, cela a été une décision
clé de gestion stratégique du Bureau de
régie interne de la Chambre — traversant les clivages
politiques pour bâtir de solides fondations, dans
l’intérêt des
députés, pour les décennies
à venir.
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