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RAPPORT FINAL SUR LES MÉDIAS D’INFORMATION CANADIENS
Volume 1 de 2
Comité sénatorial permanent des transports et des communications
Présidente: L’honorable Lise Bacon
Vice-président: L’honorable David Tkachuk
Juin 2006
MEMBRES
Les honorables sénateurs,
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Willie Adams |
*Marjorie Lebreton, C.P. (ou Gerald Comeau) |
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Pat Carney, C.P. |
Terry M. Mercer |
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John Trevor Eyton |
Pana Merchant |
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*Daniel Hays (ou Joan Fraser) |
Jim Munson |
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Janis G. Johnson |
Gerard A. Phalen |
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Rod A.A. Zimmer |
* Membres d’office
Les honorables sénateurs George Baker, C.P., Tommy Banks, Michel Biron, Eymard G. Corbin, Pierre De Bané, C.P., Consiglio Di Nino, Joyce Fairbairn, C.P., J. Michael Forrestall, Aurélien Gill, B. Alasdair Graham, C.P., Leonard Gustafson, Laurier L. LaPierre, John Lynch-Staunton, Lorna Milne, Wilfred P. Moore, Nancy Ruth, Pierre-Claude Nolin, Mira Spivak, Gerry St. Germain C.P., Terry Stratton, et Marilyn Trenholme Counsell ont participé aux travaux du Comité relativement à cette étude depuis le dépôt du Rapport intérimaire en avril 2004.
Personnel de recherche :
Joseph
Jackson, Bibliothèque du Parlement
Terrence
Thomas, Bibliothèque du Parlement
David M. Black, conseiller spécial
du Comité
Le Comité tient à remercier aussi Alexandre
Drago du bureau de la présidente, Rhonda Walker et Robin Hay du bureau du
vice-président, Céline Éthier, du bureau de l’ancienne présidente (sénateur
Fraser), Tracy Bellefontaine du bureau de
ORDRE DE RENVOI
Extrait des Journaux du Sénat du jeudi 27 avril 2006 :
L'honorable sénateur Robichaud, C.P., au nom de l'honorable sénateur Bacon, propose, appuyé par l'honorable sénateur Dallaire,
Que le Comité sénatorial permanent des transports et des communications soit autorisé à examiner, pour en faire rapport, l'état actuel des industries de médias canadiennes; les tendances et les développements émergents au sein de ces industries; le rôle, les droits, et les obligations des médias dans la société canadienne; et les politiques actuelles et futures appropriées par rapport à ces industries;
Que le Comité fasse rapport au Sénat au plus tard le 30 juin 2006 et qu'il conserve jusqu'au 31 juillet 2006 tous les pouvoirs nécessaires pour diffuser ses conclusions;
Que les mémoires reçus, les témoignages entendus et les travaux accomplis sur la question par le Comité depuis la deuxième session de la trente-septième législature soient déférés au Comité.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat
Paul C.
Bélisle
(Cet ordre de renvoi est similaire à celui reçu par le Comité au cours des sessions parlementaires précédentes.)
PARTIE I : INTRODUCTION
A. La technologie : un élément catalyseur et perturbateur
B. Le plan du Comité
C. Les avis exprimés
D. L’objectif du
rapport
PARTIE II : LES SOURCES DE PRÉOCCUPATION
A. Les répercussions
de la concentration de la propriété sur
1)... Les bureaux de presse à l’étranger
2)... Les bureaux nationaux et provinciaux
3) .. Centralisation de la couverture des nouvelles
4)... Répercussions possibles sur les analyses et les
opinions
B. Les chiens de garde
ne mordent pas
1) .. Le rôle législatif
2) .. Les organismes de
réglementation négligent les nouvelles.
C. Le radiodiffuseur
public répond à trop d’attentes à la fois
1)... Un vaste mandat
2)... Un budget limité
PARTIE III : À LA DÉFENSE
DE L’INTÉRÊT PUBLIC
A. La propriété mixte
et la concentration des médias
1) .. Les médias et la Charte
des droits
2) .. Pratiques
internationales
3) .. Un nouveau mécanisme
4) .. La transparence est
essentielle
B. Politiques visant à
promouvoir les émissions de nouvelles et d’information
1) .. Clarifier la Loi
sur la radiodiffusion
2) .. Réduire les
obstacles à l’entrée dans un marché
3) .. Accroître la surveillance
des conditions de licence
4) .. Un éventail de
pouvoirs de contrainte pour le CRTC
5) .. Programmation
communautaire
C. Retour aux sources
de la SRC
1) .. Un mandat révisé
2) .. Les radiodiffuseurs publics doivent complémenter les
radiodiffuseurs privés, et non les concurrencer
3) .. La gouvernance
4) .. Questions budgétaires
5) .. Reddition de comptes
PARTIE IV : POLITIQUES
FÉDÉRALES CONNEXES
A. Aide directe
1)... Aide aux magazines
2) .. Subvention postale
3) .. Accès à large bande
B. Un régime fiscal
approprié
1)... Une définition plus inclusive de « fondation de
bienfaisance »
2)... Exécution des règles sur la propriété étrangère
3)... Régime fiscal des entreprises médiatiques héritées
C. Protéger la liberté
de la presse
1)... Protection des sources et des documents
2)... Accès à l’information
3)... Protection des dénonciateurs
4)... Droit d’auteur
D. Diversité
1)... Accès pour les minorités linguistiques
2)... Publicité gouvernementale
PARTIE V : ET SANS
OUBLIER
A. Agences de presse
B. Autoréglementation
1)... Le médiateur (ombudsman)
2)... Les conseils de presse
3)... Les énoncés de principes et les codes de déontologie
4)... Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision
(CCNR)
C. Le rôle de
l’éducation et de la recherche
1)... Formation des journalistes
2)... Soutien aux écoles de journalisme et autres formations
3)... Recherche
4)... Initiation aux médias
D. La diversité dans
la salle de rédaction
ANNEXE A : L’ÉTUDE, LES TÉMOINS ET LES MÉMOIRES
ANNEXE B : LISTE DES RECOMMANDATIONS ET PROPOSITIONS
Le 19 mars 2003, le Sénat a autorisé le Comité à entreprendre une étude sur les médias canadiens. Un rapport intérimaire a été déposé par le Comité en mai 2004. L’étude du Comité s’est étalée sur plus de trois ans, à partir du mandat initial jusqu’au dépôt du rapport final. Au cours de cette période, nous avons eu droit à deux élections fédérales et une prorogation du Parlement. Le Comité a dû être reconstitué et recevoir un nouveau mandat du Sénat à chaque fois.
Pour la première session de la trente-neuvième législature, j’ai eu le privilège d’être élue à la présidence du Comité par mes collègues. N’étant pas membre du Comité au moment des audiences publiques et des délibérations des membres sur la préparation des différentes ébauches du rapport, j’ai n’ai pris part aux délibérations que récemment. Je dois, en toute justice, reconnaître la contribution de l’ensemble des membres ayant participés aux travaux du Comité à un moment ou à un autre au cours des trois années sur lesquelles s’est étalée notre étude. En particulier, nous devons souligner l’apport du sénateur Joan Fraser, qui a présidé le Comité du début de l’étude jusqu’à tout récemment et aussi l’apport des deux vice-présidents successifs durant cette même période, les sénateurs Leonard Gustafson et David Tkachuk.
Je tiens, par ailleurs, à remercier chaleureusement tous ceux et celles, des greffiers de Comité au personnel de soutien en passant par le personnel de recherche de la Bibliothèque du Parlement, qui ont apporté leur contribution afin de faire de cette étude une réalité. Merci pour votre dévouement et votre travail acharné. Sans la conjugaison de multiples efforts, l’achèvement de ce rapport n’aurait pas été possible.
La présidente,
L’honorable Lise Bacon, sénateur
La liberté de presse et la liberté d’expression constituent la dernière ligne de défense de tous les autres types de liberté.
...
Peu importe le degré d’imperfection des choses, quand il y a liberté de presse, tout peut se corriger, alors qu’en son absence, tout peut se dissimuler.
Tom Stoppard
Night and Day
Il ne fut jamais au monde deux opinions pareilles, non plus que deux poils ou deux grains. Leur plus universelle qualité, c'est la diversité.
Montaigne
De la ressemblance des enfants aux pères
Pour prendre des décisions éclairées, les citoyens doivent disposer d’un vaste éventail de nouvelles et d’informations, ainsi que d’opinions et d’analyses très diverses sur les questions d’intérêt public. Les journalistes et les médias jouent un rôle de premier plan à cet égard. C’est pourquoi il est généralement admis que la liberté de la presse est un élément fondamental de toute démocratie.
Au Canada, l’article 2 de la Charte des droits et libertés garantit non seulement la liberté d’expression, mais aussi la liberté de la presse et des autres moyens de communication. Les Canadiens ont de la chance de jouir de telles protections; notre pays a une longue tradition d’excellence en journalisme, et nous pouvons être fiers de la qualité générale de nos médias.
N’empêche, les innovations technologiques combinées aux récents changements de propriété qui se sont opérés dans le secteur des médias canadiens soulèvent des inquiétudes et des questions. On craint pour la diversité, tant sur le plan de la propriété des médias que de l’information. On redoute que la variété des opinions exprimées diminue et que les régions petites ou éloignées soient pénalisées par la nouvelle réalité où règnent les grandes entreprises médiatiques.
Il fut un temps où les nouvelles étaient présentées dans un format donné, comme le journal, ou selon un horaire fixe, par exemple le bulletin de nouvelles de 18 heures. Les organes de presse décidaient des informations à transmettre, des événements à couvrir et des ressources à y consacrer. Dans ce modèle traditionnel, les lecteurs et les auditeurs étaient des consommateurs relativement passifs de l’information.
Les innovations dans les technologies des communications – en particulier l’accès à Internet et son utilisation généralisée – ont modifié la situation au point de la rendre méconnaissable. La plupart des grands quotidiens offrent maintenant des éditions électroniques; les services de nouvelles télévisées continus transmettent les nouvelles de dernière heure au fur et à mesure; les outils de recherche sur Internet permettent aux utilisateurs de chercher de l’information dans un nombre incalculable de sites; les sites Web personnels (carnets Web ou blogues) offrent tout un éventail de points de vue sur les nouvelles et l’actualité; et les téléphones cellulaires et les autres appareils portables fournissent des nouvelles et de l’information adaptées aux intérêts de chacun. Prises ensemble, ces innovations relativement récentes ont permis aux citoyens de devenir des participants plus actifs dans ce qu’on appelle parfois la culture des « nouvelles sur demande ».
Ces changements ont entraîné la segmentation des marchés de consommation pour toutes les formes de médias d’information, ce qui a déclenché chez les grandes entreprises médiatiques du Canada une lutte pour la survie. Parmi les stratégies d’adaptation les plus frappantes signalons la fusion, la vente, le re-fusionnement et le dessaisissement d’entreprises de la presse écrite et parlée. Certains grands quotidiens ont commencé à distribuer de petits journaux gratuits pour faire contrepoids à la baisse du tirage et attirer ou reprendre les lecteurs[1].
Certains avancent que la culture des « nouvelles sur demande » risque de rendre bientôt désuet le modèle traditionnel. Cependant, ce résultat est loin d’être inéluctable, et ce pour plusieurs raisons :
1. Les médias traditionnels continuent de générer la plupart des informations. En effet, une grande partie des nouvelles diffusées sur Internet sont fournies par des sources traditionnelles, particulièrement les journaux et les radiodiffuseurs. Rares sont les services en ligne qui offrent une quantité et une qualité de reportages originaux comparables à ce que génèrent les médias d’information traditionnels[2]. À l’heure actuelle, il existe peu d’exemples d’organes de presse qui réussissent à survivre en diffusant uniquement sur Internet.
2. Si le prix des nouvelles et de l’information en ligne augmente, la consommation pourrait diminuer. Il est vrai qu’Internet et d’autres technologies offrent certaines économies au niveau du coût de production et de distribution physique de l’information, mais il reste des coûts liés à la couverture des nouvelles et à la production de bulletins. Si leurs recettes publicitaires ne couvrent pas leurs coûts, les fournisseurs de nouvelles et d’information pourraient être forcés d’imposer des frais d’abonnement pour survivre.
3. La crédibilité des nouvelles et de l’information en ligne est parfois douteuse. Il faudra du temps avant que les sources d’information en ligne aient la même crédibilité que les sources traditionnelles. Les utilisateurs d’Internet seront donc plus susceptibles de douter de l’exactitude d’une nouvelle en ligne, particulièrement si la source n’est pas très bien connue.
Du point de vue des producteurs de nouvelles imprimées et radiodiffusées, un des effets les plus perturbateurs de l’arrivée des sources de nouvelles en ligne est le détournement des recettes publicitaires. En effet, la vente d’annonces classées représente une large part des recettes totales de la plupart des journaux; or, divers sites Internet comme EBay et Craigslist leur font maintenant concurrence à ce chapitre. Les sites en ligne sont plus concurrentiels du fait qu’ils rejoignent un plus vaste marché et offrent des annonces plus informatives et interactives. Ce phénomène risque d’avoir d’importantes répercussions sur les journalistes, mais il est difficile pour l’instant de dire lesquelles.
Soulignons, à titre d’exemple, la consolidation des organes de presse, la segmentation de l’auditoire et leurs effets sur les recettes. Les changements structurels et les pressions exercées par les actionnaires entraînent souvent des compressions budgétaires, notamment des réductions du nombre de journalistes. De là à conclure que certains sujets risquent d’être moins bien couverts, voire carrément passés sous silence, il n’y a qu’un pas.
Le Comité estime que même si les nouvelles et l’information en ligne prennent de plus en plus de place, leur présence n’est peut‑être pas la solution à nombre des questions soulevées dans le présent rapport. La prolifération et la popularité des blogues en constituent un exemple. S’il est vrai que les carnets Web représentent un élément stimulant dans l’environnement actuel des nouvelles et de l’information, et qu’ils ont un effet pratiquement instantané sur le débat public, il reste qu’ils ne génèrent pas le volume ou le type de nouvelles que créent les fournisseurs de nouvelles traditionnels. Au contraire, la plupart des blogues apportent surtout un complément d’information ainsi qu’un large éventail d’opinions.
Pour toutes ces raisons, le Comité estime qu’à moyen terme – c’est‑à‑dire d’ici 15 ou 20 ans, nous disposerons de multiples types d’organes de presse : des sources électroniques sur Internet, des sources traditionnelles imprimées et radiodiffusées et d’autres qui utiliseront plus d’un mode de distribution. D’ailleurs, malgré la prolifération des médias électroniques, la presse parlée et écrite continuera de générer une bonne partie des nouvelles et de l’information que consultent les citoyens.
Le Comité a publié en avril 2004 un rapport intérimaire dont le contenu doit être considéré comme faisant partie intégrante du présent rapport[3].
Le mandat officiel du Comité était vaste (voir page ii) puisqu’il couvrait l’ensemble du secteur des médias. Cependant, le Comité a rapidement résolu de concentrer son attention sur les médias d’information qui, ces dernières années, ont reçu moins d’attention que les autres médias. C’est la troisième étude sur la politique relative aux médias d’information depuis 35 ans[4]. L’objectif était simple : déterminer comment remanier la politique fédérale afin de favoriser des médias d’information vigoureux et indépendants au XXIe siècle. Chemin faisant, le Comité en est venu à un certain nombre de conclusions touchant des questions qui échappent à la compétence fédérale; certaines propositions à cet égard figurent dans la partie V du rapport.
Le Comité a évité les propositions qui risquaient d’enfreindre la liberté d’expression ou la liberté de la presse et des autres médias. Il y a eu dans l’histoire du Canada des cas de tentatives inopportunes d’ingérence dans les affaires internes des médias d’information[5]. Le Comité est convaincu que les organes de presse doivent être libres de toute ingérence de la part du gouvernement. Les propriétaires doivent être libres d’offrir un produit d’excellente qualité, médiocre ou même très mauvais. Dans un système où les médias sont libres et indépendants, il y en aura pour tous les goûts en matière de nouvelles et d’information. Certes, il est important d’avoir des services de nouvelles et d’information de grande qualité, mais leur existence ne saurait être imposée par voie législative.
Le Comité a aussi gardé à l’esprit que l’État doit favoriser la viabilité des organes de presse; après tout, des sociétés en faillite ne peuvent pas fournir les nouvelles, l’information et la diversité des points de vue nécessaires pour répondre aux besoins et aux attentes des Canadiens.
De nombreux Canadiens estiment que la politique gouvernementale n’a pas évolué en fonction de la situation. Les témoins qui ont comparu devant le Comité ont exprimé des craintes concernant l’état des organes de presse, la pluralité des propriétaires et l’accès à une diversité de points de vue. Le Comité remercie tous ceux qui ont comparu d’avoir fait part de leurs idées sur l’état des médias d’information au Canada.
Le Comité, dans son rapport intérimaire, présentait un compte rendu détaillé de ce qu’il a entendu jusqu’en mars 2004; le volume II du présent rapport résume une bonne partie de ce qui a été entendu depuis. Les observations les plus marquantes dans le contexte du mandat du Comité concernent les questions suivantes :
La concentration des médias. De nombreux témoins ont exprimé des craintes au sujet de la concentration de la propriété dans certaines régions et des dangers que cela peut représenter pour la diversité d’opinion. Certains témoins ont reproché au Bureau de la concurrence et au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) une certaine négligence à cet égard. Certaines des préoccupations les plus vives ont été exprimées par les journalistes.
Le radiodiffuseur public national. Le Comité a appris que tout ne va pas pour le
mieux à
Le contexte juridique et professionnel dans lequel travaillent les journalistes. Les témoins ont fait part de leurs inquiétudes au sujet de l’impact du système judiciaire sur le travail des journalistes : les problèmes d’accès à l’information, l’absence de mesures législatives pour la protection des dénonciateurs, l’absence de politiques protégeant les journalistes contre les perquisitions policières et l’article 4 de la Loi sur la protection de l’information, qui criminalise la possession par un journaliste d’un secret gouvernemental.
La formation et
Les programmes de soutien fédéraux. Le Comité a appris que l’appui du gouvernement fédéral aux publications (notamment la subvention postale et le programme d’aide aux périodiques) ne tient pas compte de la disponibilité d’Internet comme mécanisme de distribution ni des défis connexes engendrés par les changements qui s’opèrent dans le monde des médias.
Par sa géographie, sa faible densité de population et sa proximité des États-Unis, le Canada présente des défis aux décideurs fédéraux depuis les premiers jours de la Confédération. Les observateurs affirment depuis longtemps qu’il est dans l’intérêt du public de se doter de médias d’information vigoureux et diversifiés. De nombreux témoins ont avancé que l’intérêt public doit être le principe directeur qui sous-tend le fonctionnement de la SRC, les actions du CRTC, le Bureau de la concurrence et la réglementation régissant la propriété des médias d’information canadiens.
De nombreux témoins ont aussi affirmé que le souci de maximiser les bénéfices avait entraîné une plus grande concentration dans les médias, ce qui suscite des préoccupations quant à la détérioration possible de la qualité des nouvelles au Canada. D’autres ont fait valoir que le libre marché offre au consommateur ce qu’il demande, puisqu’une entreprise à but lucratif ne va pas chercher à vendre un produit dont personne ne veut. Les propriétaires des médias affirment pour leur part que la consolidation est la clé de la survie de leur entreprise en raison de la segmentation toujours plus grande des marchés de la presse écrite et parlée.
Le Comité reconnaît l’importance d’organismes de presse viables, mais il pense aussi qu’un marché libre et sans entrave n’est pas aussi optimal ou anodin que l’affirment ses promoteurs. La consolidation, c’est‑à‑dire la centralisation de certaines activités, se distingue de la concentration, et le Comité a pu constater que certains groupes médiatiques occupent des positions excessivement dominantes dans certains marchés canadiens. Une telle concentration de la propriété pourrait avoir des effets néfastes pour l’intérêt public, et la situation est attribuable à l’absence de réglementation.
Le présent volume du rapport final du Comité sur les médias d’information canadiens examine ces questions et d’autres en profondeur; il présente des recommandations et des propositions, quand le sujet s’y prête.
Le deuxième volume du rapport contient un compte rendu plus détaillé des discussions relatives aux grandes questions soulevées ici, ainsi que des informations complémentaires et des documents de référence qui ont contribué à façonner le rapport final.
Parmi les nombreux atouts du système canadien de médias d’information, il convient de souligner la présence de nombre d’entreprises lucratives qui gèrent avec succès des médias de haute qualité dans les secteurs de la presse écrite et parlée. La SRC, les réseaux provinciaux de télévision éducative, les services sans but lucratif comme le câblodistributeur d’affaires publiques CPAC et le réseau de télévision autochtone APTN, et les stations de radio et de télévision communautaires contribuent aussi beaucoup aux nouvelles et à l’information diffusées.
Il reste cependant que l’on observe par ailleurs des signes inquiétants. On constate quatre problèmes graves :
Le premier, le deuxième et le quatrième problèmes sont abordés dans les sections qui suivent, et le troisième est examiné dans la partie III.
A. Les répercussions de la concentration de la propriété sur la diversité dans les médias d’information canadiens
Certains témoins, notamment des porte-parole de grandes entreprises médiatiques, affirment que les inquiétudes que suscitent la concentration et la consolidation des médias ne sont pas fondées et que rien n’indique que les récentes modifications de la structure de propriété des médias aient été nuisibles. Par contre, d’autres témoins, principalement des journalistes, ont souligné plusieurs sujets d’inquiétude, dont la fermeture de bureaux de presse internationaux, nationaux et provinciaux, et, de façon générale, la centralisation de la couverture des informations. Ces pratiques, ont-ils avancé, nuisent à la diversité des nouvelles et des analyses offertes aux Canadiens.
Jeffrey Dvorkin,
l’ombudsman de
Les compressions budgétaires réalisées dans la foulée des acquisitions d’entreprises médiatiques ont entraîné la fermeture de bureaux canadiens à l’étranger. Or, à l’ère de la mondialisation, les Canadiens ont besoin d’avoir leurs propres sources pour rendre compte de l’actualité internationale d’un point de vue canadien. Le tableau suivant, établi par le personnel du Comité, indique le nombre de bureaux à l’étranger des entreprises médiatiques canadiennes en novembre 2005.
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Bureaux canadiens à l’étranger (novembre 2005) |
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Organisation |
Nombre |
Emplacement |
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CanWest |
2[8] |
Washington et Londres |
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Radio-Canada |
12 |
Bangkok, Beijing, Dakar, Jérusalem, Londres, Mexico, Moscou, New York, Paris, Rio de Janeiro, Shanghaï[9] et Washington |
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CTV |
9 |
|
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Globe and Mail |
7 |
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3 |
Londres, Paris et Washington |
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TorStar |
6 |
Delhi, Hong Kong, Israël, Londres, Mexico et Washington |
James Travers, journaliste, a expliqué au Comité l’importance des bureaux étrangers :
Préserver des bureaux étrangers garantit que les lecteurs ne sont pas pris par surprise en cas d'événements graves. Cela n'a jamais été plus important qu'aujourd'hui, et ce le sera encore plus avec l'accélération des crises mondiales au sein desquelles notre pays essaie de trouver sa juste place. Sur un plan plus pratique, maintenir des journalistes canadiens sur le terrain garantit que le gouvernement et ses agences n'agissent pas à l'étranger dans un unanimisme que les contribuables ne toléreraient jamais chez eux. Si nous voulons nous comprendre et être des citoyens à part entière de la communauté mondiale, si nous voulons saisir l'importance d'événements en évolution constante, il faut que nos journaux aient les ressources nécessaires pour jouer leur rôle. Sans ces ressources, les lecteurs, les salles de nouvelles et la qualité des débats publics subiront un tort irréparable.
Allan Thompson, ancien journaliste maintenant professeur de journalisme à l’Université Carleton, a signalé qu’il ne reste plus en Afrique qu’une poignée de journalistes affectés à temps plein à la couverture de ce continent :
[...] pour couvrir 56 pays, une demi-douzaine de guerres, trois famines naissantes, l'industrie minière la plus corrompue au monde — et, bien sûr, le fait que 36 millions d'individus sont atteints du VIH/sida et qu'ils mourront dans moins de 10 ans, [à moins d’une] intervention internationale [énergique].
Auparavant, de nombreux journaux locaux avaient des correspondants à Ottawa qui couvraient l’actualité fédérale pouvant avoir un impact sur les auditoires locaux. De nos jours, la plupart des chaînes couvrent principalement l’actualité fédérale et parlementaire à partir d’un seul bureau central. Une telle politique a certes permis de réduire les coûts mais, selon certains témoins, elle peut aussi avoir des conséquences fâcheuses.
Christopher Waddell, ancien journaliste maintenant professeur à l’Université Carleton, a présenté quelques éléments de preuve dans un mémoire remis au Comité[10]. Il a examiné la participation aux élections fédérales dans trois villes de l’Ontario dont les journaux locaux avaient fermé leur bureau à Ottawa. Il a constaté que la baisse de la participation électorale était plus marquée dans les trois villes qui avaient perdu leur bureau national que dans l’ensemble de l’Ontario ou dans un échantillon de villes dont les journaux n’avaient jamais eu de bureau à Ottawa.
M. Waddell a souligné la nature préliminaire de sa recherche et précisé que de nombreux facteurs influent sur la participation électorale. Une possibilité est que, lorsqu’ils perdent l’interprétation locale des événements d’envergure nationale, les citoyens se sentent moins interpellés par les politiques nationales et moins enclins à voter pour ceux qui les instituent. Comme l’a souligné M. Waddell :
Les services de nouvelles nationaux ne produisent pas la même qualité de reportages que les journaux qui avaient leurs propres journalistes à Ottawa dans les années 1980. Les services nationaux ne sont pas à même de fournir des exemples locaux ou de mettre en contexte des nouvelles sur le gouvernement ou les politiques. Ils ne cherchent pas la nouvelle qui aura une incidence particulière dans une ville donnée, comme Hamilton, Windsor, London, Regina ou Saskatoon. Ils ne cherchent pas non plus à donner le point de vue local concernant une question d’ordre national.
Il serait utile que des chercheurs approfondissent cette question.
Certains bureaux couvrant les assemblées législatives des provinces ont aussi fermé ou ont vu leur effectif réduit. À Vancouver, par exemple, le Comité a appris que les grands quotidiens de la ville, soit le Sun et le Province, n’affectent plus de journaliste à l’assemblée provinciale à Victoria. Ils comptent plutôt sur les reportages de l’autre journal du groupe, le Times-Colonist de Victoria. Le Comité a aussi appris que le Province n’a plus de journaliste affecté à l’industrie de la foresterie, alors que celle-ci constitue l’une des activités économiques les plus importantes de la province.
La centralisation de la couverture des nouvelles est une autre source de préoccupation. En période de compressions budgétaires, les chaînes de médias ont toujours tendance à centraliser en partie la couverture de l’information parce que cela permet de rationaliser l’emploi des ressources. Par exemple, si les membres d’une chaîne de journaux se regroupent pour s’abonner ensemble à une source de nouvelles du sport, ils économiseront probablement des sommes qui pourront alors servir à des reportages qu’ils n’auraient peut-être pas pu se permettre de réaliser autrement.
Toutefois, la
centralisation a parfois un prix. Ainsi, l’impression que seul le
« centre » importe s’est trouvée exacerbée par la décision prise par
la télévision de langue anglaise de
D’autres témoins ont parlé avec inquiétude de la décision de CanWest Global de créer une salle de presse centrale, le Canadian News Desk (CND), où une grande quantité d’articles télégraphiés et d’articles provenant des journaux de CanWest et portant sur la mode, l’alimentation, l’immobilier, les finances personnelles, l’automobile et la santé, sont remaniés et diffusés dans toute la chaîne[11].
La centralisation peut aussi se produire à l’échelon local. On a dit au Comité que le groupe de journaux Gesca au Québec avait réduit la couverture des actualités locales en dehors de Montréal. À Halifax, des témoins ont parlé d’une réduction de 75 p. 100 du personnel des salles de presse, qui devait ensuite produire les bulletins de nouvelles pour deux et parfois trois autres stations de radio privées[12].
Bref, certains témoins craignent qu’une plus grande centralisation par les groupes de médias canadiens réduise la diversité des nouvelles et de l’information. La centralisation a des avantages, c’est certain; tout est affaire de mesure. Elle risque en effet de nuire tant au propriétaire de médias qu’au consommateur si la perte de couverture locale rend les produits de la franchise moins intéressants et réduit la diversité des nouvelles et de l’information au Canada.
Les craintes concernant la diversité s’appliquent aussi aux analyses et aux opinions. Le débat public basé sur des opinions divergentes est la pierre angulaire de la démocratie, et les médias d’information sont un espace vital où se tient le débat. Le droit des propriétaires d’exprimer leur opinion dans leur page éditoriale est considéré depuis longtemps comme faisant fondamentalement partie du principe de la liberté de la presse. La difficulté apparaît toutefois lorsqu’un propriétaire possède de si nombreux médias que son opinion écarte celle des autres.
Plusieurs témoins ont dit craindre une diminution possible de la diversité des analyses et opinions. Leurs craintes ont été exacerbées quand CanWest Global a annoncé en 2001 que deux ou trois fois par semaine, tous ses quotidiens présenteraient des éditoriaux nationaux. Aucun journal de langue anglaise de CanWest ne serait autorisé à publier des éditoriaux dissidents.
CanWest a fini par renoncer de son propre gré aux éditoriaux nationaux, mais l’annonce initiale a soulevé une polémique chez les journalistes. Certains chroniqueurs qui dénonçaient publiquement la politique ont vu leurs articles sur le sujet refusés, même si l’entreprise avait déclaré qu’elle autoriserait la parution d’opinions divergentes en page éditoriale. À The Gazette de Montréal, les journalistes ont protesté contre la politique en participant à un retrait de signature (refus de signer leurs articles). La direction du journal a réagi en affichant une note de service avertissant les employés que les déclarations publiques dénonçant la politique :
contreviennent à l’obligation légale de première fidélité à l’employeur. La jurisprudence appuie les sanctions, y compris la suspension ou la cessation d’emploi, contre ceux qui persistent à manquer à leurs obligations envers l’employeur après avoir reçu un clair avertissement […]
Personne, journaliste ou autre, n’a le droit de travailler au quotidien The Gazette. C’est un privilège qui suppose les obligations de prudence, diligence, honnêteté et fidélité à l’employeur[13].
Peu importe si ces observations étaient fondées ou non selon la loi, c’était un message clair : contester les opinions venant du siège social pouvait entraîner un congédiement. Or, comme plusieurs témoins l’ont rappelé, plus les médias sont concentrés, plus il est difficile pour un journaliste de trouver un emploi ailleurs.
Le cadre législatif et réglementaire doit favoriser la diversité, sans s’ingérer dans les nouvelles, le contenu rédactionnel des informations ou la discussion des affaires publiques. Le gouvernement fédéral a plusieurs responsabilités importantes à cet égard. Il finance le radiodiffuseur public national et nomme les membres du CRTC, lequel réglemente le système de radiodiffusion; le Bureau fédéral de la concurrence a compétence sur certains aspects économiques des médias privés.
Il semble un peu exagéré
de dire qu’il est impossible d’adopter une loi qui s’appliquerait uniquement à
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Influences du gouvernement sur les médias Charte canadienne des droits et libertés Article 2 (« ... liberté de la presse et des autres moyens de communication ») Lois Loi sur la concurrence Loi générale (aucune disposition précise concernant les médias) Application supervisée par le Bureau de la concurrence Loi sur la radiodiffusion Réglemente tous les radiodiffuseurs (la seule influence qui s’exerce sur les médias imprimés provient de la réglementation des entreprises mixtes; en 1999, le CRTC a décidé que les nouveaux médias sur Internet ne seraient pas réglementés à titre de radiodiffuseurs) Application supervisée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) Loi sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes Loi de l’impôt sur le revenu Loi concernant l'investissement au Canada Loi sur le droit d'auteur Loi sur la protection de l'information Loi sur l'accès à l'information Politiques gouvernementales applicables Culture Éducation (responsabilité provinciale) Sécurité nationale Langues officielles Programmes gouvernementaux applicables Fonds du Canada pour les magazines Programme d'aide aux publications |
Une loi qui, selon de
nombreux témoins, devrait être appliquée plus précisément au secteur des médias
d’information est
Deux organismes fédéraux
appliquent les lois et règlements qui influent sur les pratiques institutionnelles
des organes de presse canadiens. Le Bureau de la concurrence est chargé des
questions qui relèvent de
Un historique de l’approche qu’empruntent le Bureau de la concurrence et le CRTC relativement aux organes de presse et aux médias d’information figure dans un document préparé à l’intention du Comité par M. Richard Schultz[15]. Le document confirme que le Bureau a une vision étroite des marchés publicitaires et que le CRTC a pratiquement cessé de s’inquiéter au sujet des nouvelles et de l’information et se concentre dorénavant sur les questions « culturelles », c’est-à-dire qu’il voit surtout à l’observation des règles sur le contenu canadien.
a) Le Bureau de la concurrence
Le Bureau de la concurrence applique au comportement des entreprises une forme générale d’analyse économique pour déterminer si un marché particulier est concurrentiel ou non, comme il l’explique dans un résumé de son travail concernant les médias qu’il a remis au Comité :
Le Bureau s’efforce d’assurer le caractère concurrentiel du marché canadien et de faire en sorte que toute la population canadienne profite des avantages de prix concurrentiels, d'un choix de produits et de services de qualité.
Dans la pratique, ce sont les prix qui servent à évaluer les conditions du marché des produits et services. Dans le marché des médias, où les émissions de radio et de télévision et certains journaux sont gratuits, le Bureau focalise généralement son attention sur le prix de la publicité.
Il est vrai que certains lecteurs achètent un journal pour la publicité qui y figure. Toutefois, la plupart y recherchent des nouvelles et de l’information ou d’autres articles. Il en va de même pour les auditeurs d’émissions de radio et les téléspectateurs : ils s’intéressent au contenu, et non aux annonces publicitaires. Manifestement, c’est surtout la diversité des nouvelles et des opinions qui concerne l’intérêt public en matière de médias. Par conséquent, le coût de la publicité n’est pas toujours le meilleur indicateur des conditions du marché pour les médias d’information, étant donné que les taux peuvent rester les mêmes (voire diminuer) en conséquence d’une concentration accrue de la propriété.
Le mode par lequel le Bureau de la concurrence définit un marché risque aussi de l’empêcher d’interdire les pratiques anticoncurrentielles dans l’industrie canadienne des médias d’information. Le cadre général d’analyse qu’applique le Bureau risque de l’amener à délimiter des marchés locaux d’une manière préjudiciable à certains marchés régionaux ou nationaux. Comme l’explique le Bureau :
Sur le plan conceptuel, un marché pertinent correspond au groupe le plus restreint de produits incluant au moins un produit des parties à la fusion, et à la plus petite région géographique pour laquelle un vendeur unique cherchant à maximiser ses profits (un monopoleur hypothétique) peut imposer et maintenir une hausse de prix relativement importante et non transitoire par rapport aux prix qui seraient vraisemblablement pratiqués en l'absence de la fusion[17].
Cette définition du marché des nouvelles, conjuguée à une analyse des prix du marché de la publicité qui peut être trompeuse, a entraîné une importante concentration de la propriété de divers médias au Canada, notamment des journaux communautaires, dans plusieurs régions. On peut citer la décision de 2004 concernant Transcontinental inc. et Optipress inc., qui a autorisé Transcontinental à mettre la main sur tous les quotidiens et hebdomadaires de Terre-Neuve[18].
Les méthodes de fonctionnement du Bureau de la concurrence peuvent fort bien convenir à l’analyse de la majorité des marchés de produits et services au Canada, mais pas à l’analyse du marché médiatique. Le cadre de référence du Bureau – qualifié d’approche « en silos » par certains – omet une dimension critique des nouvelles et de l’information, c’est-à-dire l’importance de la pluralité des propriétaires et de la diversité des sources, non seulement dans une collectivité en particulier, mais à l’échelle régionale et nationale.
Cela fait nettement
contraste avec les régimes de réglementation de pays comme
b) Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
Le ministère du Patrimoine canadien est responsable de la politique de diffusion, mais l’élaboration de cette politique a été en grande partie confiée au CRTC. À l’heure actuelle, la politique du CRTC se concentre surtout sur l’intérêt public en matière de radiodiffusion, par exemple le genre de musique que diffusent les stations de radio, et suit plutôt une optique de laisser-faire à l’égard des nouvelles et de l’information. Le CRTC se préoccupe aussi de la viabilité financière des diffuseurs canadiens et de l’offre de contenu canadien. Cependant, l’absence de politiques touchant les émissions de nouvelles et d’information a entraîné une diminution des émissions d’actualités, particulièrement remarquable à la radio.
Le CRTC tire son mandat
de
favoriser l'épanouissement de l'expression canadienne en proposant une très large programmation qui traduise des attitudes, des opinions, des idées, des valeurs et une créativité artistique canadiennes, qui mette en valeur des divertissements faisant appel à des artistes canadiens et qui fournisse de l'information et de l'analyse concernant le Canada et l'étranger considérés d'un point de vue canadien. [C’est nous qui soulignons]
Mais cette mention de « l’information et de l’analyse » survient après l’énumération d’une longue liste d’objectifs, donnant à penser qu’elle est de moindre importance.
La politique concernant la radio commerciale permet à un propriétaire unique de posséder trois stations d’une même langue dans les petits marchés – un maximum de deux stations sur la même bande de fréquences – et quatre – deux AM et deux FM – dans les marchés comptant huit stations ou plus. La politique énonce trois objectifs :
1. faire en sorte que l’industrie de la radio soit solide et bien financée;
2. assurer la meilleure place possible aux artistes canadiens;
3. garantir le maintien d'une présence du français à la radio[20].
Les nouvelles et l’information ne constituent donc pas un objectif principal, quoique la diversité des sources de nouvelles figure comme objectif de politique dans la discussion des questions de propriété :
Un des objectifs de la politique de longue date du Conseil concernant la propriété commune a été de préserver la disponibilité des sources de nouvelles distinctes dans une collectivité. Le Conseil fait remarquer que, ces dernières années, le nombre de sources de nouvelles locales, régionales et nationales disponibles a augmenté sensiblement dans la plupart des marchés, y compris les nouvelles stations de radio et de télévision conventionnelles, les services d’émissions spécialisées, les stations de radio communautaire et les journaux régionaux, ainsi que les nouvelles sources d’information de rechange comme Internet. … [L]e Conseil a voulu établir un équilibre raisonnable et acceptable entre le fait de préserver une diversité des sources de nouvelles dans un marché et les avantages de permettre une consolidation accrue de la propriété au sein de l’industrie de la radio. [par. 32]
Dans le domaine de la télévision, la politique du CRTC de 1999 n’exige un contenu canadien que lorsque c’est nécessaire. En ce qui touche les émissions de nouvelles locales et régionales, le CRTC a indiqué que : « Lors des prochains renouvellements de licences des stations de télévision locales traditionnelles, le Conseil n'obligera pas les requérants à prendre des engagements quantitatifs à l'égard des émissions de nouvelles locales »[21]. Le CRTC demandait cependant aux requérants que « leurs émissions de nouvelles et les autres répondent aux attentes de l'auditoire et reflètent la réalité des communautés qu'ils desservent », mais ajoutait que les évaluations seraient faites au cas par cas.
Le CRTC semble avancer que les nouvelles n’exigent aucune intervention.
Le Conseil estime que dans le nouvel environnement de la télévision, les forces du marché permettront aux auditoires de continuer à recevoir une diversité de nouvelles locales sans exigences réglementaires. Les émissions de nouvelles représentent un élément clé dans l'établissement de l'identité d'une station auprès des téléspectateurs et sont généralement rentables. De plus, les télédiffuseurs ne peuvent pas solliciter de publicité locale dans un marché, à moins de fournir des nouvelles locales ou d'autres émissions locales. [par. 47]
Bref, l’attitude non interventionniste du CRTC à l’égard des nouvelles radiodiffusées semble reposer sur deux arguments. Premièrement, il estime que les nouvelles sont rentables ou à tout le moins qu’elles font leurs frais; en fait, les profits découlant d’émissions d’information originales ne sont souvent pas très élevés, ce qui pousse certains diffuseurs à acheter des émissions plus lucratives, par exemple des comédies de situation américaines. Deuxièmement, le CRTC estime qu’il existe de nombreuses autres sources de nouvelles; pourtant, comme le montre le présent rapport, la présence de nombreux systèmes de prestation ne garantit pas l’existence de sources diverses de nouvelles, particulièrement dans les petites villes.
Pour ce qui atrait à la concentration des médias et la propriété mixte, l’actuel système de réglementation n’offre qu’une maigre protection contre leurs conséquences néfastes sur la diversité des sources d’information. Cette absence de réglementation a permis à des acteurs individuels de dominer les paysages médiatiques de Vancouver, du Québec et du Nouveau-Brunswick, et la même situation pourrait aisément se produire dans d’autres marchés canadiens; en fait, elle s’est déjà produite dans le secteur des journaux communautaires[22].
En résumé, le paysage médiatique canadien a été en partie façonné par l’attitude du CRTC en matière de réglementation des nouvelles. Soulignons notamment que les stations de radio canadiennes offrent maintenant moins de nouvelles et que peu de Canadiens nomment la radio comme principale source d’informations[23].
Depuis les tout débuts
de la radio, on a dit de la radiodiffusion qu’elle pouvait servir à informer, à
éduquer et à rassembler les gens. Ces objectifs ont entraîné la création de
radiodiffuseurs publics partout dans le monde, notamment
Le mandat de la SRC a été
modifié et peaufiné au fil des ans. La révision de 1991 de
(i) être principalement et typiquement canadienne,
(ii) refléter la globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu'au niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers des régions,
(iii) contribuer activement à l'expression culturelle et à l'échange des diverses formes qu'elle peut prendre,
(iv) être offerte en français et en anglais, de manière à refléter la situation et les besoins particuliers des deux collectivités de langue officielle, y compris ceux des minorités de l'une ou l'autre langue,
(v) chercher à être de qualité équivalente en français et en anglais,
(vi) contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationales,
(vii) être offerte partout au Canada de la manière la plus adéquate et efficace, au fur et à mesure de la disponibilité des moyens,
(viii) refléter le caractère multiculturel et multiracial du Canada.
Selon certains
observateurs, l’ampleur du mandat de
Les émissions de nouvelles et d’information de Radio-Canada ont cependant une part de l’auditoire comparable à celle des radiodiffuseurs privés. Par exemple, en 2004-2005, le téléjournal de soirée The National, émission phare du réseau anglais diffusée sur le réseau principal et sur Newsworld, avait un auditoire total moyen d’environ 1 057 000 téléspectateurs contre 714 000 pour le National News de Global et 1 480 000 pour l’Evening News de CTV[24].
Bien que le mandat de
Comme le montre la
figure qui suit, le budget actuel de
La diminution de la
valeur des crédits parlementaires (environ 20 p. 100 en dollars
réels) a contraint
|
|
![]() |
Source : Rapports annuels, Radio-Canada.
Dans les régions où il y a déjà une vaste gamme
d’émissions de nouvelles locales (à Toronto, par exemple), il est moins
important pour
Comme on l’a déjà souligné, il est dans l’intérêt public de voir à la diversité de la propriété des médias d’information afin d’assurer une plus grande variété de sources de nouvelles, d’information et d’analyses dans chaque région ou marché. Même si bien des villes canadiennes ne peuvent accueillir un grand nombre de propriétaires différents, il demeure important, sur le plan de l’intérêt public, d’encourager la pluralité des propriétaires et des sources de nouvelles.
Les entreprises médiatiques jouissent d’un statut privilégié en vertu de
Dans leurs témoignages devant le Comité, les propriétaires et les dirigeants
ne se limitent pas à réclamer un « statut spécial » (c.-à-d. une
protection contre toute ingérence du gouvernement dans les activités de presse).
Leur revendication est plus vaste et plus contestable : ils voudraient que
toutes leurs activités soient exemptes de toute forme de réglementation gouvernementale
autre que celle contenue dans les lois d’application générale (comme les lois
portant sur le libelle, la calomnie, les impôts et l’emploi). Le Comité estime
que cette exigence est exagérée et que les protections contenues dans
Cela étant dit, le Comité adhère au principe selon lequel le
gouvernement n’a aucun rôle à jouer dans les salles de presse de
Toutefois, ce droit d’être protégé contre l’ingérence du gouvernement ne s’étend pas au point d’autoriser les propriétaires à posséder une proportion excessive d’entreprises médiatiques dans un marché particulier, surtout pas dans le marché national. Pourtant, le régime de réglementation canadien fait peu de chose pour prévenir une telle situation.
La situation canadienne relative aux fusions ou à la concentration des médias est atypique parmi les grandes démocraties. Le droit français, par exemple, comporte des restrictions sur la propriété et le contrôle des diffuseurs du secteur privé. Au Royaume-Uni, il existe des restrictions qui limitent la propriété des journaux nationaux et certains types de licences de diffusion. En Australie, il y a des restrictions applicables aux investissements étrangers, à la concentration et à la propriété mixte des médias de diffusion. Le droit états-unien restreint le nombre de stations de radiodiffusion (radio ou télévision) qu’une seule personne ou entité peut détenir dans un espace géographique donné. Les États-Unis limitent également la propriété mixte de médias[28], et l’Allemagne en fait autant[29].
Une des difficultés concerne l’absence totale de mécanisme de révision pour examiner l’intérêt public dans les fusions d’organes d’information, ce qui a abouti à une très grande concentration dans certaines villes ou régions.
Il n’est pas facile de trouver une solution réaliste. Les solutions proposées auparavant (par exemple, la création d’un « conseil de presse national » ou l’établissement de protections spéciales pour les rédacteurs des journaux appartenant à une chaîne) n’ont pas été retenues et, de l’avis du Comité, elles ne résolvent pas le problème de l’absence de critère visant l’intérêt public. Le Comité en est donc venu à la conclusion qu’un mécanisme d’examen approprié doit comprendre un certain nombre de caractéristiques.
Le mécanisme :
1) ne doit d’aucune façon s’ingérer dans le fonctionnement interne des organes de presse.
2) doit être facile à comprendre. Il faut clairement définir les étapes à suivre dans l’étude des projets de fusion d’entreprises médiatiques et identifier les organismes participants.
3) doit déterminer comment utiliser l’expertise des organismes concernés dans les débats d’intérêt public. Par exemple, il doit comporter un processus réaliste permettant la participation du Bureau de la concurrence et du CRTC.
4) doit reposer sur un processus ouvert et transparent qui aboutit à un rapport public soumis à un ou plusieurs ministres.
5) doit comporter une responsabilisation claire à l’égard de la prise en considération de l’intérêt public, ce qui contraste radicalement avec la situation actuelle où aucun organisme réglementaire n’est responsable en définitive.
6) ne doit pas dépendre du bon vouloir d’une personne ou d’un organisme.
7) doit avoir un échéancier clair et précis, être indépendant et impartial et garantir la prise en compte de l’intérêt public dans un réseau d’organes de presse libres et dynamiques.
Le moyen le plus
efficace consisterait à ajouter à
· la propriété mixte des médias dans des marchés particuliers;
· le développement d’une position dominante dans un marché donné de publicité, de production ou de distribution;
· les fusions comportant l’acquisition de plus d’une proportion donnée, disons 35 p. 100, d’un auditoire particulier ou d’abonnés[30].
Ce nouvel article établirait aussi les procédures à suivre pour l’examen d’une fusion d’organes de presse et d’information. Il devrait, par exemple, renfermer des dispositions autorisant le ministre de l’Industrie ou celui du Patrimoine canadien, qui sont tous les deux concernés par la question, à ordonner l’examen des fusions d’entreprises médiatiques du point de vue de l’intérêt public.
Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 1 Qu’un nouvel
article, portant sur les fusions des organes de presse, soit ajouté à a) déclenchera automatiquement l’examen d’un projet de fusion d’entreprises médiatiques si certains seuils sont atteints; b) permettra aux ministres compétents d’exiger un examen des fusions proposées; c) établira le processus à suivre lors de l’examen d’une fusion, notamment la nomination d’un groupe d’experts chargé de mener l’examen. |
Le nouvel article ne
devra pas porter atteinte aux responsabilités actuelles du Bureau de la
concurrence énoncées à l’article 93 de
L’établissement du rôle du CRTC dans
ce nouveau mécanisme nécessitera aussi une modification de
Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 2 Que la loi
régissant le CRTC soit modifiée de manière à imposer, dans les cas
appropriés, la participation du CRTC aux groupes d’examen constitués aux
termes du nouvel article de |
Ni le Bureau de la
concurrence ni le CRTC n’auront vraisemblablement les compétences nécessaires
pour examiner tous les aspects de l’intérêt public dans ces fusions. Par
conséquent, le nouvel article de
Un examen serait automatiquement déclenché si :
ou,
L’examen de l’intérêt public dans un projet de fusion se tiendrait dans des délais déterminés – disons, six mois – et suivrait des étapes précises comprenant notamment une consultation publique. Le rapport du groupe d’experts contiendrait des recommandations, et il serait rendu public dès son envoi aux ministres compétents.
Il reviendrait au Cabinet, sur les recommandations du ministre compétent d’autoriser la fusion ou d’exiger des modifications de ses modalités (comme la vente de certains actifs). Les ministres concernés devraient comparaître devant des comités des deux chambres du Parlement pour expliquer les décisions prises.
Un élément essentiel du processus d’examen des fusions est la transparence, qui sera garantie par la consultation publique, les rapports et la surveillance par les parlementaires. C’est ainsi que l’on se prémunira contre des décisions qui seraient prises ou donneraient l’impression d’être prises sur la base de considérations autres que l’intérêt public.
Aux fins de la réglementation et pour une plus grande transparence dans les débats publics, il importe aussi que le propriétaire de chaque entreprise médiatique soit connue. Des témoins ont affirmé au Comité que ce n’est pas toujours le cas. C’est pour cette raison que le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 3 Que toutes les entreprises des médias d’information soient tenues de déclarer régulièrement, dans leurs publications ou durant leurs émissions, l’identité de leurs actionnaires contrôlants. |
Comme il l’a expliqué dans la partie II du présent volume, le Comité considère que la politique actuelle du CRTC se concentre sur l’intérêt public dans les aspects culturels et économiques de la radiodiffusion, au détriment des nouvelles et de l’information. C’est un des facteurs qui expliquent la disparition d’émissions d’information dans certaines parties du système de radio privé au Canada.
La section qui suit propose quelques idées pour remanier le mandat et les politiques du CRTC de manière à ce que les questions de diversité des émissions de nouvelles et d’information soient reconnues comme il se doit.
Un problème fondamental mis en
évidence dans le présent rapport est le fait qu’il est à peine question de
nouvelles et d’information dans le libellé de l’article 3 de
|
RECOMMANDATION 4 Que l’alinéa 3d)
de |
De plus, le paragraphe 5(2), qui porte sur les pouvoirs du CRTC, doit aussi être modifié de manière à conférer une priorité élevée à la programmation d’émissions de nouvelles et d’information dans le système de radiodiffusion canadien. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 5 Que le paragraphe
5(2) de |
Le CRTC a été amené à limiter le nombre de nouvelles licences qu’il accorde parce que son mandat lui impose de surveiller la viabilité économique du système de radiodiffusion. Ainsi, même s’il est possible sur le plan technique d’ajouter un service de radiodiffusion dans un marché particulier, et que quelqu’un est prêt à offrir un nouveau service, le CRTC, s’il juge que la concurrence accrue nuira à la viabilité économique des titulaires de licences existants, peut rejeter une demande. Ce processus explique en partie pourquoi le Canada a tardé à adopter les chaînes d’information continue.
Le fait de voir les nouveaux venus comme une force négative mènera à des décisions contraires à l’intérêt public, étant donné tout particulièrement la faible priorité accordée aux émissions de nouvelles et d’information. Le nombre de propriétaires et de sources de nouvelles et d’information au Canada ne pourra pas augmenter, et la mise en œuvre de méthodes novatrices pour la prestation de services risque de piétiner.
Le Comité estime qu’il faut adopter une autre approche et que la santé financière des titulaires de licences ne devrait pas être l’unique critère. De cette façon, la population canadienne aura accès à des émissions de nouvelles et d’information aussi diversifiées et complètes que possible. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 6 Que le CRTC adopte une approche plus libérale quant aux avantages de la concurrence dans le domaine des émissions de nouvelles et d’information. |
Le CRTC impose des conditions à tous les diffuseurs détenteurs de licences. Ainsi, dans certains cas récents où il y a eu consolidation de la propriété d’entreprises médiatiques, le CRTC a imposé des conditions visant la séparation des salles de presse dans les entreprises mixtes comprenant presse écrite et presse parlée[32]. Il a aussi exigé que ces organes de presse diffusent des messages d’intérêt public invitant les personnes que la politique d’information de l’entreprise mixte inquiète à communiquer leurs préoccupations au Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR)[33].
Or, en réalité, les conditions imposées aux propriétaires de médias consolidés sont rarement appliquées. Lors de son témoignage devant le Comité, le président du CRTC a reconnu que son organisme n’avait rien fait pour vérifier si ces conditions avaient été respectées. D’ailleurs, le CRTC a proposé récemment de confier la surveillance du respect de ces conditions au CCNR.
Le Comité estime que cette disposition est impraticable. Les messages d’intérêt public sont souvent trop vagues ou techniques pour bien faire comprendre les enjeux[34]. Les questions importantes touchant les fusions de médias ne sauraient être confiées à un tiers parti qui n’est pas assujetti aux mécanismes habituels de reddition de comptes; de plus, le mandat du CCNR se limite à la radiodiffusion, ce qui l’empêche de s’exprimer sur d’importantes entreprises.
Le CRTC devrait faire respecter les conditions de licence touchant les émissions de nouvelles et d’information comme il le fait pour les autres normes de radiodiffusion. Ainsi, il a récemment retiré sa licence à un radiodiffuseur (voir la section qui suit) qui, selon lui, avait contrevenu aux normes de radiodiffusion en matière de discours acceptable. Quand le CRTC impose des conditions aux titulaires de licences (par exemple pour la séparation des salles de presse écrite et parlée), il devrait veiller à ce qu’elles soient respectées et, en cas de non-observation, appliquer des sanctions. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 7 Que le CRTC ne délègue pas les questions importantes liées aux fusions d’entreprises médiatiques et aux conditions de licence au Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) ou à tout autre organe. |
Le Comité recommande en outre :
|
RECOMMANDATION 8 Que le CRTC veille au respect des conditions qu’il impose aux organes de presse des entreprises visées par une fusion d’entreprises médiatiques mixtes. |
Pour faire respecter ses
décisions, le CRTC ne dispose que de deux possibilités : révoquer une
licence ou la renouveler pour une courte période. Il hésite beaucoup à révoquer
une licence de radiodiffusion, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Le
renouvellement d’une licence pour une courte période, souvent pour deux ans,
constitue donc l’autre solution. C’est celle qu’a adoptée le CRTC récemment
dans le cas de Vision TV et celui de
Le renouvellement d’une licence pour un court laps de temps n’est peut-être pas la peine la mieux choisie ou la plus efficace dans les cas d’infractions mineures, surtout que le processus de renouvellement de licences peut chaque fois coûter des centaines de milliers de dollars au radiodiffuseur. Le Comité est donc d’avis que le CRTC devrait être investi du pouvoir d’imposer des amendes aux radiodiffuseurs qui ne respectent pas certaines parties de leurs conditions de licence, comme il a proposé de le faire pour les entreprises de télécommunications.
Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 9 Que le gouvernement du Canada autorise le CRTC à imposer des amendes aux radiodiffuseurs. |
La Loi sur la radiodiffusion reconnaît l’importance de la notion d’accès pour les citoyens et les collectivités. C’est dans cette perspective que la politique canadienne de radiotélédiffusion donne la possibilité aux citoyens de concevoir des émissions et des services qui répondent à leurs intérêts.
La télévision communautaire est distribuée par les entreprises de câblodistribution, et la radio communautaire est exploitée par une diversité de petites stations d’un bout à l’autre du pays, qui travaillent en français, en anglais, en langues autochtones et en diverses autres langues.
La réglementation du CRTC exige que les câblodistributeurs investissent collectivement environ 80 millions de dollars par année pour soutenir des services de télévision communautaires[36]. Divers témoins ont signalé au Comité que la radio et la télévision communautaires peuvent être une importante source de diversité d’opinions et d’informations. En outre, le Comité a appris que la radio communautaire peut contribuer de façon significative et unique à la vie des gens de petites localités ou de régions éloignées, ou qui partagent les mêmes intérêts ou la même langue.
Le CRTC impose des conditions, des exigences ou des contraintes aux radiodiffuseurs communautaires et aux radiodiffuseurs titulaires. Les règles varient selon la situation de chaque diffuseur communautaire (radio ou télévision), mais tous doivent éviter de faire concurrence aux entreprises titulaires de licences de quelque façon que ce soit, et tous sont assujettis à un certain nombre de contraintes (par exemple un faible signal) qui limitent leur portée.
Des différends perdurent quant au rôle de la télévision communautaire et au genre de programmation qu’elle devrait offrir. Naturellement, les entreprises de câblodistribution exigent d’exercer un certain contrôle, car les émissions communautaires sont en général le fruit du travail de bénévoles qui utilisent leur équipement et leurs studios. Des bénévoles se plaignent que certains câblodistributeurs limitent l’accès à la chaîne communautaire et cherchent davantage à exploiter celle-ci pour promouvoir leur propre entreprise que pour promouvoir l’accès des collectivités locales au système de radiodiffusion. Il est difficile de juger de la justesse de ces accusations puisqu’il n’existe aucun mécanisme de surveillance ou de contrôle de l’obligation d’un titulaire de fournir l’accès. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 10 Que le CRTC révise la réglementation de la télévision et de la radio communautaires pour favoriser l’accès au système de radiodiffusion et assurer la diversité des émissions de nouvelles et d’information diffusées par ces services. |
Il y a aussi une absence d’information sur la radiodiffusion communautaire. Bien que le Comité ne propose pas d’imposer aux radiodiffuseurs et aux entreprises de distribution de radiodiffusion la production de rapports onéreux, il est convaincu que le CRTC et le gouvernement du Canada devraient recueillir des renseignements appropriés et opportuns sur la radiodiffusion communautaire. Cela pourrait se faire au moyen de sondages généraux ou d’études de cas. Cette information permettrait au public de mieux comprendre ce qui se fait et ce qui reste à faire. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 11 Que le CRTC et le ministère du Patrimoine canadien élaborent ensemble un système d’information donnant accès à des données utiles et à jour sur la télévision et la radio communautaires. |
Dans un monde de
concentration et de propriété mixte des médias, l’importance de
Le Comité reconnaît cependant
que le mandat actuel de
Scott Stirling, président-directeur général de
De quel type de société s’agit-il? S’agit-il d’une société financée par les contribuables ou par les publicitaires? Il y a un conflit dans la prise de décisions. Si j’étais financé par ces deux sources, je devrais me demander sur quoi fonder mes décisions. Est-ce que je vais diffuser une émission commerciale pour tirer profit de la publicité ou vais-je plutôt diffuser une émission pour le bien du public? C’est un conflit qui tourne presque à la schizophrénie.
Étant donné la vitesse à
laquelle la diffusion évolue, il ne faut pas s’étonner que ce qui était
approprié pour
Un modèle axé sur la clarté des rôles, la cohérence à long terme et la reddition de comptes serait plus approprié, et s’appliquerait selon le mode suivant :
·
Deux ans avant le renouvellement de la licence, des audiences publiques
et une recherche seraient menées par un comité parlementaire ou une commission
indépendante mise sur pied par le gouvernement. L’objectif serait de rédiger un
rapport sur l’état du système de radiotélédiffusion et de formuler des
suggestions relatives au mandat de
·
· L’ensemble, mandat et budget, serait ensuite approuvé ou modifié par le Parlement.
· Les résultats de ce processus seraient ensuite présentés au CRTC au moment du renouvellement de la licence, mais le CRTC ne serait pas habilité à modifier le mandat approuvé par le Parlement.
Bien exécuté, un tel
processus aurait pour effet de donner une certaine clarté à l’exercice
d’établissement du mandat et des responsabilités des diverses parties
concernées. Il faudrait apporter au moins deux changements à la situation
actuelle. Premièrement, il faudrait un budget à long terme stable et
réaliste pour la durée de
Avec le temps, les
crédits budgétaires finiraient par atteindre un niveau qui permettrait à
Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 12 Que le gouvernement
établisse un système plus cohérent pour moduler le mandat de |
|
RECOMMANDATION 13 Que le CRTC ne soit
pas habilité à modifier le mandat de |
|
RECOMMANDATION 14 Que Une fois le mandat de
|
Il faudra plusieurs
années pour mettre ce système en application. En attendant, le Comité souligne
que
Dans un pays aussi vaste
et diversifié que le Canada,
Au moins deux domaines
nous viennent spontanément à l’esprit : les émissions de sport et la
diffusion de films à succès américains. Le Comité croit que
Le sport fait évidemment
partie de la culture canadienne. Les sports professionnels sont de plus en plus
diffusés par les chaînes spécialisées et cette tendance se maintiendra.
Celle-ci, très forte aux États-Unis, se manifeste également au Canada et elle a
déjà des incidences sur le service français de Radio-Canada, qui a perdu les
droits de diffusion des parties de
Le même raisonnement s’applique aux films.
Durant l’hiver 2004-2005, période au cours de laquelle les parties de
|
RECOMMANDATION 15 Que la télévision
de Radio-Canada s’efforce d’offrir une gamme de services qui ne fassent pas
inutilement double emploi avec ceux du secteur privé. |
Il ne faudrait pas
croire toutefois que le principe de complémentarité exige que
[I]l est impossible pour des
radiotélédiffuseurs privés de couvrir les actualités internationales. TQS ne
peut se permettre d’assurer cette couverture, mais
Le Comité sait que l’élimination de la couverture des sports professionnels et des films à succès américains nécessitera le remplacement d’une grande partie de la programmation, ce qui représente peut-être des centaines d’heures par année. Il est aussi conscient du fait que ces changements entraîneront la perte de recettes publicitaires traditionnellement générées par les sports et transférées aux autres secteurs de la programmation[37]. Par conséquent, la transition nécessitera de la planification, mais le Comité est convaincu qu’elle est nécessaire.
Les mesures suivantes s’imposent :
·
la direction de
· il faudra des alliances avec d’autres diffuseurs publics pour remplacer la programmation perdue.
À la suite de son étude,
le Comité est porté à conclure que le système de gouvernance de
Il serait possible d’améliorer le processus de
nomination au conseil d’administration de
|
RECOMMANDATION 16 Que le conseil
d’administration de |
|
RECOMMANDATION 17 Que les nominations
au conseil d’administration de |
Aucune nomination n’est plus importante que
celle du président de
|
RECOMMANDATION 18 Que le gouvernement
nomme le président de |
La bonne gestion et la
reddition de comptes nécessitent des budgets suffisants et stables.
La télévision de
· des services qui ne sont pas accessibles ailleurs;
· des services distinctifs de haute qualité pour ce qui est des émissions de nouvelles et d’information;
· des services dans toutes les régions du pays, notamment dans celles où il n’existe pas véritablement d’autres sources de nouvelles et d’émissions d’information.
Le Comité est convaincu qu’une amélioration
sérieuse s’impose pour que le radiodiffuseur public national ne perde pas sa
raison d’être. Les changements qu’il recommande exigeront une augmentation du
crédit parlementaire de
Dotée d’un financement stable à long terme et
d’un mandat approuvé,
|
RECOMMANDATION 19 Que |
On trouvera ci-après des recommandations portant sur des politiques fédérales qui ont des conséquences sur l’environment corporatif dans lequel opèrent les médias, sur le contexte juridique dans lequel opèrent les journalistes et sur l’offre de nouvelles et d’information en langue minoritaire. On cherche par là à moderniser des politiques fédérales bien établies dont beaucoup ne sont pas adaptées à l’évolution de la concurrence ou aux méthodes du XXIe siècle.
Deux sources d’aide fédérale directe, le Fonds du Canada pour les magazines (FCM) et le Programme d’aide aux publications (PAP), ont été mentionnées par les témoins qui ont comparu devant le Comité.
En 1960, 660 magazines étaient publiés au Canada et, au milieu des années 1990, environ 1 500. On dénombre actuellement plus de 2 300 titres, qui font de l’industrie du magazine une importante source de diversité dans le secteur des médias. Cette progression est le reflet de plusieurs facteurs : l’esprit d’entreprise et les obstacles relativement faibles à la création d’entreprises dans ce secteur, ainsi que l’appui du gouvernement à l’industrie, par la voie, par exemple, du Fonds du Canada pour les magazines.
Selon un témoin, la marge de profit moyenne de l’industrie des magazines se situe entre 6 et 8 p. 100, ce qui est peu par rapport aux autres branches du secteur des médias[38]. Cette faible marge rend les maisons d’édition vulnérables en cas de fléchissement du marché de la publicité ou de changements dans l’aide gouvernementale et devant la concurrence accrue d’entreprises de l’extérieur (presque exclusivement des États-Unis).
C’est le ministère du Patrimoine canadien qui supervise le Fonds du Canada pour les magazines. La création du Fonds, qui devait être doté de 150 millions de dollars sur trois ans, avait été annoncée en 1999, mais son budget a culminé à un peu plus de 30 millions de dollars en 2001-2002. Le gros de l’argent va à la création de contenu : les revues participantes déclarent les dépenses associées à la création de contenu et reçoivent des fonds en fonction de leur part relative des dépenses totales, sauf dans le cas des petites maisons d’édition, qui touchent proportionnellement plus d’argent que les grandes. La partie du Fonds qui n’est pas affectée au contenu va aux efforts d’amélioration du marketing et de la part de marché des magazines canadiens.
Un cadre de Magazines Canada a parlé des dépenses du Fonds du Canada pour les magazines :
Le Fonds canadien pour les magazines a souvent changé au cours de sa brève existence. Sur papier, il devait atteindre les 50 millions de dollars, ce qui ne s’est jamais réalisé. On est arrivé à près de 35 millions de dollars à un moment donné. Il s'agit maintenant d'un programme de 16 millions de dollars, dont dix millions sont affectés au programme de contenu rédactionnel. Le reste est affecté au développement et à l’infrastructure des petits magazines[39].
Le Canada dispose depuis plus d’un siècle de programmes de soutien de la production, de la distribution et de la promotion des livres, des revues et des journaux canadiens. Le Comité est conscient de la valeur de ces programmes, mais estime qu’il est urgent de les adapter à l’évolution de l’économie mondiale et à l’arrivée de nouvelles technologies.
Le Comité estime par ailleurs que la réglementation et les programmes courants favorisent trop largement les entreprises établies, avec comme conséquence involontaire et fâcheuse de nuire à l’apparition de nouvelles sources de nouvelles et d’information.
Il importe de trouver le juste milieu pour, d’une part, répondre aux besoins des entreprises existantes et des systèmes de diffusion classiques et, d’autre part, permettre l’arrivée sur le marché de nouvelles entreprises et l’adoption de méthodes novatrices. Une partie des budgets des programmes de soutien existants pourrait être réallouée afin de tenir compte des changements dans le secteur des nouvelles et de l’information. Le mieux serait d’instituer des mécanismes (directs et indirects) conçus pour encourager et soutenir l’implantation de nouvelles entreprises et favoriser l’innovation dans la collecte de nouvelles. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 20 Que le ministère du Patrimoine canadien ajoute au Fonds du Canada pour les magazines un volet conçu pour favoriser le lancement de nouveaux magazines et prendre en compte le contenu rédactionnel canadien diffusé par la voie de mécanismes comme Internet. |
Le Programme d’aide aux
publications, une subvention postale aux périodiques, existe, sous une forme ou
une autre, depuis
John Thomson de Magazines Canada a dit au Comité que cette subvention postale constituait l’une des politiques culturelles les plus efficaces du Canada. Comme il l’a expliqué :
Le Programme d’aide aux publications est axé sur le marché et contribue à créer une industrie plus forte et plus concurrentielle. Le programme est conçu de telle sorte qu’un éditeur doit avoir un contrat prépayé d’abonnement avec un lecteur avant de livrer le magazine. Les subventions sont versées seulement lorsque le revenu est garanti, ce qui signifie que chaque cent octroyé vise à rendre abordable un abonnement que les Canadiens ont d’abord choisi d’acheter avec leur propre argent. Du point de vue de l’économie et de la productivité, le Programme d’aide aux publications est très efficace et aide le secteur du magazine à pousser sa propre performance et à chercher à accroître les recettes issues de son tirage.
Il a toutefois signalé que le programme était en crise.
Le budget alloué pour ce programme s’est établi à 49 millions de dollars pendant bon nombre d’années. Il a été réduit à 45 millions de dollars cette année [2005]. Cette baisse a été reportée d’une année. Quoi qu’il en soit, nous avons appris le 2 septembre dernier, à la surprise générale de l’industrie, que les fonds affectés au programme étaient insuffisants même pour le présent exercice financier.
Par exemple, à Canadian Geographic, nous avons dû encaisser pour le second trimestre de l’année, à 60 jours d’avis, une augmentation de 35 p. 100 de nos coûts d’expédition. Au 1er avril prochain, cette hausse atteindra 52 p. 100 par rapport aux coûts de l’année précédente.
En 12 mois à peine, le coût d’envoi par la poste
de nos magazines aura ainsi augmenté de 52 p. 100 […] Pour la plupart
des magazines canadiens, c’est vraiment
M. Thomson a signalé que l’augmentation des frais de distribution représentait « plus que ce que nous dépensons pour tous les collaborateurs au magazine [le Canadian Geographic] — tous les pigistes rédacteurs, photographes, artistes et illustrateurs — en l’espace d’une année ». En outre, les courts préavis donnés lors des réductions de la subvention postale enlèvent toute prévisibilité à ce financement. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 21 Que le Programme d’aide aux publications soit doté d’un financement réaliste et stable. |
Selon des témoins, l’assouplissement de certaines conditions d’admissibilité à la subvention postale aiderait au démarrage de nouvelles publications. Actuellement, une publication doit avoir au moins une année financière à son actif et des abonnements payés représentant au moins la moitié de son tirage. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 22 Que le Programme d’aide aux publications soit modifié afin de mieux soutenir les publications à tirage restreint et celles qui sont en phase de lancement (en les rendant admissibles après quatre numéros ou quatre mois, par exemple, plutôt qu’au bout d’un an seulement). |
Bientôt, presque toutes les émissions de nouvelles et d’information seront offertes sous forme numérique, ce qui veut dire que les clients auront besoin d’un accès à large bande à des réseaux de communication numériques à haut débit.
La plupart des foyers canadiens ont accès à Internet, par câblodistribution, réseau téléphonique ou satellite. Pour les Canadiens qui habitent dans une grande ville, ou tout près, l’accès aux services à large bande ne constitue pas un problème. Par contre, cela se révèle difficile pour les Canadiens qui vivent dans les petites localités rurales ou éloignées.
Comme l’accès à un tel service deviendra absolument indispensable pour les citoyens qui veulent se tenir au fait de l’actualité ou avoir accès à une gamme de services, le gouvernement du Canada a financé une série de mesures destinées à donner aux régions rurales et éloignées accès aux services à large bande. Pour ce faire, deux types de mesures ont été mises en œuvre : une subvention visant les services de diffusion par satellite et l’installation d’équipement pour fournir les services à large bande sans fil aux localités.
Le 14 novembre 2005, le ministre des Finances de l’époque a annoncé que « [p]our permettre aux collectivités rurales, éloignées et autochtones de mieux se brancher sur les réseaux mondiaux, [le gouvernement du Canada investira] 100 millions de dollars en vue de développer les services à large bande »[40]. Le Comité estime que ces initiatives doivent se poursuivre de façon que toutes les collectivités du Canada puissent avoir accès aux services à large bande. En conséquence, le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 23 Que le gouvernement du Canada poursuive son programme d’appui afin de procurer aux petites localités éloignées l’accès aux services à large bande du réseau de télécommunication canadien dans les régions où le secteur privé n’offre pas de services. |
Le Comité a reçu de nombreux témoignages et mémoires contenant des suggestions sur l’utilisation du régime fiscal pour appuyer le secteur des médias canadiens.
Certains témoins ont
proposé d’encourager le mécénat à l’égard des médias. Une modification de la
définition de fondation de bienfaisance figurant dans
L’Agence du revenu du Canada impose certaines conditions aux fondations philanthropiques. De manière générale, l’organisation qui reçoit de l’aide des organismes de bienfaisance ne doit pas exploiter une entreprise à but lucratif. Si, comme l’ont suggéré plusieurs témoins, des périodiques indépendants qui n’arrivent pas à se rentabiliser acceptaient de devenir des organismes à but non lucratif, on devrait pouvoir élaborer des critères de manière à diriger des dons de bienfaisance vers eux, sans qu’il y ait intervention gouvernementale quant au contenu.
Selon le Comité, les fondations de bienfaisance pourraient constituer une importante source de financement à l’appui de la croissance et de la survie des médias d’information indépendants sans but lucratif. Elles pourraient aussi contribuer au financement de centres de recherche voués aux grandes questions associées au journalisme et aux médias d’information. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 24 Que les ministres des Finances et du Patrimoine canadien permettent le recours à des fondations de bienfaisance pour financer des médias canadiens indépendants sans but lucratif et des centres de recherche sur les médias. |
L’Agence du revenu du
Canada (ARC), sur l’avis du ministère du Patrimoine canadien, surveille le
respect des dispositions fiscales qui s’appliquent aux industries culturelles. L’article 19
de
L’ARC pourrait détecter
les infractions à cette disposition lors d’une vérification fiscale des
entreprises ayant demandé une déduction pour leurs frais de publicité dans un
journal canadien, mais pour ce faire elle devrait demander au journal concerné
de démontrer qu’il est bel et bien canadien au sens de
Le Comité note par exemple la croissance – une « explosion », selon un témoin – des publications en langue autre que le français et l’anglais, dont bon nombre ont des liens avec des médias étrangers. C’est bon pour la diversification des nouvelles et de l’information offertes à la population canadienne. Il reste qu’un certain nombre de publications comportent une bonne part de dépêches provenant de leurs affiliés étrangers. Par souci d’équité envers les publications qui sont effectivement conformes aux exigences de propriété canadienne, il faut trouver une meilleure façon de repérer celles qui ne satisfont peut-être pas aux exigences. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 25 Que l’ARC améliore la procédure servant à déterminer si un périodique est canadien. |
Le rédacteur en chef
d’un journal a fait valoir que l’application actuelle de
Le fait de proposer que
le transfert de propriété d’une entreprise au sein d’une famille bénéficie d’un
traitement particulier en vertu des dispositions sur les gains en capital de
Au cours des dernières décennies, la majorité des journaux indépendants ont dû fermer ou ont été rachetés par des groupes. L’édiction de règles spéciales sur les transferts de propriété de journaux au sein d’une famille pourrait contribuer à assurer la survie des journaux qui restent et, par voie de conséquence, à préserver la diversité des nouvelles et de l’information. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 26 Que le ministre des Finances diffère le paiement de l’impôt sur les gains en capital afférents au transfert, d’une génération à l’autre, d’une entreprise familiale de journaux. |
Dans une société où la presse est vraiment libre, les faits gênants, que ce soit pour le gouvernement, pour l’industrie ou pour les personnages influents, ne peuvent être ignorés. Le droit à l’information du citoyen est cependant subordonné, pour des raisons évidentes, aux impératifs de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale.
Plusieurs témoins ont soutenu que le
système actuel ne reflète pas la société ouverte que le Canada est censé être.
Dans deux importants cas survenus récemment, le système a semblé s’opposer aux
journalistes, rendant le journalisme d’enquête moins efficace. Dans un cas, un
journaliste du Hamilton Spectator, Ken Peters, a été trouvé coupable
d’outrage au tribunal pour avoir refusé de divulguer une source; dans l’autre,
des agents de
Il existe une longue tradition selon
laquelle les journalistes protègent leurs sources, refusent de dévoiler leur
nom ou les conditions dans lesquelles ils ont obtenu certaines informations.
Cette tradition offre aux sources la protection de l’anonymat, ce qui, de façon
générale, contribue à la diffusion de l’information. Or, en dépit des usages
courants et de la tradition, ni
Le cas de M. Peters a ranimé le débat sur l’adoption de mesures législatives permettant aux journalistes de protéger leurs sources. Le problème, c’est qu’il faudrait définir le terme journaliste et décider qui est un journaliste, une tâche dont on estime en général qu’elle ne revient pas au gouvernement. Une solution de rechange consisterait à faire appel non pas à une loi mais aux tribunaux pour protéger les journalistes au cas par cas.
Dans le cas de Juliet
O’Neill,
Un journaliste accusé en vertu de l’article 4 ne peut pas affirmer qu’il était dans l’intérêt public qu’il possède ou divulgue l’information en question[42]. Cependant, d’autres dispositions, comme les articles 13 et 14, qui traitent des infractions pour communication non autorisée de renseignements opérationnels spéciaux par une « personne astreinte au secret à perpétuité », offrent la possibilité de se défendre en invoquant l’intérêt public. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 27 Que |
Il serait par ailleurs utile de prévoir aussi une responsabilité ministérielle accrue dans la délivrance des mandats de perquisition. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 28 Que les demandes de mandat de perquisition pour la saisie de notes et autres documents appartenant à des journalistes présentées à un juge relèvent d’un niveau de responsabilité supérieur et soient signées personnellement par un ministre. |
Dans une démocratie, les
citoyens ont besoin de voir comment le gouvernement fonctionne pour le juger et
faire des choix éclairés lors des élections. Assurer la transparence est l’une
des principales raisons d’être de
Plusieurs témoins ont
affirmé que l’application actuelle de
Les frais associés aux
demandes d’information suscitent énormément de critiques. Une femme qui
comparaissait devant le Comité sénatorial spécial sur
Le gouvernement fédéral
précédent avait promis de déposer un projet de loi pour améliorer
De l’avis du Comité, toute
amélioration de
|
RECOMMANDATION 29 que le système d’accès à l’information soit : a) simplifié dans un souci de transparence et d’accessibilité; b) élargi pour inclure les sociétés d’État; c) et surveillé afin que les coûts des recherches soient raisonnables et que celles-ci soient menées avec une diligence raisonnable. |
L’étude de l’ACJ sur
l’accès à l’information a également suscité des demandes d’adoption d’une loi
qui protégerait contre les représailles les fonctionnaires qui dévoilent des
actes répréhensibles ou des abus financiers commis au gouvernement. Le
Parlement a adopté un projet de loi en ce sens en 2005 et proposé de nouvelles
modifications en la matière dans
Les ministères ont des réserves, car
la divulgation de tous les renseignements concernant un ministère – une
éventualité qui n’est pas envisagée dans la loi de 2005 – pourrait nuire à
l’élaboration des politiques. Le Comité pense cependant qu’il est possible de
répondre à ces préoccupations. Il estime plus important de voir à ce que les
fonctionnaires comprennent la protection que leur confère
|
RECOMMANDATION 30 Que tous les ministères et organismes publics fédéraux veillent à ce que leurs employés soient mis au courant de l’existence et du contenu de toute mesure législative concernant les dénonciateurs. |
Les pigistes ont toujours joué un rôle important dans le secteur des nouvelles. Ils couvrent des sujets ou des régions auxquels les médias n’ont pas les moyens d’affecter un employé à temps plein. Lors des audiences, plusieurs témoins ont abordé la question des contrats de droits universels que certains journaux imposent à leurs pigistes. Ces contrats exigent que les pigistes cèdent à jamais tous leurs droits vis-à-vis de leurs textes, ce qui n’est pas sans conséquence sur leurs finances. En effet, un pigiste pouvait autrefois revendre le même article à des clients différents et gagner sa vie même si les droits de première utilisation de l’article étaient modestes. Depuis l’arrivée des grands groupes médiatiques qui exigent des droits universels exclusifs à l’égard des articles des pigistes, le travail de ces derniers est devenu beaucoup moins rémunérateur.
Des témoins ont signalé par ailleurs que certains contrats exigent que le pigiste renonce à ses droits moraux, ce qui permet au propriétaire d’entreprise médiatique non seulement de réutiliser le texte original mais aussi de l’abréger ou de le modifier à son gré.
Il a été proposé au
Comité de modifier
Au fil du temps, la législation sur
le droit d’auteur est devenue extrêmement compliquée, en partie en raison des
changements technologiques. Les pigistes soutiennent qu’on ne devrait pas les
contraindre à renoncer à leurs droits de réutilisation de leurs œuvres et à
leurs droits moraux vis-a-vis de celles-ci. D’autres témoins, notamment des
représentants de propriétaires de journaux, ont fait valoir que le contrat
universel est pratique courante dans certains domaines comme le divertissement,
tandis que d’autres estiment que les contrats des pigistes devraient être
établis comme tous les contrats, par
|
RECOMMANDATION 31 Que le Bureau de la concurrence examine les contrats universels conclus avec les journalistes pigistes pour déterminer s’ils comportent un abus de pouvoir par une des parties au contrat. |
|
RECOMMANDATION 32 Que le ministre du Patrimoine
canadien détermine si les dispositions des contrats universels portent
atteinte aux droits des auteurs et, le cas échéant, qu’il envisage d’apporter
des modifications à |
La diversité dans les médias est importante pour que les citoyens se voient représentés de manière juste et équitable. Les médias grand public produisent les nouvelles et l’information dans une des deux langues officielles. Dans le cas des autres minorités, la diversité provient notamment des médias ethniques, mais la plupart des publications de la presse ethnique sont de petite taille et disposent de sources de revenus limitées.
Les témoins ont fait valoir que les minorités de langue officielle ne sont pas toujours bien servies par les médias grand public et que les publications en langue officielle minoritaire et celles des médias ethniques n’obtiennent pas toujours leur juste part de la publicité gouvernementale.
Pour que les groupes de
langue officielle minoritaire survivent et prospèrent dans notre pays, il
importe que les personnes qui parlent l’une ou l’autre des langues officielles
aient accès aux nouvelles dans la langue officielle de leur choix, quel que
soit l’endroit où elles habitent au Canada. Cette possibilité est appuyée par
la politique sur les langues officielles du Canada, qui se prolonge dans les
lois canadiennes. Pour mentionner une loi importante dans le contexte du
présent rapport,
Comme l’ont souligné plusieurs témoins, le CRTC dispose de plusieurs moyens pour promouvoir le concept plus utile de diversité linguistique. Certains proposent d’accorder plus de licences à des stations de radio communautaires qui visent directement les minorités de langue officielle[47]. Cette idée mérite d’être retenue, mais les ressources de ces stations sont presque toujours limitées. Les témoins ont également proposé que le CRTC assure la diffusion d’un plus grand nombre d’émissions dans les deux langues officielles.
La technologie numérique a accru la capacité des systèmes de distribution par câble et par satellite. Ces systèmes peuvent maintenant accueillir des centaines de chaînes, et il est donc possible d’offrir des chaînes à l’intention des groupes minoritaires de langue officielle. Le Comité sait que certains petits systèmes de distribution ne peuvent pas offrir un éventail complet de services, mais c’est une question de temps, pas un obstacle insurmontable. Une fois la technologie en place, il deviendra possible d’augmenter les émissions en langue officielle minoritaire. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 33 Que, dans la mesure où la technologie le permet, le CRTC exige que les exploitants de systèmes de distribution par câble et par satellite augmentent le nombre d’émissions destinées aux minorités de langue officielle et qu’il donne aux petits systèmes de distribution le temps de se conformer à cette exigence. |
En outre, le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 34 Que, dans la mesure où la technologie le permet, le CRTC encourage la distribution nationale des programmes des télévisions éducatives provinciales de langue anglaise et de langue française. |
Des représentants des médias de langue officielle minoritaire soutiennent que le gouvernement devrait veiller à ce qu’ils obtiennent une juste part de la publicité gouvernementale allant aux journaux et autres périodiques. Cette question est abordée dans la section suivante.
L’article 11 de
Le Commissariat aux langues officielles signale que, bon an mal an, 15 p. 100 des plaintes reçues concernent l’omission d’utiliser la presse de langue minoritaire. Il a formulé 18 recommandations à cet égard en 2002, dont 17 visaient quatre ministères. En 2005, cinq seulement des 18 recommandations avaient été entièrement mises en œuvre[49].
La loi doit être respectée, et les procédures d’appel en cas de non-conformité par les ministères fédéraux simplifiées. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 35 Que l’on ordonne à tous les ministères fédéraux de se conformer à la loi en ce qui concerne la publicité dans les deux langues officielles. |
|
RECOMMANDATION 36 Que le Conseil du Trésor veille à ce que le processus de traitement des plaintes concernant la publicité gouvernementale dans les deux langues officielles soit simplifié. |
Les représentants des médias ethniques ont réclamé une plus grande part de la publicité gouvernementale. Le gouvernement fédéral a tenté d’expliquer les critères d’attribution de son budget de publicité, mais il y semble y avoir un décalage entre la politique énoncée et les pratiques suivies dans la réalité.
La publicité gouvernementale devrait atteindre l’auditoire visé. Un témoin de Vancouver a fait remarquer que les annonces du registre des armes à feu avaient paru dans les quotidiens des grandes villes, plutôt que dans les journaux des localités rurales dont les lecteurs sont plus susceptibles de posséder une arme à feu[50]. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 37 Que le gouvernement modifie son système de publicité dans les médias de manière : a) que les critères d’attribution de la publicité soient transparents; b) et que les critères d’attribution de la publicité aux médias ethniques soient expliqués à ceux-ci. Les ministères traitant avec les collectivités ethniques devraient vérifier s’il serait plus efficace de faire davantage appel à la presse ethnique pour atteindre l’auditoire qu’ils visent. |
Le Canada a la chance d’avoir des journaux solides et un système de radiodiffusion robuste. Presque tous les médias privés (journaux et radiodiffusion) font des profits, ce qui contribue à préserver l’indépendance des médias.
Selon le Comité, le secteur des médias serait encore plus solide si l’on portait attention à quatre éléments sur lesquels le gouvernement fédéral n’a pas compétence ou très peu.
De nos jours, entre le
tiers et la moitié du contenu rédactionnel des journaux canadiens provient d'agences
de presse, aussi appelées services de dépêches ou agences d'information.
Le Comité estime qu’une des façons de favoriser la diversité dans les sources de nouvelles consiste à voir à ce que le Canada dispose d’agences de presse rentables et efficaces, car elles permettent d’offrir aux lecteurs des journaux locaux de toute taille des informations provenant des autres journaux membres des quatre coins du pays. Même les grands quotidiens comme le Toronto Star et le Globe and Mail ont dit au Comité qu’ils ne pouvaient pas à eux seuls couvrir toute l’actualité.
Par exemple,
Le Comité craint pour la
viabilité financière de
Si
Les organes de presse ont établi différentes pratiques journalistiques équivalant à des formes d’autoréglementation. Par exemple, ils publient (ou, plus rarement, diffusent) des correctifs quand des erreurs se sont glissées dans le compte rendu de la nouvelle. Les journaux publient aussi des lettres à la rédaction, dont bon nombre portent sur des erreurs de fait ou contestent l’interprétation d’une nouvelle.
Ces pratiques incitent les organes de presse à viser une parfaite exactitude. Un journal ou un radiodiffuseur qui acquiert la réputation de mal faire son travail risque de perdre des lecteurs ou des auditeurs, qui se tourneront vers des sources plus fiables. Il reste que l’on se plaint du manque d’efficacité de ces pratiques. Des recherches effectuées pour le compte du Comité montrent que les gens ont largement l’impression que les journalistes répugnent à admettre leurs erreurs et sont lents à le faire[52]. En partie pour contrer cette perception, les médias d’information ont élaboré de nouveaux mécanismes d’autoréglementation : le médiateur (ombudsman), les conseils de presse, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision et les énoncés de principes.
Bien que l'idée d'un médiateur (ombudsman ou journaliste-arbitre) ne date pas d’hier et qu’un tel mécanisme existe dans d’autres pays, le Canada n’a qu’un « public editor » (au Toronto Star) et deux « ombudsmans » (à CBC/Radio-Canada). En principe, le médiateur, journaliste chevronné, est chargé de recevoir les plaintes du public contre les pratiques d'un journal ou d'un journaliste. Il examine les plaintes et rédige un commentaire à cet effet qui est ensuite publié dans une page importante du journal. Les observations des ombudsmans de Radio-Canada sont rarement diffusées, mais ceux-ci répondent aux plaintes de l’auditoire et, en collaboration avec le personnel des salles de presse, rédigent des normes de conduite.
Comme l’embauche d’un médiateur à
temps plein représente une dépense considérable, beaucoup de journaux estiment
qu’il est plus avantageux pour eux d’avoir un journaliste supplémentaire. Beaucoup
de petits journaux ont si peu de journalistes qu'ils considèrent qu’un
médiateur serait un fardeau indue. Il pourrait cependant être possible de
grouper les ressources d’une entreprise médiatique dans une région donnée de
manière qu’un médiateur serve plusieurs de ses journaux à
|
PROPOSITION 1 Que les journaux s’efforcent de créer des postes de médiateur (ombudsman). |
Les conseils de presse sont des organisations bénévoles instituées par les journaux pour entendre les plaintes du public[53]. Ils peuvent grandement contribuer à la pratique du journalisme. En outre, comme le conseil n’est affilié à aucun journal en particulier, les plaignants ont plus de chances d’avoir le sentiment que leur plainte a été jugée avec impartialité, particulièrement quand le conseil compte des représentants du public.
Par contre, on reproche fréquemment aux conseils de presse d’être trop peu connus, de réagir aux plaintes au lieu d’intervenir de leur propre initiative et de manquer de financement. De plus, leurs procédures et leurs usages varient, et ils ne comptent pas toujours dans leurs rangs des journalistes en activité. Enfin, les conseils de presse ne s’occupent que des journaux.
La plupart des provinces ont un
conseil de presse, mais il n’y en a pas dans les Territoires ni en
Saskatchewan. Il existe un conseil de presse de l’Atlantique, mais il est inactif
depuis quelques années. Il reste que le Comité est d’accord avec Stephen Ward
de l’École de journalisme de l’Université de
|
PROPOSITION 2 Nous souscrivons fortement à la création et au soutien continu des conseils de presse et de médias au Canada. S’il est exclu à notre avis de créer un conseil de presse national, nous proposons que les membres de la presse et des autres organes concernés cherchent à créer un conseil de presse en Saskatchewan et à ranimer le conseil de presse de l’Atlantique.
|
|
PROPOSITION 3 Nous proposons que les membres de la presse et des autres organes concernés s’emploient à renforcer et à améliorer le travail des conseils de presse et de médias existants. Ces conseils devraient compter des journalistes d’expérience. |
De nombreux organes d’information se sont donné un énoncé de principes ou sont en voie de le faire. Ces énoncés se démarquent des guides de style et de pratique journalistique dans la mesure où ils portent sur les grands principes de l’organisation quant aux responsabilités de ses journalistes. Certains de ces énoncés précisent que l’organe d’information couvrira les affaires de ses propriétaires de la même manière qu’il couvrirait celles de n’importe quelle autre organisation. Certaines organisations affirment cependant que l’on aboutit au même message dans un énoncé de principes où l’on se contente de dire que la nouvelle sera couverte « sans distinction de personnes ». Brunswick News, qui a rendu public son nouvel énoncé de principes quand il a témoigné devant le Comité, a opté pour cette solution. Dans l’ensemble, il semble probable que des assurances explicites signaleraient de manière plus claire aux journalistes et au public que la couverture des nouvelles ne sera pas biaisée par les intérêts des propriétaires[55].
Les organes d’information du Canada ne se sont pas tous donné un énoncé de principes. Parmi ceux qui en ont un, certains l’ont rendu public, par exemple en l’affichant sur un site Web. D’autres cependant ne le communiquent qu’à leurs cadres supérieurs. Le Comité propose :
|
PROPOSITION 4 Que les organes d’information qui ne l’ont pas encore fait se donnent un énoncé de principes déclarant explicitement que les intérêts des propriétaires seront traités comme n’importe quelle autre nouvelle. Nous proposons en outre que l’énoncé de principes soit publié et largement diffusé dans l’organisation, et en particulier auprès de ses journalistes. |
Comme on le note à
Le CCNR est un organisme établi par les radiodiffuseurs et télédiffuseurs canadiens qui examine les plaintes portées contre eux au sujet de leurs pratiques ou de la couverture d’une question dans une émission donnée. C’est le CRTC qui s’occupait autrefois de ces plaintes. Ainsi, le CCNR a établi des codes sur le contenu des émissions pour adultes ou sur le contenu considéré comme offensant. Il est aussi en train d’élaborer, en collaboration avec les diffuseurs, un code sur la propriété croisée. Ces codes reflètent les conditions imposées par le CRTC lors de l’octroi des licences de radiodiffusion. Le Comité fait la suggestion suivante au CCNR :
|
PROPOSITION 5 Que le Conseil canadien des normes de la radiotélévision rende transparent son mécanisme de règlement des plaintes et qu’il affecte à la procédure d’examen des personnes ayant travaillé contre rémunération en journalisme. |
Plusieurs mesures, tant au niveau de la formation des journalistes qu’au niveau des possibilités d’éducation continue qui s’offrent à eux, permettraient d’améliorer la qualité des nouvelles et de l’information diffusées au Canada.
Le rapport Davey de 1970
disait des salles de rédaction qu’elles ressemblaient à des « cimetières
de rêves… »[56]. Onze
ans plus tard,
Une des façons de réduire les risques d’épuisement professionnel des journalistes consisterait à intégrer à leur carrière des possibilités de perfectionnement intéressantes. Comme les universités le savent depuis longtemps, le congé sabbatique fait en sorte que l’esprit créatif demeure alerte et motivé. Sous toutes leurs formes, les occasions de formation contribuent à la qualité du journalisme au Canada dans la mesure où elles permettent aux journalistes de se tenir à jour.
Les employeurs ont tout
intérêt à ce que les journalistes produisent des articles et des analyses de
haute qualité, car un meilleur produit a plus de chances d’attirer et de
retenir l’auditoire. Ainsi, la plupart des entreprises médiatiques ont un
programme de formation. Il peut s’agir d’un programme en bonne et due forme où,
par exemple, on embauche des spécialistes pour former les employés (par
exemple, sur la manière d’utiliser un nouveau logiciel) ou on envoie des
employés suivre des cours au collège ou à l’université. Cela peut aussi
consister plus simplement à faire encadrer un nouveau journaliste par un journaliste
chevronné. Beaucoup d’entreprises médiatiques, en particulier les grands
quotidiens, ont des programmes de stage qui permettent aux étudiants d’acquérir
de l’expérience dans une salle de rédaction. Certaines offrent à leurs
journalistes la possibilité de parfaire leurs études. Par ailleurs, des bourses
sont offertes aux journalistes du Canada par la Fondation Atkinson[58],
la Fondation pour le journalisme canadien[59]
et
Un témoin[61] a proposé que les ministères fédéraux prélèvent sur leurs budgets de communication de quoi offrir des bourses ou des stages à des journalistes en cours de carrière. Le Comité s’est renseigné et a constaté que seuls de rares ministères offrent ce genre de possibilité de perfectionnement. Le volet Journalisme et développement de l’Agence canadienne de développement international ressemble le plus à ce que le témoin proposait. Les journalistes ayant plus de trois ans d’expérience dans un organe de presse canadien sont admissibles.
Le Comité estime important d’établir des programmes plus généraux de manière à ce que tous les journalistes bénéficient de possibilités de perfectionnement en cours de carrière. Le Comité propose :
|
PROPOSITION 6 Que les organisations médiatiques offrent aux journalistes des possibilités de perfectionnement en cours de carrière plus nombreuses et plus régulières. |
Le Comité recommande également :
|
RECOMMANDATION 38 Que les ministères et organismes publics fédéraux envisagent de constituer des partenariats sans lien de dépendance avec des associations sans but lucratif ou des associations professionnelles de journalistes reconnues en vue d’accorder des bourses à des journalistes établis choisis par leurs pairs ou par des tiers indépendants. |
Les grandes entreprises font des dons considérables aux écoles de journalisme et leur apport finance des chaires et des bourses universitaires. Certains dons sont purement philanthropiques, tandis que d’autres sont des mesures compensatoires exigées par le CRTC comme condition de licence à la suite d’un transfert de propriété.
L’École de journalisme de
l’Université de
|
PROPOSITION 7 Que les grandes entreprises médiatiques maintiennent, voire augmentent, leur soutien aux écoles de journalisme du Canada. |
Le Comité est conscient du fait que le gouvernement doit agir avec prudence en la matière pour éviter d’influencer les médias ou de donner l’impression qu’il cherche à le faire. Le gouvernement fédéral pourrait cependant organiser son action par la voie de partenariats sans lien de dépendance. On pense à la bourse ACJ-ACDI et à la bourse Fondation Jack Webster–ACDI.
Il y a périodiquement des enquêtes et des études sur les médias canadiens. Certaines sont réalisées dans les écoles de journalisme ou les départements des communications des universités, tandis que d’autres émanent de groupes de travail ou de comités parlementaires fédéraux. Le Comité estime qu’elles ne remplacent pas un centre de recherche permanent voué à l’étude des médias canadiens qui produirait des rapports réguliers.
Plusieurs témoins ont évoqué le modèle des centres de recherche des États-Unis, comme le Pew Center et le Poynter Institute. D’autres centres de recherche américains sont associés à des universités. Le Project for Excellence in Journalism, par exemple, est un institut associé à l’école de journalisme de l’Université Columbia. On lui doit la publication du rapport annuel sur le journalisme américain, The State of the News Media.Pour financer un tel centre, on pourrait recourir aux mesures compensatoires requises par le CRTC au moment de la fusion d’entreprises médiatiques, à des allégements fiscaux et à des dons d’entreprises médiatiques du secteur privé. Le Comité propose :
|
PROPOSITION 8 Que le Canada crée son propre centre de recherche indépendant sur les médias. |
On pourrait envisager aussi la création d’un réseau de centres d’excellence. Le gouvernement fédéral finance des réseaux de centres d’excellence en médecine, en génie et en sciences sociales. On ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas instituer un réseau analogue pour financer la recherche sur les médias au Canada, en bâtissant sur les acquis admirables des universités du pays[62]. Le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 39 Que soit créé un réseau de centres d’excellence qui feraient de la recherche sur le journalisme et l’état des médias au Canada. |
Les centres d’excellence pourraient financer le travail de chercheurs universitaires avec le soutien de partenaires du secteur privé, en collaboration avec le Conseil de recherches en sciences humaines.
Le gouvernement fédéral pourrait avoir un autre apport salutaire. Comme on l’a dit, un certain nombre de programmes publics appuient, directement ou indirectement, le travail des journalistes ou contribuent à la viabilité d’éléments importants du système canadien de diffusion des nouvelles et de l’information. Cependant, l’évaluation et l’examen de ces règlements et programmes ne sont pas réalisés en temps opportun. En conséquence, le Comité recommande :
|
RECOMMANDATION 40 Que le gouvernement du Canada enjoigne à ses ministères et organismes de mener, en temps opportun, des évaluations et examens des mesures législatives et des programmes qui influent sur la santé et la vitalité du système de diffusion des nouvelles et de l’information du Canada. Ces études devront être menées de manière ouverte et transparente et leurs résultats publiés. |
Bien que l’éducation relève de la compétence des provinces, certains témoins ont pressé le gouvernement fédéral de trouver un moyen de soutenir l’initiation aux médias. Les nouvelles et l’information sont le plus utiles quand les consommateurs – c’est-à-dire les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs – sont en mesure de distinguer un travail journalistique de qualité d’un travail médiocre et sont conscients du rôle de l’information dans une démocratie qui fonctionne bien. Le Comité propose :
|
PROPOSITION 9 Que les écoles secondaires offrent des cours d’initiation aux médias. |
Plusieurs porte-parole des minorités raciales et ethniques ont fait part au Comité de leurs préoccupations quant à la manière dont ces minorités sont représentées dans les médias grand public et à leur place dans les salles de rédaction.
M. John Miller, professeur à l’école de journalisme de l’Université Ryerson, a étudié la situation des minorités dans 96 journaux grand public et parlé de certaines de ses observations au Comité. Il a notamment constaté que 59 p. 100 environ des journaux qui ont répondu à son sondage ont un personnel entièrement composé de personnes de race blanche[63]. Les journalistes autochtones étaient les moins bien représentés. Sur les 2 000 employés de journaux pris en compte dans l’enquête, un seul était autochtone.
Il y a eu des progrès
depuis
La question toutefois est de savoir si on les incorpore vraiment [les journalistes de groupe minoritaire], si on les encadre et si on les laisse se former et se perfectionner. Je ne suis pas sûr. Je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'ils ne reçoivent pas la même attention, mais c'est difficile quand l'organe d'information est [en mode réduction] et se retrouve avec trop peu de temps ou de personnel pour encadrer les nouveaux venus.
Il est avantageux pour l’ensemble de la population que les médias grand public emploient de plus en plus de membres des minorités. Cela contribue à la diversité des vues exprimées et unifie les collectivités en faisant des groupes minoritaires des éléments à part entière de la société canadienne. Le Comité propose :
|
PROPOSITION 10 Que les organes d’information s’efforcent, dans leurs décisions d’embauche, de refléter les caractéristiques démographiques de l’ensemble de la société. |
Le Comité a beaucoup appris sur l’état actuel des médias d’information canadiens. Si la situation est excellente à de nombreux égards, certains constats sont en revanche extrêmement préoccupants.
Dans l’ensemble, les Canadiens sont bien servis par leurs organes de presse. Il y a cependant des endroits où la concentration de la propriété atteint des niveaux que peu de pays considéreraient comme tolérables. Il y a aussi des régions qui sont mal servies, que ce soit par le secteur privé ou par le radiodiffuseur public national.
Les nouvelles technologies de communication ont profondément transformé la manière dont les Canadiens produisent et consomment les nouvelles et l’information, et cette mutation se poursuit. Cela dit, le Comité est convaincu que les organes de presse établis de longue date continueront de jouer un rôle de premier plan pendant encore bien des années.
La situation serait
moins inquiétante si le Canada avait un radiodiffuseur public plus fort dont la
mission essentielle consisterait à acheminer les nouvelles et l’information à
tous les citoyens. Malheureusement, des contraintes budgétaires constantes et
l’abandon malavisé d’émissions de nouvelles locales et régionales ont amené
S’il existe des règlements et programmes qui empêchent des intérêts étrangers de se rendre propriétaires de médias canadiens, rien n’empêche la concentration de la propriété d’entreprises médiatiques dans des régions données, voire dans l’ensemble du pays. Le Comité a observé que les autorités n’ont pas su exploiter les mécanismes dont elles disposent pour limiter la concentration dans les médias.
La situation actuelle, avec ses avantages et ses inconvénients, est l’aboutissement de nombreuses années de labeur : celui des entrepreneurs qui ont bâti des organes de presse forts et profitables et celui des autorités qui s’efforcent de composer avec des problèmes complexes qui se prêtent mal à des solutions toutes faites.
Après plus de trois ans et demi d’étude, le Comité a une bonne idée des modifications à apporter à la politique fédérale pour protéger et renforcer les organes de presse canadiens. La mise en œuvre des mesures qu’il envisage n’exige en rien de s’immiscer dans la politique rédactionnelle ou les rouages des organes d’information. Les questions de contenu, les Canadiens les régleront eux-mêmes par la voie de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, sous réserve des contraintes normales comme celles relatives au libelle ou à la propagande haineuse.
Le Comité est arrivé à plusieurs conclusions importantes. Les nouvelles et l’information et les débats d’opinion sont des éléments essentiels au bon fonctionnement de la démocratie dans une société moderne complexe. L’important, ce n’est pas que tout le monde soit du même avis, mais que les citoyens aient accès à des nouvelles et à de l’information de sources variées pour participer en toute connaissance de cause aux grands débats de société. Les journaux et les diffuseurs jouent à cet égard un rôle crucial depuis une centaine d’années.
Comme on l’a indiqué à plusieurs reprises, qui dit presse libre, dit grande variété de sources de nouvelles et d’opinions, variété qui ne peut être garantie qui s’il y a un nombre suffisamment grand de propriétaires différents. Le pays sera mal servi si un, deux ou trois groupes de presse seulement contrôlent le gros des entreprises médiatiques dans des marchés donnés ou dans l’ensemble du pays.
Autrement dit, il est dans l’intérêt public que les entreprises médiatiques appartiennent à plusieurs propriétaires différents. Il est aussi dans l’intérêt public qu’un radiodiffuseur public national agisse en complémentarité du secteur privé.
Le Canada n’a malheureusement pas de tribune publique où examiner l’intérêt public dans le contexte des projets de fusion d’entreprises médiatiques. Le Bureau de la concurrence et le CRTC ne peuvent pas jouer ce rôle. En fait, comme nous l’affirmons dans le présent rapport, les lois habilitantes de ces deux organisations et la manière dont celles-ci interprètent leur mandat empêche toute discussion de l’intérêt public dans les fusions d’organes de presse.
Le Canada est le seul de
tous les pays développés à ne pas avoir de tribune de ce genre. Le Royaume-Uni,
Pour ce qui est du rôle
et des attributions du radiodiffuseur public national du Canada, on n’a pas
suffisamment tenu compte de la mission de
Dans certains marchés et dans certaines régions, on observe une concentration élevée de la propriété des médias, quand ce n’est pas carrément la domination d’un groupe. Ces situations présentent des problèmes particuliers. Une concentration excessive et la domination d’un marché par un groupe suscitent la méfiance envers les institutions mêmes dont les Canadiens dépendent pour obtenir des nouvelles et de l’information.
Le Comité s’est intéressé à ce que l’on pourrait appeler l’architecture du système. Le gouvernement peut, sans s’immiscer dans les questions de contenu, encourager la mise en place d’un climat favorable à la production de nouvelles et d’information de qualité présentées de points de vue très différents.
Les
40 recommandations du Comité partent du principe que plus il y a de
propriétaires d’organes de presse, mieux c’est. Le Comité estime essentiel de
modifier
Le présent rapport contient aussi 10 propositions qui touchent des questions qui ne relèvent pas vraiment des autorités fédérales, mais qui complètent les recommandations du Comité au gouvernement fédéral. Ces propositions pourraient grandement contribuer à améliorer l’offre et la qualité des nouvelles mises à la disposition du public canadien.
Il n’y a pas de démocratie sans participation des citoyens, et celle-ci n’a de valeur que si les citoyens ont accès à des nouvelles, de l’information, des analyses et des opinions. Le gros du présent rapport porte sur les facteurs cruciaux pour l’exercice des responsabilités civiques. Des organes d’information sains et vigoureux sont tout aussi importants pour l’intérêt public que les droits et libertés des citoyens. Il est temps de prendre conscience de cet aspect de l’intérêt public et d’instituer au Canada des mécanismes analogues à ceux que l’on retrouve dans les autres démocraties développées.
Le Comité a reçu du Sénat l’autorisation de procéder à la présente étude le 19 mars 2003 durant la seconde session de la trente-septième législature et a tenu sa première audience le mardi 29 avril 2003. Les audiences se sont poursuivies ensuite, avec une interruption due à la prorogation du Parlement, jusqu’au dépôt du Rapport intérimaire sur les médias canadiens d’information le 1er avril 2004. À ce moment-là, le Comité avait entendu 68 témoins.
Depuis le dépôt du Rapport
intérimaire, le Comité a entendu 236 témoins de plus. En particulier,
durant la première session de la trente-huitième législature, il a tenu une
série d’audiences pancanadiennes à Vancouver, Calgary, Regina, Winnipeg,
Toronto, Montréal, St. John’s, Moncton et Halifax. Il s’est aussi rendu à
Washington, en mars 2005, pour y mener une mission d’information durant
laquelle il a rencontré diverses personnes, notamment des porte-parole de
Dans le cadre de son étude, le Comité a commandé un certain nombre de travaux : (i) un examen du CRTC par M. Richard Schultz; (ii) un sondage sur l’utilisation des médias par les Canadiens et sur l’opinion qu’ils en ont; (iii) une brève analyse du contenu de certains journaux communautaires; (iv) une étude du centre des enquêtes de l’Université Carleton sur l’évolution du contenu de quatre quotidiens canadiens sur une période de dix ans; et (v) une analyse du Centre d’études sur les médias de la propriété mixte des sources d’information sur les marchés de langue anglaise et de langue française de Montréal et sur le marché de Vancouver. Le Comité a bénéficié par ailleurs de la contribution de nombreux Canadiens sous la forme de mémoires et a réuni une grande quantité de documentation.
On trouvera ci-dessous la liste complète des 304 témoins entendus par le Comité et les noms des personnes qu’il a rencontrées en mission d’information. Suit une liste sélective des mémoires et documents reçus dans le cadre des travaux du Comité.
TÉMOINS
Deuxième session, trente-septième législature
Le mardi 29 avril 2003
À titre personnel
Tom Kent, boursier, École des études politiques, Université Queen’s
Mark Starowicz, chef de production, CBC CineNorth
Le jeudi 1er mai 2003
À titre personnel
Patrick Watson, ancien président de
Russell Mills, boursier Neiman, Université Harvard
Gerald Caplan, ancien coprésident du Groupe de travail sur la politique de la radiodiffusion
Florian Sauvageau, directeur, Centre d'études sur les médias, Université Laval, et ancien coprésident du Groupe de travail sur la politique de la radiodiffusion
Le mardi 6 mai 2003
À titre personnel
Christopher Dornan, directeur, École de journalisme et de communication, Université Carleton
Denise Bombardier, journaliste et auteure
Le jeudi 8 mai 2003
À titre personnel
Marc-François Bernier, professeur, Département de communication, Université d'Ottawa
Gaëtan Tremblay, professeur, Département des communications, et codirecteur du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la communication, l'information et la société, Université du Québec à Montréal
Le mardi 13 mai 2003
À titre personnel
Vince Carlin, directeur et professeur agrégé, École de journalisme, Université Ryerson
Carolyn Newman, productrice indépendante
Charly Smith, productrice indépendante
Le jeudi 15 mai 2003
À titre personnel
Roger D. Landry, ancien éditeur de
Le mardi 27 mai 2003
À titre personnel
Donna Logan, directrice, École de
journalisme, Université de
Fraser Institute
Neil Seeman, analyste principal de la politique, Fraser Institute, et directeur, Canadian Statistical Assessment Service
Patrick Luciani, chercheur principal, Fraser Institute
Le jeudi 29 mai 2003
À titre personnel
Jamie Cameron, professeure,
Pierre Trudel, professeur titulaire, Chaire L. R. Wilson sur le droit des technologies de l’information et du commerce électronique, Centre de recherche en droit public, Université de Montréal
Le mardi 3 juin 2003
À titre personnel
Brian MacLeod Rogers, avocat
Christopher Maule, professeur de recherche distingué, Département des sciences économiques et École de relations internationales Norman Paterson, Université Carleton
Le mardi 10 juin 2003
À titre personnel
Kirk LaPointe
Le jeudi 12 juin 2003
À titre personnel
Tim Casey, directeur général, Médias et divertissement, BMO Nesbitt Burns
Andrea Horan, analyste des communications et des médias, Westwind Partners Inc.
Le mardi 17 juin 2003
Association canadienne des journaux
Anne Kothawala, présidente-directrice générale
À titre personnel
Peter Kohl
Le jeudi 19 juin 2003
À titre personnel
Clark Davey, ancien éditeur de journaux
Hamilton Southam, ancien administrateur de Southam Inc.
Wilson Southam, ancien administrateur de Southam Inc. et de Southam Newspapers
James Travers
Le mardi 23 septembre 2003
Bureau de la concurrence
Gaston Jorré, commissaire de la concurrence intérimaire
Peter Sagar, sous-commissaire de la concurrence
Le jeudi 25 septembre 2003
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
Charles Dalfen, président
Andrée P. Wylie, vice-présidente, radiodiffusion
Marc O'Sullivan, directeur général, Direction générale de la radiodiffusion
Le mardi 7 octobre 2003
Rogers Communications Inc.
Philip B. Lind, vice-président
Ken Engelhart, vice-président, Lois de nature réglementaire
Alain Strati, directeur des affaires réglementaires
Rogers Media Inc.
Anthony P. Viner, président
Rogers Publishing Limited
Brian Segal, président-directeur général
Le jeudi 9 octobre 2003
Nos Ondes Publiques
Arthur Lewis, directeur général
Sheila Petzold, présidente du Comité de coordination
Doug Willard, ancien président de
Le mardi 21 octobre 2003
À titre personnel
Armande Saint-Jean, professeure, Département de lettres et de communications, Université de Sherbrooke
Le jeudi 23 octobre 2003
Société Radio-Canada
Carole Taylor, présidente, Conseil d'administration
Robert Rabinovitch, président-directeur général
Tony Burman, rédacteur en chef, CBCNews, Current Affairs et Newsworld, CBC Radio, TV et cbc.ca
Claude Saint-Laurent, conseiller spécial auprès du président-directeur général et président du comité des normes et pratiques journalistiques
Alain Saulnier, directeur général de l'information radio, Radio-Canada
Le mardi 28 octobre 2003
Quebecor Inc.
Luc Lavoie, vice-président exécutif, Affaires corporatives
Le jeudi 30 octobre 2003
Médias Transcontinental Inc.
André Préfontaine, président
Le mardi 4 novembre 2003
Corus Entertainment Inc.
John M. Cassaday, président directeur général
Paul Robertson, président, Corus Television et Nelvana
John P. Hayes, président, Corus Radio
Kathleen McNair, vice-présidente, affaires corporatives et réglementaires, avocat général
Le jeudi 6 novembre 2003
CHUM Ltd.
Jay Switzer, président-directeur général
Sarah Crawford, vice-présidente, Affaires publiques
Peter Miller, vice-président, Planification et réglementation
Troisième session, trente-septième législature
Le jeudi 26 février 2004
Council on American-Islamic
Relations
Sheema Khan, présidente
Riad Saloojee, directeur général
À titre personnel
Clifford Lincoln, député
Le mardi 9 mars 2004
Guilde canadienne des médias
Lise Lareau, présidente
Scott Edmonds, vice-président, Division de
Periodical Writers Association of
Michael OReilly, président
Doreen Pendgracs,
ancienne membre du bureau national de
Le jeudi 11 mars 2004
Guilde nationale des travailleurs dans les secteurs médiatique, manufacturier, professionnel et de services du Canada / Travailleurs en communications d’Amérique
Arnold Amber, directeur
Montreal Newspaper Guild / Travailleurs en communications d’Amérique
Jan Ravensbergen, président
Ottawa Newspaper Guild / Travailleurs en communications d’Amérique
Lois Kirkup, présidente
Le mardi 27 avril 2004
Le Devoir
Bernard Descôteaux, directeur
Le mardi 4 mai 2004
Association de la presse francophone
Francis Potié, directeur général
Annick Schulz, directrice des communications et des relations gouvernementales
Chris Wilson-Smith, chef du bureau national
Le jeudi 13 mai 2004
Friends of Canadian Broadcasting
Ian Morrison, porte-parole
Noreen Golfman, présidente du Comité directeur
Première session, trente-huitième législature
Le mardi 16 novembre 2004
National Ethnic Press and Media Council of
Thomas S. Saras, président
Mashadi Massood, vice-président, Presse
Le mercredi 17 novembre 2004
Fédération canadienne des femmes diplômées des universités
Susan Russell, directrice générale
Sheila Clarke, directrice, Législation
The Walrus
Ken Alexander, éditeur
Le mardi 23 novembre 2004
À titre personnel
Ben Chin,
Western Standard
Ezra Levant, éditeur
Le mercredi 24 novembre 2004
Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier
Peter Murdoch, vice-président
Joe Matyas, président, SCCÉP, journaliste, London Free Press
John Spears, journaliste, Toronto Star
À titre personnel
Christopher Waddell, Chaire Carty en commerce et en journalisme financier, Université Carleton
Le mercredi 1 décembre 2004
À titre personnel
Allan Thompson, professeur, Université Carleton
Le mardi 7 décembre 2004
À titre personnel
John Miller, professeur, Université Ryerson
Kim Kierans, directrice, École de journalisme, Université de King’s College
Le lundi 13 décembre 2004
TVN Niagara Inc.
Wendell G. Wilks, directeur général
REAL Women of
Lorraine McNamara, présidente nationale
Gwen Landolt, vice-présidente nationale
À titre personnel
Paul Winkler
Corriere Canadese
Angelo Persichilli, éditeur politique
À titre personnel
Peter G. Reynolds, Deaf TV
D. Peter Reynolds, Deaf TV
Hasanat Ahmad Syed, South Asian Journalists Club
M. Sultan Qureshi, South Asian Journalists Club
Derek Luis, directeur exécutif, Canadian Diversity Producers’ Association
Le mardi 14 décembre 2004
TVOntario
Isabel Bassett, présidente et chef de la direction
Blair Dimock, directeur, planification stratégique
Ingrid McKhool, conseillère principale, Planification stratégique et affaires réglementaires
Association canadienne des annonceurs
Ron Lund, président et chef de la direction
Bob Reaume, vice-président, politique et recherche
Fondation canadienne des relations raciales
Karen Mock, directrice exécutive
Patrick G. Hunter, directeur des communications
Conseil de presse de l’Ontario
Doris Anderson, présidente
Mel Sufrin, secrétaire exécutif
À titre personnel
June Callwood
Terence Corcoran
Le mercredi 15 décembre 2004
À titre personnel
Will Straw, Département d'histoire de l'art et de communications, Université McGill
Enn Raudsepp, directeur, Département de journalisme, Université Concordia
Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal
M. Martin Leclerc, président
Jérôme Dussault, vice-président
Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec
Magalie Paré, directrice générale de Radio Centre-Ville et membre du conseil d'administration de l’ARCQ
Association des journaux régionaux du Québec
George Bakoyannis, président sortant, Association des journaux régionaux du Québec et éditeur, The Chomedy News
Debbie Dore, membre du conseil d'administration, Association des journaux régionaux du Québec et adjointe administrative de The Chronicle et The Westmount Examiner
Greg Duncan, directeur général
Association des agences de publicité du Québec
Yves St-Amand, directeur général
Gregor Angus, président BBDO Montréal et président de l’Association des agences de publicité du Québec
François Vary, expert-conseil et président du Conseil des directeurs de médias du Québec
À titre personnel
Deepak Awasti, Mouvement du Grand Québec
Charles Shannon,
André Seleanu, pigiste
Del Hushley
Le jeudi 16 décembre 2004
Regroupement des syndicats de Gesca
Monique Prince,
journaliste au pupitre à
Louis Larivière,
représentant publicitaire à
Charles Coté,
journaliste à
Fernand Bélanger, journaliste à
Stéphane Gousse, employé de bureau au Soleil, et président du Syndicat des employés de bureau du Soleil
Fédération nationale des communications
Chantale Larouche, présidente
Pierre Roger, secrétaire général
Télé-Québec
Paule Beaugrand-Champagne, présidente directrice générale
Jacques Lagacé, directeur général des Affaires institutionnelles
Fédération professionnelle des journalistes du Québec
Alain Gravel, président
Claude Robillard, secrétaire général
Association des journalistes indépendants du Québec
Fabienne Cabado, journaliste indépendante, secrétaire de l'AJIQ
Jean-Sébastien Marsan, journaliste indépendant, président de l'AJIQ
Conseil de presse du Québec
Raymond Corriveau, président
Robert Maltais, secrétaire général
Le lundi 31 janvier 2005
Media
Union of
Janet Ingram-Johnson, secrétaire-trésorier
À titre personnel
Patrick Nagle
Ian Mulgrew
Association canadienne des journalistes, chapitre de Vancouver
Deborah Campbell, présidente
Deborah Jones, membre
À titre personnel
Catherine Murray, professeure agrégée en communications, Université Simon Fraser
Canadian Community Newspapers Association
John Hinds, directeur général
Peter Kvarnstrom, président
Ming Pao Daily News
George Ho, sous-éditeur
The Knowledge Network:
Wayne Robert, directeur général
Sarah MacDonald, directrice de la programmation, Télévision et nouveaux médias
The Tyee
David Beers, rédacteur en chef
Charles Campbell, collaborateur à la rédaction
À titre personnel
Paul R. Willcocks
Ville de Burnaby
Nick Volkow, conseiller municipal
À titre personnel
Pedro Mora,
James MacKinnon, Campaign for Press and Broadcast Freedom
Bob Hackett,
Rafeh Holays, Canadian Arab Federation
Riadh Muslih, Adala - Canadian Arab Justice Committee
Brian Campbell, B.C. Library Association
Barbara Joe May, B.C. Library Association
Donald G. MacKenzie
Ralsab Ward, professeur et directeur de l’Institute for Computing
Richard Ward, Community Media Education Society
Kevin Potvin,
Joan Jenny, Northern Comfort Productions
Chris Budgell
Isabel Minty
Sid Chow Tan
Le mardi 1 février 2005
À titre personnel
Donna Logan, directrice, École de journalisme,
Université de
Mary Lynn Young, professeure, École de
journalisme, Université de
Stephen J. A. Ward, professeur, École de
journalisme, Université de
Fairchild Television Ltd.
Winnie Hwo, responsable des nouvelles et des actualités pour l'Ouest canadien
À titre personnel
Jhenifer Pabillano, étudiante, École de journalisme
Richard Warnica, étudiant, École de journalisme
Kesten Broughten, CITR Radio
Brad Badelt, étudiant, École de journalisme
Darcy-Anne Wintonyk, étudiante, École de journalisme
Meeha Mann
James Weldon, étudiant, École de journalisme
Carrie May Siggins, étudiante, École de journalisme
Robert Annandale, étudiant, École de journalisme
Dustin Pirillo
Le mercredi 2 février 2005
Bruce W. Hogle, président
Colleen Wilson, vice-président
Robert Ardiel, secrétaire-trésorier exécutif
Alberta Weekly Newspaper Association
Dennis Merrell, directeur général
Roger W. Holmes, président, AWNA et éditeur, Wainwright Star Chronicle
Access Television
Ross Mayot, vice-président, Administration et affaires commerciales
À titre personnel
Rebecca Aizenman
Oscar Fech
Le jeudi 3 février 2005
À titre personnel
Patricia Bell, directrice, École de journalisme, Université de Regina
Gillian Steward, professeure invitée, École de journalisme, Université de Regina
Sharon Butala
Mary Thomson
Donald Johnson
Kashif Ahmed, directeur des communications, Muslims for Peace and Justice
Connie Deiter,
Le vendredi 4 février 2005
Farmers' Independent Weekly
Anders Bruun, copropriétaire, secrétaire et conseiller juridique
Lynda Tityk, copropriétaire et vice-présidente
Conrad MacMillan, éditeur associé
Société Radio-Canada
René Fontaine, directeur de la radio française, région des prairies
Gilles Fréchette, chef des émissions, radio française (Manitoba)
Lionel Bonneville, directeur, télévision française de l'Ouest
Société franco-manitobaine
Daniel Boucher, président-directeur général
Annie Bédard, directrice générale
Jacob Atangana-Abé, trésorier
Sylviane Lanthier, directrice et rédactrice en chef
Murdoch Davis, éditeur
Aboriginal Peoples Television Network
Jean LaRose, directeur général
Wayne McKenzie, directeur des opérations
Wilf Blondé, directeur des finances
Rita S. Deverell, directeur des nouvelles et des actualités
Tim Kist, directeur du marketing
Kent Brown, directeur des ressources humaines
À titre personnel
Kristjan Anderson
Lesley Hughes
Le mercredi 16 février 2005
Torstar Corporation
Robert Prichard, président et chef de la direction, Torstar Corporation
Pat Collins, vice-président exécutif, Journaux, Torstar Corporation
Michael Goldbloom, éditeur, Toronto Star
Jagoda Pike, présidente, CityMedia et éditeure, Hamilton Spectator
Murray Skinner, président, Metroland, Printing, Publishing and Distributing
Sue Gaudi, conseillère générale adjointe et responsable des questions liées à la vie privée, journaux, Torstar Corporation
Le mardi 22 février 2005
Shaw Communications Inc
Ken Stein, vice-président principal, Affaires corporatives et réglementaires
Le mercredi 23 février 2005
Association canadienne des radiodiffuseurs
Glenn O'Farrell, président-directeur général
Le mardi 8 mars 2005
Gesca Ltée
Guy Crevier, président
Le mardi 12 avril 2005
Cogeco Inc.
Michel J. Carter, président et chef de la direction, TQS et Cogeco Diffusion
Yves Mayrand, vice-président, Affaires corporatives
Le mercredi 13 avril 2005
CanWest Global Communications Corporation
Richard C. Camilleri, président, CanWest MediaWorks
Steve Wyatt, vice-président et rédacteur en chef, Global Television News
Gerry Nott, rédacteur en chef, Canadian News Desk, CanWest News Service, CanWest MediaWorks Publications
Scott Anderson, rédacteur en chef, Ottawa Citizen, et vice-président et rédacteur en chef, CanWest MediaWorks Publications
Geoffrey Elliot, vice-président, Affaires corporatives
Charlotte Bell, vice-présidente, Affaires réglementaires, CanWest Media Works Television and Radio
Le lundi 18 avril 2005
Newfoundland Broadcasting Company
Scott Stirling, président-directeur général
Douglas W. Neal, vice-président principal
Jim Furlong, directeur des nouvelles
Jesse Stirling, vice-président, Ventes et marketing
À titre personnel
Ivan Emke, professeur, Département des sciences sociales, Université commémorative de Terre-Neuve
Le Gaboteur
Steven Watt, directeur général
À titre personnel
David V. Jones
Craig Westcott, rédacteur d'affaires courantes, The Express
Patrick J. K. Hanlon, membre, Ligue catholique des droits de l’Homme du Canada
Le mardi 19 avril 2005
Association canadienne des journalistes
Paul Schneidereit, président national
Murray Brewster, représentant du chapitre de
The Chronicle Herald
Sarah Dennis, vice-présidente, Marque et contenu, The Halifax Herald Limited
Bob Howse, rédacteur en chef
Terry O’Neil, rédacteur en chef
Shunpiking Magazine
Tony Seed, rédacteur en chef et éditeur
Gary Zatzman
À titre personnel
Bruce Wark, professeur agrégé de journalisme, École de journalisme, Université de King’s College
Kevin Cox, Allnovascotia.com
Racquel Reid, Allnovascotia.com
Philip Bruce McLean
Shalom Mandaville, Soil and Water
Conservation Society, Metro
Alison Tofflemire
Le mercredi 20 avril 2005
À titre personnel
Michael Cobden, professeur de journalisme (Maclean Hunter), École de journalisme, Université de King’s College
Brian Warshick
Tim Currie, École de journalisme, Université de King’s College
Le Courrier de
Denise Comeau Desautels, directrice générale
À titre personnel
Raymond Plourde
Jason Lawrence
Le jeudi 21 avril 2005
À titre personnel
Erin Steuter, professeure agrégée, Département de sociologie, Université Mount Allison
Charlottetown Guardian
Gary MacDougall, rédacteur en chef
À titre personnel
Philip Lee, directeur de l’École de journalisme, Université St. Thomas
Jackie Webster
Robert Pichette
David Henley
Jack MacAndrew
L’Acadie Nouvelle
Clarence LeBreton, président du conseil d'administration
Jean St-Cyr, rédacteur en chef
Gilles F. Haché, directeur, ventes et marketing
À titre personnel
John Steeves
David Cadogan, président sortant, Canadian Community Newspapers Association
Jonathan Franklin
Bernard Robichaud, Agence de presse atlantique inc.
Bethany Thorne-Dykstra
Eric Tobin
Charles LeBlanc
Gilles Haché, Le Moniteur Acadien
Claude Bourque
Kevin Matthews, Max Media Ltd
Maurice Rainville
Jean-Marie Nadeau, Fédération des travailleuses et travailleurs du Nouveau-Brunswick
John Murphy, Fédération des travailleuses et travailleurs du Nouveau-Brunswick
Le vendredi 22 avril 2005
À titre personnel
Marie-Linda Lord, professeure, Programme en information-communication, Université de Moncton
Marcia Enman, directrice générale
Brunswick News
Victor Mlodecki, vice-président et directeur général
Le mardi 10 mai 2005
À titre personnel
Damian Tambini, directeur, Programme in Comparative Media Law and Policy, Centre for Socio-Legal Studies, Université d’Oxford
Le mercredi 11 mai 2005
The Globe and Mail
Edward Greenspon, rédacteur en chef
Sylvia Stead, rédactrice adjointe
Patrick Martin, rédacteur des commentaires
Le mardi 14 juin 2005
CTV News
Robert G. Hurst, président
Tom Haberstroh, vice-président
Joanne MacDonald, vice-présidente
Le mardi 18 octobre 2004
Magazines Canada
John L. Thomson, directeur général et éditeur, Canadian Geographic
Jim Everson, directeur général, Affaires publiques
Sylvaine Gombert, ex-membre du conseil de direction
Le mercredi 19 octobre 2005
Conseil canadien des normes de la radiotélévision
Ronald I. Cohen, président national
John MacNab, directeur exécutif
Teisha Gaylard, directeur des politiques
À titre personnel
Lydia Miljan, professeure des sciences politiques, Université de Windsor
LISTE PARTIELLE DES PERSONNES RENCONTRÉES AU COURS DES
MISSIONS D’ÉTUDE
Toronto (le 13 décembre 2004)
Cynthia Kinch, directrice de la programmation, nouvelles, réseau télévision anglaise (« The National »)
Vancouver (le 1er février 2005)
Donna Logan, directrice, École de journalisme,
Université de
Claude Adams, instructeur en journalisme parlé,
École de journalisme, Université de
Gabriela Perdomo
Darcy-Anne Wintonyk, étudiante, École de journalisme
Jhenifer Pabillano, étudiante, École de journalisme
Glenda Conrad, étudiante, École de journalisme
Washington, D.C. (les 1er et 2 mars 2005)
Kenneth Ferree, Commission fédérale des communications
Erin Dozier, Commission fédérale des communications
Scott Keeter, Pew Research Centre
James Gattuso, Heritage Foundation
Gregory Sidak, American Enterprise Institute
Cecilia Wexler, vice-Présidente, Common Cause
Mark Lloyd, membre principal, Centre for American Progress
Chuck Goldfarb, Bibliothèque du Congrès
Angie Welborn, Bibliothèque du Congrès
Mike Getler, médiateur, Washington Post
Jeffrey Dvorkin, médiateur, National Public Radio
Chantal de
Neil Fried, conseiller juridique, Comité de l’énergie et du commerce, Chambre des représentants
Rachel Welch, conseiller démocratique, Comité du commerce, Sénat des États-Unis
Lee Carosi, bureau du sénateur John McCain
Daphna Peled, bureau du sénateur Byron Dorgan
Steve Miller, bureau du sénateur Conrad Burns
L’honorable Frank McKenna, ambassadeur du Canada aux États-Unis
LISTE PARTIELLE DES DOCUMENTS ET MÉMOIRES REÇUS AU COURS DE L’ÉTUDE
Deuxième session, Trente-septième législature
1. Marc-François Bernier – Mémoire
2. Radio-Canada/CBC – Divers documents
3. Association canadienne des journaux – Divers documents
4. CRTC – Déclaration préliminaire et correspondance
5. Vince Carlin – Extraits d’ébauches des chapitres d’un livre
6. CHUM Ltée – Déclaration préliminaire et autres documents
7. Bureau de la concurrence – Déclaration préliminaire et correspondance
8. Corus Entertainment – Déclaration préliminaire et correspondance
9. Clark Davey – Discours prononcé au Club canadien de Kingston, le 8 mai 2003
10. Christopher Dornan – Mémoire et documents de suivi
11. Marc Edge – « The Press We Deserve: A Legacy of Unheeded Warnings »
12. Institut Fraser – Déclaration préliminaire et autres documents
13. Andrea Horan – Mémoire et « Advertising Spending: Insights from the Field (March 18, 2003) »
14. Tom Kent – Mémoire
15. Peter Kohl – Mémoire
16. Donna Logan –Mémoire et autres documents
17.
Roger Landry – Déclaration préliminaire et « Définition du journal
18. Médias transcontinental – Mémoire, liste de journaux, rapport annuel et autres informations
19. Russell Mills – Déclaration préliminaire, notes de discours relativement à une conférence à l’Université McGill le 14 février 2003 et autres documents
20.
Nos ondes publiques – Mémoire et copie du texte du rapport « Public
Service Broadcasters around the World » (janvier 1999, McKinsey and
Company pour
21. Centre pour la défense de l’intérêt public – « Revenons à la source : Le retour de l’intégration verticale »
22. Quebecor – Déclaration préliminaire et autres documents
23. Enn Raudsepp – « Repenser l’éthique des institutions médiatiques », « Pourquoi faut-il une enquête » et « Responsabilité des médias »
24. Brian MacLeod Rogers – Plan de cours (JRN 243, Université Ryerson) et « Cold Winds from the North »
25. Rogers Communications – Déclaration préliminaire et mémoire
26. Wilson Southam Hamilton Southam – « La diversité des voix en péril »
27. Erin Steuter – « La liberté de la presse est pour les propriétaires – Le monopole médiatique au Nouveau Brunswick »
28. Syndicat des communications de Radio-Canada – « Évolution de la couverture sportive à la première chaîne de Radio-Canada avant et après l’abolition du bulletin sportif de fin de soirée »
29. Gaëtan Tremblay – « Faut-il revoir les règles qui régissent la propriété étrangère des médias canadiens? »
30. Pierre Trudel – « Note sur la liberté de presse et la liberté éditoriale en droit canadien »
31. Anthony Westell – Divers articles
32. Correspondance de Robert Pulsford, en date du 7 septembre 2003
33. Correspondance et documents de Anne Vespry, en date du 12 septembre 2003
34. Dwayne Winseck, « Netscapes of Power: Convergence, Consolidation and Power in the Canadian Mediascape », dans Media, Culture and Society, 2002, vol. 24
35. Transcription d’une entrevue avec Donna Logan à « Sounds Like Canada » en date du 13 mai 2003
36. Communiqué du Groupe de travail sur la politique de la radiodiffusion en date du 22 septembre 1986
37.
Extraits de commentaire d’un cas devant
38. Bibliothèque du Parlement – « Quelques enjeux du secteur des médias », 27 janvier 2003
39. Conseil de l’Europe – « La diversité des médias en Europe », décembre 2002
40. Alain Dubuc – « Qui contrôle les médias? Personne », Notes pour une présentation, 28 novembre 2002
41. Mark Starowicz – « The Great Media Shift », 10 février 2000
42. Adam Finn, Stuart McFadyen et Colin Hoskins – « Valuing the Canadian Broadcasting Corporation », 2003
43. Maurice E. Stucke et Allen P. Grunes – « Antitrust and the Marketplace of Ideas », Antitrust Law Journal, vol. 69, 2001
44. Divers documents de l’Institut d’études canadiennes de McGill, 2003
45. Extraits du Rapport de surveillance de la politique sur la radiodiffusion, 2002 du CRTC
46. Bureau de la concurrence, « Pourquoi la concentration des médias ne préoccupe-t‑elle pas le Bureau », 29 juin 1999
47. Bureau de la concurrence et CRTC (Interface), communiqué du 22 novembre 1999 avec document d’information
48. Documents de Culture et Communications Québec au sujet des médias et de la publicité
49.
Communiqués de Culture et Communications Québec au sujet du Comité
conseil sur la qualité et la diversité de l’information (6 et 27 septembre
2002), avec copie de
50. Table ronde progressiste-conservatrice sur la concentration des médias, 31 juillet 2002
51.
« Not in the Newsroom! CanWest Global, Chain Editorials and Freedom
of Expression in
52. « Media Consolidation/Encouraging Diversity of Electronic Media », Media Access program (US)
53.
Extraits du Rapport annuel 2001-2002 de
54. Matthew Fraser, « The CBC’s Choice : Constellations or Core Competencies? », Policy Options, septembre 2000
55. Colin Hoskins, Stuart McFadyen et Adam Finn, « Refocusing the CBC », Canadian Journal of Communication, hiver 2001, vol. 26
56. P. Finlay, Concentration de la propriété dans les médias : Examen des enjeux principaux, novembre 1999, études sur les médias de Patrimoine canadien
57. Dennis Price, Propriété des entreprises culturelles : un profil comparatif international, décembre 2001, études sur les médias de Patrimoine canadien
58. Marie-Hélène Lavoie et Chris Dornan, La concentration de la presse écrite : Un « vieux » problème non résolu, 2002, études sur les médias de Patrimoine canadien
Troisième session, trente-septième législature
59. Fédération canadienne des femmes diplômées des universités – Rapport au Comité
60. CRTC – Correspondance du Conseil
61. Canadian Council on American-Islamic Relations – « Les médias aujourd’hui : Couverture de l’Islam et de la communauté musulmane canadienne », 26 février 2004
62. Friends of Canadian Broadcasting – Correspondance et documents de suivi
63. Parti vert du Canada – Correspondance
64.
Extraits de Notre souveraineté culturelle : Le deuxième siècle de la
radiodiffusion canadienne, juin
2003, rapport du Comité permanent du patrimoine canadien de
65. Le Devoir – Documents de suivi
66. Viggo Lewis – Correspondance
67. Montreal Newspaper Guild – Renseignements généraux
68. TNG Canada – Résultats d’un sondage de journalistes
69.
Periodical Writers Association of Canada – Exemples de contrats, « Freelancing in Canada: Vulnerable or Viable? », octobre 1996 et présentation au Comité (mars 2004,
Pièce 5900-3.37/T1-SS-1,2 “
70.
Doris Baltruschat, « Television
and
71. Centre d’études sur les médias – Médias et vie démocratique, 1er novembre 2002
72. Renseignements au sujet des écoles de journalisme du Canada (20 octobre 2003)
Première session, trente-huitième législature
73. Aboriginal Peoples Television Network – Présentation au Comité
74. Access Media Group – Présentation au Comité
75. Conseil de presse de l’Alberta – Code de pratique, présentation au Comité et rapport annuel
76. Alberta Weekly Newspapers Association – Présentation au Comité et sondage auprès du lectorat
77. Association des journalistes indépendants du Québec – « Pour une représentation syndicale des journalistes indépendants »
78. Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec – Mémoire au Comité
79. Association canadienne des annonceurs – Présentation au Comité
80. Association des agences de publicité du Québec – « Opinion de l’Association…quant aux impacts de la convergence média sur l’industrie publicitaire »
81. Patricia Bell – Présentation au Comité
82.
Conseil de presse de
83. Brunswick News – Mémoire au Comité et correspondance de suivi
84. David Cadogan – Présentation au Comité
85. Campaign for Press and Broadcast Freedom – BC Chapter – Présentation au Comité et suivi
86. Association canadienne des radiodiffuseurs – Présentation au Comité et renseignements généraux
87. Conseil canadien des normes de la radiotélévision – Présentation au Comité et renseignements généraux
88. Canadian Community Newspapers Association – Présentation au Comité
89. Canadian Ethnic Journalists’ and Writers’ Club – Rapport au Comité
90. Fédération canadienne des femmes diplômées des universités – Mémoire au Comité
91.
Presse canadienne – Information au sujet de
92. Conseil canadien des relations raciales – Présentation au Comité et renseignements généraux
93. CanWest Global Communications – Documents de présentation et de suivi
94. Cogeco – Présentation au Comité et renseignements généraux
95. Halifax Chronicle-Herald – Présentation au Comité, « The Herald Newsroom Ethnics » et correspondance de suivi
96.
Media Union of
97. Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier – Divers documents, dont « Pour des médias canadiens démocratiques », « Normes journalistiques dans les médias monopolisés », « Politique des médias », et des renseignements généraux
98. Conseil de presse du Québec – « Rapport d’activités 2003-2004 », « La presse et la réalité autochtone », et décision dans le dossier numéro D2003-06-067
99. Terence Corcoran – Divers articles et discours
100.
Courrier de
101. CTV News – Documents de présentation, « Policy Handbook » et correspondance de suivi
102. Bob Davies – « Une histoire de comment le système n’a pas fonctionné »
103. Deaftv – Documents de présentation et renseignements généraux
104.
Ivan Emke – Présentation au Comité, « Community Newspapers and
Community Identity », « Survey of Community Newspaper Editors in
105. Farmers’ Independent Weekly – Mémoire au Comité
106. Fédération professionnelle des journalistes du Québec – Mémoire au Comité
107. Robert G. Gauthier – Mémoire au Comité
108. Gesca – Mémoire au Comité et correspondance de suivi
109. Globe and Mail – « Code of Conduct »
110.
Bob Hackett – Mémoire au Comité et The
Missing News : Filters and Blind Spots in
111. Robert Hajaly – Démocratie, liberté d’expression et contrôle des journaux
112. Kim Kierans – Des hebdomadaires en danger : Une étude de cas portant sur trois journaux communautaires des Maritimes
113. The Knowledge Network – Présentation et mémoire au Comité
114. L’Acadie Nouvelle – Présentation au Comité
115.
116. The Western Standard – Documents de présentation
117. Donna Logan – Consortium canadien de recherche sur les médias, tabulation de données
118. Marie-Linda Lord – « Défis des médias acadiens : Monopole de presse et prise de parole – La situation au Nouveau-Brunswick »
119. Magazines Canada – Mémoire au Comité
120. Conseil de presse du Manitoba – Mémoire au Comité
121. Lydia Miljan et Barry Cooper – « The Canadian ‘Garrison Mentality’ and Anti-Americanism at the CBC », Studies in Defence and Foreign Policy, mai 2005
122. John Miller – « Qui écrit les nouvelles ? Race et sexe des employés des salles de presse des quotidiens canadiens »
123. Catherine Murray – « The Media », dans Policy Analysis in Canada, 2005
124. Patrick Nagle – Mémoire
125. National Ethnic Press and Media Council – « Faire du Canada une véritable communauté de communautés » et documents de suivi
126. TNG Canada – Mémoire au Comité
127. Alexander Norris – Mémoire au Comité
128. Conseil de presse de l’Ontario – Rapport annuel de 2003
129. Association des journaux régionaux du Québec – Mémoire au Comité
130. Radio communautaire du Manitoba – Présentation au Comité
131. Enn Raudsepp – Documents de suivi
132. REAL Women of Canada – Mémoire au Comité
133. Vic Roschkov – Mémoire au Comité
134.
Shaw Communications – « A Presentation by the Strategic
Counsel: Consumers and the Future of
Household/Personal Technologies », « Shaw Annual General Meeting,
January 13, 2005 », et « Cabled
135. Société franco-manitobaine – Mémoire au Comité
136. South Asian Journalists Club – Mémoire au Comité
137. John Steeves – Correspondance de suivi
138.
Erin Steuter – « Freedom of the Press is for Those Who Own One :
The Irving Media Monopoly in
139. Tristan Stewart-Robertson – Mémoire au Comité
140. Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal – « Le Journal de Montréal et la propriété croisée »
141. Télé-Québec – Présentation au Comité
142. Torstar – Mémoire au Comité et correspondance de suivi
143. TV Niagara – Présentation et correspondance de suivi
144. Christopher Waddell – « Coupes sombres dans les journaux et chute de la participation des électeurs : y a-t-il un lien? »
145. Stephen Ward – « The Future of Journalism Ethics Amid Revolution »
146. Megan Wennberg – « La démocratie jugée en fonction du maillon le plus faible de sa chaîne, quand Here devient leur »
147. Quebecor – Correspondance de M. Luc Lavoie avec la présidente (16 décembre 2004)
148. Transcontinental Media – Correspondance de M. André Préfontaine avec la présidente (15 juin 2005)
149. Association de la presse francophone – Correspondance de suivi
150. Consortium canadien de recherche sur les médias – « Fiche d’évaluation des médias canadiens »
Le Comité recommande :
RECOMMANDATION 1
Qu’un nouvel article,
portant sur les fusions des organes de presse, soit ajouté à
d) déclenchera automatiquement l’examen d’un projet de fusion d’entreprises médiatiques si certains seuils sont atteints;
e) permettra aux ministres compétents d’exiger un examen des fusions proposées;
établira le processus à suivre lors de l’examen d’une fusion, notamment la nomination d’un groupe d’experts chargé de mener l’examen.
RECOMMANDATION 2
Que la loi régissant
le CRTC soit modifiée de manière à imposer, dans les cas appropriés, la
participation du CRTC aux groupes d’examen constitués aux termes du nouvel
article de
RECOMMANDATION 3
Que toutes les entreprises des médias d’information soient tenues de déclarer régulièrement, dans leurs publications ou durant leurs émissions, l’identité de leurs actionnaires contrôlants.
RECOMMANDATION 4
Que l’alinéa 3d)
de
RECOMMANDATION 5
Que le paragraphe
5(2) de
RECOMMANDATION 6
Que le CRTC adopte une approche plus libérale quant aux avantages de la concurrence dans le domaine des émissions de nouvelles et d’information.
RECOMMANDATION 7
Que le CRTC ne délègue pas les questions importantes liées aux fusions d’entreprises médiatiques et aux conditions de licence au Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) ou à tout autre organe.
RECOMMANDATION 8
Que le CRTC veille au respect des conditions qu’il impose aux organes de presse des entreprises médiatiques visées par une fusion d’entreprises médiatiques mixtes.
RECOMMANDATION 9
Que le gouvernement du Canada autorise le CRTC à imposer des amendes aux radiodiffuseurs.
RECOMMANDATION 10
Que le CRTC révise la réglementation de la télévision et de la radio communautaires pour favoriser l’accès au système de radiodiffusion et assurer la diversité des émissions de nouvelles et d’information diffusées par ces services.
RECOMMANDATION 11
Que le CRTC et le ministère du Patrimoine canadien élaborent ensemble un système d’information donnant accès à des données utiles et à jour sur la télévision et la radio communautaires.
RECOMMANDATION 12
Que le gouvernement
établisse un système plus cohérent pour moduler le mandat de
RECOMMANDATION 13
Que le CRTC ne soit
pas habilité à modifier le mandat de
RECOMMANDATION 14
Que
Une fois le mandat de
RECOMMANDATION 15
Que la télévision de
Radio-Canada s’efforce d’offrir une gamme de services qui ne fassent pas
inutilement double emploi avec ceux du secteur privé.
RECOMMANDATION 16
Que le conseil
d’administration de
RECOMMANDATION 17
Que les nominations
au conseil d’administration de
RECOMMANDATION 18
Que le gouvernement
nomme le président de
RECOMMANDATION 19
Que
RECOMMANDATION 20
Que le ministère du Patrimoine canadien ajoute au Fonds du Canada pour les magazines un volet conçu pour favoriser le lancement de nouveaux magazines et prendre en compte le contenu rédactionnel canadien diffusé par la voie de mécanismes comme Internet.
RECOMMANDATION 21
Que le Programme d’aide aux publications soit doté d’un financement réaliste et stable.
RECOMMANDATION 22
Que le Programme d’aide aux publications soit modifié afin de mieux soutenir les publications à tirage restreint et celles qui sont en phase de lancement (en les rendant admissibles après quatre numéros ou quatre mois, par exemple, plutôt qu’au bout d’un an seulement).
RECOMMANDATION 23
Que le gouvernement du Canada poursuive son programme d’appui afin de procurer aux petites localités éloignées l’accès aux services à large bande du réseau de télécommunication canadien dans les régions où le secteur privé n’offre pas de services.
RECOMMANDATION 24
Que les ministres des Finances et du Patrimoine canadien permettent le recours à des fondations de bienfaisance pour financer des médias canadiens indépendants sans but lucratif et des centres de recherche sur les médias.
RECOMMANDATION 25
Que l’ARC améliore la procédure servant à déterminer si un périodique est canadien.
RECOMMANDATION 26
Que le ministre des Finances diffère le paiement de l’impôt sur les gains en capital afférents au transfert, d’une génération à l’autre, d’une entreprise familiale de journaux.
RECOMMANDATION 27
Que
RECOMMANDATION 28
Que les demandes de mandat de perquisition pour la saisie de notes et autres documents appartenant à des journalistes présentées à un juge relèvent d’un niveau de responsabilité supérieur et soient signées personnellement par un ministre.
RECOMMANDATION 29
que le système d’accès à l’information soit :
a) simplifié dans un souci de transparence et d’accessibilité;
b) élargi pour inclure les sociétés d’État;
c) et surveillé afin que les coûts des recherches soient raisonnables et que celles-ci soient menées avec une diligence raisonnable.
RECOMMANDATION 30
Que tous les ministères et organismes publics fédéraux veillent à ce que leurs employés soient mis au courant de l’existence et du contenu de toute mesure législative concernant les dénonciateurs.
RECOMMANDATION 31
Que le Bureau de la concurrence examine les contrats universels conclus avec les journalistes pigistes pour déterminer s’ils comportent un abus de pouvoir par une des parties au contrat.
RECOMMANDATION 32
Que le ministre du Patrimoine canadien
détermine si les dispositions des contrats universels portent atteinte aux
droits des auteurs et, le cas échéant, qu’il envisage d’apporter des
modifications à
RECOMMANDATION 33
Que, dans la mesure où la technologie le permet, le CRTC exige que les exploitants de systèmes de distribution par câble et par satellite augmentent le nombre d’émissions destinées aux minorités de langue officielle et qu’il donne aux petits systèmes de distribution le temps de se conformer à cette exigence.
RECOMMANDATION 34
Que, dans la mesure où la technologie le permet, le CRTC encourage la distribution nationale des programmes des télévisions éducatives provinciales de langue anglaise et de langue française.
RECOMMANDATION 35
Que l’on ordonne à tous les ministères fédéraux de se conformer à la loi en ce qui concerne la publicité dans les deux langues officielles.
RECOMMANDATION 36
Que le Conseil du Trésor veille à ce que le processus de traitement des plaintes concernant la publicité gouvernementale dans les deux langues officielles soit simplifié.
RECOMMANDATION 37
Que le gouvernement modifie son système de publicité dans les médias de manière :
c) que les critères d’attribution de la publicité soient transparents;
d) et que les critères d’attribution de la publicité aux médias ethniques soient expliqués à ceux-ci. Les ministères traitant avec les collectivités ethniques devraient vérifier s’il serait plus efficace de faire davantage appel à la presse ethnique pour atteindre l’auditoire qu’ils visent.
RECOMMANDATION 38
Que les ministères et organismes publics fédéraux envisagent de constituer des partenariats sans lien de dépendance avec des associations sans but lucratif ou des associations professionnelles de journalistes reconnues en vue d’accorder des bourses à des journalistes établis choisis par leurs pairs ou par des tiers indépendants.
RECOMMANDATION 39
Que soit créé un réseau de centres d’excellence qui feraient de la recherche sur le journalisme et l’état des médias au Canada.
RECOMMANDATION 40
Que le gouvernement du Canada enjoigne à ses ministères et organismes de mener, en temps opportun, des évaluations et examens des mesures législatives et des programmes qui influent sur la santé et la vitalité du système de diffusion des nouvelles et de l’information du Canada. Ces études devront être menées de manière ouverte et transparente et leurs résultats publiés.
Le Comité propose :
PROPOSITION 1
Que les journaux s’efforcent de créer des postes de médiateur (ombudsman).
PROPOSITION 2
Nous souscrivons fortement à la création et au soutien continu des conseils de presse et de médias au Canada. S’il est exclu à notre avis de créer un conseil de presse national, nous proposons que les membres de la presse et des autres organes concernés cherchent à créer un conseil de presse en Saskatchewan et à ranimer le conseil de presse de l’Atlantique.
PROPOSITION 3
Nous proposons que les membres de la presse et des autres organes concernés s’emploient à renforcer et à améliorer le travail des conseils de presse et de médias existants. Ces conseils devraient compter des journalistes d’expérience.
PROPOSITION 4
Que les organes d’information qui ne l’ont pas encore fait se donnent un énoncé de principes déclarant explicitement que les intérêts des propriétaires seront traités comme n’importe quelle autre nouvelle.
Nous proposons en outre que l’énoncé de principes soit publié et largement diffusé dans l’organisation, et en particulier auprès de ses journalistes.
PROPOSITION 5
Que le Conseil canadien des normes de la radiotélévision rende transparent son mécanisme de règlement des plaintes et qu’il affecte à la procédure d’examen des personnes ayant travaillé contre rémunération en journalisme.
PROPOSITION 6
Que les organisations médiatiques offrent aux journalistes des possibilités de perfectionnement en cours de carrière plus nombreuses et plus régulières.
PROPOSITION 7
Que les grandes entreprises médiatiques maintiennent, voire augmentent, leur soutien aux écoles de journalisme du Canada.
PROPOSITION 8
Que le Canada crée son propre centre de recherche indépendant sur les médias.
PROPOSITION 9
Que les écoles secondaires offrent des cours d’initiation aux médias.
PROPOSITION 10
Que les organes d’information s’efforcent, dans leurs décisions d’embauche, de refléter les caractéristiques démographiques de l’ensemble de la société.
[1] Toutefois, la baisse de tirage des quotidiens n’est pas universelle. Certains journaux ont récemment enregistré des augmentations. Cependant, de nombreux journaux subissent une baisse graduelle de leur tirage depuis plusieurs années, et il semble que cette tendance s’accélère. Ce problème n’est pas propre au Canada puisque, aux États‑Unis, le tirage global des journaux est en baisse lui aussi.
[2] Il existe relativement peu d’organes de presse électroniques. The Tyee, un service de nouvelles Internet en Colombie‑Britannique, et Allnovascotia.com, une publication professionnelle électronique en Nouvelle‑Écosse, en sont deux exemples au Canada.
[3] On peut consulter le Rapport intérimaire du Comité en ligne à l’adresse suivante : http://www.parl.gc.ca/37/3/parlbus/commbus/senate/com-f/tran-f/rep-f/rep04apr04-f.htm.
[4] Les
deux autres étaient Le miroir équivoque, Rapport du Comité spécial du
Sénat sur les moyens de communications de masse(Rapport Davey), Ottawa,
Imprimeur de
[5] En
voici deux exemples. En 1937, la province de l’Alberta a adopté l’Accurate
News and Information Act (Loi sur l'exactitude des nouvelles et de
l'information), qui obligeait la presse à publier les réponses du gouvernement
à toute déclaration importante sur la politique du Parti du Crédit social.
Cette loi a ensuite été annulée par
[6] Radio‑Canada
offre divers services en français et en anglais. Dans le présent rapport, Radio‑Canada
ou SRC désigne tous les services fournis par
[7] Toutefois,
[8] Southam News, dont les principaux journaux ont été rachetés par CanWest Global, avait auparavant 11 bureaux à l’étranger.
[9] Ce bureau n’est devenu opérationnel qu’en mars 2006.
[10] Son mémoire au Comité s’intitule « Newspaper Cutbacks and Falling Voter Turnout – Is There a Link? ».
[11] Les critiques ne tiennent pas au fait que le CND est situé à Winnipeg et non à Toronto. Une salle de presse située en dehors des métropoles peut très bien atteindre une stature importante. Il suffit de penser au Guardian de Manchester ou à CNN, fondé à Atlanta. D’ailleurs, grâce aux efforts de John W. Dafoe, le Winnipeg Free Press a été pendant des années l’un des plus importants journaux du Canada et exerçait une influence non négligeable au niveau national.
[12] Murray
Brewster, représentant du chapitre de
[13] The Gazette, Note de service : Avis/Rappel à tout le personnel. Signé par Peter Stockland, rédacteur en chef, et Raymond Brassard, rédacteur administratif, 14 décembre 2001.
[14]
[15] Richard J. Schultz, Mandats et activités du CRTC et du Bureau de la concurrence concernant les fusions et les acquisitions dans les médias, mars 2005.
[16] Bureau de la concurrence, Intervention du Bureau de la concurrence dans l’industrie des médias : Document d’information destiné au Comité sénatorial permanent des transports et des communications, 2003.
[17] Bureau de la concurrence, Fusions - Lignes directrices pour l’application de la loi (Partie 3 : Définition du marché), septembre 2004, paragraphes 3.3 et 3.4. Une note en bas de page du document précise : « Un marché peut être formé d'un seul produit homogène ou d'un groupe de produits différenciés. »
[18] Bureau de la concurrence, Rapport annuel 2004 – Examiner les fusions.
[19] Voir
le sous-alinéa 3(1)d)(ii). On trouvera le texte de l’article 3 de
[20] Avis public du CRTC 1998-41 (Politique de 1998 concernant la radio commerciale).
[21] Avis public du CRTC 1999-97 (La politique télévisuelle au Canada : Misons sur nos succès), par. 44, [c’est nous soulignons].
[22] On trouvera un complément d’information à ce sujet dans le volume II.
[23] Voir dans le volume II les résultats des recherches du Comité sur les préférences médiatiques des Canadiens.
[24] Le volume II contient des renseignements sur les journaux télévisés diffusés le jour entre le 30 août 2004 et le 3 avril 2005.
[25] En
1999, le financement de la radiodiffusion publique au Canada en pourcentage du
PIB se classait bien en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. Notre
souveraineté culturelle, deuxième rapport du Comité permanent du patrimoine
canadien de
[26] La radio de Radio-Canada est exempte de publicité depuis les années 1970.
[27] Le Comité présente l’analyse de ces diverses solutions dans le volume II.
[28] Les lois des États-Unis et du Royaume-Uni concernant les médias sont décrites de façon plus détaillée dans le volume II.
[29] Récemment,
[30] Le
seuil de 35 p. 100 des parts de marché est utilisé par le Bureau de la
concurrence pour examiner les fusions et les cas éventuels d’abus de position
dominante. Le Bureau souligne que des facteurs autres que la part de marché
sont aussi importants et qu’il n’y a pas toujours une corrélation directe entre
la part de marché et la dominance; ainsi le chiffre de 35 p. 100 ne
constitue pas une limite fixe. (Voir le document Fusionnements, lignes
directrices pour l'application de
[31] On
trouvera l’article 3 de
[32] Voir dans le volume II des exemples des conditions que le CRTC impose aux radiodiffuseurs.
[33] Les diffuseurs privés, en consultation avec le CRTC, ont créé le CCNR en 1988. Les principes et attributions de l’organisme sont comparables à ceux des conseils de presse.
[34] Voir les exemples de messages dans le volume II.
[35] En
juillet 2004, le CRTC a rejeté la demande de Genex Communications inc.
concernant le renouvellement de la licence de sa station de radio francophone à
Québec, CHOI-FM. La décision du CRTC a été rendue après des années de plaintes
selon lesquelles le contenu diffusé en ondes comportait des propos racistes et
offensants, des attaques personnelles et du harcèlement. Genex, revendiquant la
protection en vertu de la liberté d’expression prévue par
[36] Les entreprises de distribution de radiodiffusion doivent verser 5 p. 100 de leurs revenus au Fonds canadien de télévision (FCT) et à la télévision communautaire. Les câblodistributeurs peuvent choisir l’une ou l’autre option ou une combinaison des deux (par ex., 2 p. 100 à la télévision communautaire et 3 p. 100 au FCT). Les distributeurs de service par satellites versent 5 p. 100 au FCT, mais rien à la télévision communautaire.
[37] Selon le Rapport de surveillance de la politique sur la radiodiffusion, 2005, du CRTC, quelque 42 p. 100 des heures d’écoute du réseau CBC concernaient des programmes sportifs en 2003-2004 (pour Radio-Canada, environ 11 p. 100). Les recettes de la publicité et des ventes d’émissions au cours de l’année ont totalisé 282 millions de dollars. Le montant précis des recettes publicitaires liées aux émissions de sports n’est pas disponible, mais on suppose qu’il est substantiel.
[38] John L. Thomson, directeur général et éditeur, Canadian Geographic, Magazines Canada, 18 octobre 2005.
[39] Jim Everson, directeur général, Affaires publiques, Magazines Canada, 18 octobre 2005.
[40] Mise à jour économique et financière du ministre des Finances, 14 novembre 2005.
[41] Bob Howse, rédacteur en chef, Halifax Chronicle Herald, lettre de suivi au Comité, 9 mai 2005.
[42] Il
n’y a pas de définition spécifique et prépondérante de « l’intérêt
public » en droit. En général, comme dans le cas de l’article 15 de
[43] Joan
Russow, Comité sénatorial spécial sur
[44] Robert Cribb et Fred Valence-Jones, « A ‘Culture of Secrecy’ Blocks Public Access to Information: Government Data Released in Just One-third of Cases, Audit Finds », Ottawa Citizen, 28 mai 2005.
[45] ACJ,
Vers une réforme sensée de l'accès à l'information, mémoire soumis au
ministre de
[46] Une
proposition consiste à élargir la portée de Loi
sur l’accès à l’information afin qu’elle vise certaines sociétés d’État,
dont
[47] En 2004, par exemple, le CRTC a approuvé la mise en ondes de deux stations de radio communautaires de langue française au Nouveau-Brunswick. Un témoin a mentionné qu’elles s’ajoutent à un réseau de stations communautaires qui rejoignent les trois quarts des francophones de la province, permettant à la « collectivité acadienne de s’entendre et de faire entendre ses opinions pour la première fois de son histoire ». (Mme Marie-Linda Lord, 22 avril 2005)
[48] Voir par exemple le
témoignage de Denise Comeau Desautels du Courrier de
[49] « Utilisation de la presse minoritaire par les institutions fédérales : Suivi », Commissariat aux langues officielles, janvier 2005. Les quatre ministères concernés sont le Secrétariat du Conseil du Trésor, Communications Canada, Travaux publics et Services gouvernementaux et Patrimoine canadien.
[50] Témoignage de Peter Kvarnstrom, président de l’Association des journaux communautaires du Canada, le 31 janvier 2005.
[51] Les membres de certains grands groupes médiatiques s’échangent aussi des renseignements.
[52] Voir le volume II.
[53] Les conseils de presse sont financés par l’industrie; au Québec, le gouvernement provincial contribue aussi au financement.
[54] 1er février 2005.
[55] Par exemple, l’énoncé de principes du Washington Post porte que le journal doit voir aux intérêts de ses lecteurs et du grand public en général et non aux intérêts privés de son propriétaire. On trouvera dans le volume II des exemples d’énoncés de principes.
[56] Le
miroir équivoque, rapport du Comité spécial du Sénat sur les moyens de
communications de masse (le rapport Davey), Ottawa : Imprimeur de
[57] Commission
royale sur les quotidiens (
[58] L’Atkinson Charitable Foundation a été créée en 1942 par Joseph E. Atkinson, ancien éditeur du Toronto Star. La bourse d’un an, d’un montant de 75 000 $, comprend une indemnité pour les dépenses de recherche. Tous les journalistes canadiens qui travaillent à temps plein dans la presse écrite ou parlée peuvent se présenter au concours annuel, mais la préférence est accordée à ceux qui se sont distingués par leurs reportages sur des questions de politique publique.
[59] La Fondation pour le journalisme canadien, un organisme sans but lucratif fondé en 1990 pour récompenser l’excellence en journalisme, offre tous les ans au moins trois bourses en journalisme à l’Université de Toronto. Elle est financée par des dons sans lien de dépendance d’entreprises médiatiques, d’autres sociétés et de fondations. La bourse couvre la rémunération normale du boursier durant les huit mois de l’année universitaire, tous les frais imposés par l’université et les dépenses de voyage. Elle est ouverte aux journalistes ayant au moins cinq ans d’expérience et qui travaillent à temps plein pour un journal, un service de nouvelles, un poste de radio ou de télévision, ou une revue du Canada. Les pigistes qui travaillent depuis au moins cinq ans sans interruption sont aussi admissibles.
[60]
[61] Allan Thompson, 1er décembre 2004.
[62] Le
Canada a actuellement le Consortium de recherche sur les médias, un partenariat
de trois universités : l’École de journalisme de l’Université de
[63] John Miller, 7 décembre 2004.
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