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 Circulation

La circulation est un élément important de l’organisation de la Cité parlementaire, traduisant à la fois de simples besoins fonctionnels et des valeurs plus complexes. Au fil des ans, le réseau de voies de circulation et de promenades au sein de la Cité comme à l’extérieur a joué un rôle déterminant dans la perception qu’ont les gens du Parlement et dans l’utilisation qu’ils en font.

Les voies de circulation, simples et faciles à utiliser à l’origine, sont maintenant la source d’une grande confusion et d’inefficacité chez tous les usagers, notamment les députés, le personnel et les visiteurs. Tout laisse croire que la situation ne fera qu’empirer. Il devient urgent de faciliter les déplacements des piétons et des véhicules, ainsi que de bien situer les installations de réception de marchandises et les aires de stationnement. Par une planification intégrée et, au besoin, par des mesures législatives, les solutions retenues pour régler les problèmes de circulation aideront les députés à mieux remplir leurs fonctions et laisseront un meilleur souvenir aux visiteurs de la Colline.



Contexte

Quand la Cité parlementaire a été créée dans les années 1860, tout ce qui relevait du Parlement s’y trouvait. Enclave dans la ville d’Ottawa, la Cité se caractérisait par :

  • une rue Wellington paisible (limite sud de la Cité parlementaire), la rue Sparks étant l’artère commerciale la plus importante et la rue Elgin devenant la principale voie reliant la Colline à la ville96;
     
  • des points d’entrée distincts pour les piétons et les véhicules, l’entrée centrale ou Porte de la reine étant réservée aux grandes occasions et l’entrée de la rue Elgin étant la porte d’accès habituelle;
     
  • par la tenue des grandes cérémonies et des assemblées politiques dans l’avant-cour, sur la terrasse supérieure, devant l’édifice du Centre;
     
  • la présence d’une tour sur chaque édifice marquant la principale porte d’entrée du public.
En règle générale, l’architecture et l’aménagement extérieur visaient à donner une certaine cohérence à l’ensemble — même aux yeux des visiteurs — et les sentiers et promenades servaient à renforcer une certaine hiérarchie, soit une avant-cour officielle donnant sur la rue Wellington, des lieux plus privés le long du périmètre et, enfin, le milieu sauvage de l’escarpement. Au début des années 1900, des voies de circulation fédérales reliaient la Colline à diverses destinations, dont Rideau Hall, résidence du Gouverneur général, les falaises de Rockliffe, la Ferme expérimentale centrale et le musée commémoratif Victoria, situé au bas de la rue Metcalfe97. Campées dans un paysage pittoresque, ces voies de circulation donnaient un cadre précis au gouvernement fédéral, avec la colline du Parlement comme centre.

Répercussions du centre-ville d’Ottawa

Le développement du centre-ville d’Ottawa a entraîné d’importants changements. Des voies ferrées et des hôtels et commerces privés se sont bâtis dans les limites de la réserve foncière fédérale, compromettant les projets d’expansion de la Cité parlementaire vers l’est. Parallèlement, le gouvernement fédéral s’est mis à repousser ses propres limites vers le sud, le long de la rue Elgin. Le principal axe est-ouest de la ville, le long des rues Rideau et Sparks, a été rompu par la construction de la Place de la Confédération. De la même façon, la voie reliant directement la colline du Parlement à la promenade Sussex a été bloquée par la construction d’un hôtel et d’une gare. Les limites qui distinguaient les constructions fédérales de celles de la ville n’étaient plus marquées par un réseau distinct, mais compatible, de voies d’accès98.

 La Cité parlementaire se transforme

La Cité elle-même a connu d’importants changements. Après l’incendie de l’édifice du Centre et sa reconstruction, on a adopté une approche plus fonctionnelle pour l’aménagement paysager. La Promenade des amoureux a été fermée, et les aires de détente étaient de plus en plus utilisées pour le stationnement. Certaines parties des murs de Vaux ont été supprimées, rendant encore plus floue la limite entre les voies réservées aux piétons et celles des véhicules sur la terrasse supérieure. La nouvelle tour de la Paix, par sa force d’attraction, donnait trop d’importance à l’allée piétonnière, décourageant l’utilisation des escaliers latéraux et des aires de détente. Plus tard, l’étalement des fonctions parlementaires et des services de soutien jusqu’à l’édifice de l’Ouest, de l’autre côté de la rue Wellington et dans le centre-ville a aggravé les problèmes de circulation et rendu les déplacements difficiles dans la Cité, tant pour les parlementaires et le personnel que pour les visiteurs. Le stationnement est devenu un véritable problème - au plan de la fonction, de la sécurité et de l’impact visuel. 



Aujourd’hui et demain

Pour les parlementaires, le personnel et les visiteurs, les problèmes associés à la circulation dans la Cité sont nombreux et variés. Des situations connexes, comme l’éloignement de services essentiels à l’activité du Parlement, exacerbent les problèmes de circulation. On trouvera ci-après un aperçu des problèmes de circulation que rencontrent les parlementaires et les visiteurs. Les préoccupations de sécurité sont également exposées.

Du point de vue des parlementaires

  • Il est difficile pour certains parlementaires de se rendre de leurs bureaux à la Chambre et aux salles de comité et cela leur demande beaucoup de temps — conséquence de l’éparpillement des bureaux de députés dans divers immeubles situés à l’intérieur et à l’extérieur de la Cité.
     
  • La répartition illogique des nombreuses fonctions au sein même de la Cité complique inutilement les déplacements. Les députés sont parfois obligés de se frayer un chemin à travers des groupes de touristes, de manifestants ou de journalistes.
     
  • Le service de navette du Parlement est à la merci de la circulation au centre-ville une fois que la navette a quitté la Cité.
     
  • Il peut être difficile pour les députés de se déplacer à pied à l’extérieur de la Cité en raison de la congestion des rues et des trottoirs, des questions de privilège parlementaire et du passage du territoire d’une compétence à l’autre (fédérale et municipale).
     
  • Pour le personnel et les services de soutien, les voies de circulation rendent le travail difficile et inefficace.
     
  • Le stationnement en surface, bien que commode, dépare souvent le paysage.

Du point de vue des visiteurs

  • Le grand public qui vient assister aux délibérations des comités a de la difficulté à trouver les salles de comité car elles sont dispersées ici et là.
     
  • Quant aux touristes, les points d’accès et les circuits approuvés ne sont pas compatibles avec l’architecture et le paysage de la Colline.
     
  • Pour les militants et les manifestants, la tour de la Paix et la terrasse supérieure sont des points de rassemblement privilégiés. Toutefois, les aires de rassemblement ne sont pas bien délimitées.
     
  • Les voies de circulation des véhicules, certaines étant à sens unique et d’autres pas, posent problème. Deux nouvelles grandes entrées donnant sur la rue Wellington ont amélioré l’accès des véhicules à la Colline, mais n’ont pas aidé à faire comprendre comment on doit circuler une fois dans la Cité.

La sécurité

Bien des problèmes de circulation deviennent évidents quand on les examine à travers le prisme de la sécurité. Le fait que les véhicules peuvent entrer dans la Cité et en sortir librement rend presque impossible la surveillance. Des routes et des sentiers mal planifiés pourraient être la cause d’accidents entre véhicules et piétons. Les déplacements des piétons sont arbitraires, ce qui rend difficile la tâche de prévoir ou contrôler les déplacements des manifestants.

En gros, les voies de circulation compliquent la vie aux députés, au personnel et aux visiteurs. L’amélioration de la circulation des véhicules et des piétons, de même que l’élaboration d’un plan de stationnement, devront tenir compte des besoins des usagers.



Besoins

Bien que l’esprit dans lequel ces voies de circulation ont été conçues soit gravement compromis, il demeure possible de redonner logique et cohérence à l’ensemble, tout en satisfaisant aux besoins contemporains.

En termes généraux, il faudrait que la circulation se fasse par des voies bien délimitées, logiques et sûres qui mettent en valeur les caractéristiques patrimoniales des édifices du Parlement et de la Cité. Il faudrait notamment :

  • adopter une loi permettant le regroupement de toutes les fonctions parlementaires essentielles au sein d’une Cité clairement définie et permettant d’appliquer des restrictions d’accès aux véhicules;
     
  • grouper les fonctions et les répartir de manière logique pour faire en sorte de réduire les déplacements au minimum. Il faut pouvoir en dix minutes au plus se rendre rapidement d’un point à l’autre — de la Chambre aux salles de comités et de caucus, aux bureaux et aux services de soutien;
     
  • prévoir un parcours efficace pour les déplacements entre les édifices et les aires de stationnement;
     
  • prévoir des voies nettement distinctes pour la circulation des véhicules et des piétons et pour la réception des marchandises;
     
  • restreindre l’accès à la Cité aux seuls véhicules ayant affaire sur la Colline et ce, à un point unique, et les faire circuler selon un plan simple et logique au sein de la Cité;
     
  • prévoir des voies de circulation pour piétons qui :

    — font que les visiteurs et touristes se sentent bien     accueillis;
    — facilitent la tenue de fêtes et de manifestations     publiques dans des aires bien délimitées;
    — assurent une compréhension des fonctions du     Parlement;
    — permettent à tous les utilisateurs de profiter des     charmes de l’emplacement;

  • prévoir une installation située près de la Cité qui permettrait de réduire le plus possible le stationnement en surface sur la Colline.
 


















































Lithographie de Charles Shober & Co., Chicago, 1876

Cité Parlementaire, en 1876
Vue d'ensemble de la Cité parlementaire et d'Ottawa, en 1876.








Picturesque Canada, G.M. Grant, Toronto, 1882

Sentier Récréatif, en 1882
Sentier récréatif le long de l'escarpement, en 1882.

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